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Full text of "Bibliothèque de l'École des chartes"

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f 


7 


PROPERTY    OP  THE 


ïinmitvof 


i 


ARTES      SCIENTIA      VERITAS 


V- 


BIBLIOTHEQUE 


DE    L'ÉCOLE 


DES    CHARTES 


XLII 


f 


IMPRIMERIE  DAUPELEY-GOUVERNEUR,   A  NOGENT-LE-ROTROU. 


BIBLIOTHÈQUE 


DK  L'ÉCOLE 


DES  CHARTES 

REVUE   D'ÉRUDITION 


CONSACRÉE  SPÉCIALEMENT  A  L'ÉTUDE  DU  UOTEN  AGE 


XLII. 


ANNÉE  1881. 


PARIS 

LIBRAIRIE    d'Alphonse    PICARD 

BUB    BONAPARTE,    82. 

4884 


ROLE 


DE  LA 


CONFRÉRIE  DE  SAINT-MARTIN 


DE    CANIGOU. 


Les  documents  du  xii°  siècle  relatifs  aux  confréries  religieuses 
sont  d'une  insigne  rareté.  Aussi ,  la  Bibliothèque  de  V École  des 
chartes  s^applaudic-elle  de  pouvoir  faire  profiter  ses  lecteurs  d'une 
communication  de  nçtre  confrère  M.  Louis  Blancard,  qui  lui  a  offert 
la  chromolithographie  ci-jointe,  avec  le  texte  ci-dessous  reproduit. 

U  s'agit  d'un  rouleau  de  parchemin,  dont  il  ne  subsiste  plus  que 
la  première  bande,  longue  de  485  millimètres  et  large  de  202.  Ce 
rouleau  était  destiné  à  contenir  la  charte  de  fondation  et  la  liste  des 
membres  d^une  confrérie  établie  le  2  avril  4^195,  en  l'honneur  de 
saint  Martin,  dans  le  monastère  de  Ganigou,  au  diocèse  d*Elne^  En 
tête  du  rouleau  se  voit  une  grande  peinture  dont  le  compartiment 
supérieur  est  consacré  à  la  représentation  de  Notre-Seigneur,  entouré 
des  symboles  des  quatre  évangélistes  ;  la  sainte  Vierge  et  saint  Mar- 
tin lui  montrent  les  membres  de  la  confrérie,  qui  remplissent  le 
compartiment  inférieur  et  qui  assistent  à  la  célébration  d'une  messe, 
dans  une  chapelle  de  l'abbaye  de  Ganigou. 

Au-dessous  de  la  peinture  est  transcrite  la  charte  par  laquelle 
Pierre,  abbé  de  Ganigou,  fonde  une  confrérie,  qui  a  pour  but  Pen- 
tretieh  d'une  lampe  devant  l'autel,  la  célébration  de  services  religieux 
et  Pinhumation  des  confrères  dans  le  cimetière  de  Fabbaye. 

1.  Le  culte  dont  saint  Martin  était  Tobjet  dans  l'abbaye  de  Ganigou  n'a  pas 
échappé  aux  recherches  de  notre  confrère  M.  Lecoy  de  la  Marche.  Voyez  le  bel 
ouvrage  qu'il  a  publié  sous  le  titre  de  Saint  Martin^  p.  549. 


6 

Après  la  charte  vient  la  liste  des  fidèles  qui  s'étaient  fait  affilier 
à  la  confrérie  et  dont  plusieurs  avaient  eux-mêmes  écrit  leur  nom  sur 
le  rouleau.  Ce  qui  subsiste  de  la  liste  peut  dater  des  premières  années 
du  xiu''  siècle;  c'est  à  la  même  date  qu'il  convient  de  rapporter 
l'exécution  de  la  peinture  et  la  transcription  de  la  charte. 

L'original  de  ce  curieux  document  appartient  à  M.  Blancard,  à  qui 
il  a  été  donné  en  4865  par  M.  Mouttet. 

Creator  universorum  Dominus  ac  pius  redemtor  humani  gène- 
ris,  de  sua  largus  benivolencia,  inter  cetera  pecatorum  remédia, 
que  nobis  misericorditer  contulit,  hune  eciam  portum  salutis  ad 
quem  in  necessitatibus  tenderemus  ostendit,  videlicet  ut  quod  per 
nos  medipsos,  obsistentibus  pecatis  nostris,  apud  eum  obtinere 
non  possumus,  saltim  meritis  intercessione  sanctorum  assequi 
valeamus.  Qua  propter,  ego  Petrus,  Dei  gracia  Canigone  abbas, 
et  omnis  conventus  ipsius  loci,  conflsi  de  misericordia  Dei  ac 
patrocinio  beatissimi  confessons  Christi  Martini,  et  ut  isdem  pius 
confessor  indulgenciam  pecatorum  nostrorum  obtineat,  hanc 
comunitatis  confratriam  in  capella  nostri  monasterii  que  sita  est 
in  honore  prenominati  presulis  Martini  instituimus,  ut,  de  comuni 
oblacione  nostrorum  sive  illorum  laicorum  qui  in  hac  societate  pro 
remedio  animarum  suarum  se  sociari  decreverint,  una  semper  olei 
lampas  in  diebus  ac  noctibus  ante  sanctum  altare  ipsius  eclesie 
ardeat,  ad  quam  illuminandam  in  die  sollemnitatis  beati»  Martini 
duos  denarios  unusquisque  offerat.  Sacerdos  vero  qui  hanc  tenuerit 
ecclesiam,  uno  die  in  omni  ebdomada,  pro  defimtis  fratribus 
istius  confratrie  et  pro  sainte  vivorum  missam  in  eodem  altare 
celebret,  et,  quando  cumque  ex  jfratribus  aliquis  obierit,  unusquis- 
que ceterorum  fratrum  infra  xxx^a  dies  misam  pro  eo  decantari 
faciat.  Qui  autem  ex  fratribus  ad  suum  obitum  illuc  se  perduci  et 
sepelirî  mandaverint,  ceteri  omnes,  ad  ejus  exequias  conve- 
nientes,  prout  potuerint  cum  omni  honoriflcentia  in  cimiterio 
monasterii  sepeliant.  Qiquid  vero  de  jam  dicta  comunitate  dena- 
riorum,  illuminata,  ut  dictum  est,  lampada,  superfuerit,  ad  arbi- 
trium  sacerdotis  et  fratrum  ipsius  ecdesie  utiliter  in  bono  expen- 
datur.  Facta  est  hec  confratria  die  Sancti  Pasche,  anno  Dominice 
incarnacionis  m**  c**  xc**  v°.  Ad  quam  co[n]servandam  ego  jam 
dictus  abbas  [Sancti  Martini  et  postea    Goxiani]^    me    ipsum 

1.  Les  mots  que  nous  imprimons  entre  crochets  sont  une  addition  marginale. 


conscribo  :  Petrus  abbas^.  Deinde,  ad  peticionem  ipsorum 
fratrum,  conscripta  sunt  hec  eorum  nomina  :  Amallus,  prior; 
BerengarivLS  de  Ederr^,  capellanits  ipsius  ecclesie;  Guil- 
lelmus  de  Vernet  ;  Amallus  de  Turre  ;  Petrus  de  Aspira  ; 
Petrus  de  Trila  ;  Johannes  Nouel  ;  Benedictus  Yla  ;  Amallus 
Caminer^;  Raimundus  de  Aqua  Tepida;  Guillelmus  de  Casa 
Fabre  ;  Geraldus  de  Ederr  ;  Amallus  de  Fuliols  ;  Arnallus  de 
Rivo;  Amallus  Bonet;  Petrus  Benedicti^;  Berengarius 
Obag  ;  Bernardus  de  Astoer  et  Petrus,  frater  ejus  ;  Arnallus 
de  lia;  Amallus  de  Sancta  Pasce,  Coadani  cam^rarius;  Be- 
rengarius de  Turre,  monachus  istius  loci  et  Sancti  Mikaelis  ; 
Amalliùs  de  Vemeto,  monacits  Sancti  Mikaelis;  Arnallus 
de  Palma  atque  Arnallus  de  Sancta  Pasca,  Sancti  Mikaelis  mona- 
chi,  et  Bernardus  de  Lac;  Arnallus  Segui  ;  Jordanus  de  Gar- 
ros^ ;  Bernardus  de  Sancto  Laurencio;  Bernardus  de  Fuliols  ; 
Petrus  Ederr;  Guillelmus  de  Musnestrol;  Guillelmus  de  Barida, 

monachus  puer;  Guillelmus  de  Ch ;  Guillelmus  Gard 

abbas.  A.  Todir®. 


On  savait  déjà  que  Pierre,  abbé  de  Ganigou,  dans  les  dernières  années  de  sa 
vie,  fut  chargé  de  l'administration  du  monastère  de  Saint-Michel  de  Cuxa  ;  voy. 
GaUia  christiana,  YI,  1101  et  1111.  —  U  est  probable  que  la  charte  originale 
portait  une  souscription  autographe  de  l'abbé  Pierre,  à  côté  de  laquelle  un  scribe 
avait  ajouté  les  mots  :  Sancti  Martini  et  postea  Coxiani, 

1.  Sur  le  rôle  on  a  cancellé  d'un  trait  de  plume  les  noms  que  nous  imprimons 
en  italiques. 

2.  Dans  ce  mot,  les  deux  rr  sont  surmontées  de  deux  accents;  il  en  est  de 
même  dans  les  mots  Turre  et  Garros. 

3.  Camin,  avec  un  signe  d'abréviation. 

4.  Ce  qui  suit  a  été  inscrit  après  coup  sur  le  rôle  original  et  plusieurs  des 
noms  ajoutés  ont  tout  à  fait  l'apparence  de  souscriptions  autographes. 

5.  La  fin  de  ce  mot  a  été  surchargée.  l\  faut  peut-être  lire  Garrios. 

6.  La  mutilation  du  rouleau  a  fait  disparaître  la  fin  de  cette  liste. 


UNE 


LETTRE  INÉDITE   D'ALCUIN* 


En  parcourant  à  la  Bibliothèque  nationale  la  collection  Baluze 
pour  y  relever  les  bulles  papales  qu'on  y  trouve  en  si  grand  nombre, 
je  rencontrai  à  la  fin  du  volume  LXIX  une  lettre  d'Âlcuin,  dont 
Tapparence  extérieure  suffisait  pour  frapper  mon  attention.  Cette 
lettre  occupe,  en  effet,  deux  petits  lambeaux  de  parchemin,  dans 
chacun  desquels  un  relieur  a  jadis  pratiqué  quatre  entailles  pour 
consolider  et  attacher  ensemble  le  dos  et  les  deux  plats  d^un  volume 
d'assez  petit  format  (environ  20  centimètres  de  hauteur).  Le  manus- 
crit d'où  proviennent  ces  deux  fragments  datait  du  x^,  ou  même  du 
]x<»  siècle.  Il  était  à  longues  lignes  et  mesurait  environ  49  centimètres 
de  large.  Sur  le  recto,  comme  sur  le  verso,  il  subsiste  24  lignes, 
plus  ou  moins  mutilées.  En  effet,  le  rapprochement  des  deux  frag- 
ments laisse  sur  toute  la  longueur  une  lacune  équivalant  à  deux, 
trois  ou  quatre  lettres;  de  plus,  les  entailles  latérales  ont  enlevé  la 
meilleure  partie  de  quatre  lignes  sur  chacune  des  faces  du  parchemin. 

Le  feuillet  originad  est  accompagné  d^une  transcription  faite  par 
Baluze. 

La  lettre  qu'on  va  lire  ci-dessous  ne  figure  pas  dans  les  Monu- 
menta  Alcuinianay  préparés  par  M.  Jafle  et  publiés  par  MM.  Wat- 
tenbach  et  Diîmmler  ;  mais  il  y  en  a  d'autres  qui  se  rattachent  à  la 
même  affaire  et  qui  nous  donnent  le  moyen  de  la  compléter  et  la 
dater  exactement. 

1.  Ce  curieux  document,  avec  l'ayant-propos  qu'on  va  lire,  a  été  adressé  à  la 
Bibliothèque  de  V École  des  chartes  par  M.  le  docteur  S.  Loewenfeld,  qui  a 
consacré  plusieurs  mois  à  i^examen  de  différentes  collections  de  la  Bibliothèque 
nationale  et  qui  va  enrichir  d'un  grand  nombre  d'additions  la  nouvelle  édition 
des  Begesta  pontificum  Ramanorum  de  Jaffé. 


Le  premier  coup  d'œil  nous  enseigne  que  la  lettre  en  question 
appartient  aux  dernières  années  du  yiii^^  siècle,  époque  à  laquelle 
rÉglise  chrétienne  était  fort  agitée  par  les  doctrines  hérétiques 
d'Élipand  de  Tolède  et  de  Félix  d'Urgel  * .  Dans  la  première  partie  du 
texte,  Alcuin  parle  en  termes  généraux  de  l'adoptianisme,  comme  on 
a  appelé  le  système  des  deux  évoques;  il  envoie  à  son  nouvel  ami 
un  livre  dont  le  fond  est  emprunté  aux  Écritures  saintes,  comme 
«  une  espèce  de  consolation  »  pour  les  vrais  catholiques.  Dans  la 
deuxième  partie,  il  fait  mention  d'une  publication  récente  qu'il  se 
propose  de  réfuter  ;  il  conseille  à  son  ami  de  faire  la  même  chose  et 
d'emprunter  ses  armes  aux  œuvres  des  saints  Pères.  Si  nous  compa- 
rons avec  notre  lettre  celles  qui  dans  l'édition  portent  les  numéros 
99  et  400,  et  qui  sont  adressées  à  Gharlemagne,  il  est  évident  que 
les  mêmes  motifs  ont  également  provoqué  la  nôtre  et  que  le  mot 
a  doctor  »  ne  peut  signifier  que  l'évêque  d'Urgel,  le  défenseur  scien- 
tifique de  la  doctrine  attaquée  ^.  Il  en  résulte  que  la  lettre  recueillie 
par  Baluze  a  été  écrite  en  même  temps  que  les  deux  autres,  c'est-à- 
dire  entre  les  mois  d^avril  et  de  juin  798. 

Il  est  plus  difQcile  de  déterminer  quel  est  l'ami  d^Alcuin  auquel 
est  adressée  cette  lettre.  Pour  résoudre  cette  question  délicate,  je 
rappellerai  une  autre  lettre  qu' Alcuin  adressa  à  la  même  époque 
(vers  le  ^18  juillet  798)  au  roi  des  Francs.  Nous  y  lisons  ces  mots  : 
(c  Sed  obsecro,  si  vestrae  placeat  pietati,  ut  exemplarium  illius 
libelli  domno  dirigatur  apostolico,  aliudquoquePaulino  patriarchae, 
similiter  Richbono  et  Theodulfo  episcopis,  doctoribus  et  magistris, 

1.  Outre  les  ouvrages  relatifs  à  Thistoire  ecclésiastiqae,  voyez  aussi  Monnier, 
Alcuin  et  Charlemagne  {2^  éd.),  p.  148  et  suiv.,  et  Tarticle  Alcuin,  par  Dumm- 
ler^  dans  VAllgemeine  Deutsche  Biographie,  I,  343. 

2.  Je  me  borne  à  rapprocher  les  passages  suivants  : 

Mon.  Alcuin.,  n?  99,  p.  420  :  Nouvelle  lettre  : 

c  Nuper  mihi  venit  libellus  a  Felice  c  Sed  nuper  ab  eodem  dicto  doctore 
infelice  directus.  »  venit  nobis  libellus  erroris  c(alaino) 

exaratus.  » 
et  plus  loin  : 

c  Hujas  vero  libri  vel  magis  erroris  c  Gujus  libelli  responsionem  in  aliud 

responsionem  multa  diligentia  et  plu-  tempus  volente  Deo   et  vita   comité 

ribus  adjutoribus   est  consideranda.  (distulimus.  Tua  vero  caritas  se)  testi- 

Ego  solus  non  mfficio  ad  responsio-  moniorum  telis,  quae  in    sanctorum 

nem.  Praevideat  vero  tua  sancta  pietas  Patrum  scriptis  invenias,  confortare  et 

huic  operi  tam  arduo  et   necessarîo  armare  sat(agat),  ut  communi  carita- 

adjatores  idoneos,  etc.  »  tis  labore  nomen  Domini,  etc.  » 


LES  ARCHIVES 


DES  ETABLISSEMENTS  LATINS  D'ORIENT 


A  PROPOS  d'une 


PUBLICATION  DE  L'ÉCOLE  FRANÇAISE  DE  ROME. 


Ce  n'est  point  brusquement  et  sans  transition  que  la  domina- 
tion latine  cessa  en  Orient  et  particulièrement  en  terre  sainte. 
Après  avoir  duré  près  d'un  siècle,  le  royaume  de  Jérusalem  subit 
pendant  un  autre  siècle  une  lente  agonie,  et  ne  disparut  qu'après 
avoir  été  défendu  pied  à  pied  contre  les  efforts  des  infidèles. 

Les  établissements  civils,  hospitaliers  et  religieux,  qui  concen- 
traient entre  leurs  mains  une  très  grande  partie  de  la  propriété 
foncière  du  pays,  eurent  donc  tout  le  temps  de  prévoir  la  catas- 
trophe finale,  et  de  mettre  en  sûreté  les  titres  des  biens  considé- 
rables qu'ils  possédaient  non  seulement  en  Orient,  mais  dans  le 
monde  chrétien  tout  entier.  Tout  en  faisant  la  part  des  pertes 
accidentelles  dues  aux  événements  militaires,  à  la  négligence  des 
détenteurs,  à  l'action  naturelle  du  temps,  nous  devrions  donc 
posséder,  en  grande  partie,  ces  précieux  documents;  et  pourtant, 
jusqu'à  ces  derniers  temps,  il  ne  paraissait  nous  être  parvenu  en 
ce  genre  quelestitresdel'Hôpital,  le  cartulaire  du  Saint-Sépulcre, 
et  deux  recueils  de  chartes  concernant  les  biens  de  l'ordre  Teu- 
tonique. 

Une  étude  plus  attentive  de  l'histoire  intime  des  institutions 
latines  en  Orient,  et,  avouons-le  aussi,  des  hasards  heureux  ont 
montré  qu'il  ne  fallait  pas  borner  là  nos  espérances,  et  que  bien 
d'autres  documents  provenant  de  terre  sainte  avaient  dû  être 
transportés  en  Occident,  et  avaient  pu  par  conséquent  parvenir 
jusqu'à  nous. 


43 

S'a  est  difficile  d'établir  d'une  façon  certaine  que  les  rois  de 
Jérusalem,  les  princes  d'Antiocbe  et  les  autres  feudataires  de  la 
terre  sainte  aient  eu  des  archives  régulières,  on  peut  cependant 
conjecturer  qu'ils  n'ont  eu  aucune  raison  de  ne  pas  imiter  sur  ce 
point,  comme  ils  le  faisaient  sur  tant  d'autres,  les  usages  de 
l'Occident.  Leurs  trésors  des  chartes  ont  dû  passer  en  Chypre, 
et  de  là  à  Venise.  Je  dois  dire  cependant  que  rien  ne  paraît  en 
avoir  été  conservé  :  il  dut  y  avoir  là  une  cause,  peut-être  relati- 
vement récente,  de  destruction  complète. 

Mais  il  n'en  a  point  été  de  même  des  archives  des  quatre  ordres 
hospitaliers.  Les  chevaliers  de  Saint-Jean  ont  transporté  en  temps 
utile  leurs  titres,  d'abord  à  Chypre,  puis  à  Rhodes,  puis  enfin  à 
Malte. 

J'ai  montré  ailleurs  *  que  les  Teutoniques  firent  faire  en  1277 
des  vidimus  de  leurs  privilèges  pour  l'usage  de  leur  grande 
commanderie  de  terre  sainte,  et  emportèrent  ensuite  les  origi- 
naux à  Venise,  que  ces  originaux  y  sont  encore  en  partie,  tandis 
que  les  archives  de  la  grande  commanderie,  transférées  à  leur 
tour  en  Occident,  se  trouvent  moitié  à  Vienne  et  moitié  à  Berlin. 

Les  titres  de  Saint-Lazare  sont  venus  en  Italie,  y  existaient 
encore  au  siècle  dernier,  et  nous  en  possédons  des  copies  mo- 
dernes *. 

Restent  les  archives  des  templiers,  sur  lesquelles  nous  n'avons 
aucun  renseignement,  mais  par  cette  seule  raison  que  Ton  a  tou- 
jours apporté  plus  d'attention  au  procès  et  à  la  condamnation  qu'à 
l'histoire  proprement  dite  de  cet  ordre  si  considérable.  Bien  que 
je  n'aie  pas  encore  étudié  avec  tout  le  soin  qu'elle  mérite  cette 
question  intéressante,  je  ne  trouve,  à  première  vue,  dans  les 
annales  du  Temple,  aucun  événement  qui  permette  d'affirmer  a 
priori  que  les  archives  de  l'ordre  aient  été  détruites  en  bloc. 
Elles  peuvent  aussi  bien  se  trouver  réunies,  dans  quelque  dépôt 
ignoré,  que  dispersées,  en  Espagne,  en  Portugal^,  à  Rome;  la 
recherche  reste  ouverte. 


1.  Bulletin  de  la  Société  des  antiqtiaires  de  France,  1877,  pp.  61-69  ;  cf. 
M.  Perlbach,  Das  Haus  d.  D.  0,  zu  Venedig  [AHpreuss.  Monatssckrift,  t.  XVII, 
1880,  pp.  269-285). 

2.  Elles  seront  publiées  par  le  comte  de  Marsy,  dans  le  t.  II  des  Archives 
de  l'Orient  latin, 

3.  On  sait  que  les  templiers  d'Espagne  formèrent  l'ordre  de  Montesa  et  que 
ceux  de  Portugal  devinrent  les  chevaliers  du  Christ;  voy.  A.  de  Montagnac,  Hist. 


44 

Après  les  ordres  militaires,  les  patriarcats  de  Jérusalem  et 
d*Antioche  et  les  évêchés  de  terre  sainte  devaient  avoir  des 
titres,  puisqu'ils  possédaient,  eux  aussi,  des  biens  importants.  Il 
y  a,  je  le  crois,  peu  d'espoir  de  rien  retrouver  de  ce  côté  ;  les 
prises  de  Jérusalem  (1187)  et  des  autres  sièges  épiscopaux  à  la 
fin  du  xni®  siècle  ayant  pu  amener  de  la  part  des  musulmans  des 
mesures  violentes,  entraînant  la  destruction  de  titres  qui,  du 
reste,  devenaient  désormais  inutiles,  —  la  chancellerie  épiscopale, 
indissolublement  liée  à  Tévêcbé,  devant  disparaître  avec  lui.  La 
plupart  des  diocèses  de  Palestine  et  de  Syrie  ne  semblent  pas 
d'ailleurs  avoir  eu,  en  Occident,  de  possessions  où  ils  pussent 
envoyer  d'avance  et  mettre  en  sûreté  leurs  archives.  Je  viens  de 
dire  la  plupart,  et  voici  pourquoi  :  deux  églises  de  terre  sainte, 
Nazareth  et  Bethléem,  avaient  pu  être  transportées,  pour  ainsi 
dire  de  toutes  pièces,  de  l'autre  côté  de  la  Méiditerranée,  l'une  à 
Barletta  S  l'autre  à  Clamecy  *.  Les  titres  écrits  prirent-ils  part  à 
cette  translation  ?  je  l'ignore  pour  Barletta  ;  je  crois  pouvoir  le 
conjecturer  pour  Bethléem.  Si  les  archives  orientales  de  ce  der- 
nier diocèse  ont  disparu,  ce  doit  être  très  postérieurement  à  leur 
translation  en  Occident;  ici  donc  encore  tout  espoir  n'est  pas 
perdu. 

Au-dessous  des  évêchés  se  trouvaient  les  abbayes  ;  la  première 
de  toutes,  par  le  nombre  et  l'importance  de  ses  possessions  occi- 
dentales, était  le  Saint-Sépulcre  ;  nous  en  avons  le  Cartulaire^, 
le  premier  des  monuments  diplomatiques  de  TOrient  latin.  Mais, 
outre  ce  cartulaire,  le  Saint-Sépulcre  paraît  avoir  envoyé  ses 
titres  originaux  partie  en  Pologne*  et  partie  à  Pérouse,  où  ils  se 
trouvaient  encore  il  y  a  cent  ans  à  peine*  et  d'où  ils  n'ont  pu 

des  templiers  (P.,  1864,  m-12),  pp.  269-301.  Il  est  certain  que  les  archives  du 
Temple  ne  sont  pas  à  Malte,  où  cependant  elles  devraient  se  trouver,  en  tant 
que  titres  des  propriétés  dont  les  hospitaliers  héritèrent  des  templiers  sup- 
primés. 

1.  Voy.  Ughelli,  Italia  sacra,  VIT,  769;  cette  translation  a  échappé  à  Féditeur 
des  Familles  d'ouire-mer  de  Ducange,  dans  le  chapitre  qu'il  consacre,  pp.  759- 
763,  aux  archevêques  de  Nazareth. 

2.  M.  Chevalier-Lagenissière  (HisU  de  Vévêché  de  Bethléem,  P.,  1872,  in-^«) 
ne  donne  aucun  renseignement  particulier  sur  ce  point.  Les  titres  de  l'évéché 
de  Bethléem  existaient  encore  en  1770,  époque  où  les  éditeurs  du  t.  XII  du 
GaU.  ckr.  en  ont  publié  quelques-uns  (Instr.,  pp.  237-246,  371-375). 

3.  Publié  par  M.  Ë.  de  Rozière.  Paris,  1849,  in-4^ 

4.  Nakielski,  Miechovia  (Gracovie,  1634,  2  vol.  in-f>),  I,  p.  81. 

5.  Statuts  de  Vordre  du  Saint-Sépulcre  (Paris,  1776,  in-8^),  p.  211. 


45 

disparaître  par  voie  de  destruction;  quelque  collection  privée 
d'Italie  les  détient  très  certainement. 

Après  le  Saint-Sépulcre,  l'abbaye  du  Temple  JDomini^  Notre- 
Dame  de  Josapbat,  le  Mont  Sion,  Sainte-Marie  Latine,  pour  ne 
parler  que  des  monastères  les  plus  connus,  possédaient  des  biens 
et  partant  des  titres  :  une  partie  de  ces  biens  était  située  en  Occi- 
dent ^  Le  transfert  des  titres  a  donc  été  possible,  et  je  suis  con- 
vaincu qu'il  a  eu  lieu.  Pirri  '  nous  raconte  qu'au  temps  du  der- 
nier siège  de  Saint-Jean-d'Âcre  les  abbés  de  Josapbat  et  de  la 
Latine,  voguant  de  conserve,  abordèrent  à  Messine,  apportant 
avec  eux  leurs  meubles  et  leurs  trésors.  Dans  ces  trésors  devaient 
être  comprises  leurs  chartes,  puisque  nous  avons  encore  celles  de 
Josapbat,  objet  de  l'importante  publication  dont  je  vais  parler 
tout  à  Tbeure,  et  que  celles  de  la  Latine  existaient  en  Sicile  au 
siècle  dernier,  ainsi  que  le  prouvent  les  copies  modernes  que  la 
bibliothèque  de  Palerme  conserve  de  quelques-unes  d'entre 
elles  \ 

Si  je  ne  sais  rien  des  archives  du  Temple  Domini,  je  puis 
affirmer  par  contre  que  celles  de  Mont  Sion  étaient  à  Saint-Sam- 
son  d'Orléans^,  et  que,  «  si  l'on  connaissait  exactement  ceux  des 
«  monastères  occidentaux  dont  les  sanctuaires  de  terre  sainte 
«  pouvaient  réclamer  ou  le  gouvernement  ou  le  patronage,  on 
«  aurait  bien  des  chances  de  trouver,  mêlés  aux  fonds  actuels 
«  provenant  de  ces  monastères,  les  titres  des  maisons-mères 
«  orientales.  » 

L'étude  de  la  publication  de  M.  François  Delaborde  va  mettre 
hors  de  doute  cette  assertion. 

1.  n  en  a  été  de  même  de  plusieurs  établissements  religieux  de  l'empire  latin 
de  Constantinople  ;  de  Thospice  Saint-Samson  de  Gonstantinople  relevait  celui 
de  Saint-Samson  de  Douai  (Arch.  de  Fr.,  S.  5042).  L'abbaye  de  Daphné,  en 
Grèce,  était  affiliée  à  celle  de  Bellevaux,  en  Franche-Comté,  et  ceUe  de  Civetot, 
sur  la  Propontide,  à  celle  de  Gluny. 

2.  Rochus  Pirrus,  SicUia  sctcra,  p.  1131. 

3.  M.  Winkelmann,  qui  avait  signalé  (N.  Archiv,  UI,  638)  ces  copies  comme 
se  trouvant  dans  les  registres  H  de  la  bibl.  communale  de  Palerme,  en  a  tiré 
trois  documents  pour  son  recueil  si  important  des  Acta  inedita  imperU  (Inns- 
bruck,  1880,  in-8*),  pp.  70,  80,  81.  J'ai  demandé  à  Palerme  qu'on  recherchât 
les  originaux:  ma  demande  est  restée  sans  réponse.  A  Amalfi  se  trouvent 
quelques  pièces  relatives  à  la  Latine  ;  mais  proviennent-elles  des  archives  mêmes 
de  cette  abbaye? 

4.  0.  de  Vassal,  Recfu  sur  le  collège  royal  d'Orléans  (Orléans,  1863,  in-S"*), 
pp.  10-21  et  Pr.  pp.  6-16. 


46 

Dès  1633,  Rocco  Pirri  avait  publié,  dans  sa  Sicilia  sacra^, 
un  certain  nombre  de  pièces  relatives  à  l'abbaye  de  Notre-Dame 
de  Josapbat.  Ces  pièces,  comme  beaucoup  d'autres  éparses  dans 
des  recueils  d'histoire  locale,  avaient  échappé  aux  érudits  versés 
dans  les  études  orientales  ;  les  eussent-ils  d'ailleurs  remarquées, 
ils  pouvaient  les  tenir  en  suspicion,  l'ouvrage  de  Pirri  se  distin- 
guant par  la  quantité  de  &ux  audacieux  qu'il  renferme^.  Mais 
assez  récemment,  en  classant  les  fonds  d'archives  des  couvents 
supprimés  de  Messine,  le  chanoine  Carini  constata  que  neuf 
volumes  factices,  formés  de  documents  d'âge  difiérent,  contenaient 
des  pièces  originales  provenant  de  Notre-Dame  de  Josapbat,  à 
la  suite  de  la  translation  racontée  par  Pirri.  Communiquée  à  la 
Società  di  storia  patria  de  Sicile,  la  découverte  de  M.  Carini 
fut  signalée  en  1877  au  monde  savant  par  une  lettre  de  ce  dernier 
au  professeur  Edouard  Winkelmann,  de  Heidelberg^. 

M.  François  Delaborde,  alors  membre  de  l'École  française  de 
Rome,  comprenant  toute  l'importance  des  documents  ainsi  ren- 
dus à  la  lumière,  se  rendit  à  Palerme  pour  les  étudier  :  il  vient 
de  les  réunir  dans  un  fascicule  des  publications  si  intéressantes 
qu'à  peine  fondée  notre  nouvelle  école  a  entreprises  sous  la 
direction  si  éclairée  et  si  active  de  M.  A.  Geffroy  ^. 

Je  rappellerai  que  la  communauté  bénédictine  de  Notre-Dame 
de  Josapbat  fut  établie  au  lendemain  de  la  conquête  franque^ 
par  Godefroi  de  Bouillon,  pour  desservir  le  sanctuaire  du  tombeau 
de  la  Vierge,  et  subsista  jusqu'en  1187,  époque  où,  fuyant 
devant  l'occupation  sarrasine,  elle  se  réfugia  à  Tripoli,  puis  à 

1.  R.  Pirrus,  Sicilia  sacra,  pp.  1134  et  s. 

2.  Voir  par  exemple  le  récit  circonstancié  quil  donne  (pp.  873-874)  de  la  pre- 
mière croisade,  avec  la  biographie  d'un  faux  cardinal-patriarche  d'Antioche, 
Henri  de  Mazara  ;  tout  y  est  fabuleux,  y  compris  de  longues  citations  d'ouvrages 
de  Léon  d'Ostie,  de  Pascal  II,  etc.,  qui  n'ont  jamais  existé,  et  de  nombreux 
renvois,  sciemment  faux,  à  des  livres  connus. 

3.  Archivio  siorico  sicUiano,  II  s.,  III,  1877,  pp.  460-478. 

4.  BibL  des  Écoles  françaises  d'Athènes  et  de  Rome,  XIX*  fascicule.  Chartes 
de  terre  sainte  provenant  de  Vabbaye  de  Notre-Dame  de  Josaphat  (Paris, 
E.  Thorin,  1880,  iv-153  p.  in-S»). 

5.  Le  Com>memoratorium  de  casis  Dei,  qui,  comme  on  le  sait,  est  un  rapport 
adressé  de  Jérusalem  à  Gharlemagne,  signale  la  présence  à  Josaphat  de  religieux 
des  deux  sexes  {lUn,  Hieros,  latina,  I,  302);  ils  devaient  être  du  rite  grec  ; 
pourtant  il  ne  serait  pas  impossible  qu'il  s'y  fût  établi  avant  les  croisades  une 
communauté  bénédictine.  M.  Fr.  Delaborde  (p.  1)  me  paraît  avoir  été  trop  affîr- 
malif  en  rejetant  ici  le  témoignage  de  Pirri. 


47 

Acre,  et  enfin  en  1289  au  monastère  de  Sainte-Madeleine  de 
Messine,  qui  lui  avait  été  donné  en  1113  par  Roger  II  de  Sicile  *. 

Le  30  mars  1392^,  le  sanctuaire  de  Notre-Dame  de  Josaphat, 
rendu  aux  Latins  par  le  sultan  d'Egypte,  grâce  à  l'intervention 
de  la  reine  Jeanne  de  Naples  ^,  passait  aux  franciscains,  qui  en 
avaient  été  investis  d'avance,  sur  la  demande  de  Pierre  IV,  roi 
d'Aragon,  par  Innocent  VI  et  Urbain  V^. 

C'est  donc  entre  ces  deux  dates,  1100-1392,  qu'est  comprise 
l'histoire,  jusqu'ici  fort  obscure,  de  l'abbaye  bénédictine  de 
Josaphat. 

M.  Delaborde  vient  l'éclairer  d'un  jour  inattendu  par  59pièces, 
échelonnées  de  1112  à  1289  :  il  en  étudie,  dans  une  préface  qui 
est  la  partie  principale  de  son  travail,  les  caractères  diplomatiques, 
et  en  fait  ressortir  l'importance  pour  la  terre  sainte  :  les  notes 
sont  claires  et  intéressantes;  deux  fac-similés  et  une  table  très 
détaillée  complètent  la  publication.  C'est,  après  le  Cartulaire 
du  Saint-Sépulcre  et  les  Tàbulœ  de  Strehlke,  le  recueil  le  plus 
considérable  que  nous  possédions  pour  l'histoire  intérieure  du 
royaume  de  Jérusalem.  De  nouveaux  noms  de  personne  sont 
ajoutés  aux  listes  de  Du  Cange  ;  de  nouvelles  dates  s'offrent  à  la 
biographie  des  personnages  déjà  connus,  et  de  nouveaux  noms 
de  lieux  à  la  toponomastiquç  de  la  Palestine. 

Je  ne  ferai  qu'une  réserve^,  que  M.  Delaborde  a  d'ailleurs 
prévue,  en  ne  donnant  à  son  livre  que  le  titre  modeste  de  Chartes 
DE  TERRE  ^Amn^  provenant  de  V abbaye  de  Josaphat ,  au  lieu 
de  Chartes  ou  Cartulaire  de  Josaphat,  Il  a  volontairement 
laissé  de  côté,  dans  les  recueils  siciliens,  toutes  les  pièces  relatives^ 


1.  Charte  de  Guillaume  II  (1189),  (d.  Pirrus,  Sic,  sacra,  p.  1134-1136). 

2.  Wadding.,  Ann,  minorum,  IX,  119;  cf.  VII,  268. 

3.  Epistola  Johannas  (22  mai  1363)  (Wadding.,  Ann,  minorum,  VII,  167-168). 

4.  Epist,  Innoc,  F/ (31  mai  \Z&l),Epist.  Urbani  V  (8  nov.  1362)  (Wadding., 
VII,  268;  VIII,  486-487). 

5.  Les  erreurs  échappées  à  M.  Delaborde  dans  l'établissement  des  textes  Tien- 
nent d'être  relevées,  avec  plus  de  minutie  que  de  bienveillance,  par  M.  Fabbé 
U.  Chevalier  {Bulletin  critique  d'histoire,  1880,  I,  302-306).  Je  n'ajouterai  à  cet 
errata  que  la  mention  de  deux  fautes  d'impression  :  l'une  p.  7, 1.  28,  et  l'autre 
p.  5, 1.  12  (1490  au  lieu  de  1290);  j'exprimerai  aussi  le  regret  que  M.  Fr.  Dela- 
borde n'ait  pas  cherché  (ne  fut-ce  que  dans  la  table)  à  identifier  les  casaux 
dont  les  chartes  lui  fournissaient  tes  noms. 

6.  C'est  à  M.  Delaborde  lui-même  que  je  dois  ce  renseignement  :  j'ajouterai 
que  les  registres  H  de  la  bibl.  communale  de  Palerme,  dont  j'ai  parlé  plus  haut, 

2 


48 

aux  possessions  de  Tabbaye  en  Occident  :  c'est,  selon  moi,  une 
lacune  dans  son  travail,  même  au  point  de  vue  de  l'histoire  de  la 
terre  sainte.  En  effet,  ces  chartes  ont  été  rédigées  en  faveur 
d'abbés  de  Josaphat  ;  elles  ont  eu  des  témoins  venus  d'Orient  :  il 
eût  Êdlu  au  moins  en  donner  l'analyse  et  les  souscriptions.  J'en 
dirai  autant  de  certaines  pièces  rdatives  à  l'abbaye  et  publiées 
ailleurs;  les  relever  dans  Paoli,  Guerra,  Wadding,  PotthastS 
n'eût  pas  exigé  un  grand  travail.  M.  Delaborde,  qui  nous  donne 
en  appendice  une  charte  qui  n'est  pas  inédite  *,  aurait  pu  ainsi 
grossir  cet  appendice  de  documents  intéressants  qu'il  eût  été 
commode  de  trouver  réunis  et  qui  auraient  rendu  sa  publication 
définitive. 

Telle  qu'elle  est,  cependant,  je  le  répète,  elle  constitue  une 
acquisition  très  précieuse  pour  l'histoire  de  la  domination  latine 
en  Orient,  et  nous  devons  en  exprimer  notre  gratitude  à  l'Ecole 
de  Rome  et  au  jeune  et  savant  éditeur  de  ces  textes  précieux. 

Comme  je  l'ai  dit  tout  à  l'heure,  d'autres  monastères  que  Josa- 
phat ont  dû  avoir  des  biens  en  Occident  ;  notre  ignorance  est 
absolue  à  l'endroit  de  ces  biens.  Tel  prieuré  anglais,  hollandais 
ou  espagnol  a  pu,  sans  que  rien,  dans  les  documents  que  nous 
connaissons,  l'indique  précisément,  ou  dépendre  d'une  abbaye 
de  terre  sainte,  ou  y  être  aflSlié,  et  recevoir  dans  ses  propres 
archives  celles  de  cette  abbaye.  Aujourd'hui,  chartes  orientales 
et  titres  locaux  peuvent  dormir  pêle-mêle  dans  quelque  dépôt 
public,  sans  que  personne  y  soupçonne  l'existence  des  pièces 
venues  de  terre  sainte. 

Si  donc  j'ai  fait  ressortir  ici  l'importance  de  la  découverte  de 
M.  Carini  et  de  la  pubhcation  de  M.  Delaborde,  c'est  surtout 
dans  le  but  d'éveiller  l'attention  des  érudits  étrangers  aux 
études  orientales,  et  en  particulier  des  archivistes ,  sur  la  possi- 
bilité et  l'intérêt  de  trouvailles  analogues. 

Comte  Riant. 

contiennent  des  copies  des  chartes  de  Josaphat  {N.  ArcfUv,  i.  c.)  ;  il  eût  peut- 
être  été  bon  de  les  indiquer.  Le  Mont  Cassin  conserve  peut-être  aussi  des  dona- 
tions du  XII'  siècle  faites  à  l'abbaye  de  Josaphat;  enfin  il  aurait  fallu  dire  un 
mot  de  Notre-Dame  de  Josaphat,  fondée  près  de  Chartres  en  1120  et  dont  les 
cartulaires  sont  conserrés  à  la  Bibl.  nat.  sous  les  n<*'  10102  et  10103  du  fonds 
latin. 

1.  M.  Rey  {Rech.  géogr,  sur  la  domination  des  Latins  en  Orient,  Paris,  1877, 
in-8%  p.  58-59)  a  donné  les  cotes  de  quatre  pièces  relatives  à  Josaphat. 

2.  Chevalier-Lagenissière,  Hist.  de  Vëv.  de  Bethléem,  p.  64-65. 


CATALOGUE  DES  MANUSCRITS 


DE 


L'ABBAYE  CISTERCIENNE  DE  LA  CHARITE 


AU  DIOCÈSE  DE  BESANÇON*. 


1 .  Cette  abbaye  possède  le  Commentaire  de  saint  Augustin  sur 
les  pseaumes,  en  trois  volumes  in-folio,  ms.  en  beau  parchemin 
dont  récriture  est  fort  belle  ;  comme  la  lecture  d'un  tel  livre  est 
très  utile  à  la  vie  solitaire,  les  anciens  religieux  de  cette  maison 
s'appliquèrent  dans  le  xn®  siècle  de  l'Eglise  à  le  transcrire  et  à 
en  faire  cette  copie  fidelle.  On  n'y  voit  point  la  datte  de  l'année. 

2.  Le  Commentaire  de  saint  Thomas  d'Aquin  sur  le  Cantique 
des  cantiques  écrit  sur  du  vélin  faisant  un  volume  in-folio  ;  il 
porte  ce  titre,  «  Distinctiones  magistri  Thome  super  Cantica  canti- 
corum  »,  parce  qu'en  ce  temps-là  ce  saint  docteur  n'était  pas 
encore  canonisé.  Les  lettres  initiales  y  sont  ornées  de  fleurs  d'or, 
qui  expriment  une  belle  variété.  Vers  la  fin  du  xni®  siècle,  dom 
Renaud  de  Palma,  religieux  de  cette  maison,  transcrivit  ce 
livre,  en  ajoutant  ces  trois  distiques  à  la  fin  : 

Ad  laudem  Ghristi  dévolus  scriba  libellum 
Finit  et  exultans  nobile  claudil  opus. 

1.  Ce  catalogue  fut  rédigé  par  dom  GuiUaume  Pinard,  bachelier  en  Sorbonne  et 
religieux  de  la  Charité,  morl  en  1766.  L'auteur  l'adressa  le  1"  décembre  1757  à 
M.  Roussel  de  Bréville,  membre  de  l'Académie  de  Besançon.  Celui-ci  le  commu- 
niqua en  1780  à  M.  Droz,  secrélaire  perpétuel  de  l'Académie  de  Besançon.  Notre 
confrère  M.  Gauthier,  archiviste  du  Doubs,  a  bien  voulu  transcrire  pour  la 
Bibliothèque  de  V École  des  chartes  un  document  qui  ne  manque  pas  d'intérêt, 
puisqu'il  fait  bien  connaître  une  collection  dont  la  plupart  des  volumes  parais- 
sent avoir  disparu. 


20 

Alter  hic  ingenio  sudavit,  non  ego  tantum  : 

Offîcio  caiami  sit  liber  iste  meus. 
Efrjgo  rogo,  lector,  Renaut  memor  esse  mémento, 

Hanc  sic  pro  merito  redde  bénigne  vicem. 

3.  L'Histoire  scholastique  de  Pierre  Comestor,  ou  le  Mangeur, 
natif  de  Troyes  en  Champagne,  mort  Tan  1198.  Cet  ouvrage 
latin,  contenu  en  deux  volumes  in-folio,  écrits  sur  vélin  ;  l'au- 
teur étoit  chanoine  régulier  de  Saint- Victor-les-Paris.  On  y  voit 
son  épître  dédicatoire  au  cardinal  Guillaume  de  Champagne, 
archevêque  de  Sens.  La  beauté  de  l'écriture  fait  penser  qu'elle 
est  du  XII®  siècle. 

4.  Le  livre  des  Décrétales  du  pape  Grégoire  IX,  écrit  de 
même  sur  parchemin  ;  la  plupart  des  lettres  initiales  étant  en  bel 
or,  et  chaque  décret  accompagné  de  gloses  ou  explications  très 
diffuses,  ce  qui  fait  les  pages  de  quatre  colonnes  en  un  volume 
in-folio.  C'est  une  compilation  de  toutes  les  constitutions  pontifi- 
cales des  prédécesseurs  de  Grégoire  IX,  avec  les  décrets  des  con- 
ciles, faite  par  les  ordres  de  ce  pape  par  saint  Raimond  de  Pegna- 
fort,  l'an  1230.  Cette  collection  est  la  plus  autorisée  et  la  plus 
universellement  reçue,  soit  dans  les  tribunaux  ecclésiastiques, 
soit  dans  les  universités.  Elle  est  divisée  en  cinq  livres,  dont  le 
premier  traite  des  prélats  ou  sièges  ecclésiastiques  ;  le  second  des 
jugemens  civils;  le  troisième  roule  sur  les  affaires  ecclésias- 
tiques ;  le  quatrième  renferme  les  causes  matrimoniales,  et  le 
cinquième  les  procédures  criminelles.  On  ne  voit  pas  en  quel 
temps  ce  manuscrit  latin  a  été  fait. 

5.  Les  Sermons  du  pape  Honorius  III,  écrits  en  latin  sur  vélin, 
en  un  tome  in-folio.  Ce  souverain  pontife,  ayant  été  élu  l'an  1216, 
fit  quelque  temps  après  le  don  d'un  volume  de  ses  Sermons  au 
monastère  de  Citeaux,  en  y  mettant  une  lettre  à  la  tête,  au  lieu 
de  préface.  Ces  sermons  sont  au  nombre  de  soixante-huit,  sur 
tous  les  dimanches  et  fêtes  principales  de  l'année,  copiés  par  dom 
Etienne,  religieux  de  cette  maison  au  xm®  siècle. 

6.  Un  volume  d'opuscules  sur  parchemin,  in-folio,  contenant 
trente-six  discours  de  saint  Bernard,  abbé  de  Clairvaux,  sur 
divers  sujets,  et  soixante  du  bienheureux  Guérie,  abbé  d'Igny  en 
Champagne,  de  l'ordre  de  Citeaux,  décédé  l'an  1157.  Cet  ouvrage 
est  dédié  à  Henry,  cardinal  de  la  sainte  Église  romaine. 

7.  L'excellent  ouvrage  des  Sentences,  dans  un  volume  en  vélin, 
divisé  en  quatre  livres;  les  marges  en  sont  ornées  de  belles 


24 

figures,  et  une  partie  des  lettres  initiales  sont  en  or,  accompagné 
d'une  variété  de  personnages  et  de  figures  très  imités.  C'est  la 
première  Somme  théologique  de  Pierre  Lombard,  ainsi  nommé 
parce  qu'il  étoit  natif  de  Novarre  en  Lombardie,  et  qui  mourut 
évêque  de  Paris  en  1164.  Le  copiste  de  cet  ouvrage  est  dom 
Renaut,  religieux  de  cette  abbaye,  qui  vivoit  sur  la  fin  du  siècle 
suivant.  Voici  quatre  vers  qu'il  mit  sur  la  fin  de  ce  manuscrit  : 

Haec  tibi,  summe  Deus,  tuus  offert  scripta  Renaudus  ; 
Si  placet  oblatum,  plus  ejus  solve  reatum. 

Qui  servare  libris  pretiosis  nescit  honorem, 
Illius  a  manibus  sit  procul  iste  liber. 

8.  L'Histoire  ecclésiastique  d'Eusèbe,  évêque  de  Césarée  en 
Palestine,  mort  l'an  338,  ouvrage  latin,  divisé  en  dix  livres, 
renfermé  dans  un  volume  en  parchemin  in-folio.  Cette  histoire 
est  si  excellente  qu'elle  a  mérité  à  Eusèbe  le  titre  de  père  de 
l'Histoire  ecclésiastique.  Le  manuscrit  est  en  lettres  gothiques  si 
grossières  qu'on  peut  bien  l'atribuer  au  xrv®  siècle. 

9.  Commentaire  ou  explication  de  l'Evangile  de  l'apôtre  saint 
Jean ,  en  vingt-un  chapitres ,  écrit  sur  vélin  ;  un  volume  in- 
quarto,  en  latin,  mais  sans  aucun  nom  d'auteur. 

10.  Le  Traité  de  l'éducation  des  princes  et  des  princesses,  très 
ancien  manuscrit  latin,  en  vélin,  in-quarto,  dédié  à  la  reine  Mar- 
guerite, épouse  de  saint  Louis,  roi  de  France,  par  Vincent,  dit  de 
Eeauvais,  religieux  de  l'ordre  de  saint  Dominique,  mort  en  1264. 

11.  Un  manuscrit  latin,  grand  in-folio,  en  beau  véhn,  qui  est 
le  Commentaire  de  Pierre  Lombard,  évêque  de  Paris,  sur  toutes 
les  épitres  de  saint  Paul,  les  lettres  initiales  de  chaque  épitre 
étant  en  or,  avec  des  figures  d'une  grandeur  et  d'une  déhcatesse 
achevée.  On  trouve  à  la  fin  quelques  opuscules  de  saint  Isidore, 
évêque  de  SéviUe  en  Espagne  au  vif  siècle,  scavoir  son  Traité  des 
sinonimes  ou  des  soliloques,  et  celui  des  Combats  de  l'homme  au 
sujet  des  vices  et  des  vertus.  L'écriture  en  est  si  nette  et  si  bien 
formée  qu'on  peut  l'attribuer  au  xtf  siècle.  Ce  hvre  nous  fut 
donné  par  un  M.  de  Besançon  en  1375. 

12.  Deux  volumes  in-folio,  en  vélin,  contenant  les  Morales  sur 
Job,  par  saint  Grégoire  le  Grand,  divisés  en  dix  livres. 

13.  Un  autre  volume  in-foUo  en  beau  vélin,  contenant  les 
Homéhes  du  même  pape  sur  les  évangiles  des  dimanches  et  des 
fêtes  principales  de  l'année,  au  nombre  de  quarante.  On  lit  à  la 


22 

fin  :  «  Anno  Domini  M.  CC.  LXXXXVI  idib.  aprilis  ita  fuit 
instructum  abbatie  de  Cbaritate.  » 

14.  Un  gros  volume  in-folio,  en  vélin,  qui  renferme  les  Cent 
quarante-quatre  épitres  ou  lettres  du  grand  saint  Augustin, 
acheté  à  Besançon  en  1375  du  sieur  Pierre  de  Villette,  noble 
citoyen. 

15.  Quelques  Œuvres,  dans  un  volume  en  vélin,  in-4*',  du 
pape  Innocent  III,  mort  en  1216.  Acheté  à  Besançon  en  1374. 

16.  Le  Décret  de  Gratien,  sous  ce  titre  :  «  Concordantia  dis- 
cordantium  canonum  »,  que  ce  grand  homme  publia  en  1151. 
C'est  un  manuscrit  en  beau  vélin,  faisant  un  grand  volume 
in-folio. 

17.  Un  grand  dictionnaire  latin,  qui  est  une  explication  des 
principaux  mots  de  l'Ecriture  sainte,  des  termes  des  sciences, 
etc.,  sous  ce  titre:  «  Elément arium  doctrine  rudimentalis.  »  On 
y  traite  des  figures  des  lettres,  de  leur  diversité,  de  la  voix,  de 
la  prononciation,  des  accens,  de  Tordre  des  syllabes,  des  décli- 
naisons, des  conjugaisons,  de  l'orthographe.  C'est  un  très  vieux 
manuscrit,  en  beau  vélin,  gros  in-folio,  sans  nom  d'auteur*.  On 
y  lit  seulement  à  la  fin  :  «  Liber  Sancte  Marie  de  Caritate  »,  ce 
qui  dénote  qu'il  a  été  transcrit  par  les  anciens  religieux  de  cette 
maison. 

18.  Interprétation  des  termes  les  plus  difflciles  de  l'Ecriture 
sainte,  manuscrit  latin  en  vélin,  in-folio  parvo,  sans  titre  ni 
aucun  nom  d'auteur. 

19.  La  Signification,  ou  exposition  littérale,  morale  et  allégo- 
rique des  mots  principaux  de  l'Ecriture  sainte,  manuscrit  latin, 
en  vélin,  in-quarto  magno  ;  sans  titre  ni  aucun  nom  d'auteur. 

20.  Un  vieux  manuscrit  en  vélin,  faisant  un  volume  in-quarto, 
sous  ce  titre  :  «  Summa  de  vitiis  capitalibus  abreviata  »,  et 
ensuite  :  «  Glosule  super  parabolas  Salomonis.  »  On  lit  seule- 
ment à  la  fin  :  «  Liber  Béate  Marie  de  Caritate  »,  sans  nom 
d'auteur. 

21.  «  MisceUanea  »,  ou  ancien  manuscrit  en  vélin  in-folio 
contenant  le  «  Polihystor  Julii  Solini  »,  qui  est  un  recueil  des 
choses  les  plus  mémorables  qu'on  voit  en  divers  pays,  par  Solm, 
grammairien  latin  au  u®  siècle.  L'Oraison  de  Cicéron  «  pro 
Marco  Marcello  »,  celle  «  pro  Quinto  Ligario  »,  un  autre  «  pro 

1.  C'est  l'ouvrage  de  Papias. 


!k^ 


23 

rege  Dejotaro  »  ;  son  livre  «  de  senectute  »  ;  Œuvres  différentes 
de  Sénèque  :  1*  sur  les  lettres  qu'on  a  cru  qu'il  avoit  écrites  à 
l'apôtre  saint  Paul  et  qu'il  en  avoit  reçues  ;  2**  «  de  remediis  for- 
tuitorum  ad  Callionem  synonima  et  differentie  artis  rhetorice 
Ciceronis.  » 

22.  Explication  du  livre  de  Daniel,  un  volume  in-quarto, 
manuscrit  en  latin,  de  saint  Jérôme. 

23.  Explication  de  l'Evangile  de  saint  Marc,  de  l'épitre  de 
saint  Jacques,  de  deux  épitres  de  saint  Pierre,  de  trois  de  saint 
Jean,  et  de  celles  de  saint  Jude;  manuscrit  très  ancien  en  vélin, 
in-quarto,  sans  nom  d'auteur. 

24.  Les  épitres  de  saint  Jérôme,  au  nombre  de  cent  trente- 
cinq,  avec  six  de  ses  sermons,  le  premier  sur  la  Nativité  de 
notre  Sauveur,  le  second  sur  l'Epiphanie,  le  troisième  sur  le 
Carême,  le  quatrième  sur  la  Passion  de  Notre-Seigneur,  le  cin- 
quième sur  le  saint  jour  de  Pâques  et  le  sixième  sur  le  psaume 
XVn®.  Le  tout  faisant  un  grand  volume  latine  en  vélin.  Manus- 
crit acheté  à  Besançon  en  1375. 

25.  Quatre-ving-six  Sermons  de  saint  Bernard,  abbé  de  Clair- 
vaux,  sur  le  Cantique  des  cantiques  ;  manuscrit  très  ancien,  en 
vélin,  un  volume  in-folio. 

26.  Un  manuscrit  latin,  en  vélin,  in-folio,  qui  est  l'ouvrage 
des  Origines  ou  Ethymologies,  divisé  en  vingt  livres,  de  saint  Isi- 
dore, évêque  de  Séville  en  Espagne,  mort  en  636. 

27.  Un  très  précieux  manuscrit,  en  vélin,  in-folio,  qui  est  le 
Commentaire  du  vénérable  Bède,  bénédictin  anglois,  sur  les 
épitres  de  saint  Paul  ;  si  l'on  excepte  l'épitre  aux  Romains  et  les 
deux  aux  Corinthiens,  toutes  les  autres  y  sont  expliquées,  ce  qui 
fait  un  ouvrage  d'autant  plus  rare,  plus  estimable  et  plus  recher- 
ché qu'après  celui-ci  on  ne  le  trouvera  peut-être  nulle  part  en 
France,  car  le  Commentaire  sur  les  épitres  de  saint  Paul  inséré 
parmi  les  ouvrages  de  ce  grand  homme  n'est  pas  de  lui,  comme 
les  plus  habiles  écrivains  l'ont  fait  voir,  mais  de  Florus,  diacre 
de  Lyon.  Cependant,  quant  à  l'objet  présent,  ce  n'est  pas  un 
ouvrage  travaillé  avec  beaucoup  d'art  et  d'invention,  car  c'est 
une  espèce  de  recueil  de  quantité  de  passages  de  saint  Augustin 
qu'il  a  liés  ensemble,  quoiqu'il  fût  un  des  plus  scavans  hommes 
de  son  temps.  Il  mourut  en  735. 

28.  Le  Commentaire  de  saint  Augustin  sur  l'Evangile  de  saint 
Jean,  manuscrit  latin  en  vélin,  in-folio. 


24 

S^s  l^  Commentaire  de  saint  Jérôme  sur  le  prophète  Isaye, 
uu  wUume  in-folio,  en  beau  vélin,  transcrit  à  Tabbayedela  Cha- 
rité ^  1370. 

iiiK  Le  Gmimentaire  sur  les  douze  petits  prophètes,  un  volume 
m^nu^crit  en  vélin,  in-folio,  «  authore  magistro  Stephano  archi- 
t^xi^H^^K)  Cantuarie  » . 

31,  Un  manuscrit  en  parchemin,  in-quarto  magno,  contenant 
W  ^explications  difficiles  des  passages  de  l'Ancien  et  du  Nouveau 
Tt^ktament,  tirés  des  œuvres  de  saint  Grégoire  le  Grand  par 
)\il«iinus,  disciple  de  ce  saint  pape,  dans  le  vi®  siècle.  Son  ouvrage 
ânit  au  livre  de  TEcclèsiastique,  ainsi  le  second  et  le  troisième 
ti^uo  nous  manquent. 

îlîi.  Un  manuscrit  en  vélin,  grand  in-quarto,  contenant  dix-sept 
hiMuélies  sur  le  livre  de  la  Genèse,  treize  sur  l'Exode  et  seize  sur 
lo  Lovitique,  par  le  grand  Origène,  mort  en  255. 

3î^.  La  première  partie  de  la  seconde  de  la  Somme  théologique 
do  saint  Thomas  d'Aquin  ;  un  volume  in-quarto,  ms,  en  beau 
vélin,  acheté  à  Paris  l'an  1462. 

34.  La  troisième  partie  de  la  Somme  du  même  saint,  en  beau 
vélin,  mais  très  mal  écrit. 

35.  Un  manuscrit  en  beau  vélin,  in-quarto,  intitulé  :  «  De  offlcio 
sacerdotis  seu  Summa  casuum  conscientie  »,  composé  par  Albert 
Mandagasino,  dit  de  Bresse,  disciple  de  saint  Thomas,  et  mort 
en  odeur  de  sainteté  l'an  1314.  Cet  ouvrage  est  très  rare,  n'ayant 
pas  été  imprimé. 

36.  Un  manuscrit  en  vélin,  in-folio  parvo,  qui  contient  des 
sermons  sur  les  épitres  et  les  évangiles  des  dimanches  de  l'année, 
par  le  vénérable  Ay mon,  religieux  de  Savigny,  ordre  de  Citeaux, 
mort  en  1175,  copié  par  dom  Etienne  au  xni®  siècle. 

37.  Un  volume  in-quarto,  manuscrit,  en  véhn,  sous  ce  titre  : 
«  Capsa  factorum  et  dictorum  mirabilium  Valerii  Maximi.  »  Cet 
ouvrage  est  curieux  et  bien  écrit.  On  l'acheta  à  Paris  en  1447. 

38.  Un  Dictionnaire  éthimologique  des  mots  latins  sous  ce 
titre  :  «  Derivationes  magistri  Hugonis  de  Pisa  composita  super 
septem  artibus.  »  Manuscrit  en  vélin,  grand  in-quarto. 

39.  Le  Traité  de  saint  Ambroise  sur  le  pseaume  CXVIII  avec 
les  livres  sur  les  Mistères  et  sur  les  Sacremens.  Un  manuscrit 
latin  in  folio,  en  vélin. 

40.  Un  manuscrit  latin  sur  vélin,  in-folio,  contenant  les  cinq 


jIj^ 


25 

livres  de  saint  Augustin  sur  la  très  sainte  Trinité,  portant  à  la 
fin  :  «  Liber  Sancte  Marie  de  Charitate  »,  livre  très  vieux. 

41 .  L'Exameron  de  saint  Ambroise,  qui  est  l'exposition  des 
œuvres  des  six  jours  de  la  Création,  avec  deux  traités  sur  le 
Paradis  et  sur  Gain  et  Abel.  Un  manuscrit  latin  en  vélin, 
in-folio. 

42.  Les  Commentaires  de  saint  Jérôme  sur  les  petits  prophètes. 
Deux  volumes  manuscrits  en  vélin,  in-folio.  Copié  à  la  Charité. 

43.  Questiones  canonice  Jacobi.  C'est  un  manuscrit  très  mal 
formé,  sur  vélin,  in-folio. 

44.  Le  Commentaire  de  saint  Thomas  sur  les  livres  des  Sen- 
tences. Manuscrit  en  vélin,  in-folio,  très  mal  écrit.  Livre  acheté 
à 

45.  Un  manuscrit  en  vélin,  in-folio,  mais  très  mal  écrit,  ayant 
pour  titre  :  «  Questiones  disputate  de  veritate  a  Sancto  Thoma 
Aquinate  ».  Acheté  à  Paris  l'an  1461. 

46.  L'ouvrage  de  saint  Augustin  intitulé  :  «  De  verbis  Domini.  » 
Ce  sont  des  discours  sur  les  principaux  actes  des  apôtres  saint 
Pierre,  saint  Paul,  Jacques  et  Jean.  Un. volume  manuscrit  en 
vélin,  grand  in-quarto.  Copié  à  la  Charité. 

47.  La  seconde  partie  des  Homélies  d'Origène,  contenant  les 
homélies  sur  les  livres  de  Josué,  des  Juges,  des  Rois,  du  Cantique 
des  Cantiques,  d'Isaye,  de  Jérémie  et  d'Ezéchiel.  Un  volume 
manuscrit  en  vélin,  in-folio. 

48.  Les  livres  des  Dialogues  de  saint  Grégoire,  pape  ;  un 
volume  manuscrit  en  vélin,  in-quarto. 

49.  Les  livres  de  saint  Augustin  «  De  doctrina  christiana  »,  «  De 
spiritu  et  littera  »  et  «  De  pastoribus  » .  Un  manuscrit  en  vélin 
in-quarto. 

50.  Les  Lettres  de  saint  Bernard,  deux  manuscrits  en  vélin, 
in-quarto. 

51.  Un  manuscrit  en  vélin,  in-quarto,  sous  ce  titre  :  «  De  qua- 
tuor voluntatibus  in  Christo  »,  sans  nom  d'auteur. 

52.  Un  manuscrit  en  vélin,  in-quarto,  intitulé  :  «  De  virtu- 
tibus  moralibus  et  animi  presentia  »,  sans  nom  d'auteur. 

53.  «  Tracta  tus  de  variis  conditionibus  hominis  »,  un  ms.  en 
vélin,  in-quarto;  «  autore  Jeanne  Genesio,  doctore.  » 

54.  «  Vita  sancti  Gregorii  pape,  a  Joanne  diacono  »;  manus- 
crit sur  vélin,  gros  in-octavo. 

55.  Un  manuscrit  latin,  en  vélin,  in-quarto,  contenant  l'His- 


26 

I^HTd  chronologique  des  choses  les  plus  considérables  arrivées 
\K>|>uis  lorigine  du  monde  jusqu'au  xii^  siècle,  par  Othon,  religieux 
Aà  Morixnond  et  évêque  de  Frisinghen  ;  copié  par  dom  Etienne  au 
xm"*  siècle. 

56.  Le  Pastoral  de  saint  Grégoire  le  Grand;  manuscrit  latin, 
en  un  volume  sur  vélin,  in-octavo. 

57.  Un  manuscrit  latin  en  vélin,  in-octavo,  intitulé  :  «  Liber 
sancti  Âugustini  de  sermone  Domini  in  monte.  » 

58.  Le  Commentaire  de  saint  Jérôme  sur  le  prophète  EzécMel, 
écrit  sur  vélin,  in-quarto. 

59.  Un  beau  manuscrit  en  vélin,  in-octavo,  qui  est  le  traité  : 
«  De  regimine  principum  »,  composé  et  dédié  à  PhiUppe  le  Bel, 
roi  de  France,  par  Gilles  de  Roma,  religieux  augustin,  ensuite 
archevêque  de  Bourges,  mort  en  1316. 

60.  «  Varie  questiones  de  Scriptura  sacra  autoritate  Patrum 
elucidate  »  ;  manuscrit  sur  vélin,  in-octavo,  sans  aucun  nom 
d'auteur. 

61.  «  Excerpta  ex  deânitionibus  summorum  pontiâcum,  conci- 
liorum,  etc.,  de  flde  et  jure  »  ;  manuscrit  en  vélin,  in-octavo, 
sans  nom  d'auteur. 

62.  «  Liber  de  oculo  morali  »,  ce  qui  se  rapporte  au  sens  de 
l'Ecriture  à  l'attention  et  à  l'intention;  manuscrit  en  vélin,  in- 
octavo;  sans  nom  d'auteur^ 

63.  Preuves  de  la  venue  du  Messie,  contre  les  juifs,  par  Nico- 
las de  Lyre,  en  1334.  Manuscrit  latin,  sur  véhn,  in-octavo. 

64.  «  Liber  sermonum  de  misteriis  et  festis  totius  anni  »  ;  un 
manuscrit  sur  vélin,  in-octavo,  sans  nom  d'auteur. 

65.  «  Compendium  Summe  theologice  sancti  Thome  Aquina- 
tis.  »  Manuscrit  en  vélin,  in-octavo. 

66.  «  Summa  sive  tractatus  de  vitiis  et  peccatis  »  ;  un  manus- 
crit en  vélin,  in-octavo,  sans  nom  d'auteur. 

67.  Les  Livres  de  phisique  d'Aristote;  manuscrit  latin  en 
vélin,  in-quarto. 

68.  «  De  arte  rhetorica  »  ;  manuscrit  en  vélin,  in-octavo. 

69.  «  Opéra  Virgilii  »,  manuscrit  in-octavo,  en  vélin. 

70.  «  Liber  Dioscoridis  de  plantis  et  rébus  medicis  »  ;  un  ma- 
nuscrit en  vélin,  in-octavo. 


1 .  OuTrage  de  Pierre  de  Limoges  ;  voyez  VHistoire  littéraire  de  la  F)rance, 
t.  XXVI,  p.  463. 


27 

71.  Un  manuscrit  en  beau  vélin,  in-folio,  contenant  les  Confé- 
rences dé  saint  Jean  Cassien,  mort  à  Marseille  Tan  433.  L'ouvrage 
porte  ce  titre  :  «  Instituta  sanctorum  Patrum  Eremi  >  ;  copié  par 
dom  Etienne,  religieux  de  cette  maison  au  xuf  siècle. 

72.  La  Vie  des  saints  Barlaam  et  Josaphat,  et  le  livre  «  De 
contemptu  mundi  »  du  pape  Innocent  III ,  transcrit  par  dom 
Etienne,  religieux  de  cette  maison  au  xm®  siècle. 

73.  La  Vie  de  saint  Clément  I,  pape  ;  manuscrit  en  vélin, 
in-quarto.  Copié  par  le  même  religieux. 

74.  «  Miscellanea  »,  ou  un  ancien  manuscrit  en  vélin,  grand 
in-folio,  qui  fait  un  mélange  de  diverses  pièces,  scavoir  l'Histoire 
des  Troyens,  par  Cornélius  Nepos;  l'Histoire  des  Lombards,  par- 
tagée en  six  livres,  par  Paul,  diacre  d'Aquilée,  qui  avoit  été  au 
vm®  siècle  secrétaire  de  Didier,  dernier  roi  de  cette  nation  ;  la 
Vie  et  le  martir  de  saint  Thomas,  archevêque  de  Cantorbéry  ; 
l'Histoire  de  la  translation  du  corps  de  saint  Etienne,  premier 
martir  ;  la  Vie  et  les  miracles  de  saint  Léonard  ;  la  vie  et  les 
miracles  du  bienheureux  Pierre,  religieux  et  directeur  du  mo- 
nastère de  Jully  ;  l'Origine  de  la  monarchie  françoise. 

ÉCRIVAINS  DE  CETTE  PROVINCE. 

75.  L'abbaye  de  la  Charité  possède  encore  un  gros  volume 
in-quarto,  en  manuscrit,  sur  parchemin,  contenant  quatre-vingt- 
six  sermons  de  Jean  Allegrin  d'AbbeviUe,  archevêque  de  Besançon, 
ensuite  cardinal,  mort  en  1237.  Ces  sermons  latins  sont  des  dis- 
cours sur  la  vie  et  la  passion  de  Notre-Seigneur,  sur  les  devoirs 
des  prélats,  sur  les  obligations  des  clercs,  sur  la  vie  religieuse, 
sur  les  fêtes  de  la  sainte  Vierge,  sur  la  dédicace  des  églises,  et 
sur  quantité  de  sujets  de  morale  qu'il  traite  avec  autant  de  piété 
et  d'onction  que  d'esprit  et  de  solidité.  On  a  joint  à  ces  ouvrages 
le  Commentaire  sur  le  livre  de  l'Ecclésiastique  fait  par  Hugues  de 
Saint-Cher,  ainsi  dit  du  lieu  de  sa  naissance  en  Dauphiné,  reh- 
gieux  dominicain  et  cardinal,  décédé  à  Orvieto  en  1263,  copié 
au  xjif  siècle  par  dom  Etienne,  religieux  de  la  Charité. 

76.  «  Explanatio  super  4  libres  Regum  »,  un  volume  in-folio, 
manuscrit,  en  vélin.  C'est  le  Commentaire  de  dom  Angelôme, 
religieux  bénédictin  dans  l'abbaye  de  Luxeul,  vers  l'an  853.  Cet 
ouvrage  est  fort  allégorique  et  mystique.  Il  ne  paroît  pas  avoir 
été  jamais  imprimé. 


QUELQUES 


AITOGRAPHES  FRANÇAIS 


DES  ARCHIVES  DE  VENISE. 


Ijh  i^reourant  les  portefeuilles  des  dépêches  écrites  à  la  seigneurie 
i«  \^^  par  les  ambassadeurs  de  la  république  accrédités  auprès 
ii^  [fit  cour  de  France,  j'ai  remarqué  quelques  belles  lettres  auto- 
ï^r^^^fei^  dont  je  donne  plus  loin  le  texte.  Elles  méritent  toutes  de 
t^urw  dans  le  musée  paléographique  et  diplomatique  que  le  savant 
vliyvcteur  des  archives  de  Venise  organise  en  ce  moment. 

H^ari  lY  a  signé  seulement  la  lettre  écrite  à  l'occasion  de  la  nals- 
^tj^iH'O  de  Gaston  d'Orléans,  que  Brulart  de  Sillery  a  contresignée. 

Ues  autres  lettres  sont  entièrement  de  la  main  du  signataire,  y 
ci^nprls  Tadresse.  Les  trois  lettres  de  Richelieu  ne  se  trouvent  pas 
iten»  le  recueil  de  M.  Avenel.  La  lettre  de  Louis  XIY  et  celle  du 
^iauphin  sont,  comme  les  cachets,  Penveloppe  et  les  lacs  de  soie  qui 
«uii  dépendent,  d'une  beauté  et  d'une  fraîcheur  remarquables. 


I. 

1608.  25  avril.  Fontainebleau. 

Henri  IV  à  l'ambassadeur  de  Venise,  à  V occasion  de  la  naissance  du  duc 

d'Anjou,  depuis  duc  d'Orléans  *. 

Monsieur  Foscarini.  Ayant  pieu  à  Dieu  délivrer  présentement 
la  reyne  ma  femme  de  sa  grossesse,  pour  la  faire  accoucher  heu- 
reusement d'un  beau  fils,  je  vous  en  ay  bien  voullu  advertir,  en 

1.  Filza  ou  portefeuille  39.  La  lettre,  insérée  dans  une  dépêche  de  Foecarini 
au  doge,  est  fermée  par  une  bande  de  papier  sceUée  aux  armes  de  France. 
Ce  n'est  pas  la  circulaire  de  la  même  date  que  Ton  trouve  dans  le  recueU  de 
M.  Berger  de  Xivrey,  t.  VII,  p.  532. 


34 

m'en  réjouissant  avec  vous  par  ceste  lettre,  m'asseurant  que  vous 
en  recevrez  tous  contentement  et  consolacion,  pour  Taffecion  que 
me  portent  vos  seigneuries  et  l'inclination  que  je  scay  que  vous 
avez  eu  particulièrement  au  bien  et  prospérité  de  mes  affaires.  Et 
n'estant  la  présente  pour  autre  estât,  je  prie  Dieu,  Mons.  Fosca- 
rini,  qu'il  vous  ait  en  sa  sainte  et  digne  garde.  Escript  à  Fontai- 
nebleau, le  XXV®  jour  d'avril  1608. 

Henry. 

Brulart. 
Au  dos  :  A  Mons^  Foscarini,  ambassadeur  de  la  république  de 
Venize. 

II. 

1630.  15  janvier.  Martigny. 

Le  cardinal  de  Richelieu  au  chevalier  Soranzo,  ambassadeur  de  Venise 

près  la  cour  de  France  K 

Monsieur, 
J'ay  reçeu  la  lettre  qu'il  vous  a  pieu  m'escripre,  et  en  mesme 
temps  une  aultre  de  Mons*"  le  mareschal  de  Créquy ,  qui  me 
mande  qu'il  luy  est  arrivé  nouvelles  certaines  que  le  siège  de  Man- 
toûe  est  levé  et  que  les  Allemands  se  sont  retirez  en  tel  desordre 
qu'il  n'a  tenu  qu'à  Monsieur  de  Mantoiie  de  les  deffaire  ;  qu'il  en 
a  taillé  en  pièces  quelques  uns  en  reprenant  Montenare  et  Cour- 
tanton,  qui  sont  deux  postes  qu'ils  youloient  garder.  Mons*" 
d'Avaux  m'escript  que  la  sérénissime  république  se  résoudra 
d'attacquer  quelques  lieux  qui  empeschent  la  liberté  de  la  com- 
munication entre  Elle  et  Monsieur  de  Mantoiie.  Je  ne  doubte 
point  qu'elle  ne  marche  de  bon  pied  en  ceste  occasion.  Je  ne  perds 
point  de  temps  à  m'acheminer  le  plus  promptement  qu'il  m'est 
possible,  pour  me  rendre  en  Italie.  L'affaire  de  Monsieur  est 
accommodée,  de  sorte  qu'il  n'y  a  rien  qui  puisse  divertir  l'effect 
d'une  si  puissante  armée  que  celle  dont  il  a  pieu  au  Roy  me  don- 
ner commandement.  Voyla  le  subject  qui  m'a  fait  prendre  la 
plume,  et  pour  vous  asseurer  que  je  suis. 
Monsieur, 

Vostre  très  affectionné  serviteur. 

Le  cardinal  de  Richelieu. 
A  Martigny,  ce  15®  janvier  1630. 

1.  Filza  73.  Insérée  dans  la  dépêche  de  Jérôme  Soranzo  au  doge  n"*  117  sola; 
datée  de  Roanne  le  16  janvier  1629,  style  de  Venise. 


32 

Au  dos:  Â  Monsieur,  Monsieur  Zerenzo,  ambassadeur 
extraord*^  de  la  sérénissime  république  de  Venise. 

m. 

1630.  15  mars.  Gasalette. 
Le  cardinal  de  Richelieu  au  chevalier  Soranzo  *. 

Monsieur,  aiant  hier  conféré  avec  M.  le  prince  de  Piedmont 
chose  que  j'estime  vous  devoir  communiquer,  je  vous  prie  vouloir 
prendre  la  peine  de  venir  coucher  à  Pianesse,  où  je  vous  feray 
donner  un  logis.  M.  de  Montmorancy  y  est  logé.  Si  quelques 
gens  de  guerre  qui  y  sont  empeschent  vostre  commodité,  je  les 
en  feray  demain  desloger  esprès  et  les  feray  avancer  avecl'avant- 
garde,  estimant  plus  vostre  contentement  que  je  ne  vous  puis 
dire.  C*est, 

Monsieur, 

Vostre  très  affectionné  serviteur, 

Le  cardinal  db  Richelieu. 
Cazelette,  ce  15®  mars  1630. 
Au  dos  :  Â  Monsieur  Zerenzo,  ambassadeur  de  Venise.  Â 
Turin. 

IV. 

1630.  22  mars.  Pignerol. 
Le  cardinal  à  Soranzo  >. 

Illustrissime  et  Eccellentissimo  Signor, 
Ho  mandato  due  volte  gentilhuomini  per  parlare  a  Vostra 
Eccellenza  et  pregarlo  de  venir  qui.  Faccio  ancora  lo  medesimo, 
supplicandolo  di  credere  che  non  andara  mai  verso  persone  che 
rhonori,  lo  stimi  e  Tami  più  di  me,  non  solamente  come  amba- 
sciatore  de  la  serenissima  repubblica,  ma  anchora  per  conto  délia 
sua  persona  particolare,  de  la  quale  io  sarô  sempre 

Affettuosissimo  Servitore. 

Le  cardinal  de  Richelieu. 
Di  Pignerol,  22  marzo  1630. 

1.  Filza  73.  Insérée  dan&  la  dépêche  n*  146,  datée  de  Pianezza,  à  Tannée  da 
roi,  le  17  mars  1630. 

2.  Filza  73.  Cette  lettre  en  italien  est  enUèrement  de  la  main  du  cardinal, 
comme  le  dit  Soranzo,  en  la  transmettant  au  doge,  dans  sa  dépêche  chiffrée  n*  152 


33 

V. 

1669.  12  mai.  Saint-Germain-en-Laye. 
Turenne  au  doge  Dominique  Contarini  K 

A  S'  Germain,  ce  12«  mai  1669. 

Sérénissime  prince, 
Je  rendrai  grâces  très  humbles  à  Vostre  Sérénité  de  ce  que  ma 
recommandation  a  esté  de  quelque  poids  près  de  la  S.  R.  pour  les 
obliger  de  prendre  à  leur  service  M.  le  conte  de  Frontenac,  et  je 
suis  bien  assuré  que  je  n'aurai  point  de  reproche  d'y  avoir  envoyé 
une  personne  en  qui  on  trouvera  tant  de  bonne  calités,  et  à  l'es- 
gart  de  son  courage  et  de  sa  prudence  dans  la  conduite  ordinaire. 
Je  suplie  très  humblement  Vostre  Sérénité  que  Thnpatience  qu'il 
a  eu  d'aller  servir  ne  lui  préjudicie  point  dans  une  demande  très 
juste  qui  est  qu'après  les  généraux  de  la  S.  R.  il  n'obéisse  qu'à 
Monsieur  le  marquis  de  S*  André.  Qu'elle  ait  aussi  la  bonté  que 
l'argent  qu'il  a  touché  pour  son  voyage  ne  soit  pas  préconté  sur 
ses  appointements,  et  que  l'on  vueillielui  entretenir  deux  officiers 
reformés  pour  servir  près  de  lui.  Ce  sont  des  grâces  de  l'obliga- 
tion desquelles  je  me  chargerai  avec  beaucoup  de  plaisir.  J'ai 
suplié  Monsieur  l'ambassadeur  d'assurer  Votre  Sérénité  que  je 
m'estimerai  très  heureux  quand  je  pourrai,  par  mes  respects  et 
mes  services  très  humbles,  faire  paroistre  à  la  S.  R.  la  vénération 
que  j'ai  pour  elle,  et  le  plaisir  que  ce  me  seroit  de  pouvoir  par 
quelque  moyen  contribuer  de  quelque  chose  à  sa  gloire  et  à  l'aug- 
mentation de  sa  grandeur.  Faites  moi  l'honneur  de  croire  que 
c'est  le  souhait  bien  sincère, 

Sérénissime  prince, 

de  votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur. 

Turenne. 
Au  dos  :  Au  sérénissime  prince  de  Venise,  etc. 

seconda,  datée  de  Pignerol  24  mars  1630  :  «  H  cardinale  ha  passato  meco  una 
c  grande  escusatione,  per  non  havermi  potuto  comunicar  le  sue  rissolutioni 
«  contro  il  Duca  di  Savoia,  per  esser  state  improvisissime^  et  che  due  volte  ha 
c  mandato  gentilhuomlni  espressi  per  darmene  parto  ;  ma  che  il  Duca  impedi 
c  che  non  potessero  parlar  meco  ;  et  per  mons**  Pancirolo  mi  ha  mandato  Pag- 
c  gionto  biglieto,  scrilto  di  sua  mano  in  italiano.  » 

1.  Filza  144.  Insérée  dans  la  dépêche  n*>  77.  La  lettre  était  fermée  par  des  lacs 
de  soie  jaune  retenus  sous  deux  cachets  de  cire  rouge  aux  armes  de  Turenne. 
L'un  des  cachets  a  été  brisé  pour  retirer  la  lettre. 

3 


34 

VI. 

1699.  22  mars.  Versailles. 
Le  dauphin  au  doge  ^ 

Messieurs,  pendant  tout  le  temps  que  le  s''  Erizzo,  votre  ambas- 
sadeur auprès  du  Roi  mon  Seigneur  et  Père,  a  demeuré  en  cette 
cour,  il  s'est  fort  bien  aquitté  des  ordres  que  vous  lui  aviez  donnés 
à  mon  égard,  me  marquant  dans  les  occasions  les  sentiments  et 
l'attachement  que  vostre  république  a  pour  moy.  Je  lui  ay  tou- 
jours témoigné  le  gré  que  je  vous  en  savois  et  l'estime  que  j'avois 
pour  vous,  dont  il  vous  aura  sans  doute  rendu  conte.  Mais  j'ay 
encore  voulu  vous  en  asseurer  moy  mesme,  outre  ce  que  je  l'ai 
chargé  de  vous  dire  de  ma  part  dans  son  audience  de  congé.  La 
dessus  je  prie  Dieu  qu'il  vous  ait,  Messieurs,  en  sa  sainte  et  digne 
garde. 

Ecrit  à  Versailles,  ce  22«  mars  1699. 

Votre  très  affectionné  ami 

Louis. 

Au  dos  de  V enveloppe,  de  la  main  du  dauphin  :  k  Mes- 
sieurs les  duc  et  seigneurie  de  Venise. 


VII. 

1699.  27  mars.  Versailles. 
Louis  XIV  au  doge  et  à  la  seigneurie  de  Venise^. 

Messieurs,  quoique  j'aye  chargé  le  sieur  Erizzo  votre  ambas- 
sadeur de  vous  assurer  de  mon  amitié,  je  suis  bien  aise  de  le  faire 
encore  moy  mesme  par  cette  lettre.  Je  scay  quels  ont  été  dans 
tous  les  temps  vos  sentimens  pour  la  couronne  de  France  ;  et  les 
miens  pour  vous  sont  ainsi  que  vous  pouvez  le  désirer.  C'est  de 


1.  Filza  192.  Insérée  avec  ceUe  da  roi  dans  la  dépêche  n'  480  sola  et  vUima, 
La  leUre  du  dauphin  était  sous  une  enveloppe  scellée  d'un  cachet  sur  cire  rouge 
aux  armes  du  prince. 

2.  Filza  192.  Insérée  dans  la  dépêche  d'Ërizzo  n"  480  sola  et  ultimOy  datée  de 
Paris  le  7  avril  1699.  La  lettre  du  roi  est  fermée  par  un  lac  de  soie  bleue,  scel- 
lée de  deux  cachets  en  cire  rouge  aux  armes  de  France.  Les  cachets  sont  intacts^ 
la  soie  seule  ayant  élé  coupée  pour  retirer  la  lettre. 


35 

quoi  je  vous  prie  d'être  bien  persuadés,  et  de  la  sincérité  avec 

laquelle  je  suis, 

Messieurs, 

Votre  très  affectionné  amy. 

Louis. 
A  Versailles,  le  27  mars  1699. 

Au  dos,  de  la  main  du  roi  :  A  Messieurs  les  duc  et  seigneu- 
rie de  Venise. 

L.  DE  Mas  Latrie. 


LES  ARCHIVES 


DU   COMTÉ   DE   LA  MARCHE 


Il  n'est  pas,  je  crois,  de  province  en  France  sur  les  annales  de 
laquelle  on  soit  si  mal  renseigné  que  sur  celles  de  la  Marche.  En 
Tan  de  grâce  1881,  il  faut  se  contenter  pour  l'histoire  d'ensemble 
de  ce  pays  de  la  méchante  compilation  de  JouUietton  publiée  à 
Guéret  au  commencement  du  siècle*,  et  les  quelques  monogra- 
phies locales  qui  ont  vu  le  jour  depuis  n'apportent  qu'un  bien 
faible  contingent  de  faits  nouveaux,  si  Ton  songe  à  tout  ce  qui 
reste  à  connaître.  A  quoi  attribuer  ce  malheureux  état  de  choses  ? 
Manque  d'hommes,  dira-t-on.  Je  le  veux  bien,  mais  aussi,  mais 
surtout  manque  de  documents.  Toutes  les  provinces  voisines  ont 
des  fonds  d'archives  de  premier  ordre,  constitués  par  les  archives 
mêmes  de  leurs  souverains  féodaux  :  les  archives  des  sires,  comtes, 
puis  ducs  de  Bourbonnais  étaient  à  Moulins  et  sont  allées  de 
là  à  Paris,  où  on  les  trouve  aujourd'hui  aux  Archives  nationales; 
celles  des  comtes  d' Angoulême  ont  eu  le  même  sort  ;  celles  des 
vicomtes  de  Limoges,  parties  probablement  de  Ségur,  ont  suivi 
un  chemin  tout  difiërent ,  mais  enfin ,  et  c'est  là  l'essentiel ,  elles 
existent  actuellement  et  appartiennent  aux  archives  départemen- 
tales de  Pau.  Où  étaient  les  archives  des  comtes  de  la  Marche? 
Où  sont-elles  aujourd'hui?  A  cette  dernière  question  je  réponds 


1.  Histoire  de  la  Marche  et  du  pays  de  Combraille,  Guéret,  1814-15.  2  vol. 
in-8». 


37 

tout  de  suite  —  et  plût  au  ciel  que  je  me  trompasse!  —  elles  ne 
sont  nulle  part.  A  la  première  je  vais  tâcher  de  répondre  en  pro- 
duisant tous  les  renseignements  que  j'ai  pu  me  procurer  à  ce 
sujet. 

JouUietton  dit  quelque  part  en  substance  que  «  les  premiers 
comtes  de  la  Marche  avaient  leur  chambre  des  comptes  à  Char- 
roux;  sous  les  Lusignans  elle  était  à  Angoulême;  Philippe  le  Bel 
la  supprima  et  fit  transporter  les  titres  à  Paris.  Sous  les  Bour- 
bons elle  était  à  Moulins.  »  J'ai  retrouvé  ce  passage  tel  quel  dans 
les  papiers  de  Pierre  Robert,  où  JouUietton  Ta  certainement  pris*; 
Robert  lui-même  dit  l'avoir  tiré  d'un  ouvrage  de  Bacquet, 
Traité  du  droit  de  deshériter,  ch.  7.  Il  mérite  d'être  discuté, 
car  il  exprime  une  opinion  que  l'on  serait  porté  à  adopter  sans 
examen,  mais  qui  ne  me  paraît  pas  juste.  Je  n'insiste  pas  sur 
l'impropriété  de  l'expression  chambre  des  comptes  appliquée 
au  xiif  s.  et  même  à  l'époque  antérieure;  en  disant  que  la 
chambre  des  comptes  se  trouvait  à  tel  endroit,  notre  auteur  a 
voulu  sans  doute  dire  que  là  était  le  centre  de  l'administration 
féodale  et  le  dépôt  des  titres.  A  ce  point  de  vue  sa  première  affir- 
mation est  exacte  :  Charroux,  berceau  de  nos  premiers  comtes, 
a  dû  être  très  longtemps  —  plus  longtemps  même  qu'on  ne  le 
croit  généralement,  comme  je  le  montrerai  plus  loin  —  le  centre 
de  leur  administration,  et  n'a  jamais  cessé  de  faire  partie  du 
comté  de  la  Marche,  quoi  qu'en  dise  M.  Deloche^.  Mais  on  sait 
que  la  première  maison  des  comtes  de  la  Marche  a  abdiqué  en 
1177,  date  de  la  vente  du  comté  à  Henri  II,  roi  d'Angleterre,  par 
le  dernier  des  Aldeberts;  or  il  serait  plus  que  téméraire  de 
croire  que  les  comtes  de  la  Marche  aient  eu  l'idée  de  déposer 
leurs  titres  dans  un  endroit  fixe,  à  une  époque  où  cette  idée 
n'était  pas  même  encore  venue  au  roi  de  France. 

Passons  aux  Lusignans.  Ont-ils  vraiment  feit  d' Angoulême  le 
centre  de  l'administration  de  leurs  deux  comtés  de  la  Marche  et 
d' Angoulême?  Il  est  facile  de  montrer  à  quel  point  cela  est 
invraisemblable.  Hugues  IX  s'empara  du  comté  de  la  Marche  en 

1.  Bibl.  comm.  de  PoiUers,  coll.  Fonteneau,  t.  XXX,  p.  38. 

2.  Étude  sur  la  géographie  historique  de  la  Gaule,  dans  les  Mémoires  pré- 
sentés par  divers  savants  à  VAcad,  des  inscr.  et  b.-L,  2*  série,  IV,  p.  302  : 
c  Après  la  mort  de  Sulpice,  et  sous  Boson  !•',  surnommé  le  Vieux,  la  Marche 
nous  paraît  être  devenue  exclusivement  limousine;  le  canton  poitevin  de  Char- 
roux  retourna  très  vraisemblablement  au  comté  de  Poitiers,  s 


38 

1199*  et  le  posséda  seul  jusqu'à  sa  mort  (1219)  ;  il  dut  même 
accorder  un  soin  particulier  à  son  administration,  car  c'est  lui 
qui  le  premier  des  comtes  de  la  Marche,  en  1211,  osa  faire 
frapper  monnaie;  Bernard  Itier,  à  qui  nous  devons  ce  précieux 
renseignement,  nous  apprend  que  la  nouvelle  monnaie  fut 
frappée  à  Bellac*,  ce  qui  semblerait  indiquer  que  cette  ville 
était  devenue  pour  un  moment  la  capitale  administrative  du 
comté.  C'est  seulement  en  1220,  par  le  mariage  de  Hugues  X 
avec  Isabelle  d'Angoulême,  que  le  comté  d'Angoulême  se  trouva 
réuni  pour  de  longues  années  à  celui  de  la  Marche.  On  avouera 
que  dans  ces  conditions  il  semblerait  moins  étonnant  de  voir 
annexer  au  comté  de  la  Marche,  depuis  longtemps  dans  la  maison 
deLusignan,  l'administration  du  comté  d'Angoulême,  que  de  voir 
annexer  au  comté  d'Angoulême,  nouveau  venu  dans  les  posses- 
sions de  la  famille,  l'administration  du  comté  de  la  Marche.  En 
réalité  les  deux  administrations  durent  être  indépendantes  l'une 
de  l'autre;  on  peut  en  voir  une  preuve  dans  le  testament  de 
Hugues  X  (mars  1243)  où  il  déclare  laisser  à  son  fils  aîné 
«  comitatum  Marchie,  comitatum  Engolisme  et  monetas  utrius- 
que  comitatus^.  »  Enfin  si  les  archives  du  comté  de  la  Marche 
avaient  été  transportées  à  Angoulême,  on  les  retrouverait 
aujourd'hui  aux  Archives  nationales  dans  les  Titres  d'Angou- 
mois;  or  ces  titres  renferment  bien  un  assez  grand  nombre  de 
pièces  qui  remontent  aux  Lusignans,  mais  toutes  se  rapportent 
au  comté  d'Angoulême  seul,  et  non  à  la  Marche. 

Je  regrette,  à  propos  des  Lusignans,  de  ne  pouvoir  examiner 
avec  toute  l'attention  qu'il  mérite  un  important  document  que 
M.  Delisle  a  été  le  premier  à  utiliser,  le  Cartulaire  des  comtes 
de  la  Marche.  L'original  était  è  la  chambre  des  comptes  de 

1.  M.  L.  Delisle  a  consacré  un  excellent  mémoire  {Bihl.  de  VÉc,  des  ch*,  1. 17, 
p.  537-545)  à  rétablir  la  chronologie  des  comtes  de  la  Marche  de  la  maison  de 
Lusignan,  pleine  des  plus  grosses  erreurs  dans  VArl  de  vérifier  les  dates.  La 
seule  inexactitude  que  j'y  relève  est  relative  à  l'avènement  de  Hugues  IX;  la 
charte  de  1190  citée  par  rillustre  savant  porte  en  effet  cette  date  dans  une  copie 
de  Dupuy,  mais  la  copie  est  fautive  et  la  vraie  date  est  1199.  Deux  chroniqueurs 
indépendants  Vun  de  l'autre,  Bernard  Itier  et  Albéric  de  Troisfontaines,  témoi- 
gnent que  Hugues  de  Lusignan  profita  de  la  mort  de  Richard  Cœur  de  Lion  pour 
s'emparer  de  la  Marche,  sur  laquelle  sa  famille  avait  des  prétentions  depuis  plus 
d'un  siècle. 

2.  D.  Bouquet,  XVIII,  227;  cf.  l'éd.  Duplès-Agier,  à  la  date. 

3.  Layettes  du  trésor  des  chartes,  tome  II,  n"*  3049. 


39 

Paris  et  a  dû  périr  dans  le  grand  incendie  de  1735  ;  il  n'en  existe 
plus,  à  ma  connaissance,  que  deux  copies  du  commencement  du 
xvni*  siècle*.  Ce  cartulaire  semble  avoir  été  rédigé  vers  la  fin 
du  xm®  siècle,  car  il  ne  contient  pas  de  pièces  postérieures  à  cette 
époque  ;  les  pièces  relatives  au  comté  même  de  la  Marche  n'y  sont 
pas  en  majorité,  mais  il  y  en  a  quelques-unes  de  très  précieuses, 
au  milieu  de  documents  relatifs  aux  autres  possessions  des  Lusi- 
gnans.  Ce  mélange  semblerait  appuyer  Tidée  que  ces  puissants 
seigneurs  féodaux  avaient  des  archives  centrales.  Mais,  avant  de 
rien  affirmer,  il  faudrait  déterminer  rigoureusement  la  date  et  la 
provenance  de  ce  cartulaire  ;  ce  dernier  résultat  s'obtiendrait ,  je 
crois,  assez  facilement,  si  l'on  pouvait  savoir  à  quelle  époque  et 
par  quelle  voie  il  était  entré  à  la  chambre  des  comptes. 

En  1308,  à  la  mort  de  Gui  de  Lusignan,  Philippe  le  Bel  s'em- 
para des  comtés  de  la  Marche  et  d'Angoulême  et  il  sut  les 
garder,  en  désintéressant  les  héritiers  plus  ou  moins  directs. 
Mais  il  ne  fit  pas  venir  les  titres  à  Paris*,  car  il  ne  semble  pas 
avoir  jamais  voulu  incorporer  réellement  ces  deux  comtés  au 
domaine  royal.  De  1308  à  1314  il  en  confia  l'administration 
à  un  de  ses  conseillers,  qui  appartenait  précisément  à  une  famille 
de  la  Marche,  Hugues  de  la  Celle  :  nous  avons  plusieurs  pièces 
de  ce  personnage  où  il  prend  la  qualité  de  garde  pour  le  roi  des- 
dits comtés^.  En  1314,  peu  de  temps  avant  sa  mort,  Philippe  le 
Bel  donna  le  comté  de  la  Marche  et  diverses  terres  en  Poitou  à 
son  plus  jeune  fils  Charles,  qui  devait  être  roi  lui-même  en  1322. 
Grâce  à  cette  dernière  circonstance,  il  nous  est  parvenu,  dans  les 
registres  du  trésor  des  chartes  et  dans  ceux  du  parlement, 

1.  Bibl.  nat.,  fonds  latin,  17089  et  17191. 

2.  Si  les  titres  avaient  été  transportés  à  Paris,  ils  auraient  été  incorporés  au 
trésor  des  chartes,  comme  Tavaient  été  ceux  d'Alphonse  de  Poitiers.  Mais  on 
n'en  trouve  aucune  trace  au  Trésor;  en  effet  les  layettes  J  277  {la  Marché), 
374  (Marche  et  Angoulême)  et  407  {Testaments  des  Lusignan)  représentent,  non 
pas  les  archives  des  comtes  de  la  Marche,  mais  la  partie  des  archives  des  rois 
de  France  relative  aux  comtes  de  la  Marche. 

3.  Par  exemple  celle-ci  : 

c  A  touz  cens  qui  verront  ces  présentes  letres,  Hugues  de  la  Celle,  chevaliers 
nostre  segnor  le  Roy,  garde  de  par  li  des  contez  de  la  Marche  et  de  Ëngolesme, 

salut.  Sachent  tuit  que  le  xi*  jour  dou  moys  de  decenbre  je  recen  par  la 

maien  Guillot  de  Roan  à  Gharrouz,  à  heure  de  tierce,  les  letres  dou  roy  nostre 
segnor  sus  le  fait  de  la  besogne  es  Lonbart  {sic).  En  tesmoynz  de  cen  j'ay  donné 
cete  letre  seeUée  de  mon  seel.  Donné  à  Gharrouz  Tan  et  le  jour  desus  dit.  i 
(B.  nat.,  Clair.,  26,  p.  1927.) 


40 

quelques  rares  documents  sur  l'administration  de  Charles  le  Bel 
comme  comte  de  la  Marche,  au  sujet  desquels  on  me  pardonnera 
de  faire  une  petite  digression,  au  moins  en  note.  Ces  documents 
nous  révèlent  un  fait  fort  intéressant  que  personne  n'a  indiqué 
jusqu'ici  :  c'est  que  Charles  le  Bel,  comme  autrefois  Alphonse  de 
Poitiers,  avait  organisé  un  parlement  dans  ses  terres,  et  que  ce 
parlement  siégeait  à  Charroux*.  Lors  de  l'avènement  au  trône 
du  comte  de  la  Marche,  son  parlement  fut  supprimé,  car  nous 
voyons  se  dénouer  au  parlement  de  Paris  plusieurs  affaires 


1.  Sans  rapporter  ici  toutes  les  indications  qoe  j'ai  réunies  à  ce  sujet,  je  me 
borne  à  donner  les  deux  pièces  suivantes  qui  se  passent  de  commentaire  : 

c  Les  genz  tenanz  le  Parlement  de  Mgr.  Mgr.  le  Conte  de  la  Marche  à  Charros 
de  par  ledit  seigneur,  à  noz  amez  Robert  de  Marines,  escuier,  seneschal  de  la 
Marche,  et  à  Mgr.  Hugues  de  Nedes,  clerc,  chenoyne  d'Angers,  salut  et  dilec- 
cion.  Comme  sur  les  enquestes  faites  entre  le  procureur  Mgr.  le  Conte  dessus 
dit,  d'une  part,  et  le  procureur  de  l'Ospital  de  Bourguéneo%  d'autre,  sur  les 
lieus  monstrez  pour  cause  deu  boys  de  Plausonieres ,  autrement  dit  de  Mont- 
bouchier"*^,  déliés  les  boys  de  Murât,  lesquelles  enquestes  ont  esté  veues  et 
regardées  en  conseil  et  non  pas  jugies  pour  aucunes  doubtes,  a  esté  accordé  entre 
lesdiz  procureurs  que  vous  irez  auUiz  boys  et  appellerez  ceuls  qui  feront  à 
appeller  et  lesdiz  procureurs  et  oerez  encores  les  tesmoings  dont  nous  vous 
envoyons  les  nous  qui  sont  oudictes  enquestes  sanz  reproche  et  autres  tesmoinz 
dou  païs,  proudommes  et  loiaulx,  pour  vous  aviser  et  enformer,  pour  faire  bon- 
nage  et  division  entre  lesdites  parties  desdiz  boys  et  des  leus  monstrez,  et,  vous 
avisez  et  enformez,  ferez  ledit  bonnage  et  division  et  métrez  bonnes  là  où  vous 
verrez  qu'elles  feront  à  mettre  oudiz  leus  monstrez  et  en  baudrez  à  chescune 
partie  ce  que  elle  en  devra  avoir,  et  tendra  ferme  et  estable  cen  que  vous  en 
aurez  fait ,  et  nous  mandons  à  tous  à  cui  peut  appartenir  que  à  vous  en  ce  fai- 
sant obéissent  et  entendent  diligenment  Donné  oudit  Parlement  le  lundi  après  la 
Trinité  l'an  de  grâce  mil  trois  cens  et  vint. 

Item  unes  autres  lettres  à  cestes  annexées  : 

Les  maistres  tenanz  le  Parlement  de  Mgr.  Mgr.  le  Conte  de  la  Marche  à  Char- 
ros de  par  celui  seigneur,  à  Robert  de  Marines,  escuier,  seneschal  de  la  Marche, 
saluz.  Nous  vous  mandons  que  vous  la  commission  autrefoiz  faicte  à  vous  et  à 
Mgr.  Hugues  de  Nede,  clerc,  chenoyne  d'Angers,  sur  les  enquestes  faictes  entre 
le  procureur  de  Mgr.  de  la  Marche,  d'une  partie,  et  le  procureur  de  l'Ospital, 
d'autre,  parmy  laquelle  ceste  présente  commission  est  annexée,  mettez  à  execn- 
cion  dehue  et  accomplissiez  de  point  en  point  selonc  la  forme  et  teneur  d'icelle. 
Donné  oudit  Parlement  le  jeudi  emprès  la  feste  saint  Jehan  BapUste  l'an  de 
grâce  mil  trois  cens  vint  et  un. 

(Arch.  nat.,  JJ  64,  p.  88.) 

*  Bourganeuf,  ch.-l.  d'arr.,  Creuse,  =  Burguettum  Novum;  dans  le  patois 
actuel  B(mrgouniou, 
'*'*  Montboucher,  canton  de  Bourganeuf. 


41 

engagées  au  parlement  de  Charroux  ^  Il  est  donc  possible  que 
les  registres  de  ce  parlement  éphémère  aient  été  transportés 
à  Paris,  d'autant  plus  que  Charles  IV  semble  avoir  réelle- 
ment incorporé  la  Marche  au  domaine  royal,  avant  qu'il  ne 
songeât  à  l'échanger  pour  le  comté  de  Clermont  en  Beauvaisis 
avec  Louis  de  Bourbon*.  Pourtant  je  ne  trouve  aucune  indication, 
dans  le  savant  travail  de  M.  Griin  sur  les  archives  du  parlement, 
qui  puisse  faire  naître  l'espoir  de  retrouver  un  jour  aux  Archives 
nationales  ces  registres  si  précieux  pour  l'histoire  et  l'adminis- 
tra tion  de  notre  province. 

J'ai  hâte  de  sortir  enfin  du  terrain  des  doutes  et  des  probabi- 
lités pour  arriver  aux  documents  qui  font  proprement  le  sujet  de 
cet  article  et  me  permettront  de  faire  succéder  des  faits  précis  à 
toutes  les  inductions  dont  j'ai  été  forcé  de  me  contenter  jusqu'ici. 
Je  saute  donc  un  siècle  et  demi  et  j'arrive  à  1475.  Or  à  cette 
date  les  archives  du  comté  de  la  Marche  existaient  bel  et  bien  et 
ne  se  trouvaient  ni  à  Angoulême,'  ni  à  Moulins,  ni  à  Charroux, 
ni  à  Bellac,  mais  au  château  d'Aubusson.  Je  n'entreprendrai  pas 
de  dire  pourquoi,  comment  ni  depuis  quand.  Je  ferai  seulement 
remarquer  que  la  vicomte  d'Aubusson  fut  acquise  par  les  comtes 
de  la  Marche  vers  1260;  que  les  vicomtes,  dont  l'origine  est  au 
moins  aussi  ancienne  que  celle  des  comtes  de  la  Marche,  devaient 


1.  Voici  deux  extraits  de  pièces  qui  établissent  ce  fait  : 

«  [Karolus,  Dei  gracia,  Francorum  et  Navarre  rex ]  Lite  mota  coram  lenen- 

tibus  pro  nobis  Parlaroentum  in  comitatu  nostro  Marchie Inquesta  igitur 

super  hiis,  de  mandato  predictorum  Parlamentum  Marchie  pro  nobis  tenencium, 
vocatis  evocandis,  per  certum  commissarium  incoacta,  et  per  senescallum  Marchie 

de  mandato  curie  nostre  compléta  et  perfecta Va  diemarcii  [1323].  s  (Arch. 

nat.,  X  5,  fol.  296.) 

c  [Karolus ]  Gum  dudum  nobis  ex  parte  prions  de  Chassaigninis  in  Lemovi- 

cinio  fuisset  denunciatum  quod  cum  ipse  prior  plures  injurias coram  tenentes 

Parlamentum  nostrum  Karoli,  dum  eramus  comes  Marchie ,  proposuisset 

mandavimus  ballivo  Alvernie  quatinus  super  predictis  veritatem,  vocatis  evo- 
candis, inquireret  et  quicquid  inveniret  curie  nostre  ad  judicandum  referret 

Datum  XVIlla  die  junii  [13231.  »  {Ubi  suprà,  fol.  331.) 

Dans  ces  deux  pièces  curia  désigne  le  parlement  de  Paris. 

2.  On  lit  dans  une  pièce  de  1326  :  c  senescallo  Marchie  in  contrarium 

asserente  et  dicente  eos  coram  ipso  ressortir!  debere,  cum  comitatu  s  ad  regem 

pervenerit  et  sibi  quodam  modo  sit  unitus »  (Arch.  nat..  JJ  64,  p.  93.)  En 

outre,  pendant  tout  le  règne  de  Charles  IV,  le  même  personnage  fut  presque 
toujours  sénéchal  de  la  Marche  et  du  Limousin,  avec  un  lieutenant  pour  chaque 
province. 


42 

avoir  un  fonds  d'archives  très  important  ;  qu'il  est  donc  possible 
que  peu  de  temps  après  cette  acquisition,  pour  des  raisons  maté- 
rielles quelconques,  on  ait  trouvé  plus  simple  de  transporter  à 
Aubusson  les  archives  du  comté  que  de  transporter  les  archives 
d'Aubusson  dans  le  heu  inconnu  où  devaient  exister  les  archives 
des  comtes  de  la  Marche. 

Voici  maintenant,  avec  l'exposition  des  faits  auxquels  nous 
sommes  redevables  des  deux  précieux  documents  que  je  publie 
en  appendice,  les  détails  que  nous  avons  sur  le  dépôt  d' Aubusson. 

Au  cours  d'un  procès  entre  Jacques  d'Armagnac,  comte  de  la 
Marche ,  et  le  duc  de  Bourbon  * ,  le  parlement  ordonna  que  le  premier 
aurait  à  produire  au  greffe  les  originaux  de  quatre  pièces  dont  il 
n'avait  fourni  que  des  copies  et  que  le  duc  de  Bourbon  prétendait 
arguer  de  faux.  Jacques  d'Armagnac  se  trouvait  à  ce  moment 
à  Cariât,  son  séjour  habituel,  où  il  avait  sa  bibliothèque*  et  sans 
doute,  en  dehors  des  archives  de  la  vicomte  de  Cariât,  les  pièces 
intéressant  ses  différentes  possessions  dont  il  pouvait  avoir  le 
plus  souvent  besoin  ;  il  trouva  immédiatement  trois  des  originaux 
qu'on  lui  demandait,  mais  non  le  quatrième,  un  accord  fait  en  1356 
entre  Louis  de  Bourbon  et  son  oncle  Pierre,  comte  de  Ponthieu^. 
Il  écrivit  alors,  le  14  août  1475,  au  sénéchal  et  au  garde  de  son 
comté  de  la  Marche  pour  qu'on  recherchât  la  pièce.  Sa  lettre* 
nous  apprend  que  ses  archives  «  de  par  délia  »,  c'est-à-dire  plus 
particulièrement  du  comté  de  la  Marche ,  se  trouvaient  au  châ- 
teau d' Aubusson,  et  que  la  garde  en  était  confiée  à  deux  de  ses 
conseillers,  Antoine  Alard  et  Jean  Froment.  Le  sénéchal  et  son 
lieutenant  (car  tel  était  le  titre  officiel  du  gardé)  s'empressèrent 
d'obéir  à  leur  suzerain  ;  à  cet  effet  ils  se  transportèrent  à  Aubus- 
son, appréhendèrent  Jean  Froment,  châtelain  du  lieu  en  même 
temps  qu'archiviste,  et  lui  commandèrent  d'ouvrir  la  tour  du 
château  où  étaient  les  archives,  pour  procéder  aux  recherches 


1.  Voy.  sur  ce  procès,  qui  dura  fort  longtemps,  les  n<>*  5698,  5706,  5719,  5733, 
etc.,  etc.,  des  Titres  de  la  maison  de  Bourbon  (t.  II). 

2.  Voy.  sur  sa  riche  bibliothèque ,  dont  beaucoup  de  manuscrits  et  même  an 
imprimé  sont  arrivés  à  la  Bibl.  nat.,  la  notice  de  M.  L.  Delisle,  Cabinet  des 
manuscrits,  I,  p.  86-91. 

3.  Cet  accord  n'existe  plus  aujourd'hui  ni  en  original  ni  en  copie  ;  voyez  une 
pièce  du  1"'  décembre  1357,  qui  se  rapporte  à  ce  sujet,  et  la  note  de  HuiUard- 
Bréholles  {Titres,  n»  2755). 

4.  Appendice,  pièce  n*  1. 


43 

qui  leur  étaient  commandées.  Là,  premier  incident.  «  Depuis 
quatre  ans  en  ça,  la  porte  de  ladicte  tour  avoit  esté  murée,  à 
l'occasion  de  certain  bastiment  que  Ton  faisoit  audit  chastel.  » 
Je  ne  sais  si  pendant  ces  quatre  ans  Jean  Froment  et  Antoine 
Alard  avaient  touché  régulièrement  leur  traitement  d'archiviste  ; 
il  faut  avouer  du  moins  que  l'accomplissement  de  leurs  fonctions 
avait  dû  être  excessivement  simplifié  par  cet  état  de  choses.  Mais 
les  ordres  du  comte  de  la  Marche  étaient  formels  :  on  démura  la 
porte  et  on  pénétra  dans  l'intérieur  de  la  tour;  on  ouvrit  toutes 
les  armoires,  on  visita  tous  les  coffres,  on  examina  toutes  les 

pièces et  l'on  ne  trouva  pas  le  document  cherché.  Il  ne  faut 

pas  croire  cependant  que  les  archives  fussent  dans  l'état  de 
délabrement  et  d'abandon  que  pourrait  faire  supposer  ce  murage 
de  quatre  ans.  Les  notaires  qui  ont  rédigé  le  procès-verbal  de  la 
visite  ne  nous  apprennent  malheureusement  pas  de  combien 
d'armoires  et  de  coffres  se  composait  le  dépôt;  mais  ils  ne  nous 
laissent  pas  ignorer  qu'il  y  avait  un  inventaire  indiquant  dans 
quelle  armoire  se  trouvaient  les  documents  inventoriés.  Cet 
inventaire  indiquait  que  la  pièce  cherchée  avait  été  mise  avec 
d'autres  dans  une  armoire  déterminée,  où  l'on  ne  put  cependant 
pas  la  trouver.  En  outre  il  y  avait  un  second  inventaire  des 
pièces  remises  le  3  février  1465  à  maître  Pierre  de  la  Ville, 
licencié  en  lois,  pour  porter  à  Paris  et  servir  vraisemblablement 
dans  le  procès  intenté  par  le  duc  de  Bourbon;  en  marge  des 
pièces  y  énumérées,  Jean  Froment  avait  eu  le  soin  d'indiquer  le  jour 
où  elles  avaient  été  restituées,  et  la  pièce  que  demandait  Jacques 
d'Armagnac  y  figurait  précisément,  avec  cette  note  :  Rendue 
lelIP  jour  d'avril.  Van  M  CCCCLXVII,  et  la  signature 
de  Jean  Froment.  Sa  disparition  paraissait  donc  inexplicable,  et 
semblait  engager  singulièrement  la  responsabilité  de  l'archiviste. 
Il  s'excusa  en  disant  que  son  collègue,  Antoine  Alard,  alors 
absent  et  qu'on  disait  être  auprès  du  roi,  avait  pénétré  plusieurs 
fois  dans  le  dépôt  et  devait  probablement  l'en  avoir  retirée. 
Après  avoir  remuré  soigneusement  la  porte  de  la  tour,  on  dressa 
un  procès-verbal  que  l'on  envoya  immédiatement  au  comte  de  la 
Marche*;  celui-ci  le  produisit  en  parlement  pour  s'excuser  de  ne 
pas  fournir  le  quatrième  original  qu'on  lui  demandait  ;  les  pièces 
de  l'afiaire  furent  communiquées  au  duc  de  Bourbon,  qui  les 

1.  Appendice,  pièce  n»  2. 


44 

garda,  et  voilà  comment  elles  se  trouvent  aujourd'hui  aux 
Archives  nationales  dans  les  titres  de  la  maison  de  Bourbon. 

Après  la  mort  de  Jacques  d'Armagnac,  décapité  le  4  août 
1477,  Louis  XI  fit  don  de  la  Marche  à  sa  fille  Anne  et  à  son 
gendre  Pierre  de  Beaujeu,  qui  plus  tard  (1488)  y  unirent  le  duché 
de  Bourbonnais.  Eurent-ils  alors  l'idée  de  centraliser  à  Moulins 
les  archives  de  la  Marche?  Voici  ce  qui  dut  se  passer.  Jacques 
d'Armagnac  avait  dans  la  Marche  une  chambre  des  comptes, 
qu'il  avait  été  probablement  le  premier  à  organiser*;  sous  Pierre 
de  Beaujeu  elle  continua  d'abord  à  fonctionner  comme  par  le 
passé*;  mais,  lorsque  ce  dernier  fut  devenu  maître  du  Bour- 
bonnais, il  dut  la  supprimer  et  en  transporter  les  attributions  à 
la  chambre  de  Moulins,  dont  l'importance  se  trouva  ainsi  singu- 
lièrement augmentée.  Dès  lors  les  nominations  des  officiers  de  la 
Marche  (sénéchal,  châtelains,  etc.)  furent  enregistrées  à  Moulins 
dans  les  Mémoriatux)^,  et  les  pièces  d'administration  déposées 
aux  archives  de  la  chambre  :  c'est  ainsi  que  nous  retrouvons 
aujourd'hui  dans  les  titres  du  Bourbonnais  plusieurs  pièces 
isolées  relatives  à  la  Marche  (23  mars  1506,  ordre  de  paiement 
d'une  maison  achetée  à  Guéret  pour  tenir  l'auditoire  de  la 
justice;  11  juin  1511,  transaction  des  prêtres  de  la  communauté 
de  Beaumont  de  Felletin  avec  Anne  de  France,  etc.)  et  surtout 
toute  la  série  des  hommages  rendus  en  1506,  pour  raison  du 
comté  de  la  Marche*,  à  Anne  de  France  à  son  passage  à  Bellac 
(13-17  juiïlet),  au  Dorât  (19-20)  et  à  Guéret  (27  juillet-3  août). 
Quant  au  dépôt  d'Aubusson,  qui  devait  surtout  contenir  des 
pièces  anciennes  peu  ou  point  utiles  pour  l'administration  cou- 
rante, on  n'y  toucha  pas.  Nous  allons  en  effet  le  retrouver. 

En  1527,  maître  François  Tavel,  conseiller  du  roi  au  parle- 
ment de  Paris,  fut  chargé  d'exécuter  l'arrêt  rendu  contre  le 
connétable  de  Bourbon  et  se  transporta  à  cet  effet  dans  les  diffé- 
rentes terres  qui  lui  avaient  appartenu,  pour  les  faire  admi- 
nistrer désormais  au  nom  de  Louise  de  Savoie,  mère  du  roi.  Le 


1.  Voyez  plus  loin  la  note  sar  Jean  de  Sainte-Feyre. 

2.  n  y  a  une  pièce  du  \*'  mars  1478,  adressée  par  Pierre  de  Beaujeu  aux  gens 
des  comptes  de  la  Marche  {Titres  de  la  maison  de  BourboUy  n"  6675). 

3.  Ces  mémoriaux,  transportés  à  la  chambre  des  comptes  de  Paris^  ont  péri 
dans  le  grand  incendie  du  siècle  dernier;  heureusement  nous  avons  une  table, 
qui  paraît  complète,  des  actes  qu'ils  contenaient  (Bibi.  nat.,  franc.  22299). 

4.  Arch.  nat.,  P  452i  et  452». 


45 

volumineux  procès-verbal  de  cette  exécution  nous  a  heureusement 
été  conservé*.  Le  samedi  12  octobre,  François  Tavel  arriva  à 
Guéret  et  se  logea  à  l'hôtellerie  où  pendait  pour  enseigne  VEscu 
de  Bourbon,  Le  mardi  suivant  nous  le  voyons  demander  au 
châtelain,  Jean  de  Costes,  s'il  n'y  avait  pas  à  Guéret  quelques 
«  lettres,  tiltre^  et  enseignemens  »;  celui-ci  répond  «  qu'ilz 
avoient  quelques  dénommées  des  flefz  dudict  conté,  et  qu'il  y 
avoit  quelques  tiltres  et  lectres  au  chasteau  dCAubusson 
touchans  et  concernans  ledict  conté  de  la  Haute-Marche 
et  ses  droictz  et  appartenances,  »  Voici  maintenant  des 
extraits  de  la  suite  du  procès -verbal  qui  nous  montreront 
comment  le  commissaire  procéda  vis-à-vis  des  tiltres  et  ensei- 
gnemens. 

«  Fol.  162  r*'.  Lesquelz  officiers  ainsi  par  nous  oïz,  avons 

ordonné  audict  de  Costes,  chastellain,  qu'il  ait  à  apporter  par 
devers  nous  ce  qu'il  a  des  fiefe  dudict  conté,  pour  en  faire  mencion 

et  description  et  à  l'apres  disnée  dudict  jour  avons  remis 

lesdiz  tiltres  et  enseignemens  et  nommées  de  flefz  es  mainz  dudict 
chastellain,  qui  a  promis  les  garder  bien  et  loy animent,  iceulx 
non  communicquer  sans  ordonnance  ou  auctorité  de  justice  et  les 
rendre  toutes  et  quantes  fois  de  la  part  dudit  procureur  gênerai 
du  roy,  ou  autre  ayant  cause  dudict  seigneur,  il  en  sera  requis. 
Et  dudict  jour  15®  octobre  sommes  partis  de  ladicte  ville  de 
Guéret  et  venuz  au  giste  à  Hum*,  et  le  lendemain,  16®  dudict 
mois,  arrivez  au  disner  audict  Heu  d'Aubusson,  où  avons  faict 
mettre  par  inventaire  ce  qui  a  esté  trouvé  au  chasteau  dudict 
lieu,  comme  en  icellui  est  contenu,  et  les  pièces,  tiltres  et  ensei- 
gnemens de  ladicte  seigneurie  baillez  en  garde  audict  Martellade, 
procureur  audict  lieu  d'Aubusson,  en  présence  dudict  procureur 
gênerai  de  la  Marche,  qui  ont  promis  comme  dessus  ;  et  avons 
mandé  venir  par  devers  nous  les  consultz  ou  cosses  dudict  lieu, 
lesquelz  sont  venuz  en  nostre  logis  ou  pend  pour  enseigne  le 
Lyon  d'or,  assavoir  Barthélémy  Mage,  Françoys  Thevenyn  et 
Claude  Meillereau,  ausquelz  avons  signiffié  nostredicte  execu- 
cion  et  faict  commandement  que  doresnavant  ilz  aient  à  obéir  à 
Madame,  et  sommes  venuz  au  giste  à  Felletin » 

Il  est  bien  regrettable  que  François  Tavel,  après  avoir  fait  faire 


1.  Bibl.  nat.,  Fr.  5110,  original  signé  Tavel. 
%  Ahun. 


46 

un  inventaire  (bien  sommaire  évidemment)  des  archives  d'Au- 
basson,  n*ait  pas  eu  Tidée  de  le  faire  transcrire  dans  son  procès- 
verbal,  où  nous  pourrions  le  lire  aujourd'hui;  mais  il  &ut  dire 
que  rien  ne  Vy  obligeait.  A-t-il  rapporté  cet  inventaire  avec  lui 
à  Paris?  Gela  paraît  probable.  Si,  comme  il  semble  naturel,  il 
l'avait  déposé  au  parlement,  peut-être  aura-t-on  la  chance  de  le 
retrouver  un  jour  ou  l'autre  aux  Archives  nationales.  Espérons. 

On  sait,  grâce  à  la  savante  introduction  que  Huillard-Bréholles 
a  mise  en  tête  de  son  inventaire  des  Titres  de  la  maison  de 
Bourbon  y  comment,  par  lettre  du  19  mars  1532,  François  P' 
chargea  Jacques  Luillier  de  faire  l'inventaire  des  titres  conservés 
à  la  chambre  des  comptes  de  Moulins  «  et  autres  deppendans 
d'icelle  »  et  de  transporter  ces  titres  à  Paris.  On  sait  aussi  com- 
ment Jacques  Luillier  s'acquitta  de  sa  commission  à  Moulins,  à 
Yillefranche  et  à  Montbrison.  D'Aubusson,  il  n'est  pas  question. 
Évidemment  à  Moulins  on  ignorait  l'existence  de  ce  dépôt  et  on 
n'en  avisa  pas  le  commissaire  du  roi. 

Le  dernier  témoignage  que  j'aie  pu  recueillir  sur  les  archives 
d'Aubusson  est  celui  du  notaire  Evrard,  à  qui  l'on  doit  une 
Histoire  de  Vantique  ville  d'Ahun,  écrite  vers  1560,  et 
publiée  seulement  de  nos  jours*.  «  Il  appert,  dit-il,  par  les  joan- 
cartes  anciennes  qui  sont  gardées  aitœ  archives  du  chas-- 
teau  d'Aubusson  que  César,  dictateur  romain,  fit  édifier 
la  grande  tour  quarrée  dudit  chastel  en  son  nom*.  »  On  ne 
s'attendait  guère  à  voir  César  en  cette  affaire,  et  il  est  clair 
que  le  bonhomme  Evrard  n'avait  jamais  mis  le  nez  dans  ces 
précieuses  pancartes.  Il  faut  pourtant  lui  savoir  gré  d'en  avoir 
connu  au  moins  l'existence  et  de  nous  en  avoir  fait  part. 

Il  ne  me  reste  plus  qu'à  émettre  une  supposition  pour  expli- 
quer la  perte  définitive  de  documents  qu'il  nous  serait  aujour- 
d'hui si  précieux  de  connaître.  Le  château  d'Aubusson  fut 
occupé  par  les  protestants  dès  1575^  ;  il  joua  un  rôle  important 


1.  Publiée  en  1857  (Clermont-Ferrand ,  F.  Thibaud,  in-12)  d'après  le  ms. 
original. 

2.  Passage  cité  par  M.  L.  Duval,  Esquisses  marchoises  (Goérel,  1879), 
p.  248-9. 

3.  Voy.  un  document  curieux,  daté  du  27  octobre  1576,  et  contenant  l'état  des 
sommes  que  les  contribuables  de  la  région  environnante  c  ont  esté  contrainctz 
payer  par  force  à  ceulx  de  la  religion  prétendue  refformée  et  autres  catholiques 
unys  et  assocyés  estans  es  villes  d'Aubusson,  Felletin,  S^  Léonard  et  autres 


47 

dans  les  guerres  de  religion  qui  sévirent  avec  une  violence  peu 
commune  dans  la  Marche;  il  dut  être  plusieurs  fois  pris  et  repris. 
En  faut-il  davantage  pour  supposer  avec  vraisemblance  que  c'est 
à  cette  époque  orageuse  que  nos  archives  ont  dû  sombrer,  sans 
qu'on  puisse  en  retrouver  aujourd'hui  la  moindre  épave*? 

Antoine  Thomas. 


APPENDICE. 

NM. 

Garlat,  14  août  1475.  —  Ordre  du  comte  de  la  Marche  prescrivant  de 
faire  une  recherche  dans  les  archives  d^Aubusson. 

Jaques,  duc  de  Nemours,  conte  de  la  Marche,  etc.,  à  noz  amez  et 
feaulx  conseillers  maistres  Loys  du  Puy^,  seigneur  du  Gouldray  et 
de  Bellefaye,  seneschal  de  la  Marche,  et  Jehan  de  SainctAfeire,  dict 
Piédîeu^,  seigneur  dudict  lieu  et  garde  dudit  conté  de  la  Marche, 
chevaliers,  salut. 

Gomme  au  procès  pendent  en  la  court  de  Parlement  à  Paris  entre 
monseigneur  le  duc  de  Bourbon  et  d'Auvergne,  demandeur,  d'une 
part,  et  nous,  deffendeur,  d'autre  part,  pour  raison  et  à  cause  de 
nostredît  conté  de  la  Marche,  chastel,  cbastellenie,  terre  et  seigneurie 
de  Montaigu-en-Gombraille  que  ledit  seigneur  de  Bourbon  prétend 
a  lui  appartenir,  auquel  procès  tant  a  esté  procédé  que  après  qu'il 

places  et  chasteaulx  forts  au  païs  et  élection  de  la  Haute  Marche  i  (Bibl.  nat., 
fr.  21424). 

1.  Le  château  d'Anbusson  fut  complètement  rasé  en  1632  par  ordre  de  Riche- 
lieu {Lettres,  VII,  997,  17  août);  j'ai  peine  à  croire  que,  si  les  archives  eussent 
encore  existé  à  cette  époque ,  on  n'eût  pris  aucun  moyen  pour  en  assurer  la 
conservation.  D'ailleurs  le  fait  même  de  leur  existence  n'aurait  pas  échappé  à 
Pierre  Robert. 

2.  Il  était  déjà  sénéchal  de  la  Marche  au  moment  de  la  guerre  du  Bien  public, 
et  en  décembre  1466  il  fut  interrogé  dans  le  procès  de  Charles  de  Melun. 

3.  Jean  de  Sainte-Feyre  était  fils  de  Guillaume  Piédieu,  et  lieutenant  du  séné- 
chal de  la  Marche  depuis  1453  au  moins  (voy.  mes  États  provinciaux,  l,  351). 
C'est  sans  doute  son  frère,  appelé  simplement  Jean  Piédieu ,  que  nous  voyons 
qualifié,  dans  un  acte  du  22  juillet  1468,  de  c  licencié  es  droits,  chantre  de 
Limoges,  président  en  la  Chambre  des  comptes  de  Mgr.  le  duc  de  Neraoux, 
conte  de  la  Marche  »  (L.  Duval,  Esquisses  marchoises,  p.  156),  et  qui  était  en 
outre  prévôt  de  Moutier-Roseille  en  1466  (Bibl.  nat.,  lat.  17118). 


48 

a  reprins  le  procès  pour  et  au  nom  de  feu  monseigneur  de  Bourbon, 
son  père,  et  nous  pour  et  au  nom  de  feu  nostre  tres-redoubté  sei- 
gneur et  père  et  nostre  tres-redoubtée  dame  et  mère,  que  Dieu 
absueille,  après  productions  faictes  audit  procès  d'ung  cousté  et 
d'autre,  par  arresl  de  ladicte  cour  a  esté  dit  et  appoincté  que  nous 
estions  contraires  à  toutes  fins  et  que  sur  les  faiz  proposez  par  nous 
et  ung  chascun  de  nous  ferions  fere  enquestes,  lesquelles  rapportées 
en  ladicte  court  et  productions  faictes  elle  nous  feroit  droit.  Et 
depuis  ledit  de  Bourbon  a  baillé  une  certaine  requeste  à  ladicte  court 
donnant  entendre  que  nous  avions  produict  audit  procès  quatre 
lectres  plus  à  plain  désignées  en  ladite  requeste,  lesquelles,  une  et 
chascune  d'icelles,  il  entend  montrer  faulses  et  redarguer  de  faulx, 
en  requérant  que  nous  soyons  constraings  les  originaulx  d'icelles 
mectre  devers  ladite  court,  et  depuis  par  icelle  lesdites  parties  oyes 
a  esté  dit  et  appoincté  que  en  affermant  personnellement  par  ledit 
de  Bourbon  ou  son  procureur  soffisemment  fondé  et  de  ce  ayant 
puissance  spéciale  lesdictes  quatre  lectres  estre  faulces  et  que  faulces 
les  redargueret  et  monstreroit,  audit  cas  nous  serions  tenuz  porter 
ou  fere  porter  l'original  desdites  quatre  lectres  par  devers  le  greffe 
de  ladite  court  dedens  trois  moys  après  ladite  affîrmacion  faicte^  et 

depuis  aucun  temps  en  ça  il  a  fait  faire  ladite  afîirmacion après 

laquelle  affîrmacion  delay  nous  a  esté  bailé  par  ladite  cour  de  icelles 
quatre  lectres  envoyer  au  greffe  de  ladite  court.  Pour  fournir  auquel 
appoinctement  nous  avons  faict  et  fait  fere  diligence  pour  quérir  et 
faire  quérir  en  noz  coffres  et  autres  lieux  ou  avons  acoustumé  de 
tenir  noz  lectres  et  tiltres  de  noz  seigneuries,  tant  au  lieu  de  Garlat, 
ou  faisons  nostre  continuelle  résidence,  que  autres  lieux  de  par  deçà, 
mais  quelque  diligence  qu'en  ayons  sceu  faire  ou  faire  faire,  desdites 
quatre  lectres  n'en  avons  peu  trouver  ne  recouvrer  que  les  trois,  les^ 
quelles  avons  envolées  au  greffe  de  ladicte  court  en  obtempérant 
audict  appoinctement  d'icelle  ;  mais  la  quatriesme  que  Ten  dit  estre 
un  accort  fait  des  Tan  m  ggg  cinquante  six  entre  feu  monseigneur 
Loys  de  Bourbon,  d'une  part,  et  monseigneur  Pierre  de  Bourbon, 
son  oncle,  conte  de  Ponthieu,  duquel  fumes  descendus,  d'autre 
part,  sur  le  fait  de  son  partage  de  la  maison  de  Bourbon,  n'ayons 
peu  trouver  ne  recouvrer  par  deçà,  quelque  diligence  qu'en  ayons 
peu  faire,  comme  dit  est,  et  pour  nous  mectre  en  nostre  devoir  de 
recouvrer  ladite  lectre  et  d'icelle  fere  quérir  en  nostredit  conté  de  la 
Marcbe,  en  ensuy  vaut  ledit  appoinctement  de  ladite  court,  nous  vous 
mandons  et  expressément  enjoignons  que  incontinent  et  sans  delay 


49 

VOUS  vous  transportés  en  nostre  chastel  d'Aubusson,  en  nostredit 
conté  de  la  Marche,  auquel  lieu  avons  acoustumé  de  tenir  noz  lectres 
et  Chartres  et  autres  enseignemens  appartenant  à  nostredit  conté  et 
autres  noz  seigneuries  de  par  délia  en  la  garde  de  noz  amez  et  feaulx 
conseillers  maistres  Anthoine  Alart^,  nostre  trésorier  de  la  Marche, 
Jehan  Froment,  nostre  secrétaire',  lesquels  ont  tenu  et  tiennent  les 
clefz  des  coffres  où  sont  nosdites  lectres,  Chartres  et  enseignemens, 
et  illecques  appelez  avecques  vous  deux  notaires,  après  ouverture  à 
vous  faicte  par  les  dessus  diz  qui  en  ont  la  guarde,  comme  dît  est, 
voyès  et  visitez  si  esdiz  coffres  se  pourra  trouver  ladite  lectre  ou 

aucuns  enseignemens  d'icelle,  et  de  la  diligence  que  fait  en  aurez 

nous  en  certifQez,  pour  de  la  diligence  par  vous  et  nous  faicte  en 
certiffîer  ladite  court,  pour  nous  valoir  ce  que  de  raison.  De  ce  faire, 
leurs  circonstances  et  dependences,  vous  donnons  plein  pouvoir  et 
mandement  spécial^  mandons  et  commandons  ausdiz  gardes  desdites 
Chartres  et  lectres  et  à  tous  autres  noz  justiciers  que  en  ce  que  dit 
est  vous  obéissent. 

Donné  à  Garlat  le  xnii^  jour  d'aoust  Tan  mil  quatre  cent  sexante 
quinze. 

Par  monseigneur  le  duc,  messeigneurs  les  prothonotere  de  Mons^, 


1.  Secrétaire  de  Bernard  d'Armagnac  dès  1444,  5  juin  (Arch.  nat.,  P  13633, 
cote  1255),  il  dut  succéder  à  Jacques  de  la  '^lle  yers  1450  comme  trésorier  de 
la  Marche.  £n  1471  il  entra  ou  chercha  à  entrer  au  service  du  duc  de  Guyenne, 
ce  qui  indisposa  Louis  XI  contre  lui.  Il  mourut  à  Guéret  en  1475,  au  retour  du 
Toyage  dont  il  est  question  dans  la  pièce  n°  2.  Voici  sur  sa  mort  les  détails  que 
donne  le  comte  de  la  Marche  lui-même  dans  une  déposition  faite  au  cours  de 
son  procès  le  24  déc.  1476  (Bibl.  S'o-Geneviève,  L  7,  fol.  356).  «  Ou  temps  d'esté 
dernier  passé  a  eu  ung  an,  quant  icellui  AUard  fut  retourné  en  la  Marche,  il 
manda  à  madame  de  Nemoux  qui  lors  esloit  en  la  ville  d'Ahun,  en  la  Marche*, 
que  le  fait  de  Mgr.  de  Nemoux  estoit  en  grant  dangier  et  qu'il  y  avoit  bien 
remède  et  qu'il  y  avoit  beaucoup  de  choses  dont  il  desiroit  advertir  lui  qui 
parle  ;  par  quoy  et  pour  ce  que  ledit  AUart  estoit  malade  et  ne  povoit  aller  devers 
madicte  dame,  ledict  Allard  lui  prioit  qu'elle  lui  envoyast  son  confesseur  auquel 
il  diroit  tout  ce  qu'il  savoit.  Et  incontinent  madame  de  Nemoux  envoya  son 
confesseur  devers  ledict  maistre  Anthoine  Allard,  mais  à  Teure  que  le  confesseur 
arriva,  ledict  Allard  avoit  ja  perdu  la  parole  et  morut  incontinent.  > 

2.  Fils  d'autre  Jean  Froment  qui  avait  pris  part  à  l'administration  des  finances 
avec  Jean  Barton  et  Jacques  de  la  Ville  sous  Charles  VU,  et  fut  accusé  comme 
eux  de  malversations  (Arch.  nat.,  P  2848,  fol.  38-40). 

3.  Ce  personnage,  autant  qu'il  me  souvient,  figure  dans  le  procès  de  Jacques 
d'Armagnac,  mais  je  n'ai  pas  sous  la  main  le  moyen  de  retrouver  son  nom. 

4 


50 

seneschal  de  Castres^  seigneur  de  Juou^,  et  messire  André  de 
Cauhan,  ses  conseillers,  presens. 

B.   GUSINET. 
{Arch.  nal.,  P  1363»,  n«  1211.) 

No  2. 

Aubusson,  2  octobre  1475.  —  Rapport  sur  la  recherche  ordonnée  par 
le  comte  de  la  Marche  dans  les  archives  d'Aubusson. 

A  très  hault  et  puissant  prince  et  nostre  redoubté  seigneur  Mgr.  le 
duc  de  Nemours,  conte  de  la  Marche,  Loys  du  Puy ,  chevalier,  sg'  du 
Gouldray,  vostre  seneschal  de  la  Marche,  et  Jehan  de  Sainct- 
Affeiran,  dit  Piédieu,  chevalier,  garde  de  la  justice  de  vostredit 
conté  de  la  Marche. 

Plaise  vous  sçavoir  que  nous  avons  receu  vos  lectres  pactantes 
datées  du  quatorziesme  jour  d'aoust,  Tan  mccgglxxv,  signées  Gusinet, 
et  scellées  de  vostre  seel,  contenans  noslre  commission,  ausquelles 
ces  présentes  sont  acthacheez^  par  vertu  desquelles  et  en  obtempérant 
à  voz  commandemens ,  le  segond  jour  d'octobre  Tan  mccgglxxv, 
nous  transportasmes  au  lieu,  chastel  et  place  d'Aubusson,  ouquel 
chastel  le  temps  passé  voz  tiltres  et  Chartres  touchans  vostredit 
conté  ont  esté  mises  en  garde  et  illecques  apprehendasmes  en 
personne  Jehan  Froment,  vostre  secrétaire,  qui  est  Tun  diceulx 
qui  a  la  garde  et  clefs  des  coffres  ou  sont  vos  tiltres  et  Chartres 
desquelz  est  faicte  mencion  en  vosdictes  lectres,  auquel,  en 
l'absence  de  Antoine  Alart,  qui  est  Tautre  d'iceulx  qui  a  la  garde 
et  clefs  desdiz  coffres,  lequel,  comme  Ton  disoit  communément, 
estoit  allé  devers  le  roy,  luy  fîsmes  ostension  et  lecture  de  vosdictes 
lectres,  et,  icelies  par  luy  veuhes,  luy  fismes  commandement  de  par 
vous  que  tantost  et  sans  delay  il  fist  ouverture  de  la  tour  ou  l'on 
disoit  lesdiz  Chartres  et  tiltres  estre  encloux  en  coffres  et  armoires, 
lequel  nous  dist  et  respondit  que  deppuis  quatre  ans  en  ça  la  porte 
de  ladicte  tour  avoit  esté  murée  à  Toccasion  de  certain  bastiment 
que  Ton  faîsoit  audict  chastel,  mais  que  voulantiers  la  feroit  des- 

1.  Le  sénéchal  de  Castres  était  Henri  de  Pompignac ,  dit  Palamede.  Bernard 
d'Armagnac  en  avait  fait  le  gouverneur  de  son  fils,  auquel  il  montra  un  atta- 
chement inébranlable.  Il  fut  torturé  dans  le  procès  de  son  maître ,  mais  ne  le 
chargea  pas. 

2.  Jou-sous-Montjou  (Cantal).  Il  est  souvent  fait  mention  de  ce  personnage 
dans  le  procès  de  Jacques  d'Armagnac. 


54 

murer,  ce  qu'il  fist,  et  après  luy  flsmes  commandement  de  par  vous 
qu'il  nous  monstrast  et  exhibast  de  par  vous  toutes  les  clefs  de  tous 
les  coffres  et  armoires  estans  dedans  ladicte  tour  ou  diceulx  nous 
fist  ouverture  pour  sçavoir  si  dedans  iceulx  coffres  et  armoires  la 
lectre  dont  est  faicte  mencion  en  vostredicte  commission  se  pourroit 
trouver,  lequel  nous  fist  ouverture  desdiz  cofTres  et  armoires  l'un 
emprès  l'autre,  et  visitasmes  toutes  les  lectres  estans  dedans  lesdiz 
armoires  Tun  emprès  Pautre  et  lectres  après  lectres,  mais  nous 
n'avons  en  tous  lesdiz  armoires  ne  coffres  peu  trouver  ladicte  lectre, 
jasoit  ce  que  par  ung  inventoire  desdictes  lectres  nous  ayons  trouvé 
ladicte  lectre  avoir  esté  mise  autresfois  avecques  autres  en  l'un 
desdiz  armoires,  et  par  ung  autre  inventoire  nous  est  apparu  que 
ladicte  lectre  ensemble  plusieurs  autres  lectres  furent  receues  par 
maistre  Pierre  de  la  Ville,  licencié  en  loix,  pour  icelles  porter  à 
Paris,  le  m®  jour  de  février  l'an  mil  cccc  soixante  quatre;  à  la  teste 
duquel  inventoire  et  mesmement  sur  l'article  faisant  mencion  de  la 
réception  de  ladicte  lectre  sont  escriptz  ces  motz  :  Rendue  le  troi- 
siesmejour  d'avril  l'an  m  une  lxvii,  signez  après  du  seing  manuel 
de  Jehan  Froment,  vostre  chastelain,  et  en  autres  articles  dudict 
inventoire  faisans  mencion  d'autres  lectres  et  en  aucuns  d'iceulx  y 
sont  à  la  teste  desdiz  articles:  Rendue  comme  dessus.  Par  quoy  nous 
a  semblé  ledict  Jehan  Froment  et  Ânthoine  Alard  estre  chargiez  des- 
dictes lectres,  et  lui  fismes  commandement  de  rechief  que  icelles 
lectres  nous  baillast  par  icelles  vous  envoyer,  lequel  nous  respondit 
que  plusieurs  fois  ledict  Alart  estoient  entrez  [sic]  dedans  et  que 
véritablement  il  ne  sçavoit  que  lesdictes  lectres  estoient  devenues, 
et  après  avons  fait  remurer  la  porte  de  ladicte  tour  ainsi  qu'elle 
estoit  par  avant,  lesdiz  commandemens  par  nous  faitz  audict  Fro- 
ment. Et  ce  que  dit  est  nous  vous  certiffions  avoir  esté  fait. 

En  tesmoing  desquelles  choses  nous  avons  signé  ces  présentes  de 
nos  seings  manuels  et  fait  signer  à  maistres  Jehan  Durand  et 
Anthoine  Buchon,  notaires  royaulx,  à  nostre  requeste,  et  sceller  de 
noz  seaulx  les  an  et  jour  dessus  ditz. 
Signé 
Lois  du  Put.  J.  de  S.  Aff. 

Durand.  Buchon. 

et  jadis  scellé. 

(Môme  provenance  que  le  n<*  1.) 


BIBLIOGRAPHIE. 


Les  Officiantes  au  moyen  âge.  Étude  sur  l'organisation^  la  compé^- 
tence  et  la  procédure  des  tribunaux  ecclésiastiques  ordinaires  en 
France  de  iiSO  à  ^328,  par  Paul  Pournibr.  Paris,  E.  Pion,  ^880, 
in-8^  XXXIV  et  329  p. 

Le  droit  canonique  ou  ecclésiastique  était  jadis  étudié  en  France  avec 
plus  d'ardeur  et  de  succès  que  dans  les  autres  parties  de  l'Europe.  Sans 
remonter  jusqu'à  Févéque  de  Mende,  Guillaume  Durand,  dont  le  Spécu- 
lum juris  est  le  plus  vaste  et  le  plus  précieux  traité  de  droit  canonique 
que  nous  ait  laissé  le  moyen  âge,  on  trouve  en  France,  au  xvu«  et  au 
xvin»  siècle,  les  plus  savants  éditeurs  de  textes  ecclésiastiques  et  les 
canonistes  les  plus  renommés.  Ce  mouvement  s'est  arrêté,  et,  pendant 
un  siècle,  la  France  n'a  produit,  dans  cet  ordre  de  travaux,  que  quelques 
manuels  sans  valeur  scientifique.  L'Allemagne  au  contraire  continuait 
Tceuvre  abandonnée  ;  elle  entreprenait  et  menait  à  bien  d'importantes 
publications  de  textes,  des  recherches  approfondies  sur  l'histoire  des 
sources,  des  traités  étendus,  dont  les  auteurs  mettaient  à  profit,  sans  en 
informer  toujours  le  lecteur,  les  travaux  oubliés  de  nos  vieux  canonistes. 

Ces  études  paraissent  aujourd'hui  reprendre  quelque  faveur  au  milieu 
de  nous  ;  un  grand  nombre  de  textes  ont  été  réimprimés  ;  les  recueils 
périodiques  publient  de  nouveau  des  articles  importants  sur  des  ques- 
tions d'histoire  du  droit  canonique  et  ecclésiastique  et  il  nous  sera  per- 
mis d'ajouter  ici  que  les  élèves  sortants  de  l'École  des  chartes  choisissent 
parfois  des  sujets  de  thèse  dans  cet  ordre  d'études.  Parmi  les  travaux  de 
ce  genre  qui  ont  été  publiés,  on  en  peut  citer  qui  font  autorité  auprès 
des  juges  les  moins  indulgents'*.  Il  en  sera  vraisemblablement  de  môme 
de  la  thèse  sur  les  officialités  présentée  en  1879  par  M.  Paul  Fournier 
et  publiée  aujourd'hui,  avec  quelques  additions,  sous  le  titre  que  nous 
donnons  en  tète  de  cet  article. 

1.  Voy.  notamment  VEssai  historique  sur  les  archidiacres  de  M.  Adrien  Gréa^ 
publié  dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  3"  série,  t.  II,  p.  39  et  215. 


53 

L'auteur  s'est  proposé  d'étudier  la  juridiction  épiscopale  au  moyen  âge, 
et  plus  spécialement  de  1180  à  1328.  Pour  mieux  faire  comprendre  le 
rôle  de  Toffîcial,  à  qui  cette  juridiction  est  habituellement  confiée, 
M.  Fournier  résume,  dans  une  introduction,  les  traits  généraux  de 
l'organisation  et  du  gouvernement  du  diocèse,  à  la  fin  du  xn«  siècle. 
L'évoque  est  toujours  le  chef  de  la  société  religieuse  dans  le  territoire 
qui  lui  est  confié  ;  mais  son  autorité  est  de  plus  en  plus  limitée  par  les 
pouvoirs  de  son  chapitre,  qui  arrive  parfois  à  échapper  à  sa  juridiction, 
et  par  l'indépendance  croissante  de  ses  premiers  auxiliaires,  les  archi- 
diacres. Le  concile  de  Trente  mettra  plus  tard  un  terme  à  l'abus  des 
exemptions  ;  mais  dès  la  fin  du  xii*  siècle  les  évêques  s'efforcent  de  réta- 
blir l'unité  de  direction  et  d'autorité  dans  leur  circonscription,  en  créant 
les  officiaux,  puis  les  vicaires  généraux,  et  en  leur  confiant  à  titre  de 
délégation  toujours  révocable  les  attributions  que  les  archidiacres  pré- 
tendaient tenir  à  perpétuité  de  leur  titre  même. 

Cet  aperçu  général  conduit  M.  Fournier  à  étudier,  dans  une  première 
partie,  l'organisation  des  of6cialités.  Le  mot  offidalis  a  plusieurs  accep- 
tions au  xi«  et  au  xii«  siècle  :  il  s'entend  des  religieux  chargés  des  offices 
claustraux  d'an  monastère,  des  juges  séculiers  et  des  clercs  qui  assis- 
taient l'évêque  dans  l'exercice  de  son  autorité  spirituelle.  Au  xnr  siècle, 
ce  terme  prend  un  sens  technique  :  l'official  est  alors  un  clerc  qui  exerce 
par  délégation  la  juridiction  spirituelle  d'un  dignitaire  ecclésiastique 
dont  il  tient  tous  ses  pouvoirs.  Les  évêques  commencèrent  à  se  faire 
représenter  par  ces  mandataires  dans  la  seconde  moitié  du  xii«  siècle  ; 
cette  institution  devint  générale  dans  le  siècle  suivant.  Le  premier  texte 
oii  le  mot  offidalis  soit  employé  dans  son  acception  nouvelle  paraît  être 
un  canon  du  concile  de  Westminster  de  1173  (c.  1,  Mansi,  XXII,  142); 
les  exemples  plus  anciens  ne  paraissent  pas  bien  concluants.  En  France, 
ce  fut  vraisemblablement  l'archevêque  de  Reims  qui,  le  premier,  délé- 
gua à  un  officiai  l'exercice  de  sa  juridiction  ;  dès  1178  ce  nouvel  agent 
du  pouvoir  épiscopal  rédige  des  actes  dans  cette  ville  ainsi  qu'à  Beau- 
vais  et  à  Amiens.  Entre  1180  et  1200,  on  le  trouve  à  Rouen,  à  Cambrai, 
à  Noyon,  à  Chartres,  à  Troyes,  à  Avranches,  à  Bayeux  et  au  Mans, 
mais  sous  les  dénominations  de  ministère  ministerialis,  procurator  epis^ 
copi.  Le  terme  offidalis  n'est  d'un  usage  constant  et  certain  qu'au 
xiii«  siècle  ;  en  Bretagne,  on  emploie  dans  le  même  sens  le  mot  allocatus, 
alloué. 

Quelles  causes  déterminèrent  cette  création  nouvelle?  Ce  furent 
d'abord  les  empiétements  des  archidiacres  et  le  désir  des  évêques  de 
revendiquer  leur  droit  de  juridiction  que  ces  puissants  dignitaires  con- 
fisquaient presque  entièrement.  Mais  ce  fut  aussi  l'introduction,  à  la  fin 
du  XII*  siècle,  d'une  procédure  savante,  empruntée  en  grande  partie  au 
droit  de  Justinien,  qui  réclamait  pour  l'exercice  de  la  juridiction  conten- 
tieuse  un  clerc  versé  dans  l'étude  des  lois  civiles  et  des  canons.  Aussi 


54 

les  officiaux  et  le  droit  romain  rencontrèrent-ils  les  mêmes  adversaires  : 
ces  nouveaux  juges  sont  pour  Pierre  de  Blois,  l'archidiacre  de  Bath, 
«  des  vipères  d'iniquité,  des  pasteurs  des  loups  et  non  des  brebis,  des 
0  éplucheurs  de  syllabes  ;  ils  surpassent  en  malice  l'aspic  et  le  basilic 
c  et  vendent  leur  âme  au  diable...  La  loi  de  Justinien  est  pour  les  fidèles 
c  une  cause  de  perversion  et  les  rend  fils  de  l'enfer,  i  Néanmoins  les 
conciles  de  France  prescrivaient  aux  évêques  de  choisir  leurs  officiaux 
parmi  des  jurisconsultes  éprouvés,  qui  eussent  étudié  le  droit  au  moins 
pendant  cinq  ans,  et,  au  xrv«  siècle,  ces  juges  sont  souvent  pourvus  de 
grades  universitaires. 

L'official,  mandataire  de  Tévêque,  est  nommé  et  révoqué  par  lui  ad 
nutum  ;  il  rend  la  justice  gratuitement  et  ne  reçoit  de  salaire  que  de 
son  évêque.  Indépendamment  de  la  juridiction  contentieuse,  il  exerce 
aussi  la  juridiction  gracieuse,  qui  sera  plus  tard  remise  au  vicaire  géné- 
ral. On  distingue,  dès  le  xin«  siècle,  Voffidal  principal,  dont  le  mandat 
s'étend  à  toute  la  circonscription  de  son  mandant  ainsi  qu'à  Vuniversitas 
causarum,  et  les  officiaux  forains  institués  pour  une  partie  du  territoire 
et  pour  les  affaires  les  moins  importantes.  En  règle  générale  il  n'y  avait 
qu'un  officiai  principal  par  diocèse  ;  on  en  trouve  cependant  deux  dans 
quelques  provinces,  au  moins  pendant  la  première  moitié  du  xm*  siècle. 

L'officiel  a  de  nombreux  auxiliaires  :  un  vices  gerens,  des  assesseurs, 
un  scelleur  (sigillator,  sigillifer)^  un  receptor  actorum,  un  registrator.  On 
trouve  encore  auprès  des  officialités  des  corporations  d'avocats,  des  pro- 
cureurs, des  notaires,  des  tabellions  et  des  agents  d'exécution  (servientes, 
apparitoreSy  bedelli,  nuncii,  executores).  A  partir  du  xn*  siècle,  des  pro- 
moteurs exercent  auprès  des  cours  d'officialité  des  fonctions  analogues 
à  celles  des  anciens  adores  régis,  ou  gens  du  roi,  dans  les  juridictions 
royales. 

Les  juges  ecclésiastiques  avaient  siégé  pendant  longtemps  au  parvis 
de  l'église,  inter  leones.  Cet  usage  fut  proscrit  au  xm«  siècle  et  l'official 
tint  désormais  son  tribunal  dans  une  salle  du  palais  de  Tévéque  appelée 
consistorium  et  quelquefois  auditorium. 

Tel  est  l'ordre  général  de  cette  première  partie,  dont  nous  ne  pouvons 
donner  qu'un  aperçu  bien  insuffisant.  Après  avoir  exposé  l'organisation 
des  officialités,  M.  Fournier  traite  de  leur  compétence.  Il  détermine 
d'abord  les  règles  qui  limitent  les  attributions  respectives  des  cours 
ecclésiastiques  et  des  juridictions  civiles.  Ces  règles  semblaient  ne  pou- 
voir soulever  de  difficultés  sérieuses  dans  l'application  ;  le  domaine  de 
rÉglise  et  celui  de  l'État  étaient  nettement  circonscrits  ;  en  matière 
mixte  le  tribunal  le  plus  diligent,  ou  le  premier  saisi,  était  compétent. 
Mais  il  y  avait  bien  loin  de  la  théorie  à  la  pratique  :  lorsque  l'auteur 
vient  à  quitter  le  terrain  des  principes  pour  entrer  dans  celui  des  faits, 
il  se  trouve  en  présence  de  nombreux  conflits  entre  la  juridiction  spiri- 
^  tuelle  et  la  juridiction  temporelle,  et  il  doit  en  raconter  l'histoire. 


55 

La  supériorité  de  la  législation  canonique  sur  les  usages  suivis 
devant  les  tribunaux  séculiers  attirait  devant  les  juges  ecclésias- 
tiques un  grand  nombre  d'affaires  qui  ne  rentraient  point  dans  leurs 
attributions.  Beaucoup  de  plaideurs,  ceux-là  surtout  qui,  comme  les 
commerçants,  pouvaient  avoir  de  nombreux  procès,  cherchaient  à  s'as- 
surer d'une  manière  définitive  le  privilège  du  for  spirituel  en  se  faisant 
passer  pour  clercs,  et  la  papauté  dut  multiplier  ses  efforts  pour  détruire 
ces  abus.  Lorsque  le  pouvoir  séculier  devient  plus  fort,  au  xin«  siècle, 
il  s'efforce  de  regagner  le  terrain  perdu  en  réorganisant  ses  justices  et 
en  restreignant,  autant  qu'il  le  peut,  les  juridictions  rivales.  L'initiative 
fut  prise  par  les  barons,  dont  les  justices  étaient  désertées  par  les  bour- 
geois et  les  vilains.  En  1205,  en  1225,  en  1235,  les  seigneurs  du  centre 
et  de  l'ouest  de  la  France  se  coalisent  pour  obtenir  du  pape  et  du  roi 
que  la  compétence  des  juges  d'Église  soit  resserrée  dans  d'étroites  limites. 
En  1246,  sur  les  exhortations  de  Frédéric  U,  qui  les  conjure  de  se 
joindre  à  lui  «  pour  rappeler  les  clercs  à  la  pauvreté  de  la  primitive 
c  Église  »,  ils  forment  une  confédération  nouvelle,  dont  les  principaux 
chefs  étaient  les  anciens  alliés  du  roi  d'Angleterre,  Pierre  Mauclerc,  duc 
de  Bretagne,  et  Hugues  de  Lusignan.  Le  pape  et  les  conciles  répondent 
à  ces  attaques  par  des  excommunications  ;  les  clercs  forment  aussi  entre 
eux  des  associations  pour  se  défendre  contre  les  ligues  de  la  noblesse, 
et  la  lutte  s'engage  sur  un  grand  nombre  de  points.  La  royauté  cherche 
d'abord  à  garder  la  neutralité,  sans  pouvoir  toujours  empêcher  ses  baillis 
et  sénéchaux  de  prendre  parti  contre  l'Église.  Mais,  depuis  Philippe 
le  Bel,  elle  se  substitue  aux  seigneurs  et  conduit  elle-même  la  campagne 
dirigée  contre  le  pouvoir  ecclésiastique,  en  même  temps  qu'elle  s'efforce 
de  donner  à  toutes  ses  juridictions  une  organisation  régulière  et  une 
procédure  empruntée,  en  grande  partie,  à  la  procédure  des  officialités. 
Nous  ne  pouvons  suivre  M.  Fournier  dans  l'histoire  de  ces  conflits  jus- 
qu'à l'assemblée  de  1329,  où  les  prétentions  rivales  furent  solennellement 
discutées  ;  nous  croyons  en  avoir  dit  assez  pour  faire  ressortir  l'intérêt 
de  ce  chapitre,  aussi  neuf  et  aussi  original  que  la  partie  consacrée  à 
l'organisation  des  officialités. 

La  troisième  partie  est  réservée  à  la  procédure  ;  le  titre  I  à  la  procé- 
dure civile,  le  titre  U  à  la  procédure  criminelle.  Dans  cette  partie  tech- 
nique, l'auteur  a  pris  surtout  pour  guide  les  deux  plus  illustres  cano- 
nistes  du  xm"  siècle,  Tancrède  et  Guillaume  Durand,  sans  négliger  les 
Ordines  judiciarii  de  la  même  époque  et  les  autres  traités  contemporains. 
Mais  il  a  tiré  en  outre  des  décrétales,  des  décisions  des  conciles  et 
synodes,  des  statuts  des  Églises,  des  cartulaires  inédits  ou  imprimés,  un 
grand  nombre  de  faits  et  de  détails  qui  donnent  du  mouvement  et  de  la 
vie  à  des  matières  naturellement  fort  arides.  Ces  deux  titres  fournissent 
tous  les  éclaircissements  dont  on  peut  avoir  besoin  pour  bien  comprendre 
les  nombreux  actes  d'officialité  qui  sont  conservés  dans  nos  dépôts  d'ar- 


56 

chives  ;  ils  peuvent  aussi  faciliter  Tintelligence  des  actes  des  juridictions 
civiles  dont  les  styles  ont  Mt  de  notables  emprunts  à  la  procédure 
canonique.  Nous  les  signalerons  donc  à  ce  double  titre  à  nos  lecteurs, 
qui  ont  pu,  du  reste,  apprécier  la  netteté  d'exposition  et  la  méthode 
sévère  de  M.  Foumier  dans  une  Étude  sur  la  diplomatique  des  actes 
passés  devant  les  officialités  au  moyen  âge,  précédemment  publiée  dans 
la  Bibliothèque  de  V École  desxhartes*.  Une  partie  de  cette  dissertation, 
qui  comble  heureusement  une  lacune  de  nos  grands  traités  de  diploma- 
tique, forme  le  premier  appendice  de  Touvrage  que  nous  annonçons 
aujourd'hui.  Un  second  appendice  donne,  pour  un  certain  nombre  de 
diocèses,  l'indication  des  chartes  les  plus  anciennes  qui  mentionnent 
l'existence  d'ofQciaux.  Enfin,  les  derniers  appendices  contiennent  une 
sentence  rendue  par  Yves  de  Chartres,  vers  l'an  1100,  une  sentence  de 
Tofficial  de  Paris  de  1271,  et  un  libellus  petitionis  de  1251,  pièces  dont 
le  rapprochement  fait  ressortir  les  changements  qui  s'étaient  produits, 
dans  la  procédure,  du  xii«  au  xui*  siècle. 

Cet  aperçu  des  matières  traitées  par  M.  Paul  Foumier  pourra,  nous 
l'espérons,  donner  une  idée  de  l'intérêt  du  sujet.  L'étude  approfondie 
d'une  institution  qui  a  servi  de  modèle  aux  juridictions  séculières  des 
siècles  suivants,  et,  sur  beaucoup  de  points,  aux  législations  modernes, 
sera  très  utilement  consultée  par  lés  savants  qui  s'occupent  spécialement 
du  moyen  âge  ;  mais  elle  méritera  aussi  la  sérieuse  attention  des  juris- 
consultes qui  recherchent,  dans  l'histoire  du  droit,  le  sens  véritable  des 
règles  en  vigueur,  et  des  canonistes  qui  tenteraient,  un  jour,  de  prépa- 
rer sur  les  bases  solides  de  la  tradition  la  réorganisation,  déjà  partielle- 
ment essayée,  de  la  juridiction  ecclésiastique.  Les  uns  et  les  autres 
trouveront  dans  ce  volume  le  guide  le  plus  sûr,  les  recherches  les  plus 
étendues,  les  faits  les  mieux  établis  par  des  milliers  de  textes  imprimés 
ou  inédits,  et  une  érudition  dont  on  ne  peut  bien  se  rendre  compte 
qu'en  lisant  les  notes  si  abondantes  et  si  instructives  qui  viennent,  à 
chaque  page,  justifier  les  assertions  de  l'auteur. 

E.-J.  Tardif. 


Notes  additionnelles  et  rectificatives  au  Gallia  christiana,  par  P.  de 
Pleury,  archiviste  de  la  Charente.  Angoulême,  in-4®,  72  p. 

La  mention  très  honorable  accordée  par  l'Académie  des  inscriptions 
au  travail  de  M.  de  Fieury  est  la  meilleure  attestation  de  son  utilité  et 
du  soin  apporté  à  sa  rédaction.  On  ne  saurait  trop  recommander  cet 
exemple  à  l'imitation  des  archivistes  départementaux.  Leur  situation 
les  met  à  même  de  recueillir  dans  les  documents  confiés  à  leurs  soins 

1.  T.  XL,  1879,  p.  296  et  suivantes. 


57 

des  notions  précieases  pour  rectifier  et  compléter  en  bien  des  détails, 
qui  ont  tous  leur  valeur,  nos  grandes  collections  historiques.  M:  de 
Fleury  apporte  à  cette  œuvre  commune  un  contingent  assez  étendu 
concernant  les  diocèses  d'Ângoulôme^  de  Sarlat,  de  Saintes,  de  Limoges 
et  de  Périgueux.  Yeut-il  bien  nous  permettre  quelques  conseils  pour  la 
suite  ou  la  réimpression  de  son  livre  ? 

Autant  que  les  ressources  littéraires  du  pays  le  rendent  possible,  il  ne 
faudrait  pas,  dans  les  travaux  analogues,  se  borner  à  rectifier  et  à  com- 
pléter ToBuvre  des  bénédictins  ;  il  serait  à  désirer  que  Ton  profitât  des 
faits  nouvellement  acquis  et  constatés  postérieurement  aux  travaux  de 
nos  illustres  et  savants  religieux.  M.  de  Fleury  est  à  cet  égard  quel- 
quefois en  défaut. 

Ainsi,  il  remarque  que  les  bénédictins  ne  mentionnent  pas  Jean  U, 
évêque  d'Angoulôme,  avant  1230,  sans  apporter  lui-même  une  date  anté- 
rieure pour  son  épiscopat  ;  mais  Gams  cite  ce  prélat  dès  1226.  Geoffroy 
de  Pompadour,  mentionné  en  1468  seulement  par  le  Gallia,  maintenu 
jusqu'en  1469  par  M.  de  Fleury,  siège  encore  en  1470  dans  le  P.  Gams. 
Jacques  Babou  de  la  Bourdaisière  est  cité  dans  Gams  dès  1528,  au  lieu 
de  1532.  Charles  de  Bony  est  inscrit  par  le  Gallia  en  1574,  par  M.  de 
Fleury  dès  1572,  et  par  le  P.  Gams  dès  1567.  Suivant  M.  de  Fleury 
François  II  du  Verdier  fut  pourvu  de  Tévêché  d'Angoulôme  à  une  date 
inconnue,  et  il  mourut  peu  après  le  15  septembre  1753.  Gams  précise 
bien  davantage.  François  II  fut  pourvu  le  16  décembre  1737  ;  il  mourut 
le  21  septembre  1753.  La  date  des  bulles  de  provision  de  son  succes- 
seur, Mgr  de  Broglie,  doit  être  donnée  autrement  qu'en  la  vieille  forme 
du  3  des  ides  de  février  1754. 

Enfin,  quand,  après  recherches  et  réflexion,  on  adopte  une  opinion,  il 
faut  agir  et  écrire  en  conséquence.  M.  de  Fleury  a  retrouvé  des  chartes 
qui  prolongent  Tépiscopat  de  Robert  de  Montbron  jusqu'en  1267,  el 
montrent  que  le  prétendu  Pierre  III  doit  disparaître  des  listes  d'Angou- 
lême.  Je  ne  dis  rien  de  Guillaume  m,  dont  la  cause  n'est  peut-être  pas 
suffisamment  éclaircie  ;  mais  puisque  le  pseudo-Pierre  III  de  1266 
n'existe  plus,  quelques  égards  que  l'on  doive  à  l'œuvre  des  bénédictins, 
le  chiflre  III  dans  la  série  des  évéques  du  nom  de  Pierre  doit  passer 
à  Pierre  vivant  en  1272,  que  M.  de  Fleury,  par  respect  pour  ses  devan- 
ciers, continue  à  appeler  Pierre  IV. 

Pendant  qu'il  s'occupait  du  diocèse  de  Périgueux,  M.  de  Fleury  aurait 
pu  supprimer  un  Giraudus  ou  Guiraudus,  inscrit  au  Gallia,  en  1331, 
comme  évêque  de  Périgueux.  Évêque  d'Apt  en  1330,  Giraud  passa  peu 
après  au  diocèse  de  Nîmes,  dans  lequel  il  mourut  en  1337,  sans  avoir 
jamais  siégé  à  Périgueux. 

M.-L. 


58 


Un  Ambassadeur  libéral  soîls  Charles  IX  et  Henri  III.  Ambassades 
à  Venise  d'Arnaud  du  Février^  d'après  sa  correspondance  inédite 
(>i  563->i  567.  >i  570-4  582),  par  Edouard  Fei^mt,  premier  secrétaire 
d'ambassade.  Paris,  Leroux,  4880,  \  vol.  in-8®  de  ix-426  p. 

Jurisconsulte  et  diplomate,  courtisan  et  honnête  homme,  du  Ferrier 
méritait  assurément  la  savante  étude  que  vient  de  lui  consacrer  M.  Ed. 
Frémy. 

Ce  n'est  point  une  physionomie  vulgaire,  celle  de  ce  diplomate  qui  ose 
faire  entendre  sa  pensée  quand  elle  diffère  de  celle  du  maître  et  compte 
que  sa  fidélité  éprouvée  fera  accepter  son  indépendance.  On  ne  lira  pas, 
sans  concevoir  pour  son  auteur  une  profonde  estime,  cette  lettre  à  la 
fois  si  politique,  si  indignée  et  si  courageuse  que  l'ambassadeur  adresse 
de  Venise  à  la  reine  mère,  à  la  nouvelle  du  massacre  de  la  Saint-Bar- 
thélémy : 

c  Madame,  la  vérité  est  certaine  et  indubitable  que  les  massacres 
«  advenus  par  tout  le  royaume  de  France,  non  seuUement  contre  le  feu 
«  admirai  et  autres  principaulx  chefs  de  la  Religion  mais  aussy  contre 
a  tant  de  pauvre  peuple  innocent,  ont  si  fort  esmeu  et  altéré  Thonneur 
«  de  ceulx  qui  sont,  par  deçà,  affectionnés  à  vostre  couronne,  encores 
«  qu'ils  soyent  du  tout  catholiques,  qu'ils  ne  se  peuvent  contenter 
c  d'excuse  aucune,  imputant  tout  ce  qui  a  esté  faict  à  vous  tant  seule- 
c  ment  et  à  Monseigneur  d'Anjou.  Par  le  moyen  susdict,  il  s'est  osté  la 
c  couronne  imperialle,  n'ayant  auparavant  rien  tant  désiré  les  Allemands, 
c  mesmes  les  protestans,  que  de  le  faire  Empereur,  et  de  remettre  l'Ëm- 
€  pire  en  la  Maison  de  France.  Et  disoient  estre  bien  informés  que  ledict 
c  admirai  et  aultres  ne  conspiroient  jamais  contre  Vos  Majestés  ou 
c  aucun  des  vostres,  et  ne  se  peuvent  assez  esmerveiller  que,  par  tel 
c  moyen,  on  ait  voulu  faire  si  grant  tort  à  Monseigneur  et  si  fort  agran- 
c  dir  le  Roy  d'Espaigne,  qui  se  peult  dire  aujourd'hui  le  seul  prince  de 
c  la  chrestienté  qui  commande  à  tous  aultres.  Et  disent  encores  que, 
e  pour  venir  à  bout  des  dicts  chefs,  il  y  avoit  d'aultres  moyens  aussy 
(C  certains  et  qui  n'eussent  pas  tant  offensé  les  estrangers  et  donné  à 
e  parler  à  la  postérité...  Et  combien.  Madame,  que  je  ne  croye  à  rien  de 
«  tout  ce  que  dessus,  et  que  je  sois  certain  et  assuré  de  vostre  bonne  et 
«  chrestienne  intention,  toutesfois,  craignant  que  cela  ne  soit  pour 
«  apporter  dommaige  à  vostre  personne,  et  que  quelque  meschant  et 
«  malheureux  osast  tenter  contre  icelle,  dont  s'en  suivroit  l'entière  ruyne 
c  de  ce  royaume  et  de  moy  particulièrement,  qui  ne  dépend  que  de 
«  vostre  seule  grâce  et  bénignité,  je  vous  ay  bien  voulu  escrire  ce  que 
e  dessus,  et  vous  supplier  très  humblement  de  vous  contregarder  plus 
«  encores  que  n'avez  encores  faict,  estant  (si)  fort  marry,  que  je  ne  puis 
€  vifvement  vous  représenter  le  malcontentement  d'aulcuns  désespérés 


59 

«  qui  passent  par  icy,  lesquels  sont  si  bien  fols  et  téméraires  de  dire 
€  que  vous  avez  mieulx  aimé  ruyner  le  royaume  de  France  en  vous 
€  vengeant  de  l'admirai  que  l'augmenter,  et  que  vous  ressentir  du  mal 
«  de  celuy  qui  a  faict  mourir  vostre  fille.  Mais  tels  et  détestables  propos, 
«  qui  se  disent  et  escrivent,  ne  sont  que  paroles,  lesquelles  passent 
c  comme  le  vent,  pourveu  que  le  principal,  qui  est  vostre  personne, 
e  soit  conservé,  comme  il  sera,  s'il  plaist  à  Dieu,  envers  lequel  les  orai- 
e  sons  ne  furent  jamais  si  nécessaires  qu'elles  sont  à  présent,  et  mesmes 
«  à  l'endroict  de  ceulx  qui  sçavent  combien  Vostre  Majesté  est  affligée 
«  d'avoir  veu  le  Roy  réduict  en  telle  nécessité  qu'il  ayt  esté  contrainct 
c  de  mettre  si  avant  la  main  au  sang  de  ses  subjects,  ce  qui  n'adviendra 
«  jamais  plus,  s'il  plaist  à  Dieu  »  (pp.  160,  161,  162). 

Ce  document  est  de  premier  ordre  :  il  accuse  un  -art  consommé.  Du 
Ferrier  a  compris  qu'il  ne  pouvait  impunément  exprimer  son  indigna- 
tion qu'en  inspirant  à  la  reine  les  plus  vives  alarmes,  qu'en  la  plongeant 
dans  la  terreur.  Je  ne  m'arrête  pas  à  ce  style  d'autrefois  où  le  dévoue- 
ment et  le  respect  s'allient  si  noblement  à  l'expression  des  sentiments 
les  plus  courageux.  La  lettre  est  digne,  à  cet  égard,  de  toute  notre  atten- 
tion ;  mais  le  trait  vraiment  original  est  ailleurs  :  le  diplomate  cherche 
à  se  couvrir  en  jetant  l'épouvante  au  cœur  de  la  femme  criminelle  d'oii 
son  sort  dépend.  Ceci  est  vu. 

M.  E.  Frémy  s'arrête  longuement  aux  détails  du  drame  funeste  de  la 
Saint-Barthélémy  :  s'il  est  permis  de  regretter  la  confiance  qu'il  accorde 
au  récit  probablement  apocryphe  qui  a  été  attribué  à  Henri  III,  on  ren- 
dra certainement  hommage  au  soin  pénétrant  avec  lequel  il  a  étudié 
l'aspect  diplomatique  de  l'événement  et  analysé  les  mobiles  divers  qui 
inspirèrent  les  explications  contradictoires  du  roi. 

M.  Frémy  a  mis  à  contribution  plusieurs  collections  de  la  Bibliothèque 
nationale  (p.  8,  n.  1)  ;  je  regrette  qu'il  se  soit  contenté  d'indications 
générales  sans  renvois  continus  aux  sources.  Je  regrette  plus  vivement 
qu'il  n'ait  pas  étudié  le  rôle  de  du  Ferrier  comme  représentant  du  roi 
très  chrétien  auprès  du  concile  de  Trente  :  Du  Ferrier  s'était  prononcé 
en  plein  parlement  contre  l'application  de  la  peine  de  mort  en  matière 
religieuse  et  il  avait  formulé  sa  pensée  en  présence  des  juges  qui  livrèrent 
au  bourreau  le  conseiller  Anne  du  Bourg  pour  avoir  parlé  dans  le  même 
sens.  Gomment  un  esprit  aussi  sage  et  aussi  modéré  que  M.  Frémy  a-t-il 
pu  se  refuser  et  à  nous-mêmes  le  plaisir  délicat  de  suivre  un  tel  homme 
jusqu'au  concile  ? 

L'ouvrage  de  M.  Frémy  a  donné  lieu,  dans  l'excellent  Bulletin  critique 
de  littérature,  d'histoire  et  de  théologie  *,  à  quelques  observations  qui  me 
paraissent  justes  :  je  prends  la  liberté  d'y  renvoyer  le  lecteur.  Enfin 
certains  doutes  se  sont  élevés  dans  mon  esprit  au  sujet  de  cet  énigma- 

1.  N-  7,  pp.  134,  135. 


60 

tique  Yentenac  qui,  si  j'en  crois  M.  Ed.  Frémy  (p.  55),  se  serait  impro- 
visé, malgré  Charles  IX,  négociateur  entre  la  France  et  la  Turquie  et 
aurait,  de  son  autorité  privée,  essayé  d'unir  ces  deux  pays  dans  une 
alliance  offensive  et  défensive  contre  Tltalie  et  TEspagne.  Cest  là  un 
cas  psychologique  et  historique  si  extraordinaire  qu'il  me  faudrait  pour 
l'admettre  la  démonstration  la  plus  rigoureuse.  Les  désaveux  de  Charles  IX 
me  touchent  médiocrement  :  je  ne  puis  me  défendre  d'entrevoir  dans 
cette  affaire  un  autre  secret  du  roi  et  de  flairer  dans  Yentenac  un  de  ces 
courtiers  diplomatiques  de  second  ordre  dont  un  chef  d'État  ratifie,  sui- 
vant les  circonstances,  ou  désavoue  les  négociations. 

Je  veux,  en  terminant,  remercier  M.  Ed.  Frémy  d'avoir  fait  revivre 
un  de  ces  hommes  poUtiques  oubliés  dont  le  caractère  et  le  courage 
civique  font  partie  du  patrimoine  moral  de  notre  pays. 

Paul  YlOLLBT. 


La  Rédaction  de  la  coutume  d'Auvergne  ^4540,  d'après  un  rôle  des 
Archives  nationales  (P  >H89),  par  Maurice  Faucon.  Clermont-Fer- 
rand,  4880,  in-8Me  45  p. 

Sous  ce  titre  notre  confrère  M.  Maurice  Faucon  a  publié  un  docu- 
ment intéressant,  le  «  roUe  de  la  despance  payée  pour  rédiger  les  cous- 
tumes  du  pays  d'Auvergne  par  escript,  tant  bas  que  hault  pays  >.  Dans 
une  courte  introduction  il  en  a  fort  bien  indiqué  le  caractère  et  il  a  pris 
soin  d'en  signaler  lui-même  les  articles  les  plus  remarquables  ou  les 
plus  curieux.  li'un  de  ces  articles  nous  apprend  qu'on  fit  rédiger  et  relier 
six  exemplaires  de  la  coutume  d'Auvergne,  e  l'un  pour  la  cour,  l'autre  au 
bailhaige  de  Montferrand,  le  tiers  à  la  sénéchaussée  d'Auvergne,  le  quart 
à  Cusset,  le  cinquiesme  au  bailli  des  Montaignes  et  le  sixiesme  es  arches 
du  pays.  »  M.  Maurice  Faucon  a  su  retrouver  dans  les  archives  du  par- 
lement l'exemplaire  «  de  la  cour  i  (Arch.  nat.,  X  1&  9218)  et  il  en  a 
donné  une  intéressante  description.  Il  ne  dit  rien  des  autres,  au  sujet 
desquels  quelques  renseignements  auraient  été  les  bienvenus.  Je  note 
particulièrement  cette  mention  des  c  arches  du  pays  »  :  cette  institution 
d'archives  provinciales  remonte,  comme  je  l'ai  rappelé  ailleurs,  à  une 
résolution  de  1402  prise  par  les  états  provinciaux.  On  continuait  donc 
en  1510  à  y  déposer  les  documents  d'intérêt  général  :  faut-il  renoncer 
à  l'espoir  de  retrouver  un  jour  ce  fonds  d'archives  si  précieux  ?  Il  serait 
bien  à  souhaiter  que  le  classement  si  désirable  des  archives  commu- 
nales de  Glermont-Ferrand  fût  poussé  activement  et  vînt  enfin  jeter  un 
peu  plus  de  lumière  sur  cette  question. 

Antoine  Thomas^- 


64 


Le  Pays  boulonnais.  Études  historiques ,  par  Ernest  Dëseille.  Paris, 
\  879,  in-S^"  de  glii  et  438  p. 

Le  livre  dont  nous  annonçons  ici  l'apparition  n'est  pas  une  histoire 
du  Boulonnais.  L'auteur  a  voulu  simplement  réunir  en  un  seul  volume 
d'intéressants  documents  qui  étaient  restés  dispersés  jusqu'à  présent  et 
qui  gagnent  singulièrement  à  être  rapprochés  les  uns  des  autres. 

Les  quelques  lieues  carrées  comprises  entre  le  Galaisis,  l'Artois,  la 
Picardie  et  la  Manche,  dont  Boulogne  est  le  centre,  formaient  sous 
l'ancien  régime  un  gouvernement  général  et  possédaient,  il  est  vrai,  un 
assez  glorieux  passé  pour  justifier  un  tel  honneur.  M.  Deseille  nous 
rappelle  tour  à  tour  les  hauts  faits  de  ses  compatriotes,  depuis  ces  temps 
lointains  où  les  antiques  Morini  se  trouvaient  aux  frontières  du  monde 
jusqu'aux  jours  héroïques  de  la  guerre  de  cent  ans  et  jusqu'aux 
approches  de  la  révolution. 

On  ne  nous  demandera  pas  d'analyser  en  détail  un  livre  dont  il  fau- 
drait reproduire  la  table  pour  donner  une  idée  exacte  des  richesses  qu'il 
renferme.  Mentionnons  seulement  de  curieux  documents  sur  Télection 
des  maires  de  Boulogne  et  sur  l'organisation  municipale  de  la  ville  ; 
sur  la  création  du  siège  épiscopal  de  Boulogne  en  1553,  quand  la  ville 
de  Thérouanne  eut  été  rasée  ;  sur  la  fête  instituée,  au  jour  de  saint 
Marc,  en  souvenir  de  la  rentrée  des  Boulonnais  dans  leur  cité,  après 
l'occupation  anglaise.  Signalons  aussi  une  bonne  généalogie  des  comtes 
de  Boulogne. 

Boulogne  était  surtout  une  ville  de  commerce.  Le  livre  de  M.  Deseille 
abonde  en  renseignements  sur  le  mouvement  de  ce  port.  C'est  au 
XVIII®  siècle  qu'il  avait  pris  son  plus  grand  développement,  au  détriment 
des  ports  d'Étaples,  de  Wissant  et  d'Ambleteuse.  Il  s'y  faisait  alors 
d'importants  achats  de  thé  et  d'eau-de-vie.  La  pêche  du  hareng  y  était 
aussi  très  florissante.  Un  fait  suffirait  à  le  témoigner  :  les  nombreuses 
prestations  et  redevances  qui  se  faisaient  avec  ce  produit  de  la  mer. 
Boulogne  envoyait  en  présent  des  harengs  à  la  coar,  comme  d'autres 
villes  y  adressaient  des  étoffes  ou  des  épices. 

Tous  ces  documents  ne  voient  pas  le  jour  pour  la  première  fois.  Bon 
nombre  avaient  été  déjà  publiés  que  M.  Deseille  a  empruntés  sans  scru- 
pule aux  recueils  qui  les  contenaient  ^  Mais  son  livre  renferme  assez 
de  pièces  inédites,  parmi  les  plus  dignes  d'attention,  pour  mériter  à  son 
auteur  la  gratitude  de  ses  compatriotes  et  pour  lui  assurer  une  place 
honorable  à  côté  des  érudits  boulonnais.  M.  Deseille  a  puisé  surtout 
aux  archives  du  Pas-de-Calais,  dans  le  trésor  des  chartes  d'Artois.  Les 

1.  Citons  en  première  ligne,  parmi  ces  recueils,  le  Catalogue  des  actes  de  Phi- 
Uppe-A'ugfastc^  de  notre  éminent  confrère  M.  L.  Delisle. 


62 

autres  sources  d'informations  n'ont  pas  été,  du  reste,  négligées  par  lui. 
Les  Archives  nationales  lui  ont  fourni,  notamment,  quelques  pièces  de 
premier  ordre.  Il  avait  là  pour  le  guider  Tun  de  ses  plus  savants  compa- 
triotes, notre  confrère  M.  E.  Dupont,  qui  connaît  si  bien  l'histoire  du 
Boulonnais  et  qui  a  mis  généreusement  entre  les  mains  de  M.  Deseille 
les  plus  beaux  documents  *. 

L'auteur  du  Pays  boulonnais  voudra,  sans  doute,  mettre  un  jour  en 
œuvre  les  précieux  matériaux  qu'il  n'a  guère  fait  aujourd'hui  que 
rassembler  un  peu  au  hasard.  Quel  que  soit  le  plan  que  M.  Deseille 
adopte  alors,  qu'il  se  décide  à  écrire  l'histoire  de  sa  chère  ville  natale  ^ 
ou  qu'il  veuille  rédiger  méthodiquement  le  Cartulaire  boulonnais  qui 
reste  encore  à  faire  ^,  les  encouragements  ne  manqueront  pas  à  son  zèle 

et  à  sa  persévérance. 

P.  B. 


Souvenirs  de  la  Flandre  wallonne.  Recherches  historiques  et  choix 
de  documents  relatifs  à  Douai  et  aux  anciennes  provinces  du  nord 
de  la  France^  publiés  som  les  auspices  de  la  Société  d'agriculture, 
des  sciences  et  des  arts  de  Douai,  par  un  comité  historique  et 
archéologique.  Douai,  Crépin,  in-8°.  T.  XVUI,  -i878,  -i89  p.,  et 
t.  XIX,  4879,  207  p.  et  une  planche. 

Il  y  a  une  vingtaine  d'années,  quelques  archéologues  douaisiens  se 
réunirent  pour  publier  le  recueil  dont  nous  avons  entre  les  mains  les 
18®  et  19®  volumes.  MM.  Preux,  Brassart  et  de  Ternas  en  ont  été  les 
principaux  rédacteurs  et  ils  y  ont  inséré  un  grand  nombre  de  documents 
inédits  et  de  communications  sur  des  points  d'histoire  locale. 

L'étude  des  seigneuries  des  environs  de  Douai  et  des  familles  qui  les 
ont  possédées  a  tenu  une  large  place  dans  ces  volumes,  et  le  tome  XVUI 
est  presque  entièrement  consacré  à  l'annotation  d'un  manuscrit  de  la 
Bibliothèque  nationale,  le  Blason  de  Lalaing,  dont  il  ne  comprend  pour- 
tant qu'une  partie.  Ce  travail,  dû,  croyons-nous,  à  M.  A.  de  Ternas, 
contient  sur  les  membres  de  cette  célèbre  famille  de  nombreux  rensei- 

1.  Et  notamment  le  compte  de  1415-1416  (Ârch.  nat.,  KK  280),  à  Taide  daqnel 
M.  Deseille  a  écrit  son  intéressante  étude  sur  les  relations  de  Boulogne  avec  les 
communes  du  Nord,  lors  du  désastre  d'Azinconrt. 

2.  L'auteur  nous  permettrait-il,  dans  ce  cas,  de  le  mettre  un  peu  en  défiance 
contre  les  tendances,  si  excusables  d'ailleurs,  du  patriotisme  local,  qui  lui  font 
apprécier  avec  tant  d'optimisme  dans  la  présente  étude  tout  le  passé  de  son 
cher  pays  ? 

3.  M.  E.  Dupont  avait  d'abord  songé  à  publier  lui-même  ce  cartulaire.  Nous 
ne  pouvons  que  regretter  que  notre  confrère  ait  dû  renoncer  à  ce  projet,  absorbé 
qu'il  est  par  les  importantes  fonctions  qu'il  remplit  aux  Archives  nationales. 


63 

gnements  puisés  dans  les  dépôts  publics  du  Nord  et  de  la  Belgique.  Le 
Coup  d*œil  sur  Belleforière  (t.  XIX,  p.  5-84)  est  un  travail  du  même 
genre,  renfermant,  avec  une  analyse  des  titres  de  cette  seigneurie  depuis 
1076,  une  généalogie  détaillée  de  la  famille  de  ce  nom  de  1344  à  1751, 
qui,  sur  un  certain  nombre  de  points,  apporte  des  corrections  à  V Histoire 
généalogique  du  P.  Anselme. 

La  charte  relative  à  la  donation  faite  aux  templiers  par  Baudouin 
Brochât  d'Henin  <  est  un  document  important  pour  Thistoire  des  ordres 
militaires,  si  Ton  peut,  ainsi  que  le  propose  l'éditeur  de  ce  document, 
le  faire  remonter  à  1120.  Seulement  nous  regrettons  que  M.  Brassartait 
cru  devoir  en  donner  le  texte  en  conservant  les  abréviations.  C'est  un 
procédé  trop  souvent  employé  dans  les  publications  faites  en  province 
et  nous  ne  saurions  trop  nous  associer  aux  observations  que  faisait  à  ce 
sujet  notre  confrère  M.  Servois  dans  un  récent  compte  rendu  au  comité 
des  sociétés  savantes. 

Ne  pouvant  nous  arrêter  plus  longtemps  sur  les  autres  travaux  que 
renferment  ces  deux  volumes,  je  me  bornerai  à  signaler  deux  notices 
sur  Jean  Wauquelin,  traducteur  de  Jacques  de  Guise,  et  sur  Jean  de 
Magnicourt  de  Verchin,  chroniqueur  flamand  du  xv«  siècle,  notices  inté- 
ressantes et  rédigées  à  Taide  de  documents  nouveaux.  Une  biographie 
de  M.  Auguste  Preux  termine  le  dernier  de  ces  volumes  et  rend  un 
hommage  mérité  au  fondateur  des  Souvenirs  de  la  Flandre  wallonne. 

Comte  DE  Marsy. 


De  arte  seribendi  epistolas  apud  Gallicos  medii  œvi  scriptores  rheto- 
resve  facultati  litterarum  Parisiensi  thesimproponebat  N.  Valois. 
Paris,  A.  Picard,  1880,  in-8«,  95  p. 

Cette  thèse  n'est  pas  une  dissertation  purement  académique,  mais  une 
œuvre  d'érudition  qui  mérite,  à  ce  titre,  d'être  signalée  aux  lecteurs  de 
la  Bibliothèque.  Elle  se  rattache  en  outre  par  certains  côtés  à  la  diplo- 
matique. L'auteur  y  décrit  les  procédés  de  composition  suivis  par  les 
écrivains  du  moyen  âge  ;  sans  doute  il  se  préoccupe  surtout  des  lettres, 
mais  les  préceptes  de  l'art  épistolaire  étaient  souvent  appliqués  à  la 
rédaction  des  actes.  Ne  trouve-t-on  pas  dans  des  chartes  du  xn«  siècle 
des  exordes  empruntés  à  l'Écriture  sainte  et  semblables  à  ceux  qu'on 
plaçait  souvent  en  tête  des  lettres  ?  M.  Valois  s'est  presque  exclusive- 
ment servi  de  documents  qui  ont  été  jusqu'ici  fort  peu  utilisés  pour  les 
études  de  diplomatique  :  ce  sont  les  traités  d'art  épistolaire  et  les  for- 
mulaires; il  en  signale  une  vingtaine,  presque  tous  inédits,  qui  sont 

1.  Un  Seigneur  d'Henin-Liétard,  bienfaiteur  des  templiers  (tome  XIX, 
p.  116-138). 


64 

d'origine  française  et  vont  de  Tannée  1180  jusqu'à  la  fin  du  zv  siècle. 

Les  deux  premiers  chapitres  ne  sont  qu'une  introduction  ;  le  troisième, 
consacré  à  l'enseignement  de  l'art  épistolaire,  est  un  des  plus  intéres- 
sants de  tout  le  travail.  Au  zii«  siècle,  cet  enseignement  n'existait  pas 
encore.  On  se  formait  le  style  en  apprenant  par  cœur  les  ouvrages  de 
Gicéron,  ou  en  transcrivant  les  lettres  d'un  écrivain  renommé  de  l'époque; 
celles  de  Hildebert,  évéque  du  Mans,  furent  longtemps  considérées  comme 
des  modèles  du  genre.  Dès  le  commencement  du  xiii*  siècle,  on  voit 
apparaître  des  professeurs  d'art  épistolaire  ;  les  traités  sur  cette  matière, 
Dictamina,  Summa  dictaminis,  Àrtes  dictandi,  se  succèdent  sans  inter- 
ruption. La  science  nouvelle,  importée  d'Italie,  fut  accueillie  avec  tant 
de  faveur  que  non  seulement  les  études  sérieuses,  mais  la  poésie  même 
furent  délaissées.  Cet  enthousiasme  s'explique  moins  par  l'attrait  de  la 
nouveauté  que  par  les  perspectives  brillantes  qu'on  faisait  miroiter  aux 
yeux  des  étudiants.  «  L'art  épistolaire,  écrit  l'un  d'eux  à  un  de  ses  amis, 
«  vous  ouvre  le  palais  des  rois  et  vous  fait  arriver  aux  plus  hautes 
c  charges  de  l'Église.  »  Aussi  les  maîtres  en  cet  art  ne  manquent-ils 
jamais  de  faire  ressortir  les  avantages  qu'offre  cette  étude  lucrative. 

L'enseignement  de  l'art  épistolaire  en  France  a  pris  naissance  dans 
les  écoles  de  rhétorique  et  de  grammaire  fondées  à  Orléans  par  l'évéque 
Théodulf  ;  mais  c'est  à  Meung  que  cet  enseignement  a  jeté  le  plus  d'éclat. 
Les  auteurs  de  Dictamina  célèbrent  à  l'envi  dans  un  langage  hyperbolique 
l'école  de  Meung,  c  cette  source  vive  qui  ne  tarit  jamais  et  coule  d'autant 
c  plus  abondante  qu'on  y  vient  puiser  en  plus  grand  nombre.  »  Quel- 
quefois leur  admiration  les  conduit  à  d'étranges  méprises  :  les  uns  font 
de  Meung  un  siège  archiépiscopal  ;  les  autres  remplacent  les  mots  fons 
Magdunum  par  l'expression  bizarre  de  fons  madidus.  L'étude  de  l'art 
épistolaire  s'était  répandue  de  l'Orléanais  dans  toute  la  France  ;  elle 
avait  pénétré  jusque  dans  les  cloîtres,  à  Glairvaux  notamment.  Et  cepen- 
dant cette  extension  coïncide  avec  la  décadence  de  cette  branche  de  la 
littérature.  On  ne  trouve  plus  en  effet,  au  xni*  siècle,  de  collections  de 
lettres  comme  on  en  rencontre  tant  au  xn«.  C'était  la  conséquence 
du  développement  qu'avait  pris  ce 'genre  d'études.  La  composition  d'une 
lettre  n'étant  plus  une  œuvre  d'art,  mais  une  afiaire  de  routine,  les  écri- 
vains de  mérite  dédaignèrent  de  composer  des  livres  de  lettres  comme 
eût  pu  le  faire  le  premier  étudiant  venu. 

Après  avoir  décrit  les  Dictamina  qu'il  a  consultés  et  en  avoir  fixé  la 
date,  M.  Valois  expose  les  règles  contenues  dans  ces  traités,  que  leurs 
auteurs  s'eôorcent  de  rendre  aussi  intéressants  que  possible.  Ils  donnent 
pour  exemples  des  lettres  qui  devaient  être  d'un  usage  fréquent,  telles 
que  l'épître  d'un  étudiant  qui  demande  de  l'argent  à  son  père  ou  à  son 
oncle,  et  la  réponse  du  père  à  son  fils.  Ils  traitent  parfois  des  sujets 
étranges  :  Job  écrira  à  la  Fortune  pour  se  plaindre  de  sa  pauvreté  ; 
l'âme  exposera  au  Créateur  ses  griefs  contre  le  corps.  La  lettre  du  corps 


65 

est  suivie  d'une  réponse  du  Créateur  qui  rengage  à  se  corriger,  et  d'une 
réplique  du  corps  qui  s'excuse  sur  sa  faiblesse.  Ces  bizarreries  ne  sup- 
pléent point  au  manque  d'originalité  qui  est  le  défaut  commun  de  tous 
ces  traités.  Les  auteurs  de  Diciamina  imitent  presque  toujours  leurs 
devanciers,  qui  s'étaient  inspirés  des  ouvrages  de  Gicéron,  de  Quintilien 
ou  d'Isidore  de  Séville.  Ils  se  bornent  souvent  à  augmenter  le  nombre 
des  exemples  donnés  précédemment  ;  tout  au  plus  s'efforcent-ils  de  les 
disposer  d'une  façon  quelquefois  plus  ingénieuse,  toujours  plus  recher- 
chée. 

Les  deux  points  dont  ils  se  préoccupaient  le  plus  sont  la  construction 
et  le  nombre  oratoire.  La  première  de  ces  matières  est  traitée  avec  un 
grand  soin  dans  les  Dictamina,  On  distingue  l'ordre  naturel  et  l'ordre 
artificiel.  L'ordre  artificiel  est  l'objet  de  prescriptions  minutieuses  qu'on 
trouve  appliquées  dans  les  bulles  et  même  dans  les  chartes  du  xii*  et  du 
xm«  siècle.  Voici  quelques  exemples  de  cet  ordre  artificiel.  Tantôt  on 
disposera  les  mots  selon  Tordre  des  cas  dans  la  déclinaison,  en  plaçant 
d'abord  le  nominatif  ou  le  génitif  et  en  terminant  par  l'ablatif,  comme 
dans  cette  phrase  :  Trium  puerorum  laudibus  hymnum  debitum  voce 
consona  persolvamus.  Tantôt  on  intercalera  une  préposition,  qui  régit  un 
mot  accompagné  d'un  qualificatif,  entre  le  substantif  et  l'épithète  et  on 
dira  :  Vado  socium  ad  meum  dilectum.  Ces  transpositions  sont  parfois 
peu  heureuses,  mais  M.  Valois  va  peut-être  un  peu  loin  quand  il  leur 
reproche  de  prêter  à  l'obscurité.  Les  constructions  recommandées  dans 
les  Dictamina  ne  nuisent  pas  en  général  à  la  clarté  ;  il  suffit  de  citer 
pour  exemple  la  locution  courante  :  Vestre  probitatis  fama  nostras  per- 
venit  ad  aures.  Quant  au  reproche  de  redondance  qu'on  a  fait  aux 
maîtres  d'art  épistolaire,  il  est  plus  justifié  ;  mais  on  ne  saurait  les  blâ- 
mer beaucoup  de  remplacer  les  pronoms  personnels  par  ces  formules  de 
politesse  :  mea  parvitas,  mea  humilitas,  ou  de  multiplier  les  adverbes 
comme  sane^  profecto,  quidem^  sdlicet,  puisqu'ils  ne  font  que  se  confor- 
mer en  cela  aux  préceptes  des  rhéteurs  latins.  Du  reste  ils  ne  s'abusaient 
pas  autant  qu'on  serait  tenté  de  le  croire  sur  la  valeur  des  divers  orne- 
ments du  style  ;  c'est  ainsi  que  la  recherche  des  désinences  semblables, 
fort  en  honneur  au  xi«  et  au  xu*  siècle,  était  presque  complètement 
abandonnée  au  xiv^. 

Le  nombre  oratoire  est  aussi  l'objet  de  détails  minutieux.  Les  auteurs 
de  Dictamina  en  ont  emprunté  les  règles  à  VOrator  de  Gicéron  et  ils  les 
ont  appliquées  au  style  épistolaire,  en  les  modifiant  toutefois  considé- 
rablement. Jusqu'au  xu«  siècle  les  écrivains  semblent  surtout  chercher 
à  flatter  l'oreille  par  un  heureux  choix  de  mots.  On  voit  à  cette  époque 
les  règles  du  nombre  s'introduire  pour  la  première  fois  dans  la  chan- 
cellerie pontificale  ;  elles  y  ont  été  depuis  toujours  observées.  On  se 
préoccupait  surtout  de  la  fin  des  phrases  :  elles  devaient  se  terminer 
par  un  mot  dont  la  pénultième  était  brève  quand  le  mot  précédent  avait 

5 


66 

sa  pénultième  longue  et  réciproquement.  C'était  là  le  mode  grégorien, 
le  cursus  Romane  Ecclesie  vel  Curie  qu'enseignaient  la  plupart  des  maîtres 
d'art  épistolaire.  On  le  trouve  déjà  observé  au  xn«  siècle  dans  les  lettres 
de  Jean  de  Salisbury;  mais  les  esprits  élevés,  tels  que  saint  Bernard  et 
Pierre  le  Vénérable,  ne  s'inquiètent  guère  du  nombre  oratoire.  C'est  au 
xm*  siècle  que  le  mode  grégorien  devient  d'un  usage  fréquent  ;  on  le 
rencontre  alors  dans  la  plupart  des  lettres  et  môme  dans  des  actes  privés 
et  des  chartes. 

Bien  que  les  auteurs  de  Dictamina  français  s'inspirent  de  l'antiquité, 
les  règles  de  quantité  qu'ils  donnent  ressemblent  bien  peu  à  celles  de 
la  métrique  latine.  Ils  appellent  spondée  tout  dissyllabe,  que  ce  soit  un 
véritable  spondée  (prœbê),  un  pyrrhique  (màré)y  un  ïambe  (àmâ)  ou  un 
trochée  (Rdmà),  Ils  entendent  par  dactyle  tout  mot  de  trois  syllabes  dont 
la  médiane  est  brève  ;  quant  aux  polyssyllabes,  ils  les  considèrent 
comme  des  dactyles  ou  des  spondées  suivant  que  leur  pénultième  est 
brève  ou  longue.  Cette  confusion  des  brèves  et  des  longues  ne  pouvait 
manquer  de  choquer  Toreille  italienne.  Aussi  trouve-t-on  dans  les 
traités  composés  en  Italie  de  vives  protestations  contre  la  doctrine  des 
maîtres  de  l'école  d'Orléans  ;  on  leur  reproche  de  créer  des  spondées  et 
des  dactyles  imaginaires  et  de  s'attacher  plutôt  au  nombre  et  à  la  place 
des  syllabes  qu'à  leur  valeur.  Les  auteurs  de  Dictamina  recommandent 
de  ne  pas  accumuler  spondées  sur  spondées,  dactyles  sur  dactyles,  mais 
de  les  mélanger  agréablement.  Il  faut  se  garder  de  commencer  une 
phrase  par  un  dactyle,  à  moins  que  la  phrase  précédente  ne  se  termine 
par  plusieurs  spondées,  ou  qu'il  ne  s'agisse  de  mots  tels  que  cetïrum, 
igïtur,  quoiOam,  siquïdem. 

M.  Valois  a  eu  le  mérite  de  se  servir  presque  exclusivement  de  textes 
peu  connus  et  pour  la  plupart  inédits  ;  c'est  là  ce  qui  fait  la  grande 
valeur  de  son  travail.  Il  a  tiré  bon  parti  des  documents  nombreux  qu'il 
a  trouvés  et  il  a  su  exposer  des  matières  fort  arides  avec  autant  de 
clarté  que  d'élégance.  Sa  thèse  contient  une  analyse  fort  complète  et 
très  instructive  des  préceptes  contenus  dans  les  Dictamina.  Si  M.  Valois 
la  publie  de  nouveau  en  français,  comme  nous  l'espérons,  cette  forme 
nouvelle  lui  permettra  de  donner  une  plus  large  place  aux  recherches 
critiques  sur  la  date  et  les  auteurs  des  Dictamina,  sur  les  principaux 
maîtres  de  l'art  épistolaire,  Bernard  de  Meung,  Transmundus,  Pons  de 
Provence,  Antoine  Haneron  *.  On  pourrait  alors  montrer,  avec  les  déve- 
loppements nécessaires,  l'application  des  préceptes  des  Dictamina  à  la 
rédaction  des  bulles,  des  chartes  et  des  autres  actes  privés.  Ce  serait  là 
un  intéressant  chapitre  de  diplomatique  qui  ajouterait  encore  au  mérite 

du  travail  de  M.  Valois. 

E.-J.  Tardif. 

1.  Antoine  Haneron  n'est-il  pas  l'auteur  du  Compendium  de  brevibus  epistolis 
ad  archidiaconum  Tornacensem  ?  Yoy.  Pertz,  ArchiVy  X,  p.  552  et  571. 


67 

Eustache  des  Champs^  sa  vie  et  ses  œuvres,  par  A.  Sârradin.  Ver- 
sailles, Cerf;  Paris,  Baudry,  4879,  in-8». 

Il  y  a  une  année  que  M.  Sarradin  a  soutenu  cette  thèse  de  doctorat 
devaut  la  faculté  des  lettres  de  Paris.  Elle  n'a  pas  gagné  en  vieillissant. 
Nous  attendions  pour  en  parler  que  l'édition  d'Eustache  des  Champs, 
entreprise  sous  les  auspices  de  la  Société  des  anciens  textes  par  M.  le 
marquis  de  Queux  de  Saint-Hilaire,  se  fût  enrichie  d'un  nouveau  volume, 
espérant  trouver  dans  les  pièces  méthodiquement  classées  ou  dans  les 
notes  explicatives  une  confirmation  aux  hypothèses  personnelles  de 
M.  Sarradin.  Il  n'en  a  rien  été.  L'auteur  ne  s'est  nullement  préoccupé 
d'établir  son  étude  critique  sur  des  hases  sérieuses.  Il  a  pris  les  éditions 
de  MM.  Grapelet  et  Tarbé,  en  a  tiré  ce  qu'elles  contenaient  sur  la  vie 
du  poète,  a  fait  quelques  extraits  de  ballades  ou  de  fabliaux,  a  interrogé 
de  loin  en  loin  l'un  des  mss.  de  Des  Champs  qui  sont  à  la  Bibliothèque 
nationale  (fr.  830),  et,  en  y  joignant  quelques  passages  de  chroniques 
relatifs  aux  mœurs  et  aux  événements  généraux,  il  a  composé  son  livre. 
C'est  commode  et  très  littéraire  ;  mais,  au  milieu  des  excellentes  études 
faites  chaque  jour  sur  notre  vieille  littérature,  à  la  veille  d^une  édition 
définitive  d'Ëustache  des  Champs,  n'était-on  pas  en  droit  d'espérer  autre 
chose  ? 

Il  est  vrai  que  l'auteur  se  soucie  médiocrement  des  derniers  travaux*. 
MM.  Tarbé  et  Crapelet  sont  pour  lui  une  autorité  presque  sans  appel, 
c  Même  après  les  publications  de  MM.  Crapelet  et  Tarbé,  est-il  écrit 
dans  l'introduction,  il  reste  quelque  chose  à  prendre  dans  l'immense 
collection  de  ses  œuvres  poétiques  :  erat  quod  tôlier e  velles.  »  Quelque 
chose  ?  on  y  pouvait  prendre  dix  volumes  in-8»,  comme  le  fait  à  cette 
heure  M.  de  Queux  de  Saint-Hilaire,  et  à  plus  forte  raison  une  monogra- 
phie bien  faite.  Or,  il  est  impossible,  chez  M.  Sarradin,  de  suivre  les 
principaux  traits,  les  grandes  lignes  de  l'existence  du  poète  champenois. 
Nous  le  voyons  marié  et  père  de  famille,  envoyant  son  fils  en  1395  à 
l'université  d'Orléans  (p.  99),  mariant  sa  fille  et  la  dotant  avec  un 
appoint  du  duc  d'Orléans  en  1393  (p.  101),  et  l'instant  d'après  nous 
remontons  au  temps  où,  poète  galant,  il  recueille  la  succession  littéraire 
de  Guillaume  de  Machaut  (1377).  Nous  le  suivons  à  l'expédition  avortée 
de  Charles  YI  contre  l'Angleterre  en  1386  (ch.  X),  nous  lisons  les  bal- 
lades qu'il  compose  à  cette  occasion,  nous  descendons  même  aux  fian- 
çailles de  Richard  U  avec  la  fille  de  Charles  YI,  et  deux  chapitres  plus 

1.  La  bibliographie  même  da  sujet  ne  lui  semble  pas  très  familière.  La  moitié 
da  chapitre  XIX  est  consacrée  au  Traicté  de  Géia  et  d^AmpfUtryon,  et  rien  ne 
fait  supposer  que  l'auteur  connaisse  l'édition  de  cette  c  comédie  »  donnée  par 
M.  de  Queux  de  Saint-Hilaire,  à  la  librairie  Jouaust,  en  1875. 


68 

loia  (ch.  XII)  nous  sommes,  sans  savoir  comment,  aux  années  où  Des 
Champs  était  fait  châtelain  de  Fismes  (1381)  et  bailli  de  Sens  (1389). 

Nous  ne  voudrions  pas  chicaner  outre  mesure  sur  la  précision  histo- 
rique de  cette  œuvre  littéraire;  mais  les  premières  qualités  littéraires  ne 
sout-elles  pas  Tordre  et  la  proportion,  c  qui  est  tout  le  discours  »,  et 
pout-on  voir  sans  étonnement  Tavant-demier  chapitre  de  cet  essai  con- 
Mcré  à  la  ballade  avant  Des  Champs  ?  Le  lecteur  devrait-il  donc  com- 
mencer aux  dernières  pages  et  feuilleter  à  rebours  conmie  dans  un  livre 

arabe? 

Tait  voir  ne  sont  pas  bel  à  dire, 

dit  Des  Champs,  et  nous  aurions  mieux  aimé  adresser  à  M.  Sarradin 
des  éloges  que  des  critiques.  Celles-ci  ne  nous  empochent  point  de 
rendre  justice  aux  mérites  de  style  du  jeune  professeur,  à  son  tableau 
rapide  de  la  cour  de  Charles  VI,  où  Michelet  a  été  heureusement  mis  à 
contribution,  à  ses  aperçus  sur  Féducation  littéraire  au  xiy^  siècle  :  ici 
l'excellent  vingt-quatrième  volume  de  VHistoire  littéraire  laisse  des 
traces  évidentes.  Le  choix  surtout  de  ce  sujet  est  digne  d'éloges  ;  il 
prouve  après  d'autres  que  l'université  et  le  doctorat  abordent  hardiment 
les  lettres  du  moyen  âge.  Longtemps  inexploitée,  cette  mine  sera  tou- 
jours féconde  ;  espérons  que  M.  Sarradin  ne  se  bornera  point  à  ce  pre- 
mier essai,  qu'il  y  creusera  plus  profondément  et  y  saura  trouver  une 

fructueuse  revanche. 

Maurice  Faucon. 


Mittheilungen  des  Instituts  fur  oesterreichische  Geschichtsforsehung, 
II.  B.,  i,  H.  Innsbruck,  Wagner,  4881.  P.  4  à  176. 

Ce  fascicule,  par  lequel  s'ouvre  la  seconde  année  des  Mittheilungen  de 
l'institut  de  recherches  d'histoire  autrichienne  à  Vienne,  contient  cinq 
articles  de  fond  : 

I.  Das  Registrum  Farfense,  ein  Beitrag  zur  Rechtsgeschichie  der  italie- 
nischen  Urkunde  von  H.  Brunner,  M.  Brunner,  bien  connu  par  ses  tra- 
vaux sur  l'histoire  du  droit  et  sur  la  diplomatique  des  actes  privés,  a 
soumis  à  une  étude  diplomatique  et  juridique  une  importante  publica- 
tion de  la  Société  romaine  d'histoire  locale,  il  Regesto  di  Farfa  compilato 
da  Gregorio  di  Catino  e  pubblicato  dalla  Società  romana  di  storia  patria 
a  cura  di  I.  Giorgi  e  U.  Balzani,  vol.  Il  (seul  publié  jusqu'ici),  Roma,  1879. 
Ce  volume  contient  le  texte  de  trois  cents  chartes,  dont  la  plus  récente 
est  de  Tan  857  ;  le  cartulaire  qui  nous  les  a  conservées  est  des  dernières 
années  du  xi«  siècle.  M.  Brunner  donne  un  spécimen  choisi  des  princi- 
paux faits  nouveaux  que  ces  précieux  documents  apportent  tant  à  l'his- 
toire des  particularités  diplomatiques  qu'à  l'étude  de  l'ancien  droit 
lombard. 


69 

II.  Der  Umfang  des  boehmischen  Reiches  unter  Boleslaw  IL  Ein  Beitrag 
zur  Kritik  der  aelteren  boehmischen  Geschichte  von  J.  Loserth,  M.  Loserth 
fait  justice  d'une  fable  acceptée  par  les  historiens,  sur  la  foi  du  chroni- 
queur Gosmas  de  Prague,  qui  attribue  au  duché  de  Bohême,  sous 
Boleslas  n  (967-999),  une  étendue  en  dehors  de  toute  vraisemblance  ; 
la  Bohème  aurait  compris  de  grandes  parties  des  territoires  actuels  de 
la  Silésie,  de  la  Hongrie,  de  la  Galicie  et  de  la  Pologne  russe.  Cette 
légende,  comme  le  montre  M.  Loserth,  doit  son  origine  première  à  des 
chartes  fausses  que  Gebhard,  évoque  de  Prague,  produisit  au  synode  de 
Mayence,  en  1086,  pour  établir  ses  droits  épiscopaux  prétendus  sur 
Olmiitz  et  la  Moravie. 

III.  Fulda  und  die  goldene  Bulle.  Von  Arnold  Busson.  M.  Busson  sou- 
tient contre  plusieurs  auteurs  :  !<>  que,  dans  les  délibérations  qui  eurent 
lieu  à  Nuremberg  en  1355  et  1356  pour  préparer  la  rédaction  de  la  bulle 
d'or,  l'empereur  consulta,  non  seulement  les  électeurs,  mais  aussi  les 
autres  princes  ou  ordres  admis  à  la  diète  de  l'Empire,  au  moins  pour 
celles  des  dispositions  de  la  bulle  qui  touchaient  ces  princes  ou  ces 
ordres  ;  2<>  qu'en  particulier  on  s'assura  le  consentement  de  l'abbé  de 
Fulda  avant  d'insérer  au  chapitre  m  de  la  bulle,  sur  l'ordre  de  pré- 
séance des  prélats  de  l'Empire,  une  clause  contraire  aux  anciennes  pré- 
tentions de  son  abbaye  ;  3»  que  c'est  pour  acheter  ce  consentement 
qu'un  acte  du  9  juin  1356  donna  à  perpétuité  à  l'abbé  de  Fulda  le  titre 
d'archichancelier  de  l'impératrice  ou  de  la  reine  des  Romains,  et  que 
ce  titre  ne  lui  appartenait  pas  et  n'existait  pas  avant  cette  date. 

rV.  Die  maritime  Politik  der  Habsburger  in  den  Jahren  1625-1628  von 
Fr,  Mares,  IL  (Suite  d'un  travail  commencé  dans  le  volume  précédent.) 

V.  Verzeichniss  der  Kaiserurkunden  in  den  Archiven  Veronas.  L  Von 
Karl  dem  Grossen  bis  Heinrich  IV.  Von  Carlo  Cipolla.  Dans  cet  inventaire 
des  diplômes  impériaux  (il  aurait  fallu  ajouter  :  et  royaux)  des  archives 
de  Vérone,  M.  Gipolla  indique  82  actes,  de  774  à  1096,  conservés  en 
original  ou  en  copie  dans  divers  dépôts.  L'inventaire  est  précédé  de 
quelques  brèves  indications  sur  les  dépôts  d'archives  de  Vérone,  et  suivi 
du  texte  de  six  actes  inédits,  de  Louis  II,  septembre  873,  de  Bérenger, 
1"  août  905  (deux  diplômes  du  même  jour),  d'Otton  II,  7  mai  983,  de 
Gonrad  II,  24  mai  1027,  et  de  Henri  IV,  1077. 

Les  kleine  Mittheilungen  sont  au  nombre  de  cinq:  —  l**  J.  Ficker,  Sur 
la  pose  de  la  première  pierre  de  la  cathédrale  de  Gologne.  (Prouve  qu'il 
n'est  pas  exact,  comme  on  l'a  affirmé  dans  l'acte  officiel  dressé  à  l'occa- 
sion de  l'achèvement  de  la  cathédrale  de  Gologne  le  15  octobre  1880, 
que  le  roi  des  Romains  Guillaume  de  Hollande  ait  été  présent  à  la  pose 
de  la  première  pierre  le  15  août  1248.)  —  2o  E.  v.  Ottenthal,  la  Limite  des 
langues  allemande  et  romane  dans  le  Vinstgau  à  la  fin  du  xrv»  siècle. 
(Une  charte  de  1394  ou  environ  prouve  qu'alors  le  roumanche  était  la 
seule  langue  dans  laquelle  on  fût  admis  à  s'exprimer  devant  la  justice 


70 

de  Glurns  en  Tyrol  ;  les  plaideurs  de  langue  allemande  devaient  parler 
par  interprète.  La  charte  du  juge  de  Glurns  qui  constate  ce  principe  est 
néanmoins  rédigée  en  allemand.)  —  3"  E.  Mûblbacher,  la  Donation  de 
Cionstantin  dans  la  chancellerie  impériale.  (Un  registre  de  la  chancellerie 
de  TEmpire  contient  des  notes  de  la  fin  du  xy«  s.,  qui  expriment  des 
doutes  sur  Tauthenticité  de  la  prétendue  donation  de  Rome  à  TËglise 
par  l'empereur  Constantin  le  Grand.)  —  4*  H.  Zimerman,  Sur  l'expédition 
des  affaires  dans  la  chancellerie  impériale  au  xv«  siècle.  (Détails  sur  Ten- 
registrement  des  lettres  impériales  ou  royales.  Les  registres  de  la  chan- 
cellerie de  TEmpire,  conservés  à  Vienne,  ne  commencent  qu'en  1400, 
mais  il  y  en  a  eu  d'antérieurs,  aujourd'hui  perdus  :  en  1422,  le  roi 
Sigismond  réclame  à  Tex-chancelierRahan,  évéque  de  Spire,  les  registres 
du  roi  Robert,  1400-1410,  et  de  ses  prédécesseurs.  Un  autre  acte  du 
même  roi,  en  1421,  déclare  qu'aucune  lettre  royale  n'était  scellée  avant 
d'être  enregistrée  ;  mais,  en  1480,  une  note  aux  registres  de  la  chan- 
cellerie parle  de  lettres  qui  ne  pouvaient  être  enregistrées  et  sur  les- 
quelles on  inscrivait  néanmoins  la  mention  fictive  :  c  Registrata.  »  A  la 
fin  de  son  article  M.  Zimerman  communique,  d'après  le  même  registre 
de  1480,  la  formule  d'un  chiffre  donné  à  un  envoyé  impérial  pour  cor- 
respondre avec  son  gouvernement  ;  cette  formule,  telle  que  nous  la 
lisons,  est  peu  claire  :  «  Habet  et  ipse  infrascriptam  ciferam,  sub  qua 
semper  débet  litteras  ad  Suam  Gesaream  Majestatem  scribere,  ne  a  qîio- 
quam  intelligantur  :  A,  b,  c,  d,  e,  f,  g,  h,  i,  k,  1,  m,  n,  o,  p,  q,  r,  s,  t, 
V,  x,  j,  y,  z  litteris  permutatis  et  dictionibus  divisis  per  puncta  intra, 
sub  aut  supra  posita.  »  N'y  a-t-il  rien  au  registre  original  qui  indique 
de  quelle  façon  on  devait  t  permuter  »  ces  lettres?  Notons  l'emploi  du  j, 
considéré  comme  une  lettre  distincte  de  Vi  [?],  et  placé  entre  Vx  et  l'y.)  — 
50  Julien  Havet,  Notes  manuscrites  provenant  du  monastère  de  Michels- 
berg  à  Bamberg.  (Détails  d'histoire  locale,  xvi«  et  xvn«  s.,  tirés  des  gardes 
d'un  volume  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris,  imprimés,  H  2144 
réserve.) 

La  section  c  Literatur  »  contient,  outre  les  comptes  rendus  de  livres, 
des  détails  sur  les  travaux  et  publications  historiques  de  la  Société  pour 
la  connaissance  du  pays  transylvanien,  de  l'Académie  des  sciences  de 
Gracovie  et  de  la  commission  d'histoire  de  l'Académie  royale  des  sciences 

de  Bavière. 

Julien  Havet. 

Manual  de  paleografia  diplomdtica  espanola  de  los  siglos  XII  al 
XVII ,  Método  teôrico-pràctico  para  aprender  à  leer  los  documen- 
tos  espanoles  de  los  siglos  XII  al  XVII^  por  D.  Jésus  McJioz  y 
RivERO,  archivero-bibliotecario  y  profesor  encargado  de  la  asigna- 
tura  de  paleograffa  gênerai  y  crftica  en  la  Escuela  superior  de 
diplomâtica.  Obra  iltùstrada  con  479  Idminas  dibujadas  por  el 


74 

aulor.  Madrid.  Imprenta  de  Moreno  y  Rojas,  4880,  vii-303  pp., 
4  79  planches  et  6  pages  de  tables.  Prix  :  i  2  fr. 

L'histoire  de  la  paléographie  espagnole  a  trois  périodes.  La  première 
période,  dont  on  ne  peut  indiquer  avec  exactitude  le  point  de  départ, 
est  représentée  par  récriture  dite  msigothique,  dérivée,  comme  les  écri- 
tures lombarde  et  mérovingienne,  de  la  cursive  romaine  et  de  quelques 
éléments  de  l'onciale.  La  seconde,  qu'on  peut  nommer  la  période  frart" 
çaise,  a  une  origine  révolutionnaire  —  il  s'agit,  qu'on  se  rassure,  d'une 
révolution  de  moines  —  et  une  durée  de  quatre  siècles  et  demi  au  moins, 
de  l'année  1100  à  l'année  1550  environ.  Puis  vient  la  troisième  période, 
qui  mériterait,  quant  à  son  origine,  la  dénomination  de  période  italienne. 
C'est  en  effet  aux  calligraphes  Iziar,  Madariaga,  Francisco  de  Lucas  et 
autres,  élèves  des  Italiens  Henricis,  Tagliente  et  Palatino,  qu'on  doit  la 
formation  et  la  propagation  de  cette  admirable  bâtarde  espagnole  qui  se 
continue  encore  après  trois  siècles  de  glorieuse  existence. 

L'ouvrage  de  don  Jésus  Munoz  y  Rivero,  professeur  de  paléographie  à 
l'École  supérieure  de  diplomatique  de  Madrid,  est  consacré  à  la  paléo- 
graphie des  chartes  du  xn«  au  xvii«  siècle.  Il  se  compose  d'une  introduc- 
tion historique  et  théorique  distribuée  en  deux  parties  de  six  et  onze 
chapitres  et  d'une  partie  pratique  qui  consiste  dans  la  reprodaction  cal- 
cographique  et  la  transcription  de  cent  soixante-seize  documents.  Gomme 
l'auteur  compte  publier  prochainement  un  second  manuel  de  la  paléo- 
graphie espagnole  des  manuscrits  et  des  chartes  du  v  siècle  au  xii«,  il 
n'avait  pas  à  s'occuper  ici  de  la  matière  nationale  sur  laquelle  est  venu 
se  greffer  le  produit  étranger  introduit  à  la  fin  du  xii*  siècle  par  les  reli- 
gieux français  et  qui  bientôt  devait  la  remplacer  complètement  ;  mais 
nous  aurions  désiré  que  M.  Muâoz  délimitât  avec  plus  de  précision  les 
origines  du  nouveau  système  et  indiquât  les  dates  approximatives  de 
son  application  dans  les  diverses  classes  de  documents  et  les  diverses 
provinces  d'Espagne  soumises  à  l'influence  française.  On  cite  toujours, 
et  avec  raison,  sur  la  substitution  de  l'écriture  française  à  l'écriture 
wisigothique,  un  passage  célèbre  de  Rodrigue  de  Tolède,  qui,  souvent 
mal  compris,  a  engendré  une  erreur  grave.  Le  passage  en  question  se 
trouve  au  chapitre  XXIX,  livre  YI  du  De  rébus  Hispanix,  Après  avoir 
mentionné  sous  l'ère  1117  (année  1079  de  J.-C.)  la  mort  de  Garcia,  roi 
de  Galice,  à  Léon,  le  chroniqueur  continue  en  ces  termes  :  t  Et  inter- 
fuit etiam  Renerius,  legatus  et  Romanae  Ecclesiae  cardinalis  ;  ibidemque 
ceiebrato  concilie  cum  Bernardo  Toletano  primate,  multa  de  of&ciis 
Ecclesiae  statuerunt,  et  etiam  de  cetero  omnes  scriptores,  omissa  littera 
Toletana,  quam  Gulfilas  Gothorum  episcopus  adinvenit,  Gallicis  litteris 
uterentur  ^  »  Cette  allusion  à  Ulphilas  a  fait  croire  à  divers  auteurs  que 

1.  PP,  Toleianomm  quolquoi  exiant  Opéra,  Madrid,  1793,  tome  III,  p.  143. 


72 

Talphabet  composé  en  370  par  cet  évêque  des  Goths  et  dans  lequel  entrent, 
comme  on  sait,  l'alphabet  grec  oncial,  quelques  lettres  latines  et  une 
rune,  avait  été  employé  et  s'était  conservé  en  Espagne  jusqu'au  concile  de 
Tolède,  qui  en^aurait  prescrit  Tabolition^  M.  Munoz,  qui  sait  à  quoi 
s'en  tenir  à  cet  égard,  ne  traite  pas  comme  il  aurait  fallu  ce  passage  de 
Rodrigue.  Il  rappelle  que  l'écriture  d'Uiphilas  ne  dura  pas  en  Espagne 
plus  longtemps  que  l'arrianisme  (en  tant  que  religion  d'État)  et  que 
l'usage  qu'on  en  fit  en  ce  temps  même  était  limité  aux  livres  de  liturgie, 
les  Goths  ayant  pris  l'habitude  de  rédiger  en  caractères  latins  leurs  actes 
privés  3,  et  il  en  conclut  que  l'opinion  de  Rodrigue,  suivant  laquelle 
l'écriture  ulphilienne  a  persisté  en  Espagne  jusqu'au  xi«  siècle,  «  n'est 
pas  sûre  i  et  ne  résiste  pas  à  la  comparaison  des  caractères  de  l'alphabet 
d'Ulphilas  avec  les  caractères  des  monuments  écrits  antérieurement  au 
règne  d'Alphonse  VI.  C'est  trop  peu  dire.  L'opinion  de  Rodrigue,  si  on 
la  prenait  à  la  lettre,  serait  simplement  absurde.  Mais  doit-on  l'entendre 
ainsi  ?  Nous  ne  le  pensons  pas.  Il  est  évident  que  le  nom  d'Ulphilas  n'a 
pas,  dans  le  passage  de  l'historien,  le  sens  qu'on  lui  a  prêté.  Au  xin'  s., 
un  prélat,  fût-il  même  archevêque  de  Tolède,  ne  pouvait  pas  se  rendre 
compte  de  la  vraie  origine  d'une  écriture  qu'il  ne  connaissait  plus  que 
par  les  vieux  livres  liturgiques  des  églises  vouées  au  rite  mozarabe  ;  il 
ne  pouvait  que  constater  une  grande  différence  entre  cette  écriture  et 
celle  dont  il  se  servait  et  qu'il  était  accoutumé  à  lire.  Or,  comme  pour 
lui  et  pour  tous  les  hommes  de  son  temps  un  alphabet  devait,  ou  tom- 
ber du  ciel,  ou  être  fabriqué  de  toutes  pièces  par  quelqu'un,  rien  de 
plus  naturel  que  d'attribuer  l'écriture  de  la  vieille  liturgie  nationale  à 
celui  que  la  tradition  désignait  comme  le  créateur  de  l'alphabet  des 
Goths.  Il  n'y  a  donc  que  ceci  à  retenir  du  passage  :  un  certain  temps 
après  la  mort  du  roi  Garcia  (vers  1080),  un  concile  réuni  à  Léon  décréta  le 
remplacement  de  l'écriture  gothique  par  la  lettre  française.  Est-ce  exact? 
Là  est  la  question.  Sur  la  réunion  du  concile  et  la  matière  de  ses  déli- 
bérations on  n'a  d'autres  témoignages  que  celui  de  Rodrigue,  qui  n'en 
donne  pas  la  date,  et  celui  de  Lucas  de  Tuy,  qui  le  rapporte  à  l'année  1091 . 
Quant  aux  actes  du  concile,  nul  ne  les  a  retrouvés.  Aussi  plusieurs  his- 
toriens se  sont-ils  refusés  à  admettre  cette  décision  synodale  et  à  y  voir 
la  cause  du  changement  introduit  dans  l'écriture  des  pays  du  nord-ouest 
et  du  nord  de  l'Espagne.  A  notre  avis,  cependant,  l'intervention  en  cette 
afiaire  d'un  concile  national  ou  provincial  s'expliquerait  bien.  Il  ne  faut 


1 .  Cette  erreur  fort  répandue  et  accueillie  dans  plusieurs  livres  sérieux,  notam- 
ment dans  la  Grammaire  des  langues  romanes  de  Diez  (t.  I,  p.  93  de  la  3*"  éd. 
allemande),  a  joué,  dit-on,  un  mauvais  tour  à  un  savant  suédois  en  lui  faisant 
entreprendre  un  voyage  inutile  en  Espagne. 

2.  Dans  sa  paléographie  wisigothiqne  M.  Munoz  devra  fournir  les  preuves  de 
tout  ce  qu'il  avance  ici. 


73 

pas  oublier  que  Tadoption  de  récriture  étrangère  est  la  contre-partie 
naturelle,  nécessaire  de  Tadoption  de  la  liturgie  romaine,  que  Gré- 
goire VII,  aidé  de  ses  légats,  de  ses  moines  de  Gluny  et  des  influences 
françaises  de  la  cour  d'Alphonse  VI,  réussit  après  plusieurs  années  de 
lutte  à  implanter  en  Espagne.  Les  formulaires  du  nouveau  rite  apportés 
de  France  et  de  Rome  commencèrent  à  être  transcrits  par  ces  Glunistes 
que  la  politique  de  Grégoire,  Tappui  et  les  donations  d'Alphonse  VI 
avaient  attirés  sur  le  sol  de  la  péninsule,  et  ces  livres  furent  naturelle- 
ment transcrits  en  lettre  française.  Le  clergé  national  vit  d'abord  de 
mauvais  œil  cette  transformation  qui  s'opérait  à  ses  dépens,  qui  dépouil- 
lait le  culte  de  formes  consacrées  depuis  le  temps  du  grand  Isidore  et 
TobUgeait  en  outre  à  rapprendre  à  lire  et  à  écrire  sous  la  direction 
d'étrangers.  Il  y  eut  de  longs  tirailletnents.  Pour  les  faire  cesser,  une 
intervention  plus  ou  moins  solennelle  de  Tautorité  ecclésiastique  a  dû 
être  nécessaire  :  la  décision  du  concile  de  Léon  rapportée  par  Rodrigue 
n'a  donc  en  soi  rien  d'invraisemblable,  quoi  qu'on  ne  puisse  pas  affirmer 
avec  certitude  qu'elle  ait  été  prise. 

Ainsi  la  transformation  de  la  liturgie  a  amené  celle  de  l'écriture.  Gela 
est  vrai  pour  toutes  les  parties  de  l'Espagne  chrétienne  du  xi«  siècle, 
moins  la  Gatalogne.  Dans  le  nord  et  le  nord-ouest  l'adoption  du  nou- 
veau rite  eut  lieu  à  peu  près  en  même  temps,  de  1071  à  1085  environ. 
Dès  cette  époque  les  caractères  français  s'insinuent  partout,  dans  les 
livres  de  contenu  sacré  ou  profane,  dans  les  diplômes  des  rois,  dans  les 
chartes  privées.  Naturellement  une  révolution  d'une  nature  si  grave  n'a 
pas  pu  s'accomplir  en  un  jour.  Tel  centre  d'activité  littéraire,  tel  scripto- 
rium  de  moines  élevés  à  l'ancienne  mode,  telle  étude  de  notaire,  telle 
province  même  se  sont  montrés  plus  ou  moins  réfractai res  à  la  méthode 
étrangère.  M.  Munoz  remarque  que  même  dans  les  commencements  du 
xiii«  siècle  il  n'est  pas  rare  de  trouver  dans  les  chartes,  surtout  dans  les 
chartes  de  Galice,  des  vestiges  de  l'écriture  wisigothique.  —  Nous  avons 
mis  tout  à  l'heure  à  part  la  Gatalogne.  Ghacun  sait  en  effet  que  cette 
province,  dont  les  comtes  se  reconnurent  longtemps  feudataires  des 
rois  de  France  et  datèrent  leurs  chartes  d'après  les  années  de  règne  de 
ces  rois  jusqu'à  la  fin  du  xu'  siècle,  dont  les  évêchés  acceptèrent 
pendant  près  de  quatre  cents  ans  la  suprématie  métropolitaine  du 
siège  de  Narbonne,  chacun  sait  que  la  Gatalogne  renonça,  dès  le  milieu 
du  x«  siècle,  à  l'écriture  gothique  pour  prendre  celle  du  pays  auquel 
l'attachaient  tant  de  liens  politiques  et  religieux,  de  même  qu^elle 
donna  accès,  avant  la  Gastille,  l'Aragon  et  la  Navarre,  à  la  liturgie 
romaine,  dans  ces  missels  dits  mixtes,  dont  les  églises  de  Vich  et  d'Urgel 
ont  conservé  jusqu'à  nos  jours  quelques  exemplaires  ^  M.  Mufioz,  sans 

1.  Voir  sur  ce  sujet  les  intéressantes  recherches  de  Yillanaeva,  Viage  literario 
à  las  Iglesias  de  Espana,  t.  YI,  p.  36  et  suiv. 


74 

doate,  n'ignore  rien  de  tout  cela,  et,  son  Jivre  ayant  pour  point  de  départ 
le  XII*  siècle,  on  ne  saurait,  à  la  rigueur,  lui  reprocher  de  ne  pas  nous 
avoir  donné  ici  Tbistoire  de  cette  écriture  française  de  Catalogne  depuis 
ses  origines.  Toutefois,  comme  Tintention  de  Fauteur  paraît  être  d'épui- 
ser l'histoire  de  la  paléographie  espagnole  en  deux  volumes,  et  comme 
son  second  volume  doit  être  consacré  à  la  seule  paléographique  wisigo- 
thique,  on  se  demande  où  et  quand  M.  Mufioz  compte  traiter  de  récri- 
ture française  de  Catalogne.  Cette  province  est  pourtant  espagnole  au 
môme  titre  que  la  Castille  et  la  Navarre,  sans  compter  que  l'ancien  et 
long  usage  de  la  lettre  française  au  nord -est  de  la  péninsule  n'a  pas  pu 
être  sans  influence  sur  les  pays  limitrophes  et  a  sans  doute  préparé  le 
terrain  aux  novateurs  du  xi«  siècle. 

Le  chapitre  II  de  la  première  partie  traite  des  caractères  de  l'écriture 
française,  de  son  origine  et  de  son  introduction  en  Espagne.  M.  Mufioz 
décrit  exactement  la  forme  de  la  lettre  française  au  xi<>  et  au  xn«  siècle 
et  il  en  indique  bien  l'origine  ;  mais  il  n'aurait  pas  dû  écrire  (p.  33)  : 
«  cette  écriture  carlovingienne  est  celle  qui,  introduite  dans  notre 
péninsule*  à  la  un  du  xi*  siècle  et  généralisée  au  xii*,  a  reçu,  à  cause  de 
son  origine^  le  nom  de  française.  »  L'écriture  qui  apparaît  dans  les 
livres  et  les  chartes  espagnoles  de  la  fin  du  xi«  siècle  n'a  plus  du  tout 
les  caractères  de  l'écriture  carlovingienne,  c'est  une  minuscule  à  traits 
droits,  séparés  les  uns  des  autres,  l'opposé  précisément  des  traits  con- 
tournés et  enchevêtrés  de  l'époque  carlovingienne.  Le  seul  nom  qui  lui 
convienne  est  celui  de  minuscule  française.  Sur  l'introduction  de  cette 
minuscule  en  Espagne  M.  Munoz  cite  les  paroles  de  Rodrigue  de  Tolède 
que  nous  avons  rapportées  plus  haut,  puis  un  passage  de  VEstoria  de 
Espana  d'Alphonse  le  Savant,  et  en  troisième  lieu  un  chapitre  d'une 
traduction  en  langue  vulgaire  de  la  chronique  de  Rodrigue,  c  De  como 
perdieron  en  Espana  la  costumbre  gética.  »  De  ces  trois  textes  le  pre- 
mier seul  devait  être  cité.  Quant  à  Alphonse,  il  a  copié  Rodrigue  ici 
comme  ailleurs.  La  troisième  citation  avait  moins  encore  à  figurer  en 
ce  lieu,  le  chapitre  en  question  n'étant  qu'un  abrégé  mal  fait  de  plu- 
sieurs passages  du  De  rébus  Hispaniae^.  En  terminant  ce  chapitre 
M.  Munoz  déclare  exagérés  les  éloges  prodigués  par  plusieurs  de  ses 
compatriotes  à  l'écriture  wisigothique  et  déplacées  les  lamentations  qu'ils 
font  entendre  à  propos  de  son  abolition.  Nous  partageons  cette  manière 
de  voir.  11  est  certain  que  bien  des  manuscrits  du  x«  et  du  xi'  siècle 
présentent  de  fort  beaux  types  de  littera  gothica,  mais  ce  qui  nous  reste 


1.  C'est-à-dire  dans  le  nord  et  le  nord-ouest  de  la  péninsule.  M.  Munoz  oublie 
encore  la  Catalogne. 

2.  Quoi  qu'en  dise  Âraador  de  los  Rios  (Historia  critica  de  la  literatura  espa- 
nola,  t.  III,  p.  423  et  suiv.),  je  ne  crois  pas  que  Rodrigue  ait  lui-même  tradnit 
son  ouvrage  en  langue  vulgaire. 


75 

de  chartes  de  la  même  époque  fait  généralement  une  triste  impression. 
Or,  une  écriture  que  la  complication  de  ses  traits  rendait  impropre  aux 
transactions  sociales  ne  méritait  plus  de  vivre  ;  aussi  le  roi  Alphonse  et 
ses  conseillers,  en  prêtant  la  main  à  une  si  utile  réforme,  ont-ils  bien 
mérité  de  la  civilisation. 

Les  quatre  paragraphes  du  chapitre  ni  sont  consacrés  à  la  diffusion 
de  récriture  française,  à  son  histoire  au  xii«  et  au  xnp  siècle  et  aux 
caractères  distinctifs  de  cette  écriture  dans  les  deux  classes  principales 
de  chartes  royales,  les  privilégias  et  les  albalaes.  Le  premier  paragraphe, 
qui  tient  une  page  et  demie,  ne  donne  rien  de  ce  que  promet  son  titre. 
C'était  le  lieu  de  rechercher  dans  quel  genre  de  documents  et  dans 
quels  lieux  commence  à  se  montrer  le  nouveau  procédé.  La  réforme  n'a 
pu  avoir  lieu  partout  en  même  temps  :  il  y  a  eu  des  scribes  conserva- 
teurs et  des  scribes  progressistes,  des  monastères  et  des  Églises  plus 
attachés  que  d'autres  à  l'ancien  usage.  Il  est  à  supposer,  comme  l'in- 
dique d'ailleurs  M.  Munoz,  que  ce  sont  les  scribes  de  la  chancellerie 
royale  qui  ont  pris  la  direction  du  mouvement  ;  mais  tout  cela  deman- 
dait à  être  établi  par  de  nombreux  exemples.  Pour  dresser  le  plan  géo- 
graphique et  chronologique  de  la  réforme  et  nous  faire  assister  à  ce 
travail  lent  d'assimilation,  il  fallait  rechercher  dans  tous  les  fonds  d'ar- 
chives accessibles  des  types  de  lettre  française  de  la  fin  du  xi'  et  des 
premières  années  du  xii«  siècle.  Au  lieu  de  cela  M.  Muîioz  nous  trans- 
porte du  premier  coup  en  plein  xii®  siècle.  La  première  charte  de  sa 
collection,  datée  de  l'an  1134,  dénote  une  main  déjà  exercée  qui  n'hésite 
plus  entre  l'ancien  et  le  nouveau  système.  Combien  il  eût  été  intéres- 
sant de  suivre  pas  à  pas  les  progrès  de  la  manière  française  dans  ces 
chartes,  mixtes  comme  les  missels  catalans,  où  deux  procédés  se  rejoignent 
et  se  confondent,  où  le  vieil  usage  cède  sur  un  point,  tient  bon  sur  un 
autre,  jusqu'à  ce  qu'il  n'ait  plus  enfin  qu'à  succomber  devant  l'envahis- 
sement de  la  méthode  étrangère  I  Sans  même  sortir  de  V Archive  histô^ 
rico  nacional^  dépôt  qui  conserve  des  centaines  de  pièces  de  cette  époque 
de  transition  et  de  toutes  provenances,  M.  Munoz  aurait  facilement  pu 
illustrer  les  origines  de  la  seconde  époque  de  la  paléographie  espagnole. 
Est-ce  à  dire  qu'il  considère  ces  années  d'hésitation  comme  appartenant 
encore  à  l'histoire  de  l'écriture  wisigothique  ?  Mais,  à  quelque  point  de 
vue  qu'on  se  place,  une  ligne  de  démarcation  absolue  est  impossible  à 
tracer.  Tel  document  mixte,  où  prédominent  encore  les  éléments  wisi- 
gothiques,  n'en  appartient  pas  moins  décidément  à  la  seconde  époque, 
parce  qu'il  nous  offre  les  premiers  exemples  de  la  substitution  d'une 
lettre  de  l'ancien  alphabet  par  un  caractère  de  l'écriture  française  ou  de 
toute  autre  innovation  qui  marque  l'aurore  d'une  ère  nouvelle. 

L'histoire  de  la  paléographie  espagnole  aux  xiv«,  xv«  et  xvi'  siècles, 
qui  occupe  les  chapitres  IV  et  V,  est  un  résumé  sans  données  nouvelles 
et  sans  vues  originales  des  travaux  de  Burriel  et  Merino,  que  liront 


76 

avec  profit  les  personnes  qui  n'ont  pas  à  leur  disposition  la  PaUografia 
espanola  de  Terreros  et  VEscuela  paleographica  du  P.  Andres  Merino.  Le 
caractère  distinctif  de  l'écriture  espagnole  au  xrv«  siècle  est  Tarrondisse- 
ment  des  traits.  Gomme  au  xni*  siècle,  les  documents  diplomatiques 
peuvent  être  distribués  au  point  de  vue  paléographique  en  deux  classes. 
L'écriture  des  privilégias  perd  la  rectitude  et  Tangularité  qui  la  distin- 
guaient au  siècle  précédent  et  finit  par  aboutir  à  la  lettre  ronde  ou  de 
juros,  comme  on  la  désigne  dès  le  commencement  du  xv*  siècle.  Dans 
les  albalctes  récriture  s'arrondit  aussi,  s'étrécit,  les  liaisons  augmentent 
et  se  recourbent.  On  a  donné  le  nom  de  cortesana  à  cette  écriture  par- 
venue à  son  complet  développement.  Le  xv*  siècle,  à  côté  des  genres 
légués  par  l'époque  antérieure  et  qui  se  continuent  en  se  gâtant,  surtout 
l'écriture  cortesana,  d'où  est  sorti  cet  inextricable  gribouillage  des 
notaires  et  greffiers,  surnommé,  d'après  l'usage  qu'on  en  faisait,  escri- 
tura  procesal,  le  xv*  siècle  inaugura  encore  une  troisième  forme,  la 
bâtarde  ou  italique,  que  vulgarisèrent  en  Espagne  les  documents  diplo- 
matiques transmis  d'Italie  ;  en  particulier  les  brefs  pontificaux.  Quant 
à  la  gothique  allemande,  elle  ne  figure  que  pour  mémoire  dans  un  traité 
de  paléographie  diplomatique.  Peu  usitée  dans  les  inscriptions  lapidaires 
et  les  manuscrits,  c'est  à  peine  si  elle  apparaît  dans  les  chartes,  à  titre 
ornemental,  dans  le  Noverint  ou  autres  formules  initiales. 

La  grande  réforme  du  xvi«  siècle,  qui  ouvre  une  troisième  période  de 
la  paléographie  espagnole,  consiste  dans  l'adoption  définitive  de  la 
bâtarde  italienne  et  son  application  régulière  dans  certains  documents 
privés,  les  lettres  missives  surtout.  Les  scribes  de  la  chancellerie  royale 
continuent  à  user  de  la  letra  cortesana  et  les  notaires  de  la  letra  proce- 
sada.  Au  siècle  suivant  le  type  cortesano  disparaît  et  fait  place  à  la 
bâtarde  qui  prend  de  jour  en  jour  plus  d'extension.  La  letra  procesada 
résiste  encore,  malgré  les  malédictions  dont  l'accablent  ses  malheureuses 
victimes  —  c  cette  letra  procesada  que  le  diable  ne  lirait  pas  »,  dit 
quelque  part  Saucho  à  don  Quichote  —  et  atteint  la  dernière  limite  de 
déformation  à  laquelle  notre  écriture  romaine  ait  jamais,  en  aucun  pays, 
pu  aboutir.  Ces  suites  interminables  de  festons  uniformes,  qu'on  arrive 
plutôt  à  deviner  qu'à  lire,  sont  bien  nommées  letra  encadenada  (écriture 
enchaînée).  Enfin  il  faut  noter  encore  que  l'écriture  ronde  dérivée  du 
type  des  privilèges  n'a  pas  disparu,  comme  semble  le  croire  notre 
auteur,  avec  le  xv«  siècle  :  certains  documents  des  xvi*  et  xvn*  siècles, 
notamment  les  cartas  de  hidalguia,  en  fournissent  encore  d'assez  beaux 
exemples. 

M.  Munoz  parle  ensuite  des  calligraphes  des  trois  derniers  siècles  et 
cite  les  titres  de  leurs  traités.  C'était  justice,  car  ces  artistes  ont  eu,  dès 
le  milieu  du  xvi«  siècle,  une  grande  et  salutaire  influence  sur  le  déve- 
loppement de  l'écriture  espagnole  *. 

1.  Parmi  les  traités  d'écriture  dn  xviii'  siècle,  M.  Mnnoz  a  omis  de  citer  les 


77 

La  seconde  paftie  de  rintroduction  théorique  du  Manual  a  pour  objet 
l'analyse  détaillée  des  alphabets,  Tétude  des  abréviations,  des  remarques 
sur  l'orthographe  et  la  ponctuation.  Les  faits  énoncés  dans  ces  pages, 
fruits  d'une  pratique  journalière  et  d'une  étude  consciencieuse  des  docu- 
ments diplomatiques  espagnols,  nous  ont  paru  généralement  exacts  ; 
mais  on  conçoit  facilement  qu'il  ne  nous  a  pas  été  possible  de  les  véri- 
fier un  par  un.  Nous  nous  en  tiendrons  donc  ici  à  quelques  observations 
détachées. 

A  la  page  115,  M.  Munoz  a  l'air  de  dire  qu'il  a  été  le  premier  à  traduire 
la  formule  abrégée  reg.  exp.  par  rege  exprimente,  et  semble  en  restreindre 
l'emploi  aux  diplômes  de  Ferdinand  III*.  Pourtant  un  de  ses  collègues 
de  l'École  de  diplomatique,  don  Vicente  Vignau,  a  établi  il  y  a  plusieurs 
années  l'exactitude  de  cette  interprétation  en  citant  tout  simplement  un 
privilège  d'Alphonse  VIII,  de  Tan  1203,  oiîi  la  formule  est  exprimée  en 
toutes  lettres  2. 

Dans  le  chapitre  des  abréviations  par  syncope,  à  quoi  servent  donc 
les  tableaux  de  déclinaison  btus,  bta,  btum,  et  de  conjugaison  noio, 
notas,  notai  ?  Il  n'y  a  là  qu'un  fait  :  la  suppression  d'une  seule  lettre 
ou  d'un  groupe  de  lettres,  et  on  ne  voit  pas  que  le  procédé  soit  rendu 
plus  clair  par  un  tel  entassement  d'exemples.  On  eût  ici  attendu  de 
l'auteur  un  exposé  des  règles  de  l'abréviation  par  syncope.  En  exami- 
nant à  cet  égard  un  grand  nombre  de  mots,  M.  Munoz  serait  facilement 
arrivé  à  faire  voir  que,  dans  un  vocable  composé  de  telles  lettres,  c'est 
telle  lettre  ou  telle  syllabe  qui  seule  peut  être  syncopée. 

P.  151.  Parmi  les  chiffres  romains  de  l'écriture  espagnole,  il  est  une 
forme  assez  singulière  et  qui,  croyons-nous^  ne  se  trouve  que  là,  c'est 
rX  avec  un  petit  crochet  au  haut  du  bras  droit  qui  équivaut  à  XL. 

Cette  abréviation  ne  se  présente  guère  que  dans  les  documents  en  latin 3. 

• 

Avisos  al  maestro  de  escribir  sobre  el  corte  y  formacion  de  las  letras,  que 
serân  compréhensibles  à  los  nihos.  Madrid,  Sancha,  1778,  in-S**.  Un  exemplaire 
de  ce  traité  que  nous  avons  acquis  à  une  vente  Morante  porte  au  verso  du  titre 
cette  indication  de  la  main  du  fameux  Palomares  :  c  El  autor  de  estos  Avisos  es 
el  111"*'  Senor  Don  Pedro  Rodriguez  Campomanes,  del  Consejo  y  Gamara,  etc.  » 
Plus  loin,  à  la  p.  5  et  en  marge  d'un  passage  où  il  est  dit  que  la  formation  des 
lettres  n'est  pas  une  affaire  de  pure  imitation,  mais  se  fonde  sur  l'analyse  des  élé- 
ments constitutifs  de  chaque  caractère,  le  même  Palomares  a  protesté  comme 
suit  de  sa  plus  belle  écriture  :  c  El  que  piensa  que  el  arte  de  escribir  es  arte  de 
pura  imitacion  piensa  con  juicio  y  roadurez.  La  analysis  es  futll,  ridicula  y  men- 
tirosa.  No  son  adraisibles  entre  sabios  calographos  los  falsos  elementos  que  repro- 
duce  el  autor.  t 

1.  «  La  interpretacion  que  nosotros  damos  à  la  abrevialura  reg.  exp.  »,  etc. 

2.  Indice  de  los  documentos  del  monasterio  de  Sahagun,  de  la  ôrden  de  San 
Benito,  y  glosario  y  diccUmario  geogrâfico  de  voces  sacadas  de  los  mismos, 
publicados  por  el  Archiva  histôrico  nacional.  Madrid,  1874,  gr.  in-8*,  p.  605. 

3.  Dans  la  Revista  de  archivoSj  biblioiecas  y  museos  (t.  II,  p.  231),  M.  Munoz 


78 

Une  autre  particularité  des  chiffres  romains  espagnols  est  le  signe 
employé  pour  M  dès  le  commencement  au  moins  du  zvi*  siècle  et 
nommé,  à  cause  de  sa  forme,  calderon  (chaudron)  dans  la  langue  des 
comptables.  La  figure  qu'en  donne  M.  M.  nous  semble  peu  exacte.  Il  y 
a  deux  sortes  de  calderones  :  les  uns,  qui  répondent  bien  au  nom,  sont 
très  évasés  et  souvent  surmontés  d'un  point  ;  les  autres  sont  étroits  et 
longs  avec  une  petite  barre  transversale  qui  réunit  par  le  bas  les  deux 
branches  ^ 

Les  observations  philologiques  que  comporte  un  traité  de  paléogra- 
phie sont  de  nature  purement  empirique  ;  il  n'y  avait  donc  pas  à  exiger 
de  M.  MuSoz  qu'il  expliquât  les  formes  soi-disant  irrégulières  relevées 
par  lui  dans  les  documents  du  xn«  au  xvii«  siècle,  il  s'agissait  pour  lui 
seulement  de  constater  les  différences  entre  ces  formes  et  le  point  de 
comparaison  qu'il  a  choisi  et  qui  est  la  langue  castillane  moderne  telle 
qu'elle  a  été  codifiée  par  l'Académie  au  siècle  dernier.  Ces  observations, 
sans  utilité  pour  ceux  qui  ont  quelque  pratique  des  dialectes  espagnols 
au  moyen  âge,  peuvent  rendre  des  services  aux  commençants,  aussi  ne 
blâmons-nous  pas  M.  Munoz  de  les  avoir  présentées  ;  seulement  il  n'aurait 
pas  dû  qualifier  ces  formes  divergentes  d'  a  incorrections  t.  Une  notion 
aussi  fausse  est  bien  mal  venue  dans  un  livre  destiné  à  l'enseignement. 
Dans  le  détail,  M.  Munoz  commet  de  graves  inexactitudes.  Dire,  par 
exemple,  que  Ve  est  redoublé  dans  le  mot  seello  est  une  hérésie  linguis- 
tique. Les  deux  e,  loin  de  constituer  un  redoublement,  représentent  les 
deux  i  de  sigillum,  et  le  moderne  sello  est  le  résultat  d'une  contraction 
de  la  forme  ancienne.  Il  n'y  a  pas  plus  c  incorrection  »  dans  une  forme 
que  dans  l'autre  :  ce  sont  deux  étapes  d'un  développement  continu  qui 
ne  s'arrête  jamais  ;  déjà  bien  des  provinces  d'Espagne  et  d'Amérique 
n'en  sont  plus  à  la  forme  enregistrée  par  les  dictionnaires,  ainsi  l'Anda- 
lou  depuis  longtemps  prononce  seyo. 

Dans  la  partie  pratique,  M.  Munoz  donne,  comme  nous  l'avons  dit, 
des  fac-similés  calcographiques  et  la  transcription  de  cent  soixante-seize 
documents,  tirés  pour  la  plupart  de  VArchivo  histôrico  nacional  :  le  pre- 
mier est  daté  de  l'an  1134,  le  dernier  de  l'an  1654.  La  part  de  l'auteur 
est  ici  restreinte  au  strict  nécessaire.  Point  d'analyses  sommaires,  point 
d'indications  de  provenance.  Il  a  transcrit  ces  pièces  sans  y  rien  changer, 
mettant  seulement  des  majuscules  aux  noms  propres  de  personnes  et  de 
lieux.  C'est  du  moins  ce  qu'il  a  voulu  faire.  Réduit  au  seul  déchiffre- 
ment, ce  travail  de  transcription  devrait  se  recommander  par  une  exac- 

a  justement  relevé  une  grave  erreur  commise  par  M.  Hubner  dans  ses  Inscrip- 
tiones  Hispamae  christianae  pour  s'ôtre  obstiné  à  ne  pas  admettre  la  valeac  de 
cet  X,  que  les  anciens  diplomatistes  et  épigraphistes  espagnols  avaient  bien 
reconnu. 
1.  Cette  seconde  forme  est  celle  de  la  typographie. 


79 

titude  minutieuse  ;  malheureusement  il  n'en  est  pas  tout  à  fait  ainsi. 
M.  Mufioz  a  trop  souvent  mal  lu,  il  a  omis  des  mots  ou  des  membres  de 
phrase,  il  a  parfois  introduit  dans  ses  textes  une  ponctuation  que  les 
originaux  n'ont  pas,  etc.  Nous  ne  nions  pas  qu'il  ne  soit  facile  de  com- 
mettre des  fautes  dans  un  travail  de  cette  nature,  mais  une  attention 
très  soutenue  et,  après  l'impression,  une  révision  sévère  étaient  com- 
mandées *,  car  il  ne  faut  pas  que  l'élève  puisse  prendre  son  professeur 
en  flagrant  délit  de  mauvaise  lecture  ou  de  contravention  aux  règles 
posées  dans  la  partie  théorique.  Voici  une  petite  liste  .des  fautes  que 
nous  avons  trouvées  en  comparant  un  certain  nombre  de  transcriptions 
avec  les  fac-similés  : 

N*  I,  p.  176,  1.  14  :  cunctis,  lire  ceteris  ;  —  1. 17  :  pourquoi  centessima, 
septuagessima  ?  En  vertu  de  quelle  règle  M.  M.  redouble-t-il  ainsi  Vs  ? 
Cette  faute  est  constante  dans  presque  tous  les  documents  latins.  — 
L.  25  :  inprimus.  Plus  haut,  à  la  ligne  8,  M.  M.  lit  imprimis,  et  pour- 
tant dans  les  deux  cas  les  deux  mots  sont  exactement  écrits  de  même 
(sauf  la  terminaison),  Vi  surmonté  d'un  trait  est  un  peu  séparé  du  jp.  Il 
faut  se  décider  entre  in  et  im.  Si  Vi  barré  devant  un  p  est  plus  souvent 
résolu  dans  les  originaux  pai'  im  que  par  in,  on  doit  s'en  tenir  à  la  pre- 
mière forme  et  Tadopter  dans  tous  les  cas  semblables,  sinon,  prendre 
l'autre  et  s'y  tenir  2. 

N*  in,  p.  177,  1.  7  :  œmplacuit,  lire  conplacuit,  —  L.  8  :  directis,  lire 
derectis. 

N*  rV,  p.  178,  1.  22  :  qus,  M.  M.  rend  ainsi  le  que  dont  Ve  est  cédille, 
et  pourtant  le  même  e  cédille  est  rendu  par  e  simple  dans  hec  (1.  1)  et 
que  (1.  9). 

N  VI,  p.  180,  1.  2  :  quum,  lire  quoniam.  Ceci  est  une  faute  d'autant 
plus  lourde  qu'elle  a  été  souvent  corrigée  et  que  M.  Wattenbach  lui  a 
consacré  un  passage  de  son  Anleitung  zur  lateinischen  Paléographie 
(éd.  de  1869,  p.  27)  3.  —  L.  7  :  ubicumque,  lire  ubicuque.  —  L.  9  : 
bauilia,  lire  baiulia.  —  L.  10  :  ac  défendant  cum  uniuersorum  hominum, 
lire  ac  defendam  eum  u,  h.  Le  sens  l'exige  et  le  génitif  univers,  homi- 
num est  une  traduction  littérale  de  la  tournure  catalane  (la  charte  est  de 
Poblet  ou  des  environs)  :  e  défendre  lo  de  lots  homens.  —  L.  15  :  octavo 
halendarum  septembrium,  lire  octavo  kalendas  septembris. 

1.  L'erratum  de  Tautenr  tient  déjà  deux  pages  et  pourrait  être  au  moins  quin- 
tuplé comme  on  va  le  voir. 

2.  Dans  le  n*"  II,  1.  12  dn  fac-similé,  il  y  a  en  tontes  lettres  inprimis  et  M.  M. 
lit  imprimis.  On  n'est  pas  plus  inconséquent. 

3.  €  Qm,  ç^niam  est  souvent  lu  quum  par  les  éditeurs  modernes,  et  pour- 
tant celte  forme  n'a  jamais  existé  au  moyen  âge  ;  il  faut  donc  partout  la  corriger 
en  quoniam,  par  ex.  dans  Hoffmann  von  Fallersleben,  Altdeutsche  Handschrif- 
ien  der  Wiener  Hofbibl,^  p.  121  :  0  scripior  cessa  quum  manits  est  tibi  fessa, 
où  la  mesure  indique  déjà  la  vraie  lecture,  t 


80 

N^  XI,  p.  183,  1.  6  :  in  perpetuum,  lire  imperpetuum.  —  L.  7  :  Gui" 
lelmi,  lire  Guillelmi.  —  P.  184,  1.  6  :  in  perpetuum,  lire  imperpetuum. 

—  L.  9  :  intratibus,  lire  introitibus,  —  L.  13  :  quadraginta  solidos  dena^ 
rios  jaquenses,  lire  q.  s.  denariorum  jaquensium,  —  L.  19  :  et  omnibus 
et  aliis,  lire  et  omnibus  aliis. 

N»  XVn,  p.  187,  1.  17  ;  fier,  lire  fer.  M.  M.  a  pris  la  barre  de  l'/* pour 
un  t.  La  forme  fier  est  d'ailleurs  grammaticalement  impossible.  Pour- 
quoi des  accents  sur  a  (l.  4)  et  mande  (1.  17)  ?  Ces  additions  d'accents 
sont  constantes  dans  les  documents  en  langue  vulgaire. 

N^  XIX,  p.  188,  1.  2  :  filii,  lire  filu.  Cette  charte  est  galicienne,  en 
outre  les  n  sont  ponctués.  —  L.  8  :  avia,  lire  auia,  —  L.  10  :  doscient€is, 
lire  doscentos.  Il  faut  ici  sous- entendre  annos.  —  L.  11  :  nouenta,  lire 
sesenta^  —  decimo  quinto,  lire  quinto  decimo,  —  L.  12  :  Qui,  lire  Que, 
Môme  faute  à  la  ligne  17.  —  L.  17  :  omis  Diaz, 

No  XX,  p.  189,  \,  b  :  et  omnibus,  lire  in  omnibus.  —  L,  6  :  potueris, 
lire  pôtueritis.  —  L.  8  :  solidos  Legionis,  lire  solidos  legionenses.  —  L.  10  : 
nonagessima,  lire  sexagesima. 

N*»  XXIII,  p.  190,  1.  6  :  iglesa,  lire  yglesa,  —  L.  8  :  ochante,  lire  o 
chante  (en  castillan  lo  plante).  —  P.  191,  l.  1  :  d  meetade.  Dans  aucun 
cas  il  ne  fallait  accentuer  a,  mais  ici  moins  encore  qu'ailleurs,  puisque  a 
est  Tarticle  féminin.  Même  faute  à  la  ligne  2.  —  L.  3  :  iglesa,  lire  yglesa. 

—  L.  4  :  a  aconprir,  lire  a  conprir.  —  L.  6  :  furont  e  testemonias,  lire 
fur  on  et  testes. 

N*»  XXXV,  p.  200,  l.  2  :  Calabeçanos,  lire  Calabaçanos.  —  L.  3  : 
conosco,  lire  connosco,  —  L.  10  :  desian,  lire  dezian.  Cette  faute,  que 
M.  M.  a  comrAise  dans  un  grand  nombre  de  pièces,  étonne  de  la  .part 
d'un  connaisseur  de  la  paléographie  espagnole.  Il  est  certain  qu'à  la  fin 
des  mots  le  z  se  confond  facilement  avec  Vs,  certains  scribes  môme  ont 
pu  prendre  l'habitude  d'écrire  s  pour  z  dans  les  terminaisons  qui,  selon 
les  lois  de  la  phonétique,  exigent  z  ;  mais,  dans  Tintérieur  du  mot, 
la  confusion  est  impossible  puisque  Vs  y  est  toujours  longue,  au  moins 
au  xir  et  au  xiii»  siècle.  Dans  la  charte  qui  nous  occupe^  nous  écririons 
môme  sans  hésiter  Royz  et  non  Rois  comme  M.  M.  —  L.  24  :  Juan,  lire 
Joan,  Môme  faute  1.  29,  tandis  qu'aux  l.  30  et  31  il  écrit  Johan.  Pour- 
quoi? 

N»  XXXVn,  p.  201,  1.  1  :  tresentos,  lire  trezentos.  —  L.  3  :  Martino, 
lire  Martinno.  —  P.  202,  1.  1  :  moesteiro,  lire  m^steiro.  —  L.  11  :  derei- 
turas,  lire  :  dreituras.  —  L.  H  :  sueldos,  lire  soldas.  Le  galicien  ne 
connaît  pas  la  diphtongue  ue  ;  —  pequenos,  lire  pequennos.  M.  M.  a  très 
fréquemment  employé  n  pour  nn.  —  L.  15  :  a  refazer,  lire  arrefazer. 
Môme  faute  à  la  l.  19.  —  L.  20  :  minha,  lire  minna.  La  notation  nh 
pour  n  mouillée  n'apparaît  nulle  part  dans  la  charte. 

Nous  pourrions  continuer  ainsi  longtemps,  mais  ce  qui  vient  d'ôtre 
rapporté  suffît  à  montrer  que  M.  Munoz  n'a  pas  pris  ce  travail  de  trans- 


cription  assez  au  sérieux.  Nous  n'ajouterons  qu'une  observation  sur  la 
ponctuation  que  l'éditeur  a  appliquée  à  ces  textes.  Ce  n'est  pas  la  ponc- 
tuation des  originaux  et  ce  n'est  pas  non  plus  une  ponctuation  réguliè- 
rement fondée  sur  le  sens.  Là  encore  M.  Munoz  n'a  pas  su  se  décider. 

Pour  finir,  le  manuel  de  M.  Munoz  est  un  livre  assurément  utile  et 
qui  a  coûté  du  temps  et  de  la  peine,  mais  c'est  aussi  un  livre,  comme 
on  dit,  bâclé.  Espérons  que  dans  une  nouvelle  édition  l'auteur  saura 
porter  remède  aux  parties  défectueuses  de  son  premier  travail. 

Alfred  Morel-Fatio. 


LIVRES   NOUVEAUX. 

SOMMAIRE  DES  MATIÈRES. 

Sociétés  savantes,  établissements  littéraires,  etc.  —  Académie  des 
inscriptions  et  belles-lettres,  182.  —  Société  des  études  historiques,  69. 
—  Bibliothèques,  9,  39,  iOO.  —  Musées,  10,  75. 

Sciences  auxiliaires.  —  Èpigraphie,  198.  —  Paléographie,  106,  127, 
164.  —  Diplomatique,  127.  —  Chronologie,  67.  —  Bibliographie,  38, 
39,  67,  152,  175,  206,  222. 

Sources,  87,  117.  —  Historiens,  chroniqueurs,  26,  96,  112,  118,  122, 
156, 218, 225,  242.  —  Mémoires,  18.  —  Lettres,  1 , 2,  40, 240.  —  Archives, 
76,  78,  119,  120,  125,  146,  196;  documents,  3,  41,  72,  102,  255; 
registres,  77,  151,  176. 

Biographie,  généalogie,  137,  146,  158,  234.  —  Abélard,  71  ;  Agricola, 
128;  Aldobrandini,  41  ;  saint  Anselme,  192;  Arnaud,  129  ;  Baduel,  93  ; 
il  Bassano,  27  ;  saint  Bernardin  de  Sienne,  15  ;  Besnard,  18;  Bourbon, 
142  ;  Brachet,  22  ;  Bruno,  230  ;  Calvin,  188  ;  Carpas,  155;  sainte  Cathe- 
rine, 162  ;  Catherine  de  Médicis,  40  ;  Chantelou,  151  ;  Charlemagne, 
244  ;  Chorier,  48  ;  Christophe  Colomb,  217  ;  Clément  V,  37  ;  Conan 
Mériadec,  211  ;  Cessa,  99  ;  Dante,  220  ;  Duns  Scot,  254  ;  Elzevir,  39  ; 
Épernon,  166  ;  Ferrari,  134  ;  V.  de  Gama,  250  ;  Gozzadini,  99  ;  Gui- 
chardin,  96  ;  Henri  d'Andeli,  111  ;  Hostaden,  35  ;  Jacqueline  de  Bavière, 
72  ;  Jean  XXTIT,  99  ;  saint  Julien  de  Brioude,  28  ;  a  Kempis,  233  ;  La 
Rouvraye,  124  ;  Louis  XIV,  44  ;  Lusignan,  113  ;  Machiavel,  134  ;  Mac- 
Pherson,  5  ;  Mancini,  44  ;  Marie  Stuart,  140  ;  saint  Martin,  141  ;  Massé, 
33  ;  saint  Maurice,  190  ;  Montesquieu,  134  ;  Palsgrave,  147  ;  Pierre  II, 
comte  de  Savoie,  172  ;  Pierre  Lombard,  194  ;  Plater,  31  ;  Raphaël,  170, 
171  ;  sainte  Reine,  143  ;  Reinmar,  30  ;  Robert  de  Durazzo,  49  ;  rois 

6 


82 

mages,  109  ;  SainUSimon,  213  ;  Sanuto,  218;  Savoie,  49  ;  Sevogel,  249  ; 
le  Tasse,  2  ;  Thurel,  62  ;  L.  de  Vinci,  248  ;  Walther  v.  d.  Vogelweide, 
30  ;  Wettstein,  31  ;  Witteisbach,  131,  202,  257  ;  Woldemar,  197. 

Droit,  77, 172,  173,  187,  200,  227,  232,  238,  247. 

Géographie  et  topoqraphie,  8,  57,  90, 116, 138, 186.  —  Ethnographie, 
256. 

Institutions,  32,  200.  —  Cours,  25,  146.  —  Seigneuries,  25, 136, 153, 
155,  169,  207,  216.  —  Villes,  14,  16,  19,  59,  68,  86,  110,  184,  195,  224, 
258.  —  Assemblées  d*états,  123.  —  Magistratures,  240.  —  Ordres,  25, 
209.  —  Corporations,  173,  219.  —  Tribunaux,  227.  —  Enseignement, 
14,  32,  53,  58,  83,  93,  226.  —  Hôpitaux,  76.  —  Armées,  107. 

Économie,  mœurs,  etc.  —  Faune,  108.  —  Mœurs,  50,  71.  —Supersti- 
tions, 203.  —  Philosophie,  254.  —  Médecine,  199.  —  Agriculture,  193. 

—  Chasse,  150.  —  Commerce,  3,  193.  — Industrie,  191, 206  (cf.,  à  Fali- 
néa  précédent.  Corporations).  —  Cérémonial,  25,  146,  177. 

Religions.  —  Église  catholique,  17  ;  littérature  théologique,  233  ; 
conciles,  71,  236  ;  liturgie,  36,  231  ;  papauté,  37,  101  ;  diocèses,  35,  60, 
167,  194,  243  ;  paroisses,  178  ;  ordres,  92, 138, 209  ;  monastères,  46, 119, 
151,  192;  inquisition,  165;  pèlerinages,  81,  161;  croisades,  198.  — 
Catharisme,  165.  —  Vaudoisie,  129.  —  Protestantisme,  92,  124,  158, 
188,  205. 

Archéologie,  10,  20,  45,  46,  63,  74,  98,  115,  133.  —  Architecture  : 
135,  179  ;  édifices  civils,  47,  56,  88,  94,  136,  235  ;  édifices  militaires, 
105;  édifices  religieux,  55,  61,  64,  80,  85,  91,  174,  178,  189,  246.  — 
Peinture,  dessin,  etc.,  27,  33,  170,  171,  248  ;  vitraux,  91,  137.  —Mobi- 
lier ecclésiastique,  13,  55,  245.  —  Blason,  149,  160,  234.  —  Sphragis- 
tique,  21,  151,  152,  223.  —  Numismatique,  157,  223,  229.  —Jeux,  144, 
145.  —  Musique,  231,  252.  —  Théâtre,  79,  109,  125,  251. 

Langues  et  littératures,  185.  —  Légendes,  154, 183,  244.  —  Grec,  100. 

—  Latin,  29,  109,  178,  233,  244.  —  Langues  romanes  :  204  ;  espagnol, 
109,  150;  français,  24,  42,  54,  70,  73,  84,  111,  118,  147,  162,  183,  210, 
255  ;  italien,  15,  96,  97,  220  ;  provençal,  34,  82,  164,  214  ;  roumanche 
et  ladin,  4.  —  Langues  germaniques  :  12,  201  ;  allemand,  30,  103,  126, 
253  ;  anglais,  5,  148,  215  ;  frison,  104  ;  néerlandais,  180,  250,  251  ; 
langues  Scandinaves,  130,  132.  —  Irlandais,  5,  121. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  7,  H,  127, 179,  219, 225, 241.  — ■  Alsace-Lorraine  :  Alsace, 
228  ;  Lorraine,  43,  181,  255.  —  Bavière,  77,  131,  202,  205,  219,  221.  — 
Hambourg,  90.  —  Hesse,  14.  —  Prusse  :  prov.  de  Hanovre,  110,  200; 
de  Hesse-Nassau,  39,  87  ;  rhénane,  35  ;  de  Saxe,  128.  —  Saxe,  208.  — 
Wurtemberg,  206. 

Autriche-Hongrie.  —  Autriche  :  Tyrol,  123,  236,  242.  -  Hongrie  : 
Transylvanie,  196. 


83 

&LaiQUE,  57,  61,  63,  229.  —  Flandres,  26,  122,  246  ;  Hainaut,  46, 72, 
245;Liège,  57,  119,  178. 

Danemark,  197. 

Espagne,  63,  100,  142,  187,  195. 

Frange,  25,  32,  40,  44,  66, 107,  142,  182,  213,  237,  239.  —Auvergne, 
167  ;  Berry,  175  ;  Bretagne,  211  ;  Champagne  et  Brie,  67  ;  Dauphiné, 
48  ;  Limousin,  13  ;  Lorraine,  43  ;  Normandie,  38,  70,  136  ;  Picardie, 
152  ;  Poitou,  6,  84  ;  Provence,  48  ;  Sud-Ouest,  59.  —  Alpes-Maritimes, 
82  ;  Bouches-du-Rhône,  161  ;  Calvados,  159  ;  Corse,  226  ;  Gôte-d'Or,  9, 
10, 23, 120, 143  ;  Côtes-du-Nord,  190  ;  Dordogne,  21  ;  Eure,  20, 111  ;  Gard, 
28,  46,  81  ;  Garonne  (Haute-),  36,  195  ;  Gironde,  238  ;  Ille-et- Vilaine, 
62,  184,  189  ;  Indre-et-Loire,  151  ;  Isère,  224;  Loir-et-Cher,  235;  Loire 
(Haute-),  28;  Loiret,  22;  Lot-et-Garonne,  8;  Maine-et-Loire,  18,  98, 
124  ;  Manche,  85,  243  ;  Marne,  102  ;  Meurthe-et-Moselle,  83  ;  Meuse, 
54  ;  Morbihan,  190  ;  Nord,  78,  186  (cf.  Belgique)  ;  Oise,  47,  86,  212  ; 
Orne,  136  ;  Pas-de-Calais,  26,  68,  74,  138  ;  Pyrénées  (Basses-),  135  ; 
Rhône,  58,  176  ;  Sarthe,  45,  124,  168  ;  Savoie,  172  ;  Savoie  (Haute-), 
158  ;  Seine,  55,  56,  70,  79,  116, 125,^139, 193, 194, 227  ;  Seine-et-Marne, 
64  ;  Seine-et-Oise,  55,  146  ;  Seine-Inférieure,  38,  192, 216;  Somme,  52; 
Tam-et-Garonne,  60,  88,  91,  169;  Var,  95  ;  Yonne,  71,  114. 

Grande-Bretagne  et  Irlande.  —  Grande-Bretagne,  108.  —  Angle- 
terre :  89,  112,  136,  156  ;  Cambridge,  51.  -  Ecosse,  117,  140,  234.  — 
Irlande,  5,  121.  —  Malte,  209. 

Grège,  49,  240. 

Italie,  49,  53,  65,  75,  99,  172,  174.  —  Provinces  :  Alexandrie,  163  ; 
Florence,  1,  96;  Mantoue,  2;  Milan,  258;  Naples,  142;  Parme,  142; 
Pavie,  22,  217;  Pise,  1  ;  Rome,  105  ;  Sienne,  15  ;  Trapani,  19  ;  Turin, 
50,  129  ;  Venise,  3,  41,  177,  218,  240  ;  Vicence,  27. 

Pays-Bas,  63,  24'7.  —  Frise,  200  ;  Overijssel,  76. 

Suisse.  —  Bàle,  31,  115,  160,  249  ;  Berne,  106  ;  Grisons,  4  ;  Saint- 
Gall,  222  ;  Vaud,  149. 

Turquie,  49,  198,  223. 

Asie  :  Chypre,  113,  155.  —  Afrique,  250.  —  Amérique,  237. 


(Les  volumes  dont  le  format  n'est  pas  indiqué  sont  in-octavo.) 

1.  Adriani  (Marcello),  cancelliere  délia  repubblica  fiorentina  e  dei  dieci 
di  balia.  Lettere  inédite,  intorno  air  assedio  di  Pisa,  a  Nicolô  Valori, 
commissario  al  re  di  Francia  per  la  stessa  repubblica,  pubblicate  per 
cura  di  D.  Domenico  Barbaran.  Padova,  tip.  del  Seminario,  1880.  18  p. 
(Per  nozze  Sommariva-Ferro.) 

2.  Alcune  Lettere  inédite  del  secolo  xvi  relative  a  Torquato  Tasso  e 
spigolate  neir  archivio  storico  Gonzaga  di  Mantova.  Bassano,  tip. 
Pozzata,  1880.  15  p.  (Per  nozze  Compostella-Dolfin.) 


84 

3.  Alcuni  Documenti  de'  magistrati  délia  repubblica  veneta  in  mate- 
ria  di  seta,  carta  e  vini,  ora  per  la  prima  volta  pubblicati  da  Bemardo 
ed  Antonio  Nodari.  Venezia,  tip.  Gecchini,  1880.  In4, 146  p.  (Per  nozze 
Papadopoli-Hellenbach .  ) 

4.  Anoeer  (Peter  Justus).  Rhsetoromaniscbe  Eiementargrammatik 
mit  besonderer  Berûcksichtigung  des  ladinischen  Dialects  in  Unterèn- 
gadin.  Mit  einem  empfehienden  Worte  von  Prof.  Dr.  E.  Boehmer. 
Zurich,  OreU  FûssU  u.  Go.,  1880.  112  p. 

5.  Arbois  de  Jubainville  (H.  d').  La  Littérature  ancienne  de  l'Irlande 
et  rOssian  de  Mac-Pherson.  Paris.  15  p.  (Extrait  de  la  Bibliothèque  de 
l'École  des  chartes,  t.  XXI.) 

6.  Archives  historiques  du  Poitou.  T.  IX.  Poitiers,  impr.  Oudin, 
1880.  Lxxix-408  p. 

7.  Arnold  (Wilhelm).  Deutsche  Urzeit.  Dritte  Auflage.  Gotha,  Fried- 
rich Andréas  Perthes,  1881.  462  p.  8  m.  40  pf. 

8.  Atlas  cantonal  de  Lot-et-Garonne  :  carte  du  canton  de  Tonneins, 
arrondissement  de  Marmande,  dressée  sur  les  plans  d'assemblage  du 
cadastre  pour  le  service  des  chemine  vicinaux,  par  L.  de  Sevin  Talive, 
agent-voyer  en  chef.  2«  édition,  corrigée  et  mise  à  jour  par  M.  Later- 
rade,  ingénieur-voyer  en  chef.  Paris,  impr.  Lemercier,  1880. 

9.  AuBERTiN  (Gharles).  Quelques  Renseignements  sur  la  bibliothèque 
publique  de  Beaune.  Beaune,  1879.  In-12,  44  p. 

10.  AuBERTiN  (Gharles).  Quelques  Renseignements  sur  le  musée 
archéologique  de  Beaune.  Beaune,  impr.  Batault-Morot.  In-12,  130  p. 

11.  Babsch  (Franz).  Die  alten  Germanen  in  der  Universalgeschichte 
und  ihre  Eigenart.  Wien,  Hoelder,  1880.  vi-91  p.  1  fl,  20  kr. 

12.  BAm)ER  (Karl  von).  Die  verbal-abstracta  in  den  germanischen 
sprachen  ihrer  bildung  nach  dargestellt.  Eine  von  der  philosophischen 
facultaet  der  universitaet  Heidelberg  gekroente  preisschrift.  Halle,  Max 
Niemeyer,  1880.  212  p.  5  m. 

13.  Barbier  de  Montault  (Mgr  X.).  Les  Ostensoirs  du  xiv*  siècle  en 
Limousin.  Tours,  impr.  Bouserez,  1880.  40  p.  (Extr.  du  Congrès  archéo- 
logique de  France,  séances  de  Vienne,  septembre  1879.) 

14.  Becker  (Adalbert).  Beitraege  zur  Geschichte  der  Frei-  und 
Reichsstadt  Worms  und  der  daselbst  seit  1527  errichteten  hoeheren 
Schulen.  Worms,  Stem,  1880.  In-4,  288  p.  4  m. 

15.  Bernardino  (san)  da  Siena.  Le  Prediche  volgari  dette  nella  piazza 
del  Gampo  l'anno  1427,  ora  primamente  édite  da  Luciano  Banchi.  Vol.  I. 
Siena,  tip.  San-Bernardino,  1880.  xxvra-388  p.  3  1. 

16.  Bernier  (Théodore).  Histoire  de  la  ville  de  Beaumont.  Angre, 
l'auteur,  1880.  255  p.,  3  planches.  3  fr. 


85 

17.  BfiRTi  (J.  L.).  Ecclesiasticœ  historiae  Breviarium;  auctore  Joanne 
Laurentio  Berti,  Florentino,  fratre  eremita  augustiniano.  Gontinuatum 
usque  ad  ânnum  1879  a  P.  Lect.  Fr.  Thirso  Lape25.  Editio  novissima, 
recognita,  emendata  et  praeter  isagogen  ad  sacram  geographiam  VIII 
indicibus  chronologicis  ad  calcem  appositis  locupletata.  Pars  prima, 
quae  complectitur  chronologiae  rudimenta  et  quatuordecim  priorum 
saBculorum  synopsim.  Pars  secunda,  quœ  complectitur  isagogen  ad 
sacram  geographiam  et  pi-ogreditur  usque  ad  annum  vulgaris  œrœ  mil- 
lesimum  octingentesimum  septuagesimum  nonum.  Paris,  Vives,  1880. 
2  vol.,  xvi-833  p. 

18.  Besnard.  Souvenirs  d'un  nonagénaire.  Mémoires  de  François-Yves 
Besnard,  publiés  sur  le  manuscrit  autographe  par  Gélestin  Port,  avec 
2  portraits  de  Fauteur  d'après  Bodinier  et  David  d'Angers.  Angers, 
Lachèse  et  Dolbeau,  le  Mans,  Pellechat,  et  Paris,  Champion,  1880. 
2  vol. ,  xxn-756  p. 

19.  Blâsio  (Ignazio  de).  Délia  opulenta  città  di  Aicamo.  Discorso 
storico.  Aicamo,  tip.  Bagolino.  In-4.  (Paraît  tous  les  quinze  jours,  par 
fascicules  de  32  p.,  à  40  c.  le  fascicule.) 

20.  Bordeaux  (Raymond).  Miscellanées  d'archéologie  normande  rela- 
tives au  département  de  l'Eure.  Paris,  Glaudin.  vi-178  p. 

21.  BosREDON  (Ph.  de).  Sigillographie  du  Périgord.  Périgueux,  impr. 
Dupont,  1880.  In-4,  328  p.  et  5  pi.  (Publications  de  la  Société  histo- 
rique et  artistique  du  Périgord,  annexe  au  Bulletin,) 

22.  Boucher  de  Molandon.  Antoine  Brachet,  sa  famille,  sa  mort  en 
1504,  son  monument  funéraire  retrouvé  en  1879  à  Pavie.  Orléans,  Her- 
luison,  1880.  14  p.  (Extrait  des  Bulletins  de  la  Société  archéologique  et 
historique  de  r Orléanais,) 

23.  Bourgeois  (l'abbé  A.).  Beire-le-Ghâtel  et  ses  anciens  fiefs,  histoire, 
chronique  et  légende.  Dijon,  impr.  Darantière.  513  p.  et  planches. 

24.  Brachet  (Auguste).  Dictionnaire  étymologique  de  la  langue  fran- 
çaise. Préface  par  E.  Egger.  10®  édition.  Paris,  Hetzel,  1880.  In-12  à 
2  col.,  xx-564  p.  8  fr.  50  c. 

25.  Brémond  d'Ars  (Guy  de).  Les  Mécontents  de  la  promotion  de 
Tordre  du  Saint-Esprit  en  1661.  Paris,  Dumoulin,  1880.  32  p.  (Extrait 
de  la  Bévue  historique^  nobiliaire  et  biographique,  1880.) 

26.  Brésin,  Mannier.  Ghroniques  de  Flandre  et  d*Artois,  par  Louis 
Brésin.  Analyse  et  extraits  pour  servir  à  l'histoire  de  ces  provinces  de 
1482  à  1560,  par  E.  Mannier.  Paris,  Dumoulin,  vni-334  p. 

27.  Brillo  (Antonio).  Jacopo  Da-Ponte,  detto  il  Bassano  :  cennibio- 
grafici-critici.  Padova,  tip.  Prosperini,  1880.  24  p.  (Per  nozze  Da  Ponte- 
De  Pollini.) 

28.  Brydaine  (le  P.).  Vie  de  saint  Julien,  martyr  de  Brioude  et  patron 


86 

des  paroisses  de  Ghusclan,  la  Galmette,  Saint-Julien-de-Peyrolas,  Vaii- 
guières  et  autres.  Nîmes,  impr.  Jouve,  1880.  Ia-12,  24  p. 

29.  BuDiNSZKY  (Alexander).  Die  Ausbreituug  der  Uteinischen  Sprache 
ûber  Italien  uDd  die  Provinzen  des  roemischen  Reiches;  Berlin, 
Wilhelm  Hertz,  1881.  xn-267  p.  6  m. 

30.  BuRDACH  (Konrad).  Reinmar  derAlteund  WalthervonderVogel- 
weide.  Ein  Beitrag  zur  Geschichte  des  Minnesangs.  Leipzig,  Hirzel, 
1880.  Yi-234  p.  5  m. 

31.  BuRGKHARDT  (Abei).  Bilder  aus  der  Geschichte  von  Base!.  Vlertes 
Heft.  Félix  Plater.  Der  Rappenkrieg.  Johann  Rudolf  Wettstein  auf 
dem  westfaelischen  Friedenscongress.  Basel,  Félix  Schneider,  1881. 
118  p. 

32.  Calendrier  historique  de  renseignement  et  des  institutions  de  la 
France  avant  la  révolution,  pour  1881.  Paris,  Bray  et  Retaux.  192  p. 
à  2  col. 

33.  Gampardon  (Emile).  Un  Artiste  oublié,  J.-B.  Massé,  peintre  de 
Louis  XV,  dessinateur,  graveur  ;  documents  inédits.  Paris,  Gharavay, 
1880.  302  p. 

34.  Ganto  (el)  de  la  Sibila  en  lengua  de  oc.  Nogent-le-Rotrou,  impr. 
Daupeley-Gouverneur.  P.  353-365.  (Extrait  de  la  Romania,  t.  IX.) 

35.  Gardauns  (Hermann).  Regesten  des  Koelner  Erzbischofs  Konrad 
von  Hostaden  (1238-61).  (Aus  den  Annalen  des  historischen  Vereins 
fur  den  Niederrhein  Heft  35  besonders  abgednickt.)  Koeln,  Bachem, 
1880.  64  p.  1  m. 

36.  Gables  (le  R.  P.).  Mémoire  sur  le  Proprium  sanctorum  de  la 
sainte  Église  de  Toulouse,  avec  la  vraie  légende  des  saints  et  plusieurs 
anciens  offices.  Toulouse,  impr.  Hébrail  et  Delpuech.  176  p. 

37.  Gastelnau  d'Essenault  (le  marquis  de).  Glément  V  et  ses  récents 
historiens.  Bordeaux,  Duthu.  37  p.  (Extrait  de  la  Revue  catholique  de 
Bordeaux.) 

38.  Gatalogue  de  livres  rares  et  curieux  des  xv*,  xvi*  et  xvii*  s.,  rela- 
tifs principalement  à  la  Normandie  ou  imprimés  dans  cette  province, 
composant  une  partie  de  la  bibliothèque  d'un  amateur  du  Havre,  dont 
la  vente  aura  lieu  les  17  janvier  et  jours  suivants,  au  Havre.  Le  Havre, 
Junca.  154  p.  (1203  numéros.) 

39.  Gatalogus  librorum  officinae  Elzevirianae.  Gatalogue  de  l'officine 
des  Elzevier  (1628).  Reproduction  héliographique  diaprés  l'exemplaire 
de  la  bibliothèque  de  Francfort-sur-le-Mein,  avec  une  introduction  par 
Ernest  Kelchner.  Paris,  Baer.  vni-16  p. 

40.  Gatherine  de  Médigis  (Lettres  de)  publiées  par  M.  le  comte  Hec- 
tor de  la  Perrière.  T.  W  (1553-1563).  Paris,  imprimerie  nationale,  1880. 
In-4  à  2  col.,  GLXxi-733  p.  (Documents  inédits  sur  Thistoire  de  France.) 


87 

41.  Gérésole  (Victor).  Di  alcune  relazioni  tra  la  casa  degli  Aldobran- 
dini  e  la  repubblica  di  Venezia.  Documenti  inediti  dei  rr.  archivi  di 
Stato  di  Venezia  (1588-1617).  Venezia,  tip.  Antonelli,  1880.  80  p.  (Per 
nozze  Papadopoli-Heilenbach.) 

42.  Gbanson  (la)  de  Roland,  poème  français  du  moyen  âge,  traduit 
en  vers  modernes  par  Alfred  Lehugeur.  2«  édition.  Paris,  Hachette, 
1880.  In-18,  xx-369  p.  (Bibliothèque  variée.)  3  fr.  50  c. 

43.  Ghanteau  (F.  de).  Gollections  lorraines  aux  xvi®  et  xvn«  siècles. 
Documents  conservés  à  la  Bibliothèque  nationale,  recueillis  et  annotés. 
Nancy,  impr.  Grépin-Leblond.  80  p.  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société 
d'archéologie  lorraine,  1880.) 

44.  Ghantelauze  (R.).  Louis  XIV  et  Marie  Mancini,  d'après  de  nou- 
veaux documents.  Paris,  Didier,  1880.  iv-432  p.  7  fr.  50  c. 

45.  Ghârles  (Robert).  Guide  illustré  du  touriste  au  Mans  et  dans  la 
Sarthe.  Avec  dessins  pour  la  plupart  de  G-.  Bouet,  inspecteur  de  la 
Société  française  d'archéologie.  Le  Mans,  Pellechat,  1880.  Li-12» 
vi-410  p. 

46.  Gharvet  (G.).  L'Abbaye  de  Gendras,  notice  historique  et  archéo- 
logique, suivie  du  catalogue  analytique  des  abbés  de  Gendras.  Nîmes, 
Gatelan,  1880.  §3  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  l'art  chrétien.) 

47.  Ghâteau  de  Pierrefonds,  dessiné  d'après  nature  et  lithographie  par 
Bachelier.  Paris,  impr.  Lemercier,  1880.  In-16  obi.,  13  p.  et  15  pi. 

48.  Ghorier.  Vie  d'Artus  Prunier  de  Saint-André,  conseiller  du  roy 
en  ses  conseils  d'Ëstat  et  privé,  premier  président  aux  parlements  de 
Provence  et  de  Dauphiné  (1548-1616),  d'après  un  manuscrit  inédit  de 
Nicolas  Ghorier  (archives  de  M.  le  marquis  de  Virieu),  publié,  avec 
introduction,  notes,  appendices  et  la  correspondance  inédite  de  Saint- 
André,  par  Alfred  Vellot.  Ouvrage  couronné  par  l'Académie  delphinale 
(médaille  d'or).  Paris,  Alphonse  Picard,  1880.  lxv-390  p.  9  fr. 

49.  Glaretta  (Gaudenzio).  Roberto  di  Durazzo  dei  Reali  di  Napoli  e 
la  famiglia  di  Jacopo  di  Savoia,  principe  d'Acaia.  Dissertazione  storico- 
critica,  compilata  su  documenti  inediti.  Torino,  Vigliardi,  1880.  30  p. 
(Extrait  des  Atti  délia  R.  Accademia  di  Torino,  vol.  XV.) 

50.  Glaretta  (Gaudenzio).  Un  Ballo  di  nobili  datosi  a  Garignano  nel 
carnevale  dei  1524  :  schizzo  storico  di  costumi  piemontesi  dei  secolo  xvi. 
Firenze,  tip.  délia  Gazzetta  d^Italia,  1880.  35  p. 

51.  Glark  (J.  W.).  Gambridge,  brief  historical  and  descriptive  notes. 
With  etchings  and  vignettes  by  A.  Brunet-Debaines,  H.  Toussaint, 
and  G.  Greux.  London,  Seeley,  1881.  Li-4,  86  p.,  planches. 

52.  GoËT  (Emile).  Notice  historique  sur  Étalon.  Péronne,  impr.  Quen- 
tin, 1879.  22  p. 

53.  Goppi  (Ettore).  Le  Università  italiane  nel  medio  evo.  2»  edizione 
accresciutae  corretta.  Firenze,  tip.  dei  minori  corrigendi,  1880.  323  p.  4 1. 


88 

54.  GosQUiN  (Emmanuel).  Contes  populaires  lorrains  recueillis  dans 
un  village  du  Barrois,  à  Montiër-sur-Saulx  (Meuse),  avec  des  remarques. 
?•  partie.  Paris,  Vieweg,  1880.  P.  289  à  340.  (Extrait  de  la  Romania.) 

55.  ClouRAjoD  (Louis).  Chandeliers  de  la  chapelle  du  château  d'Ëcouen, 
au  musée  du  Louvre.  Dessins  par  Corroyer.  Paris.  16  p.  avec  figures. 
(Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  nat.  des  antiquaires  de  France,  t.  XL.) 

56.  CouRAjOD  (Louis).  La  CHieminée  de  la  salle  des  caryatides  au  musée 
du  Louvre.  Paris,  1880.  14  p.  avec  dessins.  (Extrait  des  Mémoires  de  la 
Société  de  Vhistoire  de  Paris  et  de  V Ile-de-France,  t.  VIL  Ne  se  vend  pas.) 

57.  Crousse  (Fr.).  Cionférences  sur  les  voies  de  communication  de 
l'ancien  pays  de  Liège  durant  le  moyen  âge  et  la  période  moderne. 
Bruxelles,  1880.  65  p.,  1  pi.  (Ministère  de  la  guerre,  Communication  de 
l'institut  cartographique  militaire,  n'  12.) 

58.  CuissART  (E.).  L'Enseignement  primaire  à  Lyon  et  dans  la  région 
lyonnaise  avant  et  après  1789.  Paris,  Garcet,  Nisius  et  G«,  1880.  42  p. 

59.  Curie-Seimbres  (A.).  Essai  sur  les  villes  fondées  dans  le  sud-ouest 
de  la  France,  aux  xm®  et  xiv*  siècles,  sous  le  nom  générique  de  bas- 
tides. Toulouse,  Privât.  424  p. 

60.  Baux  (l'abbé  Camille).  Histoire  de  l'Église  de  Montauban  depuis 
les  premiers  temps  jusqu'à  nos  jours.  T.  I,  n"  11  (de  15i9  à  1556).  Mon- 
tauban, Georges  et  Ferrie,  1880.  159  p.  et  planche.  2  fr.  ;  pour  les 
souscripteurs,  1  fr.  ;  prix  de  souscription  pour  l'ouvrage  complet  (2  voL 
d'environ  650  pages  chacun,  ornés  de  6  planches  en  chromolithographie), 
15  fr.,  payables  en  trois  termes. 

61.  Debruyn  (l'abbé  H').  Archéologie  religieuse  appliquée  à  nos  monu- 
ments nationaux.  Bruxelles,  Bevaux,  Muquardt,  1880.  2  vol.,  xvin-348, 
357  p.,  fig.  dans  le  texte.  15  fr. 

62.  BEGOBfBE  (Lucien).  Jean  Thurel,  épisode  du  séjour  à  Rennes  du 
régiment  de  Touraine  (1788).  Rennes,  impr.  Catel,  1880.  20  p.  (Extrait 
des  Mémoires  de  la  Société  archéologique  d'Ille-et^  Vilaine,  t.  XIV.) 

63.  Behaisnes  (le  chanoine).  L'Espagne  a-t-elle  exercé  une  influence 
artistique  dans  les  Pays-Bas?  étude  historique.  Lille,  impr.  Danel, 
1880.  25  p. 

64.  Belaforge  (E.).  Chapelles  du  château  de  Blandy  (Seine-et-Marne). 
Melun,  impr.  Brosne,  1880.  In-12,  13  p. 

65.  Bel  Giudige  (Pasquale).  La  Storia  dei  Longobardi  e  la  critica 
moderna  :  rassegna.  Milano,  Rebeschini,  1880.  28  p.  1  1. 

66.  Bemolins  (Edmond).  Histoire  de  France  depuis  les  premiers  temps 
jusqu'à  nos  jours  d'après  les  sources  et  les  travaux  récents.  T.  V  (1789 
à  1870)  :  la  révolution  et  les  monarchies  contemporaines.  3«  édition, 
revue  et  augmentée.  Paris,  Tardieu,  1880.  In-18,  xvra-388  p. 

67.  Benis  (Auguste).  Recherches  bibliographiques  et  historiques  sur 


89 

les  almanachs  de  la  Champagne  et  de  la  Brie,  précédées  d'un  Essai  sur 
rhistoire  de  Talmanach  en  général,  compost,  kalendriers,  etc.  Ghâlons- 
sur-Mame,  Fauteur,  14,  rue  Sainte-Croix,  et  Paris,  Menu,  1880.  v-59  p. 

68.  Desghamps  de  Pas  (L.).  Histoire  de  la  ville  de  Saint-Omer  depuis 
son  origine  jusqu'en  1870.  Arras,  Sueur-Charruey.  506  p. 

69.  Desclosières  (J.).  Compte  rendu  des  travaux  de  la  Société  des 
études  historiques  pendant  l'année  1879.  Amiens,  impr.  Delattre-Lenoel, 
1880.  15  p.  (Extrait  de  V Investigateur,  mai-juin  1880.) 

70.  Descouverture  (la)  du  style  impudique  des  courtisannes  de  Nor- 
mandie à  celles  de  Paris,  envoyée  pour  estrennes  de  Tinvention  d'une 
courtisanne  angloise.  Rouen,  Lemonnyer,  1880.  iv-32  p.  avec  vignettes. 
(Curiosités  bibliographiques.  Copie  d'un  ouvrage  publié  à  Paris,  chez 
Nie.  Alexandre,  1618.) 

71.  Deutsgh  (S.  Martin).  Die  Synode  von  Sens  1141  und  die  Verur- 
teilung  Abaelards.  Eine  kirchengeschichtliche  Untersuchung.  Berlin, 
Weidmann,  1880.  54  p. 

72.  Devillers  (Léopold).  Particularités  curieuses  sur  Jacqueline, 
duchesse  de  Bavière,  comtesse  de  Hainaut,  de  Hollande,  de  Zélande  et 
dame  de  Frise,  pour  le  comté  de  Hainaut,  extraites  du  2»  registre  des 
consaux,  des  comptes  de  la  ville  de  Mons  et  d'autres  mss.  Mons,  1880. 
Lxin-388  p.  (Publication  de  la  Société  des  bibliophiles  belges,  séant  à 
Mons,  n*»  7.) 

•  73.  Dictionnaire  historique  de  la  langue  française,  comprenant  l'ori- 
gine, les  formes  diverses,  les  acceptions  successives  des  mots,  avec  un 
choix  d'exemples  tirés  des  écrivains  les  plus  autorisés,  publié  par  l'Aca- 
démie française.  T.  U,  2«  partie.  Paris,  Didot,  1880.  In-4  à  2  col., 
p.  201  à  400. 

74.  Dictionnaire  historique  et  archéologique  du  Pas-de-CSalais,  publié 
par  la  commission  départementale  des  monuments  historiques.  Arron- 
dissement de  Boulogne.  T.  I.  Arras,  Sueur-Charruey,  1880.  402  p. 

75.  Documenti  inediti  per  servire  alla  storia  dei  musei  d'Italia,  pub- 
blicati  per  cura  del  ministère  délia  pubblica  istruzione.  Vol.  IH.  Firenze, 
tip.  Bencini,  1880.  486  p. 

76.  DooRNiNCK  (J.  I.  van).  Cataiogus  der  archiven  van  het  Groote 
(vroeger  Heilige-Geesten-)  en  Voorster  Gasthuis  te  Deventer.  (1267- 
1815.)  ZwoUe,  Tijl,  1880.  920  p.  (Non  mis  dans  le  commerce.) 

77.  Drei  bayerische  Traditionsbûcher  aus  dem  xii.  Jahrhundert, 
Festschrift  zum  700jaehrigen  Jubilaeum  der  Wittelsbacher  Thronbe- 
sleigung  herausgegeben  von  den  Accessisten  am  kgl.  bayerischen  allge- 
meinen  Reichsarchive  Hans  Petz,  Dr.  Hermana  Grauert,  Joh,  Mayer- 
hofer.  Miinchen,  Kellerer,  1880.  In-4,  xxix-208  p.  12  m. 

78.  DuRiEux  (A.).  Les  Archives  communales  de  Cambrai.  (Lu  à  la 


90 

réunion  des  sociétés  savantes,  à  la  Sorbonne,  le  18  avril  1879.)  Lille, 
impr.  Danel,  1880.  59  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  commission  historique 
du  Nord,  t.  XIV.) 

79.  Du  Tbalâoe  (Jean-Nicolas).  Notes  et  documents  sur  Thistoire  des 
théâtres  de  Paris  au  xvn*  siècle.  Extraits  mis  en  ordre  et  publiés  d'après 
le  manuscrit  original  par  le  bibliophile  Jacob  [Paul  Lacroix],  avec  une 
notice  sur  le  recueil  du  sieur  du  Tralage.  Paris,  librairie  des  Biblio- 
philes, 1880.  Li-18,  vm-13  p.  5  fr. 

80.  Église  de  la  Couture.  Extérieur  de  l'abside,  par  Bonet.  Mamers, 
impr.  Fleury  et  Dangin,  1880.  (Lithographie.) 

81.  EvERLANQE  (l'abbé  P.  E.  d').  Saint-Gilles  et  son  pèlerinage.  5«  édi- 
tion, illustrée  de  69  gravures  à  Teau-forte  et  d'une  lettre-préface  du 
comte  A.  de  Pontmartin.  Nîmes,  impr.  Jouve.  Li-18,  xxxvm-301  p. 
20  fr. 

82.  Exposé  d'un  système  rationnel  d'orthographe  niçoise,  etc.  Nice  ; 
Paris,  Champion.  30  p.  (PublicsLiiondeVEscolafelibrencadeBellanda,  etc.) 

83.  Favier  (J.).  Nouvelle  Étude  sur  l'université  de  Pont-à-Mousson. 
Gomment  on  y  devenait  maître  es  arts.  Programme  des  études.  Céré- 
monial de  la  collation  des  grades.  Avec  25 .dessins  de  reliures  (aux 
armes)  des  prix  décernés  aux  écoliers.  Nancy,  Sidot.  68  p. 

84.  Favre  (L.).  Supplément  aux  glossaires  du  Poitou  publiés  jusqu'à 
ce  jour.  Niort,  impr.  Favre.  iv-52  p. 

85.  Féval  (Paul).  Les  Merveilles  du  Mont-Saint-Michel.  Paris,  Palmé, 
1880.  XLiv-3o6  p.  et  grav.  8  fr. 

86.  Flammermont  (Jules).  Histoire  des  institutions  municipales  de 
Senlis.  Paris,  Vieweg,  1881.  xvi-311  p.,  1  planche.  (Bibliothèque  de 
l'École  des  hautes  études,  sciences  philologiques  et  historiques,  45*  fas- 
cicule.) 

87.  Fontes  rerum  Nassoicarum.  Geschichtsquellen  ans  Nassau.  Gesam- 
melt  von  F.  W.  E.  Roth.  Band  I.  Die  Geschichtsquellen  des  Nieder- 
rheingau's.  Th.  I,  Regesten  zur  Geschichte  des  Niederrheingaus;  Th.  II, 
Niederrheingauer  Urkunden  ;  Th.  III,  Sonstige  Geschichtsquellen  des 
Niederrheingau's.  Wiesbaden,  Limbarth,  1880.  1  t.  en  3  vol.,  xxm-544, 
336,  xxiv-466  p.  27  m. 

88.  Frange  (Henri  de).  Maison  de  ville  des  Couvertes  de  Montauban. 
Montauban,  impr.  Forestié,  1880.  14  p.  (Exirsit  an  Bulletin  de  la  Société 
archéologique  de  Tarn-et-Garonne.) 

89.  Freeman  (Edward  A.).  A  Short  History  of  the  Norman  conquest 
of  England.  Oxford,  Clarendon  press  ;  London,  Henry  Frowde,  1880^ 
156  p.  (Clarendon  Press  Séries.)  2  s.  6  d. 

90.  Gaedechens  (G.  F.).  Historische  Topographie  der  Freien  und 
Hansestadt  Hamburg  und  ihrer  naechster  Umgebung  von  der  Entsteh- 


J 


94 

ung  bis  auf  die  Gegenwart.   Mit  drei  Karten.  Zweite  unveraenderte 
Aùflage.  Hamburg,  Mauke,  1880.  383  p.  et  8  cartes.  10  m. 

91.  Galabert  (Fabbé).  L'Église  et  les  vitraux  de  Gaylus.  Montauban, 
impr.  Forestié,  1880.  24  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  archéol(H 
gique  de  Tarnr-et-Garonne,) 

92.  Gaudbntius  (pater)  [Gugqenbichler].  Beitraege  zur  Kirchenge- 
schichte  des  xvi.  uud  xvii.  Jahrhunderts.  Bedeutung  und  Verdienste  des 
Franziskaner-Ordens  im  Kampfe  gegen  den  Protestantismus.  I.  B. 
Bozen,  Wohlgemuth,  1880.  xx-590  p.  3  fl. 

93.  Gaufrés  (J.).  Claude  Baduel  et  la  réforme  des  études  au  xvi«  siècle. 
Paris,  Hachette,  x-354  p. 

94.  Georqe  (G.).  De  l'habitation  dans  les  temps  anciens.  Deux  cha- 
pitres extraits  d'un  travail  de  l'auteur  sur  l'habitation  dans  tous  les  temps. 
Lyon,  impr.  Mougin-Rusand,  1880.  41  p.  et  1  pi. 

95.  Germain  (L.)  et  P.  Sioalas.  A  travers  Toulon.  La  ville,  ses  monu- 
ments, l'arsenal.  Toulon^  impr.  Massone,  1880.  55  p. 

96.  GiODA  (Garlo).  Guicciardini  e  le  sue  opère  inédite.  Bologna; 
Modena,  Zanichelli,  1880.  676  p.  10  1. 

97.  Gloru  (Andréa).  Del  volgare  illustre  dal  secolo  vu  fino  a  Dante. 
Studi  storici.  Venezia,  tip.  Antonelli,  1880.  136  p. 

98.  Godard-Faultrier.  Rapport  sur  les  fouilles  de  1878-1879  à  Angers, 
place  du  Ralliement,  adressé  à  la  réunion  des  sociétés  savantes  à  la 
Sorbonne.  Angers,  impr.  Lachèse  et  Dolbeau.  32  p.  et  10  pi.  (Extrait  des 
Mémoires  de  la  Société  d'agriculture,  sciences  et  arts  d'Angers,  1880.) 

99.  Gozzadini  (Giovanni).  Nanne  Gozzadini  e  Baldassare  Gossa  poi 
Giovanni  XXDI.  Racconto  storico.  Bologna,  Romagnoli,  1880.  602  p. 
et  portrait.  6  1.  50  c. 

100.  Graux  (Charles).  Essai  sur  les  origines  du  fonds  grec  de  l'Escu- 
rial.  Épisode  de  l'histoire  de  la  renaissance  des  lettres  en  Espagne. 
Paris,  Vieweg.  xxxi-529  p.  (Bibliothèque  de  l'École  des  hautes  études, 
46«  fascicule.) 

101.  Greqorovius  (Ferdinand).  Die  Grabdenkmaeler  der  Paepste. 
Marksteine  der  Geschichte  des  Papsttums.  2*  neu  umgearbeitete  Auflage. 
Leipzig,  Brockhaus,  1881.  xii-231  p.  4  m. 

102.  Grignon  (Louis).  Documents  inédits  pour  servir  à  l'histoire  de       . 
Chàlons  (1422-1430).  Châlons-sur-Marne,  impr.  Martin.  39  p.  '^- 

103.  Grimm  (Jacob).  Geschichte  der  deutschen  sprache.  Vierte  auflage. 
Leipzig,  Hirzel,  1880.  2  vol.,  xvi-726  p.  13  m. 

104.  Guenther  (Curt).  Die  verba  im  altostfriesischen.  Ein  beitrag  zu 
einer  altfriesischen  grammatik.  Inauguraldissertation  zur  erlangung  der 
philosophischen  doctorwiirde  an  der  universitaet  zu  Leipzig.  Leipzig, 
Woldemar  Urban,  1880.  82  p.  2  m. 


1^. 


92 

105.  GuGLiELMOTTi  (il  padre  maestro  Alberto).  Storia  delle  fortifica- 
zioni  nella  spiaggia  romana  risarcite  ed  accresciute  dal  1560  al  1570. 
Roma,  Monaldi,  1880.  iii-531  p.  5  1. 

106.  Haqen.  Sollemnia  Anniversaria  conditae  universitatis...  indicit 
rector  et  senatus  universitatis  Bernensis.  Inest  Hermanni  Hageni  De 
codicis  Bernensis  n*  cix  Tironianis  disputatio  duabus  tabulis  lithogra- 
phica  arte  depictis  adiuta.  Bernae,  1880.  In-4,  16  p.,  2  pi. 

107.  Hardy  (ë.).  Origines  de  la  tactique  française.  (I,  sans  sous-titre; 
n,  de  Louis  XI  à  Henri  lY.)  Paris,  Dumaine,  *1879-1881.  2  vol.,  609, 
810  p.  (Cours  spéciaux  de  la  réunion  des  officiers.) 

108.  Hartinq  (James  Ëdmund).  British  Animais  extinct  within  his- 
toric  times,  v^ith  some  account  of  british  v^ild  v^rhite  cattle.  With  illus- 
trations by  J.  "Wolf,  C.  Whymper,  R.  W.  Sherwin,  and  others.  Lon- 
don,  Trùbner,  1880.  x-258  p.  14  s. 

109.  Hartmann  (E.  A.  Martin).  Ueber  das  altspanisclie  Dreikoenigs- 
spiel,  nebst  einem  Anhang,  enthaltend  ein  bisher  ungedrucktes  latei- 
nisches  Dreikoenigsspiel,  einen  Wiederabdruck  des  altspanischen 
Stûckes,  sowie  einen  Ëxcurs  iiber  d.  Namen  d.  drei  Koenige  Gaspar, 
Melchior,  Baltasar.  Inauguraldissertation  zur  Erlangung  der  pbiloso- 
phischen  Doctorwurde  an  der  Universitaet  Leipzig.  Bautzen,  Weller, 
1879.  90  p. 

110.  Hartmann  (R.).  Geschichte  der  Residenzstadt  Hannover  von  den 
acltesten  Zeiten  bis  auf  die  Gegenwart.  Mit  Plaenen  und  Abbildungen. 
Hannover,  Ernst  Kniep,  1880.  860  p.  et  planches.  11  m. 

111.  Henri  d'Andeli.  Œuvres  de  Henri  d'Andeli,  trouvère  normand 
du  xra®  s.,  publiées,  avec  introduction,  variantes,  notes  et  glossaire, 
par  A.  Héron.  Rouen,  Société  rouennaise  des  bibliophiles.  Petit  in-4, 
cxxi-213  p. 

112.  Henrigi  archidiaconi  Huntendunensis  Historia 'Anglorum.  The 
History  of  the  English,  by  Henry,  archdeacon  of  Huntingdon,  from  a. 
C.  55  to  a.  D.  1154,  in  eight  books.  Edited  by  Thomas  Arnold.  London, 
Longman,  etc.,  1879.  lxvii-358  p.  (Rerum  Britannicarum  medii  œvi 
Scriptores,  or  Ghronicles  and  memorials  of  Great  Britain  and  Ireland 
during  the  middle  âges.)  10  s. 

113.  Herquet  (Karl).  Gyprische  Koenigsgestalten  des  Hanses Lusîgnan. 
Halle  a.  S.,  Buchhandlung  des  Waisenhauses,  1881.  182  p.,  1  carte. 
5  m. 

114.  Heurley  (A.).  Avallon  ancien  et  moderne,  histoire,  description, 
topographie  et  statistique.  Avec  plans  et  dessins.  Accompagné  de 
notices  historiques  sur  le  bombardement  d'Avallon  en  1871  et  sur  réta- 
blissement de  la  compagnie  des  chevaliers  de  l'arquebuse,  par  H.  Hérar- 
dot,  ainsi  que  d'un  poème  héroï-comique  sur  la  prise  de  Saint-Julien, 
par  Mocquot,  dit  La  Guerre.  Avallon,  impr.  Barré,  vi-152  p.  et  14  pi. 


93 

115.  Heynb  (Moritz).  Kunst  im  Hause.  Abbildungen  von  Gegenstaen- 
den  aus  der  mittelalterlichen  Sammlung  zu  Basel.  Zeichnungen  von 
W.  Bubeck  und  G.  Voellmy.  Basel,  Bahnmaier,  1880.  In-4,  iv-16  p., 
34  planches.  10  fr. 

116.  Histoire  générale  de  Paris.  Atlas  des  anciens  plans  de  Paris; 
reproduction  en  fac-similé  des  originaux  les  plus  rares  et  les  plus  inté- 
ressants pour  l'histoire  de  la  topographie  parisienne,  avec  une  table 
analytique  présentant  la  légende  explicative  de  chaque  plan  et  un  appen- 
dice consacré  aux  documents  annexes.  Paris,  imprimerie  nationale, 
1880.  Gr.  in-fol.,  74  p.  et  64  pi. 

117.  Historians  (the)  of  Scotland.  Vol.  X  :  the  Book  of  Pluscarden, 
edited  by  Félix  J.  H.  Skene,  vol.  II.  Edinburgh,  William  Paterson, 
1880.  xxxvi-332  p.  14  s. 

118.  HoRMBL  (Hermann).  Untersuchung  liber  die  Chronique  ascen- 
dante und  ihren  Verfasser.  Marburg,  Elwert,  1880.  34  p.  1  m. 

119.  Inventaire  analytique  et  chronologique  des  archives  de  l'abbaye 
du  Val-Saint-Lambert  lez  Liège,  publié  par  J.  G.  Schoonbroodt,  con- 
servateur des  archives  de  PÉtat  à  Liège.  Tome  II,  chartes  et  registres. 
Liège,  Desoer,  1880.  In-4,  vi-452  p. 

120.  Inventaire-sommaire  des  archives  du  département  de  la  Gôte- 
d'Or  antérieures  à  1790,  rédigé  par  M.  Joseph  Garnier,  archiviste. 
Archives  civiles,  série  G.  Intendances.  T.  I.  Dijon,  impr.  Darantière, 
1880.  Gr.  in-4  à  2  col.,  xxiv.243  p. 

121.  Irische  Texte  mit  Woerterbuch  von  Ernst  Windisch.  Leipzig, 
flirzel,  1880.  xv-886  p.  24  m. 

122.  Istore  et  Groniques  de  Flandres,  d'après  les  textes  de  divers 
manuscrits,  par  M.  le  baron  Kervyn  de  Lettenhove.  T.  H.  Bruxelles, 
commission  royale  d'histoire,  1880.  In-4,  699  p.  (Gollection  de  chro- 
niques belges  inédites,  publiées  par  ordre  du  gouvernement.) 

123.  Jabger  (Albert).  Geschichte  der  landstaendigen  Verfassung 
Tirols.  I.  B.  Die  Ëntstehung  und  Ausbildung  der  socialen  Staende  und 
ihrer  Rechtsverhaeltnisse  in  Tirol  von  der  Voelkerwanderung  bis  zum 
XV.  Jahrhundert.  Mit  Unterstùtzung  der  kaiserlichen  Akademie  der 
Wissenschaften.  Innsbruck,  Wagner,  1881.  vni-720  p.  6  fl. 

124.  JouBERT  (André).  Un  Épisode  des  guerres  de  religion  au  Maine 
et  en  Anjou.  René  de  la  Rouvraye,  dit  le  Diable  de  Bressault.  Paris, 
Gervais,  1880.  16  p.  (Extrait  du  Correspondant.) 

125.  JuLLiEN  (Adolphe).  L'Opéra  secret  au  xviii®  siècle  (1770-1790), 
aventures  et  intrigues  secrètes  racontées  d'après  les  papiers  inédits 
conservés  aux  archives  de  l'État  et  de  l'Opéra.  Paris,  Rouveyre,  1880. 
268  p.  avec  frontispice  gravé,  etc.,  par  Mal  val. 

126.  Junker  (der)  und  der  treue  Heinrich.  Ein  Rittermaerchen.  Mit 


94 

Einleitung  und  Anmerkungen  herausgegeben  von  Karl  Kinzel.  Berlin, 
Weber,  1880.  106  p.  2  m.  40  pf. 

127.  Kaiserurkmideii  in  Abbildungen.  Herausgegeben  Yon  H.  von 
Sybel  und  Th.  Sickel.  Erste  Liefening.  Dreissig  Urkunden  auf  29 
Tafein  und  drei  Bogen  Texte.  Berlin,  Weidmann,  1880.  Texte  in-4  et 
planches  in-fol.  oblong.  30  m. 

128.  Kawerau  (Gustav).  Johann  Agricola  von  Eisleben.  Ein  Beitrag 
zur  Reformationsgeschichte.  Berlin,  Wilhelm  Hertz,  1881.  xn-358  p. 
6  m. 

129.  Klaiber  (Karl  Hermann).  Henri  Arnaud,  Pfarrer  und  Kriegs- 
oberster  der  Waldenser.  Ein  Lebensbild.  Nach  den  Quellen  untersucht 
und  dargestellt.  Mit  12  noch  ungedruckten  Urkunden.  Stuttgart,  Stein- 
kopf,  1880.  180  p.  2  m.  25  pf. 

130.  Klogkhoff  (Oskar).  Smâ  bidrag  till  nordiska  literatur-historien 
under  medeltiden.  Upsala,  Edquist,  1880.  30  p. 

131.  Klugkhohn  (August).  Ueber  die  wissenschaftlichen  und  kûnstle- 
rischen  Bestrebungen  Wittelsbach'scher  Fursten  aus  dem  Hause  Pfalz. 
Festrede  zur  Yorfeier  des  siebenhundertjaehrigen  Regierungsjubilaeums 
des  bayerischen  Herrscherhauses  gehalten  am  24.  Juli  1880  in  der  Aula 
der  k.  technischen  Hochschule.  Mûnchen,  Theodor  Ackermann,  1880. 
16  p.  50  pf. 

132.  KocK  (Axel).  Bidrag  till  svensk  etymologi.  FGrklaring  af  fom- 
svenska  lagord.  Tvâ  uppsatser.  Lund,  Gleerup,  1880.  n-28-27  p. 

133.  Kraus  (Franz  Xayer).SynchronistischeTabellenzurchristlichen 
Kunstgeschichte.  Ein  Hûlfsbuch  fur  Studirende.  FreiburgimBreisgau, 
Herder,  1880.  280  p.  4  m.  50  pf. 

134.  La  Barre  Dupargq  (Ed.  de).  Notes  sur  Machiavel,  Montesquieu 
et  Ferrari.  Évreux,  impr.  Hérissey.  In-18,  146  p. 

135.  Lacaze  (Louis).  Recherches  sur  la  ville  de  Pau.  Le  portail  du 
Bâton  (l'ancien  hôpital  et  Pancien  temple  des  protestants).  Pau,  Ribaut. 
vn-54  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  des  sciences,  lettres  et  arts  de 
Pau,  2«  série,  vol.  IX.) 

136.  Laine  de  Néel  (Arsène).  Essais  historiques  sur  les  vieux  châ- 
teaux du  moyen  âge  et  sur  les  sires  de  ces  castels  qui  ont  habité  la 
Normandie  et  FAngleterre.  Faits  historiques  sur  onze  communes  de 
Tarrondissement  de  Domfront,  etc.  Mesnil-Hubert  (Orne),  village  de 
Lozier,  l'auteur.  80  p.  et  portrait.  90  c. 

137.  Lasteyrie  (Ferdinand  de).  Les  Peintres- verriers  étrangers  à  la 
France  classés  méthodiquement  selon  les  pays  et  l'époque  où  ils  ont 
vécu.  Paris,  1880.  70  p.  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  nationale  des 
antiquaires  de  France,  t.  XL.) 

138.  Lauwereyns  de  Roosendaele  (L.  de).  Le  Procès  des  jésuites  au 


95 

x-vm»  siècle  à  Saint-Omer   (1761-1773).   Saint-Omer,   impr.   Fleury- 
Lemaire,  1880.  iii-12,  132  p. 

139.  Lazare  (Louis  et  Félix).  Dictionnaire  administratif  et  historique 
des  rues  et  monuments  de  Paris.  Livraison  1.  Paris,  impr.  Morris. 
16  p.  à  2  col. 

140.  Leader  (John  Daniel).  Mary,  queen  of  Scots,  in  captivity  :  a 
narrative  of  events  from  january,  1569,  to  december,  1584,  whilst 
George  earl  of  Shrewsbury  was  the  guardian  of  the  Scottish  queen. 
Sheffield,  Leader,  London,  George  Bell,  1880.  xxm-644  p.  1  1.  1  s. 

141.  Legoy  de  la  Marche  (A,).  Saint  Martin.  Tours,  Mame.  xv-736  p., 
35  planches,  etc.  25  fr.  ;  papier  de  Hollande,  60  fr. 

142.  Leheg  (Henri).  Généalogie  des  Bourbons  de  France,  d'Espagne, 
de  Naples  et  de  Parme  depuis  les  temps  les  plus  reculés  jusqu'à  nos 
jours.  Histoire  des  fiefs  qui  ont  donné  leur  nom  aux  différentes  branches 
de  la  maison  de  Bourbon  et  aux  grandes  familles  nobiliaires  de  France. 
Tableaux  synoptiques  et  chronologiques  indiquant  la  généalogie  des 
Bourbons.  Ghâteauroux,  impr.  Muret,  1880.  Gr.  in-4,  n-249  p.  10  fr. 

143.  Lépine  (le  docteur  Frédéric).  Découverte  du  tombeau  de  sainte 
Reine  à  Alise.  Dijon,  impr.  Jobard,  1880.  19  p.  et  planche. 

144.  Linde  (A..V.  D.).  Das  erste  jartausend  der  schachlitteratur  (850- 
1880).  Berlin,  Julius  Springer,  1881.  112  p.  5  m. 

145.  Linde  (A.  v.  d.).  Quellenstudien  zur  geschichte  des  schachspiels. 
Mit  unterstûtzung  der  koenigl.  akademie  der  wissenschaften  zu  Berlin. 
Berlin,  Julius  Springer,  1881.  vm-412  p.  20  m. 

146.  Liste  des  pages  du  roi  de  la  petite  et  de  la  grande  écurie  (1680- 
1765),  suivie  de  la  liste  des  pages  des  ducs  d'Orléans  (1721-1729), 
publiées  d'après  les  pièces  originales  du  cabinet  des  titres  par  le  comte 
David  de  Riocourt.  Paris,  Dumoulin,  1880.  67  p.  (Extrait  de  la  Revue 
historique  et  nobiliaire.) 

147.  Lubtgenau  (Franz).  Jean  Palsgrave  und  seine  Aussprache  des 
Franzoesischen.  Inaugural-Dissertation.  Bonn,  1880.  67  p. 

148.  Maetzner  (Eduard).  Englische  Grammatik.  Dritte  Auflage. 
I.  Th.  Die  Lehre  vom  Worte.  Berlin,  Weidmann,  1880.  vm-583  p. 
11  m. 

149.  Mandrot  (A.  de).  Armoriai  historique  du  pays  de  Vaud.  2«  édi- 
tion, contenant  les  armes  des  maisons  souveraines  qui  ont  régné  sur  le 
pays,  celles  des  évoques,  des  prieurs,  des  baillis,  des  villes,  bourgs,  des 
dynastes,  des  familles  nobles  et  des  familles  notables.  Lausanne,  Rouge 
et  Dubois,  1880.  In-4,  32  planches,  contenant  966  écussons.  30  fr. 

150.  Manuel  (don  Juan),  el  Libre  de  la  caza.  Zum  Erstenmale  heraus- 
gegeben  von  G.  Baist.  Halle,  Max  Niemeyer,  1880.  vn-208  p.  6  m. 

151.  Marmoutier.  Dom  Claude  Ghantelou.  Cartulaire  tourangeau  et 


96 

sceaux  des  abbés,  publiés  par  Paul  Nobilleau.  Précédé  d'une  biographie 
de  l'auteur,  par  dom  P.  Piolin,  bénédictin  de  la  congrégation  de  France. 
(1210-1512.)  Tours,  Guilland-Verger.  xcv-214  p. 

152.  Marsy  (le  comte  de).  Bibliographie  picarde.  2.  Sigillographie. 
Amiens,  impr.  Delattre-Lenoël,  1880.  23  p.  (Extrait  de  la  Picardie, 
nouvelle  série,  t.  III.) 

153.  Marsy  (le  comte  de).  La  Seigneurie  d'Houdencourt.  Angers, 
impr.  Lachèse  et  Dolbeau.  8  p.  avec  blasons.  (Extrait  de  la  Revtte  hiS" 
torique,  nobiliaire  et  biographique,  tome  XV,  1880.) 

154.  Martin  (Emst).  Zur  Gralsage.  Untersuchungen.  Strassborg, 
Trubner,  1880.  48  p.  (Quellen  und  Forschungen  zur  Sprach-  und  Gul- 
turgeschichte  der  germanischen  Yoelker,  XLII.) 

155.  Mas  Latrie  (L.  de).  Les  Comtes  du  Garpas.  Nogent-le-Rotrou, 
impr.  Daupeley-Gouverneur,  1880.  19  p.  (Extrait  de  la  Bibliothèque  de 
l'École  des  chartes,  t.  XLL) 

156.  MATTHiEi  Parisibnsis,  monacbi  Sancti  Albani,  Ghronica  majora. 
Edited  by  Henry  Richards  Luard.  Vol.  V.  A.  D.  1248  to  a.  D.  1259. 
London,  Longman,  etc.,  1880.  xxn-748p.  (Rerum  Britannicarum  medii 
aevi  Scriptores,  or  Ghronicles  and  memorials  of  Great  Britain  and  Ire- 
land  during  the  middle  âges.)  10  s. 

157.  Maxe-Werly  (L.).  Note  sur  Torigine  du  gros  tournois.  Paris, 
1880.  32  p.  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  nationale  des  antiquaires 
de  France,  t.  XL.) 

158.  Mercier  (J.).  Noms,  par  paroisses,  des  chefs  de  famille  du  dio- 
cèse de  Genève  ramenés  au  catholicisme  en  1598.  Vin.  Annecy,  impr. 
Burdet,  23  p.  (Extrait  de  l'ouvrage  :  Souvenirs  historiques  d'Annecy  jus- 
qu'à la  Restauration,) 

159.  Meriel  (Amédée).  Notice  sur  la  commune  d'Aubigny,  canton 
nord  de  Falaise.  Bellôme,  impr.  Ginoux.  In-12,  79  p. 

160.  Meyer-Kraus  (B.).  Wappenbuch  der  Stadt  Basel.  Lieferung  1. 
In-4,  10  pi.  en  couleur  et  4  p.  8  fr.  (Sera  complet  en  8  livraisons  con- 
tenant ensemble  environ  960  blasons.) 

161.  Meynier.  Les  Anciens  Pèlerinages  marseillais;  leurs  origines, 
leurs  oratoires,  leurs  chemins.  Marseille,  impr.  Chauffard.  43  p. 

162.  MiELOT  (Jean),  l'un  des  secrétaires  de  Philippe  le  Bon,  duc  de 
Bourgogne.  Vie  de  sainte  Catherine  d'Alexandrie.  Texte  revu  et  rap- 
proché du  français  moderne  par  Marins  Sepet.  Paris,  Hurtrel.  342  p., 
12  chromolithographies,  14  gravures  hors  texte,  24  gravures  dans  le 
texte  et  encadrements  en  couleur.  30  fr.  (papier  vélin,  60  fr.  ;  japon, 
200  fr.). 

163.  MiNOQLio  (Giovanni),  Miscellanea  monferratese.  Torino,  Paravia, 
1880.  97  p.,  5  planches. 


97 

164.  Mistero  (il)  provenzale  di  S.  Agnese.  Facsimile  in  eliotipia  dell* 
unico  manoscritto  €higiano  con  prefazione  di  Ernesto  Monaci.  Roma, 
tipografia  Martelli,  1880.  In-fol.,  8  p.,  19  pi.  15  1. 

165.  MoLiNiER  (Charles).  Llnquisition  dans  le  midi  de  la  France  aux 
xm«  et  xiv«  s.,  étude  sur  les  sources  de  son  histoire.  Paris,  Fischbacher. 
xxvii-488  p. 

166.  MoNBRisoN  (George  de).  Un  gascon  du  xvi»  siècle  :  le  premier 
duc  d'Épernon.  Paris,  impr.  Ghamerot,  1880.  viii-132  p. 

167.  MoRiN.  L'Auvergne  chrétienne  du  i«'  siècle  à  1880,  contenant  : 
état  primitif  de  cette  province  ;  preuves  diverses  de  son  évangélisation 
au  !«'  siècle  ;  biographie  des  quatre-vingt-quinze  évoques  de  Glermont, 
etc.  Par  un  Auvergnat  (Morin),  2^  édition.  Artonne,  par  Aigueperse 
(Puy-de-Dôme),  Fauteur.  503  p. 

168.  MouLARD  (P.).  Chroniques  de  Sougé-le-Ganelon  (Sarthe).  Le 
Mans,  Lebrault,  1880.  xxix-387  p.  6  fr. 

169.  MouLENQ  (François).  Gorbarieu  et  ses  seigneurs.  Montauban, 
impr.  Forestié.  45  p.  (Extrait  du  Bulletin  M  la  Société  archéologique  de 
Tarn-et-Garonne,) 

170.  MuNTz  (Eugène).  Raphaël  archéologue  et  historien  d'art.  Paris, 
impr.  Quantin,  1880.  23  p.  (Extrait  de  la  Gazette  des  beaux-arts^  octobre 
et  novembre  1880.) 

171.  MuNTZ  (Eugène).  Raphaël,  sa  vie,  son  œuvre  et  son  temps.  Ouvrage 
contenant  155  reproductions  de  tableaux  ou  fac-similés  de  dessins  insérés 
dans  le  texte  et  41  pi.  tirées  à  part.  Paris,  Hachette,  1881.  662  p.  25  fr. 

172.  Nani  (Gesare).  Gli  Statuti  di  Pietro  II,  conte  di  Savoia.  Torino, 
1880.  In-4,  56  p.  (Extrait  des  Memorie  délia  R.  Accademia  délie  scienze  di 
Torino,  2«  série,  t.  XXXII.) 

173.  Neuburq  (G.).  Zunftgerichtsbarkeit  und  Zunftverfassung  in  der 
Zeit  vom  13.  bis  16.  Jahrhundert.  Ein  Beitrag  zur  oekonomischen 
Geschichte  des  Mittelalters.  Jena,  Gustav  Fischer,  1880.  vi-312  p.  7  m. 

174.  Norton  (Charles  Eliot).  Historical  Studies  of  church-building  in 
the  middle  âges.  Venice,  Siena,  Florence.  London,  Sampson  Low,  1880. 
vi-331  p.  15  s. 

175.  Notice  de  livres  et  manuscrits  relatifs  à  l'histoire  du  Berry,  pro- 
venant de  M.  Vermeil,  ancien  libraire  à  Bourges,  dont  la  vente  aura 
lieu  le  6  décembre  1880.  Paris,  Voisin,  1880.  17  p.  (100  numéros.) 

176.  Obituaire  de  Tabbaye  de  Saint-Pierre  de  Lyon,  du  ix«  au  xv«  s., 
publié  d'après  le  ms.  original  et  annoté  par  M.  G.  Guigne.  Lyon,  Mou- 
gin-Rusand.  xlu-129  p.  (Collection  de  documents  inédits  pour  servir  à 
rhistoire  des  anciennes  provinces  de  Lyonnais,  Forez,  Beaujolais, 
Bresse,  Dombes  et  Bugey.  I.) 

177.  Ordine  (V)  con  il  quale  entrô  in  palazzo  Tillustrissima  madama 

7 


98 

2Ulia  Priuli  addi  19  settembre  1557  (cerimoniali  L,  carte  28),  pubblicato 
da  Pittarello  Teresa  ed  Antonio.  Padova,  Prosperini,  1880.  22  p.  (Fer 
nozze  Papadopoli-Hellenbach.) 

178.  Origines  (les)  de  l'église  de  Huy,  ouvrage  dédié  à  la  Vierge  mère 
immaculée,  sa  protectrice,  le  4  août  1685.  Texte  latin,  suivi  de  la  tra- 
duction française,  orné  d'une  vue  de  Tancienne  église.  Liège,  Grauthier, 
i880.  n-63  p. 

179.  Osthoff's  technische  Reisebûcher.  Norddeutscbland.  Unter  Mit- 
wirkung  vieler  Fachgenossen  mit  specieller  Angabe  der  Literatur  bear- 
beitet  von  Georg  Osthoff.  Leipzig,  Knapp,  1880.  xi-308  p.  5  m. 

180.  OuDEMANS  (A.  G.).  Bijdrage  tôt  een  middel- en  oud  Nederlandsch 
woordenboek.  Uit  vêle  glossaria  en  andere  bronnen  bijeengezameld. 
7«  deel,  T-W.  Arnhem,  van  Marie,  1880.  rv-983  p.  7  fl.  75  cents.  (Les 
tomes  I  à  VU,  1870-1880,  43  fl.  20  cents.) 

181.  [Paquet  (René).]  Recherches  historiques  sur  la  Grande-Thury, 
près  Metz  (ancien  département  de  la  Moselle),  par  Nérée  Quépat.  Paris, 
Dumoulin.  194  p.,  1  planque  à  l'eau-forte  et  9  blasons.  . 

182.  Paris  (Gaston).  Rapport  fait  au  nom  de  la  commission  des  anti- 
quités de  la  France  sur  les  ouvrages  envoyés  au  concours  de  Tannée  1880. 
Paris,  impr.  Didot,  1880.  ln-4,  16  p. 

183.  Paris  (Gaston).  Sur  un  épisode  d^Aimeri  de  Narbonne,  Paris, 
32  p.  (Extrait  de  la  Romania^  t.  IX.} 

184.  Paris-Jallobert  (l'abbé  Paul).  Journal  historique  de  Vitré,  ou 
Documents  et  notes  pour  servir  à  Thistoire  de  cette  ville,  accompagnés 
de  nombreuses  listes,  de  6  plans  et  de  3  planches  de  sceaux.  Vitré, 
Guays.  In-4  à  2  col.,  xxxvi-600  p. 

185.  Paul  (Hermann).  Principien  der  Sprachgeschichte.  Halle,  Max 
Niemeyer,  1880.  vn-288  p.  6  m. 

186.  Périgot  (Gh.).  Le  Département  du  Nord,  géographie  physique, 
politique  et  commerciale,  avec  une  carte  du  département  du  Nord. 
2«  édition,  revue  et  corrigée.  Lille,  Quarré,  et  Paris,  Delagrave,  1881. 
In-12,  64  p. 

187.  PiDAL  (Pedro  José),  marqués  de  Pidal.  Lecciones  sobre  la  historia 
del  gobiemo  y  legislacion  de  Ëspana  (desde  los  tiempos  primidvos  hasta 
la  reconquista)  prononciadas  en  el  Ateneo  de  Madrid  en  los  aîios  de  1841 
y  1842.  Ahora  por  primera  vez  dadas  à  luz.  Madrid,  imprenta  de  la 
Revista  de  legislacion,  1880.  xxx-312  p.  (Biblioteca  jundica  de  autores 
espanoles,  vol.  6°.) 

188.  PiERSON  (A.).  Studiën  over  Johannes  Kalvijn.  (1527-1536.) 
Amsterdam,  van  Kampen,  1881.  iv-256  p.  2  fl.  75  cents. 

189.  PiNGzoN  DU  Sel  (Th.).  Note  relative  à  la  démolition  de  l'ancienne 
égUse  de  Guignen.  Suivie  d'une  Notice  sur  l'église  de  Guignen,  par 


99 

M.  Tabbé  Brune.  Rennes,  impr.  Gatel,  1880.  il  p.  et  4  pi.  (Extrait  du 
t.  XIV  des  Mémoires  de  la  Société  archéologique  d'Ille-'et- Vilaine.) 

190.  Plaine  (dom  François).  Vie  de  saint  Maurice  (de  Loudéac),  abbé 
de  Langonnet  et  de  Garnoët  (1113-1191).  Quimperlé,  impr.  Clairet. 
In-18,  73  p. 

191.  Planet  (de).  Aperçu  historique  sur  les  usines  alimentées  par  la 
Garonne  à  Toulouse.  Toulouse,  impr.  Douladoure-Privat.  26  p.  et  tableau. 
(Extrait  des  Mémoires  de  l'Académie  des  sciences,  inscriptions  et  belles^' 
lettres  de  Toulouse.) 

192.  PoRÉE  (l'abbé).  Saint  Anselme  à  Tabbaye  du  Bec  (1060-1092). 
Bernay,  impr.  veuve  Lefèvre,  1880.  22  p. 

193.  Prix  du  blé  à  Paris  du  xrv«  au  xvui«  siècle,  d'après  les  registres 
du  chapitre  de  Notre-Dame.  Nogent-le-Rotrou,  impr.  Daupeley-Gouver- 
neur.  11  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  de  Vhistoire  de  Paris  et  de 
V Ile-de-France,  1880.) 

194.  Protois  (l'abbé  Félix).  Pierre  Lombard,  évoque  de  Paris,  dit  le 
Maître  des  sentences  ;  son  époque,  sa  vie,  ses  écrits,  son  influence.  Paris, 
Palmé.  202  p. 

195.  PuYO  (Roberto).  Historia  civil  de  la  muy  noble  y  muy  leal  ciudad 
de  Barbastro,  desde  los  tiempos  mas  remotos  hasta  la  fecha,  dedicada 
al  M.  I.  ayuntamiento  de  la  misma.  Toulouse,  impr.  Gibrac,  1880. 
Tableau  in-plano  à  8  col.,  1  p. 

196.  Quellen  zur  Geschichte  Siebenbiirgens  aus  saechsischen  Archi- 
ven.  I.  B.,  1.  Abth.  :  Rechnungen  aus  dem  Archiv  der  Stadt  Hermann- 
stadt  und  der  saechsischen  Nation.  Mit  Mitteln  der  saechsischen  Univer- 
sitaet  herausgegeben  vom  Ausschuss  des  Vereins  fur  siebenburgische 
Landeskunde.  1.  B.  Von  c.  1380  — 1516.  Hermannstadt,  Michaelis,  1880. 
xx-679  p.,  9  planches. 

197.  Reinhardt  (G.  E.  F.).  Valdemar  Atterdag  og  hans  Kongegjerning. 
Med  et  Tillseg  af  hidtil  utrykte  Diplomer.  Kjœbenhavn,  Gad,  1880. 
xxi-617  p. 

198.  Riant.  Trois  Inscriptions  relatives  à  des  reliques  rapportées  de 
Gonstantinople  par  des  croisés  allemands.  Paris,  1880.  22  p.  (Extrait  des 
Mémoires  de  la  Société  nationale  des  antiquaires  de  France,  t.  XL.) 

199.  Richards  (John  Morgan).  A  Ghronology  of  medicine,  ancient, 
mediaeval,  and  modem.  Being  a  historical,  an  antiquarian,  and  a  curions 
survey  of  the  birth  and  growth  of  medicine  from  the  earliest  times  to 
the  présent  day.  lUustrated  by  the  typographie  etching  company.  Lon- 
don-Paris-Madrid,  Baillière,  1880.  vui-314  p.  7  s.  6  d. 

200.  RicHTHOFEN  (Karl,  Freiherr  von).  Untersuchungen  ùber Friesische 
Rechtsgeschichte.  Erste  Abhandlung.  Upstalsbom,  Freiheit  und  Grafen 
in  Friesland.  Theil  L  Berlin,  Wilhelm  Hertz,  1880.  vii-614  p.  15  m. 


400 

201.  Ries  (John).  Die  Stellung  von  Subject  und  Praedicatsverbam  im 
Hêliand.  Nebst  einem  Anhang  metrischer  Ëxcurse.  Ein  Beitrag  znr 
germanischen  Wortstellungslehre.  Strassburg,  Trùbner,  1880.  x-129  p. 
(Quellen  und  Forschungen  zur  Sprach-  und  Gulturgeschichte  der  ger- 
manischen Voeiker,  XLI.) 

202.  RocKiNQBR  (Ludwig).  Die  Pflege  der  Geschichte  durch  die  Wit- 
telsbacher.  Akademische  Festschrift  zur  Feier  des  Wittelsbacher-Jubi- 
laeums.  Mûnchen,  im  Veriage  der  k.  Akademie,  [1880].  In-4, 100-97  p. 
7  m. 

203.  RoGQUÀiN  (Félix).  Les  Sorts  des  saints  ou  des  apôtres.  Paris, 
22  p.  (Extrait  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  t.  XU.) 

204.  Roman t  (le)  de  la  vie  des  pères  hermites  (un  miracle  de  Notre- 
Dame).  Suivi  de  :  Sonnet  contenant  une  recotte  d'alchimie,  attribué  à 
Dante  et  au  frère  Helyas.  Textes  édités  par  Ferdinand  Castets.  Paris, 
Maisonneuve,  1880.  31  p.  (Extrait  de  la  Revue  des  langues  romanes.) 

205.  RoTH  (Friedrich).  Augsburg's  Reformationsgeschichte  1517-1527. 
Gekroente  Preisschrift.  Mûnchen,  Theodor  Ackermann,  1881.  257  p. 
4  m.  80  pf. 

206.  RoTH  (R.).  Das  Bùchergewerbe  in  Tubingen  vom  Jahr  1500  bis 
1800.  Rede  zum  Geburtsfest  seiner  Majestaet  des  Koenigs  am  6  Maerz 
1880  gehalten.  Tubingen,  Laupp,  1880.  55  p.  1  m. 

207.  RuDEL  (Richard).  Adelund  Demokratie.  Ein  Beitrag  zur  (reschichte 
des  Feudalismus.  I.  B.  Berlin,- Mùnchhoff,  s.  d.  v-525  p.  9  m. 

208.  RuoE  (Sophus).  Geschichte  des  Augustusbades  bei  Radeberg. 
Mit  5  photolithographischen  Ansichten.  Dresden,  Friedr.  Axt,  1880. 
iv-72  p.,  5  pi.  1  m.  50  pf. 

209.  Ruolo  générale  del  sov.  mil.  ordine  di  8.  Giovanni  di  Gerusa- 
lemme  ovvero  di  Malta.  Roma,  tipografia  poliglotta  délia  S.  Gongrega*- 
zione  di  propaganda  fide,  1880.  v-243  p. 

210.  Sagettes  (les)  et  ruses  d'Amour.  Discours  où  est  montré  le  vrai 
moyen  de  faire  les  approches  et  entrer  aux  plus  fortes  places  de  son 
empire.  Réimpression  textuelle  sur  l'édition  de  1599,  avec  préface  par 
A.  Chassant.  Paris,  Belin.  In-12,  iv-94  p. 

211.  Saint-Luc  (T.  de),  G.  L'Histoire  de  Gonan  Mériadec,  qui  fait  le 
premier  règne  de  l'histoire  générale  des  souverains  de  la  Bretagne  gau- 
loise, dite  Armorique,  avec  la  première  partie  des  recherches  générales 
de  cette  province.  Saint-Brieuc,  impr.  Prud'homme,  1879.  In-18, 295  p. 
(Réimpression  de  l'édition  de  Paris,  Galleville,  1664.) 

212.  Saint-Mars  (Henri  de).  Guide  de  Beauvais,  notice  historique, 
description  des  monuments,  rues,  places,  etc.  Beauvais,  Dupont-Glément, 
1880.  Li-18,  71  p.  50  cent. 

213.  Saint-Simon  (Fragments  inédits  de),  communiqués  à  rassemblée 


404 

générale  de  la  Société  de  Thistoire  de  France  par  M.  de  Boislisle.  Paris, 
1880.  28  p.  (Extrait  de  VAnnuaire^bulletin  de  la  Société  de  Vhistoire  de 
France,) 

214.  Salette  (Arnaud  de).  Segond  Flouquetot  coelhut  hens  lospsalmes 
de  David,  metutz  en  rima  bernesa  per  Arnaud  de  Salette  en  l'aneia  1583. 
Pau,  Ribaut.  ii-219  p. 

215.  Sammlung  englischer  denkmaeler  in  kritischen  ausgaben.  Erster 
band  :  jElfrics  grammatikund  glossar  herausgegeben  von  Julius  Zupitza. 
Erste  abteilung  :  text  und  varianten.  Berlin,  Weidmann,  1880.  322  p. 
7  m. 

216.  Sandrbt  (L.).  La  Seigneurie  et  les  seigneurs  de  Cany,  en  Nor- 
mandie. Paris,  Dumoulin,  1880.  43  p.  (Extrait  de  la  Revue  historique, 
nobiliaire  et  biographique,  1880.) 

217.  Sanguinetti  (Angelo).  Se  Cristoforo  Colombo  abbia  studiato 
air  université  di  Pavia  :  memoria.  Genova,  tip.  Schenone,  1880.  17  p. 

218.  Sanuto  (Marine).  Gronachetta.  Venezia,  tip.  Visentini,  1880. 
vm-238  p.  (Per  nozze  Papadopoli-Hellenbach.) 

219.  Satzungen  hervorragender  Handwerkervereinigungen  aus  der 
Zeit  vom  15.  Jahrhundert  bis  zur  Gegenwart.  Zur  Illustration  des 
Innungswesens  uberhaupt  gesammelt,  erlaeutert,  durch  die  epochema- 
chenden  innerhalb  Baierns  und  des  deutschen  Reiches  im  19.  Jh.  ùber 
den  Gegenstand  erlassenen  gesetzlichen  Bestimmungen  und  das  Statut 
der  osnabrûcker  Schuhmacherinnung  ergaenzt  und  mit  einem  Vor-  und 
Nacbwort  versehen  von  Dr.  J.  B.  Krallinger.  Mùnchen,  Max  Kellerer, 
1880.  106  p.  1  m.  60  pf. 

220.  ScARTAzziNi  (Joh.  Andr.).  Abhandlungen  liber  Dante  Alighieri. 
Frankfurt  am  Main,  Rûtten  und  Loening,  1880.  243  p.  5  m. 

221.  Schaepeler  (August).  Die  oberbayerische  Landeserhebung  im 
Jahre  1705.  Neue  Aufschliisse  aus  Archivalien  zur  Geschichte  des 
spanischen  Erbfolgekrieges.  Mit  einer  lithographischen  Tafel.  Wiirz- 
burg,  Staudinger,  1880.  vii-93  p.  2  m.  40  pf. 

222.  Scherrer  (Gustav).  Verzeichniss  der  Incunabeln  der  Stiftsbiblio- 
thek  von  St.  Gallen.  Herausgegeben  auf  Veranstaltung  des  katholischen 
Administrationsrathes  des  Kantons  St.  Gallen.  St.  Gallen,  Huber,  1880. 
265-Lxiv  p.  12  fr. 

223.  ScHLUMBERQER  (Gustave).  Monuments  numismatiques  et  sphragis- 
tiques  du  moyen  âge  byzantin.  Paris,  1880.  20  p.  et  planche.  (Extrait 
de  la  Revue  archéologique,  octobre  1880.) 

224.  ScHNEYDER  (Pierre).  Histoire  des  antiquités  de  la  ville  de  Vienne; 
manuscrit  inédit,  publié  avec  une  notice  historique  et  biographique,  un 
portrait  à  l'eau-forte,  une  gravure  représentant  Vienne  romaine,  par 
E.  J.  Savigné.  Vienne,  Savigné.  In-12,  xxxix-123  p. 


402 

225.  ScHULTE  (Aloys).  Die  sogenannte  Ghronik  des  Heinrich  von 
Rebdorf.  £in  Beitrag  zur  Quellenkunde  des  xrv.  Jahrhunderts.  Munster, 
Theissing,  1879.  89  p.  1  m.  20  pf. 

226.  Sghuwsr  (C).  Quelques  Mots  sur  rinstruction  primaire  en  Corse 
avant  et  depuis  1789.  Gorte,  impr.  Icard-Fournier,  1880.  31  p.  (Extrait 
du  Tavignano,  journal  de  Gorte.) 

227.  ScHWALBAGH  (Theodor).  Der  Givilprocess  des  Panser  Parlaments 
nach  dem  c  Stilus  i  Du  Brueils.  Freiburg  i.  B.  und  Tubingen,  Mohr, 
1881.  vu-160  p.  4  m. 

228.  Seinqoerlet  (Eugène).  L'Alsace  française.  Strasbourg  pendant  la 
révolution.  Paris  et  Nancy,  Berger-Levrault,  1881.  xii-364  p.  6  fr.;  pa- 
pier de  Hollande,  12  fr. 

229.  Serrure  (Raymond).  Dictionnaire  géographique  de  rhistoire 
monétaire  belge.  Bruxelles,  Tauteur,  5,  rue  Donné,  1880.  In-12,  n-340  p., 
6  planches.  15  fr. 

230.  SiGWART  (Ghristoph).  Die  Lebensgescbichte  Giordano  Bruno's. 
Tùbingen,  Laupp,  1880.  In-4,  41  p.  (Verzeichnissder  Doctoren  welche 
die  philosophische  Facultaet  der...  Universitaet  in  Tùbingen...  1879- 
1880  ernannt  bat.) 

231.  SiTTARD  (Josef).  Gompendium  der  Geschichte  der  Kirchenmusik 
mit  besonderer  Beriicksichtigung  des  kirchlichen  Gesanges.  Yon  Am- 
brosiuszur  Neuzeit.  Stuttgart,  Levy  und  MùUer,  1881.  vm-237  p.  4  m. 

232.  SoHM  (Rudolph).  Fraenkisches  Recht  und  roemiscbes  Recht. 
Prolegomena  zur  deutschen  Rechtsgeschicbte.  Weimar,  Hermann 
Boehlau,  1880.  84  p.  (Abdruck  aus  der  Zeitschrift  der  Savigny-Stiftung 
fur  Rechtsgeschichte,  I.  Band.)  2  m. 

233.  Spitzen  (0.  A.).  Thomas  a  Kempis  als  schrijver  der  Navolging 
van  Christus  gehandhaafd.  Utrecht,  Beijers,  1881.  iv-247  p.,  6  fac-simi- 
lés. 3  fl.  50  cents. 

234.  Stodart  (R.  R.).  Scottish  Arms,  being  a  collection  of  armoriai 
bearings,  a.  D.  1370-1678,  reproduced  in  facsimile  from  contemporary 
manuscripts,  with  heraldic  and  genealogical  notes.  Edinburgh,  William 
Paterson,  1881.  2  vol.  in  fol.,  Tunde  xxv  p.  et  pi.  A-E  et  1-118,  l'autre 
de  426  p. 

235.  Storelli  (A.).  Notice  historique  et  chronologique  sur  le  château 
de  Ghaumont-sur-Loire,  avec  4  grav.  à  l'eau-forte.  Tours,  impr.  Marne, 
1880.  In-4,  15  p. 

236.  Synodi  Brixinenses  saeculi  xv.  Primus  edidit  Dr.  G.  Bickeli. 
Innsbruck,  Rauch,  1880.  80  p.  60  kr. 

237.  Teissier  (F.).  Les  Français  au  Ganada;  historique  de  cette 
ancienne  colonie  (1562-1763).  Limoges  et  Paris,  Ardant,  1880.  143  p. 

238.  Teissier  (Honoré).  Traité  de  la  société  d'acquêts  suivant  les 


403 

principes  de  Tancienne  jurisprudence  du  parlement  de  Bordeaux.  2*  édi- 
tion, revue  d'après  les  manuscrits  laissés  par  l'auteur,  annotée  et 
complétée  d'après  le  code  civil,  mise  au  courant  de  la  doctrine  et  de  la 
jurisprudence,  par  P.  Deloynes;  précédée  d'un  éloge  de  M.  Teissier, 
prononcé  le  15  décembre  1864  par  M.  Ludovic  Trairieux.  Bordeaux, 
Duthu,  1881.  XLVi-683  p.  10  fr. 

239.  Thierry  (Augustin).  Premier  Récit  des  temps  mérovingiens.  Avec 
6  dessins  de  J.  P.  Laurens.  Paris,  Hachette,  1881.  Gr.  in-fol.,  p.  1  à  24. 
Hollande,  75  fr.;  whatman,  80  fr.;  chine,  100  fr.;  japon,  120  fr. 

240.  TiBPOLO  (Gian  Domenico).  Due  Lettere  a  Blanchi  Giovini, 
24  aprile  1833,  sulla  competenza  del  consiglio  dei  Dieci,  e  6  luglio  1834, 
suir  accusa  mossa  a  quella  magistratura  di  aver  oltrepassato  le  proprie 
attribuzioni  nel  dare  le  istruzioni  secrète  al  Badoer  di  cedere  Napoli  e 
Malvasia  ;  a  commento  e  critica  délia  Storia  délia  republica  di  Venezia 
scritta  dal  Daru.  Venezia,  tip.  Antonelli,  1880.  28  p.  (Per  nozze  Lan- 
franchini-Tiepolo.) 

241.  TiETz  (Jul.).  Die  geschichtliche  Entwickelung  des  deutschen 
Nationalbewusstseins.  Hannover,  Hahn,  1880.  199  p.  2  m. 

242.  Tirolische  geschichtsquellen.  II.  Ghronik  des  stiftes  Marienberg 
verfasst  von  p.  Goswin,  prior  und  hofcaplan.  Herausgegeben  von^p. 
Basilius  Schwitzer.  Innsbruck,  Wagner,  1880.  xlv-275  p.  3  fl.  40  kr. 

243.  TousTAiN  DE  BiLLY  (René).  Histoire  ecclésiastique  du  diocèse  de 
Cou  tances.  Publiée  pour  la  première  fois  par  François  Dolbet.  Tome  II. 
Rouen,  Métérie.  403  p.  10  fr.  (Publication  de  la  Société  de  l'histoire  de 
Normandie.) 

244.  TuRPiNi  Historia  Karoli  Magni  et  Rotholandi.  Texte  revu  et 
complété  d'après  sept  manuscrits  par  Ferdinand  Caste ts.  Montpellier, 
Société  pour  Tétude  des  langues  romanes,  et  Paris,  Maisonneuve,  1880. 
xii-96  p.  (Société  pour  l'étude  des  langue^  romanes,  publications  spé- 
ciales.) 4  fr. 

245.  Van  Bastelaer  (D.  A.).  Étude  sur  un  précieux  reliquaire  phy- 
lactère du  XII®  siècle,  provenant  du  prieuré  de  Sart-les-Moines,  à  Gos- 
selies,  et  probablement  originaire  de  l'abbaye  de  Lobbes;  émail  et 
dorure  sur  cuivre  bronzé.  Anvers,  impr.  Plasky,  1880.  27  p.  et  2  pi. 
(Extrait  des  Annales  de  l'Académie  d^ archéologie.) 

246.  Van  Cadwenberghb  (E.  F.).  L'Église  de  Notre-Dame  de  Pamele, 
à  Audenaerde,  et  ses  restaurateurs.  Audenaerde,  impr.  Bevemaege- 
Van  Eechaute,  1880.  xiv-133  p.  8  fr. 

247.  Vereeniging  tôt  uitgave  der  bronnen  van  het  oude  vaderlandsche 
recht.  Verslagen  en  mededeelingen.  N^I.  'S  Gravenhage,  Nijhofr,1880. 
36  p.  60  cents. 

248.  Vinci  (Léonard  de).  Les  Manuscrits  de  Léonard  de  Vinci.  Le 


404 

manuscrit  A  de  la  bibliothèque  de  l'Institut,  publié  en  fac-similés 
(procédé  Arosa)  avec  transcription  littérale,  traduction  française,  préface 
et  table  méthodique  par  M.  Charles  Ravaisson-Mollien.  Paris,  Quantin, 
1880.  In-4,  301  p.  avec  126  planches.  100  fr. 

249.  Yisgher-Merian  (K.).  Henman  Sevogel  von  Basel  und  sein 
Geschlecht.  Basel,  Schwabe,  1880.  In-fol.,  xvi-121  p. 

250.  Ylaemisches  Tagebuch  ûber  Yasco  da  Gama's  zweite  Reise  1502- 
1503.  Herausgegeben,  ûbersetzt  und  erlaeutert  von  H.  G.  G.  Stier. 
Braunsebweig,  Schwetschke,  1880.  42  p.  1  m.  20  pf. 

251.  Yloten  (J.  van).  Het  Nederlandsche  kluchtspel  van  de  14*  tôt  de 
18«  eeuw.  2*  vermeederde  druk.  2«  deel.  De  zeventiende  eeuw.  Haarlem, 
De  Graaff,  1880.  256  p.  2  fl.  40  cents.  (Sera  complet  en  trois  tomes.) 

252.  Wanqemann  (Otto).  Geschichte  der  Orgel  und  der  Orgelbaukunst 
von  den  ersten  Anfaengen  bis  zur  Gegenwart.  2.  Auflage.  Denunin, 
Frantz,  1880.  x-559  p.  et  58  pi.  15  m. 

253.  Weinhold  (Karl).  Kleine  mittelhochdeutsche Grammatik.  YYien, 
BraumùUer,  1881.  vii-lOO  p.  1  fl. 

254.  Werner  (Karl).  Die  Scholastik  des  spaeteren  Mittelalters.  I.  B.  : 
Johannes  Duns  Scotus.  Wien,  BraumûUer,  1881.  xvm-514  p.  5  fl. 

255.  WiEGAND  (W.).  Charte  messine  en  français  de  Tannée  1212. 
Nogent-le-Rotrou,  impr.  Daupeley-Gouvemeur,  1880.  3  p.  (Extrait  de 
la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  t.  XLI.) 

256.  WiETERSHEiM  (Eduard  von).  Geschichte  der  Yoelkerwanderung. 
Zweite  vollstaendig  umgearbeitete  Auflage  besorgt  von  Félix  Dahn. 
I.  B.  Mit  einer  Karte  von  H.  Kiepert.  Leipzig,  Weigel,  1880.  viii-637  p., 
1  carte.  15  m. 

257.  WiLL(C!omelius).Konrad  von  Wittelsbach,  Cardinal,  Erzbischof 
von  Mainz  und  von  Salzburg,  deutscher  Reichserzkanzler.  Zur  Feier 
des  siebenhundertjaehrigen  «hibilaeums  des  Hanses  Wittelsbach.  Fest- 
schrift  des  historischen  Yereins  von  Oberpfalz  und  Regensburg. 
Regensburg,  New  York  und  Cincinnati,  Friedrich  Pustet,  1880.  vm- 
118  p.  1  m.  50  pf. 

258.  Zerbi  (Luigi).  Il  Cronista  monzese  :  album  di  reminiscenze  patrie 
délia  città  di  Monza  ed  antica  sua  corte,  in  continuazione  dei  già  pub- 
biicati  dal  dott.  Giovanni  Mazzetti.  Yol.  II.  Monza,  tip.  Gorbetta,  1880. 
In-32,  137  p.  1 1. 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 


Les  élèves  de  TÉcole  des  chartes  ont  soutenu  leurs  thèses  le  24  et  le 
25  janvier  1881.  Le  rapport  suivant,  adressé  au  ministre  de  l'instruction 
publique  par  M.  Delisle,  président  du  conseil  de  perfectionnement,  fait 
connaître  les  sujets  choisis  par  les  candidats  et  résume  le  jugement 
porté  par  les  examinateurs. 

Monsieur  le  ministre. 

En  vous  adressant  la  liste  des  élèves  de  l'École  des  chartes  que  le 
conseil  de  perfectionnement  a  jugés  dignes  d'obtenir  le  brevet  d'archi- 
viste paléographe,  je  dois  vous  rendre  compte  de  l'épreuve  de  la  thèse, 
dont  l'importance  augmente  d'année  en  année  et  qui  donne  la  mesure 
exacte  de  l'instruction,  du  travail  et  surtout  de  la  critique  des  jeunes 
gens.  Le  résultat  de  l'année  1881  a  paru  assez  satisfaisant  :  un  seul 
candidat  a  dû  être  ajourné,  et,  sur  les  douze  thèses  que  le  conseil  a 
acceptées,  trois  sont  des  morceaux  remarquables  dont  la  publication 
fera  honneur  à  l'École. 

M.  Omont,  dont  le  travail  a  été  particulièrement  distingué,  avait 
choisi  pour  sujet  de  sa  thèse  la  théorie  de  la  ponctuation  chez  les  gram- 
mairiens latins  de  l'antiquité  et  du  moyen  âge.  Il  a  jeté  beaucoup  de 
clarté  sur  des  questions  fort  obscures,  et  a  fait  preuve  d'une  érudition 
étendue,  d'un  jugement  sûr  et  d'une  rare  expérience  bibliographique. 
Sa  dissertation,  toute  courte  qu'elle  est,  mérite  d'être  citée  comme 
un  des  meilleurs  travaux  paléographiques  publiés  en  France  depuis  un 
certain  nombre  d'années. 

Pour  composer  son  Essai  sur  l'organisation  municipale  de  Toulouse  au 
moyen  âge,  M.  Grandjean  s'est  livré  à  des  recherches  tout  à  fait  origi- 
nales, qui  l'ont  mis  en  possession  de  nombreux  documents  inédits.  Il 
a  tiré  un  excellent  parti  des  textes  qu'il  avait  rassemblés  et  qu'il  a  tou- 
jours interprétés  avec  beaucoup  de  sagacité.  Le  mémoire  qu'il  nous  a 
soumis  est  loin  d'être  complet;  mais  il  renferme  déjà  des  résultats 
considérables  et  définitifs  sur  l'histoire  des  institutions  d'une  de  nos 
plus  grandes  cités  du  Midi. 

Sous  ce  titre,  les  Décimes  ecclésiastiques  au  XIII^  siècle,  M.  Gerbaux  a 
étudié  l'origine  et  le  système  des  impositions  que  les  gens  d'Église 
eurent  à  supporter  en  France  depuis  Philippe-Auguste  jusqu'à  Philippe 
le  Bel.  Il  a  parfaitement  déterminé  la  nature  de  ces  contributions,  les 
circonstances  qui  en  amenèrent  l'établissement,  la  façon  dont  elles 
étaient  décrétées,  assises  et  levées  dans  chaque  diocèse,  et  le  montant 


406 

des  sommes  qu'elles  produisaient.  Nous  avons  là,  appuyé  sur  des 
preuves  solides,  un  chapitre  tout  à  fait  neuf  de  notre  histoire  financière. 

M.  Digard  a  étudié  la  puissance  paternelle  au  moyen  âge,  ptHncipale^ 
ment  aux  XllI^  et  XIV*  siècles  et  dans  les  pays  de  droit  coutumier.  Sa 
thèse  est  le  fruit  de  recherches  méthodiques  et  considérables,  mais  qui 
cependant  n'ont  pas  été  poussées  assez  loin  sur  plusieurs  points.  L'au- 
teur devra  revoir  son  travail  et  discuter  à  nouveau  plusieurs  théorîeB 
qui  ont  paru  trop  absolues. 

L'Essai  de  M.  Grassoreille  sur  Vhistoire  politique  du  chapitre  de  Notre- 
Dame  de  Paris  pendant  la  domination  anglaise  (1420-1436)  a  été  princi- 
palement rédigé  d'après  les  registres  capitulaires  déposés  aux  Archives 
nationales.  Si  les  examinateurs  ont  regretté  que  le  candidat  ne  se  f&t 
pas  assez  pénétré  du  caractère  général  de  l'époque,  ils  se  sont  plu  à 
constater  que  les  documents  avaient  été  consciencieusement  choisis, 
qu'ils  avaient  été  exactement  analysés  et  que  le  récit,  combiné  avec  les 
pièces  justificatives,  formait  un  tableau  fidèle  de  l'état  de  Paris  pendant 
une  des  périodes  les  plus  tristes  de  notre  histoire. 

M.  Bénet  a  entrepris  sur  les  actes  des  ducs  de  Normandie  une  étude  à 
laquelle  il  était  bien  préparé  et  qui  pourra  un  jour  aboutir  à  des  résul- 
tats vraiment  utiles  ;  mais  le  cadre  était  si  étendu  qu'aucune  partie  n'a 
pu  en  être  convenablement  remplie.  La  vaste  ébauche  que  M.  Bénet  a 
soumise  au  conseil  atteste  un  travail  excessif,  et  dénote  çà  et  là  une 
rare  aptitude  aux  recherches  diplomatiques;  mais  l'auteur  devra  se 
mettre  en  garde  contre  une  tendance  au  paradoxe  et  se  livrer  préalable- 
ment à  des  observations  chronologiques,  qui  sont  ici  d'autant  pins 
nécessaires  que  la  plupart  des  actes  des  ducs  de  Normandie  du  zi«  et 
du  xii«  siècle  sont  absolument  dépourvus  de  date  de  temps. 

M.  Dufresne,  dans  son  Essai  sur  Vhistoire  de  la  reliure,  a  montré  qu'il 
aimait  les  beaux  livres  et  qu'il  savait  les  examiner  en  homme  de  goût 
et  en  archéologue.  Nous  pouvons  espérer  qu'il  nous  donnera  une  bonne 
histoire  de  la  reliure;  mais  il  devra  sévèrement  contrôler  ce  qu'on  a 
écrit  sur  le  sujet  et  recueillir  des  textes  sans  lesquels  il  ne  sortirait  pas 
du  vague  et  de  la  confusion  qui  enveloppe  la  vie  et  jusqu'au  nom  des 
grands  relieurs  et  doreurs  du  xvi«  et  du  xvn«  siècle. 

M.  Welvert  a  voulu  faire  connaître  les  relations  du  roi  de  Bohême 
Jean  de  Luxembourg  avec  la  France,  C'était  une  heureuse  idée  que  de 
consacrer  une  monographie  à  un  personnage  qui  tient  une  belle  place 
dans  les  annales  du  xiv«  siècle  et  qui  est  mort  si  héroïquement  au  ser- 
vice de  notre  pays.  L'auteur  est  assurément  allé  plus  loin  que  le  doc- 
teur J.  Schotter,  à  qui  nous  devons  un  très  bon  ouvrage  sur  l'histoire 
générale  de  Jean  de  Luxembourg.  M.  Welvert  a  notamment  recueilli 
des  renseignements  nouveaux  sur  l'administration  de  Jean  de  Luxem- 
bourg pendant  sa  lieutenance  générale  en  Languedoc.  Mais  il  lui  reste 
encore  beaucoup  de  détails  à  étudier,  pour  mettre  suffisamment  en  relief 


407 

Tune  des  plus  sympathiques  figures  de  la  cour  de  Philippe  de  Valois. 

En  traitant  de  VafTranchissement  et  de  la  condition  des  a/Tranchis  dans 
la  Gaule  franque^  M.  Fournier  s*est  trop  exclusivement  préoccupé  du 
côté  philosophique  et  économique  de  la  question.  Au  lieu  de  se  horner 
à  examiner  successivement  les  différents  modes  d'affranchissements 
pratiqués  au  moyen  âge,  à  en  rechercher  l'origine,  à  en  expliquer  le 
mécanisme,  et  à  en  constater  les  effets  juridiques,  il  s'est  livré  à  des 
considérations  sur  la  marche  progressive  de  la  liberté  qui  ne  répondaient 
pas  à  la  nature  des  travaux  dont  on  s'occupe  à  l'Ecole.  Encore  ces 
considérations  ont-elles  paru  manquer  d'exactitude  sur  plusieurs  points, 
notamment  en  ce  qui  concerne  le  rôle  de  l'Église,  à  laquelle  M.  Fournier 
conteste  la  grande  et  légitime  part  qui  lui  revient  dans  l'adoucissement 
du  sort  des  esclaves  et  dans  la  marche  progressive  des  affranchissements. 

UEssai  de  M.  Rébouis  sur  l'origine  et  le  développement  du  crédit^  du 
change  et  de  l'assurance  avant  le  IV^  siècle  a  demandé  beaucoup  de 
recherches  ;  mais  l'étendue  trop  considérable  du  programme  que  s'était 
tracé  l'auteur  ne  lui  a  pas  permis  de  traiter  convenablement  des  ques- 
tions fort  délicates  et  fort  complexes,  qu'il  lui  eût  été  possible  d'appro- 
fondir davantage;  car  sur  plusieurs  d'entre  elles  il  existe  déjà  des 
ouvrages  justement  estimés. 

Philippe  de  Navarre,  comte  de  Longueville  (1334-1363),  que  M.  Helleu 
a  pris  pour  sujet  de  thèse,  est  un  personnage  assez  peu  intéressant, 
mais  dont  la  vie  pouvait  cependant  donner  lieu  à  une  étude  spéciale. 
M.  Helleu  a  combiné  assez  heureusement  les  récits  des  historiens 
contemporains,  mais,  sur  plus  d'un  point,  il  s'est  contenté  de  consulter 
des  ouvrages  de  seconde  main,  et  trop  souvent  il  a  négligé  les  rensei- 
gnements qu'il  aurait  trouvés  dans  différentes  collections  de  la  Biblio- 
thèque et  des  Archives  nationales. 

Le  Coutumier  de  la  vicomte  de  Dieppe,  conservé  aux  archives  de  la 
Seine-Inférieure,  est  un  des  documents  les  plus  précieux  qui  nous  soient 
parvenus  sur  l'histoire  du  commerce  au  moyen  âge.  Il  pouvait  fournir 
la  matière  d'une  très  bonne  thèse.  Les  commentaires  de  M.  Goppinger 
sur  ce  document  en  font  assez  bien  connaître  la  valeur;  mais  il  sera 
indispensable  de  les  revoir  et  de  les  compléter,  comme  aussi  d'établir  à 
nouveau  le  texte  môme  du  CSoutumier,  qui  avait  été  joint  à  la  thèse. 

Dans  le  compte  rendu  qui  précède,  j'ai  essayé,  monsieur  le  ministre, 
de  donner  une  idée  sommaire  et  exacte  des  travaux  que  les  élèves  de 
l'École  des  chartes  viennent  de  soumettre  au  conseil  de  perfectionne- 
ment. Il  y  a  lieu  d'être  généralement  satisfait  du  choix  des  sujets  et  de 
la  solidité  des  résultats. 

Le  conseil,  en  tenant  compte  des  thèses  et  des  examens  du  mois  de 
juillet,  a  dressé  par  oi(dre  de  mérite  la  liste  suivante  des  élèves  aux- 
quels il  vous  propose  de  vouloir  bien  délivrer  le  brevet  d'archiviste 
paléographe  : 


408 

MM. 

lo  Grandjean  (Charles-Alfred),  né  à  Langres  (Hante-Marne)  le  9  sep- 
tembre 1857. 

2*  Omont  (Henri- Auguste),  né  à  Évreux  (Eure)  le  15  septembre  1857. 

3»  Bénet  (Armand-Eugène),  né  à  Évreux  (Eure)  le  2  septembre  1858. 

4«  Gerbaux  (Fernand),  né  à  Paris  le  2  juillet  1857. 

5®  Digard  (Georges- Alfred-Laurent),  né  à  Versailles  le  1«'  juillet  1856. 

6«  Grassoreille  (Georges -Auguste- Emile),  né  à  Saint-Gyr- l'École 
(Seine-et-Oise)  le  4  janvier  1860. 

7«  Rébouis  (Jean-Marie-Hippolyte),  né  à  Valence  (Tarn-et-Garonne) 
le  16  avril  1856. 

8«  Welvert  (Eugène-Nicolas),  né  à  Thionville  (Moselle)  le  20  mars 
1857. 

90  Dufresne  (Arthur-Henry),  né  à  Paris  le  6  février  1858. 

lO®  Fournier  (Pierre- Joseph-Marcel),  né  à  Bordeaux  le  13  octobre  1856. 

11»  Helleu  (Joseph-Louis),  né  à  Paris  le  13  août  1857. 

Et  hors  concours  : 

M.  Goppinger  (Adrien-Jacques-Emmanuel),  né  à  Paris  le  24  dé- 
cembre 1847,  qui  ne  faisait  pas  partie  de  la  promotion  et  avait  été 
précédemment  autorisé  par  le  conseil  à  présenter  sa  thèse  cette  année. 

Conformément  aux  propositions  du  Gonseil  de  perfectionnement, 
M.  le  ministre  a  délivré  le  brevet  d'archiviste  paléographe  aux  élèves 
de  rÉcole  des  chartes  dont  les  noms  suivent,  rangés  par  ordre  de 
mérite  : 

MM.      1.  Grandjean. 

2.  Omont. 

3.  Bénet. 

4.  Gerbaux. 

5.  DlQARD. 

6.  Grassoreille. 

7.  Rébouis. 

8.  Welvert. 

9.  Dufresne. 

10.  Fournier. 

11.  Helleu. 
Hors  concours  :  M.  Goppinger. 

—  Ont  été  promus  aux  classes  suivantes  de  leur  emploi  d'archiviste 
aux  Archives  nationales  : 

2«  classe  M.  Tuetey. 

3»  classe  M.  Bruel. 

6®  classe  MM.  Teulet  et  Delaborde. 

—  Par  arrêté  du  27  décembre  1880,  notre  confrère  M.  Valois  a  été 
nommé  archiviste  auxiliaire  aux  Archives  nationales. 


409 

—  Par  arrêté  du  10  janvier  1881,  notre  confrère  M.  Deprez  a  été 
nommé  bibliothécaire  au  département  des  manuscrits  de  la  Biblio- 
thèque nationale. 

—  Par  arrêté  du  22  janvier  1881,  M.  Helleu,  ancien  élève  de  PÉcoIe 
des  chartes,  a  été  nommé  surnuméraire  à  la  bibliothèque  de  l'Arsenal. 

—  Notre  confrère  M.  Junca,  rédacteur  du  National,  a  été  nommé 
chevalier  de  la  Légion  d'honneur. 

—  Notre  confrère  M.  Tabbé  Paradis,  premier  vicaire  de  Saint-Tho- 
mas d'Aquin,  a  été  nommé  curé  de  l'église  Sainte-Marguerite. 

—  Le  Rapport  de  la  commission  des  écoles  d'Athènes  et  de  Rome  sur 
les  travaux  de  ces  deux  écoles  pendant  Vannée  1880,  lu  à  P  Académie 
des  inscriptions  et  belles-lettres  par  M.  Léon  Heuzey  dans  les  séances 
du  17  et  du  24  décembre  1880,  rend  compte  en  ces  termes  des  travaux 
de  nos  confrères  MM.  Élie  Berger,  Paul  Durrieu  et  Antoine  Thomas  : 

f  M.  Élie  Berger  avait  obtenu  de  rester  à  Rome  une  quatrième  année, 
pour  y  terminer  un  travail  d'une  grande  importance ,  le  dépouillement 
et  la  publication  des  registres  du  pape  Innocent  lY,  conservés  aux 
archives  du  Vatican.  Ceux  de  nos  confrères  chargés  successivement  de 
vous  présenter,  les  années  précédentes,  le  rapport  de  la  commission, 
s'étaient  vus  forcés  de  garder  à  ce  sujet  une  certaine  réserve,  pour  lais- 
ser à  l'auteur  toute  la  primeur  d'une  entreprise  scientifique  qui  n'était 
pas  encore  arrivée  à  son  terme.  Aujourd'hui  que  le  premier  fascicule 
de  l'ouvrage  de  M.  Berger  est  imprimé  et  que  les  autres  doivent  se 
succéder  très  rapidement,  nous  pouvons  proclamer  hautement  les 
mérites  d'une  publication  qui  fera  grand  honneur  à  l'érudition  fran- 
çaise. Elle  formera  trois  volumes  grand  in-4o,  qui  inaugurent  digne- 
ment une  série  nouvelle  de  mémoires,  édités  dans  ce  format  par  nos 
savantes  écoles. 

«  C'est  grâce  à  un  labeur  infatigable  que  l'auteur  a  pu  terminer  en  si 
peu  d'années  cette  vaste  collection  de  documents  originaux.  En  effet, 
les  registres  d'Innocent  FV  ne  contiennent  pas  moins  de  8,600  pièces , 
dont  6,000  environ  sont  inédites;  selon  l'intérêt  qu'elles  présentent, 
M.  Berger  les  reproduit,  tantôt  in  extenso,  tantôt  par  extraits,  parfois  il 
en  donne  seulement  l'intitulé  avec  une  courte  analyse.  Dans  chaque 
volume  figureront  en  outre  des  dissertations  et  des  monographies, 
notamment  le  Mémoire  sur  la  diplomatique  d'Innocent  IV,  dont  la  première 
moitié  a  été  soumise,  l'année  dernière,  au  jugement  de  l'Académie. 

f  On  comprend  l'intérêt  d'un  recueil  de  ce  genre  pour  l'histoire ,  la 
chronologie  et  la  géographie  du  xni«  siècle.  Ce  qu'il  ajoute  aux  données 
du  Regesta  pontificum,  de  Vltalia  sacra,  du  Gallia  christiana,  du  Monas- 
ticon  Anglicanum,  de  VEspana  sagrada,  est  considérable.  Il  fournira  un 
grand  nombre  de  renseignements  nouveaux  sur  l'histoire  des  croisades 
et  surtout  sur  la  grande  lutte  entre  l'empereur  Frédéric  II  et  la  papauté. 


440 

Pour  l'histoire  de  France  en  particulier,  il  fera  plus  complètement  con- 
naître les  rapports  du  pape  avec  saint  Louis  et  ses  frères,  avec  la  reine 
Blanche  et  le  conseil  qui  dirigea  les  affaires  entre  la  mort  de  cette 
princesse  et  le  retour  du  roi,  et  permettra  aussi  d'examiner  dans  quelle 
mesure  étaient  fondées,  au  temps  du  concile  de  Lyon,  les  doléances  dn 
clergé  de  France.  Celles  de  nos  provinces  qui,  au  xui*  siècle,  ne  fai- 
saient pas  encore  partie  du  royaume,  comme  l'Alsace,  occupent  une 
grande  place  dans  ce  travail. 

c  Grâce  au  zèle  consciencieux  de  M.  Berger,  à  la  disposition  claire  et 
méthodique  qu'il  a  adoptée,  à  la  mesure  intelligente  qu'il  apporte  dans 
le  triage  et  dans  l'analyse  des  documents  par  lui  dépouillés,  FËcole  de 
Rome  aura  produit  une  œuvre  que  l'un  de  nos  savants  confrères,  nn 
des  maîtres  de  ces  études,  a  jugé  d'avance  comme  l'une  des  publications 
diplomatiques  les  plus  considérables  de  notre  époque 

«  M.  Paul  Durrieu  s'occupe  de  l'histoire  du  moyen  âge,  et  c'est  à 
Naples  qu'il  a  établi  le  centre  de  ses  recherches.  Son  choix  est  enviable  ; 
mais  ce  qui  l'a  surtout  attiré  vers  cette  belle  ville,  intéressante  à  tant 
de  titres,  c'est  qu'il  y  retrouvait  la  France  et  les  traces  des  expéditions 
françaises  dans  l'Italie  méridionale.  Ses  études  de  deuxième  année  ont 
porté  sur  deux  sujets  distincts,  tous  les  deux  se  rattachant  aux  événe- 
ments accomplis  dans  cette  région  à  la  fin  du  xiv«  siècle,  et  auxquels 
des  Français  ont  été  mêlés.  A  cet  ordre  d'idées  appartiennent  d'abord 
deux  mémoires  déjà  imprimés  :  la  Prise  d^Arezzo  (1384)  par  Enguer^ 
rand  VII,  sire  de  Coucy,  et  le  Royaume  d'Adria  (1393-1394).  Dans  ces 
mémoires  on  peut  louer  l'emploi  judicieux  que  l'auteur  a  su  faire  des 
documents  inédits  trouvés  par  lui  dans  les  archives  de  France  et 
d'Italie. 

c  Ce  sont,  en  réalité,  deux  fragments  détachés  d'un  travail  d'ensemble 
sur  les  relations  de  la  France  avec  l'Italie  pendant  le  règne  de 
Charles  VI.  L'un  montre  Enguerrand  VII  de  Coucy  passant  en  Italie 
pour  aider  le  duc  Louis  d'Anjou,  prétendant  français  à  la  couronne  de 
Naples.  L'autre  raconte  les  intrigues  de  Jean-Galéas  Visconti,  seigneur 
de  Milan,  qui  aspire  à  se  faire  couronner  roi  d'Italie  et  qui  demande 
pour  le  duc  d'Orléans,  son  gendre,  la  création  d'un  royaume  formé  aux 
dépens  des  États  de  l'Église.  L'intérêt  principal  de  ces  études  est  de 
montrer,  à  sa  naissance .  la  pensée  des  expéditions  et  des  conquêtes 
françaises  au  delà  des  Alpes.  L'Académie  avait  permis  à  l'auteur  de 
prendre  date  auprès  d'elle  pour  un  sujet  autour  duquel  d'autres  érudits 
paraissaient  s'empresser.  C'est  pour  ne  pas  être  devancé  que  M.  Durrieu 
a  publié  dans  la  Bibliothèque  de  V École  des  chartes  et  dans  la  Rwue  des 
questions  historiques  les  premiers  résultats  acquis  par  ses  recherches. 

«  L'autre  travail  de  M.  Durrieu  nous  fait  connaître  l'organisation  de 
la  chancellerie  des  princes  angevins  à  Naples.  Depuis  longtemps,  on 
savait  qu'il  existait  dans  les  archives  napolitaines  une  volumineuse 


4H 

collection  de  registres  renfermant  les  actes  de  cette  chancellerie  du 
'  xm«  au  XY«  siècle.  Mais  on  ne  soupçonnait  pas,  au  moins  en  France, 
avec  quel  désordre  ces  registres  avaient  été  constitués,  à  une  époque 
relativement  moderne,  avec  les  débris  des  registres  primitifs.  M.  Paul 
Durrieu  a  pris  les  cinquante-un  registres  les  plus  anciens;  il  les  a 
étudiés  feuillet  par  feuillet,  pour  déterminer  les  éléments  dont  chacun 
d'eux  était  formé.  U  a  ainsi  dégagé  de  la  masse  confuse  dans  laquelle 
ils  étaient  mêlés  tous  les  débris  qui  subsistent  des  registres  antérieurs 
à  la  mort  de  Charles  I^.  En  s'aidant  des  cotes  anciennes ,  des  titres 
courants,  des  caractères  des  écritures  et  du  contenu  des  actes,  il  est 
arrivé  à  retrouver,  presque  toujours  avec  certitude ,  la  place  que  ces 
innombrables  fragments  tenaient  dans  la  série  des  registres  originaux. 
Il  est  superflu  de  faire  remarquer  combien  cette  patiente  et  intelligente 
restitution  était  nécessaire  pour  tirer  parti  des  milliers  d'actes  consignés 
sur  ces  fragments  et  dont  beaucoup  se  rapportent  directement  et  exclu- 
sivement à  la  France.  C'est  donc  un  véritable  service  rendu  à  l'étude 
de  notre  histoire  nationale;  renonciation  d'un  pareil  résultat  est  le 
meilleur  éloge  que  nous  puissions  faire  du  travail  de  M.  Durrieu ,  et 
c'est  déjà  une  récompense  de  ses  laborieux  efforts 

«  Nous  commençons  la  revue  des  travaux  de  première  année  de 
PËcole  de  Rome  par  les  mémoires  de  M.  Antoine  Thomas,  qui  continue 
le  grand  travail  d'analyse  et  de  publication  des  anciens  registres  ponti« 
ficaux,  entrepris  par  l'École  et  si  heureusement  inauguré  par  M.  Berger. 
Ce  sont  les  actes  de  la  chancellerie  du  pape  Boniface  VUI  dont  il  a 
commencé  le  dépouillement.  Il  a  résumé  les  premiers  résultats  de  ses 
recherches  sous  le  titre  de  :  Notes  sur  Boniface  VIII  et  le  premier  registre 
de  ses  bulles.  Par  des  exemples  bien  choisis  il  nous  fait  entrevoir  com- 
bien sera  féconde  en  révélations  nouvelles  la  publication  des  bulles  et 
des  lettres  de  cet  illustre  pontife.  Les  extraits  qu'il  nous  donne  per- 
mettent déjà  d'introduire  des  additions  et  des  rectifications  importantes 
dans  beaucoup  d'articles  du  Gallia  christiana  et  de  VHistoire  littéraire 
de  la  France. 

(c  Un  second  mémoire  de  M.  Thomas  est  consacré  à  six  manuscrits 
de  Bernard  Gui,  conservés  au  Vatican,  et  qui  doivent  s'ajouter  aux 
cent  trente  manuscrits  du  même  auteur  que  notre  savant  confrère 
M.  Léopold  Delisle  a  décrits  et  classés  dans  le  tome  XXVII  des  Notices 
et  extraits  des  manuscrits.  Plusieurs  des  manuscrits  signalés  par  M.  Tho- 
mas ont  une  réelle  importance.  L'un  d'eux,  le  n'  705  du  fonds  de  la 
Reine,  est  un  exemplaire  original.  Un  autre,  le  n*  697,  du  même  fonds, 
nous  fait  envisager  sous  un  jour  tout  à  fait  nouveau  la  question  des 
traductions  françaises  des  ouvrages  de  Bernard  Gui.  D'après  les  com- 
paraisons faites  par  M.  Thomas,  les  trois  points  suivants  paraissent 
démontrés  :  1*  une  première  traduction  des  Fleurs  des  chroniques  avait 
été  exécutée  avant  l'année  1368,  date  d'une  copie  que  Charles  V  s'en 


442 

fit  faire  et  qui  est  aujourd'hui  à  la  bibliothèque  de  la  chambre  des 
députés;  2»  en  1369,  Charles  V  fit  traduire  la  Chronique  abrégée  des 
papes  et  plusieurs  autres  opuscules  historiques,  par  le  carme  Jean 
Golein,  dont  le  manuscrit  original,  présenté  au  roi,  forme  le  n*  697  du 
fonds  de  la  Reine  au  Vatican  ;  3*  au  xiii*  siècle  fut  faite  une  seconde 
traduction  des  Fleurs  des  chroniques  et  de  plusieurs  autres  opnscales  de 
Bernard  Gui,  traduction  qui  nous  a  été  conservée  par  le  manuscrit 
français  GVII  do  Turin.  Ce  sont  là  des  résultats  d'un  grand  intérêt  poor 
notre  histoire  littéraire  et  pour  la  critique  des  ouvrages  de  l'un  des  plus 
notables  chroniqueurs  du  commencement  du  xrv«  siècle.  M.  Thomas  a 
joint  à  son  envoi  les  photographies  de  deux  miniatures ,  Tune  repré- 
sentant le  roi  Jean,  l'autre  le  carme  Jean  Golein  offrant  à  Charles  Y  sa 
traduction  de  Bernard  Gui.  » 

—  La  perte  si  profondément  regrettable  que  l'érudition  française  et 
les  lettres  du  moyen  âge  ont  faite  en  la  personne  de  M.  Paulin  Parie, 
décédé  le  13  février  1881,  sera  tout  particulièrement  ressentie  par 
rÉcoie  des  chartes.  M.  P.  Paris,  membre  de  l'Académie  des  inscrip- 
tions et  belles-lettres,  professeur  honoraire  au  collège  de  France,  con- 
servateur adjoint  honoraire  à  la  Bibliothèque  nationale,  était  en  outre, 
depuis  1847,  membre  du  conseil  de  perfectionnement  de  l'École  des 
chartes,  et  il  a  prouvé  son  attachement  à  l'École  par  l'assiduité  avec 
laquelle  il  a  exercé  ces  fonctions  jusqu'à  la  fin  de  sa  vie.  Il  avait  pris 
part  encore  à  l'examen  des  thèses  de  sortie  qui  ont  été  soutenues  en 
janvier  dernier  par  les  élèves  de  la  promotion  de  1881. 

La  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  s'honore  de  compter  M.  Paulin 
Paris  au  nombre  de  ses  collaborateurs  des  premières  années.  Il  a  donné 
à  notre  recueil  les  articles  suivants  : 

Notice  sur  la  vie  et  les  ouvrages  de  Richard  de  Foumival,  Tome  II  de 
la  l""»  série,  1840-1841,  pages  32  à  56. 

Redierches  sur  Ogier  le  Danois.  Tome  III,  1841-1842,  pages  521  à  538. 

La  Chanson  de  Roland  (édition  de  M,  Génin),  Tome  XU,  ou  II  de  la 
3«  série,  1851,  pages  297  à  338  et  393  à  414. 

M.  ALFRED  GIRAUD. 

La  Société  de  l'École  des  chartes  vient  de  perdre  un  de  ses  membres 
les  plus  distingués  en  la  personne  de  M.  Louis-Alfred  Giraud,  décédé 
à  Fontenay-le-Comte  (Vendée)  le  9  juillet  dernier.  Né  dans  la  même 
ville  le  3  août  1827,  il  avait  fait  ses  études  au  collège  de  Pont-Levoy,  et, 
bientôt  élève  à  la  fois  de  l'École  de  droit  et  de  l'École  des  chartes,  il 
devint  docteur  en  droit  en  1852  et  reçut  le  diplôme  d'archiviste  paléo- 
graphe, le  premier  de  sa  promotion,  le  15  novembre  1853.  Il  fit  paraître 
presque  en  môme  temps  une  savante  Dissertation  sur  le  divorce  et  la  sépa'^ 


U3 

ration  de  corps  (Paris,  1852,  in-8*  de  84  p.).  Il  se  décida  alors  en  faveur 
du  droit,  entra  dans  la  magistrature  et  fut  successivement  substitut  à 
Tours  en  1856 ,  procureur  impérial  à  Gien  en  1860  et  à  Parthenay  en 
1862,  vice-président  du  tribunal  de  Blois  en  1868  et  enfin  conseiller  à 
la  cour  d'Orléans  en  1876.  A  la  fois  poète,  littérateur  et  jurisconsulte, 
sans  parler  ici  d*un  volume  de  vers ,  il  fît  paraître  dans  divers  recueils, 
tels  que  le  Bulletin  du  bibliophile,  la  Revue  des  provinces  de  V Ouest,  Bre- 
tagne et  Poitou,  des  notices  sur  des  personnages  historiques  de  la  Ven- 
dée, ainsi  que  des  articles  juridiques  dans  les  revues  de  droit,  de  1859 
à  1864.  En  1869,  il  donna,  sous  le  titre  dHÉléments  du  droit  municipal, 
un  cours  professé  par  lui  à  Técole  normale  de  Parthenay,  et  relatif 
principalement  à  la  tenue  des  registres  de  Tétat  civil.  Absorbé  par  ses 
travaux  juridiques,  notre  confrère  avait  laissé  de  côté  les  études  de 
l'École  des  chartes  ;  cependant  il  a  communiqué  à  notre  recueil,  sous  le 
titre  de  Signatures  du  roi  Jean,  une  lettre  inédite  de  ce  roi  adressée  à 
son  fils  le  dauphin  Charles  (Bibl.  de  V École  des  chartes,  XVI®  année, 
1855,  p.  43).  Mais  il  avait  conservé  de  son  passage  parmi  nous  le  goût 
des  recherches  érudites;  aussi  il  publia  en  1877  dans  le  Correspondant 
une  étude  remarquée  sur  M^^  de  la  Vallière  et  son  temps,  d'après  des 
documents  inédits.  Au  moment  où  la  mort  est  venue  Tatteindre,  notre 
confrère  mettait  la  dernière  main  à  une  savante  édition  des  plus  belles 
poésies  de  son  compatriote  Nicolas  Rapin.  M.  Giraud  avait  été  élu 
député  de  la  Vendée  en  1871  par  54,000  suffrages;  il  était  officier 
d'académie  et  faisait  partie  depuis  1877  de  la  Société  archéologique  et 
historique  de  l'Orléanais.  Un  ancien  président  de  cette  société,  M.  Bou- 
cher de  Molandon,  lui  a  consacré  une  notice  pleine  d'une  émotion  sin- 
cère, d'où  nous  avons  extrait  les  détails  qui  précèdent  ^ 

FUNÉRAILLES  DE  M.  CLAUDE. 

M.  Claude,  bibliothécaire  au  département   des  manuscrits   de  la 
Bibliothèque  nationale,  s'est  éteint  le  3  février  1881,  après  une  longue 
maladie.  Les  paroles  suivantes  ont  été  prononcées  sur  sa  tombe  par 
M.  Léopold  Delisle  : 
Messieurs, 

Cette  tombe  ne  doit  pas  se  refermer  sans  que  j'exprime  en  deux  mots 
les  sentiments  que  la  mort  de  M.  Claude  éveille  dans  Pâme  de  tous  ses 

1.  M,  Alfred  Giraud ^  archiviste  paléographe  et  docteur  en  droit,  ancien 
député  de  la  Vendée,  conseiller  à  la  cour  d'appel  d'Orléans,  membre  de  la 
Société  archéologique  et  historique  de  l'Orléanais.  Notice  nécrologique  lue  en 
séance  par  M.  Boucher  de  Molandon ,  ancien  président  de  la  Société ,  membre 
non-résidant  du  comité  des  travaux  historiques.  Orléans ,  Herluison ,  libraire, 
1880.  In-8%  10  pages. 

8 


amis  de  la  Bibliothèque  nationale.  Il  y  aurait  injustice  à  ne  pas  dire  ici 
un  dernier  adieu  à  un  modeste  fonctionnaire  qui,  pendant  de  longaes 
années,  s'est  donné  tout  entier  au  département  des  manuscrits,  absolu- 
ment esclave  du  devoir  et  étranger  à  tout  calcul  d'ambition. 

Charles-Clément  Claude,  né  en  1798,  s'était  d'abord  destiné  au  bar- 
reau ;  mais  la  très  solide  instruction  qu'il  avait  reçue,  un  goût  prononcé 
pour  rhistoire  et  la  littérature,  une  mémoire  très  sûre,  un  amour  pas- 
sionné dos  livres  et  en  général  de  tous  les  documents  du  passé,  lui 
permirent  d'aborder,  sans  trop  de  désavantage,  à  l'âge  d'environ  quar- 
rante  ans,  une  carrière  à  laquelle  il  regretta  toujours  de  n'avoir  pu  se 
préparer  dès  la  jeunesse  en  suivant  les  cours  de  l'École  des  chartes. 
Attaché  en  1834  aux  travaux  historiques  dont  M.  Guizot  avait  donné  le 
plan  général  et  dont  le  principal  atelier  était  au  département  des  ma- 
nuscrits de  la  Bibliothèque,  Claude  fut  bien  vite  remarqué  et  protégé 
par  l'homme  à  qui  revient  en  grande  partie  l'honneur  d'avoir  restauré 
en  France  les  études  paléographiques  et  diplomatiques.  Les  conseils  de 
Benjamin  Guérard  et  une  collaboration  quotidienne  avec  l'élite  des 
jeunes  archivistes  paléographes  suffirent  pour  l'initier  en  peu  de  temps 
aux  plus  délicates  opérations  bibliographiques,  comme  aux  méthodes  et 
aux  procédés  de  l'érudition.  U  eut  promptement  fait  ses  preuves,  et  l'ad- 
ministration de  la  Bibliothèque  saisit  la  première  occasion  qui  se  pré- 
senta de  l'attacher  au  département  des  manuscrits.  U  reçut  sa  nomina- 
tion officielle  le  !«'  janvier  1841  ^ 

A  partir  de  ce  jour,  il  se  mit  corps  et  âme  au  service  de  l'établissement, 
et  jamais  Tadministration  n'eut  auxiliaire  plus  actif,  plus  vigHant  et 
plus  intègre,  pour  couper  court  à  des  abus  dont  la  gravité  ne  peut  plus, 
hélas  !  être  contestée,  depuis  qu'on  a  vérifié  les  mutilations  infligées  à 
nos  collections  pour  alimenter  le  commerce  des  livres  imprimés  ou  ma- 
nuscrits et  des  lettres  autographes.  Claude  comprit  l'importance  de  la 
mission  qui  lui  était  confiée  ;  il  la  remplit  avec  la  plus  scrupuleuse 
ponctualité,  sans  jamais  s'écarter  des  convenances  hiérarchiques,  dont 
aucun  employé  ne  fut  plus  scrupuleux  observateur.  L'un  des  premiers, 
il  entrevit  le  parti  que  des  malfaiteurs  pouvaient  tirer  du  désordre  de 
certaines  collections,  de  l'absence  de  cotes  et  de  l'habitude  de  commu- 
niquer des  papiers  non  classés  et  non  reliés.  Il  n'épargna  point  sa  peine 
pour  remédier  à  un  tel  état  de  choses.  Chargé  du  service  des  reliures  au 
département  des  manuscrits,  il  trouva  le  mal  si  profond  que,  pour  en 
arrêter  les  progrès,  il  fallait  y  apporter  au  plus  vite  les  remèdes  les  plus 
énergiques. 

Maintenant  que  nous  savons  comment  des  coflections  précieuses, 

1.  M.  Claude  fat  nommé  surnuméraire,  au  traitement  de  400  francs,  le  l**  jan- 
vier 1841  ;  employé,  au  traitement  de  1200  francs,  le  6  septembre  1844  ;  biblio- 
thécaire le  28  février  1862. 


415 

telles  que  celles  de  Baluze  et  de  Dupuy,  étaient  mises  en  coupes  réglées, 
nous  devons  être  bien  indulgents  pour  les  traces  de  précipitation  que 
nous  rencontrons  çà  et  là  dans  la  constitution  de  certains  volumes.  Le 
service  du  prêt,  comme  celui  de  la  reliure,  fut  remis  en  ordre  par 
Claude.  Nous  lui  devons  encore  la  tenue  régulière  des  registres  d'entrée, 
qui,  pour  les  périodes  antérieures,  présentent  tant  de  lacunes  et  d'obs- 
curités. 

Malgré  ces  occupations  multiples,  il  trouvait  encore  le  temps  de 
dresser  des  répertoires  et  d'aider  dans  leurs  recherches  la  plupart  des 
habitués  du  département  des  manuscrits.  Le  service  de  la  Bibliothèque 
l'absorbait  à  ce  point  qu'il  n'eut  jamais  l'idée  d'entreprendre  aucun 
travail  personnel.  U  connaissait  cependant  à  merveille  les  ressources 
que  nos  collections  offrent  aux  érudits,  et  la  part  qu'il  a  prise  à  l'édition 
du  Cartulaire  de  Saint^-Bertin  prouve  qu'il  était  bien  préparé  à  publier 
et  à  critiquer  les  textes  diplomatiques  du  moyen  âge.  Cette  aptitude  est 
encore  attestée  par  les  beÛes  copies  de  plusieurs  cartulaires  de  la  Cham- 
pagne et  de  la  Flandre  qu'il  a  exécutées  pour  la  Bibliothèque,  dans  les 
dernières  années  de  sa  vie,  quand  l'âge  avait  brisé  ses  forces,  sans 
affaiblir  son  intelligence  et  sans  altérer  l'élégante  fermeté  de  son 
écriture. 

En  afErmant  que  Claude  laissera  une  très  honorable  trace  de  son  pas- 
sage au  département  des  manuscrits,  je  ne  suis  pas  aveuglé  par  mon 
amitié  pour  un  homme  qui  m'accueillit  cordialement  à  la  Bibliothèque 
il  y  a  bientôt  trente-cinq  ans,  qui  m'a  transmis  les  plus  précieuses  tra- 
ditions de  l'établissement  et  qui  m'a  prodigué  tant  de  témoignages  du 
plus  affectueux  dévouement.  Ce  n'est  pas  en  mon  nom  personnel,  c'est 
au  nom  de  la  Bibliothèque  nationale,  qu'en  lui  adressant  ici  un  suprême 
adieu,  je  rends  hommage  à  la  droiture  de  son  caractère,  à  la  solidité  de 
son  jugement,  à  l'étendue  de  ses  connaissances  et  au  nombre  des  ser- 
vices par  lui  rendus  au  département  des  manuscrits. 

LES  ARCHIVES  DU  MINISTÈRE  DE  LA  MARINE. 

L'article  qu'on  va  lire  a  été  publié  par  notre  confrère  M.  Jules  Flam- 
mermont  dans  la  Revue  politiqite  et  littéraire  du  19  février  1881  : 

Comme  les  ministères  de  la  guerre  et  des  affaires  étrangères,  le  dépar- 
tement de  la  marine  conserve  dans  son  hôtel  ses  archives  anciennes  et 
modernes.  Ce  dépôt  est  aussi  riche  que  les  deux  autres  :  on  n'y  détient  pas 
seulement  les  papiers  qui  concernent  l'histoire  spéciale  de  la  marine  et 
des  colonies,  l'organisation  des  flottes,  la  construction  des  navires,  le 
recrutement  des  matelots  et  des  soldats,  les  guerres  maritimes,  les 
grands  voyages  d'exploration,  la  découverte,  la  colonisation  et  l'admi- 
nistration de  nos  possessions  d'outre-mer;  on  y  garde  encore  une  partie 


446 

notable  de  la  correspondance  des  consulats,  qui  jusqu'à  la  révolation 
ont  été  rattachés  à  ce  ministère,  et  bien  des  pièces  relatives  aux  a£Gure8 
intérieures  du  royaume.  C'est  donc  une  mine  des  plus  abondantes  en 
excellents  matériaux  pour  Thistoire  de  notre  pays,  de  nos  colonies  et  de 
toutes  les  nations  avec  lesquelles  nous  avons  eu  des  guerres  maritimes 
ou  entretenu  des  relations  commerciales. 

Gomment  se  fait-il  qu'un  dépôt  d'une  telle  importance  ait  été  jusqu'ici 
si  peu  exploré?  D*où  vient  que  les  historiens  en  ont  si  peu  profité?  Cest 
qu'il  a  toujours  été  et  est  encore  dans  un  désordre  tel,  que  les  recherches 
sérieuses  y  sont  impraticables. 

Gomme  nos  maîtres  et  la  plupart  des  érudits  qui  s'occupent  des  temps 
modernes,  nous  connaissions  vaguement  cet  état  de  choses  lamentable  ; 
aussi,  bien  qu'il  se  trouve  dans  ces  archives  un  grand  nombre  de  docu- 
ments indispensables  pour  nos  études  personnelles  sur  les  institutions 
de  la  France  avant  la  révolution,  nous  hésitions  à  y  risquer  des  inves- 
tigations, quand  nous  apprîmes  tout  récemment  que  le  principal  auteur 
et  le  plus  ardent  défenseur  de  ce  système  d'obstruction  allait  être  mis 
en  retraite.  U  devait,  pensions-nous,  avoir  perdu  dès  aujourd'hui  un 
peu  de  son  prestige  et  de  son  influence  ;  reprenant  courage,  nous  solli- 
citâmes du  ministre  l'autorisation  d'entrer  dans  le  sanctuaire.  M.  l'ami- 
ral Gloué  s'empressa  de  nous  l'accorder,  et,  quoique  sa  bienveillance  et 
son  généreux  appui  nous  aient  été  peu  utiles ,  il  nous  permettra  de  lui 
en  offrir  ici  nos  meilleurs  et  nos  plus  sincères  remerciements. 

Nous  entrons;  mais,  hélas!  il  nous  fallut  peu  de  temps  pour  recon- 
naître que  les  archives  de  la  marine  étaient  toujours  dans  le  même  état 
et  qu'à  moins  d'y  consacrer  de  longues  et  fréquentes  séances  pendant 
plusieurs  années ,  il  serait  impossible  de  trouver  dans  cet  inextricable 
chaos  les  importants  documents  qui  y  sont  et  dont  nous  regrettons 
chaque  jour  de  ne  connaître  que  l'existence. 

Le  premier  soin  du  chercheur  qui  s'engage  dans  un  dépôt  d'archives 
est  de  solliciter  la  communication  de  l'inventaire,  guide  indispensable 
pour  se  diriger  dans  ce  labyrinthe.  Nous  avons  fait  comme  tout  le  monde, 
et,  plus  heureux  que  beaucoup  de  nos  devanciers,  nous  avons  eu  la 
bonne  fortune  d'être  adressé  à  un  employé  des  plus  obligeants. 

Quel  inventaire,  grands  dieux  !  Ces  archives  qui  contiennent  plus  de 
quarante  mille  articles ,  tant  registres  que  cartons ,  savez-vous  en  com- 
bien de  pages  elles  sont  écrites?  En  moins  de  soixante,  petit  in-folio, 
d'une  belle  grosse  écriture  ronde,  où  les  blancs  tiennent  la  plus  grande 
place  I 

Dans  la  galerie  B  se  trouvent  conservés  1150  cartons  et  1422  volumes, 
qui  contiennent  les  papiers  de  toutes  nos  colonies ,  tant  de  celles  que 
nous  avons  perdues  que  de  celles  qui  nous  restent,  depuis  leur  origine 
jusqu'à  nos  jours.  Groirait-on  que  l'inventaire  de  cette  collection  si  con- 
sidérable ne  comprend  pas  plus  de  trois  pages?  Mais  il  y  a  mieux  :  dans 


U7 

la  galerie  J  sont  des  documents  d'une  importance  capitale ,  catalogués 
ainsi  :  «  Ordres  du  roi  et  dépêches  des  ministres,  1662  à  1789;  641  "volumes. 
Cette  correspondance,  qui  commence  à  la  direction  des  affaires  de  la 
marine  par  C!olbert,  sous  le  ministère  de  Hugues  de  Lionne,  est  du  plus 
haut  intérêt.  »  Puis  viennent  quelques  lignes  relatives  aux  travaux  de 
compilation  entrepris  autrefois  pour  fixer  les  traditions  administratives, 
et  c'est  tout!  pas  d'autre  indication  utile  1 

Attendez  ;  vous  n'êtes  pas  au  bout;  il  y  a  mieux  encore.  Sous  ce  titre  : 
Campagnes  de  1572  à  1789,  on  lit  ces  lignes  d'une  fantaisie  invraisem- 
blable : 

«  La  partie  la  plus  brillante  des  documents  correspond  naturellement 
à  l'éclat  des  hommes  qui  se  sont  le  plus  distingués  dans  les  combats. 
Cette  partie  est  celle  des  ministères  de  Colbert  et  de  Seignelay. 

«  A  partir  des  Phélippeaux,  la  guerre  prend  une  autre  allure.  La 
course  est  favorisée.  La  victoire  de  Velez-Malaga  est  la  dernière  bataille 
maritime  de  Louis  XIY,  malgré  les  plaintes  de  Coëtlogon,  de  d'Estrées 
et  du  comte  de  Toulouse.  Le  roi  prête  alors  ses  navires,  qu'il  n'a  plus 
le  moyen  d'armer,  et  c'est  la  course  qui  a  les  honneurs  de  la  fin  d'un 
règne  après  lequel  le  pays  surmené  semble  plus  n'avoir  qu'un  besoin  : 
celui  de  retrouver  dans  la  paix  des  forces  et  de  l'argent. 

c  Aussi  les  documents  n'ont  plus  le  môme  caractère;  mais  leur  inté- 
rêt n'a  pas  cessé  pour  cela.  Seulement  il  est  différend  (sic)  et  souvent 
triste.  » 

Ces  phrases  vides  et  déclamatoires  continuent  pendant  deux  pages , 
et  les  pièces  ne  sont  ni  analysées,  ni  comptées,  ni  numérotées;  elles  ne 
portent  même  pas  l'estampille ,  elles  sont  à  la  merci  du  premier  qui 
voudrait  s'en  emparer  !  —  Ne  riez  pas  ;  il  faudrait,  au  contraire,  s'indi- 
gner en  voyant  le  dédain  avec  lequel  sont  traités  les  plus  chers  intérêts 
de  notre  histoire  nationale.  Ou  plutôt  faisons  appel  à  l'esprit  libéral  de 
nos  amiraux',  qui  ont  tant  à  cœur  la  gloire  de  leurs  devanciers  et  l'hon- 
neur de  leur  noble  et  périlleuse  profession;  prions-les  de  s'unir  à  nous 
pour  demander  au  ministre  de  mettre  un  terme  au  plus  tôt  à  cette 
négligence  scandaleuse. 

Mais  il  y  a  une  réponse  :  —  A  la  place  d'inventaires  manuscrits  ou 
imprimés,  on  a  des  catalogues  vivants,  qui  sont  MM.  les  conservateurs. 
Ils  connaissent  bien  leurs  archives ,  ils  en  possèdent  l'inventaire  dans 
leur  mémoire.  —  En  vérité,  nous  fera-t-on  croire  qu'il  existe  un  homme 
capable  d'avoir  toujours  présente  à  l'esprit ,  avec  des  détails  suffisants , 
l'analyse  de  quarante  mille  volumes  ou  cartons?  Dans  un  catalogue 
vivant  on  ne  trouve  ni  le  nombre  des  volumes  et  des  cartons,  ni  celui 
des  pièces  contenues  dans  chacun  d'eux;  sans  compter  qu'un  catalogue 
vivant  ne  se  laisse  pas  facilement  feuilleter! 

Est-il  concevable  que  la  marine,  si  fière  à  juste  titre  de  sa  comptabi' 
lité'matières ,  tolère  un  semblable  désordre  et  paraisse  attacher  à  ses 


us 

véritables  titres  de  noblesse,  aux  lettres  de  ses  ministres  et  de  ses  grands 
capitaines,  aux  documents  les  plus  précieux  de  son  histoire,  moins 
d'importance  qu'aux  clous,  aux  rivets  et  à  tous  les  autres  menus  objets 
dont  on  tient  dans  ses  arsenaux  des  comptes  détaillés  sur  de  magnifiques 
registres?  Notez  que  le  service  des  archives  fait  partie  de  la  direction 
de  la  comptabilité,  qui  est  confiée  à  un  inspecteur  des  finances  éminent. 
Ciomment  les  intéresses  ont-ils  eu  Thabilcté  de  cacher  cette  situation 
déplorable  aux  ministres  et  aux  directeurs  qui  depuis  trente  ans  se  sont 
succédé  place  de  la  CSoncorde? 

Encore  si  les  registres,  si  les  titres  étaient  rangés  dans  un  ordre  satis- 
faisant, il  n'y  aurait  que  demi-mal,  du  moins  pour  les  érudits  :  ils 
pourraient  avoir  l'espérance  de  trouver  quelques  documents  en  se  pro- 
menant dans  les  galeries  sous  la  conduite  d'un  employé  complaisant; 
mais  il  n'en  est  rien.  On  voulut  bien  chercher  avec  nous,  sur  les  rayons, 
les  volumes  qui  pouvaient  nous  intéresser;  mais  les  découvrir  n'était 
pas  chose  facile  ou  même  possible  :  ni  cartons  ni  volumes  ne  sont 
numérotés,  et,  si  jamais  ils  ont  eu  une  place  assignée,  il  y  a  longtemps 
qu'ils  ne  l'ont  plus  et  sont  dispersés  çà  et  là.  Dans  ces  derniers  temps, 
on  a  voulu  classer  les  pièces  conservées  en  cartons  et  les  faire  relier; 
mais  ce  travail  a  été  fait  si  légèrement  et  si  vite  qu'il  en  est  résulté  un 
fouillis  inextricable.  Citons  un  exemple  :  le  fonds  de  VInde  française, 
qui  ne  comprend  pas  plus  de  280  volumes,  a  environ  cinquante  cartons 
de  supplément,  pleins  de  pièces  qui  n'avaient  pas  été  mises  à  leur  place 
avant  la  reliure,  sans  compter  toutes  celles  qui  ont  été  disséminées 
ailleurs.  Là  aussi  les  pièces  ne  sont  pas  comptées  et  les  volumes  ne 
portent  aucun  numéro  d'ordre.  M.  le  conseiller  d'État  Delarbre,  naguère 
directeur  de  la  comptabilité,  avait  compris  la  nécessité  de  changer  ce 
système;  il  avait  chargé  un  jeune  archiviste  paléographe  des  plus  dis- 
tingués de  classer  certains  fonds  et  d'en  faire  l'inventaire  détaillé;  mais 
ce  travail  était  à  peine  commencé  quand  M.  Delarbre  prit  un  autre 
service;  aussitôt  on  s'occupa  activement  de  faire  revivre  les  vieilles 
méthodes ,  c'est-à-dire  de  s'opposer  aux  classements  et  aux  inventaires 
prescrits  par  l'ancien  directeur  et  par  le  règlement. 

Il  y  a,  en  effet,  un  règlement  de  1862  sur  les  archives  de  la  marine, 
dont  un  extrait  est  même  affiché  dans  ce  qui  forme  ici  la  salle  du 
public,  une  chambrette  où  trois  personnes  peuvent  à  peine  travailler; 
règlement  fort  sage ,  comme  tous  les  règlements  :  il  suffirait  d'y  faire 
quelques  additions  et  corrections  pour  le  rendre  excellent.  Mais  il  n'a 
pas  produit  les  effets  qu'en  espéraient  les  auteurs,  parce  que  ceux  qui 
étaient  chargés  de  l'appliquer  avaient  tout  intérêt  à  se  soustraire  à  ce 
devoir  et  qu'au-dessus  d'eux  il  n'y  avait  personne  pour  les  y  obliger.  Il 
existe  bien  une  commission  chargée  de  surveiller  le  classement  et  l'in- 
ventaire des  archives;  mais  cette  commission,  présidée  par  un  amiral, 
est  composée  uniquement  de  marins.  C'est  sur  ce  point  que  devraient 


449 

porter  les  premières  modifications,  car  il  y  a  là  plus  qu'un  intérêt 
maritime.  Le  ministère  de  la  marine  pourrait  suivre  l'exemple  donné 
par  le  ministère  des  affaires  étrangères  et  mettre,  comme  lui,  dans  sa 
commission  des  archives,  des  membres  du  parlement,  des  historiens  et 
des  archivistes  de  profession,  rompus  au  métier,  à  côté  des  marins  et 
des  administrateurs.  Ainsi  réorganisée,  cette  commission  proposerait 
au  ministre  les  réformes  utiles,  arrêterait  les  bases  d'un  classement 
méthodique  et  rationnel,  surveillerait  la  rédaction  des  inventaires.  Pour 
faire  de  bonne  besogne,  il  suffirait  de  quelques  milliers  de  francs  chaque 
année,  afin  d'augmenter  le  personnel,  tout  à  fait  insuffisant,  et  de  faire 
aux  employés  une  situation  digne  de  leurs  mérites  et  de  leurs  services. 
L'inventaire  serait  publié,  s'il  y  avait  lieu.  Pour  cet  objet,  les  chambres 
ne  refuseraient  pas  à  M.  Pamiral  Cloué  les  crédits  supplémentaires 
qu'elles  ont  accordés  de  si  bonne  grâce  à  M.  de  Freycinet,  quand  celui-ci 
a  su  imposer  l'ouverture  des  archives  du  ministère  des  affaires  étran- 
gères. N'oublions  pas  qu'il  s'agit  de  notre  histoire  coloniale,  si  intéres- 
sante en  un  moment  où  la  France  cherche  à  se  développer  pacifique- 
ment au  dehors. 

La  lettre  suivante,  que  notre  confrère  a  fait  insérer  dans  le  journal 
le  Siècle^  n^  du  jeudi  3  mars  1881,  complète  les  renseignements  qui 
avaient  été  publiés  par  la  Revue  politique  et  littéraire. 

Monsieur  le  directeur. 

Permettez -moi  de  vous  présenter  mes  plus  chaleureux  remercie- 
ments pour  le  bienveillant  appui  que  vous  avez  bien  voulu  prêter  dans 
le  Siècle  de  jeudi  à  l'article  publié  par  moi  dans  la  Revue  politique  et 
littéraire  sur  les  archives  de  la  marine.  Veuillez  croire,  monsieur  le 
directeur,  que  je  vous  en  suis  vivement  reconnaissant  et  que  je  sens 
tout  le  prix  de  votre  concours,  qui  nous  est  absolument  nécessaire  pour 
vaincre  la  résistance  désespérée  que  les  bureaux  du  ministère  opposent 
à  la  réforme  sollicitée  du  ministre  par  tous  les  érudits  et  par  tous  ceux 
qui  s'intéressent  à  notre  histoire  nationale. 

Elle  est  cependant  bien  modeste,  cette  réforme,  et  on  ne  s'ex- 
plique que  difficilement  les  craintes  qu'elle  inspire.  Quoi  de  plus 
simple  en  effet  et  de  plus  logique  que  d'introduire,  dans  une  commis- 
sion destinée  à  surveiller  le  classement  et  l'inventaire  de  riches  archives, 
des  membres  du  parlement,  des  historiens  et  des  archivistes  de  profes- 
sion, à  côté  des  marins,  qui  aujourd'hui  sont  seuls  chargés  de  cette 
mission  et  n'ont  peut-être  pas  toutes  les  connaissances  spéciales  qu'exige 
ce  service  ? 

On  sait  cependant  les  effets  désastreux  qu'a  produits  ce  système.  Les 
conservateurs,  peu  gênés  par  la  surveillance  de  cette  commission,  qui, 
parait-il,  ne  tient  qu'une  seule  séance  chaque  année,  ont  laissé  dans  le 


120 

plus  grand  désordre  l'admirable  dépôt  dont  ils  avaient  la  charge  et  la 
direction.  Encore  anjourd'hoi  les  documents  ne  sont  pas  classéi  et  les 
cartons  d'une  même  série  sont  dispersés.  Il  est  vrai  qne,  dans  ces  der- 
nières années,  on  a  réuni  et  relié  ensemble  un  grand  nombre  de  pièces 
et  qu'on  a  formé  des  milliers  de  volumes  ;  mais  cette  opération  s'est 
faite  si  vite  et  dans  do  telles  conditions,  que  le  remède  a  de  beaucoup 
aggravé  le  mal  et  qu*il  en  est  résulté  une  confusion  incroyable.  Il  n'y  a 
pas  d'inventaire  où  ces  titres  soient  décrits  et  analysés  et  oii  lenr 
nombre  soit  enregistré.  On  ne  s'est  mi^me  pas  imposé  la  peine  de 
donner  un  numéro  d  ordre  anx  volumes  et  aux  cartons  et  de  compter 
les  pièces  contenues  dans  chacun  d'eux,  et,  comme  les  documents  ne 
portent  pas  l'empreinte  du  timbre  de  ces  archives,  on  peut  enlever  tous 
ceux  qui  ont  quelque  valeur  sans  que  jamais  personne  puisse  s'en  aper- 
cevoir. Aussi  les  voleurs  qui  ont  la  spécialité  d'exploiter  les  dépôts 
d'archives  ont  eu  beau  jeu  dans  cette  collection  si  riche  en  titres  pré- 
cieux, et,  comme  le  disait  tout  récemment  un  illustre  savant,  depuis 
Libri  jusqu'à  nos  jours  les  catalogues  d'autographes  sont  remplis  de 
documents  soustraits  aux  archives  de  la  marine. 

Il  est  facile  de  prouver  que  ce  n'est  pas  là  un  vain  bruit,  et  nous 
pourrions  citer  de  nombreux  catalogues  qui  nous  fourniraient  des 
preuves  sans  nombre  de  ce  fait  scandaleux.  Mais  je  dois  au  moins  dans 
cette  lettre  me  borner  aux  plus  frappants  et  je  prendrai  seulement  les 
inventaires  des  deux  collections  les  plus  récentes  et  les  plus  impor- 
tantes. Gela  suffira,  je  l'espère,  monsieur  le  directeur,  pour  convaincre 
les  personnes  les  plus  hostiles  à  la  réforme  proposée. 

Dans  le  catalogue  de  l'incomparable  collection  d'autographes  formée 
par  M.  Benjamin  Fillon,  il  y  a  toute  une  série  spécialement  consacrée  aux 
navigateurs,  qui  fut  vendue  aux  enchères  à  l'hôtel  Drouot,  en  juillet 
1878.  On  y  trouve  décrites  les  pièces  suivantes,  qui,  sans  aucun  doute, 
sont  indûment  sorties  des  archives  de  la  marine  à  une  époque  difficile 
à  déterminer,  mais  postérieure  à  1837,  au  moins  pour  l'une  d'elles.  Je 
copie  l'inventaire  publié  par  M.  Etienne  Gharavay. 

«  N«  639.  —  Lapérouse  (Jean-François  de  Galaup,  comte  de). 

<  Pièce  signée  ;  à  bord  de  la  Boussole^  28  juillet  1785,  une  page  in-i2 
c  oblong. 

«  Visa  sur  une  demande  écrite  et  signée  par  le  chevalier  de  Glonard. 
c  Gette  pièce  est  de  peu  antérieure  au  départ  de  l'expédition  scientifique 
<  pendant  laquelle  Lapérouse  et  Glonard  périrent  tous  deux.  » 

f  660.  —  Bougainviïle  (Louis-Antoine  de). 

a  Pièce  signée  ;  à  bord  de  la  Boudeuse,  11  décembre  1767,  une  page 
c  in-folio  ;  2®  pièce  signée  ;  à  bord  de  la  Boudeuse^  10  janvier  1769, 
«  3/4  de  page  in-folio. 

«  Procès- verbaux  dressés  pendant  le  voyage  de  Bougainviïle  autour  du 
c  monde,  le  premier  dans  le  détroit  de  Magellan,  le  second  dans  la  rade 


124 

«  du  Gap  de  Bonne-Espérance.  La  pièce  est  signée  de  plusieurs  officiers 
c  de  l'expédition.  > 

«  661.  Dumont  d'Urville  (Jules-Sébastien-Gésar). 

ff  Proposition  d'un  officier,  d'un  dessinateur  et  d'un  secrétaire.  Pièce 
«  autographe  signée  ;  17  avril  1837,  2  p.  in-4o. 

«  Dumont  d'Urville  préparait  alors  sa  dernière  expédition,  qui  partit 
«  de  Toulon  le  7  septembre  suivant.  L'officier  proposé  était  Marescot, 
c  enseigne  de  vaisseau,  qui  s'embarqua  sur  la  Zélée  ;  le  dessinateur, 
c  Ernest- Auguste  Goupil ,  le  secrétaire,  Casimir  Desgraz,  qui  prirent 
«  l'un  et  l'autre  place  sur  V Astrolabe.  Au  bas  se  trouve  l'approbation  de 
«  l'amiral  Rosamel,  alors  ministre  de  la  marine.  > 

Il  est  indéniable  que  ces  trois  documents  importants  ont  été  dis- 
traits des  archives  de  la  marine,  du  fonds  intitule  :  Campagnes^  fonds 
qui  a  été  classé  et  relié  de  la  façon  la  plus  déplorable. 

Mais  voici  une  série  de  curieux  exemples,  que  tous  ceux  qui  le 
désireront  pourront  facilement  vérifier  : 

Le  lundi  7  mars  et  les  deux  jours  suivants,  on  vendra  à  la  salle 
Silvestre  l'importante  collection  d'autographes  de  feu  M.  Ghambry 
et  les  pièces  seront  exposées,  du  2  au  4  mars,  chez  l'expert, 
M.  E.  Gharavay,  qui  en  a  dressé  le  catalogue.  Parmi  vingt  autres 
pièces,  je  choisis  les  suivantes,  qui  me  paraissent  les  plus  importantes  : 

«  40.  Bart  (Jean).  Lettre  signée  à  monseigneur...  (18  septembre  1695), 
t  1  page  1/2  in-4«. 

«  Compte-rendu  du  voyage  ot.  il  accompagnait  le  prince  de  Gonti  qui 
c  se  rendait  en  Pologne  dont  il  avait  été  élu  roi.  > 

«  211.  M.  Duguay-Trouin  (René).  Lettre  autographe  signée  à  mon- 
ff  seigneur...  Brest,  16  décembre  1708,  3  pages  in-folio. 

a  Superbe  lettre  oi!i  il  sollicite  des  grâces  pour  ses  armateurs,  qui  ont 
a  subi  de  grandes  pertes.  11  expose  ensuite  un  projet  de  campagne,  mais 
«  demande  le  secret.  > 

<  21 7.  Duquesne  (Abraham) .  Lettre  autographe  signée  à  monseigneur. . . 
«  Le  Havre,  17  juin  1670,  2  pages  in-4*>. 

«  Il  vient  de  donner  ses  avis  sur  les  travaux  du  port  du  Havre  et  il 
«  va  revenir  à  la  cour.  » 

c  493.  Orléans  (duc  d').  Lettre  autographe  signée  L.-P.  Joseph  Éga- 
t  lité,  au  ministre  ;  Paris,  31  janvier  1793.  3/4  de  p.  in-4®. 

«  Belle  lettre  de  remerciements  de  l'envoi  de  son  brevet  d'amiral  des 
<c  armées  navales  de  la  république  française.  > 

«  620.  Suffren  (Pierre- André,  bailli  de).  Lettre  autographe  signée  à 
(C  monseigneur...;  à  bord  de  la  Mignon^  au  Pirée,  26  janvier  1775, 
c  2  pages  1/4  in-folio. 

«  Superbe  lettre  oi!i  il  rend  compte  de  la  mission  qui  lui  avait  été 
<  confiée.  > 

«  636.  Tourville  (Anne  Hiiarion  de  Gostentin,  marquis  de).  Lettre 


422 

c  autographe  signée  a  monseigneur...,  rade  d'Alger,  9  septembre  (1682), 
«  8  pages  in-folio. 

(t  Pièce  historique  où  il  rend  compte  des  opérations  devant  Alger  et 
c  critique  la  conduite  de  Duquesne.  Très  curieux  détails  à  ce  sujet.  » 

Tous  ces  documents  si  importants  pour  notre  histoire  ont  été 
adressés  aux  ministres  de  la  marine  et  ont  été  dérobés  aux  archives  de 
ce  ministère.  Il  est  facile  de  s'en  assurer  par  un  rapide  examen.  Par 
exemple,  nous  allons  décrire  sommairement  la  lettre  de  Duguay-Trouin 
au  ministre  Jérôme  Phyli peaux  de  Pontchartrain.  Elle  porte  en  tôte  le 
nom  du  bureau  auquel  elle  fut  renvoyée  et  le  numéro  de  Tenr^stre- 
ment  :  c  Prises  n*  35  >,  et  au  dos  on  lit  cette  mention  :  c  M.  de  Riche- 
bourg,  réponse.  »  C'est  le  nom  du  premier  commis  chargé  par  le 
ministre  de  lui  fournir  des  rcnsciguements  et  de  préparer  un  projet  de 
réponse.  On  voit  que  certainement  cette  pièce  a  fait  partie  du  fonds  des 
prises,  qu'elle  en  a  été  enlevée  par  un  voleur  et  qu'elle  est  ensuite 
arrivée  plus  ou  moins  directement  dans  la  collection  de  M.  Ghambry. 

Si  les  pièces  contenues  dans  ces  riches  archives  étaient  classées, 
inventoriées  et  comptées,  les  conservateurs  auraient  les  moyens  de 
découvrir  les  vols  qu'on  pourrait  commettre  dans  leur  dépôt,  et,  si  les 
titres  étaient  décrits  dans  un  bon  inventaire  et  s'ils  portaient  une 
estampille,  on  pourrait  revendiquer  ceux  qui  auraient  été  dérobés,  quand 
ils  viendraient  à  passer  en  vente. 

Aujourd'hui  cela  est  absolument  impossible  et  il  est  permis  de  dire 
tout  haut  que  les  documents  les  plus  précieux  pour  notre  histoire  sont 
à  la  merci  de  tous  ceux  qui  ont  accès  dans  les  archives  du  ministère  de 
la  marine.  Par  contre,  ils  sont  pour  ainsi  dire  complètement  inutiles 
aux  historiens,  car  il  est  impossible  de  faire  des  recherches  sérieuses 
dans  ce  dépôt,  puisqu'il  n'est  ni  inventorié,  ni  classé. 

Vous  voyez,  monsieur  le  directeur,  qu'il  est  grand  temps  qu'une 
réforme  radicale  soit  opérée  dans  ce  service  si  important  et  que  la 
presse  n'aura  jamais  donné  son  concours  à  une  œuvre  plus  utile  et  plus 
urgente.  L'honneur  de  la  France  est  engagé  dans  cette  question,  car 
déjà  les  savants  européens  n'ont  eu  que  trop  d'occasion  de  se  moquer  de 
nous  au  sujet  des  soi-disant  historiographes  de  la  marine  française. 
Aussi  j'ai  le  ferme  espoir  que  M.  l'amiral  Cloué,  éclairé  sur  la  valeur 
des  objections  présentées  par  les  intéressés,  triomphera  de  toutes  les 
résistances  et  prendra  des  mesures  pour  assurer  dans  ce  beau  dépôt  un 
ordre  durable. 

Enfin  M.  Flammermont  a  fait  insérer  la  note  suivante  dans  la  Revue 
politique  et  littéraire  du  12  mars  : 

Rarement  article  de  revue  aura  atteint  son  but  et  obtenu  un  résultat 
utile  avec  autant  de  promptitude  que  celui  de  M.  Jules  Flammermont 


428 

sur  les  Archives  du  ministère  de  la  marine,  inséré  dans  notre  numéro 
du  19  février.  M.  Flammermont,  on  s'en  souvient,  signalait  le  désordre 
extrême  qui  règne  dans  ce  précieux  dépôt,  les  défectuosités  du  classe- 
ment, les  fantaisies  de  l'inventaire.  Il  ajoutait  que  dans  Tétat  actuel  de 
cette  belle  collection  les  vols  les  plus  considérables  pouvaient  se  com- 
mettre impunément.  Il  exprimait  le  vœu  que  le  comité  des  archives  de 
la  marine  reçût  dans  son  sein  des  archivistes  et  des  hommes  compé- 
tents, sachant  ce  que  c'est  que  classer,  inventorier  et  garder  des  docu- 
ments. —  Le  7  mars  dernier,  M.  l'amiral  Cloué  annonçait  à  la  com- 
mission  du  budget  que  «  ces  archives  seraient  placées  désormais  sous 
la  surveillance  de  la  commission  des  documents  historiques  ^  » 

Voilà  donc  un  grand  pas  de  fait.  U  faut  dire  que  notre  collaborateur 
n'avait  pas  tardé  à  prouver  que  les  vols  étaient  possibles  en  établissant 
qu'il  y  avait  eu  des  vols  commis.  Le  3  mars,  il  adressait  au  Siècle  une 
lettre,  publiée  le  lendemain,  dans  laquelle  il  désignait  nominativement 
une  série  de  pièces,  des  plus  importantes,  qui  avaient  été  soustraites 
aux  archives  de  la  marine.  Les  unes,  faisant  partie  de  la  collection  de 
M.  Benjamin  Fillon,  avaient  été  vendues  à  l'hôtel  Drouot  en  juillet 
1878;  les  autres,  appartenant  à  la  collection  Ghambry,  étaient  à  la 
veille  de  figurer  dans  une  vente,  les  7,  8  et  9  mars.  De  celles-ci 
M.  Flammermont  signalait  six,  dont  il  donnait  la  description. 

En  réponse,  la  Liberté  publia  dans  son  numéro  du  5  mars  cette  note 
quasi-officieuse  : 

c  M.  Jules  Flammermont  révélait  récemment,  dans  la  Revue  politique 
et  littéraire,  l'état  de  désordre  dans  lequel  se  trouvent  les  archives  de  la 
marine.  Il  résulte  d'une  lettre  de  cet  archiviste  que  ce  précieux  dépôt 
serait  mis  au  pillage  par  des  amateurs  qui  y  prennent  à  leur  gré  des 
pièces  du  plus  haut  intérêt. 

t  Les  révélations  faites  par  M.  Flammermont  ne  sont  que  trop  fon- 
dées :  des  pièces  importantes  ont  disparu  des  archives  de  la  marine,  où 
ne  régnait  pas  sans  doute  le  même  ordre  que  l'on  trouve  dans  tous  les 
autres  services  de  l'administration  centrale.  La  disparition  de  ces  pièces 
a  vivement  impressionné  l'honorable  ministre  de  la  marine,  qui  a  immé- 
diatement nommé  une  commission  pour  faire  une  enquête  à  ce  sujet  ; 
cette  commission  fonctionne  depuis  plusieurs  jours,  et  nos  renseigne- 
ments nous  permettent  d'affirmer  que  des  mesures  énergiques  vont  être 
prises  pour  arriver  à  la  découverte  de  la  vérité  et  surtout  à  reconnaître 
sur  qui  doit  retomber  la  responsabilité  du  détournement  des  auto- 
graphes. » 

En  effet,  opposition  avait  été  mise  à  la  vente  des  pièces  indiquées.  Il 
n'y  aurait  donc  qu'à  s'applaudir  du  résultat  qui  a  immédiatement 

1.  Voir  le  procès- ?erbal  de  cette  séance  de  la  commission  du  budget  dans  la 
République  française  du  mercredi  9  mars. 


424 

récompensé  les  offortB  de  notre  collaborateur.  Toutefois,  si  nous  nous 
félicitons  de  voir  les  archives  de  la  marine  passer  sous  la  surveillance 
de  la  commission  des  documents  historiques,  nous  prenons  acte  avec 
un  plaisir  égal  de  cette  déclaration  de  M.  Tamiral  Cloué  devant  la  com- 
mission du  budget,  qu'il  allait  c  préparer  une  réorganisation  du  ser- 
vice ».  C'est  un  point  qui  nous  parait  aussi  important  que  la  tutelle  de 
la  commission  des  documents  historiques.  Il  ne  sufQt  pas  que  la  haute 
surveillance  soit  mise  en  des  mains  compétentes  ;  il  est  essentiel  qne 
les  employés  des  archives  soient  eux-mêmes  compétents  et  rompus  an 
métier.  Nous  croyons  que  cette  nécessité  a  déjà  frappé  Tattention  de 
M.  le  ministre.  Chose  singulière  !  TÉtat  entretient  une  école  spéciale 
pour  former  des  archivistes,  que  souvent  il  case  mal  et  quelquefois  ne 
case  pas  du  tout,  après  qu'ils  ont  obtenu  un  diplôme  qui  est  le  fruit 
de  sérieux  efforts  ;  et  les  ministères  n'ont  pas  toujours  soin  de  confier 
à  des  archivistes  paléographes  la  garde  des  documents  qu'ils  possèdent. 
La  conséquence,  la  voici  :  M.  Flammermont  avait  désigné,  à  titre 
d'exemples,  six  pièces  parmi  celles  qu'annonçait  le  catalogue  de  la  vente 
Chambry  :  ces  six  pièces  seulement  ont  été  revendiquées  par  le  minis- 
tère. D'autres,  également  importantes,  également  soustraites  à  la 
marine,  ont  passé  tranquillement  dans  les  mains  de  nouveaux  proprié- 
taires. M.  Flammermont  a  pu  en  sauver  une,  de  ses  deniers  (une  lettre 
de  Dugommier  au  citoyen  Adct,  adjoint  au  ministre  de  la  marine,  en 
date  du  8  juillet  1793).  U  était  facile,  avec  le  catalogue,  de  revendiquer 
tout  ce  qui  était  le  bien  de  l'État.  Seulement  il  fallait  s'en  aviser  ;  c'est 
ce  qu'auraient  fait  des  hommes  du  métier.  Qn  voit  qu'il  y  a  urgence  à 
f  réorganiser  »  ce  service. 

Le  Siècle  du  20  mars  fait  connaître  la  composition  de  la  nouvelle 
commission  des  archives  de  la  marine.  Nous  y  remarquons  avec  plaisir 
le  nom  d'un  de  nos  confrères.  Les  membres  de  la  commission  sont 
aujourd'hui  MM.  le  contre-amiral  Périer  d'Hauterive,  président,  Giraud, 
commissaire  général,  CourejoUes,  capitaine  de  frégate,  et  Didier-Neu- 
ville, archiviste  paléographe. 


FACULTÉ  DE  DROIT  DE  PAÏUS. 

PRIX  DU  CONCOURS  ROSSI. 

En  exécution  du  legs  de  M°^«  la  comtesse  Rossi,  la  faculté  de  droit 
de  Paris  met  au  concours  les  questions  suivantes  pour  1883  : 

LÉGISLATION  CIVILE.  —  Exposer^  Comparer  et  apprécier  les  règles  établies 
par  le  droit  romain^  le  droit  français  ancien  et  moderne  et  les  principales 
législations  étrangères  pour  la  protection  des  intérêts  moraux  et  pécU' 


425 

niaires  des  mineurs.  —  Jusqu'à  un  certain  âge,  l'homme  est  incapable, 
ou  du  moins  n'est  pas  pleinement  capable  de  se  diriger  lui-même  et  de 
pourvoir  à  la  gestion  de  ses  affaires.  La  législation  a  dû  intervenir  sous 
un  double  aspect  :  —  en  déterminant  l'étendue  et  les  effets  de  l'inca- 
pacité qui  résulte,  pour  le  mineur,  de  la  faiblesse  de  l'âge,  —  et  en 
organisant  un  ensemble  de  mesures  destinées  à  suppléer  à  cette  inca- 
pacité dans  le  gouvernement  de  la  personne  et  dans  le  gouvernement 
des  biens.  —  La  faculté  désire  une  étude  d'histoire  du  droit  et  de  droit 
comparé  sur  ces  deux  aspects  de  la  législation  relative  à  la  protection 
des  mineurs.  Elle  ne  demande  pas  que  les  concurrents  descendent  dans 
le  détail  des  controverses  d'application,  mais  qu'ils  exposent  les  sys- 
tèmes législatifs  et  les  théories  juridiques  dans  leurs  données  fonda- 
mentales, en  insistant  sur  la  sécurité  plus  ou  moins  grande  qui  en 
résulte  pour  les  intérêts  qu'il  s'agit  de  sauvegarder,  sur  les  avantages 
ou  les  inconvénients  que  peuvent  présenter  les  garanties  de  divers 
ordres  imaginées  par  la  loi  au  profit  des  mineurs.  —  L'attention  des 
concurrents  doit  se  porter  d'ailleurs  sur  tous  les  mineurs,  qu'ils  soient 
ou  non  en  tutelle. 

DRorr  CONSTITUTIONNEL.  —  Du  pouvoiv  législatif  en  France  depuis  Vavè- 
nement  de  Philippe  le  Bel  jusqu'en  1789.  —  Les  concurrents  auront  à 
rechercher  à  qui  appartint  en  droit,  et  par  qui  fut  exercé  en  fait,  le  pou- 
voir législatif  depuis  l'avènement  de  Philippe  le  Bel.  Leur  attention 
devra  se  porter  principalement  sur  les  points  suivants  :  !•  Quel  était,  à 
l'avènement  de  Philippe  le  Bel,  l'autorité  attachée  aux  ordonnances 
royales  ?  quel  était  le  pouvoir  des  seigneurs  en  matière  législative  ? 
2"  Comment  et  dans  quelle  forme  se  développa  l'exercice  du  pouvoir 
législatif  par  la  royauté  ?  3"  Quels  furent  les  droits  reconnus  aux  états 
généraux  ou  réclamés  par  eux  en  matière  législative  ?  dans  quelle  me- 
sure participèrent-ils  en  fait  à  l'exercice  du  pouvoir  législatif  par  la 
royauté  ?  4®  Même  question  en  ce  qui  concerne  les  parlements.  Les  con- 
currents auront  en  outre  à  étudier  la  matière  des  arrêts  de  règlement. 
5°  Quelles  furent  sur  le  pouvoir  législatif  les  principales  théories  émises 
en  France  au  cours  du  xvm*»  siècle  et  quels  furent  les  vœux  exprimés 
dans  les  cahiers  des  états  généraux  de  1789  ? 

Les  mémoires,  écrits  en  français  ou  en  latin,  devront  être  déposés  au 
secrétariat  de  la  faculté,  au  plus  tard  le  31  mars  1883.  Toute  personne 
est  admise  à  concourir.  La  valeur  de  chacun  des  prix  est  de  2,000  fr. 
Il  pourra  être  accordé  des  mentions  honorables  aux  mémoires  qui 
auront  le  plus  approché  du  prix.  Les  noms  des  auteurs  qui  auront  obtenu 
des  mentions  ne  seront  connus  et  publiés  que  sur  leur  demande. 


426 


GRAMMAIRE  GRECQUE  DU  IX«  SIÈCLE. 


IjO  manuBcrit  latin  528  de  la  Bibliothèque  nationale,  qui  contient  on 
grand  nombre  d^opuscules  de  diirérents  auteurs,  a  été  décrit  en  détail 
par  M.  Vj.  Dûmmlcr  dans  le  Neues  Arcfu'v  der  Gesellschaft  ffkr  aeUere 
deutsche  Gcschichtkunde  (1878,  IV,  404-106).  Les  poésies  de  Paul  et 
Pierre  Diacres  qui  on  occupent  la  plus  grande  partie  viennent  d'être 
publiées  par  lo  même  savant  dans  les  Monumenta  GermaniM  hisioHea 
(Poetarum  Latinorum  medii  acvi  I,  i,  4880,  p.  27  s.).  Parmi  les  opus- 
cules encore  inédits  que  renferme  ce  manuscrit  du  iz«  siècle,  j'ai  pensé 
qu'il  n'était  peut-être  pas  inutile  de  faire  connaître  une  petite  gram- 
maire grecque,  rédigée  sous  forme  de  dialogue,  et  qui  se  trouve  aux 
folios  434  v<>-435.  C'est  un  document  qui  montrera  une  fois  de  plus  dans 
quelle  décadence  étaient  tombées   les  études  grecques  en  Occident, 
malgré  leur  renaissance  momentanée  au  \iu*  siècle. 


TI  ECTIN  DOCTUS. 

MEPoc  Auru. 

TI  MEPOC  AUrU  ESTIN. 

ONOMA  ECTIN. 

IIOCA  lUPEQONTE  TUTO  ONOMATI. 

EX. 

IIOiA. 

IIOIOTIC,  CYNCPICIC,  GENOC. 

APITHMOC,  CKEMA,  nTHOCIC. 

TINOC  IlOIOTITOC  ECTIN. 

IIPOCITOPIKIAC. 

TIC   BATMOC  CINKPICEOC  ECTIN. 

THETICOC  [corrigé  en  thbtikoc]. 

CYNKPICEOC  BATHMI  nOIOCIN. 

TRIC. 

noioi. 

THETIKOC. 

CiNKPITIKOC. 

YUEPTETIKOC. 

TINOC  TENOC  ECTIN. 

APENIKU. 

THIAIKON. 

UDETÉPU. 

KOINON. 

HANTOC. 

EIIIKOINON. 

TINOC  PITMOY  [corrigé  en  pithmot]. 

ENIKU. 

nAITHIMIKOCEOC. 

TINOC  CXEMATOC. 

AIIAOY. 

CINeETOY. 


Quid  est  doctas. 

Pars  orationis. 

Quae  pars  orationis  est. 

Nomen  est. 

Quot  accédant  haie  nomini. 

Sex. 

Quae. 

Qualitas,  conparatio,  genus. 

Numerus,  figura,  casas. 

Cuius  qualitatis  est. 

Appellatiuae. 

Quis  grados  conparationis  est. 

Positiuus. 

Conparationis  gradns  quot  sont. 

Très. 

Qui. 

Positiaus. 

Conparatiuus. 

Superlatiuus. 

Cuius  generis  est. 

Masculini. 

Feminini. 

Neutri. 

Communis. 

Omnis. 

Promiscui. 

Cuius  numeri. 

Singularis. 

Pluralis. 

Cuiu[8]  fignrae. 

Simplicis. 

Gonpositae. 


427 


TINOC IITHOCEOC. 

ONOMACTICI. 

TINOC  KAICEOC. 

EKAINON. 

ONOMA,  ANTONIMA. 

PIMA,  EHIPPIMA. 

METOXI,  CINDECMOC. 

nPOTECIC,  CKETAIACMOC. 

ONOMACTICI. 

GENEKI,  DOCTIKI. 

ETIATIKl. 

KAITIKI. 

E<^EPETIKI. 

nPOTI. 

DEOYTBPAC. 

TPITIC. 

TETAPTIC. 

nENTIC. 


Cuias  casas. 

NominaUui. 

Guius  declinationis. 

Déclina. 

Nomen,  pronomen. 

Yerbum,  ad?erbiuin. 

Participium,  coniunctio. 

Prepositio,  interiectio. 

Nominatiuus. 

Geniliaus,  datiuus. 

Accusatiuus. 

Yocatiuus. 

Ablatiaus. 

Primae. 

Secundae. 

Tertia[e]. 

Quartoe. 

Quintaé. 

H.  Omont. 


MAITRE  ARNAULT, 

ASTBOLOaUE  DE  CHARLES  YI  ET  DES  DUCS  DE  BOURGOGNE. 

M.  Léopold  Delisle  publiait  dans  la  livraison  de  novembre-décembre 
1880  du  Bulletin  de  la  Société  de  l'histoire  de  Paris  (p.  164),  d'après  un 
manuscrit  de  Tours  (n*  570  du  catalogue  Dorange),  cette  épitaphe  d'un 
astrologue  de  Charles  VI  ; 

Epitaphium  magistri  Arnuldi 
quondam  régis  Karolli  sexti  peritissimi  astrologi, 

Providus  vates  dubiis  in  astris, 
Doctor  Arnuldus,  speculatus  olim 
Sideris  fixi  fluidique  loges, 
Hic  jacet,  clero  lacrimandus  omni. 
Aureos  solis  radios  relinquens, 
Fronte  curvata  penitus  deorsum, 
Perdidit  lucem,  patiens  eclipsim 
Quam  pati  solem  tociens  videbat. 
Sexta  septembris  dédit  hune  sépulcre, 
M  quater  centum  numerando  LVXI. 
Qui  Dei  dono  pedibus  sub  altis 
Trans  caput  visos  videat  planetas . 

Il  est  intéressant  de  signaler  l'existence  à  la  Bibliothèque  nationale 
d'un  manuscrit  autographe  de  ce  même  astrologue.  On  lit  en  tête  de  ce 
manuscrit,  n»  7295  du  fonds  latin,  qui  contient  différents  traités  de 
musique,  la  note  suivante  écrite  par  un  contemporain  : 


428 

c  Qui  quidem  liber  scribitur  manu  acutissimi  et  item  diligentissimi 
viri  magistri  Henrici  Arnault,  ducum  Burgundie  medici  et  astrologi 
profundissimi,  oriundi  ab  oppido  de  Z wolis  ^  in  Germania,  qui,  domicîlio 
in  urbe  Divionensi  electo,  plurima  instrumenta  astrologica  construxit, 
spocialitcr  illud  quod  in  libraria  regia  faberrime  conspicitur  extructum 
apud  Turonas,  id  tamcn  in  Castro  Blesensi  fertur  fuisse  translatum. 
Obiit  autem  anno  Domini  1465,  estque  sepulchrum  ejnsdem  in  ede 
divi  Stephani  Divionensis,  ante  sacellum  in  quo  baptismales  fontes 
constructi  sunt,  média  in  area  vie  majoris.  » 

Et  plus  loin  (fol.  21)  : 

c  Magister  Henricus  Arnault,  medicus,  Alemanus  de  Zwolis,  qui 
olim  Divione  domicilium  elegit,  superiorem  litteram  scripsit  et  hune 
librum  suo  labore  compilavit,  clams  scientia  horologiorum,qui,  in  ede 
beati  Stephani  Divionensis  sepultus  média  navi,  plurimum  laudis  sibi 
reliquit.  Anno  1460.  •  (1466?) 

On  peut  également  rapprocher  do  ces  documents  les  quelques  mots 
que  Symon  de  Phares  a  consacrés  à  maître  Amault  dans  son  Recueil 
des  plus  célèb7*es  astrologues  (Bibl.  nat.,  ms.  français  1357,  fol.  159  y*)  : 

«  1466.  —  Maistre  Arnoul,  duquel  maistre  Robert  Gaguin  fait  men- 
tion en  ses  Croniques^^  mourut  astrologue  du  roy  Charles  VU*  à  Paris 
de  la  grande  peste  qui  fut  lors,  de  laquelle  il  avoit  pronostiqué.  Et 
mourut  en  la  rue  de  la  Mortellerie  près  Grève  ;  et  la  cause  fut  pour  ce 
qu'il  alla  visiter  une  grant  dame,  qui  avoit  la  peste.  » 

H.  Omont. 


1.  Sans  doute  Zwolle  (Pays-Bas). 

2.  Voici  le  passage  de  la  Mer  des  croniqvst  auquel  il  est  fait  allusioD  : 
c  Durant  lesquelz  jours,  c'est  assavoir  l'an  de  grâce  mil  ccco.  lxyi,  très  griefve 
et  horrible  pestilence  persécuta  les  Parisiens...  De  laquelle  maladie  Amauld, 
astrologue  de  Loys,  et  plusieurs  docteurs  en  médecine  furent  estranglez...  »  (édi- 
tion de  R.  Chaudière,  s.  d.,  fol.  glzxzy  y"). 


:ips  ne 

it  suite 

...  Lre  Ifls 

jUIil!  itterre, 

lie  dut 

■•tabUe 

MŒff^  leresse 

II,  plus 

selOTB 

Lisimrs 
idne  au 


•  luagis- 
*Pf««^  .itants  à 


.  quatre 
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•■■ffcn,  le  l'héri- 

■f  Ùe;-  'jà  rentrée 

^Wr (),  Aumois 

**fc:  de  Cadolla. 

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■ff^.  iH  absolument 

■fc^  permettent  de 

It^E,  ji  fut  pas  moins 

U^  Toulouse  eut  à 

Bk.  d'administrer  le 
^                                                                       ^  des  autres  co-sei- 


i,  p.  It4;  d'aprËs  Znrita. 
\l,  p.  752  et  794. 


'  %  «^«îi^nalet,  l.  Il,  p.  514  a. 


i 


^ 


'^ 


430 

été  choisi  comme  centre  d*liabitation  par  les  anciennes  races,  le 
nombre  des  stations  gauloises  et  romaines  de  la  France  serait 
plus  que  doublé.  Plus  prudent  que  Dusan,  Bosc^  et,  h  sa  suite,  de 
GaujaP  avaient  placé  la  construction  du  premier  château  de  Najac 
vers  l'an  1100.  Celte  date  peut  être  admise,  car  la  plus  ancienne 
mention  d'un  seigneur  de  Najac  se  trouve  dans  un  acte  que  dom 
Yaissète  date  d'environ  1109^.  Dans  cet  acte,  relatif  aux  sires  de 
Penne  d'Albigeois,  paraît  un  Pierre  de  Naiag  ^.  Un  certain  Gauz- 
bert  de  Najac,  âls  ou  petit-âls  du  précédent,  est  nommé  en  1152 
et  1162  dans  des  actes  des  vicomtes  de  Carcassonne  et  d'Albi*. 
En  1190,  figure  dans  un  acte  d'Albi  un  Pierre  de  Najac*.  En 
1208,  Guilhem  Bernard  de  Najac  assiste  à  l'engagement  du  pays 
de  Laissaguez,  consenti  à  Raimond  VI  parle  comte  de  Rodez'.  Le 
même  paraît  dans  plusieurs  actes  du  xiu^  siècle  ;  vassal  du  comte 
de  Toulouse,  il  s'engage,  en  1226,  à  soutenir  Raimond  VII  dans 
sa  lutte  contre  le  roi  de  France  et  l'Eglise*.  Douze  ans  plus  tard 
(1238,  23  mai),  il  figure  encore  dans  un  acte  intéressant  les 
vicomtes  de  Saint-Antonin®. 

  cette  époque,  sans  doute  à  la  suite  de  partages  de  famille,  la 
baronnie  de  Najac  était  devenue  une  co-seigneurie.  Dans  Tacte 
de  1226,  figure,  à  côté  de  Guilhem  Bernard,  un  autre  seigneur 
nommé  Peire  Gros.  En  1244,  plusieurs  chevaliers,  Guilhem 
Gautier  de  CadoUa,  Raimond  Bernard  de  Najac,  Garin  de  Sainte- 
Croix,  Guiscart  Donat  de  Najac,  se  portent  garants  envers  Rai- 
mond VII  de  la  fidélité  d'Uc  de  Muret,  habitant  de  Najac*®. 

1.  Mémoires  sur  le  RouerguCf  II,  p.  98. 

2.  Études  historiques  swr  le  Rouergue,  II,  p.  52. 

3.  Histoire  de  Languedoc,  noaveUe  édition,  t.  V,  col.  808. 

4.  Mentionnons  ici  l'opinion  de  M.  de  Barrau  {Documents  historiques  et 
généalogiques  sut  les  familles  du  Rouergue,  t.  II,  pp.  573-74).  Cet  auteur  fait 
descendre  de  ces  premiers  seigneurs  ceux  de  Savignac,  qui,  en  1124,  contri- 
buèrent à  la  fondation  de  l'abbaye  de  Loc-Dieu.  Mais,  comme  il  n'a  pas  jugé  à 
propos  de  citer  le  moindre  texte  à  l'appui  de  son  opinion,  nous  ne  pou?ons  que 
rindiquer  ici  pour  mémoire. 

5.  Histoire  de  Languedoc,  nouvelle  édition,  t.  Y,  col.  1130  et  1252. 

6.  Ibid.y  t.  VIII,  col.  408. 

7.  Ibid.,  t.  VIII,  col.  562. 

8.  Ibid.,  t.  Vlll,  col.  863. 

9.  Archives  nationales,  Trésor  des  chartes,  J  328,  n*  3^  ;  Teulet,  Layettes^ 
t.  II,  378  a. 

10.  Archives  nationales,  Trésor  des  chartes,  J  317,  n<*  29;  J  320,  n«  52  ;  Teulet, 
t.  II,  535-536. 


434 

En  dehors  de  ces  courtes  mentions,  les  actes  du  temps  ne 
citent  que  rarement  le  nom  de  notre  ville.  En  1185,  à  la  suite 
des  guerres  qui  ravageaient  le  pays,  elle  était  tombée  entre  les 
mains  du  comte  de  Poitiers,  Richard,  fils  d'Henri  II  d'Angleterre, 
que  son  allié  le  roi  d'Aragon,  AKonse,  vint  y  trouver*.  Elle  dut 
être  rendue  au  comte  de  Toulouse,  quand  la  paix  fut  rétablie 
entre  lui  et  les  princes  anglais.  C'était  dès  lors  une  forteresse 
importante,  si  l'on  en  juge  par  les  termes  de  l'acte  de  1226,  plus 
haut  indiqué  ;  aussi  le  roi  Louis  IX  en  exigea-t-il  la  remise  lors 
de  la  paix  de  Lorris,  en  1242,  et  la  fit-il  garder  pendant  plusieurs 
années  par  des  hommes  d'armes  à  sa  solde.  Elle  ne  fut  rendue  au 
comte  Raimond  qu'en  1247*. 

Dès  cette  époque,  la  ville  possédait  quelques  franchises  muni- 
cipales et  était  administrée  par  des  consuls.  En  1243,  ces  magis- 
trats, au  nombre  de  sept,  s'engagent  avec  tous  les  habitants  à 
observer  les  clauses  de  la  paix  de  Lorris^  et,  en  1249,  quatre 
consuls  et  prud'hommes  de  Najac  viennent  à  Toulouse  prêter 
serment  de  fidélité  au  comte  Alfonse  devant  les  commissaires 
envoyés  par  la  reine  Blanche  pour  prendre  possession  de  l'héri- 
tage de  Raimond  VIP. 

A  cette  dernière  date,  en  efiet,  la  ville  de  Najac  était  déjà  rentrée 
en  partie  dans  le  domaine  direct  des  comtes  de  Toulouse.  Au  mois 
de  mai  1246,  deux  des  co-seigneurs,  Guilhem  et  Guiral  de  Cadolla, 
avaient  vendu  leurs  droits  à  Raimond  VII,  moyennant  la  somme 
de  20,000  sous  de  Cahors^.  Cette  cession  fut-elle  absolument 
libre,  c'est  ce  que  les  événements  qui  suivirent  permettent  de 
mettre  en  doute.  Mais,  volontaire  ou  non,  elle  n'en  fut  pas  moins 
effective  ;  à  dater  de  cette  année,  le  comte  de  Toulouse  eut  à 
Najac  un  baile  chargé  de  le  représenter  et  d'administrer  le 
domaine,  et  ce  baile  dut  empiéter  sur  les  droits  des  autres  co-sei- 
gneurs et  chercher  à  amoindrir  leur  influence®. 


1.  Histoire  de  Languedoc,  nouirelle  édition,  t.  VI,  p.  114;  d'après  Zurita. 

2.  Histoire  de  Languedoc,  nouvelle  édition,  t.  VI,  p.  752  et  794. 

3.  Archives  nationales,  Trésor  des  chartes,  J  306,  n*»  83;  Teulet^  t.  Il,  p.  514  a. 

4.  Histoire  de  Languedoc,  nouvelle  édition,  t.  VIII,  col.  1264. 

5.  Archives  nationales,  Trésor  des  chartes,  J  322,  n"*  66  et  67;  Teulet,  t.  II, 
p.  616. 

6.  En  janvier  1249,  Raimond  VII  reçut  à  Gondom  l'hommage  de  l'un  de  ses 
nouveaux  vassaux  (Archives  nationales,  Trésor  des  chartes,  J  314,  n"*  41  ;  ori- 
ginal; Teulet  et  de  Laborde,  III,  p.  54  b). 


432 

En  dépouillant  ainsi  les  seigneurs  de  Najac,  Raimond  YII  sui- 
yait  les  règles  politiques  qu*il  semble  s*être  imposées  à  partir  de 
1229.  Pour  reconstituer  son  domaine  direct,  fort  diminue  par  le 
traité  de  Paris,  ce  prince  saisit  toutes  les  occasions  d'acquérir 
des  droits  utiles  qui  se  présentèrent,  et  c*est  ainsi  qu*il  devint 
coseigneur  d*un  grand  nombre  de  villes  de  ses  Etats.  Mais,  en 
agissant  ainsi,  il  mécontentait  les  nobles,  dont  l'influence  dimi- 
nuait d'autant,  et  c'est  ce  qui  explique  en  partie  les  événe- 
ments qui  suivirent  sa  mort,  arrivée  à  Millau,  le  27  septembre 
1249. 

On  sait  par  Guillaume  de  PuilaurensS  et  les  actes  du  temps 
prouvent  la  véracité  de  ce  chroniqueur,  que  cette  mort  prématurée 
excita  dans  tout  le  Midi  les  regrets  les  plus  cuisants,  regrets  qui 
se  manifestèrent  bruyamment  sur  le  passage  du  corps  du  prince, 
pendant  qu'on  le  transportait  à  Fontevrault.  Chez  le  peuple,  ces 
regrets  devaient  être  sincères  ;  Raimond  Vil  mort,  c'était  l'indé- 
pendance nationale  à  jamais  perdue,  le  pays  tout  entier  soumis 
à  la  domination  française.  Beaucoup  de  seigneurs  partageaient 
sansdouteces  sentiments,  mais  d'autres,  ceux  dont  le  défunt  comte 
avait  amoindri  l'autorité,  ne  virent  dans  cet  événement  qu'une 
occasion  de  reconquérir  le  terrain  perdu.  Ce  fut  surtout  dans  l'Al- 
bigeois et  dans  le  Rouergue  que  se  produisit  ce  mouvement,  assez 
timide  d'ailleurs,  et  qui  ne  dégénéra  jamais  en  révolte  ouverte. 
Un  rapport  adressé  à  Alfonse,  en  février  1253,  par  le  sénéchal 
Jean  d'Arcis^  une  enquête  d'octobre  1251,  dont  nous  publions 
des  fragments  à  la  suite  de  cet  article,  nous  montrent  les  nobles 
essayant  d'entraver  la  nouvelle  administration,  de  lui  créer  des 
embarras.  Les  tenanciers  du  comte  cherchent  à  s'afiranchir  des 
redevances  qu'ils  payaient  jadis  à  Raimond  Vil;  le  comte  et 
l'évêque  de  Rodez  empiètent  chaque  jour  sur  la  juridiction,  sur 
les  droits  du  suzerain,  lèvent  des  quêtes  et  des  tailles  dans  des 
villages  dépendant  de  son  domaine  ;  l'évêque,  pour  poursuivre 
les  hérétiques,  demande  une  partie  des  biens  qui  seront  confis- 
qués sur  eux;  les  gens  de  Figeac  font  une  expédition  à  main 
armée  contre  un  château  appartenant  à  l'abbé  de  cette  viUe  ;  en 
un  mot,  tout  le  pays  est  profondément  agité  ;  les  rebelles  essayent 

1.  Historiens  de  France,  t.  XX,  p.  772. 

2.  Archives  nationales,  Trésor  des  chartes^  J  326,  n**  40;  Teulet  et  de  Laborde, 
III,  581-584. 


433 

de  noircir  le  sénéchal  dans  l'esprit  d'Alfonse  et  le  représentent 
comme  un  homme  avide  et  vénal*. 

Dans  TAlbigeois,  le  nouveau  pouvoir  n'eut  pas  moins  de  peine 
à  s'établir.  Craignant  sans  doute  le  comte  Alfonse  qui,  en  1242, 
avait  durement  réprimé  la  révolte  des  nobles  du  ï^oitou,  les  sei- 
gneurs de  ce  pays  essayèrent  de  se  soustraire  à  son  autorité.  Le 
vulgaire  pouvait  bien  compter  vaguement  sur  une  intervention 
étrangère,  sur  celle  du  roi  de  Castille  ou  du  roi  d'Aragon*,  mais 
les  nobles  savaient  sans  doute  qu'il  ne  fallait  rien  espérer  d'auxi- 
liaires aussi  éloignés  et  aussi  dangereux,  et  c'est  à  la  reine 
mère  qu'ils  s'adressèrent,  espérant  passer  directement  sous  la 
domination  royale.  Les  seigneurs  de  Rabastens,  de  Caussade,  de 
Brens,  de  Najac  se  réunirent  à  la  Guépie^  et  proposèrent  d'envoyer 
vers  la  reine  Blanche  pour  demander  son  intervention.  Inutile 
d'ajouter  que  cette  tentative,  qui  paraît  en  effet  avoir  eu  lieu, 
n'eut  aucun  résultat^. 

En  prenant  part  à  cette  conférence,  les  seigneurs  de  Najac 
essayaient,  par  un  coup  hardi,  d'éviter  la  punition  qui  les  atten- 
dait; car  c'était  eux  qui  s'étaient  le  plus  signalés  dans  cette 
rébeUion  et  ils  devaient  craindre  d'autant  plus  la  vengeance 
d'AKonse  de  Poitiers  qu'ils  avaient  commis  plus  d'excès  et  d'usur- 
pations. 

Unjour  d'octobre  1249,  plusieurs  seigneurs  du  pays,  R.  B. 
de  Najac,  Isarn  de  Najac,  A.  de  Montaigut,  Guilhem  Barasc 
étaient  réunis  à  Najac  chez  un  certain  B.  Amblard,  quand  arrive 
l'un  des  consuls,  Uc  Paraire  :  «  Nous  sommes  tous  perdus, 
s'écrie-t-il,  le  seigneur  comte  est  mort.  —  Impossible,  répond 
Barasc,  le  seigneur  compte  ne  peut  mourir  ainsi.  »  Emus 
pourtant,  ils  sortent  et  vont  à  la  tour  comtale  ;  là  ils  trouvent  les 
consuls,  les  nobles  et  les  hommes  du  château  réunis  et  parlemen- 
tant avec  le  châtelain,  Guilhem  Raimondin;  les  mutins,  conduits 


1.  Teulet  et  de  Laborde,  Layettes  du  Trésor  des  chartes,  111,  pp.  581-584.  — 
Ces  accusations  eurent  pour  résultat  de  faire  transférer  Jean  d'Arcis  en  Venaissin 
(voyez  Boutaric,  Saint  Louis  et  Alfonse  de  Poitiers,  pp.  168-170);  mais  elles 
deyaient  être  assez  mal  fondées,  car  ses  nouveaux  administrés  n'eurent  qu'à  se 
louer  de  son  désintéressement,  désintéressement  que  rendait  encore  plus  méri- 
toire son  manque  de  fortune  personnelle  (Boutaric,  ihid.), 

2.  Voir  l'enquête  de  1251. 

3.  Aveyron,  arr.  Villefranche. 

4.  Enquête  de  1251. 


424 

récompensé  les  efforts  de  notre  collaborateur.  Toutefois,  si  nous  nous 
félicitons  de  voir  les  archives  de  la  marine  passer  sous  la  surveillance 
de  la  commission  des  documents  historiques,  nous  prenons  acte  avec 
un  plaisir  égal  de  cette  déclaration  de  M.  Tamiral  Cloué  devant  la  com- 
mission du  budget,  qu'il  allait  c  préparer  une  réorganisation  du  sep- 
vice  ».  C'est  un  point  qui  nous  parait  aussi  important  que  la  tutelle  de 
la  commission  des  documents  historiques.  Il  ne  sufQt  pas  que  la  haute 
surN'eillance  soit  mise  en  des  mains  compétentes  ;  il  est  essentiel  que 
les  employés  des  archives  soient  eux-mêmes  compétents  et  rompus  an 
métier.  Nous  croyons  que  cette  nécessité  a  déjà  frappé  l'attention  de 
M.  le  ministre.  Chose  singulière  !  TËtat  entretient  une  école  spéciale 
pour  former  des  archivistes,  que  souvent  il  case  mal  et  quelquefois  ne 
case  pas  du  tout,  après  qu'ils  ont  obtenu  un  diplôme  qui  est  le  fruit 
de  sérieux  efforts  ;  et  les  ministères  n'ont  pas  toujours  soin  de  confier 
à  des  archivistes  paléographes  la  garde  des  documents  qu'ils  possèdent. 
La  conséquence,  la  voici  :  M.  Flammermont  avait  désigné,  à  titre 
d'exemples,  six  pièces  parmi  celles  qu'annonçait  le  catalogue  de  la  vente 
Chambry  :  ces  six  pièces  seulement  ont  été  revendiquées  par  le  minis- 
tère. D'autres,  également  importantes,  également  soustraites  à  la 
marine,  ont  passé  tranquillement  dans  les  mains  de  nouveaux  proprié- 
taires. M.  Flammermont  a  pu  en  sauver  une,  de  ses  deniers  (une  lettre 
de  Dugommier  au  citoyen  Adct,  adjoint  au  ministre  de  la  marine,  en 
date  du  8  juillet  1793).  U  était  facile,  avec  le  catalogue,  de  revendiquer 
tout  ce  qui  était  le  bien  de  l'État.  Seulement  il  fallait  s'en  aviser  ;  c'est 
ce  qu'auraient  fait  des  hommes  du  métier.  Qn  voit  qu'il  y  a  urgence  à 
f  réorganiser  »  ce  service. 

Le  Siècle  du  20  mars  fait  connaître  la  composition  de  la  nouvelle 
commission  des  archives  de  la  marine.  Nous  y  remarquons  avec  plaisir 
le  nom  d'un  de  nos  confrères.  Les  membres  de  la  commission  sont 
aujourd'hui  MM.  le  contre-amiral  Péricr  d'Hauterive,  président,  Giraud, 
commissaire  général,  Courejolles,  capitaine  de  frégate,  et  Didier-Neu- 
ville, archiviste  paléographe. 


FACULTÉ  DE  DROIT  DE  PAÏUS. 

PRIX  DU  CONCOURS  R0S8I. 

En  exécution  du  legs  de  M°^<>  la  comtesse  Rossi,  la  faculté  de  droit 
de  Paris  met  au  concours  les  questions  suivantes  pour  1883  : 

LÉGISLATION  CIVILE.  —  Exposer^  Comparer  et  apprécier  les  règles  établies 
par  le  droit  romain^  le  droit  français  ancien  et  moderne  et  les  principales 
législations  étrangères  pour  la  protection  des  intérêts  moraux  et  pécu^ 


425 

niaires  des  mineurs,  —  Jusqu'à  un  certain  âge,  l'homme  est  incapable, 
ou  du  moins  n'est  pas  pleinement  capable  de  se  diriger  lui-même  et  de 
pourvoir  à  la  gestion  de  ses  affaires.  La  législation  a  dû  intervenir  sous 
un  double  aspect  :  —  en  déterminant  l'étendue  et  les  effets  de  l'inca- 
pacité qui  résulte,  pour  le  mineur,  de  la  faiblesse  de  l'âge,  —  et  en 
organisant  un  ensemble  de  mesures  destinées  à  suppléer  à  cette  inca- 
pacité dans  le  gouvernement  de  la  personne  et  dans  le  gouvernement 
des  biens.  —  La  faculté  désire  une  étude  d'histoire  du  droit  et  de  droit 
comparé  sur  ces  deux  aspects  de  la  législation  relative  à  la  protection 
des  mineurs.  Elle  ne  demande  pas  que  les  concurrents  descendent  dans 
le  détail  des  controverses  d'application,  mais  qu'ils  exposent  les  sys- 
tèmes législatifs  et  les  théories  juridiques  dans  leurs  données  fonda- 
mentales, en  insistant  sur  la  sécurité  plus  ou  moins  grande  qui  en 
résulte  pour  les  intérêts  qu'il  s'agit  de  sauvegarder,  sur  les  avantages 
ou  les  inconvénients  que  peuvent  présenter  les  garanties  de  divers 
ordres  imaginées  par  la  loi  au  profit  des  mineurs.  —  L'attention  des 
concurrents  doit  se  porter  d'ailleurs  sur  tous  les  mineurs,  qu'ils  soient 
ou  non  en  tutelle. 

DRorr  CONSTITUTIONNEL.  —  Du  pouvoiv  législatif  en  France  depuis  Vavè" 
nement  de  Philippe  le  Bel  jusqu'en  1789.  —  Les  concurrents  auront  à 
rechercher  à  qui  appartint  en  droit,  et  par  qui  fut  exercé  en  fait,  le  pou- 
voir législatif  depuis  l'avènement  de  Philippe  le  Bel.  Leur  attention 
devra  se  porter  principalement  sur  les  points  suivants  :  !•  Quel  était,  à 
l'avènement  de  Philippe  le  Bel,  l'autorité  attachée  aux  ordonnances 
royales  ?  quel  était  le  pouvoir  des  seigneurs  en  matière  législative  ? 
2*  Gomment  et  dans  quelle  forme  se  développa  l'exercice  du  pouvoir 
législatif  par  la  royauté  ?  3"  Quels  furent  les  droits  reconnus  aux  états 
généraux  ou  réclamés  par  eux  en  matière  législative  ?  dans  quelle  me- 
sure participèrent-ils  en  fait  à  l'exercice  du  pouvoir  législatif  par  la 
royauté  ?  4»  Même  question  en  ce  qui  concerne  les  parlements.  Les  con- 
currents auront  en  outre  à  étudier  la  matière  des  arrêts  de  règlement. 
b^  Quelles  furent  sur  le  pouvoir  législatif  les  principales  théories  émises 
en  France  au  cours  du  xvm«  siècle  et  quels  furent  les  vœux  exprimés 
dans  les  cahiers  des  états  généraux  de  1789  ? 

Les  mémoires,  écrits  en  français  ou  en  latin,  devront  être  déposés  au 
secrétariat  de  la  faculté,  au  plus  tard  le  31  mars  1883.  Toute  personne 
est  admise  à  concourir.  La  valeur  de  chacun  des  prix  est  de  2,000  fr. 
Il  pourra  être  accordé  des  mentions  honorables  aux  mémoires  qui 
auront  le  plus  approché  du  prix.  Les  noms  des  auteurs  qui  auront  obtenu 
des  mentions  ne  seront  connus  et  publiés  que  sur  leur  demande. 


136 

eutrer  peraonne  pendant  la  nuit.  Toutes  ces  défaites  ne  rarretent 
point;  il  insiste,  à  la  tin  les  consuls  interviennent  et  lui  font  ouvrir 
une  poterne.  Les  seigneurs  n  étaient  pas  en  force;  ils  n'en  conti- 
nuent pas  moins  leurs  bravades,  refusent  toute  satisfaction  au 
sénéchal,  déclarent  qu'ils  n'ouvriront  pas  à  Sicard  ALiman,  vint-il 
seul,  un  faucon  surle  poing.  Us  dui*ent  pourtant  bientôt  céder.  Dès 
le  l''**  décembre,  les  consuls  et  prud'hommes  de  Najac  prêtaient 
serment  de  fidélité  au  comte  Alfonse  à  Toulouse',  et  le  3  janvier 
suivant  (1250)  la  tour  de  Najac  ouvrait  ses  portes,  sans  coup 
férir,  à  Sicard  Alaniau. 

Une  fois  installés  dans  le  pays,  Alfonse  et  ses  officiers»  qui  ne 
pouvaient  laisser  impunies  de  pareilles  usurpations,  s'occupèrent 
de  faire  rentrer  les  seigneurs  de  Najac  dans  le  devoir.  L'enquête 
plus  haut  citée,  qui  est  du  mois  de  juin  1251,  prouve  que  les 
poursuites  judiciaires  et  administratives  avaient  déjà  commencé 
à  ce  moment.  Elles  étaient  à  peu  près  terminées  au  commence- 
ment de  1253,  date  de  la  lettre  de  Jean  d'Arcis  au  comte  de 
Toulouse.  Ce  dernier  document  nous  apprend  que  le  sénéchal 
avait  commencé  par  confisquer  les  biens  de  tous  les  habitants  ile 
Najac  au  nom  du  comte,  leurs  possesseurs  étant  tous  félons  et 
traîtres.  Pour  faire  exécuter  plus  facilement  cette  décision,  il 
saisit  de  Taffaire  les  tribunaux  ecclésiastiques  et  fit  poursuivre 
les  principaux  coupables  comme  hérétiques.  Mais  son  zèle  pour 
les  intérêts  de  son  maître  était  tel  qu'il  dépassa  la  mesure.  L'un 
des  complices  de  la  révolte  de  1249,  le  consul  Uc  Paraire,  pour- 
suivi par  la  cour  de  Tévêque  de  Rodez ,  faisant  fonction  d'inqui- 
siteur dans  son  diocèse,  fut,  il  est  vrai,  déclaré  hérétique  et  livré 
au  bras  séculier,  c'est-à-dire  au  sénéchal,  qui  le  fit  aussitôt 
brûler  et  confisqua  ses  biens  valant  mille  livres  tournois*.  Mais, 
si  quelques-uns  des  principaux  habitants  de  Najac  pouvaient 
ainsi  être  poursuivis  comme  hérétiques,  l'orthodoxie  de  la  plupart 
des  autres  devait  être  bien  certaine ,  et  peu  après  la  cour  de 
révêque  montra  moins  de  complaisance  pour  le  sénéchal.  Six 

1.  Histoire  de  Languedoc,  nouvelle  édit.,  t.  VIU,  col.  1264. 

2.  Remarquons  cependant  que  Uc  Paraire  n'était  pas  le  plus  coupable  et  que 
tous  les  témoins  cités  dans  l'enquête  de  1251  s'accordent  à  le  représenter  comme 
jouant  surtout  le  rôle  de  conciliateur  entre  les  seigneurs  et  les  agents  du  dernier 
comte.  En  1277,  une  partie  de  ses  biens  était  encore  entre  les  mains  du  roi; 
deux  maisons  qui  lui  avaient  appartenu  furent  vendues  à  cette  date  par  le  séné- 
chal aux  consuls  de  Najac  (CoUect.  Doat,  vol.  146,  f.  60-61). 


^37 

accusés  étaient  traduits  devant  elle;  le  sénéchal  espérait  une 
condamnation  assez  forte  pour  lui  permettre  de  confisquer 
leurs  biens.  Avant  de  prononcer  la  sentence,  Tévêque,  jugeant 
sans  doute  qu'il  allait  trop  loin,  voulut  lui  faire  promettre  de 
rendre  une  partie  de  leurs  biens  aux  condamnés  ou  tout  au 
moins  à  leurs  enfants.  Cet  oflScier  refusa,  et  Tévêque  se  contenta 
d'imposer  aux  inculpés  des  pénitences  légères,  n'entraînant  pas 
la  perte  des  biens.  Irrité,  le  sénéchal  met  ces  derniers  sous  la 
main  du  comte,  en  laissant  aux  condamnés  une  provision  pour 
leur  subsistance  et  celle  de  leur  famille.  Ces  biens,  tant  meubles 
qu'immeubles,  valaient  mille  livres  tournois. 

Dans  cette  première  circonstance,  le  sénéchal  avait  eu  à  vaincre 
les  scrupules  légitimes  de  l'évêque  et  de  ses  juges  ;  dans  d'autres 
cas,  il  eut  à  lutter  contre  les  intérêts  de  l'Eglise.  Un  certain  Bernard 
Valier,  de  Najac,  meurt  et  laisse  par  testament  ses  biens,  partie  à 
rÉgUse  pour  être  employés  en  fondations  pieuses,  partie  au  comte. 
Ce  personnage  était  bâtard  et  avait  d'ailleurs  femme  et  parents. 
Sans  tenir  compte  du  testament,  le  sénéchal  fait  saisir  tous  les 
biens  du  défunt  en  déclarant  que,  coupable  de  trahison  comme 
tous  les  habitants  de  Najac,  il  n'avait  pu  disposer  de  ses  biens, 
qui  étaient  tombés  en  commise.  Là-dessus  réclamations  des  léga- 
taires; le  sénéchal  finit  par  proposer  au  comte  de  transiger;  les 
biens  du  défunt,  lui  écrit-il,  valent  environ  10,000  livres  tournois  ; 
les  héritiers  donneront  bien  50  à  60  marcs  pour  faire  reconnaître 
la  validité  du  testament.  Autre  cas  :  un  chevaherde  Najac,  dont 
les  biens  ont  été  saisis,  meurt  et  laisse  sa  fortune  à  l'Église.  Le 
sénéchal  maintient  la  saisie  :  en  effet,  dit-il,  le  testateur  était 
suspect  d'hérésie. 

Quant  aux  seigneurs  de  Najac  (domini),  instigateurs  de  la 
révolta,  le  sénéchal  fait  observer  au  comte  qu'ils  ne  pourraient 
trouver  de  répondants  et  qu'il  est  préférable  de  composer  avec 
eux.  De  même  pour  le  menu  peuple  de  Najac;  la  crainte  de  l'in- 
quisition, de  la  vengeance  du  comte  est  si  grande  que  de  jour 
en  jour  la  population  diminue,  et  les  intérêts  du  comte  gagne- 
raient à  s'accorder  avec  eux  touchant  le  droit  de  commise;  d'ail- 
leurs, ajoute  le  sénéchal,  même  après  la  composition,  les  biens 
de  la  plupart  des  habitants  pourront  être  attribués  au  comte, 
beaucoup  étant  hérétiques.  Enfin  Jean  d'Arcis  approuve  le  projet, 
conçu  par  Alfonse,  de  construire  un  nouveau  château  plus  fort 
que  l'ancien  et  annonce  qu'il  a  déjà  rassemblé  les  matériaux 


nécessaires,  chaux  et  pierres,  et  qu'il  a  embauché  des  onvria:^. 

ÂlfoDse  de  Poitiers  suivit  Tavis  de  son  sénéchal  et  pardonna 
aux  habitants  de  Najac  ;  ce  pardon  fut  suivi  de  roctroi  d*ime 
charte  de  coutumes  datée  d'août  1255,  que  de  Gaujal  a  publiée  ^ 
Nous  ne  pouvons  analyser  ici  toutes  les  dispositions  de  cet  acte 
important.  Notons  seulement  que,  comme  la  plupart  des  chartes 
accordées  aux  villes  et  villages  de  son  domaine  par  le  comte  de 
Poitiers,  celle  de  Najac  ne  stipule  aucune  liberté  municipale.  La 
ville  est  administrée  par  le  balle  du  comte  qui  rend  la  justice 
civile  ;  c'est  lui  qui  nomme  chaque  année  les  consuls,  le  2  février, 
jour  de  la  Purification,  et  il  peut  maintenir  les  mêmes  personnes 
dans  le  consulat  plusieurs  années  de  suite.  Ces  consuls  ne  pos- 
sèdent aucune  juridiction  civile  ou  criminelle  ;  ils  n'ont  de  compé- 
tence qu'en  matière  de  voirie;  ils  peuvent,  d'accord  avec  le  baile 
du  comte,  punir  ceux  qui  jettent  des  immondices  dans  les  rues, 
faire  réparer  les  places  publiques,  les  rues  de  la  ville,  etc.  Les 
autres  articles  de  la  charte  concernent  les  libertés  civiles 
accordées  aux  habitants,  les  exemptions  dont  ils  jouissent  et  fixent 
les  droits  de  leude  dus  au  comte  et  les  amendes  perçues  par  lui 
pour  chaque  délit. 

Cet  accord  entre  le  comte  Alfonse  et  les  habitants  de  Najac 
n'arrêta  pas  les  poursuites  des  inquisiteurs.  Le  sénéchal  le  faisait 
déjà  pressentir  dans  sa  lettre  de  1253,  et  c'est  à  la  suite  de  ces 
procédures  que  fut  bâtie  l'église  de  Najac.  Le  5  avril  1258,  les 
inquisiteurs,  frères  Guillaume-Bernard  d'Aix  et  Rainaud  de 
Chartres,  offrirent  aux  consuls  et  prud'hommes  de  Najac  de 
remettre  aux  habitants  toutes  les  pénitences  à  eux  imposées 
jusqu'à  ce  jour  pour  fait  d'hérésie,  à  condition  pour  la  commu- 
nauté de  reconstruire,  dans  les  sept  ans,  l'église  paroissiale,  sous 
l'invocation  de  saint  Jean-Baptiste,  l'ancienne  étant  devenue  trop 
petite  pour  la  population  du  bourg.  La  nouvelle  église  devra  avoir 
28  brasses  de  long,  7  de  large  et  une  couverture  en  pierre.  Les 
inquisiteurs  promirent  d'affecter  à  cette  œuvre  pie  le  produit  des 
amendes  par  eux  imposées  à  divers  habitants  de  Najac. 

Après  délibération,  les  consuls  de  Najac  acceptèrent  la  propo- 
sition, et  acte  fut  rédigé  de  cet  accord  quatre  jours  plus  tard 
(9  avril  1258)*.  Remarquons  à  ce  propos  que  teUe  était  en  effet 

1.  T.  I,  pp.  326-329. 

2.  Pièces  justificaUves,  n*  II. 


439 

Thabitude  des  inquisiteurs;  ils  imposaient  souvent  aux  villes 
hérétiques  à  titre  de  pénitence  Tobligation  de  reconstruire  leur 
église.  Dès  1254,  Rainaud  de  Chartres  et  son  collègue  Jean  de 
Saint-Pierre  avaient  passé  un  accord  semblable  avec  les  habitants 
de  Lavaur*  ;  et ,  en  1271 ,  un  de  leurs  successeurs ,  Pons  du 
Pouget,  imposa  la  même  obligation  à  ceux  de  Gaillac*. 

La  construction  d'une  église  était  une  lourde  charge  pour  une 
ville  appauvrie  et  dépeuplée,  comme  Tétait  Najac  à  cette  époque. 
Pour  permettre  à  la  communauté  de  remplir  ses  engagements,  les 
inquisiteurs,  suivant  une  habitude  constante  de  leur  procédure, 
commuèrent  les  peines  mineures  infligées  à  certains  habitants  en 
amendes  applicables  à  l'œuvre  de  la  nouvelle  église.  De  ces  habi- 
tants de  Najac,  les  uns  avaient  été  condamnés  à  des  pèlerinages 
aux  principaux  sanctuaires  de  France  et  d'Allemagne,  les  autres 
au  voyage  d'outre-mer,  et  la  plupart  n'avaient  point  encore  rempli 
leurs  engagements.  Les  inquisiteurs  décidèrent  qu'ils  auraient  à 
verser  une  certaine  somme  à  l'œuvre  de  l'église,  et  l'un  d'eux, 
trop  pauvre  sans  doute  pour  s'acquitter  en  argent,  fut  condamné 
à  travailler  un  jour  par  semaine,  sans  salaire,  au  nouvel  édifice, 
jusqu'à  son  achèvement.  Les  consuls  de  Najac  furent  chargés  de 
recevoir  les  sommes  imposées  à  chacun  des  pénitents  et  d'appré- 
cier la  valeur  des  preuves  fournies  par  ceux  qui  prétendraient 
avoir  accomph  leurs  pénitences^. 

La  construction  de  l'église  commença  presque  immédiatement  ; 
mais  bientôt  s'élevèrent  à  Najac  les  querelles  qui  divisaient  le  menu 
peuple  et  les  prud'hommes,  dans  la  plupart  des  villes  du  Midi,  dès 
qu'il  s'agissait  de  répartir  une  contribution  extraordinaire.  Le 
menu  peuple  prétendit,  comme  toujours,  qu'il  était  surchargé  par 
les  bourgeois  et  que  ceux-ci  ne  payaient  pas  une  somme  propor- 
tionnée à  leurs  biens.  Après  de  longues  querelles,  les  deux  parties 
prirent  pour  arbitre  Barthélemi  de  Landreville,  châtelain  de  Pui- 
celsi  et  fils  de  Pierre  de  Landreville ,  sénéchal  de  Rouergue  et 
d'Albigeois.  Ce  seigneur,  par  un  jugement  arbitral  rendu  le 
15  juin  1262,  fixa  la  somme  à  payer  par  plusieurs  des  opposants, 
et  décida  que  la  répartition  serait  faite  par  les  trois  prud'hommes 
nommés  dans  l'acte  et  par  les  consuls  de  la  ville.  Cet  accord 

1.  Histoire  de  LanguedoCy  nouvelle  édition,  t.  V,  col.  1538-39. 

2.  Compayré,  Études  sur  V Albigeois,  pp.  377-79. 

3.  Chartes  du  24  et  26  avril  1252.  —  Pièces  justificatives,  III  et  IV. 


n'ayant  pas  entièrement  satisfait  les  parties,  elles  s  adressèrent 
l'aimée  suivante  h  Philippe  de  Boissy ,  sénéchal  de  Rouergue,  qui» 
le  10  juin  1263,  confirma  la  première  sentence  et  décida  de  plus 
que  les  collecteurs  de  la  taille  seraient  au  nombre  de  six,  qoatre 
prud'hommes  et  deux  consuls,  et  qu'on  ferait  à  cette  occasion  un 
nouveau  recensement  des  biens  des  habitants  de  Najac,  pour 
tenir  compte  des  pertes  et  des  gains  faits  par  chacun  d'eux  ^ 

La  construction  de  l'église  était  dès  lors  assurée,  mais  elle 
traîna  en  longueur  ci  la  quittance  définitive  de  l'architecte  chargé 
de  cette  œuvre,  maître  Bérenger  Jornet,  est  datée  du  31  no- 
vembrel269.  Cet  acte  nous  donne  le  prix  des  travaux  :  31,000  sous 
caorsins,  prix  fait,  pour  toute  l'œuvre,  plus  8  livres  de  caorsins 
pour  la  voûte.  Le  sou  de  Cahors  valant  exactement  la  moitié  du 
sou  tournois*,  nous  avons  pour  l'ensemble  des  frais  un  total  de 
15,580  sous  tournois.  La  valeur  du  sou  tournois  était  sous  saint 
Louis,  d'après  les  calculs  de  M.  de  Wailly,  de  0  fr.  8986;  par 
suite  15,580  sous  tournois  =  14,000  fr.  188,  valeur  intrinsè- 
que. Le  pouvoir  de  l'argent  étant  cinq  fois  plus  fort  au  xni*  siècle 
qu'aujourd'hui,  la  construction  de  l'église  entière  coûta  environ 
70,000  fr.  et  celle  de  la  voûte  359  fr.  47  c. 

Il  y  a  plusieurs  remarques  à  faire  sur  ces  chiflFres.  Si  l'on  sup- 
posait que  l'architecte,  maître  Bérenger  Jornet,  eût,  comme  un 
entrepreneur  de  nos  jours,  à  payer  sur  cette  somme  de  70,000  fr. 
la  main-d'œuvre  et  les  matériaux,  il  faudrait  admettre  que  les  tra- 
vaux de  construction  étaient  beaucoup  moins  chers  au  xm*  siècle 
que  de  nos  jours.  Si  fruste  et  si  simple  qu'elle  soit,  l'église  de  Najac 
est  de  grande  dimension  et  aujourd'hui  aucun  entrepreneur  n'ac- 
cepterait de  construire  un  monument  de  cette  taille  pour  une 
somme  aussi  modique.  D'autre  part,  dans  un  des  actes  plus  haut 
analysés,  nous  voyons  les  inquisiteurs  imposer  à  un  de  leurs 
pénitents  un  jour  de  travail  manuel  gratuit  par  semaine  pour 
l'œuvre  de  l'église;  or,  l'intention  des  frères  prêcheurs  était 
d'aider  la  commune  de  Najac  à  supporter  les  dépenses  de  la 
construction  de  la  nouvelle  église,  et,  si  maître  Jornet  avait  eu  à 
payer  la  main-d'œuvre  sur  les  70,000  francs  qui  lui  furent  alloués, 
ce  serait  lui  qui  eût  bénéficié  de  ces  services  gratuits.  Nous  pen- 
sons donc  que  le  gros  œuvre  de  l'église,  murs,  fondations,  etc. 

1 .  Pièces  justificatives,  V. 

2.  Texte  de  1269,  cité  par  Boutaric  [Alfonse  de  Poitiers,  p.  214). 


U4 

furent  construits  aux  frais  de  la  ville,  sous  la  direction  de  maître 
Jornet,  et  que  les  70,000  francs  reçus  par  celui-ci  représentent 
ses  honoraires,  le  5  pour  cent  des  architectes  d'aujourd'hui,  et  le 
prix  des  quelques  travaux  d'art,  sculptures,  ornementation,  etc., 
qu'il  exécuta  probablement  lui-même.  Ajoutons  que  rien  dans 
l'église  de  Najac  n'autorise  à  mettre  cet  architecte  au  rang  des 
grands  artistes  du  xiii®  siècle.  Originaire  du  Midi,  ainsi  que  l'in- 
dique suflSsamment  son  nom,  il  n'avait  sans  doute  pris  aucune 
leçon  des  grands  architectes  gothiques  du  Nord,  et,  si  l'église 
construite  par  lui  est  de  style  français,  il  ne  £aut  pas  oublier  que 
l'influence  française,  prépondérante  dans  le  Languedoc,  commen- 
çait dès  cette  époque  à  faire  oublier  aux  méridionaux  leur  natio- 
nalité. Ce  qui  s'était  passé  en  politique  eut  lieu  certainement  pour 
les  arts,  et  dès  la  fin  du  xin®  siècle  l'ancienne  architecture  romane 
du  Languedoc  comçiençait  à  faire  place  au  gothique  du  nord  de 
la  France. 

IL 

Située  sur  la  rive  gauche  de  l' Aveyron,  sur  la  crête  d'un  étroit 
promontoire  qui  s'étend  de  Test  à  l'ouest,  la  petite  ville  de  Najac 
est  défendue  par  la  rivière  de  trois  côtés,  au  nord,  à  l'ouest  et  au 
midi.  Deux  routes  y  conduisent  :  l'une  bien  entretenue  et  carros- 
sable ;  l'autre,  chemin  de  mulet  taillé  dans  le  roc,  était  peut-être 
au  moyen  âge  la  seule  qui  conduisît  au  château.  Deux  ponts  sont 
jetés  sur  l' Aveyron  à  l'ouest  et  au  nord  de  la  ville  ;  ce  dernier, 
que  l'on  trouve  en  se  dirigeant  de  la  station  du  chemin  de  fer 
vers  Najac,  a  eu  le  bonheur  de  ne  pas  être  restauré.  Il  passe  pour 
avoir  été  construit  en  1288*.  Il  est,  comme  le  château  de  Najac, 
bâti  en  grès  rougeâtre  ;  assez  large,  il  est  protégé  en  amont  par 
des  éperons  en  angle  aigu,  en  aval  il  est  garni  de  simples  redans 
carrés;  les  arches  sont  en  tiers-point. 

Najac  se  compose  de  deux  parties,  la  vieille  et  la  nouvelle  ville. 
La  vieille  ville  est  groupée  à  l'extrémité  ouest  du  promontoire, 
autour  du  château  et  de  l'église;  la  nouvelle  s'est  formée  peu  à 
peu  sur  les  bords  de  la  route  qui  mène  au  château;  c'était  ancien- 
nement le  Favbourg,  Aussi  n'y  a-t-il  guère  qu'une  seule  rue  à 

1.  Bosc,  Mémoires  sur  le  Rouergue^  l.  II,  p.  97. 


U2 

Najac,  dont,  du  haut  du  donjon,  on  embrasse  facilement  la  ligne 
légènîment  sinueuse. 

Nous  ne  croyons  pas  nuire  à  la  réputation  de  la  ville  de  Najac 
en  disant  qirelle  est  peu  connue  et  que  jusqu'ici  elle  n'a  reça  la 
visite  que  de  bien  peu  d'archéologues  ou  même  de   touristes. 
Quelques  mots  dans  le  procès-verbal  du  Congrès  archéologique 
de  1863  s  une  mention  dans  les  Mémoires  de  la  Société  des 
lettres  de  l'Aveyron^,  une  étude  sur  le  château',  voilà  tout  ce 
qui  a  été  écrit  sur  cette  ville.  Il  y  aurait  pourtant  beaucoup  à 
dire  et  surtout  sur  le  château,  seul  étudié  jusqu'ici;  mais  l'étude 
de  ce  monument  serait  fort  longue  et  demanderait  plus  de  temps 
que  nous  n'en  pouvions  consacrer  à  Najac  lors  de  notre  excursion. 
Nous  ne  voulons  guère  donner  ici  qu'une  description  de  l'église, 
intéressante  à  plus  d*un  titre.  Cependant  qu'on  nous  permette  de 
faire  une  courte  digression  et  de  dire  d'abord  quelques  mots  des 
autres  curiosités  de  Najac. 

Tout  d'abord,  le  château.  Il  a  été  dans  ces  dernières  années»  de 
la  part  de  son  nouveau  propriétaire,  l'objet  de  réparations  bien 
dirigées  qui  ont  sauvé  le  donjon  d'une  ruine  imminente  ;  mais  ce 
n'est  là  que  partie  remise.  Espérons  qu'il  sera  bientôt  classé 
parmi  les  monuments  historiques.  II  y  a  vingt  ans  qu'il  devrait 
l'être  ;  on  aurait  ainsi  évité  la  démolition  de  la  grosse  tour  carrée, 
la  partie  la  plus  ancienne  du  château,  et  de  bien  d'autres  cons- 
tructions qui  sont  maintenant  presque  entièrement  rasées.  Notre 
intention  n'est  pas  d'étudier  ici  ce  château  ;  nous  signalerons  tou- 
tefois en  passant  une  curieuse  peinture  qui  se  trouve  dans  une 
des  embrasures  de  la  grande  salle  du  premier  étage  du  donjon. 
L'auteur  de  l'article  que  nous  citons  plus  haut  n'a  fait  que  la 
mentionner  comme  «  des  traces  de  peintures  »,  et  n'y  a  pas 
attaché  d'autre  importance,  remarquant  toutefois  que  là  se  trou- 
vait la  chapelle,  comme  l'indiquent  suffisamment  et  cette 
peinture  et  le  lavabo  creusé  tout  à  côté  dans  l'épaisseur  de  la 
muraille. 

Cette  peinture  se  trouve  dans  une  des  meurtrières  ou  plutôt 


1.  Congrès  archéologique  de  1863,  tenu  à  Rodez,  p.  163. 

2.  Mémoires  de  la  Société  des  lettres,  sciences  et  arts  de  VAveyron,  t.  IV, 
1842-1843,  p.  597. 

3.  Par  B.  Dusan  {Revue  archéologique  du  midi  de  la  France^  I,  pp.  9-24, 
avec  planches}. 


U3 

dans  la  loge  voûtée  d*un  berceau  en  tiers-point  qui,  comme  dans 
beaucoup  d'autres  constructions  militaires,  précède  la  meurtrière. 
Ce  premier  étage  servait  de  chapelle  et  c'est  évidemment  dans  ce 
réduit  qu'était  placé  l'autel.  A  la  hauteur  de  l'imposte  delà  voûte 
se  trouve  une  large  moulure  en  quart  de  cercle.  Cette  moulure  a 
reçu  pour  ornement  une  peinture  blanche  sur  laquelle  se  détachent 
une  bordure  rouge  sang  et  des  bandes  alternativement  jaunes  et 
rouges.  Le  mur,  au-dessous  de  l'imposte,  a  reçu  une  ornementa- 
tion différente  et  qui,  à  distance,  ressemble  au  vair  héraldique; 
ce  sont  des  écussons  d'environ  14  cent,  de  haut  et  de  12  cent,  de 
large,  blancs,  se  détachant  sur  un  fond  gris  foncé.  Ils  sont  dis- 
posés symétriquement  par  files  de  six.  La  même  ornementation  se 
retrouve  à  la  voûte,  mais  ici  il  n'y  a  plus  que  quatre  écussons 
dans  chaque  file,  deux  nouvelles  bordures  ayant  occupé  une 
partie  de  l'espace  disponible  :  Tune,  extérieure,  composée  d'un 
simple  listel  rouge  et  jaune  ;  l'autre,  au  fond  de  la  niche,  com- 
posée d'une  série  de  feuilles  aiguës  inscrites  dans  des  triangles 
alternativement  blancs  et  noirs  ;  les  feuilles  sont  noires,  et  quand 
le  triangle  est  noir  elles  sont  bordées  d'une  ligne  blanche.  Le  tout 
est  limité  de  chaque  côté  par  un  listel  rouge  et  jaune. 

Sur  le  mur  de  fond,  dans  la  partie  comprise  entre  la  voûte  et 
ses  impostes,  l'artiste  a  peint  son  principal  sujet.  Sur  un  fond 
jaune  est  dessiné  un  portique  composé  de  trois  arcades  en  tiers 
point,  une  grande  centrale  et  deux  petites  latérales.  Sous  chacune 
des  arcades  latérales  est  un  clerc,  debout,  tête  nue,  dans  une 
attitude  d'adoration;  tous  deux  sont  vêtus  d'un  manteau  rouge 
à  capuchon;  celui  de  droite  tient  un  livre  fermé,  de  la  main 
gauche.  Ces  deux  personnages  se  détachent  sur  un  fond  gris. 
Aux  pieds  du  clerc  qui  se  trouve  à  gauche  du  spectateur,  se  voit 
un  chevalier  agenouillé,  les  mains  jointes,  vêtu  du  haubert,  une 
large  épée  à  la  ceinture.  Ce  personnage  est  de  dimensions  très 
exiguës.  Il  y  a  apparence  qu'aux  pieds  du  clerc  de  droite  se  trou- 
vait un  personnage  semblable  et  dans  la  même  attitude  ;  du  moins 
certaines  traces  de  peinture  noirâtre  permettent  de  le  supposer. 

Le  centre  de  la  composition  est  occupé  par  un  personnage  de 
haute  taille,  assis,  vêtu  d'une  tunique  rose  pâle  et  d'un  grand 
manteau  dont  on  ne  voit  plus  que  des  vestiges  grisâtres.  Ce  per- 
sonnage est  couronné  et  porte  les  cheveux  longs  et  encadrant  les 
joues  à  la  mode  du  xni*  et  du  commencement  du  xrv*  siècle  ;  mais 
l'état  de  dégradation  de  la  peinture  ne  permet  d'apercevoir  aucun 


144 

vestige  du  nimbe  qui,  selon  toute  vraisemblance,  encadrait  sa 
tête.  De  la  main  droite,  ramenée  à  la  hauteur  du  cou,  il  semble 
bénir  ;  quant  à  la  gauche,  elle  a  complètement  disparu. 

Quel  peut  être  ce  saint  couronné?  Un  nom  se  présente  immé- 
diatement à  l'esprit,  celui  de  Louis  IX.  Le  style  du  dessin  indique 
le  commencement  du  xiv*'  siècle  et  nous  nous  trouverions  là,  si 
cette  conjecture  était  admise,  en  face  d*une  des  plus  anciennes 
représentations  de  ce  saint.  Nous  donnons  cette  hypothèse  pour 
ce  qu'elle  vaut.  Remarqmms  toutefois  que  la  dédicace  d*une  cha- 
pelle à  saint  Louis,  dans  un  château  royal,  n'aurait  rien  d'inad- 
missible ;  il  en  était  de  même  à  Carcassonne ,  et  dans  une  des 
tours  de  la  cité  une  chapelle  lui  était  consacrée^  Mais  ce  ne 
sont  là  que  des  suppositions  que  l'état  de  dégradation  du  monu- 
ment ne  permet  pas  de  présenter  d'une  façon  plus  afSrmative. 

Avec  le  château  et  l'église,  les  seules  curiosités  de  Najac  sont 
une  fontaine  du  xiv®  siècle,  quelques  vestiges  des  anciens  murs  et 
de  vieiUes  maisons.  Nous  parlerons  d'abord  de  la  fontaine»  qui  se 
trouve  sur  une  place,  à  peu  près  au  centre  de  la  ville.  Elle  fat 
signalée  à  l'attention  des  archéologues  dès  1863,  dans  une  lecture 
faite  lors  du  congrès  pour  la  conservation  des  monuments  tenu  à 
Rodez*.  Cette  fontaine  est  curieuse  à  plus  d'un  titre.  Elle  se 
compose  d'un  seul  bloc  de  granit;  c'est  un  dodécagone  régulier 
dont  chaque  face  extérieure  a  90  cent,  et  chaque  face  intérieure 
75  cent,  de  large,  ce  qui  donne  une  épaisseur  de  25  cent,  et  un 
périmètre  total  de  10  mètres  80.  La  hauteur  du  bassin  est  de 
65  cent.,  la  profondeur  de  50  cent.  C'est,  on  le  voit,  une  masse 
assez  respectable.  Une  vasque,  montée  sur  un  pied  en  balustre, 
se  dresse  au  milieu  du  bassin  ;  mais  il  faut  certainement  voir  dans 
ce  récipient  de  forme  disgracieuse  une  restauration  moderne,  qui 
a  dû  remplacer  une  construction  ancienne. 

Certains  archéologues ,  entre  autres  Edward  Barry ,  ont,  au 
dire  des  gens  du  pays,  prétendu  que  ce  bassin  n'était  pas  en 
pierre,  mais  en  béton.  Ils  se  fondaient  sur  ce  que  l'on  ne  trouve 
point  aux  environs  de  Najac  de  granit  semblable.  Ce  n'est  pas  là, 
croyons-nous,  un  argument  bien  solide.  Il  est  vrai  qu'au  moyen 
âge,  à  cause  de  la  difficulté  des  communications,  on  se  servait 
plus  souvent  qu'aujourd'hui  des  matériaux  qu'on  avait  sous  la 

1.  Mahul,  Cartulaire  du  diocèse  de  Carcassonne,  t.  V,  pp.  701,  730  et  731. 

2.  Comptes-rendiAS  des  séances  du  congrès  archéologique  de  1863,  p.  163. 


a  erceptions  :  près  de  l'^l 

le  maison  de  la  fin  du  xui°  siècla  ou  du 

►-«v;  le  rez-de-chaussée  sert  aujourd'hui  de 

;  -U:  i^-andes  arcades  en  tiers-point,  et  le  premier 

^'  des  fenptres  ornées  de  jolies  colonnettes 

ktyle  rayonnant. 

,:.i  ;iutrerois  plusieurs  églises  :  Saint-Barthélémy, 

..;,(( Dliste ,  Saint-Julien'  et  une  chapelle  cons- 

_4  Liinetière,  sur  le  versant  ouest  de  la  colline, 

!.iUil-Jean.  De  cette  dernière,  il  ne  subsiste  rien, 

^iiiut-JuIien,  k  moins  que  cette  dernière  église 

iiiilacement  qu'occupa  plus  tard  Saint-Jean, 

,  lut  édifié  sur  l'emplacement  de  l'ancienne 

.1  -Barthélémy,  qui  se  trouve  dans  la  grand'rue, 

iiit-Jean,  a  élé  transformée  en  grange  depuis 

'.,t  les  divisions  intérieures  qu'on  y  a  pratiquées 

isite  à  peu  près  impossible.  La  porte,  en  cintre 

3  ses  pieds  droits  orné  de  deux  colonnettes  ;  un 

■  ]ietite  dimension  est  percé  au-dessus  de  la  porte,  mais 

"■1  '  i-i'i.ine  époque  postérieure  à  l'ensemble  de  la  construc- 

.  i''fvl  du  reste  décoré  d'aucune  moulure.  C'est  là  tout  ce 

i--"'.-  fie  Saint-Barthélémy;  nous  ne  pensons  pas  que  cette 

->Ti-iion  soit  antérieure  au  iit°  siècle,  mais  ce  n'est  là  qu'une 

>uire,  car,  nous  le  répétons,  il  faudrait  voir  l'intérieur, 

e  pour  le  moment. 

Vfinns  maintenant  de  l'égUse  de  Saint-Jean-l'Kvangéliste. 

I  i'éléve  à  l'extrémité  ouest  de  Najac,  dans  une  situation 

^):iil>arable  au  point  de  vue  du  pittoresque,  mais  très  mal 

ptie  pour  y  établir  une  construction  de  quelque  étendue.  Gela 

k  notre  avis,  que  cette  église  a  été  construite  sur  l'empla- 

lent  de  celle  que  les  inquisiteurs  trouvèrent  trop  mesquine  et 

p  étroite.  On  s'accommoda  wmme  on  put  du  terrain  que  l'on 

.josâédait,  ce  qui  força  l'architecte  à  recourir  à  un  certain 

uomhre  d'artifices. 

En  effet,  le  terrain  sur  lequel  est  bâti  Saint-Jean  est  incliné  du 
levant  au  coacbant,  à  tel  point  qu'il  existe  une  diSrence  de 

1.  Voyei  TeaM,    Lafttiet  du    Tréior  det    eharles,  II,  269  a  (acte  du 
U  Mflt  1234). 


448 

5  mètres  50  cent,  ou  6  mètres  entre  le  niveau  du  chevet  et  celai 
de  la  façade  ;  rinclinaison  du  nord  au  midi  est  encore  plus  forte  : 
la  différence  de  niveau  est  d'au  moins  7  à  8  mètres.  Dans  ces 
conditions  l'établissement  d'une  aire  plane  d'une  grande  étendue 
était  difficile.  Mais,  si  Ton  dut  entasser  les  matériaux  pour  rache- 
ter ces  énormes  différences  de  niveau,  on  n*eut  pas  du  moins  la 
peine  de  creuser  profondément  les  fondations,  car  on  bâtissait 
sur  le  roc  vif,  comme  au  château,  où  la  base  talutée  du  donjon 
est,  en  grande  partie,  taillée  dans  le  rocher  même. 

Les  mêmes  ouvriers  ont-ils  travaillé  au  château  et  à  l'église, 
c'est  ce  que  nous  ne  saurions  dire  ;  les  marques  d'assemblage  ou 
d'ouvriers  qui  existent  au  château  ont  été  relevées^  ;  nous  avons 
cherché  partout  sur  les  murs  de  l'église  sans  rien  rencontrer  de 
semblable.  La  seule  marque  que  nous  ayons  trouvée  consiste  en 
une  grande  fleur  de  lys  gravée  sur  le  flanc  nord  de  l'église,  près 
de  l'angle  formé  par  la  façade,  mais  nous  ne  saurions  dire  s'il 
faut  voir  là  une  marque  d'ouvrier  ou  un  graffîio  dû  à  quelque 
gamin  du  moyen  âge. 

L'église  de  Saint-Jean  est  orientée  régulièrement,  c'est-à-dire 
que  son  chevet  fait  exactement  face  au  soleil  levant.  Les  maté- 
riaux employés  sont  à  peu  près  les  mêmes  qu'au  château  :  c'est 
un  grès  des  environs  de  Najac,  de  couleur  rougeâtre,  et  qui 
résiste  fort  mal  à  l'action  de  la  pluie.  L'appareil  est  moyen  et 
assez  régulier,  au  moins  en  ce  qui  touche  à  la  hauteur  des  assises, 
car  la  longueur  des  pierres  varie  naturellement  beaucoup.  La 
couche  de  mortier  qui  sépare  chaque  assise  est  très  épaisse,  sur- 
tout dans  les  contreforts.  L'extérieur  n'a  pas  reçu  de  crépi  ;  il 
n'en  est  pas  de  même  à  l'intérieur,  dont  toute  la  surface  est  revàtue 
d'un  badigeon  fort  épais  et  du  plus  mauvais  goût. 

L'acte  du  9  avril  1258  nous  donne  les  dimensions  que  devait 
avoir  l'église  :  28  brasses  de  longueur  sur  7  de  largeur.  La  lon- 
gueur, à  l'intérieur,  est  de  46  mètres,  la  largeur  de  11  mètres 
50  cent.,  et,  l'église  ayant  quatre  travées,  chacune  d'elles  est 
exactement  carrée.  En  prenant  ces  dimensions  pour  base  de 
l'évaluation  delà  brasse,  on  trouve  que  cette  mesure  équivalait  à 
peu  près  à  1  mètre  642. 

La  façade  n'a  rien  d'élégant.  La  porte  s'ouvre  entre  deux 

1.  Dasan,  ut  suprà,  p.  24. 


^49 

énormes  contreforts  qui  écrasent  complètement  le  reste  de  la  con- 
struction. On  y  accède  par  un  perron  de.  trente  marches  de 
construction  moderne  (il  date  de  1870).  Avant  cette  époque,  on 
montait  par  un  escalier  tout  droit  et,  paraît-il,  fort  incommode. 

L'espace  compris  entre  les  deux  contreforts,  le  mur  de  face  de 
réglise  et  le  perron  a  été  utilisé  ;  on  en  a  fait  un  porche  couvert 
d'un  toit  en  appentis  que  supportent  deux  colonnes  doriques.  Ces 
colonnes  sont  une  restauration  du  dernier  siècle,  peut-être  même 
plus  récente,  mais  le  porche  a  toujours  existé,  comme  l'indiquent 
suffisamment  les  corbeaux  de  pierre  qui  sortent  du  mur  un  peu 
au-dessous  du  sommet  du  toit  actuel;  lors  de  la  restauration,  les 
poutres  ont  été  fixées  dans  le  mur  de  manière  à  établir  le  toit 
sous  un  angle  plus  aigu. 

La  porte,  dont  la  baie  a  2  mètres  25  de  large,  est  percée  par 
retraite  de  cintres.  Sur  les  pieds  droits  se  détachent  cinq  colon- 
nettes  engagées  auxquelles  correspondent  les  moulures  rondes 
des  arcs  ;  les  chapiteaux,  fort  simple^,  sont  ornés  de  crochets. 

Au  milieu  de  la  façade,  au-dessus  de  la  porte,  s'ouvre  une 
large  rose  à  dix  compartiments  formés  par  des  arcs  trilobés, 
séparés  à  leurs  extrémités  par  un  quatrefeuille.  Cette  rose  est  de 
grande  dimension.  Remarquons  en  passant  que  le  nombre  des 
ouvertures  destinées  à  éclairer  l'église  a  été  restreint  au  strict 
nécessaire,  mais  que,  par  contre,  chacune  de  ces  ouvertures  a 
été  largement  taillée  dans  le  mur,  dont  l'épaisseur  (1  mètre  50) 
défiait  toutes  chances  de  ruine.  Une  petite  baie,  placée  pres- 
qu'au  faîte  du  pignon,  éclaire  les  combles  et  l'extra-dos  de  la 
voûte. 

Examinons  maintenant  les  flancs  de  l'édifice,  et  d'abord  le 
flanc  nord  où  se  trouve  le  clocher.  Comme  sur  la  façade,  nous 
nous  trouvons  en  face  d'un  mur  épais  que  soutiennent  de  larges 
contreforts  qui  vont  en  se  rétrécissant  de  la  base  au  sommet  au 
moyen  de  talus.  Dans  le  mur  de  la  première  et  de  la  quatrième 
travée  sont  percées  de  larges  et  hautes  fenêtres  divisées  en  deux 
lancettes  par  un  meneau  central,  fortement  ébrasées  à  l'intérieur 
et  à  l'extérieur;  nous  en  reparlerons  tout  à  l'heure,  en  même 
temps  que  nous  décrirons  le  mode  fort  rare  de  clôture  dont  elles 
ofirent  un  exemple. 

A  la  seconde  travée,  nous  trouvons  une  porte,  précédée  d'une 
marche  qui  va  d'un  contrefort  à  l'autre,  en  tout  semblable  à  la 


150 

porte  principale  et  de  mêmes  dimensions.  Des  corbeaux  de  pierre 
indiquent  qu'autrefois  cette  entrée  était  aussi  abritée  par  un  toit 
en  appentis.  Celui  qui  existe  maintenant  est  de  dimensions  tout  à 
fait  exiguës  et  ne  peut  servir  qu'à  rejeter  les  eaux  du  toit  en 
dehors  de  l'aplomb  du  mur,  qui,  à  cet  endroit,  est  plus  épais  qpi'à 
sa  partie  supérieure.  Au-dessus  de  cette  porte  se  trouve  un  Christ 
de  pierre  de  très  petite  dimension  (50  ou  60  cent,  environ)  ;  une 
pierre  saillante  lui  sert  d'auvent.  Les  pieds  sont  fixés  par  d^ix 
clous;  il  est  vêtu  d'un  petit  jupon. 

Avant  de  parler  du  clocher,  disons  quelques  mots  d'un  édicule 
adossé  au  contrefort  qui  sépare  la  première  de  la  seconde  travée. 
Cet  édicule  ou  plutôt  cette  niche  peut  avoir  3  mètres  50  à  4  mètres 
de  haut  ;  la  largeur  en  est  de  1  mètre  70,  la  longueur  de  2  m .  95  ; 
il  se  termine  par  un  toit  à  deux  rampants  qui  recouvre  un  ber- 
ceau en  tiers-point.  L'ouverture  est  ornée  de  colonnettes  aujour- 
d'hui très  frustes.  A  l'intérieur,  à  droite  et  à  gauche,  à  1  m.  60 
du  sol,  se  voient  deux  larges  bandeaux  couverts  de  feuillages 
assez  finement  sculptés.  Enfin,  sur  la  face,  au-dessus  de  l'ouver- 
ture de  la  voûte,  régnait  une  corniche  sculptée,  dont  une  sirène, 
tenant  ses  queues  dans  ses  mains,  est  à  peu  près  le  seul  vestige. 
Nous  avions  d'abord  pensé  que  cette  niche  avait  servi  de  cha- 
pelle et  devait  autrefois  contenir  quelque  statue  de  saint  ;  mais, 
informations  prises  auprès  des  habitants,  nous  avons  appris 
qu'elle  abritait  autrefois  le  tombeau  d'un  membre  d'une  ancienne 
famille  de  Najac,  les  Puechberdi  ou  Puechverdi.  C'est  là  tout 
ce  que  nous  avons  pu  savoir  au  sujet  de  ce  petit  monument,  qui 
peut  dater  de  la  fin  du  xiv®  siècle. 

Le  clocher,  placé  à  la  hauteur  de  la  troisième  travée,  est 
encastré  entre  deux  contreforts.  Sa  base  présente  la  ÉDrme  d'un 
parallélogramme.  Le  rez-de-chaussée  n'est  percé  d'aucune  baie  ; 
il  est  voûté  d'ogive  et  s'ouvre  par  une  arcade  surbaissée  sur  la 
nef,  formant  ainsi  l'un  des  bras  du  transsept,  où.  est  installé  une 
chapelle.  Le  premier  étage  est  éclairé  par  deux  fenêtres  sem- 
blables à  celles  de  la  nef.  Une  seule  ouverture  aurait  suffi  pour 
éclairer  cet  étage,  ouvert  sur  la  nef,  comme  le  rez-de-chaussée, 
par  un  arc  en  tiers-point  de  toute  la  largeur  de  la  travée  ;  mais 
l'architecte  ayant  jugé  à  propos  de  couvrir  cet  étage  d'une  voûte 
d'ogive  à  deux  compartiments,  il  a  été  forcé  d'ouvrir  deux  baies 
correspondantes  à  ces  deux  voûtes;  l'ouverture  d'une  fenêtre 


dans  la  partie  centrale  du  mur  aurait  compromis  la  solidité  de  la 
construction.  Par  surcroît  de  précaution,  à  cet  endroit,  où  la  force 
de  poussée  se  faisait  le  plus  sentir,  le  mur  extérieur,  aussi  bien 
que  le  mur  de  la  nef,  ont  été  renforcés  au  moyen  de  deux  espèces 
de  contreforts  en  encorbellement.  Le  premier  étage  de  la  tour 
monte  exactement  à  la  hauteur  du  mur  de  la  nef  et  la  corniche 
ornée  de  modillons  chanfreinés  qui  se  trouve  sous  la  toiture  a  été 
continuée  sur  ses  trois  côtés  extérieurs.  Le  deuxième  étage  est 
beaucoup  plus  bas  et  se  trouve  un  peu  en  retraite  sur  les  deux 
autres.  Le  troisième  et  dernier  étage  est  hexagonal.  Le  passage 
du  carré  à  l'hexagone  se  fait  sans  doute  au  moyen  de  pendentife, 
dont  nous  n'avons  rien  à  dire,  n'ayant  pu  monter  dans  le  clocher. 
Ce  troisième  étage,  plus  élevé  que  le  second,  est  divisé  extérieure- 
ment en  deux  parties  égales  par  une  sorte  de  moulure.  Dans  la 
partie  la  plus  élevée  de  chacune  des  faces  a  été  percée  une  fenêtre 
géminée  à  arcade  trilobée,  surmontée  d'une  rose  engrelée.  C'est 
à  cet  étage  que  sont  placées  les  cloches,  ainsi  que  l'indiquent  les 
grossiers  abat-sons  qui  enlèvent  à  ces  fenêtres  toute  leur  élégance. 
Le  toit  construit  suivant  deux  angles  différents,  l'un  aigu,  l'autre 
obtus,  est  aujourd'hui,  comme  toute  l'église,  couvert  en  ardoise  ; 
mais  c'est  là  une  restauration  très  récente,  et  lors  de  notre  séjour 
à  Najac  les  amas  de  vieilles  tuiles  sepii- cylindriques  qui  jon- 
chaient les  abords  de  l'église  indiquaient  assez  quelle  était  la 
nature  de  son  ancienne  couverture. 

Nous  n'avons  pu  monter  dans  le  clocher;  nous  avons  pu  tou- 
tefois nous  assurer  que  l'escalier  qui  y  donne  accès  est  renfermé 
dans  une  fillette  carrée  placée  sur  son  flanc  est.  Cet  escalier 
conduit  jusqu'au  second  étage  d'où  un  degré  placé  dans  la  tour 
même  permet  d'arriver  aux  cloches. 

Nous  ne  donnons  point  la  hauteur  exacte  du  clocher,  car  nous 
n'avions  pas  sous  la  main  les  instruments  nécessaires  pour  l'éva- 
luer. Nous  pensons  toutefois  qu'elle  ne  dépasse  pas  28  ou 
30  mètres. 

De  la  quatrième  travée  du  nord  nous  ne  dirons  rien,  si  ce 
n'est  qu'elle  est  percée  d'une  large  fenêtre  comme  la  première. 
Le  chevet  est  plat  ;  il  est  percé  d'une  fenêtre  semblable  à  celles 
des  flancs  et  ne  présente  aucune  particularité  intéressante. 

Passons  maintenant  au  flanc  sud.  Nous  y  trouvons  deux 
travées  entièrement  semblables  avec  les  mêmes  percements  que 


452 

la  première  et  la  quatrième  travée  nord.  Mais  la  troisième  travée 
offre  une  particularité.  Nous  avons  dit  que  la  diflérence  de  niveau 
était  très  sensible  entre  le  flanc  nord  et  le  flanc  sud  ;  aussi,  quand 
on  a  voulu  établir  dans  la  troisième  travée  du  sud  une  chapelle 
latérale,  formant  un  embryon  de  transsept  sy'métrique  à  la  cha- 
pelle formée  par  le  rez-de-chaussée  de  la  tour,  on  a  dû  cher- 
cher à  racheter  cette  difierence  de  niveau.  On  a  eu  recours  à  un 
artifice  fort  simple  :  on  a  bandé  entre  les  deux  contreforts  un 
arc  de  dimensions  telles  que  son  sommet  arrivât  à  la  hauteur  du 
sol  de  la  nef.  C'est  sur  cet  arc  que  l'on  a  construit  la  chapelle, 
dont  le  mur  est  percé  de  deux  fenêtres  semblables  à  celles  des 
autres  travées.  Cette  disposition  existait-elle  dans  le  plan  primi- 
tif? Sans  parler  de  la  (Ûfierence  d'épaisseur  du  mur,  beaucoup 
plus  mince  à  cet  endroit,  difierence  qui  pourrait  s'expliquer  par 
l'intention  de  charger  le  moins  possible  la  voûte  qui  soutenait  la 
chapelle,  l'aspect  du  mur,  des  raccords  très  visibles  dans  l'appa- 
reil prouvent  surabondamment  que  cette  chapelle  ne  date  pas 
exactement  de  la  même  époque  que  l'ensemble  delà  construction. 
De  plus,  au  lieu  de  lui  donner  la  même  hauteur  de  voûte  qu'à  la 
nef,  on  lui  en  a  donné  une  sensiblement  moindre,  si  sensiblement 
que  l'on  a  pu,  au-dessus  de  l'arcade  par  laquelle  la  chapelle 
s'ouvre  sur  la  nef,  percer  une  fenêtre  dont  les  mauvaises  propor- 
tions décèlent  un  remaniement.  L'examen  des  membrures  de  la 
voûte  ne  peut  que  nous  confirmer  dans  cette  opinion. 

La  quatrième  travée  sud  n'ofire  rien  de  remarquable.  Men- 
tionnons seulement  l'existence,  entre  les  deux  contreforts  de  cette 
travée,  de  la  sacristie,  construction  très  basse  et  légère  qui  a  dû 
subir  bien  des  transformations  ;  une  porte  la  fait  communiquer 
avec  l'église  ;  une  autre  porte,  suivie  d'un  escalier  de  bois,  conduit 
dans  la  rue  qui  longe  l'édifice. 

L'intérieur  nous  présente  quatre  travées  d'égales  dimensions 
(11  mètres  50  sur  11  mètres  50).  Celle  du  fond,  élevée  d'une 
marche,  forme  le  chœur.  Ces  quatre  travées  ont  été  couvertes  de 
voûtes  d'ogive  sur  plan  carré  ;  nous  en  évaluons  la  hauteur  à 
17  ou  18  mètres.  Les  membrures  n'ont  reçu  qu'un  appareil- 
lage fort  simple  :  dans  les  trois  travées  de  la  nef,  elles  sont 
seulement  épannelées;  dans  celle  du  chœur,  elles  sont  ornées 
d'un  tore  accompagné  de  deux  scoties.  Partout  les  clés  de  voûte 
sont  largement  percées.  Des  colonnettes  engagées  reçoivent  en 


■^ 


453 

porte-à-faux,  sur  un  tailloir  pentagonal,  la  retombée  des  arcs 
doubleaux,  des  ogifs  et  des  formerets.  Les  chapiteaux  sont  fort 
simples  :  un  simple  rang  de  crochets  très  peu  épanouis.  Les 
extrémités  inférieures  des  colonnettes  sont  garnies  d'une  petite 
moulure  ronde  et  d'un  cul-de-lampe  composé  d'une  feuille  plus 
ou  moins  découpée. 

Ce  qui  nous  ferait  croire  volontiers  que  la  tour  (excepté  sa 
base)  et  la  chapelle  du  sud  ont  été  ajoutées  à  l'édifice  à  une  date 
postérieure,  c'est  que  les  membrures  des  voûtes,  au  lieu  d'être 
aussi  simples  que  dans  la  nef,  nous  présentent  une  figure  com- 
posée de  scoties  et  d'un  tore  sur  lequel  est  superposé  un  réglet. 
Il  ne  faudrait  pas  toutefois  penser  que  nous  voulions  rajeunir  de 
beaucoup  ces  parties  de  l'église,  mais  il  nous  semble  que  l'on 
pourrait  légitimement  en  reporter  la  date  vers  1290,  ce  qui  les 
ferait  d'une  vingtaine  d'années  postérieures  à  l'achèvement  de 
la  nef. 

Nous  avons  dit  que  le  rez-de-chaussée  de  la  tour,  transformé 
en  chapelle,  s'ouvrait  sur  la  nef  par  un  arc  surbaissé  ;  le  premier 
étage,  qui  sert  aujourd'hui  de  tribune,  s'ouvre  également  par  un 
grand  arc,  mais  non  surbaissé.  Les  voûtes  ont  reçu  le  même 
genre  de  supports  que  celles  de  la  nef. 

L'ouverture  sur  la  nef  de  la  chapelle  du  sud  est  un  peu  difie- 
rente.  En  effet,  tandis  que  dans  le  rez-de-chaussée  et  le  premier 
étage  de  la  tour  l'arc  naît  directement  du  mur,  ici  il  repose  sur 
des  colonnettes  engagées  en  porte-à-faux,  aux  chapiteaux  sim- 
plement épannelés  et  munis  de  tailloirs  volumineux. 

n  ne  nous  reste  à  parler  que  des  fenêtres  ^  et  des  vitraux  qui 
les  garnissent,  ou  plutôt  de  la  façon  dont  ces  vitraux  sont  montés  ; 
car,  pour  les  vitraux  eux-mêmes,  il  en  reste  si  peu  d'anciens 
qu'on  ne  peut  les  mentionner  que  pour  mémoire. 

Les  fenêtres  sont  ébrasées  au  dedans  et  au  dehors  et  séparées 
en  deux  lancettes  par  des  meneaux  épannelés  que  surmonte  une 
rose  de  petites  dimensions  et  sans  aucune  moulure.  Cette  rose  est 
remplie  d'une  engrêlure  en  forme,  soit  de  trèfle,  soit  de  quatre- 
feuille.  Par  une  bizarrerie  dont  on  ne  connaît  que  fort  peu 
d'exemples,  ces  baies,  au  lieu  de  recevoir  des  verrières  occupant 


1.  Le  pavage  de  l'église  a  dû  être  refait  à  une  époque  moderne;  il  se  compose 
de  dalles  de  petites  dimensions;  nous  n'y  avons  relevé  aucune  inscription. 


toute  la  hauteur  des  lancettes,  ont  été  remplies  de  plaques  de 
pierre  percées  d'ouvertures  en  trèfles  ou  en  quatrefeuiÛes,  super* 
posées  au  nombre  de  huit.  Ce  ne  sont  point  des  dalles  d'une  seule 
pièce,  les  grandes  dimensions  des  baies  ne  l'ayant  poiut  permis, 
ce  sont  des  dalles  de  différentes  grandeurs  soigneusement  appa- 
reillées. Chacune  des  ouvertures  en  trèâe  ou  ea  quatrefeuUle  a 
reçu  une  garniture  de  vitraux. 

On  n'a  certainement  point,  en  choisissant  ce  mode  bizarre  de 
clôture,  obéi  à  un  sentiment  de  recherche,  mais  on  n'a  probable- 
ment fait  que  suivre  un  usage  local.  On  pourrait  objecter  que  ce 
mode  de  remplage  n'est  peut-être  qu'une  addition  postérieure, 
une  fantaisie  de  quelque  maçon  du  pays,  car  toutes  les  fenêtres 
de  l'église  ne  po^èdent  pas  cette  garniture.  £n  effet,  la  fenêtre 
qui  éclaire  le  chevet  et  la  petite  baie  qui  est  au-dessus  du  bras 
droit  du  transsept  ne  l'ont  pas.  Mais  nous  pensons  que,  de 
ces  deux  fenêtres,  celle  du  chevet  au  moins  l'a  possédée  ;  pour 
l'autre,  nous  avons  déjà  dit  que  nous  croyons  voir  là  des  traces 
d'un  remaniement  un  peu  postérieur  à  la  construction  de  la  nef; 
cette  fenêtre  a  si  peu  de  hauteur  qu'on  a  pu  y  encastrer  une 
armature  en  fer,  garnie  de  vitraux,  de  forme  circulaire,  qui  est 
tangente  à  la  fois  à  la  base  et  aux  deux  côtés  de  l'arc  qui  la 
termine  ;  elle  n'a  donc  pas  les  proportions  des  autres  fenêtres. 
De  plus  les  fenêtres  deNajac  sont  démesurément  grandes,  comme 
le  voulait  l'emploi  d'un  pareil  système;  car  il  n'entre  que  fort 
peu  de  jour  par  chacune  des  ouvertures  en  quatrefeuiUe  et  néan- 
moins la  dimension  des  baies  a  permis  de  répéter  ces  ouvertures 
tant  de  fois  que  l'église  est  fort  bien  éclairée. 

Ce  fait  était  considéré  comme  à  peu  près  unique  par  M.  de 
Caumont'.  VioUet  Le  Duc*  cite  les  fenêtre  de  l'église  de  Fenioux 
enSaîntonge,  du  xn*  siècle,  comme  présentantla  même  anomalie; 
mais  les  fenêtres  de  cette  dernière  ^lise  offrent  une  série  de 
cercles  entrelacés,  sculptés  sur  les  dalles,  d'un  assez  beau  travail. 
Le  m6me  &it  aurait  été  constaté  dans  quelques  ^lises  d'Au- 
vergne du  XI*  siècle.  En  Espague,  à  Gijon,  nous  retrouvons  le 
même  système,  et  là  aussi  le  dessin  est  assez  compliqué*.  A 

l.  Ci»nBTèi  archéologique  tte  1863,  p.  1fi3, 

Z,  itmiottiutàn!  foùonnc'  d'ar<Mteclure,  t.  V,  p.  371. 

llUrf,  <UMË£  ISaO,  l.  XXI,  p.  68  (figure). 


<55 

Najac,  rien  de  pareil,  le  travail  est  des  plus  frustes  et  nous  pen- 
sons bien  être  là  en  face  de  l'œuvre  de  Bérenger  Jornet^ 

Tous  les  vitraux  des  fenêtres,  sauf  quelques  rares  fragments 
dans  une  des  lancettes  de  la  seconde  fenêtre  du  flanc  droit,  sont 
modernes.  Ce  ne  sont  que  des  verres  de  couleur  où  le  vert,  le 
rouge  et  le  bleu  essayent  de  faire  bon  ménage  sans  toujours  y 
parvenir.  Quant  aux  rares  fragments  anciens,  il  serait,  croyons- 
nous,  téméraire  de  leur  assigner  une  date,  tant  ils  sont  de  petite 
dimension. 

La  rose  de  la  façade,  plus  heureuse,  a  conservé  une  grande 
partie  de  ses  vitraux;  mais,  par  un  hasard  des  plus  malencon- 
treux, il  ont  été  démontés  et,  qui  plus  est,  mal  remontés;  c'est 
une  véritable  scène  de  carnage  :  là  une  tête,  ici  une  jambe,  ail- 
leurs une  main.  Malgré  leur  mauvais  état,  nous  avons  cru  recon- 
naître que  ces  vitraux  doivent  être  attribués  à  la  première  moitié 
du  XVI®  siècle.  Quant  au  sujet,  tant  que  les  personnages  n'auront 
pas  retrouvé  leurs  membres  respectife,  nous  renonçons  à  deviner 
quel  il  pouvait  bien  être. 

Disons  en  terminant  un  mot  du  mobilier  de  l'église.  On  montre 
dans  la  sacristie  une  croix  en  vermeil  couverte  de  filigranes  et 
ornée  de  verroteries.  Le  travail  en  est  lourd,  assez  grossier,  les 
branches  sont  terminées  par  des  fleurs  de  lys.  On  ne  peut 
guère  en  faire  remonter  la  fabrication  plus  haut  que  le  xv®  siècle. 
Elle  fut,  dit-on,  donnée  à  l'égUse  de  Najac  par  un  seigneur  de 
Gorbières*.  Dans  un  coin  de  l'église  se  trouve  relégué  un  pied  de 
cierge  paschal  qui,  à  notre  avis,  sans  être  une  œuvre  de  fer- 
ronnerie bien  fine,  est  pour  le  moins  aussi  curieux  que  la  croix. 
C'est  une  cage  en  fer  légèrement  conique,  d'un  mètre  de  haut  et 
de  35  cent,  environ  de  diamètre.  Sur  les  montants  verticaux  sont 
attachés  au  moyen  de  bagues  une  série  de  pièces  recourbées  en 
forme  de  C,  qui,  par  leur  répétition,  forment  un  grillage  du  meil- 
leur efiet;  une  petite  porte  ornée  de  la  même  façon  s'ouvre  à  la 
base  de  la  cage  et  permet  de  nettoyer  la  pointe  sur  laquelle  s'im- 

1.  Nous  n'avons  pas  besoin  de  rappeler  que  ce  même  mode  de  clôture  se 
retrouve  en  Italie  dans  d'assez  nombreuses  égUses,  en  général  fort  anciennes. 
Nous  voulons  simplement  constater  son  extrême  rareté  en  France. 

2.  Le  château  de  Gorbières  était  situé  sur  l'Aveyron,  au-dessus  de  Najac.  Sur 
la  généalogie  de  cette  famille,  voyez  de  Barrau,  Documents  historiques  et  généa- 
logiques sur  les  familles  de  Rouergue^  t.  I,  pp.  607-608. 


456 

plante  le  cierge.  Cet  ustensile  peut  remonter  à  la  fin  du  xiv*"  ou 
au  commencement  du  xv*  siècle. 

C'est  tout  ce  que  renferme  l'église  de  Najac  ;  point  de  bénitier, 
de  fonts  baptismaux  qui  méritent  d'être  mentionnés  ;  toute  cette 
partie  du  mobilier  est  moderne. 

Voilà  ce  que  nous  avons  recueilli  sur  Saint-Jean  de  Najac.  Cette 
grande  église  rurale,  assez  pauvre,  pour  ne  pas  dire  plus,  valait 
pourtant,  croyons-nous,  la  peine  d'être  signalée  à  l'attention  des 
archéologues  et  des  historiens  :  aux  uns  parce  qu'on  connaît 
exactement  la  date  de  sa  construction  et  qu'elle  présente  plusieurs 
particularités  intéressantes;  aux  autres  à  cause  des  circonstances 
qui  se  rattachent  à  sa  fondation  et  qui  en  font  un  monument 
historique. 

•      Auguste  et  Emile  Molinier. 
{La  fin  au  prochain  numéro.) 


CATALOGUE 


DE    LA 


BIBLIOTHÈQUE  DE  UABBÉ  ADSON 


DE  MONTIER-EN-DER 


(992) 


Les  renseignements  biographiques  que  nous  possédons  sur  l'abbé 
Adson  de  Montier-en-Der  se  réduisent  à  peu  près  au  seul  témoignage 
d'un  chroniqueur  anonyme  de  la  même  abbaye,  qui  écrivait  un 
demi-siècle  après  lui  ^  Né  dans  les  premières  années  du  x^  siècle,  aux 
environs  de  Saint-Claude,  Adson  fut  élevé  dans  l'abbaye  de  Luxeull 
et  devint  bientôt  écolâtre  de  Saint-Epvre  de  Toul.  De  cette  abbaye  il 
passa  dans  celle  de  Montier-en-Der  quand  un  autre  moine  de  Saint- 
Epvre,  Albéric,  y  fut  appelé  comme  abbé,  et  à  la  mort  d'Albéric, 
vers  968,  il  fut  élu  à  sa  place.  Quelques  années  après  il  entreprenait 
la  conversion  d'Hilduin,  comte  d*Arcis-sur-Aube  et  frère  de  Manassé, 
évêque  de  Troyes,  qui  s'était  signalé  par  ses  brigandages.  Un  pèle- 
rinage à  Jérusalem  fut  une  des  conditions  de  la  pénitence  imposée  à 
Hilduin,  et  Adson  s'offrit  à  l'accompagner,  imitant  en  cela  l'exemple 
de  saint  Bercher,  Tun  des  patrons  de  Montier-en-Der,  qui  avait 
accompagné  de  même  Waimer,  F  un  des  meurtriers  de  saint  Léger. 
Us  s'embarquèrent  vers  992  pour  Babylone  d'Egypte  (le  Caire), 
mais  Adson  tomba  malade  pendant  le  voyage  et  mourut  en  mer. 


1.  De  diversis  casibus  Dervensis  eœnobii  et  miraeulis  S.  Bercharii,  Mabil- 
lon,  AA.  SS.  0.  S,  B.  II,  849-850. 


458 

près  d'une  île  que  le  moine  anonyme  appelle  Astilia*,  où  il  fui 
enterré. 

Le  goût  d'Âdson  pour  les  lettres  anciennes  était  déjà  connu,  et  le 
catalogue  de  ses  livres,  qu'on  lira  plus  loin,  ne  fera  que  confirmer 
la  réputation  d'érudit  qu'il  avait  de  son  temps.  Deux  lettres  de 
Gerbert  nous  montrent  le  soin  qu'il  mettait  à  former  une  biblio- 
thèque, et  Tune  d'elles,  adressée  à  Tarchevêque  de  Reims,  Adalbéron, 
mentionne  un  ouvrage,  l'Histoire  de  Jules  César,  qui  ne  se  trouve 
point  dans  la  liste  des  livres  qu'Adson  possédait  au  moment  de  sa 
mort*. 

L'inventaire  de  ces  livres,  dressé  par  les  moines  de  Montier-en-Der 
après  le  départ  de  leur  abbé  pour  Jérusalem,  nous  a  été  conservé  à 
la  fin  d'un  martyrologe  d'Usuard,  dans  le  ms.  latin  5547  de  la 
Bibliothèque  nationale  ^.  A  ne  considérer  que  le  nombre  des  volumes 
qui  y  sont  mentionnés,  ce  catalogue  est  peu  important,  mais  le  genre 
des  ouvrages,  presque  tous  étrangers  à  la  théologie,  et  la  date  à 
laquelle  il  a  été  rédigé  le  rendent  des  plus  intéressants.  Sur  vingl- 
trois  ouvrages  dont  il  donne  le  détail,  quatorze  sont  des  classiques 
ou  des  commentaires  de  classiques,  et  on  n'y  trouve  guère  que  trois 
volumes  de  théologie  pure.  Les  manuscrits  y  sont  souvent  désignés 
d'une  façon  assez  sommaire,  comme  c^est  Thabitude  dans  les  an- 
ciens catalogues,  et  il  ne  sera  peut-être  pas  inutile  de  faire  suivre 
la  liste  des  livres  d'Adson  des  quelques  notes  qu'on  trouvera  plus 
loin. 

H.  Omont. 


1.  Les  auteurs  de  l'Histoire  littéraire  de  la  France,  qui  ont  consacré  une  assez 
longue  notice  à  la  vie  et  aux  œuvres  de  Tabbé  Adson  (t.  VI,  p.  471-492),  pensent 
qu'il  fut  enterré  à  Stampaiia  (ou  Istampalia),  lie  de  la  mer  Egée. 

2.  Gerbert,  Œuvres,  éd.  OUeris,  ep.  54;  ep.  76,  ad  Adalberonem  Bemorum 
archiepiscopum  :  c  Historiam  Julii  Cœsaris  a  domino  Azone  abbate  Dervensi  ad 
rescribendum  nobis  acquirite.  i 

3.  Il  en  existe  une  copie,  faite  par  Mabillon,  dans  le  ms.  latin  11902,  fol.  281. 
—  Le  martyrologe  à  la  fin  duquel  a  été  écrit  ce  catalogue  contient  un  assez 
grand  nombre  de  notes  historiques  sur  Tabbaye  de  Montier-en-Der,  écrites  aux 
XI*  et  XII*  siècles.  Sur  l'ayant-demier  feuiUet  on  trouve  aussi  la  liste  des  livres 
qui  servaient  à  la  lecture  des  moines  : 

c  Hi  sunt  libri  coUationum  legendi. 

c  I.  Dialogorum.  —  II.  Vitas  patrum.  —  III.  Isidorus.  —  IIII.  Ëxameron.  — 
V.  Encheridion.  —  VI.  Ambrosius  de  sacramen^is.  —  VII.  Johannes  Hele- 
mosinaris.  •—  VIII.  Pastoralis.  —  YIIII.  Pia  ftionachorum  coUaNo.  — 
X.  Alcbuinus.  » 


459 


Hii  SUNT  useri  domni  abbatis  adsonis,  quos  in  arga  eius 

RBPPERIMW^,    POSTQUAm  JPSE   HIBROSOLIMAm   PETIIT. 

I.  Hisagogae  Porphirii. 
II.  Gathegoriae  Aristotelis. 
III.  Item  cathegorioe  sanc^i  AagusUni. 
IIII.  Quidam  libellas  de  .x.  cathegoriis  sine  inscriptione. 
V.  Rethorica  Tullii. 
VI.  Seruiu5  super  Virgilium. 
[VII-]VIII.  Terentii  .IF. 
VIIII.  SeduUu6f  .1. 

X.  Ambrosiu5  de  sacramentis. 
XI.  Vita  sanc^i  3ohannis  elemosinarii. 
XII.  Moridach  super  Donatum. 
XIII.  Quidam  libelliez  in  quo  sunt  praetitulati  omnes 

Terentiani  tituli. 
XIIII.  Expositio  super  .x.  eglogas  Virg^7^^,  et  super 
georgica. 

1.-2.  VIsagoge  de  Porphyre,  E\<Tay(ùyr\  mpi  TâvnévTE  qpovcov,  appelée  dans  les 
éditions  E\(Tayuiyr\  sic  xàç  'ApicrroTéXQuc  xan^yopiaç,  titre  qui  indique  mieux  le 
contenu  de  Touvrage  mais  n'est  pas  celui  de  l'auteur,  et  les  Catégories  (Prxdica- 
menta)  d'Aristote  ont  été  traduites  vers  le  iy«  siècle  par  Victorinus  et  Boèce, 
d'après  Isidore  (Origines,  II,  25,  26).  C'est  cette  traduction  qui  a  seule  été 
connue  pendant  une  grande  partie  du  moyen  âge. 

3.  Parmi  les  œuvres  supposées  de  saint  Augustin  se  trouve  un  c  liber  de  X. 
categoriis  i ,  attribué  quelquefois  à  Yegetius  Praetextatus. 

4.  Ces  Catégories  anonymes  sont  peut-être  l'œuvre  de  Jean  de  Melrose  (Joannes 
Scotus), 

5.  Sous  le  titre  de  Rhetorica  le  moyen  âge  a  compris  deux  ouvrages  différents, 
dont  l'un  est  de  Cicéron,  les  libri  II  de  inventione  (Rhetorica  vetera),  et  l'autre 
lui  était  alors  attribué^  les  libri  IV  rhetoricorum  ad  C.  Herennium  (Rhetorica 
nova),  ainsi  appelés  d'après  Tépoque  de  la  vie  de  Cicéron  à  laquelle  on  croyait 
qu'ils  avaient  été  composés.  On  les  trouve  souvent  réunis  dans  le  même  manus- 
crit sous  le  titre  de  Rhetorica  vetera  et  nova, 

11.  C'est  probablement  la  vie  de  saint  Jean  TAumônier,  patriarche  d'Alexan- 
drie (t  676),  écrite  en  grec  par  LeonUus  et  traduite  par  Anastase  le  Bibliothécaire. 

12.  On  ne  trouve  mentionné  nulle  part  ce  commentateur  de  Donat  Le  cata- 
logue de  l'ancienne  bibliothèque  de  l'abbaye  de  Saint-Ëpvre  de  Toul,  rédigé  au 
XI"  siècle  et  publié  dans  le  Neuer  literarischer  Anzeiger  (1807,  p.  65-76),  donne 
le  titre  d'un  commentaire  de  Donat  :  c  Vuidrac  super  Donatum,  vol.  I  »,  qui 
pourrait  bien  être  le  même  que  celui  de  Moridach, 

13-14.  Ce  commentaire  anonyme  sur  Térence  parait  être  celui  de  Donat.  Le 


460 

XV.  Euticius  .1. 

XVI.  Quidam  libella*  quem  Martinellu/w  Dominant. 
XVII.  Glosarius  .i.  fer  alfabetum. 
XVIII .  Item  glosariu5  sup^r  Martianum  de  nuptiis  phylolo- 

giae. 
XVIIII.  Beda  de  metrica  ratione. 

XX.  Historia  cuiw^dam  Freculfl  Luxoviensis. 
XXI.  Declinationes  .1. 
XXII.  Expositio  Haimonis  sup^  efistolam  Pauli  ad  Ro- 

manos, 
XXIII.  Excerpta  ex  libris  Pompeii  Festi. 


suivant  sur  les  églogues  et  géorgiqoes  de  Virgile  est  sans  doute  celui  de  Junius 
Philargyrius,  publié  par  Fulvius  Ursinus  à  la  suite  du  Kalendarium  FamesiOr- 
num  (Rome,  1587,  in-8*),  ou  celui  de  Yalerius  Probus  publié  pour  la  première 
fois  dans  l'édition  de  Virgile  (Venise,  1507,  in-fol.). 

15.  Eutychjus  (et  non  Eutyches)  est  l'auteur  de  deux  livres  De  discernendis 
conJuraiionibtLSy  imprimés  dans  le  Corpus  grammaticorum  latinorum  de  Lin- 
demann  (I,  149-198). 

16.  On  a  désigné  au  moyen  âge  sous  le  nom  de  Martinellus  un  recueil  de  diffé- 
rents opuscules  de  Sulpice  Sévère  concernant  saint  Martin  de  Tours,  qu'on  trouve 
ordinairement  disposés  dans  l'ordre  suivant  :  1*  Vie  de  saint  Martin.  —  V  Trois 
lettres  à  Eusèbe,  Aurèle  et  Bassula  relatives  à  saint  Martin.  —  3*  Dialogues  en 
trois  livres  sur  les  vertus  de  saint  Martin.  —  4*'  Vers  et  épitaphes  en  l'honneur 
de  saint  Martin.  —  On  y  a  joint  quelquefois  de  petits  traités  de  saint  Martin  ou 
de  Grégoire  de  Tours.  Les  manuscrits  latins  5580-5583,  du  x'  siècle,  entre  autres, 
sont  des  Martinelli.  C'est  aussi  sans  doute  le  même  ouvrage  que  l'on  trouve 
mentionné,  sous  le  nom  de  Martinulus,  dans  le  catalogue  d'une  bibliothèque 
indéterminée,  écrit  au  xi*  siècle,  et  qui  se  lit  au  fol.  154  v*  du  manuscrit 
latin  943  de  la  Bibliothèque  nationale.  Dans  le  nécrologe  de  la  cathédrale  de 
Paris  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  5185  c.  c],  on  voit  aussi  que  l'évéque  de  Paris 
Thibaud  (f  1157)  légua  au  trésor  de  la  cathédrale  c  très  libros,  duos  passionales 
et  unum  qui  dicitur  Martinellus.  »  Carpentier  a  identifié  à  tort  ces  deux  manus- 
crits avec  la  chronique  de  Martinus  Polonus.  (Voy.  Du  Gange,  art.  Martiniana.) 

18.  C'est  sans  doute  le  commentaire  sur  Marcianus  Capella  de  Rémi  d'Auxerre, 
ou  bien  celui  de  Jean  de  Melrose.  (Cf.  Labbe,  Nova  Biblioth,  mss,  librorum, 
1653,  4%  p.  45.) 

20.  La  Chronique  de  Fréculphe,  évéque  de  Lisieux  {Lexoviensis). 

23.  L'abrégé  de  Festus  par  Paul  Diacre. 


ÉTUDE  SUR  LE  RYTHME 


DES 


BULLES  PONTIFICALES 


La  prose  d'un  grand  nombre  de  bulles  pontificales  est 
rythmée.  En  d'autres  termes,  elle  vient  frapper  Toreille,  à  de 
certains  intervalles,  par  le  retour  de  syllabes  accentuées,  de  sons 
forts,  dont  la  place  et  le  nombre  sont  déterminés. 

Étudier  les  lois  de  ce  rythme,  plus  large  que  celui  de  la  versi- 
fication, bien  reconnaissable  d'ailleurs,  et  intéressant  au  double 
point  de  vue  de  la  littérature  et  de  la  diplomatique,  tel  est  l'objet 
de  ce  travail. 

On  envisagera,  d'un  côté,  la  théorie,  de  l'autre,  l'application. 
Les  règles  de  nombre,  enseignées  dans  les  traités  du  temps  et 
exposées  selon  le  langage  de  l'école,  rempliront  un  premier  cha- 
pitre ;  un  second,  plus  spécialement  consacré  à  la  diplomatique 
pontificale,  montrera  dans  quelle  mesure  et  à  quelle  époque  ces 
préceptes  ont  été  observés  dans  la  chancellerie  des  papes  ^ 

J'aborde  d'autant  plus  volontiers  cette  étude,  qu'elle  me  semble 
répondre,  très  incomplètement  il  est  vrai,  à  un  vœu  exprimé  par 

1.  Il  faudrait  également  étudier  l'application  de  ces  règles  dans  les  chartes  et 
autres  textes  où  elles  furent  observées.  Ce  cadre  eût  été  trop  vaste  :  j'ai  dû  le 
restreindre  quant  à  présent^  souhaitant  de  pouvoir  plus  tard  revenir  sur  ce 
sujet,  et  surtout  désireux  de  provoquer  d'autres  recherches,  d'autres  études 
moins  imparfaites. 

Je  traite  ici  une  matière  que  je  n'avais  fait  qu'effleurer  dans  un  mémoire, 
présenté  naguères  à  la  Faculté  des  lettres,  et  dont  mon  confrère  et  ami, 
M.  Joseph  Tardif,  a  donné  aux  lecteurs  de  la  Bibliothèque  une  trop  indulgente 
analyse.  Je  ne  saurais  mieux  faire  que  de  m'associer  aux  très  justes  critiques 
dont  ce  travail  d'ébauche  a  été  récemment  l'objet  de  la  part  d'un  juge  des  plus 
compétents.  (V.  Revue  critique,  1881,  p.  324.) 


H2 

M.  PaulMeyer.  Quand  parut,  en  1868,  Y  Histoire  des  doctrines 
grammaticales  au  moyen  âge  S  notre  savant  confrère  fut  jus- 
tement frappé  de  l'intérêt  qu'offraient  certains  passages  relatifs 
au  nombre*  ;  il  parla  d'un  «  secours  inattendu  »,  que  la  diploma- 
tique pouvait  trouver  dans  ces  textes,  et  réclama,  sur  ce  sujet, 
une  «  étude  toute  spéciale  »  :  «  On  comprend,  disait-il,  de  quel 
instrument  précieux  la  critique  sera  pourvue,  lorsqu'on  aura 
déterminé  l'époque  où  le  cursus  (le  rythme  prosaïque)  se  montre 
pour  la  première  fois  et  les  combinaisons  employées  par  chaque 
auteur  3.  » 

CHAPITRE  PREMIER. 

THÉORIE. 

§1. 

Chez  les  anciens,  le  mot  cursus  s'appliquait  parfois  aU  dis- 
cours, pour  exprimer  l'idée  d'un  flux  de  paroles,  d'une  harangue 
débitée  d'un  trait,  sans  interruption  ni  pause  :  on  en  pourrait 
trouver  plus  d'un  exemple  dans  Cicéron^,  dans  Quintilien^. 
Tout  autre  est  la  métaphore  chez  les  grammairiens  du  moyen 
âge.  Le  cursus  n'est  plus  la  marche  accélérée  du  discours,  il 
signifie  l'harmonieuse  succession  des  phrases,  comme  si  l'habile 
agencement  des  mots  selon  les  règles  du  rythme  donnait  à  tout  le 
discours  une  allure  plus  vive,  et  comme  si,  en  bannissant  du  style 
les  dissonances,  les  imperfections  de  nombre,  on  lui  imprimait, 

1.  De  M.  Ch.  Thurot.  Notices  et  Extraits,  t.  XXII,  2«  partie. 

2.  Seconde  partie,  chap.  VII,  §  x,  p.  480-485.  Les  textes  cités  sont  de  Buon- 
compagno,  de  Ponce  le  Provençal,  de  Laurent  de  Rome  et  de  l'auteur  du  Can- 
delabrum. 

3.  Revtte  critique,  1870,  p.  220. 

4.  De  Oratore,  l,  35  :  «  Tantus  cursus  verborum  fuit,  et  sic  evolavit  oratio, 
ut...  » 

5.  Instit.  Orat.,  IX,  §  4  :  c  Sed  omnes  ii  (s.  eut.  pedes)  qui  in  brèves  exci- 
dunt  minus  erunt  stabiles,  nec  alibi  fere  satis  apli,  quara  ubi  cursus  orationis 
exigitur,  et  clausulis  non  intersistitur...  Quaedam  etiam  clausulae  sunt  claudse 
atque  pendentes,  si  relinquantur  :  sed  sequentibus  suscipi  ac  sustineri  soient  ; 
eoque  facto,  vitiura  quod  erat  in  fine  continualio  emendat  :  Non  vult  populus 
romanus  obsoletis  criminibus  accusari  Verrem  :  duruni,  si  desinas;  sed  quum 
est  continuatnm  ils  quae  sequuntur,  quanquam  natura  ipsa  divisa  sint,  nova  pos- 
tulat, inaudita  desiderai,  salvus  est  cursus.  »  Cf.  ibid.,  VIII,  proœm.,  g  27,  IX, 
?  2,  et  X,  g  7. 


463 

par  là  même,  un  mouvement  plus  rapide  :  «  Cum  artiûcialiter 
dictiones  locantur,  currere  sonitu  delectabili  per  aures  videntur 
cum  beneplacito  auditorum*.  »  Un  arrangement  des  mots  con- 
forme aux  règles  de  l'harmonie,  «  artificiosadictionum  structura», 
s'appelle  donc  cursus  au  moyen  âge,  terme  connu  dès  le  xn®  s.  *, 
dont  l'usage  n'avait  peut-être  pas  encore  prévalu,  suivant  la 
remarque  de  M.  Thurot^,  au  commencement  du  xin®,  mais  qui 
ne  tarda  pas  à  être  employé  communément  dans  tous  les  manuels^. 

§2. 

Avant  de  jqous  engager,  à  la  suite  des  professeurs  du  moyen 
âge,  dans  cette  région  peu  explorée  de  la  grammaire,  sachons  où 
ils  veulent  nous  conduire.  Et  d'abord,  pour  qui  écrivent-ils  leur 
théorie  du  cursus  ? 

Les  traités  intitulés  JDictamen,  Ars  dictandi,  Summa  die- 
taminiSy  et  dans  lesquels  sont  ordinairement  énoncés  les  pré- 
ceptes relatifs  au  nombre,  difièrent,  on  le  sait,  des  traités  de  rhé- 
torique, en  ce  qu'ils  ont  pour  unique  objet  l'art  d'écrire.  Les 
genres  métrique  et  rythmique,  c'est-à-dire  les  deux  versifications 
qui  ont  subsisté  côte  à  côte  pendant  toute  la  durée  du  moyen  âge, 
y  sont  définis  en  deux  mots  ;  la  prose  y  reçoit  seule  d'amples 
développements.  J'emprunte  cette  expression  de  «  prose  »  au 
«  magister  in  dictamine  »  :  en  fait,  le  maître  restreignait  beau- 
coup plus  le  cadre  de  son  enseignement  et  se  bornait  à  exposer 
les  lois  du  style  épistolaire.  Il  est  bien  entendu  que  diplômes, 
chartes,   bulles,  privilèges,  toutes  lettres  authentiques,  en  un 


1.  BuoncompagQO,  pass.  cité  par  M.  Thurot,  op,  cit,  p.  480. 

2.  Forma  dictandi  de  Grégoire  VIII,  Bibl.  nat.,  ms.  ialin  n*  2820,  f»  58  r». 

3.  Ârgoroent  tiré  de  cette  phrase  de  Buoncompagno  :  «  Appositio,  que  dicitur 
esse  artificiosa  dictionum  structura,  ideo  a  quihusdam  cursus  vocatur.  »  Op. 
City  p.  480. 

4.  Tel  est  le  sens  le  plus  général  du  mot  cursus.  J'avoue  cependant  que  cette 
définition  ne  convient  pas  également  à  tous  les  textes  que  j'ai  sous  les  yeux.  Dans 
un  passage  de  M"  Gui,  qui  fut  imité  ou  reproduit  par  W  Guillaume,  par  Ponce 
le  Provençal  et  par  l'auteur  du  Candelabrum  (V.  M.  Thurot,  op.  cit.,  p.  480  et 
suiv.),  le  vrai  sens  de  cursus  me  paraît  être  la  manière  dont  sont  accentués  les 
mots  :  c  Non  enim  hos  pedes  judicamus  in  prosa  juxta  metricam  rationem,  sci- 
licet  secundum  correctionem  (^tses  ;  correptionem)  et  productionem,  ex  cursu 
vero  tantum  quem  habent  dictiones.  »  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n**  8653,  f*"  24  r% 
col.  1. 


464 

mot,  rentraient  dana  ce  programme  d*études,  aussi  bien  que  les 
lettres  privées.  C*est  au  milieu  de  dissertations  sur  l'adresse, 
Texorde  et  autres  parties  de  Tépître,  qu'il  faut  chercher  Fenoncé 
plus  ou  moins  succinct  de  la  théorie  du  curstts.  Cette  circons- 
tance seule  donnerait  à  penser  que  les  lois  du  nombre  régissaient 
exclusivement  le  style  des  lettres  et  des  chartes. 

Mais  il  y  a  plus  :  Jean  TAnglois,  un  auteur  de  la  seconde 
moitié  du  xiif  siècle,  n'attribue  qu'à  «  certains  notaires  »,  ou 
rédacteurs  d'actes,  l'habitude  d'observer  le  cursus.  Quant  aux 
autres  écrivains,  ajoute-t-il  (et  dans  cette  dernière  catégorie,  il 
comprend  tous  les  auteurs  didactiques,  en  particulier  les  rédac- 
teurs de  Dictamina),  s'ils  veulent  parer  leur  prose. d'ornements 
poétiques,  ils  usent  du  style  cicéronien,  stylo  Tulliano,  lequel 
ne  repose  nullement  sur  la  cadence^  mais  bien  sur  les  figures 
de  mots  et  sur  les  figures  de  pensées  *.  Même  observation  dans 
un  traité  du  xv*  siècle  *  :  l'emploi  du  cursus  est  le  privilège  des 
notaires,  notariorum  in  curiis  ;  ils  rompent  avec  la  tradition 
des  Quinte-Curce,  des  Valère-Maxime,  des  Quintilien  et  autres 
grands  prosateurs,  dont  le  style  empruntait  tout  son  lustre  aux 
figures  de  rhétorique  ^.  De  là  aussi  la  règle  nettement  affirmée  par 
un  maître  qui  semble  avoir  écrit  sous  le  règne  de  Louis  le  Hutin^: 


1.  C'est  ainsi,  je  pense,  qn'il  faut  entendre  la  phrase  un  pea  obscure  de  Jean 
TAnglois  :  c  In  stiio  TuUiano  non  est  observanda  pedum  cadentia,  set  dictionum 
et  sententiarum  coloratio  :  quo  stilo  utuntur  vates  prosayce  scribentes  et  magis- 
tri  in  scoiasticis  Dictaminibus.  Hnjusmodi  non  est  assignandum  exemplum,  quia 
quasi  curreret  in  infinitum.  »  Ludw.  Rockinger,  Briefsteller  und  Formelbiicher 
des  eilften  bis  vierzehnten  Jahrhunderts,  dans  les  Quellen  und  Ercerterungen 
zur  bayerischen  und  deutschen  Geschichte,  1863,  t.  IX,  1'*  partie,  p.  501. 

2.  Bibl.  nat.,  ros.  latin  n"  14175.  Parmi  les  personnages  dont  l'auteur  cite  les 
noms,  se  trouve  (f'  29)  l'électeur  de  Saxe,  Frédéric  le  Belliqueux,  landgrave  de 
Tburinge  et  marquis  de  Misnie  (1423-1428). 

3.  Fol.  18  ¥<"  :  c  Stilli  prosayci  sunt  IV  :  TuUianus,  videlicet  quo  utuntur 
actores  prosaïce  scribentes,  sicut  Quintus  Ruffus,  in  Hysioria  Alexandri, 
Yalerius  Maximus,  Quinti[li]anus,  in  Declamationibus  suis,  et  alii  quasi  infiniti 
sunt.  Isto  autera  stilo  solum  observatur  vocum  et  sententiarum  coloratio,  que  fit 
per  colores  rethoricos  :  qui,  licet  necessarii  sint  dictatori,  necnon  et  scriptori- 
bus  universis,  scripta  {sic)  sunt  volentibus  decorare  et  ornatus  jocunditatem 
debitam  observare...  » 

4.  Il  cite  les  noms  de  G.,  connétable  de  France  (=  Gaucher  de  Ghâtillon, 
1302-1327),  de  P.,  archevêque  de  Sens  (=  Philippe,  1309-1316),  d'A.,  cardinal- 
évéque  d'Albano  (=  Arnold  d'Auch,  1312-1320),  de  L.,  roi  de  France  (=  Louis  X, 
1314-1316),  et  de  L.,  empereur  (=  Louis  V,  1314-1347). 


465 

au  genre  épistolaire  appartient  une  langue  spéciale,  participant  à 
la  fois  de  la  prose  et  des  vers  *. 

Ainsi  donc ,  en  principe*,  les  chartes  et  les  lettres  sont  seules 
sujettes  à  se  prêter  aux  combinaisons  du  cursus  ;  encore  faut-il 
excepter  la  première  phrase,  celle  qui  contient  le  salut,  sans 
doute  parce  que  les  nécessités  de  la  formule  et  les  exigences  de  la 
mode  n'y  laissaient  aucune  latitude  à  la  fantaisie  du  rédacteur. 

§3. 

Cette  première  remarque  est  loin  de  satisfaire  notre  curiosité. 
Grâce  aux  Dictamina,  la  théorie  du  cursus  a  pu  s'étendre,  se 
propager  et  s'appliquer,  d'une  manière  générale,  au  style  des 
correspondances  et  des  chartes;  mais,  à  coup  sûr,  elle  n'a  pas' 
eu  tout  d'abord  cette  portée  :  laite  pour  une  contrée,  pour  une 
chancellerie  peut-être,  elle  a  commencé  par  exercer,  dans  un 
cercle  plus  restreint,  une  influence  toute  locale.  C'est  le  secret 
qu'il  faudrait  maintenant  arracher  aux  professeurs  de  cursus, 
en  soumettant  leurs  traités  à  un  examen  minutieux. 

Si,  comme  l'établissent  de  récents  travaux,  les  Dictamina 
ont  paru  en  Italie  ^  longtemps  avant  de  se  répandre,  soit  en  Alle- 


1.  Bibl.  nât.,  ms.  latin  n"  11384,  f*  94  r  :  c  In  hoc  vero  dlctamine  litterato- 
rio,  quod  nec  est  ex  toto  prosaycum,  nec  ex  toto  metricum,  sed  uirumque  par- 
ticipât... »  JDictamen  litteratorium  a  ici  le  même  sens  que  dictamen  litterarum 
qui  se  trouve  dans  la  première  phrase  de  ce  traité  (f*  91  r). 

Cf.  M**  Ludolfe,  qui  dit  en  expliquant  Tune  des  règles  du  cursus  :  n  Circa 
quem  finem  quid  in  litteris  sit  regulariter  observandura,  hec  est  régula, 
quod...  »  (Rockinger,  Quellen  und  Erœrterungen,  1.  c,  p.  370.  Cf.  une  autre 
rédaction  du  même  traité  dans  le  ms.  latin  n*  11385,  f*  6  v**,  de  la  Bibliothèque 
nationale.) 

2.  n  faut  insister  sur  ces  mots  en  principe;  car,  en  fait,  bien  des  textes 
n'appartenant  à  aucun  titre  au  genre  épistolaire  et  répartis  entre  les  diverses 
époques  du  moyen  âge  sont  soumis  aux  lois  du  nombre.  Qu'il  me  suffise  de 
citer  le  Dolopathos,  dont  certaines  parties  sont  rythmées,  suivant  la  très  juste 
remarque  de  M.  Gaston  Paris.  {Romania,  t.  II,  1873,  p.  496.) 

3.  M.  Rockinger  a  publié  une  curieuse  dissertation  sur  l'enseignement  de  l'art 
épistolaire  en  Italie  :  Ueber  die  Ârs  dictandi  und  die  Summae  dictaminum  in 
Italien,  vorzugsweise  in  der  Lombardei,  vom  Ausgange  des  eilften  bis  in  die 
zweite  Hœlfte  des  dreizehnten  Jahrhunderts,  {Sitzung  der  historischen  Klasse 
der  Akademie  der  Wissenschaften  vom  19  jœnner  1861,  Miinchen,  p.  98-151.) 
Cf.  le  très  important  mémoire  de  M.  Wattenbach,  Ueber  Briefsteller  des  Mittel^ 
allers.  {Archiv  fur  Kunde  œsterreich,  Geschichtsqv^ellen,  t.  XIV,  p.  29-94.) 


I«$ 


Biaçse.  w«tflD  Frmoe^  su  imianearsitt  la  rédaction  dnpreniier 
lP¥!tani/^i.  fr&ueaië  (je  n'en  ocomsâs  pas  (Tantérieiir  a«  légne  de 
PiuùffO'Xuçwâje  ^  j,  IHabe  ponâdbdt  €t  fisait  les  «eorres  <f  Avlvr 
do  ManMIisBaixL  ai  les  àocinDf»  proiesBèes  sur  le  strie  «pisUn 
laire  osA  f&ssê  les  flaoots  rers  la  fin  du  xn*"  sîède,  par  1211e  sorte 
d'isTafikni  (xmparafale  à  celle  qui  s'âcoomplissait.  aa  nkéme 
axnxneaU  acms  rîTifluenoe  de  rêoole  bcdonaise.  et  întrcMiBisaît  dans 
les  cours  da  Nord  la  légklatiaD  de  Jnstinkii.  il  est  natorel  de 
fesijser  que  la  tlièahe  da  cursus,  jointe  hal»tuellemeiit  aux  règles 
du  fitjle  ^istcdaire,  eA,  comme  les  manuels  de  œt  art.  origi- 
naire dUtafie^  GepeDdant  ni  Aubry',  ni  Hugues  de  Bcdogne^ 
qui  éenvait  dans  le  premier  quart  dn  xn*  siède,  ne  font  mention 
en  cursus. 

Francfaiisons  on  intarvaUe  de  plus  de  cinquante  ans,  et  nous 
trourercpos,  pour  la  première  6»s,  l'énonoé  des  kns  rythmiques 
dans  on  fort  curieux  opuscule  intitulé  :  Forma  dictandi  quam 
Rome  notariés  instituU  rnagisier  Albertus,  qui  et  Grego- 
rius  Vil I papa. 

Bien  qu'inédit,  cet  ouTrage  n  a  pcHnt  échappé  aux  redierches 
de  tcws  lés  savants  :  témoins  Du  Cange  ^,  Mansi*,  MM.  Watten- 
baeb'  et  Rockinger*,  qui  le  rangent  à  sa  place  parmi  les  traités 

\,  Ut  premier  me  parait  être  VArs  dictandi  Amrelianensù^  qii!a  inipriné 
AcKkiiiger.  [Op.  eii.,  p.  103-1 14-)  Il  est  suÎTi  de  très  près  par  le  traite  dn  ms. 
latJA  tr  994  (^  30),  par  le  Dictamen  de  Bernard  de  Memig,  doot  WatlenlMch  a 
dooBé  l'analyse  {Reise  nach  OesUrreiek  in,  den  Jahren  1S47,  1848,  1849  : 
Pertz,  Archiv,  t.  X,  p.  557),  par  les  deax  Summar  dicUtminis  des  mss.  latins 
tt*'  1093  et  14193,  par  la  Summa  d/s  epistoUs  dUtandis  de  M*  Gni  (ms.  latin 
o*  8fô3),  et  enfin  par  le  Dictamen  dn  ms.  latin  n*  8566. 

2.  Ce  fait  n'est  pas  contredit  par  la  présence  de  trois  Orléanais,  Jean,  GniU 
lanme  et  Robert,  dans  la  chancellerie  pontificale,  sons  les  règnes  d'Alexandre  111 
et  Lncias  IIL  (Mag.  Stéphane,  abbatis  S.  Genovefœ  Paris,  et  episcopi  Tomae., 
episMœ,  éd.  Cl.  du  Molinet,  ep.  LXV  et  LXXXV,  p.  84  et  126.)  Ces  notaires 
avaient  pn  étudier  la  rhétorique  dans  les  célèbres  écoles  d'Orléans  (cf.  M.  L.  De- 
lisle  :  le$  Écoles  d'Orléans  au  xn'  et  au  xm*  siède,  dans  VAnnuaire4mUetin 
de  la  Soc.  de  VHist.  de  France,  1869,  t.  YII,  p.  143)  ;  rien  ne  prouve  qu'ils  y 
aient  appris  l'art  de  rédiger  conformément  au  rythme  les  lettres  pontificales. 

3.  Rockinger,  Quellen  v/nd  Eroerterungen,  1.  c,  p.  9-46. 

4.  Ihid.,  p.  53  et  sniv. 

5.  Il  le  cite  sous  le  titre  de  c  liber  De  stylo  Romani  dictaminis,  çui  adseri- 
hitur  Gregorio  VIII  papœ.  »  [Glossarium,  v*  Dictamen.) 

6.  Fabricius,  Bihl.  med.  et  inf.  latinit,  Palavii,  1754,  t.  III,  p.  96. 

7.  Archiv  fur  Kunde  œsterreich.  Geschichtsqu.,  t.  XIV,  p.  55. 

8.  c  Von  ihrem  Betriebe  beispielsweise  an  der  paebstlichen  Curie  zeugt  ja 


467 

italiens,  mais  qui  malheureusement  n'en  connaissaient  que  le 
titre,  les  uns  pour  Tavoir  lu  dans  une  lettre  d'Hugues,  religieux 
prémontré  S  les  autres  pour  l'avoir  rencontré  au  tome  VII  (p.  43) 
de  VArchiv  de  Pertz. 

Transcrit  par  un  copiste  du  xii®  siècle  ^  l'opuscule  en  ques- 
tion occupe  le  fol.  58  v^  du  manuscrit  latin  n°  2820  à  la 
Bibliothèque  nationale.  A  en  juger  par  le  titre,  dont  l'écriture  est 
également  du  xif  siècle,  la  Fo7^ma  dictandi  n'est  autre  que 
l'ouvrage,  ou  plutôt  une  portion  de  l'ouvrage,  dont  Hugues  le 
Prémontré  faisait  parvenir  un  exemplaire  à  Simon,  chanoine  de 
Saint-Éloi-Fontaine,  vers  la  fin  du  mois  de  juin  1218:  «  Verum, 
quoniam  nullum  oblectamentum  meum,  quod  non  participaret 
mecum  tua  dilectio,  integrum  arbitrarer,  compilationem  a  me 
factam  et  Summam  unam  a  sanctœ  recordationis  Grego7*io 
papa  VIII  (sicut  dicitur)  editam  de  stylo  romani  dictami- 
nis,,.  tibi  censui  transmittendas ^.  »  Il  n'y  a,  en  vérité,  aucun 
motif  d'en  suspecter  l'authenticité,  en  présence  de  deux  témoi- 
gnages aussi  vénérables  que  celui  du  manuscrit  et  celui  d'Hugues 
le  Prémontré,  l'un  presque  contemporain  de  Grégoire  VIII,  l'autre 
postérieur  de  trente  et  un  ans  à  sa  mort.  Avant  son  court  passage 
sur  le  siège  pontifical,  Grégoire,  alors  connu  soi;is  le  nom  d'Al- 
bert de  Morra,  était  chancelier  de  l'église  romaine,  et,  comme 
tel,  expédiait  les  privilèges  des  papes  Alexandre  III,  Lucius  III, 
Urbain  III  ^  ;  de  1178  à  1187,  il  eut  la  haute  main  dans  la  rédac- 
tion des  bulles,  en  sorte  que  ses  fonctions  lui  faisaient  un  devoir 
d'enseigner  aux  notaires,  ses  subordonnés,  le  style  de  la  cour  de 
Rome:  le  ms.  latin  n°  2820  prouve  seulement  qu'il  ne  se  bornait 
pas  à  leur  adresser  des  recommandations  orales.  De  cet  important 

deutlich  genug  die  Formula  dictandi  quant  Romœ  notarios  docuit  magister 
Albertus,  ç^i  et  Gregorius  VIII  papa,  naeiuLich  im  Jahre  1187.  >  {Ueber  die 
Ars  dictandi  und  Summae  dictaminum  in  Italien,  p.  133.)  Cf.  QueUen  und 
Ercerterungen,  l.  c,  p.  xxvin. 

1.  Mansi  en  fait  l'aveu.  Du  Gange  se  sert  des  expressions  mêmes  d'Hugues  le 
Prémontré. 

2.  C'est  à  torl  que  VArchiv  de  Perlz  (t.  VII,  p.  43)  indique  le  ros.  2820  comme 
étant  tout  entier  du  xit**  siècle. 

3.  Car.  Lud.  Hugo,  Stivaggensis  abbas,  Sacrce  antiquitatis  monumenta,  Sti- 
vagii,  1725,  in-fol.,  t.  I,  p.  1. 

4.  Du  22  février  1178  au  22  juiUet  1181,  du  28  septembre  1181  au  7  mai  1184, 
du  21  décembre  de  la  même  année  au  11  novembre  1185,  enfin  du  15  mars  1186 
au  13  octobre  1187.  (V.  Jaflfé,  Reg,  Pontifie,  Romanor,,  p.  679,  835,  855.) 


468 

manuel,  sur  lequel  il  me  &udra  revenir  plus  d*une  fois,  je  ne 
retiens  pour  le  moment  que  les  premiers  mots  :  «  Cursus  dictami- 
nis  Romane  Curie  taliter  observandus  est  »  ;  ils  semblent  éta- 
blir que  les  règles  de  nombre  enseignées  par  le  chancelier  aux 
notaires  étaient  uniquement  applicables  au  style  de  la  cour 
romaine,  et  ils  fournissent,  sinon  une  preuve  péremptoire,  au 
moins  le  plus  fort  des  arguments  en  faveur  de  Torigine  romaine 
et  pontificale  du  cursus . 

Les  auteurs  de  Dictamina  sont  malheureusement  si  peu  con- 
nus que,  malgré  mon  désir  de  glisser  rapidement  sur  toute 
matière  autre  que  le  cut^sus,  je  me  vois  forcé  d'entrer  ici  dans 
quelques  détails  au  sujet  de  Transmond,  le  second  des  dictatores 
qui  ait,  à  ma  connaissance,  énoncé  les  règles  du  nombre.  Trans- 
mondiÂS  * ,  Trasimundus  * ,  TresmundiLS  ^,  Treimundtis  *, 
Tramundus  ^,  telles  sont  les  formes  sous  lesquelles  son  nom  se 
présente  au  lecteur  dans  les  manuscrits.  Le  titre  de  monachtis 
Clarœvallensis^,  ou  même  celui  d'abba^  Clarœvallis''  Y  y 
accompagne  quelquefois.  Il  n'a  fallu  que  jeter  les  yeux  sur  la  liste 
connue  des  abbés  de  Clairvaux,  pour  reconnaître  l'impossibilité 
d'y  introduire  aucun  Transmond^,  mais  on  a  généralement 
accueilli  avec  plus  de  faveur  la  première  hypothèse,  et  Daunou 
a  cru  devoir  accorder  à  «  Traimond  ou  Trasimond,  moine  de 
Clairvaux,  »  les  honneurs  d'une  notice  spéciale  dans  l'Histoire 
littéraire  de  la  France^,  Sans  doute,  si  l'on  pouvait  considérer 
comme  l'œuvre  du  dictator  tous  les  morceaux  transcrits  ou  édi- 
tés sous  son  nom,  son  titre  de  moine  résidant  à  Clairvaux  sem- 

1.  Bibl.  Mazarioe,  ms.  n*585,  M  r.— Bibl.  nat.,  mss.  latins  n**  13688,  t*  133  r*, 
et  11867,  f*  15  r.  —  Bibl.  de  TÂrsenal,  ms.  n*  1157  (ancien  99),  ff.  49  r*,  57  V, 
60  V  et  137  V.  —  Ms.  de  MiddlehUl  n«  337. 

2.  Bibl.  de  l'École  de  médec.  de  MontpeUier,  ms.  n*  302. 

3.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  11382,  ^  115  r. 

4.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  2820,  t"  58  r». 

5.  Bibl.  de  Troyes,  mss.  n'**  1531  et  1452. 

6.  Bibl.  de  l'École  de  médec.  de  MontpeUier,  ms.  n*  302.  —  Bibl.  de  Troyes, 
ms.  n*  1452. 

7.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  13688,  f^  133  r*.  Dans  le  ms.  n*  1157  de  TArsenal, 
le  scribe  da  xiy*  siècle  avait  tracé  ces  mots  :  c  Explicit  Somma  fratris  Tnuns- 
mmidi,  abbatis  Glarevallis.  »  Le  mot  abbatis  fut  rayé  peu  de  temps  après  et 
remplacé  par  le  mot  monachi  (V.  f*  137  V  ;  cf.  f^  60  v). 

8.  Fabricios,  Biblioth,  med.  et  inf,  latinité  ▼"  Trasimundus;  Dannou,  Hisl, 
lut.  de  la  Fr.,  t.  xrv,  p.  395. 

9.  T.  XIV,  p.  395  et  suiv. 


469 

blerait  assez  bien  justifié:  radjonction  du  mot  frater  au  nom 
de  Transmundus  dans  la  dédicace  de  deux  manuscrits  S  la 
répétition  fréquente  de  formules  relatives  à  Tarchevêque  de  Lyon, 
à  î'évêque,  au  doyen  et  aux  chanoines  de  Langres,  aux  abbés  de 
Cîteaux  et  de  Clairvaux*,  le  caractère  tout  spécial  des  lettres 
habituellement  jointes  au  Dictamen^,  et  dont  la  plupart  inté- 
ressent Tordre  de  Cîteaux  S  cette  circonstance  enfin  que  plusieurs 
d'entre  elles  sont  écrites  au  nom  des  abbés  de  Clairvaux,  Henri 
et  Pierre,  dans  les  manuscrits  consultés  par  Du  Chesne  et  D.  Tis- 
sier  5,  seraient  autant  de  preuves  à  l'appui  de  la  thèse  adoptée, 
après  Fabricius,  par  Daunou  et  M.  Wattenbach^.  Mais  on  sait 
combien  les  manuels  de  grammaire  ont  subi  au  moyen  âge  de 
fréquentes  interpolations.  L'œuvre  de  Transmond,  en  particulier, 

1.  Ms.  de  la  Mazarine  n*  585  (xiii*  siècle),  f»  1  r,  et  ms.  de  l'Arsenal,  n*  1157 
(xiv*  siècle),  f»  49  r*  :  «  Dilectissimo  amico  suo  A.,  frater  Transmundus  perfec- 
tionem  operis  et  sennonis.  »  Cette  phrase  est  remplacée  par  la  suivante  dans  le 
ms.  latin  n«  13688  (f»  127  r")  de  la  Bibl.  nat.  (xni"  siècle)  :  «  Dilectissimo  amico 
suo  A.,  frater  R.  salutem  et  perfectionem  operis  et  sermonis;  »  ce  qui  a  fait 
porter  l'ouvrage  de  Transmond,  dans  le  catalogue  manuscrit  du  fonds  latin,  sous 
le  titre  de  Summa  dictaminis  auctore  R.  Même  incipit  dans  le  ms.  de  Middlehill 
n**  337  (ziY*  siècle),  qui  cependant  parait  ressembler  beaucoup  plus  au  ms.  de 
TArsenal  qu'au  ms.  latin  n«  13688.  (V.  Perlz,  ArchiVy  t.  VII,  p.  952.) 

2.  Ms.  de  la  Mazarine  n**  585;  ms.  latin  n*>  13688;  ms.  de  l'Arsenal  n°  1157. 

3.  Dans  la  plupart  des  manuscrits,  cet  epistolarium  suit  le  dictamen.  Il  en 
était  probablement  de  même  dans  le  ms.  latin  n*>  11867  (xiv*  siècle),  provenant 
de  Saint- Germain-des-Prés,  et  dont  les  premiers  feuillets,  aujourd'hui  perdus, 
contenaient  sans  doute  le  dictamen. 

Ces  lettres  ont  été  en  partie  publiées  par  D.  Tissier  {Biblioth.  Patrum  Os- 
terciens.,  in-fol.  1660,  t.  III,  p.  252-270),  Du  Chesne  {Hist.  Franc.  Scriptores, 
t.  IV,  p.  477-490)  et  D.  Brial.  {Rec.  des  Histor.  de  Fr.j  t.  XV,  p.  965 
et  suiv.) 

4.  Voici  le  titre  de  quelques-unes  de  ces  lettres,  d'après  le  ms.  de  l'Arsenal. 
£p.  2  :  Conqueritur  ordo  Cisterciensis  domino  Pape  super  quorumdam  mali- 
gnantium  quassatione.  —  Ep.  5  :  Super  eodem  supplicatio  ad  Papam.  —  Ep.  17  : 
Ad  dominum  Papam,  pro  violenta  manuum  injectione  in  fratres  Cisterciensis 
ordinis.  —  Ep.  28  :  Ad  abbatem  Cisterciensem  litlera  doloris  et  angustie  super 
interfectione  cujusdam  abbatis. 

5.  Du  Chesne  connaissait  deui  mss.  des  lettres  de  Transmond,  qui  lui  avaient 
été  communiqués,  l'un  par  Nicolas  Camusat,  chanoine  de  Troyes,  l'autre  par 
Claude  de  La  Fons,  avocat  de  Saint-Quentin.  D.  Tissier  a  dépouillé  trois  manus- 
crits provenant  des  abbayes  de  Clairvaux,  des  Dunes  et  de  Foigny. 

6.  Archiv  fUr  Kunde  œsterreich.  Geschichtsqu.,  t.  XIV,  p.  55.  «  In  dieselbe 
Zeit,  das  Ende  des  12.  Jahrhunderts,  gehœrt  die  Thaeligkeit  des  Transmund  von 
Clairvaux...  » 


172 

dus\  partout  accompagné  des  mots  «  Sancte  Romane  Eccletie 
notarius*  >.  Mais  ce  chancelier,  déchargé  pour  quelques  semaines 
de  ses  fonctions,  est  Albert  de  Morra .  Transmond,  qui  le  remplace, 
est  un  de  ces  notaires  auxquels  s'adressait  l'auteur  de  la  Forma 
dictandi.  Le  disciple  a  donc  voulu  à  son  tour  élever  la  voix 
dans  la  chancellerie  et,  à  l'exemple  de  son  maître,  enseigner  le 
style  de  la  oiur  de  Rome^.  Il  est  impossible,  on  le  voit,  de  trou- 
ver deux  ouvrages  unis  par  une  parenté  plus  proche,  que  la 
Forma  dictandi  de  Grégoire  VIII  et  le  Dictamen  de  Trans- 
mond  :  les  contemporains  eux-mêmes  ne  s'y  sont  pas  trompés, 
ils  ont  considéré  ces  deux  manuels  comme  inséparables  l'un  de 
l'autre^.  Pour  nous,  qui  recherchons  l'origine  de  la  théorie  du 
rythme,  nous  nous  £^citerons  de  pouvoir  rattacher  par  de  tels 
liens  à  la  chancellerie  pontificale  un  des  plus  anciens  professeurs 
de  cursus,  auquel  la  tradition  et  la  forme,  peut-être  altérée,  de 
ses  ouvrages  assignaient  une  autre  patrie,  d'autres  fonctions,  un 
autre  caractère.  Nous  n'en  serons  que  plus  disposés  à  faire 
remonter  jusqu'à  Rome  la  source  de  tout  ce  qui  s'est  dit  et  ensei- 
gné au  sujet  du  nombre.' 

Si,  postérieurement  au  xn*^  siècle  ^,  des  auteurs  dépourvus  de 
tout  titre  officiel*,  ou  même  étrangers  à  l'Italie,  reproduisent  les 

1.  16  déc  1185.  Bullar.  Cluniac,  p.  88. 

2.  Ce  fait  a  été  releré  par  les  Béo^ctios  {Nouveau  traité  de  diplomatique, 
t  V,  p.  277).  Cependant  Daanoa  et  les  savants  modernes  semblent  béâter  à  re- 
connaître en  ce  notaire  Fantenr  des  Introductiones  dictandi. 

3.  (  Obserrandum  est  insaper  Romanorum  dictaminom  stndîosis...  »  (BibL 
nat.,  ms.  latin  n**  2820,  f*  59  y*.)  —  Dictatam  tibi,  carissime,  dictatorie  institn- 
tionis  epistolam  ynittoqne  Romanorum  dictaminom  formolam  copienti.  »  (Ms.  de 
la  Mazarine  n*  585,  f*  1  r*,  et  antres  contenant  des  remaniements  dn  xm*  on  dn 
xiY*  siècle.)  —  «  Et  sic  terminandos  est  Tersns  orationis,  secondnm  Romanum 
corsnm.  •  (Cette  dernière  phrase  est  emprantée  an  ms.  latin  n*  11382,  xm*  s., 
f*  115  Y*  :  le  Dictamen  de  Transmond  y  est  rédigé  sons  une  forme  que  l'on  ne 
rencontre  nnUe  part  ailleurs.) 

4.  On  se  rappelle  comme  ils  sont  réunis  dans  le  ms.  latin  n*  2820,  et  les 
termes  dont  se  sert  le  copiste  pour  faire  la  transition  de  l'an  à  l'antre.  Hugues, 
secrétaire  de  Tabbé  Gerrais  de  Prëmonlré,  les  réunissait  également  dans  l'enToi 
qu'il  faisait  au  chanoine  de  Saint-Éloi-Fontaine. 

5.  En  ce  qui  concerne  la  France,  les  règles  da  cursus  ne  figurent  dans  aucun 
Dictamen  anlérieor  à  l'an  1200.  V.  VArs  dictandi  Aurelianensis,  le  Dictamen 
de  Bernard  de  Meung  et  les  traités  contenus  dans  les  mss.  latins  n**  994,  1093 
(ff.  55-73)  et  14193. 

6.  Tel  n'est  pas  M*  Richard  de  Poffi,  qui  remplissait,  en  1255,  les  fonctions 
d'archiviste  (scribarius)  du  pape  Alexandre  IV.  (Y.  Pertz,  ArehiVy  t.  V,  p.  449.) 


473 

règles  de  Grégoire  VIII  et  de  Transmond,  ils  sauront  fort  bien 
indiquer,  d'abord  par  la  fidélité  de  leur  copie,  mais  aussi  par  des 
déclarations  expresses,  Torigine  de  leurs  théories.  C'est  dans  un 
chapitre  consacré  au  privilège  pontifical,  que  M®  Gui,  un  Orléa- 
nais de  la  première  moitié  du  xm®  siècle  S  abordera  la  question 
du  rythme*.  Laurent  de  Rome^  et  Ponce  le  Provençal^  se 
feront  gloire,  auprès  de  leurs  élèves  de  France,  d'enseigner 
le  nombre  «  juœta  stylum  Curiœ  Romance  ^.  »  L'auteur 
du  Candelabrum  répétera,  en  Italie,  la  même  profession 
de  foi  ^.  Enfin  faut-il  que  le  souvenir  de  Grégoire  VIII  reste 
attaché  à  celui  du  cursus^  pour  mieux  montrer  qu'on  a  tou- 
jours et  partout  vu  en  lui  la  plus  haute  autorité  en  matière  de 


Il  â  reproduit  la  théorie  du  cursus  dans  sa  Summa  dictaminis  secundum  Cu- 
riam  Romanam.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  4166.) 

1.  M.  Delisle,  op,  cH,,  Annuaire-bulletin  de  la  Soc.  de  VHist  deFr,,  t.  VII, 
p.  143. 

2.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n»  8653,  ^  24  r»,  col.  1. 

3.  Son  ouvrage  est  ainsi  intitulé  dans  le  ms.  latin  n*  14704,  ^103  v  :  Summa 
dictaminis,  breviter  et  artificiose  composita  Parisius  per  magisirum  Lauren-^ 
cium  de  civitate  Rome,  Acquingensis  (pour  :  Aç^ilegensis  ?)  dyocesis,  juxta 
stilum  Curie  Romane  et  consuetudinem  modernomm.  Un  autre  exemplaire  du 
même  ouvrage  se  trouve  dans  le  ms.  latin  n"  16253  (fif.  1  et  suiv.),  où  des  anno- 
tateurs du  siècle  dernier  (et  le  catalogue  ms.  du  f.  latin  d'après  eux)  l'ont  mal  à 
propos  confondu  avec  l'œuvre  de  Laurent  Lombard.  (Cf.  mss.  latins  n"*  11414, 
f-  15  v%  15015,  f  12  v%  et  18515,  f  30.) 

4.  Il  avait  d'abord  enseigné  dans  le  midi  de  la  France  aux  étudiants  en  Droit 
Romain.  (V.  M.  Thurol,  op.  cit.,  Notices  et  Extraits,  t.  XXII,  2"  partie,  p.  38.) 
Il  remania  ensuite  son  traité  pour  l'accommoder  à  l'usage  des  écoliers  d'Orléans. 
(V.  M.  Detisle,  op.  cit..  Annuaire-bulletin  de  la  Soc.  de  VHist  de  Fr.^  t.  VU, 
p.  143  et  150.)  L'une  des  parties  de  cet  ouvrage,  VEpistolarium,  porte  la  date  de 
1252  dans  certains  mss.  (latin  n*  8653,  f<*  9,  de  la  Bibl.  nat.,  et  Arundel  n»  760 
du  Musée  britannique),  celle  de  1259  dans  d'autres  (latin  n*  18595,  f>  16; 
cf.  M.  Thurot,  op.  cit.,  p.  517).  • 

5.  Ponce  le  Provençal  trace  les  règles  du  c  cursus  Romane  ecclesie  vel  curie.  » 
(Bibl.  nat.,  ms.  lat.  n"  18595,  f"  11  r».)  Cf.  le  passage  cité  par  M.  Tburot  {op. 
cit.,  p.  481)  :  c  Pedes  autem  dictos,  secundum  cursum  Romane  curie,  taUter 
ordinabis.  » 

6.  c  Nos  vero  secundum  auctoritatem  Romane  Curie  procedemus,  quia  stilus 
ejus  cunctis  planior  invenitur...  Observanto  igitur  Romanorum  dictaminum  stu- 
diosi...  »  (M.  Thurot,  op.  cit.,  p.  483.) 

Si  le  même  auteur  prétend  ensuite  établir  une  distinction  entre  les  théories 
romaine  et  française,  nous  verrons  plus  loin  qu'il  se  fonde  sur  des  difiérences 
purement  imaginaires.  (Cf.  M.  Tburot,  op.  cit.,  p.  484.) 


476 

roxytons  :  dans  les  deux  cas,  la  place  de  l'accent  tonique  a  servi 
à  les  classera 

Poursuivons.  I^es  mêmes  auteurs  enseignent  que  tout  mono- 
syllabe est  un  demi-spondée  ;  tout  mot  de  trois  syllabes  dont 
la  pénultième  est  longue,  un  spondée  et  demi  ;  quant  aux  mots 
polysyllabiques,  ils  se  décomposent  de  la  manière  suivante  :  1®  à 
la  fin  du  mot,  un  spondée  (les  deux  dernières  syllabes),  ou  un 
dactyle  (les  trois  dernières),  suivant  que  la  pénultième  est  longue 
ou  brève  ;  2®  au  commencement  du  mot,  un  ou  plusieurs  spondées, 
une  ou  plusieurs  fractions  de  spondées  :  en  effet  toutes  les  syllabes 
protoniques  sont  jointes  deux  à  deux,  et  chacun  de  ces  groupes 
est  considéré  comme  un  spondée  ;  si  ces  syllabes  sont  en  nombre 
impair,  elles  forment  un  demi-spondée,  un  spondée  et  demi,  deux 
spondées  et  demi,  etc.  *.  Exemple  :  dominatiônem  forme  trois 
spondées,  demi  nati  onem  ;  misericôrdia  forme  un  spondée  et 
demi  et  un  dactyle,  mi  seri  cordia. 

C'est  ici  le  lieu  de  rappeler  avec  quelle  autorité  M.  Gaston 
Paris  a  établi,  dans  cette  revue  même,  le  principe,  aujourd'hui 
classique,  de  l'accentuation  secondaire.  «  Il  est  naturel  à  la  voix 
«  humaine,  disait-il,  d'entremêler  également  les  arsis  et  les 
«  thesis,  les  syllabes  fortes  et  les  syllabes  faibles,  les  toniques  et 
«  les  atones,  si  bien  que  l'accent  principal  d'un  mot  étant  déter- 
re miné  par  les  lois  qui  lui  sont  propres,  la  voyelle  qui  suit  ou 
«  précède  immédiatement  cet  accent  est  notablement  plus  faible 
«  (toniquememt)  que  la  seconde  en  avant  ou  en  arrière  ;  en 

1.  De  semblables  expressions  ont  été  fussi  employées  par  des  auteurs  traitant 
de  la  yersification  rythmique.  Éberhard  l'Allemand,  dont  M.  Thurot  nous  a  fait 
connaître  le  LaborinitLs  (Comptes-rendus  des  séances  de  V Académie  des  Inscr, 
Séance  du  30  sept.  1870,  p.  265),  appelle  rythme  spondalque  celui  qui  consiste 
à  composer  chaque  vers  de  pieds  de  deux  syllabes  dont  la  première  reçoit 
l'accent,  et  rythme  lamMque  celui  suivant  lequel  chaque  vers  est  composé  de 
pieds  de  deux  syllabes  dont  la  seconde  est  accentuée. 

2.  Ponce  le  Provençal  :  «  Sciendum  est  quod  monosillaba  dictio  dimidium  facit 
spondeum,  ut  me,  te,  se,  dissillaba  vero  totum,  ut  michi,  Ubi,  sibi.  Si  yero  sit 
trissillaba,  et  penultima  producitur,  facit  spondeum  et  dimidium,  ut  magister... 
Si  vero  sit  poiisillaba,  et  penultima  producitur,  omnes  sillabe  faciunt  spondées 
binari  numéro  disjugate.  Si  vero  corripiatur  penultima,  très  ultime  siUabe  faciunt, 
dactilum,  omnes  alie  faciunt  spondeos,  ut  excommunicatio.  »  (Passage  cité  par 
M.  Thurot,  Notices  et  Extraits,  t.  XXII,  2«  partie,  p.  481.)  Cf.  Jean  TAnglois  : 
((  Spondeus  dicilur  dictio  dissillaba,  vel  partes  poÛssillabe  dictionis,  cadenles 
ad  modum  spondeorum.  »  {Quellen  und  Erœrterungen ,  t.  IX,  1*^  partie, 
p.  501.) 


477 

«  d'autres  termes,  le  mouvement  rythmique  est  naturellement 
«  binaire,  et  non  ternaire.  »  La  première  conséquence  à  déduire 
de  ce  principe  était  que,  parmi  les  syllabes  protoniques,  une  sur 
deux  est  affectée  d'un  accent  secondaire  (v)  :  dominâtionem. 
«  On  en  vient  tout  naturellement,  ajoutait  M.  Gaston  Paris,  à 
4c  assimiler  les  syllabes  qui  ont  l'accent  secondaire  à  celles  qui 
«  ont  Taccent  principal  *.  » 

L'étude  de  la  poésie  latine  au  moyen  âge,  l'examen  d'anciens 
textes  relatifs  à  la  versification  rythmique  *,  la  science  du  plain- 
chant^,  mieux  encore  la  philologie  romane  sont  venus  tour  à 
tour  confirmer  une  loi,  que  nul  aujourd'hui  ne  serait  bien  venu 
de  contester.  De  même  les  dictatures,  si  on  les  interrogeait  sur 
cette  particularité,  proclameraient  l'importance  du  double  accent. 
Pourquoi  groupent-ils  deux  à  deux  les  syllabes  protoniques, 
sinon  parce  qu'ils  ont  constaté  le  mouvement  binaire  du  rythme  ? 
et  par  quelle  raison  comptent-ils  un  spondée  et  un  dactyle  dans 
le  mot  rétinâculum,  s'ils  n'admettent  qu'un  accent  secondaire 
affecte  la  première  syllabe  re  ?  Dans  le  mot  inïmicitiœ,  ils  pla- 
cent les  deux  accents,  comme  le  veut  la  règle  du  mouvement 
binaire,  sur  la  seconde  et  la  quatrième  syllabe  :  du  même  coup, 
ils  partagent  ce  mot  en  trois  morceaux,  qu'ils  appellent  un  demi- 
spondée  (i),  un  spondée  {nïmi),  et  un  dactyle  {citiœ).  C'est  en 
vertu  de  la  même  loi  que  le  monosyllabe  est  rangé  dans  la  caté- 

1.  Lettre  à  M.  Léon  Gautier  sur  la  versification  latine  rhythmique,  dans  la 
Bibliothèque  de  VÉcole  des  chartes,  ô**  série,  t.  U,  1866,  p.  584. 

2.  Ayant  troavé  dans  Éberhard  rAUemand  le  vers 

«  Crûx  ht  salas  pôpal&rûm  » 

qualifié  de  tetraspondalcus,  et  le  vers 

«  Quà  tlnëbâtur  sûhdîtàs  » 

appelé  tetralambicus,  M.  Thurot  en  a  très  justement  conclu  qu'un  accent  secon- 
daire porte  sur  les  premières  syllabes  des  deux  mots  poptUorum  et  tenebatur. 
(Comptes-rendus  de  VAcadémie  des  Inscr.,  30  sept.  1870,  p.  265.) 

3.  G.  Mantin,  dans  son  Traité  de  Psalmodie  (p.  22  et  23),  constatait  qu'on  ne 
doit  jamais  faire  dans  le  chant  deux  syllabes  brèTes  de  suite,  et  accentuait  ainsi 

MïsêrîcÔrdïâ  nïcêssïtâtxbûs, 

au  grand  étonnement  de  l'abbé  Petit,  qui  supposait  ces  règles  introduites  par  la 
routine  et  la  pratique  des  lutrins  {Dissertation  sur  la  psalmodie  et  les  autres 
parties  du  chant  Grégorien,  dans  leurs  rapports  avec  l'accentuation  latine, 
Paris,  1855,  in-8%  p.  75). 

12 


gorie  des  demi-spondées;  Tantiquité,  il  est  vrai,  accentuait, 
sauf  exception,  les  monosyllabes,  et  Alexandre  de  Yilledieu 
répétait  encore,  conformément  à  la  tradition,  qu'un  accent  aigu 
affecte  les  monosyllabes,  excepté  les  conjonctions  et  les  préposi- 
tions ^  Mais,  dans  la  pratique  du  moyen  âge,  tout  monosyllabe, 
même  déclinable,  perdait  son  accent,  s'il  était  voisin  d'une  syl- 
labe accentuée,  et,  au  contraire,  tout  monosyllabe,  même  indé- 
clinable, recevait  l'accent,  s'il  précédait  ou  suivait  une  syllabe 
non  accentuée^.  Il  en  résulte  que  le  monosyllabe  était  apte  à  for- 
mer tour  à  tour  la  première  ou  la  dernière  moitié  d'un  spondée  : 
dans  l'un  des  cas,  il  recevait  l'accent,  dans  l'autre,  il  était  atone. 
Placé  devant  un  paroxyton  de  trois  syllabes,  il  s'unissait  à  la 
première  syllabe  de  celui-ci,  pour  constituer  un  spondée  :  es 
magîster  ;  de  là  vient  encore  le  nom  de  spondée  et  demi  donné 
au  trissyllabe  paroxyton. 

Jusqu'ici  la  théorie  du  cursiAS  confirme  d'une  manière  frap- 
pante la  règle  du  mouvement  binaire.  Cependant,  il  faut  l'avouer, 
les  dictatores  ne  sont  pas  jusqu'au  bout  demeurés  fidèles  à  ce 
principe,  et  quand  ils  arrivent  à  la  fin  d'un  mot,  si  ce  mot  est 
proparoxyton,  ils  n'hésitent  pas  à  glisser  rapidement  sur  les  deux 
dernières  syllabes  ^.  En  d'autres  termes,  ils  ne  placent  pas  d'ac- 
cent, même  secondaire,  sur  la  finale  des  proparoxytons.  La 
phrase  Dôminus  adjûtor  mîserôrum  est  considérée,  dans  tous 
les  manuels,  comme  se  composant  d'un  dactyle  {dôminiis)^  d'un 
spondée  et  demi  (adjûtor)  et  de  deux  spondées  {mîserôrum),  au 
lieu  que,  si  l'on  accentuait  la  dernière  syllabe  de  dominus  aussi 
fortement  que  la  première  de  miserorum,  il  faudrait  compter 
en  tout  cinq  spondées  :  Dominas  adjûtor  mîserôrum.  Les  dic- 
tatores se  séparent  ici  des  poètes  rythmiques,  qui  faisaient  por- 


1.  M.  Thiirot,  Notices  et  Extraits,  t.  XXII,  2«  partie,  p.  399. 

2.  Il  y  a  toujours  profit  à  consulter  les  traités  de  musique  religieuse.  D.  Ju- 
railhac  {La  science  et  la  pratique  du  plain-chant,  p.  279)  donne  l'exemple  sui- 
vant :  «  Rex  nôster  non  confûndar  in  aelérnum.  » 

Cf.  M.  Gaston  Paris,  l.  c,  p.  592  :  «  Il  faut  y  ajouter  le  traitement,  naturel- 
lement assez  arbitraire  des  monosyllabes  :  ils  ont  ou  n'ont  pas  l'accent  à  la 
volonté  du  poëte.  » 

3.  C'est  pourquoi  Grégoire  VIII  trouve  l'allure  de  la  phrase  trop  rapide,  quand 
on  y  accumule  des  dactyles;  ex.  :  Négligens  fâmulus  ûliquis.  Si  chacun  de  ces 
mots  recevait  un  accent  secondaire  sur  la  finale,  le  dictator  ne  pourrait  se 
plaindre  c  quia  nimis  sunt  veloces.  » 


479 

ter  sur  la  finale  des  proparoxytons  le  poids  de  l'assonance  ou  de 
la  rime,  ils  se  séparent  également  des  grammairiens,  qui  don- 
naient au  vers 

Sôrdibùs  immûndus 

répithète  de  trispondatque^.  Sans  doute,  la  prose,  dont  ils  fai- 
saient leur  unique  étude,  ne  comportait  pas  un  rythme  aussi 
régulier,  je  dirai  même  aussi  monotone,  que  certains  morceaux 
de  poésie,  et  déjà  Ton  peut  pressentir  que  la  beauté  du  cursics 
consiste  dans  l'emploi  successif  des  mouvements  binaire  et  ter- 
naire. 

Les  termes  dont  la  définition  a  donné  lieu  aux  précédentes 
remarques,  et  que  nous  continuerons  d'employer,  étaient  consa- 
crés par  l'usage  presque  général  des  dictamina.  Toutefois,  pour 
ne  rien  omettre,  il  convient  de  mentionner  ici  quelques  expres- 
sions plus  rares  :  celle  de  molosse,  s'appliquant  au  trissyllabe 
paroxyton,  celle  de  dispondée ,  désignant  le  paroxyton  de 
quatre  syllabes  *,  les  termes  de  dactyles  et  de  spondées  simples 
opposées  à  ceux  de  dactyles  et  de  spondées  complexes  ^  ;  enfin 
les  termes  génériques  de  spondée  et  de  dactyle  comprenant, 
l'un  tous  les  paroxytons,  l'autre,  tous  les  proparoxytons,  quel 
que  soit  le  nombre  des  syllabes  du  mot^  Toutes  ces  locutions 
d'ailleurs  appartiennent  à  un  même  ordre  d'idées  :  elles  témoi- 
gnent également  de  l'importance  qu'avaient  aux  yeux  des  dicta- 
tores  les  lois  de  l'accentuation. 

Chose  curieuse  1  l'accentuation  est  le  fondement  de  la  théorie 
du  cursus j  et  les  termes  employés  par  les  maîtres  sont  presque 


1.  Comptes-Vendus  de  V Académie  des  Inscr.,  30  sept.  1870,  p.  266. 

1.  Libellus  de  dictamine  et  dictatorio  sillogismo.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n°  14357 
(ziy'  siècle),  ^  123  y%  col.  1.  —  Même  traité  dans  le  ms.  latin  n"  16252 
(flf.  29-42). 

3.  Le  spondée  complexe  est  le  paroxyton  de  plus  de  deux  syllabes;  le  dactyle 
complexe  est  le  proparoxyton  de  plus  de  trois  syllabes.  Bibl.  nat,  ms.  latin 
n"  1093,  f*  81  r**.  —  Autre  rédaction  de  la  même  Summa  dictaminis  dans  le  ms. 
latin  n«  15952  (t.  f»  91  r). 

4.  Dictamen  contemporain  de  Louis  le  Hutin  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  11384, 
f*  94  r*)  :  c  Oranes  dictiones  tetrasillabas  et  polissillabas,  scilicet  IV  sillabarum 
vel  amplius,  quarum  penultima  brevis,  habemus  pro  dactiiis...,  et  omnes  dic- 
tiones IV  sillabarum  vel  amplius,  quarum  penultima  longa,  tenemus  pro  spon- 
deis.  »  En  effet,  les  deux  mots  polysyllabiques  prxterea  et  vervmptamen  sont 
un  peu  plus  loin  rangés  au  nombre  des  dactyles. 


480 

tûii»  emynaién  au  vocabulaire  delà  métrique  :  brèves  et  longues, 
f^poudéim  et  dactyles  reviennent  bien  plus  souvent  sous  leur 
plume,  qu'accent  grave  ou  accent  aigu  K  A  peine  songent-ils  à 
nom  avertir,  dans  leur  langue  un  peu  vague,  d'oublier  les  règles 
da  quantité  :  «  Non  enim  hospedes  judicamusinprosajuœta 
metricam  rationem,  ex  cursu  vero  tantum  guem  hahent 
dictiones,  >  C'est  à  nous  de  deviner  la  loi,  dont  ils  semblent 
OjOus  faire  un  mystère. 

L'un  d'eux,  qui  se  distingue  par  son  parti  pris  de  conserver  le 
langage  de  la  prosodie  classique,  va  même  jusqu'à  répudier  les 
expressions  dont  se  servent  le  plus  habituellement  ses  confirères  : 
écrivant  en  Italie,  l'auteur  du  Candelabrum  attribue  aux  Fran- 
çais l'invention  des  dactyles  et  des  spondées  «  imaginaires  »  '  ;  il 
donne  à  entendre  que  leur  théorie,  à  laquelle  il  oppose  le  style 
romain  ^,  est  seule  fondée  sur  l'accentuation,  non  pas  même  sur 
l'accentuation  classique,  mais  sur  «  une  sorte  d'inflexion  de  voix 
dont  l'oreille  est  seule  juge  et  qui  se  produit  par  élévation  ou  par 
dépression  sur  la  dernière  syllabe  des  mots  *.  »  Peut-être  cet 
auteur  pourrait-il  nous  faire  douter  du  principe  que  nous  avons 

1.  Cependant  Buoncompagno  :  «...  in  dictionibus  quarum  penultime  acuio 
pranunciantur  accentu;  »  el  Laurent  de  Rome  :  a  ...  per  trissiUabam  dictionem, 
cujus  penultima  acuitur,  precedentis  dictionis  penultima  similiter  acuto  accentu 
prolata;...  penultima  acuitur,gravatur.ï)  (Passages  cités  par  M.  Thurot,  Notices 
et  Extraits,  t.  XXII,  2*  partie,  p.  480  et  482.) 

Cf.  Jean  de  Sicile  :  c  Tertio  decet  inspicere  quemdam  ordinem  in  accentu  sic, 
ut  non  solum  ex  brevibns,  nec  tantum  ex  longis  oratio  componatur,  sed  ex  utris- 
que  lepida  modulatione  compositis  videatur  duicedo  quedam  armonica  resonare.  » 
{Rettorica  in  arte  dictandi.  Bibl.  nat.,  mss.  latins  n*  16617,  f*  211  r*,  et 
n*  14174,  f  6  r*.) 

2.  «  Aurelianenses  enim  ordinant  dictiones  per  ymaginarios  dactilos  et  spon- 
deos...  Cursum  vero  compositionis  docent  Galiici  observandum  per  dactilos...  » 
(Passages  cités  par  M.  Thurot,  l.  c,  p.  483.)  c  Sous  la  plume  de  ce  Florentin, 
ajoute  M.  Delisle  (/.  c,  p.  143),  les  expressions  styte  d'Orléans  et  style  de 
France  étaient  à  peu  près  synonymes.  » 

3.  De  même  Buoncompagno,  au  début  de  son  Livre  des  XII  tables,  prévient 
ses  lecteurs  qu'il  voudrait  ramener  aux  usages  suivis  par  les  Pères,  par  la  Coor 
romaine  et  la  cour  impériale  les  écrivains  qui  se  laissent  séduire  par  les  fausses 
et  superstitieuses  doctrines  des  Orléanais.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n**  8654,  t  125  r*. 
Cf.  M.  Delisle,  L  c,  p.  143.) 

4.  V.  M.  Thurot,  /.  c,  p.  484. 

5.  «  Nec  stricte  hic  accentus  accipitur.  Sed  est  accentus  hic  quedam  modula- 
tio  vocis  per  elevationem  et  depressionem  super  penultima  sillabarum  facta, 
judicio  aurium  comprobante.  »  Il  est  à  noter  que  les  eipressions  dont  se  sert 


484 

constaté  de  visu,  s'il  n'enseignait  précisément  ces  doctrines  dont 
il  attribue  l'invention  aux  dictatures  de  France,  et  si,  par  cette 
singulière  inconséquence,  il  ne  montrait  lui-même  le  peu  de  fond 
que  l'on  peut  faire  sur  ses  imprudentes  critiques.  Ajoutons  que 
les  mots  de  dactyle  et  de  spondée  sont  employés  dans  leur  sens 
nouveau  par  Albert  de  Morra,  et  que  ce  chancelier,  de  même  que 
Transmond,  de  même  que  l'auteur  du  Candelàbrum,  se  fonde 
sur  l'accentuation. 

§5. 

Il  est  temps  de  chercher  à  comprendre  cette  fameuse  théorie 
du  cursus,  dont  Ponce  le  Provençal  disait  qu'elle  donne  à  toute 
l'épître  une  apparence  plus  décente  et  plus  riche  *.  Le  commen- 
cement, le  corps  et  la  fin  de  la  phrase  vont  être  tour  à  tour  l'objet 
de  règles  minutieuses. 

A.  —  Du  commencement  de  la  phrase,  et  accessoirement 
du  commencement  du  membre  de  phrase. 

Je  laisse  parler  Grégoire  VIII. 

Cursus  dictaminis  Romanç  Curlç  taliter  observandus  est.  Si  inci- 
pias  versum  ^  a  dictions  dissillaba,  bene  currit  dactilus  post  eam,  ut 
si  dicas  :  Déus  omnium.  Si  incipias  a  dictions  trissillaba  cujus  média 
sit  producta,  bens  currit  post  eam  dactilus,  ut  si  dicas  :  Magister 
militum,  Gavsndum  maxims  tibi,  ns  vsl  duos,  vel  plures  dactilos 
ponas  continue,  quia  nimis  sunt  veloces,  ut  :  Négligens  fdmulus 
dliquis,  Sed  plures  spondées  bsne  potsris  continuare ,  ut  :  Fidem 
sûam  suspéctam  réddit.  Si  versurp  incipias  a  dactilo,  pone  plures 

l'auteur  pour  définir  Taccent  français  (modulatio  vocis,  devatio,  depressiOy  ju- 
dicium  aurium)  sont  classiques.  Cf.  Bède,  Pierre  Hélie,  etc.  (M.  Thurot,  /.  c,  p.  393.) 

1.  c  Ad  hoc  enim  cursus  inventus  est,  ut  per  eum  Tocalium  et  cujusque  Tocis 
asperitas  evitelur  ;  et  hoc  secundum  antiquos.  (Je  pense  que  ces  aniiqui  sont  les 
prosateurs  de  l'antiquité  et  du  moyen  âge,  qui,  sans  s'astreindre  aux  lois  minu- 
tieuses du  nombre,  cherchaient  seulement  à  éviter  les  hiatus,  la  cacophonie  et 
les  fautes  contre  Tharmonie.)  Secundum  vero  modemos,  cursus  inventus  est,  ut 
per  eum  coilipetentius  et  magis  ornale  clausula  et  tota  epistola  proferatur.  » 
(Passage  cité  par  M.  Thurot,  /.  c,  p.  481.) 

2.  n  faut  traduire  ici  versus  par  phrase  ;  le  mot  parait  avoir  eu  ce  sens  dès 
l'époque  de  Justinien,  et  il  Ta  conservé  durant  tout  le  moyen  âge,  notamment 
dans  l'ouvrage  de  Pierre  Hélie.  (M.  Thurot,  L  c,  p.  408.) 


482 

spondeos  post  dacLilum,  ut  :  Déminus  et  magister  nésier  Jhésus 
Christus.  In  medio  versu,  post  punctum,  vel  post  metrum  ^,  ut  ita 
dlcam,  melius  est  incipere  clausulam  a  spondeo  quam  a  dactilo,  ut 
in  hoc  patet  exemplo  :  împudicç  mdtris  nequicia  t  corrûmpit  fUiam' 
et  vixpbtest  pudicam  fdcere  quam  habuit  impudica  ^. 

L'auteur,  on  le  voit,  n'admet  pas  sans  répugnance  l'emploi  du 
dactyle  au  commencement  des  phrases.  Il  le  tolère  :  1®  à  la 
première  place,  avant  une  série  de  plusieurs  spondées  ;  2®  à  la 
seconde,  après  un  paroxyton  de  deux  ou  de  trois  syllabes.  Il  ne 
permet,  en  aucun  cas,  de  placer  de  suite  plusieurs  dactyles,  au 
lieu  qu'il  approuve  l'accumulation  des  spondées.  Il  veut  enfin  que 
tout  membre  de  phrase  précédé  d'une  pause  commence  par  un 
spondée  plutôt  que  par  un  dactyle. 

Ces  règles  ont  été  ou  reproduites  ou  développées  par  la  plupart 
des  maîtres  qui  ont  suivi  Grégoire  VIII,  et  que  je  vais  passer 
rapidement  en  revue. 

Transmond  se  borne  à  copier  textuellement  le  morceau  que 
l'on  vient  de  lire  ^  en  insistant  pour  que  la  phrase  ne  commence 
«  presque  jamais  »  par  un  dactyle  ^.  M®  Guillaume  ^,  dont  l'opi- 
nion est  partagée  par  Buoncompagno*  et  par  l'auteur  du  Cande^ 


1.  Le  sens  des  deux  mots  puncium  et  meirum  a  yarié  au  moyen  Age. 
Alexandre  de  Villediea  appelait  meirum  ce  que  Pierre  Hélie  appelait  puncium, 
et  réciproquement.  (M.  Thurot,  /.  c,  p.  408  et  409.)  Ici,  ces  deux  mots  me 
semblent  avoir  la  même  signification  que  dans  Pierre  Hélie  :  puncium  est  la 
suhdistinctio  ou  le  comma  d'Isidore  de  Séville,  cette  première  pause  qui  inter- 
vient avant  que  la  phrase  ait  un  sens  complet  ;  metrum  est  la  m>edia  disUnctio 
ou  colon  d'Isidore,  c'est-à-dire  la  pause  qui  se  fait  sentir  avant  la  fin  de  la 
phrase,  mais  quand  déjà  elle  offre  un  sens  satisfaisant. 

2.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n»  2820,  f>  58  v*. 

3.  Bibl.  Mazarine,  ms.  n*  585,  f*  8  v«;  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  13688,  f*  130  r". 
L'emprunt  n'est  pas  seulement  évident;  il  est  maladroit;  rien,  ni  dans  ce  qui 
précède,  ni  dans  ce  qui  suit,  ne  se  rapporte  au  cursus. 

4.  Après  c  Si  a  dapUlo  incipias,  i  il  ajoute  :  c  Quod  vix  aut  nunquam  con^ 
cedo.  > 

5.  c  Neque  clausula  débet  incipere  a  dactilo,  sed  compluribus  spondeis.  > 
(Passage  cité  par  M.  Thurot,  /.  c,  p.  481.) 

6.  c  Immitantes  ordinationis  artificiose  structuram  incipiunt  a  dictionibus  tri- 
silabis  vel  quadrisilabis  que  penultimas  habent  productas.  i  (0lbl.  nat.,  ms. 
latin  n*  8654,  f*  2  r*,  col.  2.)  Sur  ce  professeur  de  l'Université  de  Bologne  qui 
écrivait  au  commencement  du  ziii*  siècle,  v.  Tiraboschi,  Storia  délia  leit.  itcU., 
t.  IV,  p.  463  et  suiv.  ;  Rockinger,  Quellen  und  ErcsTierungen^  t,  IX,  l'«  partie, 
p.  117  et  suiv.  ;  M.  Thurot,  op.  cit.,  p.  36,  etc. 


483 

labrum  S  ne  veut  en  aucun  cas  du  dactyle  initial,  mais  plusieurs 
spondées  de  suite  lui  semblent  un  fort  bon  début.  La  même  doc^ 
trine  obtient  l'assentiment  de  M®  Gui,  de  Ponce  le  Provençal,  de 
l'auteur  d'un  Bictamen  anonyme*  :  ils  ne  font  exception  que 
pour  des  dactyles  occupant  nécessairement  la  première  place,  tels 
que  les  conjonctions  itaque,  igitur,  insuper,  scilicet,  siqui- 
dem^,  ideo^y  quoniam,  ceterum,  quominus^,  etc.  Suivant  le 
dernier  de  ces  dictatures,  une  phrase  commençant  par  plusieurs 
spondées  doit  toujours  succéder  à  une  phrase  se  terminant  par 
un  dactyle. 

Je  ne  sais  si  les  maîtres  du  xm®  siècle  ont  eu  d'autre  motif  que 
le  respect  de  la  tradition,  pour  accueillir  avec  cette  faveur  una- 
nime la  théorie  de  Grégoire  VIII  ;  mais  ce  que  voulait  à  tout  prix 
l'auteur  de  la  Forma  dictandi,  lui-même  nous  en  est  garant,  c'est 
éviter  la  précipitation  :  cavendum  maxime  !  Au  moyen  âge, 
plus  encore  que  dans  l'antiquité,  l'accentuation  était  à  la  fois  une 
élévation  de  la  voix  et  un  renforcement,  un  allongement  de  la 
syllabe^.  Or,  que  l'on  allonge  en  l'accentuant  la  première  syllabe 
des  dactyles  Négligens  fàmulus  àliquis  :  il  sera  presque  impos- 
sible de  ne  pas  prononcer  très  rapidement  les  deux  dernières  ;  sur 


1.  «  Nullus  autem  versus  débet  dactilo  inchoari.  Unde  non  sit  incipiens  :  Lit- 
ieras  vestre  dominationi  transmitto.  Ad  minus  est  ergo  ab  uno  spondeo  et 
dimidio  clausula  inchoanda,  ut  :  Jmplere  cupio  que  jubetis.  Si  queratur  a  quot 
spondeis  ]iceat  inchoare,  dicimus  hoc  indeterminatum  esse.  Quibnsdam  tamen 
Tidetur  non  ultra  quatuor  esse  contlnuandos,  ut  :  Daminationem  vestram  de- 
precor,  »  (M.  Thurot,  l,  c,  p.  484.)  II  faut  ajouter  que  l'auteur  du  Candela- 
brum  expose  ici  la  doctrine  des  Orléanais. 

^.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n-  11384. 

3.  Summa  magistri  Guidonis  :  c  Item  nostrum  versum  non  incipimus  a  dap- 
lilo,  nisi  ab  paucis,  ab  bis  scilicet  :  igitur,  itaque,  insuper,  siquidem,  et  simi- 
liler  ;  a  spondeis  [non]  tantum  ab  uno,  sed  a  pluribus,  ut  Caritatem  vestram 
imploro  presentibus,  et  ad  minus  a  spondeo  et  dimidio  :  Magister  militum,..  » 
Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  8653,  ^  24  r*. 

4.  Ponce  le  Provençal  :  c  Debes  enim  incipere  tuam  clausulam  ab  uno  spon- 
deo el  dimidio,  vel  a  pluribus;  a  dactilo  nunquam,  nisi  sint  conjunctiones,  ut 
ideo,  igitur,  que,  quoniam  prepositivi  ordinis  sunt  et  locum,  quoad  hoc,  com- 
petenter  mutare  non  possunt,  clausulam  sepe  incipiunt.  »  (M.  Thurot,  l.  c. 
p.  481.)  —  Dans  le  ms.  latin  n°  18595  (f*  Il  r»),  Ponce  attribue  aux  «  mo- 
dernes »  l'habitude  de  placer  ainsi  certains  dactyles  au  commencement  des 
phrases. 

5.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  11384,  f"  94  r. 

6.  M.  Thurot,  L  c,  p.  393.  Cf.  Pierre  Hélie,  ibid,,  p.  396. 


h'  t^  '  ^HmI/'-  Utii"  -f*  *»\*.tt»»:h^  H'itotJ  fl/ftté:  nUH  c^ïrtaiiK;  valeur: 
'  '1  "  ^l'f  iiit.^nin-  VIII  ii|/|^:linf  uié  iiiyU'.  pr^scipit^.  Ao  COQ- 
\iu\r  <!'<  l'-'l"'  (/!'•  '>''«(  |if/:^^'^l/:'rtiii  r/i//l'i';<J'nji  «tyllâbes,  Détif 
'nimitiiii  i.|  il'.ti^  i;/lliiliiit  •;iif  i  iitif  t'ihhi  ;i ':!:/;»  tij#V«,  le  début  ne 
iMiihi|M< m  «H  <1  iiMihlMif  ifi  (Ih  Kiii^'^^s  ''  ''"  ^-'''^  ^''*  'Tienne  si  le 
•lu*  I  )  |i  )iImi  I  iH  mil-  tl<>  In  |ilinitsii,  111)1  itutttMutUiuwni  saivi  d'un 
imIkui  hiitnliii.  ili.  .i|iiiiHlitiiii  lUnmnuH  M  lèuujister  nôster 
i^.>,.(i«  I  /il  o^(^    tiii  iiMiinniiiiuil  (nriuiirn,  huccimI»  aussitôt  le 

Il  !•  .1  |\i.i|i*  il  't|uu((ii  \\\\\\  lA  lo  tlaolvtn,  tiÙM  h  In  seconde  place, 
.  I  (Mi'>.ôiU\  \iuhiuU  \i\  u^^lo  IrnriH^  par  (îiV^goire  VIII)  d*un 
(i((.>ni*u  Ao  luMi  i^  llilui*).  \l^^i/ist^''*  ntmium^  It^  syllabes 
^1  v..ui\u^<  •  •«Mi\*us%tu>ui  uioKsvt  a\k\  \\  IIhIk^s  atones  Uans  la  pro- 
uiutii  .1  uu  Ui'i.v  wMMiuo  vtaiiH  l'ovoiuplo  lie  style  précipité, 
'  .  './'''X  u.(..\    f^Y*>*'^     Pa-.iliv  part»  le  dictcitO'\  qui 

iv.U'^a,  î  \\\..\^^  tu't'  'uUi\o  .io  U  ^»i!ruN^»  ot  blàiue.  par  ce  motii. 
l  u  , .  uv  '..u.*».i  ivo  îuvivkv*,  vU'xvitit,  M.*ii:ble^t-il.  voir  d'un  aussi 


>; 


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,     u.     «     -v^A^.tajs.    . :•  ••«u.-*.     'L«A  •^iiÉttt'x    Jeu    L-Jii^mr 


•  *<*  ...  ^^  k>  1  *>.''.  !• 


485 

loces  »,  ils  en  blâment  l'abus  et  le  rapprochement  ;  ils  citent 
comme  fautive  la  phrase  :  «  Humiliter  pétimits  é)us  intûitu 
misericordie  dignémini  concéder e  »,  et  donnent  à  entendre  que 
deux  dactyles  ne  doivent  point  se  suivre  sans  intervalle.  Moins 
dangereux  et  plus  rare,  l'abus  contraire,  consistant  à  accumuler 
un -très  grand  nombre  de  spondées,  n'en  rend  pas  moins  la  phrase 
ultra  modum  asperam  vel  nmmm  ^copwZo^aw? .  Exemple  : 
«  Nôbis  sûpplicâmur  obsecrântes  in  virtûie  câritâtis,  ût  ad 
nos  venir  e  sine  tàrditâte  curétis  ».  Cinq  spondées  peuvent,  à  la 
rigueur,  se  succéder  sans  intervalle  :  un  plus  grand  nombre  nui- 
rait à  l'harmonie  du  style  :  «  Pulchrius  erit  ac  elegans  dictamen, 
si,  spondeis  ac  dactilis  intermixtis,  trahat  exvarietatepulcritudi- 
nem.  »  Le  dictator  doit  trouver  cette  juste  proportion  de  spon- 
dées et  de  dactyles,  qui,  en  sauvegardant  la  majesté  du  rythme, 
produira  l'élégance  par  la  variété. 

Des  maîtres  plus  scrupuleux  ne  craignirent  pas  de  déterminer 
cette  proportion.  U  faut,  dirent  les  uns,  employer  alternative- 
ment un  spondée  et  demi  ^t  un  dactyle*.  Ce  rythme,  répondirent 
les  autres,  est  trop  rapide  ;  entre  vos  dactyles,  intercalez  trois 
spondées  ou  quatre  spondées  et  demi  *.  Cependant  aucune  com- 
binaison n'obtint  le  même  degré  de  faveur  que  celle  qui  con- 
sistait à  séparer  les  dactyles  par  deux  spondées  et  demi  ;  la 
Poëtria  de  Jean  l'Anglois  nous  en  fournit  un  curieux  exemple^, 

1.  Buoncoinpagno  s'élève  avec  force  contre  cette  théorie,  sans  doute  assez 
répandue  de  son  temps,  dans  un  passage  qui  n'a  pas  été  imprimé  par  M.  Roc- 
kinger  :  je  le  transcris  sur  le  ms.  latin  n"  8654  de  la  Bibl.  nat.  (^  2  y*")  : 
((  Quidam  nudi  grammat|ic]es  virtutem  reputant  incipere  a  dictione  bisillaba 
que  habeat  primam  longam  et  in  medletate  ponere  dictionem  que  habeat' 
penultimam  grayem;  et  ita  incipiunt  ordinando  subsequenter  dictiones,...  ut  in 
hoc  exemplo  :  «  Toile  "siàticum,  frater  \Ljàrissime,  Yade  CMniam,  jussis  ohé- 
(Uas...  »  Item  quandoque  incipiunt  a  trisillaba,  que  habet  penultimam  acutamet 
procedunt  hoc  modo  :  «  Majestas  régla  precepit  firmiter  ut  nûllus  aûdeat  pacis 
fédéra  violare.  i  Isti  nempe  interdum  corrumpunt  grammaticam,  ut  cursum 
observent;  de  intelectu  quidem  et  pondère  sententiarum  non  curant,  sedadsimi- 
litudinem  quorumdam  vermium  nituntur  sua  stercora  cum  dubiis  glom[er]are.  » 

2.  Summa  dictaminis  mag.  Guillelmi  :  «  Item,  si  velimus  facere  cursum  in 
dictamine,  précédant  très  spondei,  vel  quatuor  et  dimidlus,  et  sequatur  dacti- 
Ins.  1  (Passage  cité  par  M.  Thurot,  l,  c,  p.  481.) 

3.  «  ...  Quoniam  vero  iste  stilus,  propter  sui  nobilitatem,  apud  multos  est  in 
usu,  subicitur  domesticum  exemplum,  ut  hic,  archydiacono  excusante  se  quod 
non  potest  esse  in  sinodo.  »  Rockinger,  Quellen  und  Ercertemugerij  t.  IX, 
!'•  partie,  p.  501. 


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487 

Avouons  que  la  prose  de  cet  archidiacre  ressemble  singulière- 
ment à  des  vers.  Chaque  phrase,  j'allais  dire  chaque  strophe, 
est  divisée  en  membres  de  huit  syllabes  proparoxytons.  Ajoutez-y 
l'assonance  ou  la  rime  :  cette  prose  deviendra  un  exemple  fort 
régulier  de  versification  rythmique. 

Les  dictatures  l'ont  si  bien  compris,  qu'un  rhéteur  anonyme 
range  cette  combinaison  parmi  les  rythmes  poétiques  :  «  Imper- 
tinentes usurpamus  ornatus,  dictamina  nostra  more  metrorum 
seu  rithmorum  cursitare  sive  claudicare  cogentes  *. . .  »  Et  un 
autre  ajoute  :  «  Viciosum  est  dictamen  quod  versus  et  rithmos 
imitatur*.  >  Le  nom  de  Style  Hilarien,  habituellement  donné 
à  cette  sorte  de  rythme^,  n'est  guère  moins  significatif:  saint 
Hilaire  de  Poitiers,  connu,  à  tort  ou  à  raison,  pour  avoir  intro- 
duit les  hymnes  dans  l'Église,  était  regardé,  sur  la  foi  de  saint 
Jérôme,  comme  l'auteur  d'un  grand  nombre  de  poésies  ryth- 
miques, et  entre  autres  de  l'hymne 

Primo  dierum  omnium 

Quo  mundus  exstat  conditus...^, 

à  laquelle  on  faisait  remonter  l'origine  du  style  dit  «  Hilarien  »  ^. 
C'était  avouer  que  le  cursus  reproduisait  sinon  l'assonance, 
au  moins  le  rythme  des  vers  octosyUabiques.  Verrons-nous 
dans  ceux-ci,  comme  M.  Léon  Gautier,  un  reste  dégénéré  de 
l'ïambique  dimètre  ^  ?  En  ce  cas,  le  style  Hilarien,  qui  en  dérive. 


1.  Libdlus  de  dictamine  et  dictatorio  sillogismo  :  Bibl.  nat,  ms.  latin 
n»  14357,  f  124  V,  col.  1. 

2.  Dictamen  :  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  2687,  f>  57  y*.  Cf.  une  Rhétorique  ano- 
nyme :  ms.  latin  n*  14175,  f»  18  v. 

3.  Poêtria  de  Jean  TAnglois,  loco  dt.  ;  Rhétorique  anonyme,  ms.  latin  n*>  14175, 
f  18  v°. 

4.  Mone  l'attribue  à  saint  Grégoire  le  Grand.  {Lateinische  Hymnen  des  Mit- 
telalters,  Fribourg,  1853,  1. 1,  p.  371.) 

5.  Jean  FAnglois  :  «  In  stilo  Hillariano  ponuntur  duo  spondei  et  dimidius 
spondeus,  id  est  una  sillaba,  et  dactilus.  Cujus  dictamen  est  hic  :  Primo  dierum 
omnium  quo  mundus  extat  conditw,,,  £t  nota  quod  hic  intelliguntur  pedes  ut 
ante.  »  Quellen  und  Erœrterungen,  t.  IX,  1"  partie,  p.  501. 

Rhétorique  anonyme  :  c  Ultimus  est  stilus  Hylarianus,  qui  tamen  magis,  ymo 
vere  spectat  ad  artem  metricam.  Ulitur  enim  Ysarius  {lisez  :  Hilarius)  dymetro 
ïambico  in  hoc  stilo,  ut  hic  :  Primo  dierum  omni[um],  etc,  et  in  multis  aliis 
ymnis.  »  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  14175,  f*  18  ¥*. 

6.  Cf.  M.  Léon  Gautier,  Us  épopées  françaises^  1*  édition,  1878,  l.  I,  p.  296. 


488 

marquerait  un  des  plus  hauts  degrés  de  corruption  auxquels 
serait  parvenu  le  vers  de  huit  syllabes.  Nul  souci  de  la  quantité  : 
l'ïambe  du  second  pied,  qui  persistait  encore  dans  l'hymne  Primo 
diertim  omnium,  a  £ait  place  à  des  spondées,  à  des  trochées,  à 
des  pyrrhiques  :  aux  règles  antiques,  on  a  substitué  de  nouveUes 
lois  fondées  sur  laccentuation,  et  tous  les  mots,  sauf  le  dernier, 
doivent  être  paroxytons  ;  c'est  le  même  rythme,  ou  peu  s'en  fout, 
que  dans  la  Vision  (T Ansellus  Scholasticus^,  et  dans  l'hymne 
sur  l'antienne  Media  vita*, 

(Ach)  hômo,  perpénde  fràgïlïs 
Mortalis  et  mstdbïlïs 
Quôd  vitare  non  pétirïs 
Môrtem,  quocùmque  iërïs  ; 
Nam  aûfert  te  ssepissïmë^ 
Dum  vfvis  WhQntissîmë^ 
etc. 

Eh  bien,  n'est-il  pas  curieux  d'entendre  le  nom  à^ïambique 
dimètre  appliqué  encore  durant  le  xv®  siècle  à  ce  rythme  cor- 
rompu, comme  pour  aflSrmer  l'origine  antique  du  vers  octosylla- 
bique  et,  par  suite,  du  style  Hilarien  ?  La  Rhétorique  anonyme 
du  manuscrit  latin  n**  14175  nous  fournit  cette  preuve  singulière, 
et  tout  à  fait  neuve^  de  la  persistance  avec  laquelle  les  grammai- 
riens du  moyen  âge  rattachaient  aux  mètres  antiques  la  prose 
ou  la  versification  rythmique  ^. 

G.  —  Delà  fin  de  la  phrase  ^  et  accessoirement  de  la  fin  du 

membre  de  phrase. 

Grégoire  trace  les  règles  suivantes  : 

Hoc  preterea  notandum  est,  quod  finales  dictiones  semper  débet 
quasi  pes  dactilus  antecurrere.  Ipsa  autem  terminalis  dictio  totius 
versus  débet  esse  tetrasillaba  cujus  penultima  sillaba  producatur,  ut 
hic  :  ...  ad  eterna  mereamur  gaûdïâ  pervënirë.  Vel  possunt  esse  in 

1.  Édél.  du  Méril,  Poésies  populaires  latines  antérieures  au  xii*  stôc/e, 
p.  200  et  suW. 

2.  Mone,  Lateinische  Hymnen  des  Mittetalters,  t.  I,  p.  398. 

3.  V.  le  passage  cité  à  la  note  5  de  la  page  précédente. 


489 

fine  ipsîus  clausulç  duc  dîssillabç  dictiones,  qualiacumque  sint 
earum  tempora,  ut  :  ...  inhumanitatis  est  nimiç  in  kominem  àgïrï 
nimïs  dure.  Quandoque  etiam  monosillaba  et  trissîUaba  dictio,  dac- 
tilo  précédente,  fîniunt  versum,  ita  tamen  quod  média  trissillabç  sit 
producta,  verbi  gratia  :  PtUlos  fovet  et  pascit  volucriSj  dum  implu- 
mes  videtque  teneros^  nec  a  nido  permittit  egredij  donec  per  se  suf~ 
ficîânt  àd  vôlàtûm. 

Quandoque  etiam  duc  trissillabç  terminant  versum,  ut  :  .,,  peti- 
ciones  honestas  jus  et  ratio  audirï  compéllunt.  Aliquando  tetrasil- 
laba  cum  trisillaba  terminât  versum,  ut  :  Quicquid  adversus  eum 
proposuiy  astruere  confidéntër  aûdéhôK 

Deux  terminaisons  sont  possibles  : 
1**  Un  dactyle  suivi  de  deux  spondées  : 

gaûdïâ  pervMrë 
àgïrï  nîmïs  dûrï 
snfficïânt  àd  vôlàtûm 

et  il  importe  peu  que  les  deux  spondées  soient  représentés  par  un 
seul  mot  {pirvïnire),  par  deux  dissyllabes  {nhnïs  dûrï) y  par 
un  monosyllabe  suivi  d'un  trissyllabe  {ad  vôlàtûm)  ^  ou  même* 
par  deux  monosyllabes  suivis  d'un  mot  de  deux  syllaljes  {prô  mï 
vôbïs).  Toutes  les  combinaisons  sont  admissibles,  pourvu  que  le 
dernier  mot  ne  soit  pas  un  monosyllabe  3,  et  qu'on  obtienne,  en 
fin  de  compte,  la  terminaison  suivante  : 

2°  Un  spondée  et  demi  ou  deux  spondées*  suivis  d'un  autre 
spondée  et  demi  : 

audirï  cômpéllûnt 
confidéntïr  aûdébô. 

On  peut  même  dire  d'une  manière  plus  générale,  suivant  le 

1.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  2820^  f»  58  y*. 

2.  C'est  par  suite  d'un  oubli  que  Grégoire  passe  ce  dernier  cas  sous  silence. 
Cf.  Candelahrum, 

3.  Cf.  Rettorica  mag.  Johannis  de  Sicilia  in  arte  dictandi.  (Bibl.  nat.,  mss. 
laUns,  n~  16617,  f»  211  r,  et  14174,  ^  6  r.) 

4.  Grégoire  ne  dit  pas  positivement  que  ces  mots  de  trois  ou  de  quatre  syl- 
labes doivent  être  paroxytons;  mais  cela  résulte  des  exemples  qu'il  donne,  et 
surtout  des  nombreux  commentaires  dont  ce  texte  a  été  l'objet. 


496 

ci^iuDMtnlair^  de  Transmond  et  de  tous  les  grammairieDs  postifr- 
rHHir»  '  :  an  paroxyton  d*un  nombre  quelconque  de  sjDabes  snm 
d*uu  spondée  et  demi«  —  en  ajoutant  que  ce  dernier  pied  paît 
$e  ihkxmipoeMT  en  un  nK>nosTllabe  suiri  d*un  dissyllabe*  : 

prudèMiUr  ii  caûti. 

iVk^  diversee^  combinaisons  donnent  toutes  le  résultat  soÎTaiit  : 


•• 


relW  étaient  lies  deux  terminaisons  gnâgoriennes.  On  peut  en 
$a:Tr^  U  tr^ce  dans  ks  Dicia$nina  postérieurs  et,  en  premier 
tieu.  Cia::<$  rvXiTrage  de  Transmond. 

Occ«eoar»iam  es:  ^ssu^k-  Ronianonun  dîctaminum  stocfiosb,  aL 
st  ^r*;5^'ljubh&  .tcfio  i'/5;in^cS:o«i:>  es£  tînis.  ejus  penultima  prodnca- 
VJtr  ^^>fC£  '  u:>;:;d^  :n  pcYicedKtù  d^rtione  kaee  5erTi;i«  ot  in  hoc 
emr;'ic  ^  \flmt  ùùt^ss  iwrv  t%hfiÊi  fiemitméimem.  ù  fw^pmfrimm 

^«ff/im:  txa.Tx^.  5or^'i;cr  ;;l^a:;iI::■r3&2l  souii  ipsi  pr^kuL  saim 
Vui^aicvormaric  ^4  n  crrfm.'Ts  jjÎbs  iecoKw.  p:<Br  anv«r  an 


.    4«iPMi.  4ir  HmM      «  Ft:  ipiiir  r^riM»  tnpiK*Jiir     nw  ooidon. 

t   rï;   lUnnuMiniD^iiir*.  -lUli'.  iw;.  nts..  Imn:  t*  iiS«4  '^  I  ^. 
^  TmtKnDHir.  ^mmKIr  ^Mwcntr  nja'mi.  4  U  iiBnHfl.i  iilmw  k 

-c  /u<!*^.  wjwMHim  «i.  «lîMri.  n»    iU   tTi«i1lal«  àwiit  dvaiiuUMu»  tac  te&.  aîlK 
Ht:  ru.U»s  WiwwtlHwi^.  iUUàl*.  vnMiiinitir  mulnt  ntmnr  lipr  itimiMimti 


491 

accentu  ;  sed  dictiones  que  immédiate  ultimas  antecedunt  penultimas 
habent  graves,  ut  in  hiis  exemplis:  ...  sânguinï  cônsïcràvîi^ ... 
côntûltt  ChrîstîdnïSj  ...  bdrbâràs  nàtiônïs^  ...  contlnûô  Dàmiàtàm, 
etc....  In  tercia  varietate^  omnes  distinctiones  possuntin  dictionibus 
penultimam  producentibusterminari  :  quandoque  in  fine  distinctionis 
ponitur  una  dictio  que  habet  penultimam  gravem,  et  subsequetur 
monosilaba,  que  precedit  trisilabam  que  penultimam  habet  acutam, 
hoc  modo  :  cupidîtâs  nén  tëpéscït,  Vel  quandoque  terminant,  prece- 
dentibus  monosilabis,  bisilabam  dictionem,  hoc  modo  :  ...  tibi  dâbi- 
tur  et  non  illï. 

In  quarta  varietate  agitur  de  silabis  que  penultimas  habent  pro- 
ductas,  et  in  fînibus  distincionum  ponuntur.  Due  siquidem  penta- 
silabe  trisilabam  precedunt,  hoc  modo  :  ...  spirituali  jocunditâtï 
lëtâmur.  Item  due  dictiones  sex  sillabas  continentes  trisilabam  pre- 
cedunt, hoc  modo  :  ...  superhabundantes  jurisdictiônïs  apparent. 
Due  autem  quadrisilabe,  hoc  modo  ...  consuetum  renovétïs  décor  cm. 
Item  pentasilaba,  quadrisilaba  ettrisilabafaciuntordinationem  sono- 
ramcum  bisilaba,  que  trisilabam  precedit  in  fine,  hoc  modo:  ... 
desiderata,  \é[  peroptata,  seu  votiva  pâcë  gaûdémûs.  Item  quadri- 
silaba cum  duabus  trisilabis,  hoc  modo  :  ...  delictorum  caténâ  côns- 
trlngït.  Item,  cum  quadrisilaba,  monosilaba  et  bisilaba,  hoc  modo  : 
..".  prudéntïr  U  càute.  Item  cum  quadrisilaba  et  trisilaba,  hoc 
modo  :  Nichil  est  in  actiônï  divisûm,  ubi  nichil  est  in  voluntàlï 
dïvérssUm,  Et  nota  quod  in  epistolari  stillo  in  pentasilaba  et  in  con- 
simili  raro  vel  nunquam  clausule  finiuntur^.. 

in  quo  suum  servat  caritas  intemerata  vigorem.  Si  yero  tetrasillaba  dictio  fini- 
tive  distinctionis  eyenerit  finitiya,  siqaidem  penenltimam  [suam  ipsa  producit, 
suam  penenltimam]  corripiat  antecedens  :  ...  Fréquenter  exquirit  ad  dissoluia 
iransfugium,  qui  non  hahet  in  opère  perseveraniie  fundamentam,  »  Ms.  de  ia 
Mazarine  n-  585,  f*  1  r,  et  Blbl.  nal.,  ms.  latin  n"  13688,  P»  127  r.) 

«  Et  sic  terminandus  est  versus  orationis  secondum  Roraanum  cursum,  ut,  si 
trissillaba  dictio  finem  distinctionis  occupaverit^  talis  sit  que  penultimam  pro- 
dncat,  ea  nimirum  ratione  in  antecedenti  ejus  servata,  ut  hic  :  Nunqvum  te 
egisse  peniteai^  in  quo  tuis  aciibus  bonorwm  doctrina  concordat,  Quod  si  tetra- 
sillaba  dictio  distinctionis  evenerit  finitiva,  siquidem  penultimam  suam  ipsam 
produxerit,  ipsam  penultimam  corripiat  antecedens,  ut  hic  :  Fréquenter  querit 
ad  dissoluta  transfugium,  qui  non  hahet  in  opère  perseveraniie  flrmamentum.  i 
(Bibl.  nat.,  ms.  latin  n»  11382,  f»  115  r.) 

1.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  8654,  f*  2  r*  et  y*.  —  Buoncompagno  a  l'art  d'em- 
brouiller les  faits  les  plus  simples;  il  eût  mieux  fait  de  résumer  ce  dernier  para- 
graphe en  disant  :  La  phrase  doit  se  terminer  par  un  spondée  et  demi  précédé 
de  plusieurs  autres  spondées. 


492 

Cet  auteur  applic[ue  les  mêmes  règles  à  la  fin  de  chaque  membre 
de  phrase. 

Il  faut  renoncer  à  citer  les  trop  nombreux  passages  relatife  aux 
terminaisons  grégoriennes.  Bornons-nous  à  renvoyer  le  lecteur 
au  Candelabrum^,  à  Guillaume*,  à  Richard  de  PoflS^,  à  Lau- 
rent de  Rome  ^  à  Ludolfe  de  Hildesheim  ^  et  à  leurs  imitateurs  •, 
à  Jean  l'Anglois',  à  Guido  Faba  *,  à  Jean  de  Sicile»,  à  YArs  et 
praticadictandi  epistolas^^,  au  Libellus  de  dictamine  etdic- 
tatorio  syllogismo  **  et  à  plusieurs  autres  traités  anonymes  **. 
L'expression  de  cursiLS  velox  désigna  bientôt  la  première  de 
ces  terminaisons  (  '^-  ^'^  '^),  peut-être  parce  que  les  syllabes  atones 
y  sont  ordinairement  plus  nombreuses  que  les  syllabes  accen- 
tuées. En  même  temps,  la  monotonie  qui  résulte  du  rapprochement 
de  deux  paroxytons  fit  donner  à  la  seconde  terminaison  (  '"  -  '-)  le 
nom  de  cursus  planus  ^^. 

Quelque  faveur  qu'aient  obtenue  ces  deux  curstcs,  ils  ne  suf- 


1.  Passages  cités  par  M.  Thurot,  l,  c,  p.  483,  484. 

2.  M**  Guillaume  avait  sans  doute  en  vue  la  première  terminaison  Grégorienne, 
quand  il  écrivait  ces  mots  :  «  Finis  vero  clausule  desinat  in  duos  spondeos.  Sunt 
enim  quatuor  sillabe  solum  quelibet,  quod  {lisez  :  quarum)  penultima  sit  lon- 
gua,  duo  spondei,  ut  cum  dicitur  ven[er]ari.  »  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*>  16671, 
f-  40  T\) 

3.  Summa  éUctaminis  secundum  Curiam  Ramanam.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin 
n*  4166,  f»  2  V.) 

4.  Summa  dictaminis  juxta  stUum  Curie  Romane  et  consuetudinem  moder- 
norum.  Bibl.  nat.,  mss.  latins  n"  14704,  f*  103  v,  et  16253,  f«  l  r.) 

5.  V.  Quellen  und  EroBrlerungen,  t.  IX,  l'*  partie,  p.  370. 

6.  Une  imitation  de  la  Summa  de  Laurent  de  Rome  est  la  Pratica  sive  ars 
dictaminis  in  radiée.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n**  14175,  f*  2  v*.)  Voir  é^lement  un 
remaniement  du  traité  de  Ludolfe.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n**  11385,  ff.  6  r*  et  sq.) 

7.  Il  ne  traite  que  de  la  première  terminaison.  Y.  Qtiellen  und  Erœrierun- 
gen,  l.  c,  p.  501. 

8.  Summa  dictaminum,  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*>  15167,  f>  20  v«.) 

9.  Rettorica  mag,  Johannis  de  Sicilia  in  arte  dictandi.  (V.  Bibl.  nat.,  mss. 
latins  n"  16617,  f  211  V,  et  14174,  f*  6  t\) 

10.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n»  11414,  £•  26  V. 

11.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  14357,  f*  123  y*.  Au  chapitre  de  la  facundia^  il  y 
est  question  des  deux  terminaisons  célèbres  :  pecuniam  transmitlatis  et  expeC' 
iatam  mittatis,  » 

12.  De  dictamine  :  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  11384,  f*  94  r».  Traité  sur  Vart 
épistolaire  :  ms.  latin  n^  15952,  etc. 

13.  V.  Laurent  de  Rome  (Bibl.  nat.,  ms.  lat.  n«  16253,  f*  1  r*)  et  son  imitateur 
du  ms.  latin  n«  14175  (f«  2  r).  Cf.  ms.  latin  n«  16246  I,  ff.  92-94. 


493 

usaient  point  à  tous  les  besoins  du  style  épistolaire.  Transmond*, 
le  notaire  de  la  sainte  église  romaine  et  le  disciple  de  Gré- 
goire VIII,  est  des  premiers  à  recommander  l'usage  d'une  troi- 
sième terminaison,  que  l'on  a  décorée  des  noms  de  cursus  tardus^^ 
ecclesiasticus^  ou  durus*.  Elle  consistait  en  un  paroxyton 
suivi  d'un  proparoxyton  de  quatre  syllabes  ^,  ce  dernier  pouvant 
être  remplacé  par  un  monosyllabe  et  un  dactyle  ^  : 

Fit  etiam  cursiva  locutio  par  tetrassillabam  ^  dictionem  cujus 
penultima  corripitur,  precedentis  dictionis  penultima  accuto  accentu 
prolata,  ut  :  Ille  certe  videtur  operdrïjiîsiitïâm.  Quod  si  dictiotetras- 
sillaba  non  occurrat,  per  precedentem  monossillabam  [et]  însequen- 
tem  trissillabam  potest  fieri  dictionis  tetrassillabe  supplementum, 
ut  :  ...  tune  facta  dirigent iîr  in  éxUûs.  Qui  cursus  ecclesiasticus 
appellatur  *. 

En  résumé,  la  fin  des  phrases  ou  des  membres  de  phrase  se 
prête  à  trois  combinaisons  différentes.  On  peut,  pour  en  conserver 
le  souvenir  mieux  gravé  dans  la  mémoire,  s'aider  des  vers  de 
Ludolfe  «  : 


1.  Bibl.  nat.,  mss.  latins  n"  28?0,  f»  59  v,  et  13688,  f»  127  r».  Bibl.  Mazarine, 
ms.  n»  585,  f«  1  r*,  etc. 

2.  Lictamen.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n«  16246  I. 

3.  Laurent  de  Rome  :  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  16253,  f>  1  r. 

4.  Pratica,  sive  ars  dictaminis  in  radiée  et  dispositionis  materie  in  iniel- 
lectu  (remaniement  de  la  Somme  de  Laurent  de  Rome)  :  Bibl.  nat.,  ms.  latin 
n«  14175,  f»  2  V. 

5.  Jean  l'Anglois  se  distingue  du  plus  grand  nombre  des  diciatores,  en  ce 
qu^il  assigne  à  ce  pfoparoxyton  une  longueur  de  trois  syllabes.  D'autres,  parmi 
lesquels  Guido  Faba  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n**  15167,  f*  20  y*>),  ne  se  prononcent 
point  sur  la  question. 

6.  V.  Candelabrum  (M.  Thurot,  op.  cit.,  p.  483),  le  ms.  latin  16246  I,  f»  92, 
et  la  Rhétorique  de  Jean  de  Sicile  :  c  Si  dictionis  penultime  sillaba  penultima 
producalur,...  sequi  potest  dictio  quadrissillaba,  cujus  penultima  sit  correpta, 
ut  :  Jusii  regnum  in  felicitate  percipient,  »  (Ms.  latin  n'  16617,  f»  211  r*.  Cf. 
ms.  latin  n*  14174,  f»  6  r-.) 

7.  Cod,  :  tretassillabam. 

8.  Summa  dictaminis  de  Laurent  de  Rome  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n**  16253, 
£•  1  r.  Cf.  M.  Thurot,  op,  cit.,  p.  482). 

9.  Quellen  und  Erœterungen,  t.  IX,  1"  partie,  p.  371.  Ces  vers  sont  incom- 
plètement reproduits  par  l'imitateur  de  Ludolfe  du  ms.  latin  n"  11385  (f«  7  r«). 

^3 


494 

Dum  trissillabica  mediam  producere  débet, 

ut  honestas^ 
In  précèdent]  longam  penultima  prebet, 

ut  comitetur. 
Si  tetrasillabice  penultima  longa  probatur, 

ut  intueriy 
In  precedenti  penultima  corripiatur, 

ut  circumstancias. 
Si  tetrasillabice  penultima  corripiatur, 

uipalpaverit^ 
In  precedenti  penultima  longa  probatur, 

ut  moderacione. 

On  peut  aussi  consulter  le  tableau  suivant  : 

i...  gaûdïà pervënirë, 
. . .  dgërê  nimis  dure, 
...  ^mficiant  ad  volatum, 
...  TQspândëât  prô  më  vôbïs. 
n  ,  .  {,,.  conMéntër  aûdébo, 

CORSUS  PLANDS     'v    w^J   7 

^  \'*'  prudent er  et  cautë, 

^  ,  ,(...  operârï  jûstitJâm. 

^  ^...  dirigén/ttr  m  éxitus. 

Quant  à  remploi  de  ces  terminaisons,  plusieurs  systèmes  sont 
en  présence.  Un  dictât  or  *  propose  de  réserver  le  cursus  veloœ 
pour  la  fin  des  phrases,  et  d'employer  alternativement,  à  la  fin 
des  membres  de  phrase,  les  cursus  planus  et  tardus^,  comme 
en  poésie  l'on  croise  les  rimes  masculines  et  féminines  3.  Un 
autre  *  approuve  cet  emploi  du  cursus  velox,  mais  recourt  inva- 
riablement au  cursus  t ardus  pour  la  fin  des  ntembres  de  phrase. 
Un  troisième  5  termine  par  le  cursus  tardus  les  moindres  por- 
tions de  phrase,  celles,  par  exemple,  que  nous  hésiterions  aujour- 


1.  Bibl.  nat.,  ms.  laUn  n*  11384. 

2.  Même  recommandation  dans  le  Candelabrum  (M.  Tharol,  op.  cit^  p.  483) 
et  dans  le  traité  de  Baoncompagno  (c  Secunda  varietas  artificiose  ordinationis.  » 
Bibl.  nat.,  ras.  n*  8654,  f»  2  r). 

3.  Appliqué  à  la  fin  d'un  Ters,  le  cursits  planus  donnerait  une  rime  féminine, 
le  cursus  tardris  une  rime  masculine. 

4.  L'auteur  du  Candelabrum  exposant  les  règles  du  style  français. 

5.  Bibl.  nat.,  ms.  laUn  n«  11414,  f*  26  v. 


495 

d'hui  à  faire  suivre  d'une  virgule  ;  à  la  fin  des  propositions,  il 
emploie  le  cursus  plamts^  et  le  cursus  velox  pour  terminer 
toute  la  phrase.  Enfin,  suivant  une  Somme  anonyme  S  la  fin 
du  membre  de  phrase  admet  indifiSâremment  l'un  des  trois  cur- 
sus, mais  la  phrase  elle-même  ne  peut  finir  que  par  une  termi- 
naison grégorienne.  On  remarquera  que,  dans  ces  divers  sys- 
tèmes, le  cursibs  veloœ  tient  presque  toujours  la  place  la  plus 
honorable  ;  croyons-en  l'auteur  d'un  Dictamen  anonyme,  qui 
soumet  lui-même  sa  prose  aux  lois  dont  il  vante  l'efficacité  : 
«  Cursus  tamen  velox  majorem  ornatum  efficit  et  ideo  a  dictato- 
ribus  Q^mmûnitïr  àccëptâtûr^.  > 

Nous  aurons  achevé  d'exposer  les  règles  concernant  la  fin  des 
phrases,  si  nous  ajoutons  que  plusieurs  maîtres  préfèrent  multi- 
plier les  spondées  à  la  fin  de  la  dernière  phrase,  sans  doute  pour 
terminer  l'épître  avec  une  majestueuse  lenteur  :  un  paroxyton 
de  sept  ou  huit  syllabes  leur  semble  digne  d'occuper  cette  place  : 

Quod  dico  cum  prima  clausula,  dico  cum  reliquîs,  excepta  ultima, 
quam  semper  necesse  est  terminare  in  spondeos,  ut  si  dicam  ad 
minus  in  duos.  Superius  equidem  apparent  exempla,  quod  plerum- 
que  finitur  extrema  clausula  in  très  spondeos,  ut  si  dicam  :  Qiiod 
scolares  dissentiunt^  nos  oportet  intendere  eorum  compositions  Ple- 
rumque  Snitur  in  IV  spondeos,  ut  :  Qui  presumitis  facere  contra 
ecclesiam,  innodamus  vos  vinculo  excommunicationis  ^. 

Nulle  part  d'ailleurs  on  n'observe,  mieux  que  dans  les  Dicta- 
mina,  le  principe,  aussi  ancien  que  la  rhétorique^,  suivant  lequel 
la  fin  des  phrases  est  plus  particulièrement  soumise  aux  lois  de 
l'harmonie.  Les  règles  que  nous  avons  exposées  en  dernier  lieu 

1.  Seconde  Summa  dictaminis  du  ms.  latin  n*  1093  (ff.  81  1^-82  y*)*  Cf.  un 
remaniement  du  même  traité.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  15952,  f*  91  r"). 

2.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  16246  I.  Cf.  l'imitateur  de  Ludolfe  :  c  Hi  très  modi 
satis  sunt  commendati  ;  secundus  tamen  laudabilior  super  omnes,  scilicet  circums- 
tancias  intueri,  »  (Ms.  latin  n*  11385,  f»  7  r*.) 

3.  Summa  magistri  Guidonis.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  8653,  i**  24  r*.)  Y.  aussi 
Ponce  le  Proyençal.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  18595,  f*  11  r)  et  le  Candelabrum. 
(Passage  cité  par  M.  Tburot,  /.  c,  p.  485.) 

.  4.  Cf.  Quintilien,  Inst,  Orat,  lib.  IX,  §  4  :  «  Magis  tamen  et  desideratur 
(numerus)  in  clausuUs  et  apparet  ;  primum  quia  sensus  omnis  habet  suum  finem, 
quo  a  sequentis  initio  dividatnr;  deiude  quod  aures,  continuam  Yocem  secutae 
ductaeque,  yelut  prono  decurrentes  orationis  flumine,  tum  magis  judicant,  cum 
ille  impetus  stetit  et  intuendi  lempus  dédit.  » 


496 

prenaient  une  telle  importance,  que  souvent  elles  constituaient  à 
elles  seules  toute  la  théorie  du  cursus  :  «  maxime  quod  sint  plu- 
res,  qui  artiâciosam  ordinationem  in  finibus  tantummodo  clausu- 
larum  observant  *.  »  On  y  voyait,  non  sans  raison,  le  moyen  de 
charmer  Toreille,  plus  sensible  à  Tharmonie  au  moment  où  la 
voix  s'arrête,  et  l'on  se  flattait  d'obtenir,  par  le  retour  fréquent 
d'une  cadence  connue,  un  effet  rythmique  comparable  à  celui  de 
l'assonance  ou  de  la  rime. 

§6. 

Si  répandues  qu'aient  été  les  règles  du  rythme  épistolaire,  et 
si  nombreuse  la  foule  de  ceux  qui  les  acceptaient  sans  mot  dire, 
elles  ne  laissèrent  pas  de  soulever,  dans  le  camp  des  dictatures^ 
une  objection,  que  l'on  pourrait  faire  au  même  titre  à  toute  tenta- 
tive de  versification.  La  recherche  de  l'harmonie,  disait-on,  est 
incompatible  avec  la  concision  et  la  clarté.  Qu'elle  rendît  en  eflfet 
beaucoup  plus  rude  la  tâche  du  rédacteur  d'épître,  cela  est  trop 
évident  ;  mais  s'il  plaisait  aux  notaires  de  s'astreindre  à  des  lois 
plus  sévères  que  celles  de  la  prose  courante,  s'ils  rêvaient  de 
donner  à  des  actes  solennels  une  forme  plus  élégante  et  si,  en  fait, 
ils  triomphaient  de  cette  difficulté,  on  ne  peut,  par  haine  fie  l'har- 
monie, condamner  leurs  légitimes  efforts  :  c'est  du  résultat  qu'il 
faut  juger,  non  du  principe. 

Buoncompagno  avait  peut-être  constaté  parmi  ses  contempo- 
rains l'insuccès  de  semblables  tentatives,  quand  il  revendiquait, 
en  termes  d'ailleurs  fort  sensés,  les  droits  de  la  raison  : 

Gomunem  dicionum  ordinationem  antiquiphy[lo]sophi  observabant 
quia  de  intellectu  materiali  et  pondère  scentenciarum  curabant, 
amplius  quam  de  ornatu  verborum  ;  quare  ordinabant  singulas  dic- 
tiones,  prout  eis  casualiter  occurrebant.  Dare  igitur  sub  una  forma 
certas  et  necessarias  régulas  in  prosa  de  datilis  et  spondeis,  prlnci- 
piis  et  flnibus  clausularum,  née  esset  doctrina  salutifera,  sed  perpé- 
tua confusiodictatorum.  Profecto,  dum  longitudini,  brevitati,  casibus, 
figuris  et  exornationibus  picturatis  deservit  orator,  quod  brevi  pote- 
rat  declarare  sermone,  per  diverticula  oberrando,  confundit...  Nimi- 


1.  Buoncompagno.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  8654,  f*  2  r>.] 


497 

mm  qui  cursum  observât  et  de  intellectu  non  curât,  excolat  culicem 
et  camelum  déglutit,  aut  veniale  respuit,  et  criminale  committit^ 

Toutefois  n*est-il  pas  étrange  d'entendre  invoquer  les  anciens 
comme  adversaires  du  rythme?  Oubliait-on  VOrator  de  Cicéron, 
pour  ne  parler  que  des  latins?  et  trouvait-on  que  Probus,  Quin- 
tilien,  Terentianus,  Victorinus,  Donat,  Charisius,  Diomède  et 
tant  d'autres  n'eussent  point  suffisamment  insisté  sur  les  lois  du 
nombre  oratoire?  La  vérité  est  qu'on  perdait  le  souvenir  de  règles 
tombées  en  désuétude,  dont  on  ne  tenait  plus  aucun  compte. 

Ouvrez,  au  chapitre  de  la  «  composition  »,  une  grammaire 
antique  :  vous  y  trouverez  étudiée  avec  soin  la  quantité  de  cha- 
cune des  syllabes  qui  terminent  la  période  oratoire  ;  mais  peu 
importe  la  longueur  des  mots.  Que  l'orateur  obtienne,  d'une 
manière  quelconque,  l'amphibraque  ou  le  double-trochée  final  :  il 
s'estimera  content.  La  diversité  des  pieds  dont  les  rhéteurs  anciens 
recommandaient  l'usage  rend  même  assez  difficile  l'intelligence 
de  leur  texte  pour  qui  n'est  pas  versé  dans  le  langage  de  la  pro- 
sodie, et  il  est  douteux  que  les  dictatures  s'en  soient  toujours 
fait  une  idée  bien  nette  :  possédaient-ils  à  fond  cette  leœ  metrica, 
sans  laquelle  les  règles  de  Cicéron  étaient,  suivant  l'un  d'eux*, 
lettres  closes  ? 

Entre  le  nombre  des  anciens  et  le  cursus  du  moyen  âge,  il  y 
a  la  même  diflérence  qu'entre  la  versification  d'Horace  et  celle 
des  chants  liturgiques  :  l'un  repose  sur  la  quantité,  l'autre  est 
fondé  sur  l'accent.  Cette  dissemblance  persiste  dans  tous  les 
traités  du  xnf,  du  xrv*et  du  xv®  siècle,  jusqu'au  moment  où  une 
sorte  de  renaissance,  favorable  aux  idées  antiques,  fit  refleurir 
les  théories  de  Cicéron  et  de  Quintilien.  Encore  faut-il  se  garder 
de  confondre  avec  des  manuels  de  dictatures  les  Rhétoriques, 
où  se  trouvent  énoncées  les  règles  de  nombre  fondées  sur  la 
quantité  ^  :  cette  innovation  n'eut  et  ne  pouvait  avoir  aucune 
influence  sur  l'enseignement  pratique  du  style  épistolaire. 


1.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n*  8654,  f*  2  r*. 

Remarquez  que  Buoncompagno  lui-même  observe  les  règles  de  la  fin  des 
phrases  ;  il  emploie  constamment  les  terminaisons  grégoriennes. 

2.  Candelabrum  :  c  Tullius  per  singulorum  pedum  artificium  tradit  hanc 
doctrinam.  Unde  sine  lege  metrica  slilum  ejus  non  potest  aliquis  observare.  » 
(M.  Thurot,  op.  cit.,  p.  483.) 

3.  Rhétorique  de  M*  Pierre  de  la  Hazardière,  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  7762, 


498 

Si  Ton  ne  peut  faire  remonter  jusqu'aux  grammaires  antiques 
l'origine  du  cursics,  il  serait  assez  naturel  d'en  attribuer  l'inven- 
tion à  celui  qui  en  enseigna,  le  premier^  les  principes  et  donna 
son  nom  au  style  grégorien.  Albert  de  Morra  créa-t-il  la  théorie 
du  rythme  tout  d'une  pièce,  et  ne  s'appuya-t-il  point  sur  des  tra- 
ditions antérieures  ?  c'est  ce  que  nous  examinerons  plus  à  loisir 
dans  notre  prochain  chapitre. 

Noël  Valois. 

(A  suivre.) 

XV*  siècle,  ff.  19  r'-21  r*.  —  Rhétorique  anonyme,  ms.  latin  n"  16233,  xv*  siècle, 
f^  128  r.  —  Rhétorique  de  Fichet,  et  autre  rhétorique  anonyme;  ms.  latin 
n*  7762  A,  xv  s.,  f«  77  V  et  sq. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque  municipale  de  Caen^ 
précédé  d'une  notice  historique  sur  la  formation  de  la  bibliothèque, 
par  Gaston  Lavallei,  bibliothécaire  adjoint.  Gaen,  Le  Bianc- 
Hardel,  4880.  In-8%  lxix-274  p.  (Tiré  à  450  exemplaires.) 

Le  catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque  municipale  de  Caen, 
que  vient  de  publier  M.  Lavalley,  est  précédé  d'une  intéressante  notice 
sur  cette  bibliothèque,  dont  l'histoire  commence  avec  celle  de  l'ancienne 
université  de  Caen  en  1431.  D'après  un  inventaire  dressé  en  1515,  la 
bibliothèque  de  l'université  se  composait  déjà  de  278  volumes;  un 
siècle  après,  en  1622,  elle  était  ouverte  au  public;  en  1732,  elle  ne  pos- 
sédait encore  que  657  volumes,  quand,  à  la  fin  de  cette  même  année, 
Guillaume  Le  Sueur  de  GoUeville,  arrière-petit-fils  de  l'orientaliste 
Samuel  Bochart,  fit  présent  à  l'université  de  2662  volumes,  qui  prove- 
naient de  la  bibliothèque  de  son  illustre  parent;  enfin,  en  1786,  à  la 
veille  de  la  révolution,  le  chiffre  des  volumes  de  la  bibliothèque  de 
Caen  s'élevait  à  13,000. 

Quant  au  catalogue  des  manuscrits  lui-même,  il  se  divise  en  deux 
parties  :  I.  Manuscrits  relatifs  à  la  Normandie  {n®»  1-343).  II.  Manus- 
crits étrangers  à  la  Normandie  (n©»  344-522).  Parmi  les  premiers,  je 
citerai  le  Recueil  des  chansons  nouvelles  du  Vau  de  Vire  (u?  289),  de  Jean 
Le  Houx,  longtemps  attribué  à  Olivier  Basselin,  et  des  manuscrits 
autographes  ou  copies  de  Samuel  Bochart  (n®»  231-237),  d'Antoine 
Halley  (n»»  228-230),  de  l'évêque  d'Avranches,  Huet  (n°«  238-250),  de 
l'abbé  de  la  Rue  (n»*  101-120),  etc.  L'importante  collection  des  papiers 
du  général  Decaen  (n'  281)  a  été  également  l'objet  d'une  description 
détaillée.  La  série  des  manuscrits  étrangers  à  la  Normandie  est  peu 
nombreuse  et  ne  contient  pas  de  manuscrits  remarquables  par  leur 
ancienneté  ou  qui  méritent  une  mention  particulière.  Je  noterai  seule- 
ment qu'on  y  trouve  quelques  manuscrits  grecs  et  arabes  provenant  de 
la  bibliothèque  de  Samuel  Bochart  et  plusieurs  manuscrits  en  langue 
tamoule. 

Dans  son  catalogue,  M.  Lavalley  a  adopté  l'ordre  méthodique  ;  sans 


200 

approuver  ce  mode  de  classement  pour  une  bibliothèque  de  manuscrits, 
il  faut  reconnaître  que  dans  le  cas  présent  il  n'offrait  pas  les  inconvé- 
nients qu^il  aurait  eus  si  on  Pavait  adopté  pour  une  bibliothèque  plus 
considérable  que  celle  de  Gaen.  La  même  observation  peut  s'appliquer 
aux  notices  historiques  sur  les  auteurs  de  manuscrits,  que  M.  Lavalley 
a  insérées  dans  son  catalogue,  et  aux  renseignements  bibliographiques 
qui  accompagnent  les  titres  d'un  certain  nombre  de  manuscrits  et  sont 
quelquefois  un  peu  abondants.  A  côté  de  cela  il  eût  été  bon  de  ne 
jamais  omettre  d'indiquer,  au  moins  pour  les  manuscrits  appartenant 
au  moyen  âge,  les  incipit  et  desinit  des  différents  opuscules  qu'ils  con- 
tenaient, et  M.  Lavalley  aurait  dû  toujours  reproduire  intégralement  le 
texte  des  souscriptions  et  autres  notes  bibliographiques  qui  se  trouvent 
dans  plusieurs  des  manuscrits  qu'il  a  décrits.  Le  catalogue  des  manus- 
crits de  Gaen  se  termine  par  deux  tables  alphabétiques  des  auteurs  et 
des  anonymes,  et  un  tableau  de  concordance  des  cotes  anciennes  et  nou- 
velles des  manuscrits.  Peut-être  ei\t-il  fallu  y  ajouter  deux  tableaux  des 
manuscrits  par  provenances  et  par  ordre  de  dates.  A  part  ces  quelques 
critiques  de  détail,  je  suis  heureux  d'avoir  à  signaler  le  livre  de 
M.  Lavalley,  et  il  serait  à  souhaiter  que  nous  eussions  pour  toutes  les 
bibliothèques  des  départements  un  catalogue  aussi  détaillé  et  aussi 
consciencieusement  fait  que  l'est  celui  de  la  bibliothèque  municipale  de 
Gaen. 

H.  Omont. 


La  Renaissance  en  France,  par  Léon  Palustre.  4«  livraison,  Seine- 
el-Marne,  Paris,  Quantin.  In-fol. 

Quatre  grandes  planches  représentant  la  façade  de  l'église  d'Othis, 
l'ensemble  de  la  maison  dite  de  François  le»-  à  Paris,  la  porte  du  châ- 
teau de  Nantouillet ,  l'ancien  pavillon  du  château  de  Monceaux,  et  dix 
eaux-fortes  intercalées  dans  le  texte,  donnant  les  détails  les  plus  inté- 
ressants de  la  maison  de  François  I«'  (2  pi.),  du  château  de  Nantouillet 
(4  pi.),  le  cloître  de  Saint-Sauveur  à  Melun,  la  façade  et  les  contreforts 
de  l'église  de  Brie-Gomte-Robert,  enfin  une  vue  des  ruines  de  Monceaux, 
constituent  l'illustration  de  cette  livraison.  La  finesse  des  gravures 
signées  Sadoux  et  Lancelol  prouve  que  la  pointe  des  graveurs  devient 
chaque  jour  plus  habile  et  plus  exercée. 

Nous  l'avons  dit.  et  nous  ne  le  répéterons  plus,  l'ouvrage  dont 
M.  Palustre  a  entrepris  la  publication  restera  parmi  les  plus  beaux 
livres  de  notre  époque,  si  féconde  cependant  en  éditions  de  luxe. 

Au  surplus,  le  texte  ici  n'est  pas  inférieur,  comme  cela  arrive  trop 
souvent,  à  l'illustration.  L'auteur  est  un  archéologue  qui  a  fait  depuis 
longtemps  ses  preuves,  qui  a  étudié  à  fond  son  sujet  avant  de  se  lancer 


204 

dans  cette  entreprise,  qui  connaît  tous  les  travaux  consacrés  à  la  Renais- 
sance française  et  qui  joint  enfin  à  Tétude  critique  des  textes  un 
examen  sévère  et  judicieux  des  monuments.  Ce  n'est  pas  un  mince 
mérite,  par  le  temps  qui  court,  de  savoir  résister  à  Pentraînement  géné- 
ral, de  réagir  contre  un  engouement  aveugle  pour  tout  ce  qui  porte  la 
marque  ou  les  apparences  du  style  italien  du  xv*  siècle,  pour  oser  dire 
enfin  que,  sans  Tinvasion  des  sculpteurs  ou  architectes  de  la  péninsule, 
la  France  se  serait  parfaitement  tirée  d'affaire  toute  seule,  et  aurait 
opéré  avec  ses  propres  ressources,  dans  de  bien  meilleures  conditions, 
son  évolution  architecturale.  M.  Palustre  ne  se  contente  pas  de  le  dire, 
il  le  prouve;  grâce  aux  investigations  récentes  dans  les  archives  locales, 
nous  savons  maintenant  que  la  plupart  de  ces  admirables  châteaux  qui 
couvraient  le  sol  de  Tancienne  France,  et  qui  n'ont  rien  à  envier  aux 
palais  trop  vantés  de  Fltalie,  sont  Tceuvre  de  modestes  grands  hommes 
qui,  tout  en  se  contentant  du  titre  de  maçons,  avaient  souvent  bien  plus 
de  science  réelle  et  de  véritable  goût  que  ces  décorateurs  orgueilleux  et 
vantards  d'au  delà  des  monts. 

Quand  donc  se  décidera-t-on  à  reconnaître  que  notre  pays  a  été  aussi 
fertile  en  grands  artistes  que  n'importe  quel  autre?  Et,  puisque  la  mode 
est  à  la  création  de  chaires  et  d'écoles,  quand  donc  l'Ëtat,  si  prodigue 
aujourd'hui  pour  tous  ceux  qui  s'attachent  à  l'art  grec,  romain  ou 
oriental,  élèvera-t-il  une  chaire,  une  seule  chaire,  à  la  gloire  de  l'art 
français?  Quand  aurons-nous,  à  Paris  ou  ailleurs,  peu  importe,  une 
école  d'archéologie  française?  Il  y  aurait,  ce  nous  semble,  un  champ  bien 
vaste  à  explorer.  Attendra-t-on  pour  prendre  des  mesures  et  s'occuper 
de  la  question  que  ies  derniers  vestiges  de  Part  national  aient  disparu  ? 
Chaque  jour  voit  périr  quelque  monument  précieux,  et  cette  fois  ce 
n'est  plus  l'effervescence  des  passions  politiques  qu'on  peut  accuser  de 
ces  actes  de  vandalisme,  mais  le  sot  caprice  d'un  possesseur  temporaire 
ou  Tavidité  d'un  marchand.  Voyez  plutôt  la  déplorable  aventure  du 
château  de  Montai.  C'était  un  trop  gros  et  trop  précieux  morceau  pour 
un  seul  amateur  ;  on  l'a  dépecé  avec  soin  et  ses  lambeaux  épars  vont 
faire  la  gloire  de  dix  collections.  Il  n'est  que  temps  d'organiser  la 
croisade  contre  les  barbares  et  de  défendre  contre  la  rapacité  des  van- 
dales modernes  ce  qui  constitue  le  patrimoine  commun  de  notre  pays. 

M.  Palustre  aura,  pour  sa  part,  rendu  un  grand  service  en  faisant  con- 
naître par  la  plume,  en  même  temps  que  par  la  gravure,  d'intéressants 
édifices,  quelquefois  de  véritables  chefs-d'œuvre  perdus  dans  de  petits 
villages  isolés  et  rarement  visités.  C'est  encore  un  des  meilleurs  moyens 
de  défendre  les  monuments  précieux  que  de  les  faire  admirer  et  d'en 
inspirer  par  là  le  respect.  L'énumération  des  planches  indique  suffisam- 
ment les  monuments  passés  en  revue  dans  cette  quatrième  livraison. 
La  maison  de  François  I^^  aujourd'hui  reconstruite  à  Paris,  sur  le 
Gours-la-Reine,  a  été  enlevée  pierre  par  pierre,  comme  on  le  sait,  de  la 


202 

ville  de  Moret;  elle  appartenait  donc  par  son  origine  au  département 
de  Seine-et-Marne,  un  des  plus  riches  de  France  autrefois  en  monu- 
ments de  la  Renaissance,  puisqu'il  possède  les  restes  encore  magnifiques 
du  château  de  Nantouillet,  les  ruines  de  Monceaux,  et  avant  tout  le 
château  de  Fontainebleau.  Un  monument  de  Timportance  de  Fontaine- 
bleau, qui  résume  en  lui  seul  Thistoire  de  la  Renaissance  française, 
mérite  une  étude  attentive.  Aussi  M.  Palustre  ne  pouvait-il  faire  autre- 
ment que  de  lui  consacrer  une  livraison  spéciale  et  de  diviser  ainsi  le 
département  de  Seine-et-Marne  en  deux  parties.  La  prochaine  livraison 
sera  donc  occupée  tout  entière  par  le  château  de  Fontainebleau  ;  ce  ne 
sera  pas  la  moins  intéressante,  comme  bien  on  pense,  de  la  collection. 

J.-J.  GUIPPRBY. 


Saint  Martin^  par  A.  Lecot  de  la  Marche,  archiviste  paléographe, 
professeur  d'histoire  à  Tinstitut  catholique  de  Paris.  Tours,  Mame, 
4884.  Grand  in-8o,  xv-735  p. 

En  écrivant  la  vie  de  saint  Martin,  M.,  Lecoy  de  la  Marche  a  eu  un 
double  but  :  remettre  en  honneur  l'hagiographie  en  montrant  qu'elle 
peut  être  traitée  suivant  la  même  méthode  historique  que  la  vie  des 
conquérants  et  des  hommes  d'État,  et,  en  second  lieu,  faire  voir  le  rôle 
historique  des  saints  et  leur  influence  au  point  de  vue  social.  Nul . 
exemple  n'était  meilleur,  pour  cette  double  démonstration,  que  celui  de 
saint  Martin,  un  des  plus  grands  hommes  du  iv*  siècle,  à  quelque  point 
de  vue  que  l'on  se  place,  et  celui  dont  la  vie  peut  le  mieux  être  examinée, 
avec  la  sévérité  de  la  critique,  sans  rien  perdre  de  sa  grandeur.  C'est 
pourquoi  notre  confrère  nous  paraît  avoir  réussi  dans  son  entreprise. 

Inspiré  par  la  pensée  que  nous  venons  de  faire  connaître,  M.  Lecoy 
de  la  Marche  a  étudié  saint  Martin  dans  sa  vie  religieuse  et  dans  son 
action  sur  la  société,  ce  qui  lui  a  fourni  les  deux  grandes  divisions  de 
son  ouvrage.  Dans  une  première  partie,  consacrée  à  la  vie  terrestre  du 
saint  (et  ici  on  nous  permettra  de  reproduire  presque  textuellement  le 
plan  de  notre  confrère),  il  envisage  d'abord  l'état  de  la  société  gallo- 
romaine  au  moment  de  l'arrivée  du  Pannonien  Martin  dans  notre  pays, 
puis  il  montre  en  lui  le  soldat,  le  moine,  l'évêque,  l'apôtre,  en  suivant 
à  peu  près  l'ordre  chronologique,  «  car  il  a  rempli  ces  divers  rôles  suc- 
cessivement, ou  du  moins  chacun  de  ces  caractères  a  dominé  tour  à 
tour  dans  son  existence.  »  La  seconde  partie  renferme  l'histoire  du 
culte  de  saint  Martin,  c'est-à-dire,  suivant  le  mot  de  l'auteur,  t  sa  vie 
posthume  ».  Cette  matière,  pour  être  traitée  convenablement  et  sans 
répétitions,  exige  l'ordre  méthodique.  Après  avoir  suivi  les  destinées  du 
corps,  des  reliques  et  du  tombeau  de  l'illustre  thaumaturge,  l'auteur 
nous  fait  faire  «  un  véritable  tour  du  monde  martinien  »  pour  visiter,  en 


203 

France  d'abord,  puis  dans  les  autres  pays  d'Europe,  en  Asie,  en  Afrique 
et  jusqu'en  Amérique,  les  plus  célèbres  sanctuaires  consacrés  au  saint, 
puis  il  termine  en  étudiant  les  oeuvres  littéraires  dont  saint  Martin  a 
fourni  le  sujet  depuis  le  moment  de  sa  mort  jusqu'à  nos  jours,  tandis 
que  les  monuments  figurés  que  Part  lui  a  dédiés  feront  le  principal 
objet  de  Pillustration  du  volume. 

Pour  composer  cet  ouvrage,  M.  Lecoy  de  la  Marche  a  eu  à  sa  dispo- 
sition des  sources  antiques  et  dignes  de  respect,  mais  qu'il  ne  s'est  pas 
astreint  cependant  à  accepter  sans  contrôle;  c'est  d'abord,  pour  la 
première  partie,  Sulpice  Sévère,  principalement  la  Vita  sancti  Martini^ 
récit  contemporain  de  la  plus  haute  importance,  et,  pour  la  seconde 
partie,  les  écrits  spéciaux  de  Grégoire  de  Tours,  le  De  gloria  confessorum 
et  le  De  virtutibus  sancti  Martini^  les  principales  chroniques  de  France 
ou  de  l'étranger,  les  recueils  de  miracles,  les  MartinadeSy  les  délibéra- 
tions du  chapitre  de  Saint-Martin  de  Tours,  enfin  les  chartes  et  docu- 
ments de  toute  nature  conservés  aux  Archives  nationales,  aux  archives 
d'Indre-et-Loire,  aux  bibliothèques  de  Paris,  de  Tours,  de  Bruxelles, 
etc.  Mais  l'auteur  ne  s'est  pas  contenté  de  ses  recherches  personnelles 
et  il  a  pensé,  avec  raison,  que,  pour  un  saint  aussi  universellement 
honoré,  il  y  avait  lieu  de  faire  appel  à  tous  les  savants  de  France  et  de 
l'étranger  qui  étaient  en  mesure  de  fournir  quelques  renseignements  sur 
saint  Martin  et  son  culte,  et  il  leur  a  adressé  un  questionnaire,  auquel, 
nous  dit-il,  il  a  reçu  260  réponses,  dont  quelques-unes  fort  importantes. 

C'est  en  puisant  à  ces  sources  diverses,  et  en  mêlant  heureusement 
aux  données  de  l'histoire  écrite  celles  de  la  littérature  et  de  l'archéo- 
logie, en  corroborant  les  récits  des  historiens  par  le  témoignage  d'une 
charte  ou  celui  d'un  monument,  quelquefois  même  de  ses  seules  ruines, 
le  tout  suivant  les  règles  d'une  méthode  rigoureuse,  que  M.  licfioy  de  la 
Marche  a  composé  son  histoire  de  saint  Martin, 

Est-ce  à  dire  qu'il  faille  s'attendre  à  trouver  dans  cet  ouvrage  des 
découvertes  nouvelles  pour  l'histoire  du  saint  ?  Est-il  même  raisonnable 
de  les  demander?  Nous  ne  le  pensons  pas,  car  comme  le  dit  notre 
confrère  :  «  Après  Grégoire  de  Tours,  les  éléments  historiques  de  la  vie 
de  saint  Martin  ne  reçoivent  plus  aucun  accroissement  »  (p.  614).  Mais 
tout  ce  qu'une  saine  et  judicieuse  interprétation  des  textes  connus,  tout 
ce  qu'une  critique  ferme  et  ingénieuse  a  pu  fournir  par  les  rapproche- 
ments et  les  comparaisons  pour  rectifier  les  fausses  interprétations  et 
rétablir  la  vérité  de  certains  faits,  l'auteur  nous  parait  l'avoir  obtenu. 

C'est  ainsi  qu'il  a  fixé,  avec  toute  vraisemblance,  d'après  une  com- 
munication de  l'archiviste  de  Martinsberg  et  des  textes  fort  anciens,  le 
lieu  de  naissance  de  saint  Martin  à  Sabarie,  en  Hongrie,  sur  le  bord  de 
la  rivière  Pannosa,  à  un  mille  du  Mont-Sacré,  à  l'endroit  où  s'élève 
encore  aujourd'hui  le  monastère  de  Martinsberg. 

Les  obscurités  et  les  fables  qui  enveloppaient  depuis  le  moyen  âge  la 


204 

famille  du  saint  ont  été  dissipées  par  son  nouvel  historien  ;  ses  alliances 
avec  les  rois  et  les  princes  ont  été  écartées  et  la  chronologie  de  l'exis- 
tence de  saint  Martin  a  été  établie  d'une  façon  à  peu  prés  définitive 
dans  une  dissertation  spéciale  que  l'auteur  a  donnée  en  appendice. 
Désormais  on  devra  admettre  que  sa  naissance  eut  lieu  entre  le 
8  novembre  316  et  le  25  juillet  317,  son  baptême  au  printemps  de  339, 
à  l'âge  de  22  ans  (et  non  de  18),  sa  consécration  épiscopale  en  371,  sa 
mort  enfin  le  8  novembre  397  et  son  ensevelissement  le  11  du  même  mois. 
Notre  confrère  a  montré  que  c'est  à  Amiens  même  que  saint  Martin 
reçut  le  baptême,  et  près  de  la  ville  de  Worms  que,  deux  ans  après,  il 
renonça  à  la  carrière  militaire  en  refusant  le  donativum  de  l'empereur 
et  demanda  son  congé  pour  embrasser  la  vie  monastique.  L'auteur  n'a 
pas  de  peine  à  établir,  contre  l'opinion  de  Gervaise,  chanoine  de  Saint- 
Martin  de  Tours,  qui  écrivait  au  xvii«  siècle,  que  saint  Martin  a  été 
moine  et  qu'il  a  conservé  les  habitudes  monastiques,  même  lorsqu'il  fut 
devenu  évêquc.  Sa  cellule  était  située  entre  l'église  épiscopale  et  la 
muraille  romaine  de  Tours,  et  n'avoisinait  pas  la  basilique  de  Saint- 
Martin,  comme  l'a  cru  le  regretté  Mabiile,  dont  la  méprise  sur  ce  point 
a  été  relevée  par  M.  A.  Longnon. 

Une  inscription  déjà  publiée  par  M.  Edm.  Le  Blant  a  fourni  à 
M.  Lecoy  de  la  Marche  une  nouvelle  preuve  du  passage  de  saint  Martin 
à  Vienne  et  des  conversions  qu'il  y  opéra.  On  savait  déjà  qu'il  avait 
attiré  à  la  vie  religieuse  un  illustre  sénateur  de  cette  cité,  Pontius 
Meropius  Paulinus,  qui  devint  depuis  saint  Paulin  de  Noie.  Il  faudra 
désormais  placer  à  côté  de  l'ancien  consul  une  humble  femme,  Fœdula, 
qui  avait  été  baptisée  par  saint  Martin  lors  de  son  passage  à  Vienne 
vers  388g  et  qui,  étant  morte  quelques  années  après,  a  été  enterrée  dans 
l'église  des  saints  Gervais  et  Protais,  à  la  fondation  de  laquelle  le  saint 
avait  concouru. 

Parmi  les  pèlerinages  au  tombeau  de  saint  Martin,  notre  confrère  cite 
pour  la  première  fois,  d'après  une  lettre  de  saint  Nizier  à  Glodosinde, 
celui  du  roi  Glovis,  qui,  étant  pris  de  scrupule  au  moment  de  recevoir 
le  baptême,  voulut  aller  prier  d'abord  au  tombeau  de  l'apôtre  des  Gaules. 

Une  étude  attentive  des  textes  et  du  résultat  des  fouilles  opérées 
en  1860  sur  l'emplacement  de  la  basilique  de  Saint-Martin  a  permis  à 
M.  Lecoy  de  la  Marche  de  faire  une  rectification  archéologique  de  quelque 
importance.  Trompé  par  certains  détails  d'un  texte  qui  parle  du  tom- 
beau du  saint,  notre  savant  maître  M.  Quicherat,  auteur  d'une  admi- 
rable restitution  de  la  basilique  martinienne,  s'était  figuré  ce  tombeau 
comme  une  petite  chapelle,  dans  laquelle  on  pouvait  entrer  et  se  tenir 
debout.  Mais  l'habitude  où  l'on  a  été,  au  moins  jusqu'au  vu«  siècle,  de 
dire  la  messe  sur  ce  tombeau,  les  fragments  du  couvercle  que  l'on  a 
retrouvés  et  quelques  autres  indices  ont  servi  à  M.  Lecoy  de  la  Marche 
pour  établir  que  ce  monument  était  un  tombeau  creux  couvert  d'une 


205 

table  de  marbre  formant  autel,  ainsi  que  cela  s'est  pratiqué,  par 
exemple,  pour  le  corps  de  saint  Médard  à  Soissons,  et  comme  cela  se 
voit  encore  dans  l'église  Saint-Quénin  à  Yaison. 

Notre  confrère  a  démontré,  dans  le  môme  chapitre,  contrairement  à 
l'opinion  de  Mabille,  que  le  corps  de  saint  Martin  apporté  de  Gandes 
n'avait  pas  été  enseveli  dans  un  cimetière  en  dehors  de  la  cité,  près 
du  monastère  de  Saint-Médard,  mais  qu'il  a  toujours  reposé  dans  le 
môme  endroit  oii  se  sont  élevées  successivement  plusieurs  basiliques  et 
où  l'on  a  retrouvé  les  restes  de  son  tombeau. 

Si  de  Tarchéologie  nous  passons  à  l'histoire  littéraire,  nous  trouvons 
à  signaler  encore  quelques  points  intéressants.  Nous  voulons  parler 
d'abord  du  sermon  De  combitstione  ecclesw  B.  Martini^  que  la  Bibliotheca 
Cluniacensis  a  placé  le  quatrième  parmi  ceux  du  saint  abbé,  et  que 
VHistoire  littéraire  a  cru  devoir  rapporter  à  l'incendie  de  la  basilique 
en  903,  tandis  que  M.  Hauréau,  dans  ses  Singularités  historiques^ 
p.  172-173,  pense  qu'il  n'a  pu  être  prononcé  avant  929.  Notre  confrère 
s'appuyant  sur  plusieurs  passages  de  ce  discours,  dans  lesquels  il  est 
question  de  fortifications  qui  ne  peuvent  être  que  celles  de  Château- 
Neuf  élevées  après  l'incendie  de  903,  et  qui  n'en  ont  pas  empêché  un 
nouveau,  est  d'avis  que  ce  texte  vise  l'incendie  de  997  et  que  par  con- 
séquent le  sermon  a  été  faussement  attribué  à  saint  Odon  de  Gluny, 
mort  le  18  novembre  942.  Un  second  point  est  relatif  aux  monuments 
écrits  consacrés  au  moyen  âge  à  saint  Martin.  L'auteur  nous  fait  con- 
naître deux  poèmes  latins  inédits,  composés  au  xi«  siècle,  l'un  par 
Elfrid,  archevêque  d'York,  l'autre  par  un  anonyme,  dans  lesquels  on 
trouve  une  biographie  du  saint  écrite  en  vers  déjà  affranchis  de  la  pro- 
sodie antique,  et  affectant  une  allure  plus  libre  qui  favorise  l'essor  de  la 
pensée.  Enfin,  pour  terminer  avec  les  œuvres  littéraires,  nous  signale- 
rons, après  notre  confrère,  qui  en  a  donné  des  extraits  à  l'appendice, 
un  mystère  inédit  de  la  vie  de  saint  Martin,  écrit  en  1496  par  André  de 
la  Vigne,  natif  de  la  Rochelle.  Tels  sont  les  faits  ou  les  aperçus  nou- 
veaux les  plus  saillants  que  nous  avons  remarqués  dans  l'œuvre  de 
M.  Lecoy  de  la  Marche;  on  voit  qu'il  a  éclairé  plus  d'un  point  de  la  vie 
de  son  personnage  et  des  questions  qui  se  rattachent  à  son  culte. 

Mais,  pour  en  revenir  aux  généralités,  nous  devons  au  moins  signaler 
à  nos  lecteurs  les  tableaux  animés  et  quelquefois  éloquents  que  l'au- 
teur a  placés  dans  différents  chapitres  pour  peindre  le  siècle  de  saint 
Martin;  tels  sont  ceux  intitulés  :  la  mission  de  saint  Martin,  dans 
lequel  il  trace  l'état  des  populations  gallo-romaines  au  point  de  vue 
social  et  religieux  et  examine  Tinfluence  des  éléments  celtique  (encore 
si  mal  connu  et  souvent  exagéré),  romain  et  germanique,  qu'il  met  en 
regard  de  celle  du  christianisme  pour  la  formation  de  notre  nationalité  ; 
le  monachisme  avant  saint  Martin;  la  situation  des  campagnes  au 
ivû  siècle;  les  rapports  de  saint  Martin  avec  les  grands  et  sa  sage  con- 


206 

daite  dans  Taffaire  des  Priscillianistes  ;  enfin  le  très  curieux  chapitre 
qui  a  pour  titre  :  «  Influence  générale  de  saint  Martin  et  de  son  culte  », 
où  se  trouve  développé  son  rôle  social  comme  patron  de  la  France,  de 
diverses  associations  et  confréries. 

M.  Lecoy  de  la  Marche  n'est  pas  uniquement  un  historien  ;  il  est  aussi 
un  archéologue  et  il  Ta  fait  voir  en  décrivant  avec  précision  et  exacti- 
tude non  seulement  le  tomheau  et  ses  accessoires,  depuis  T humble  tombe 
de  pierre  dans  laquelle  fut  déposé  par  Tévêque  Perpétue  le  cercueil  de 
saint  Martin,  jusqu'au  monument  magnifique  élevé  au  grand  thauma- 
turge, grâce  aux  libéralités  de  Charles  YII,  et  détruit  par  le  prince  de 
Gondé,  non  seulement  les  basiliques  successives  qui  s'élevèrent  sur  ce 
tombeau,  mais  encore  les  principales  églises  de  France  et  de  l'étranger 
qui  furent  dédiées  à  saint  Martin.  Dans  cette  partie  de  son  travail,  l'au- 
teur n'a  eu  garde  d'oublier  la  restitution  de  la  basilique  du  v«  siècle 
opérée  par  M.  Quicherat,  comme  aussi  il  nous  a  fait  connaître  le  plan 
de  l'église  nouvelle  que  les  fidèles  de  saint  Martin  se  proposent  de  lui 
élever  un  jour  sur  les  fondations  mêmes  de  l'ancienne.  A  propos  des 
restaurations  diverses  de  la  basilique,  nous  signalerons  à  notre  confrère 
un  texte  qui  mentionne  un  don  considérable  envoyé  par  l'impératrice 
Adélaïde,  la  femme  et  la  mère  d'un  empereur  :  c  Ad  restaurandum 
igitur  beatissimi  confessoris  Ghristi  Martini  monasterium  [Ihironis], 
quod  non  multo  ante  (997)  fuerat  igné  combustum,  destinavit  trans- 
mittere  non  modicum  argentum  et  ad  honorem  altaris  partem  unici  filii 
sui  Ottonis  Augusti  clamidis.  »  Cette  citation  est  tirée  de  l'ouvrage 
d'Odilon,  abbé  de  Cluny,  intitulé  :  EpitaphiumAdalheids  (Pertz,  Monum. 
Germ.,  Script.  IV,  643).  N'est-il  pas  touchant  de  voir  cette  mère  déposer 
la  moitié  du  manteau  impérial  du  fils  qu'elle  avait  perdu  sur  le  tom- 
beau de  celui  qui  avait  donné  la  moitié  du  sien  à  un  pauvre  ! 

Il  est  encore  un  chapitre  qui  touche  à  l'archéologie,  c'est  celui  qui 
est  consacré  à  l'apostolat  de  saint  Martin.  Le  tracé  de  l'itinéraire  du 
saint  présentait  de  grandes  difficultés  dont  M.  Lecoy  de  la  Marche  s'est 
habilement  tiré  en  prenant  pour  bases  de  son  travail  les  documents 
écrite,  les  traditions  ou  légendes  et  enfin  les  églises  ou  monuments; 
mais  il  n'admet  pas  cependant,  comme  D.  Chamard  a  cru  pouvoir  le 
faire  pour  une  région  restreinte,  que  toutes  les  églises,  même  anciennes, 
dédiées  à  saint  Martin,  rappellent  son  passage.  Quant  aux  légendes,  l'au- 
teur s'est  montré  très  sobre  dans  leur  emploi  et  ne  les  a  guère  accueillies 
que  comme  des  indices  pouvant  mettre  sur  la  trace  de  certains  faits 
dont  il  se  trouve  des  preuves  ailleurs. 

En  résumé,  nous  devons  reconnaître  dans  ce  nouvel  ouvrage  de 
notre  confrère,  avec  ses  qualités  de  composition,  un  style  généralement 
pur,  d'une  clarté  toujours  égale,  et  ici  plus  spécialement  chaud  et 
coloré,  comme  il  convient  à  quiconque  écrit  suivant  ses  convictions 
intimes.  L'ouvrage  se  termine  par  une  liste  des  églises  paroissiales  de 


207 

France  dédiées  à  saint  Martin,  qui  montent  à  près  de  quatre  mille,  et 
une  série  fort  intéressante  d^  pièces  justificatives ,  parmi  lesquelles  on 
remarque  le  diplôme  de  saint  Etienne,  roi  de  Hongrie,  donné  en  faveur 
de  Tabbaye  de  Martinsberg,  en  1001,  et  dont  il  se  trouve  dans  le  volume 
(p.  58)  un  fac-similé,  malheureusement  trop  réduit  pour  qu'on  en  puisse 
faire  Tétude  paléographique  et  diplomatique. 

Il  ne  nous  appartient  pas  d'apprécier  dans  ce  recueil  la  partie  artis- 
tique de  l'ouvrage,  nous  dirions  volontiers  du  monument  que  la  maison 
Mame  a  voulu  élever  à  saint  Martin,  mais  nous  nous  reprocherions  de 
la  passer  sous  silence.  Elle  nous  parait  digne  du  sujet  et  de  ceux  qui 
Pont  commandée,  surtout  de  celui  qui  Ta  conçue  et  dirigée,  c  ce  savant 
plein  de  goût  et  cet  ami  plein  de  cœur  » ,  que  nous^  n'aurons  garde  de 
révéler  malgré  lui,  et  qui  n'a  jamais  mieux  réussi.  Il  a  d'ailleurs  bien 
voulu  écrire  sur  l'illustration  de  ce  volume  un  appendice  qui  est  une 
sorte  d'encyclopédie  artistique  de  saint  Martin  et  dans  lequel,  non 
content  de  donner  la  clef  de  l'illustration  réalisée,  il  nous  révèle  encore 
qu'il  tenait  en  réserve  une  longue  liste  de  monuments  figurés  et  de 
vues  que,  malheureusement  pour  les  lecteurs,  il  n'a  pu  utiliser. 

A.  Bruel. 


La  Mission  apostolique  de  saint  Julien  et  la  tradition  de  V Église  du 
Mans  avant  4645,  par  l'abbé  C.  Pottier.  Mamers,  Fleury  et  Dan- 
gin,  4880.  In-8°,  30  p.  (Extrait  de  la  Revue  historique  et  archéo^ 
logique  du  Maine^  t.  VII,  4880.) 

Le  mémoire  de  M.  l'abbé  Pottier  peut  être  résumé  brièvement.  L'au- 
teur, persuadé  que  l'Église  du  Mans  remonte  au  premier  siècle,  ne 
prétend  pas  formellement  établir  cette  thèse  :  il  s'attache  surtout  à 
démontrer  que  la  tradition  du  premier  siècle  est  bien  antérieure 
à  1645  (date  de  la  publication  du  bréviaire  d'Émeric-Marc  de  la  Ferté, 
évêque  du  Mans). 

Les  faits  invoqués  sont  les  suivants  : 

lo  Une  feuille  intercalée  très  anciennement  dans  un.  missel  du 
xi«  siècle  s'exprime  ainsi  à  propos  de  saint  Julien  :  inter  primos  fidei 
fundatores...  (p.  19).  t  On  aurait  tort  »,  d'ailleurs,  «  de  vouloir  trop 
tirer  parti  de  ces  lignes.  »  En  effet! 

2°  Des  textes  du  xm«  siècle  affirment  que  saint  Julien  a  été  envoyé 
par  saint  Clément  (p.  25). 

3»  Un  bréviaire  du  xiv«  siècle  contient  la  môme  affirmation  (p.  16, 
notes  2,  3). 

40  Beaucoup  de  bréviaires  et  de  documents  de  date  postérieure  le 
disent  aussi. 

Quant  aux  textes  réputés  les  plus  anciens,  par  exemple,  les  Gestes  des 


208 

évêques  du  Mans  et  la  Vie  de  saint  Julien,  c  ils  ne  seront,  écrit  M.  l'abbé 
Pottier,  ni  présentés,  ni  défendus  ici  »  (p.  7),  parce  qu'ils  «  peuvent 
prêter  à  des  controverses  sans  fin.  i  Cette  réserve  prudente  enlève 
beaucoup  d'intérêt  à  Fopuscule  de  M.  Tabbé  Pottier,  qui  n'invoque 
aucune  autorité  antérieure  au  xin«  s.  On  peut  dire  qu'il  ne  touche  pas 
à  la  question  de  l'apostoiicité  en  elle-même  ;  il  établit  seulement  l'exis- 
tence de  cette  opinion  historique  dans  le  Maine  depuis  le  xiii«  s.  ;  ce 
qui  est  fort  peu  de  chose  en  soi,  mais  veut  être  noté  et  dûment  cons- 
taté. 

Je  souhaite  que  M.  l'abbé  Pottier  et  ses  lecteurs  ne  se  fassent  aucune 
illusion  quant  à  l'importance  des  résultats  acquis  par  le  mémoire  que 
je  viens  de  résumer. 

M.  l'abbé  Pottier  publie  occasionnellement  (p.  26)  un  texte  précieux, 
Tacte  de  baptême  (et  de  naissance)  du  roi  de  France  Jean  le  Bon. 

Si  je  ne  me  trompe,  la  Société  historique  et  archéologique  du  Maine 
n'a  point  encore  été  présentée  à  nos  lecteurs.  L'opuscule  de  M.  l'abbé 
Pottier  m'offre  l'occasion  de  leur  signaler  cette  société  savante  qui, 
fondée  en  1876,  a  déjà  fait  paraître  de  bons  travaux,  parmi  lesquels  il  con- 
vient de  citer  :  les  Sires  de  Braitel  au  Maine,  du  11^  au  II II*  siècle,  par 
Samuel  Menjot  d'Elbenne,  Mamers,  1876;  les  Chroniques  de  la  paroisse 
et  du  collège  de  Courdemanche^  au  Maine^  par  M.  l'abbé  Robert  Charles, 
Mamers,  1876;  le  Maine,  l'Anjou  et  Bussy^' Amhoise  (1576-1579),  par 
Arthur  Bertrand;  le  Duc  d'Alençon  en  Flandre^  1581,  Bois-Dauphin, 
1581-1589,  Capitulation  du  Mans,  décembre  1589,  par  Arthur  Bertrand, 
etc.,  etc.  Ces  divers  articles  font  honneur  à  la  Société  :  ce  sont  des  tra- 
vaux sérieux,  nourris  de  faits  et  qu'on  lira  toujours  avec  profit. 

Paul  ViOLLET. 

Les  Anciennes  Communautés  d'arts  et  de  métiers  du  Havre.  Étude 
historique,  par  A.  Martin,  membre  de  la  société  havraise  d*études 
diverses.  Fécamp,  1880.  In-12,  236  p. 

Le  moment  est  favorable  pour  parler  du  nouvel  ouvrage  de  M.  A. 
Martin.  La  récente  publication  de  M.  Borély  sur  l'histoire  du  Havre  ^  ; 
les  démarches  si  pressantes  que  poursuit  actuellement  la  ville  pour 
devenir  le  chef-lieu  d'un  nouveau  département  3,  tout  ce  concours  de 

1.  M.  Fabbé  Charles  fait  un  excellent  usage  des  archives  anciennes  de  la 
mairie  et  de  la  fabrique  de  Gourdemanche.  Il  utilise  encore  les  archives  de  la 
fabrique  de  Bernay  dans  reicellente  petite  monographie  intitulée  :  Une  Excur- 
sion archéologique  dans  la  paroisse  de  Bernay.  Le  Mans,  impr.  Leguicheux- 
Gailienne. 

2.  Voy.  l'analyse  de  cet  ouvrage  dans  la  Revue  historique  de  mars-avril  1881. 

3.  Ces  prétentions  du  Havre,  qui  remontent,  d'après  un  récent  article  de 


209 

circonstances  donne,  en  effet,  une  réelle  actualité  à  Tapparition  du 
livre  que  nous  annonçons. 

Un  autre  attrait  s'attache  à  l'étude  de  M.  Martin,  c*est  de  montrer 
sur  le  vif,  dans  une  ville  fondée  au  xvi®  siècle,  le  fonctionnement  de 
corporations  créées  presque  tout  d'un  coup.  Il  est  curieux  de  comparer, 
avec  ceux  des  villes  voisines,  les  corps  et  communautés  de  la  nouvelle 
cité  François-de-Grâce.  Cette  comparaison  ne  peut  se  faire  malheureu- 
sement qu'à  l'époque  la  moins  intéressante  de  l'histoire  des  corporations, 
à  celle  où  l'on  voit  désormais  la  royauté  se  servir,  pour  opprimer  le 
travail,  des  institutions  qui  l'avaient  protégé  jusque-là.  Ce  n'est  pas 
aux  habitués  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  qu'il  convien- 
drait de  rappeler  toute  l'importance  de  la  transformation  que  subit,  au 
moment  de  la  Renaissance,  le  régime  des  corporations.  Mais  M.  Martin 
devait,  croyons-nous,  à  ses  lecteurs  quelques  détails  sur  ce  grave  épi- 
sode de  l'histoire  industrielle  de  la  France. 

Elle  est,  en  effet,  bien  sommaire,  cette  première  partie,  dans  laquelle 
l'auteur  examine  successivement  tout  ce  qui  touche  aux  corporations 
du  Havre  en  général.  Statuts,  apprentissage,  maîtrise,  compagnonnage, 
gardes,  juridiction,  confréries,  rien  n'est  omis  d'essentiel,  mais  rien 
n'est  traité  que  d'une  façon  superficielle  ;  et  M.  Martin  ne  s'arrête  qu'un 
instant  à  la  réforme  de  Turgot  et  aux  mesures  plus  radicales  de  la  révo- 
lution. Il  signale  pourtant,  nous  relevons  ce  trait  parce  qu'il  porte  sur  une 
institution  peu  connue,  le  développement  qu'avaient  pris  au  siècle  der- 
nier les  manufactures  royales.  C'était  un  moyen  ingénieux  de  rendre  à 
l'industrie  sa  liberté  que  de  la  placer  sous  la  seule  protection  royale, 
car  on  l'affranchissait  ainsi,  à  peu  près,  de  tous  statuts,  de  tous  règle- 
ments généraux  ou  locaux. 

La  seconde  partie  du  livre  de  M.  Martin  nous  fait  passer  en  revue 
toutes  les  communautés  d'arts  et  métiers  du  Havre.  L'auteur  y  distingue 
les  états  relatifs  à  la  nourriture,  aux  vêtements,  au  travail  des  métaux, 
à  l'art  de  guérir,  aux  transports,  au  bâtiment,  à  la  marine  et  termine 
par  les  professions  diverses,  faisant  en  quelques  mots  substantiels  l'his- 
torique de  chaque  communauté  et  le  résumé  de  ses  statuts. 

Quelques  observations  seraient  à  présenter  ici  :  p.  132,  par  exemple, 
l'auteur  s'exprime  ainsi  :  t  Depuis  l'année  1700,  l'exécution  des  statuts 
[des  bouchers]  demeura  de  la  compétence  du  bailli  ;  mais  les  échevins 
eurent  la  police  des  boucheries  et  du  marché.  »  Formulée  de  la  sorte, 
l'opinion  est  trop  affirmative;  car  pendant  tout  le  xvni«  siècle  des 
conflits  continuèrent  à  s'élever,  à  ce  propos,  entre  le  bailliage  et  la 
municipalité.  Nous  n'en  voulons  pour  preuve  que  l'arrêt  du  conseil  du 
31  juillet  1773,  rendu  après  de  longs  débats,  qui  confirmait  les  officiers 

Y  Économiste  français,  à  1837,  sont,  on  le  sait,  sur  le  point  d'être  repoussées 
une  fois  de  pins  par  les  pouvoirs  publics. 


240 

municipaux  du  Havre  dans  le  droit  de  faire  les  règlements  nécessaires 
à  la  police  de  la  vente  de  la  viande. 

Il  est  ailleurs  question  (p.  165)  d'un  arrêt  du  parlement  [de  Rouen] 
du  30  juillet  1763,  relatif  à  la  réunion  des  marchands  drapiers  du 
Havre  avec  les  merciers.  Or  il  y  a  dans  ce  peu  de  mots  une  double 
erreur  :  Tarrêt  émane  du  conseil  du  roi  et  non  du  parlement  de  Rouen; 
il  est  de  1765  et  non  de  1763. 

Ces  quelques  critiques,  qu'on  pourrait  d'ailleurs  multiplier,  ne  doivent 
pas  nous  empêcher  de  remarquer  ce  que  renferme  d'utile  et  d'intéressant 
le  livre  de  M.  Martin.  Il  faut  citer,  parmi  les  pièces  les  plus  instructives, 
un  état  fortprécieux  du  commerce  du  Havre  en  1773.  D'après  ce  document, 
la  pêche  de  la  morue  à  Terre-Neuve  rapportait  en  1773  environ 
300,000  livres  par  an;  les  armements  maritimes,  2,450,000  livres;  les 
transports,  50,000  livres;  la  fabrication  des  dentelles  de  fil,  1,500,000 
livres,  chiffre  considérable  pour  une  industrie  aujourd'hui  disparue. 

Il  faut  mentionner  aussi  un  curieux  tableau  comparatif  des  maîtres 
ou  patrons  de  la  ville  du  Havre  au  xvni«  siècle  et  au  xix®  (en  1879). 
Proportionnellement  au  chiffre  respectif  de  la  population  à  ces  deux 
époques,  le  nombre  des  chefs  d'industrie  est  beaucoup  moins  considé- 
rable aujourd'hui.  Sauf  quelques  exceptions,  toutes  les  professions  sem- 
blent être  en  décadence.  Il  y  a,  notamment,  moins  de  charpentiers  de 
navire  ^,  de  cordiers^  de  couteliers,  de  brasseurs,  de  serruriers,  de  ton- 
neliers. Seuls,  les  pharmaciens,  les  orfèvres,  les  charcutiers  et  les  épi- 
ciers sont  plus  nombreux  qu'ils  n'étaient  jadis. 

En  somme,  on  doit  remercier  M.  Martin  de  l'utile  contribution  que 
son  livre  apporte  à  l'histoire  de  l'industrie  française  sous  l'ancien 
régime.  Il  serait  à  souhaiter  que  nos  anciennes  communautés  d'arts  et 
métiers  fussent  partout  l'objet  de  semblables  travaux. 

P.  BONNASSIBUX. 


Pouillé  historique  de  Varchevêché  de  Rennes^  par  l'abbé  Guillotin 
DE  Gorsojh,  chanoine  honoraire.  Tome  P^  Rennes,  Fougeray; 
Paris,  Haton,  \  880.  In-8^  808  p. 

Le  volume  dont  nous  avons  à  rendre  compte  est  le  tome  premier 
d'une  importante  publication  relative  à  l'archevêché  actuel  de  Rennes. 
On  sait  que  cet  archevêché  est  de  formation  récente,  ayant  été  créé  par 
bulle  du  pape  Pie  IX,  du  3  janvier  1859,  et  pourvu  de  trois  sufifragants, 


1.  Même  en  tenant  compte  des  grandes  modifications  des  procédés  de  travail, 
la  décadence  n'est  pas  moins  réelle.  On  ne  construit  plus  beaucoup  de  navires 
au  Havre,  et  nous  ne  savons  si  les  récentes  mesures  votées  au  parlement  en 
faveur  de  la  marine  marchande  suffiront  à  modifier  cet  état  de  choses. 


2U 

les  évéchés  de  Vannes,  de  Saint-Brieuc  et  de  Quimper,  détachés  de  la 
province  ecclésiastique  de  Tours.  L'auteur  s'est  proposé  d'étudier  seu- 
lement ce  qu'il  appelle  l'archidiocèse  de  Rennes,  qui  correspond  aux 
trois  anciens  diocèses  de  Rennes,  de  Dol  et  d'Aleth  ou  de  Saint-Malo. 
L'ouvrage,  qui  doit  comprendre  environ  cinq  volumes,  est  divisé  en 
trois  parties  :  !<>  les  évéchés;  2*  les  monastères;  3^  les  paroisses.  La 
première,  seule  publiée,  se  partage  en  deux  sections  d'étendue  inégale, 
l'une  consacrée  aux  anciens  évéchés  de  Rennes,  Dol  et  8aint-Malo, 
l'autre  à  l'archevêché  de  Rennes.  Après  avoir  dans  une  rapide  intro- 
duction indiqué  les  caractères  qui  distinguent  les  diocèses  bretons,  dont 
le  plus  remarquable  est  d'avoir  conservé,  plus  longtemps  que  d'autres, 
leurs  usages  locaux,  après  avoir  esquissé  leurs  origines  et  leurs  divi- 
sions territoriales.  Fauteur  aborde  dans  trois  livres  l'historique  et  la 
description  des  trois  diocèses.  Les  origines  du  diocèse,  le  catalogue  de 
ses  évéques  remontant  à  Tan  439  pour  Rennes ,  à  555  pour  Dol,  et  à 
480  pour  Saint-Malo  ;  les  droits  et  les  prérogatives  de  l'évêque  et  de  ses 
auxiliaires  (vicaires  généraux,  officiaux,  etc.);  les  dignités  de  chaque 
église  (avec  la  liste  des  dignitaires,  trésoriers,  grands-chantres,  archi- 
diacres, etc.);  le  chapitre  cathédral,  avec  la  liste  des  chanoines,  le  per- 
sonnel secondaire  de  l'église  cathédrale,  et  les  chapellenies  qui  y  étaient 
fondées,  la  description  de  la  cathédrale;   les  usages  fort  curieux  de 
chaque  Église  ;  enfin  les  bénéfices,  c'est-à-dire  le  véritable  pouillé  du 
diocèse,  sont  l'objet  d'autant  de  chapitres  dans  chacun  des  trois  livres. 
Voilà  pour  la  partie  ancienne  ;  pour  l'époque  moderne,  le  livre  quatrième 
est  consacré  à  l'évêché  de  Rennes,  de  1801  à  1859,  c'est-à-dire  depuis 
le  rétablissement  du  culte  en  France  jusqu'à  la  création  de  l'archevêché 
de  Rennes.  Ce  nouveau  diocèse  fut  composé  de  341  paroisses,  savoir  : 
205  provenant  de  l'ancien  diocèse  de  Rennes,  90  de  celui  de  Saint- 
Malo  ,  38  de  celui  de  Dol ,  7  de  celui  de  Vannes ,  et  1  de  celui  de 
Nantes.  C'est  exactement  le  même  territoire  que  celui  de  l'archevêché 
actuel  ;  le  nombre  des  paroisses  diffère  seulement  un  peu  à  cause  de 
quelques  créations  récentes  (384  au  lieu  de  341).  On  trouvera  dans  cette 
seconde  section  de  la  première  partie  le  pouillé  de  Tarchidiocèse  de 
Rennes  établi  sur  le  même  plan  que  celui  des  anciens  diocèses,  l'his- 
toire des  titulaires  du  nouveau  siège  et  des  principaux  dignitaires. 

Ayant  ainsi  fait  connaître  dans  ses  grandes  lignes  le  plan  de  l'auteur, 
nous  ne  pourrons  pas,  on  le  comprendra  facilement,  entrer  dans  l'ana- 
lyse d'un  pareil  ouvrage,  sur  lequel  nous  devons  nous  contenter  de  pré- 
senter quelques  observations.  D'abord  les  longues  recherches  auxquelles 
s'est  livré  M.  Guillotin  de  Gorson  doivent  prévenir  en  sa  faveur;  les 
archives  des  anciens  évéchés  et  des  chapitres  de  Rennes  et  de  Saint- 
Malo  à  la  préfecture  d'IUe-et-Vilaine  (les  archives  de  l'évêché  de  Dol 
ont  disparu  en  grande  partie),  la  bibliothèque  publique,  celles  du  grand 
séminaire  et  de  l'Oratoire  de  Rennes,  les  archives  municipales  de  la 


242 

même  ville,  les  archives  de  la  Loire -Inférieure,  celles  de  Maine-et-Loire 
et  de  la  Manche,  les  Archives  nationales  et  la  Bibliothèque  nationale  à 
Paris ,  ont  été  explorées  par  lui  avec  persévérance  et  avec  fruit  ;  à  ces 
renseignements  il  a  joint  les  traditions  et  les  documents  qu'il  a  recueillis 
en  parcourant  tout  le  diocèse.  Toutes  ces  notions,  M.  G.  de  Corson  les 
a  mises  en  œuvre  avec  un  esprit  sage,  méthodique  et  exact;  mais  cepen- 
dant, qu'il  nous  permette  de  le  lui  dire,  avec  quelques  longueurs.  Il 
nous  semble,  en  ce  qui  concerne  le  pouillé  proprement  dit,  avoir  accu- 
mulé les  documents  au  lieu  de  les  fondre.  Ainsi,  en  prenant  pour 
exemple  le  diocèse  de  Rennes,  il  nous  donne  :  1**  la  liste  des  paroisses 
par  doyennés  (p.  337)  ;  2**  un  tableau  des  mêmes  paroisses  sous  les  noms 
de  cures  et  prieurés,  avec  les  noms  des  présentateurs  (p.  354)  ;  3*  un 
résumé  dans  Tordre  des  présentations,  ot  Ton  trouve  réunis  ensemble 
tous  les  bénéfices  auxquels  présentait  la  même  personne  (p.  361)  ; 
4"  enfin,  une  autre  liste  des  bénéficiers  avec  la  taxe  payée  en  1516;  et 
encore  aucune  de  ces  listes  n'indique  les  vocables  des  églises  qu'il  faudra 
aller  chercher  probablement  dans  la  troisième  partie  de  l'ouvrage. 
N'aurait-il  pas  pu  réunir  en  un  seul  tableau  les  deux  premières  nomen- 
clatures, et  peut-être  même  le  compte  de  décimes  ?  Tout  en  gagnant  de 
la  place,  il  aurait  donné  plus  d'intérêt  à  ces  documents  par  leur  rap- 
prochement. L'auteur  cite  le  compte  de  décimes  de  1516  d'après  un 
manuscrit  du  fonds  Saint-Germain  à  la  Bibliothèque  nationale,  sans 
doute  le  ms.  lat.  12,730,  qui  est  une  copie  du  xvn«  siècle  ;  il  paraît 
ignorer  qu'il  existe  aux  Archives  nationales,  sous  la  cote  G®,  n"  1  à  4, 
un  recueil  de  ces  comptes  de  décimes,  qui  date  du  xvi*  siècle.  D'ail- 
leurs il  a  négligé  de  nous  avertir  qull  traduit  ces  extraits  de  comptes 
en  français  et  qu'il  a  changé  la  disposition  du  texte  pour  ranger  les 
églises  dans  l'ordre  alphabétique. 

C'en  est  assez  pour  montrer  à  M.  G.  de  Corson  que  nous  avons 
examiné  son  travail  avec  le  soin  qu'il  mérite  ;  nous  ne  terminerons  pas 
sans  faire  connaître  à  nos  lecteurs  le  plan  complet  du  Pouillé  historique, 
haiseconde i^aiTiie^'mtiiuiéQ  les  Monastères,  se  subdivise  également  en  deux 
sections,  l'une  antérieure,  l'autre  postérieure  à  1790.  L'auteur  étudiera 
les  établissements  religieux,  abbayes,  collégiales,  prieurés,  couvents  et 
hôpitaux,  et  donnera  l'historique  des  principaux  d'entre  eux.  Pour 
l'époque  moderne,  il  fera  connaître  également  par  des  notices  tous  les 
monastères  et  congrégations  qui  remplacent  ceux  qui  ont  été  supprimés 
en  1790. 

Dans  une  troisième  et  dernière  partie,  qui  aura  pour  titre  les  Paroisses, 
M.  Guillotin  de  Corson  se  propose  de  présenter,  par  ordre  alphabétique, 
sous  forme  de  dictionnaire  historique,  les  383  paroisses  qui  forment  le 
diocèse  actuel  de  Rennes,  de  faire  connaître  leurs  origines,  l'église 
qui  forme  le  centre  de  la  paroisse,  les  pasteurs  qui  l'ont  gouvernée, 
en  y  joignant  quelques  détails  sur  les  chapelles,  sur  les  confréries  et 


2^3 

enfin  sur  les  monuments  religieux  de  son  territoire.  Nous  ne  saurions 
trop  encourager  Fauteur  à  poursuivre  l'exécution  de  ce  vaste  ouvrage, 
qui,  lorsqu*il  sera  terminé,  sera  de  la  plus  grande  utilité  pour  tous  ceux 
qui  s'occupent  de  Thistoire  religieuse  de  la  Haute-Bretagne,  ancienne 
et  moderne. 

A.  Bruel. 


Vie  d'Artus  Prunier  de  Saint 'André,  conseiller  du  roy  en  ses  con- 
seils d' Estât  et  privée  premier  président  aux  parlements  de 
Provence  et  de  Dauphiné  (\  548-4  6?  6),  diaprés  un  manuscrit  inédit 
de  Nicolas  Chorier,  publié^  avec  introduction^  notes,  appendices 
et  la  correspondance  inédite  de  Saint-André,  par  Alfred  Vellot, 
avocat.  (Ouvrage  couronné  par  TAcadémie  delphinale,  médaille 
d'or.)  Paris,  Picard,  ^(880.  In-8°,  lxv-390  p.,  une  planche. 

Le  volume  que  M.  Alfred  Vellot  vient  de  livrer  à  la  publicité  com- 
prend trois  parties  :  1®  un  avant-propos,  une  introduction  et  des  notes, 
qui  sont  à  proprement  parler  la  seule  partie  personnelle  au  jeune  édi- 
teur dauphinois;  2°  le  manuscrit  de  Ghorier;  3"  la  correspondance  du 
président  Prunier  et  des  appendices. 

Dans  un  avant-propos  de  xxv  p.,  M.  Vellot  explique  par  quel  concours 
de  circonstances  il  a  été  amené  à  retrouver  dans  les  archives  person- 
nelles de  M.  le  marquis  de  Virieu  le  manuscrit  de  Ghorier  que  Ton 
croyait  perdu,  et  il  s'attache  à  démontrer  que  ce  document  doit  être 
attribué  sans  hésitation  au  célèbre  historien  du  Dauphiné.  Ce  préambule 
est  intéressant  et  M.  Vellot  aurait  dû,  ce  nous  semble,  s'en  tenir  là, 
sans  avoir  l'imprudence  de  vouloir  exposer  en  quelques  pages  le  rôle  des 
parlements  au  xvi®  siècle.  Outre  que  ce  sujet  n'est  pas  neuf,  on  ne  voit 
pas  trop  comment  on  peut  le  restreindre  au  point  de  le  faire  entrer  dans 
la  préface  d'une  biographie  ;  c'était  difficile  :  aussi  M.  Vellot  n'y  a-t-il 
pas  réussi.  Les  considérations  solennelles  qu'il  nous  présente  sur  la 
Renaissance,  l'essor  de  l'esprit  humain,  sont  des  banalités  qui  ne  nous 
apprennent  rien  de  nouveau.  Toute  cette  introduction  est  un  hors- 
d'œuvre  que  l'on  pourrait  facilement  supprimer. 

Les  notes  dont  M.  Vellot  a  enrichi  le  texte  de  Ghorier  sont  nombreuses 
et  intéressantes  ;  nous  regrettons  toutefois  de  constater  qu'un  trop  grand 
nombre  sont  empruntées  à  la  Biographie  générale,  à  la  Biographie  uni- 
verselle, à  V Armoriai  de  La  Bâtie  et  même  au  Dictionnaire  de  Bouillet. 
Quand  on  a  à  sa  portée  des  mines  aussi  précieuses  que  les  archives  de 
la  chambre  des  comptes  et  du  parlement  de  Grenoble,  on  ne  doit  pas  se 
contenter  d'ouvrages  de  quatrième  main. 

En  recourant  aux  sources  originales,  M.  Vellot  aurait  évité  bien  des 
erreurs  ;  nous  en  relèverons  une  seule  :  p.  5,  Ghorier  dit  :  «  Artus 


244 

Prunier  naquit  à  Grenoble  l'an  1548,  et  ce  fut  le  môme  mois  que  le  roy 
Henri  n  y  passa  allant  en  Piémont.  »  Pour  préciser  la  date  de  la  nais- 
sance de  son  héros,  M.  Vellot  n*a  pas  trouvé  mieux  que  de  consulter 
un  ouvrage  relatif  à  l'histoire  de  ...  Lyon  ;  il  y  a  vu  que  le  31  juillet  1448 
le  roi  traversait  Lyon,  se  rendant  en  Piémont.  De  cette  simple  indica- 
tion, M.  Yellot  conclut  que  Henri  U  était  à  Grenoble  dans  les  premiers 
jours  d'août.  C'est  une  erreur  que  M.  Vellot  aurait  évitée  s'il  eût  con- 
sulté le  registre  des  délibérations  ou  conclusions  de  la  ville  de  Grenoble 
pour  Tannée  1548  :  il  y  aurait  vu  que  le  roi  passa  à  Grenoble  le 
lundi  10  septembre,  non  pas  en  allant,  mais  en  revenant  de  Piémont, 
et  qu'une  réception  solennelle  lui  fut  faite,  ce  qui  explique  comment  ce 
fait  était  resté  gravé  dans  la  mémoire  des  Grenoblois.  Si  le  caractère 
paléographique  des  documents  originaux  effrayait  M.  Vellot,  il  pouvait 
trouver  des  extraits  de  ces  délibérations  dans  un  article  de  M.  Pilot, 
inséré  dans  V Annuaire  de  la  cour  de  Grenoble,  année  1843,  p.  21. 

Le  nouveau  manuscrit  de  Ghorier  ressemble  à  toutes  les  œuvres  de 
cet  historien  aujourd'hui  absolument  discrédité  ;  c'est  toujours  la  même 
phraséologie  solennelle  et  pédantesque,  où  les  faits  sont  exposés  sans 
ordre,  sans  dates  et  sans  indication  de  sources.  Le  récit,  sans  cesse 
embarrassé  par  des  réflexions  banales  et  puériles,  se  traîne  péniblement  : 
c'est  une  rude  et  indigeste  lecture. 

Pour  apprécier  le  degré  de  confiance  que  mérite  l'ouvrage  de  Ghorier, 
il  faut  se  rendre  compte  des  circonstances  dans  lesquelles  il  a  été  com- 
posé. Pendant  toute  sa  vie,  Ghorier  eut  à  lutter  contre  de  continuels 
besoins  d'argent  :  c'est  à  cette  indigence,  résultat  de  son  inconduite  et 
de  la  mauvaise  gestion  de  ses  affaires,  qu*il  faut  attribuer  les  actes  d'in- 
délicatesse qui  souillent  sa  mémoire.  G' est  ainsi  qu'il  ne  craignit  pas  de 
vendre  à  prix  d'argent  les  cartulaires  de  Saint-Hugues,  qu'il  avait  volés 
dans  les  archives  de  l'évêché  de  Grenoble.  Ge  commerce  déshonnête  ne 
suffisant  pas  à  lui  fournir  des  ressources,  il  s'attacha  à  quelques  grands 
personnages,  parmi  lesquels  se  trouvait  le  président  Prunier  de  Saint- 
André,  petit-fils  du  président  Artus  Prunier.  G'est  dans  cette  situation 
d'historiographe  gagé  que  Ghorier  composa  la  vie  du  grand-père  de  son 
bienfaiteur  et  qu'il  lui  remit  le  manuscrit  retrouvé  récemment  par 
M.  Alfred  Vellot.  Il  est  évident  qu'un  livre  écrit  dans  de  pareilles 
conditions  ne  peut  être  considéré  comme  une  étude  critique. 

La  correspondance  du  président  Prunier  est  empruntée  à  un  manus- 
crit de  la  Bibliothèque  nationale  :  elle  comprend  dix-huit  lettres  inté- 
ressantes. A  ces  pièces  justificatives  sont  joints  des  extraits  d'ouvrages 
imprimés  concernant  le  président  et  son  époque. 

En  résumé,  nous  regrettons  la  publication  de  ce  manuscrit,  qui  eût  pu 
dormir  encore  longtemps  dans  les  archives  du  château  de  Virieu  sans 
que  personne  songeât  à  s'en  plaindre.  En  l'état  actuel  des  études  his- 
toriques, avec  les  ressources  qu'offrent  les  dépôts  d'archives  et  les  biblio- 


245 

thèques,  il  y  a  mieux  à  faire  que  d'imprimer  la  prose  pédantesque  de 
Gliorier  ;  avec  les  divers  manuscrits  de  Ghorier,  avec  la  correspondance 
signalée  par  M.  Roman,  avec  les  archives  publiques  et  privées, 
M.  Vellot  pouvait  nous  donner  une  histoire  du  président  Prunier  et  de 
son  époque  ;  à  l'aide  des  documents  qu'il  aurait  recueillis,  il  lui  aurait 
été  facile  de  contrôler  les  assertions  de  Ghorier  et  de  présenter  au  public 
une  biographie  critique  au  lieu  de  se  faire  Pintroducteur  d'un  panégy- 
riste salarié. 

H.  PRUDH02OfE. 


Origine  des  idées  politiques  de  Rousseau^  par  M.  Jules  Vut,  vice- 
président  de  rinstitut  genevois.  (Extrait  du  Bulletin  de  IHnstitut, 
t.  XXIII.)  Genève,  imprimerie  Ziegler,  4878.  In-8%  28  p. 

La  théorie  de  la  souveraineté  du  peuple  formulée  par  Rousseau  dans 
le  Contrat  social  est,  pour  ainsi  dire,  un  produit  abstrait  et  philoso- 
phique né  de  l'étude  de  la  charte  genevoise  de  Tan  1387.  Telle  est 
la  thèse  que  M.  Vuy  a  développée  dans  l'intéressant  opuscule  que 
j'analyse. 

L'article  de  la  charte  des  libertés  de  Genève  qui  contient  en  germe 
les  théories  de  Rousseau  est  ainsi  conçu  dans  la  traduction  française 
de  1455  : 

«  Que,  si  les  dessus  ditz  citoyens  de  Genève  qui  par  le  temps  présent 
sont  et  seront  au  temps  advenir  procureurs  de  la  dite  cité,  des  dessus 
ditz  privilèges  et  franchises  en  tous  leurs  chapitres  ou  en  aulcuns 
d'eulx  nen  usent,  que  pourtant  les  ditz  citoyens  et  communité  par 
l'espace  de  trente  ans,  quarante  ans,  cinquante  ans  ou  plus  ne  soient 
pas  perdus  [sic,  corr.  preclus?],  ou  ne  leur  puisse  encourre  prescription 
de  temps.  Et  se  nous  ou  nostres  officiers  qui  par  le  temps  advenir 
[seront]  venoient  au  contraire  en  tout  ou  en  partie  de  ces  privilèges, 
ou  qu'il  attentassent  de  venir  au  contraire,  que  pour  tant  ils  ne 
deussent  ne  ne  poussent  aus  ditz  citoyens,  clercz  et  communité  porter 
préjudice  quelconque  ne  alléguer  prescription  de  temps,  sinon  en  tant 
qu'il  seroit  du  consentement  et  voulenté  des  ditz  citoyens  de  la  dite 
communité.  » 

Tout  concourt  à  prouver  que  cet  article  d'une  charte  lue  certainement 
par  Rousseau,  citée  par  lui,  a  été  l'occasion,  le  point  de  départ  de  la 
célèbre  formule  : 

«  La  souveraineté  est  indivisible,  inaliénable  et  elle  réside  essentiel- 
lement dans  tous  les  membres  du  corps.  » 

Je  n'ai,  pour  ma  part,  nulle  objection  à  faire  à  la  thèse  de  M.  Vuy 
et  je  la  crois  digne  de  fixer  l'attention  de  nos  lecteurs.  Ge  travail  a  été, 


246 

à  TAcadémie  des  sciences  morales  et  politiques,  l'objet  d'un  rapport 
fort  remarquable  de  M.  Nourrisson,  auquel  on  fera  bien  de  se  reporter*. 

Paul   ViOLLET. 


Pentateuchi  Versio  Laiina  antiquissima  e  codice  Lugdunensi.  Version 
latine  du  Pentaieuque  antérieure  à  saint  Jérôme^  publiée  diaprés 
le  manuscrit  de  Lyon,  avec  des  fac-similés,  des  observations  paléo- 
graphiques^  philologiques  et  littéraires  sur  l'origine  et  la  valeur 
de  ce  texte,  par  Ulysse  Robert.  Paris,  Didot,  4  884 .  In-4°,  gxliii- 
334  p.  et  4  planches. 

Le  manuscrit  qui  est  l'objet  de  cette  publication  forme  une  partie  du 
numéro  54  de  la  bibliothèque  publique  de  Lyon.  Dans  le  catalogue  mis 
au  jour  par  Delandine  en  1812,  il  porte  le  numéro  329.  Avant  la  révo- 
lution il  faisait  partie  de  la  bibliothèque  du  chapitre  de  Lyon.  Les 
lecteurs  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  connaissent  l'histoire  de 
ce  manuscrit,  l'acte  de  vandalisme  et  le  vol  partiel  dont  il  a  été  l'objet, 
la  merveilleuse  découverte  que  nous  devons  à  la  science  et  au  zèle  de 
M.  Léopold  Delisle,  la  restitution  qui  fait  tant  d'honneur  à  lord 
Ashburnham^. 

La  pubh cation  de  M.  Robert  se  divise  en  trois  parties  :  1®  une  intro- 
duction qui  expose  quel  intérêt  présente  à  divers  points  de  vue  le  texte 
du  manuscrit;  2*  une  copie  figurée  du  manuscrit,  exécutée  en  capitales 
d'imprimerie,  reproduisant  les  pages,  les  colonnes,  les  lignes,  laissant  les 
mots  indistincts,  conservant  les  abréviations  ;  3*  une  édition  exécutée 
suivant  le  procédé  ordinaire,  en  minuscules,  avec  séparation  des  mots, 
signes  de  ponctuation,  etc.  et  texte  grec  en  regard. 

L'écriture  du  manuscrit  paraît  remonter  au  sixième  siècle  ;  mais  la 
version  latine  que  ce  manuscrit  nous  fait  connaître  doit  avoir  été  faite 
vers  l'an  300.  Le  manuscrit  grec  que  l'auteur  de  cette  version  avait  sous 
les  yeux  contenait  des  variantes  qui  ne  se  trouvent  ni  dans  le  codex 
Vaticanus,  ni  dans  le  codex  Alexandrinus,  les  deux  manuscrits  les  plus 
anciens  des  Septante.  Enfin  cette  version  latine  n'est  pas  celle  que  saint 
Augustin  a  nommée  Itala,  mais  elle  paraît  avoir  été  connue  de  quelques 
Pères  de  l'Église  chez  qui  l'on  trouve  des  citations  de  la  Bible  qui 
semblent  s'y  rapporter. 


1.  Séances  et  travaux  de  y  Académie  des  sciences  morales  et  politiques, 
compte-rendu  par  Vergé,  t.  110,  p.  904  etsuiv. 

2.  Notice  sur  un  manuscrit  de  Lyon  renfermant  une  ancienne  version  latine 
inédite  de  trois  livres  du  Pentateuque^  par  M.  L.  Delisle,  Bibliothèque  de 
VÉcole  des  chartes^  t.  XXXIX  (1878),  p.  421-431.  —  Le  Pentateuque  de  Lyon, 
par  M.  Delisle,  ibid.,  t.  XLI  (1880),  p.  304-307. 


2n 


La  publication  de  ce  document  présente  un  grand  intérêt  au  point  de 
vue  de  la  critique  biblique  :  M.  Ulysse  Robert  fait  ressortir  cet  intérêt 
par  une  étude  approfondie.  Le  codex  Lugdunensis  est  un  document  paléo- 
graphique de  premier  ordre  :  M.  Ulysse  Robert  consacre  trente  pages  à 
Texamen  détaillé  des  particularités  qui  le  distinguent  à  ce  point  de  vue. 
Mais  notre  attention  a  été  surtout  attirée  par  la  notice  grammaticale  qui 
occupe  les  pages  xli  à  cxxv  de  l'introduction.  On  peut  y  distinguer 
quatre  parties  consacrées,  la  première  à  la  phonétique,  la  seconde  à  la 
morphologie  et  à  la  syntaxe,  la  troisième  à  la  collation  du  texte  latin 
avec  le  texte  grec,  la  quatrième  aux  mots  rares  ou  nouveaux  que  ren- 
ferme le  texte  latin.  Dans  ce  savant  travail,  un  des  points  qui  nous  a  le 
plus  frappé  est  le  nombre  considérable  de  faits  qui,  parmi  les  exemples 
'recueillis  par  l'auteur,  expliquent  la  suppression  du  futur  latin. 

Dans  la  première  conjugaison  le  futur  se  confond  avec  le  parfait.  On 
trouve  le  parfait  employé  pour  le  futur  dans  : 


aplicavit 

decalvavit 

deliberavit 

enumeravit 

expoliavit 

extirpavit 

inquinavit 

lavavit 

liberavit 

medullavit 

mundavit 

ovviavit 

propitiavit 

purgavit 

purificavU 

sacrificavit 

separavit 

suscitavit 

terminavit 


pour  applicabit, 

—  decalvabit, 

—  deliberabit, 

—  enumerabit, 

—  exspoliabit, 

—  exstirpabit, 

—  inquinabit, 

—  lavabit, 

—  liberabit, 

—  meduUabit, 

—  mundabit, 

—  obviabit, 

—  propitiabit, 

—  purgabit, 

—  purificabit, 

—  sacrificabit, 

—  separabit, 

—  suscitabit, 

—  terminabit, 

—  visitabit. 


visitavit  — 

On  trouve  le  futur  employé  pour  le  parfait  dans  : 

consiimabitis  pour      consuminamstis, 

fraudabit        — 

immutabit       — 

inchoabit         — 

inhabitabit      — 

jurabit  — 

7nundabit        — 

orabit  — 


fraicdavit, 

immutavit, 

inchoavit, 

inhabitavit, 

juravit, 

mundavit, 

oravit. 


248 

La  môme  confusion  se  rencontre  dans  le  verbe  eo  et  dans  un  verbe 
régulier  de  la  2*  conjugaison  : 
On  rencontre  le  parfait  pour  le  futur  : 

exivit  pour      exibit  ; 

le  futur  pour  le  parfait  : 

introibit        pour      introivit, 

replebit  —        replevit, 

  la  troisième  conjugaison  le  présent  a  été  employé  pour  le  futur  : 


abducis 

pour 

abduces, 

accedis 

—  ■ 

accèdes, 

accedit 

— 

accedet, 

acceditis 

— 

accedetis. 

antecedit 

— 

antecedet, 

ascendit 

— 

ascendet. 

ascendimus 

— 

ascendemus, 

ascenditis 

— 

(ucendetis, 

aspergU 

— 

asperges, 

adspargit 

— 

adsperget. 

concupiscis 

— 

concupisces, 

confrangit 

— 

confringet. 

constituit 

— 

constituet, 

consumit 

— 

consumet, 

demetitis 

— 

demetetis, 

deprimis 

— 

déprimes, 

descendais 

— 

descendetis, 

discendit 

— 

descendet, 

discendimus 

— 

descendemus. 

dicit 

— 

dicet. 

dicitis 

— 

dicetiSy 

dimittit 

— 

dimittet, 

discendimus 

— 

discedemus, 

disponitis 

— 

disponetis, 

dividis 

— 

divides, 

efpundis 

— 

effundes. 

emimus 

— 

ememus. 

extendit 

— 

extendet. 

extollit 

— 

extollet. 

infundis 

— 

infundes. 

infundit 

— 

infundet. 

inponis 

— 

impones, 

inponit 

— 

imponet, 

mittis 

— 

mittes, 

obliviscitur 

— 

obliviscetur. 

occidis 

— 

occides. 

249 


occidit 

pour 

occidet. 

ostendit 

— 

ostendet, 

perditis 

— 

perdetis, 

persequimini 

— 

persequemini. 

ponis 

portes. 

proficiseitur 

— 

profidscetur, 

proponis 

— 

propanes, 

proponit 

— 

proponet, 

redimis 

— 

redimes, 

reducit 

— 

reducet. 

requieseit 

— 

requiescet. 

résistif 

— 

resistet, 

sercernit 

— 

secernet, 

sinit 

— 

sinet. 

spargit 

— 

sparget. 

subponis 

— 

supponet, 

sumis 

— 

sumet, 

vivit 

— 

vivet. 

a  futur  pour 

le  présent  : 

attinget 

pour 

attingit, 

comedet 

— 

comedit. 

descendet 

— 

descendit. 

dices 

— 

dicis, 

increscet 

— 

increscit. 

inducet 

— 

indudt. 

reddet 

— 

reddit. 

sumet 

— 

sumit, 

tanget 

— 

tangit, 

vivetis 

—— 

vivitis. 

La  confusion  qui  s'introduit  entre  le  futur  et  le  parfait  de  la  première 
conjugaison  est  le  résultat  d'un  phénomène  phonétique,  c'est-à-dire  de 
l'emploi  du  v  pour  le  6,  et  du  b  pour  le  v  ;  on  dit  aplicavit  pour  applicabit, 
comme  exacervat  pour  exacerbât  dans  le  codex  Lugdunensis,  et  comme 
«  avoir  »  pour  habere  en  français  :  on  dit  fraudabit  pour  fraudavit, 
comme  albea  pour  alvea  dans  le  codex  Lugdunensis^,  et  comme  «  cour- 
ber »  pour  curvare  en  français. 

A  la  troisième  conjugaison  la  substitution  de  Vi  caractéristique  du 
présent  à  Ve  caractéristique  du  futur  se  justifie  également  par  la  pho- 
nétique. On  dit  abducis  pour  ^abduces  comme  decim  pour  decem,  adips 
pour  adeps,  discendit  pour  descendit.  C'est  de  la  même  façon  qu'on  se 
rend  compte  de  la  substitution  de  Ve  caractéristique  du  futur  à  Vi  du 
présent  :  attinget  pour  attingit  comme  carnes  pour  carnis  dans  le  codex 
Lugdunensis,  et  comme  sec  pour  siccus  en  français.  On  peut  encore 
expliquer  par  la  phonétique  fads  pour  fades,  morimur  pour  morie- 


220 

mur  :  i  =  ie  se  trouve  dans  le  firet  pour  fierei  du  codex  Lugdunensis, 
Mais  ce  que  la  phonétique  n'explique  plus  c'est  : 
1"  conjugaison  :  extirpât         pour      extirpabit 

—  incitât  —        incitabit 

—  inquinamini    —        inquinabimini 

—  sanctificamini  —        sanctificabimini 

—  tribulatis         —        tribulabitis 

2«  conjugaison  :  de  lent  —        delebunt 

—  exit  —        exibit 

Et  réciproquement  : 

habitabitis     pour      habitatis 

Celui  qui  a  employé  ces  formes  les  unes  pour  les  autres  ne  connais- 
sait plus  le  futur  des  grammairiens  latins  et  déjà  formait  le  futur  à  l'aide 
de  l'infinitif  et  du  verbe  auxiliaire  habere  ;  au  lieu  à'extirpabit,  il  disait 
extirpare  habeo,  au  lieu  àHndtaty  incitare  habeo  :  le  sens  d^extirpabit  et 
àHndtabit,  alors  tombés  en  désuétude,  lui  échappait  complètement. 

A  cet  ordre  d'idées  appartiennent  :  !<>  la  confusion  du  neutre  avec  le 
masculin  et  avec  le  féminin  ;  M.  Ulysse  Robert  en  a  réuni  des  exemples 
aux  pages  Lxn,  lxv,  lxvh  de  son  introduction;  2*  l'emploi  abusif  d'tW, 
en  français  «  y  »,  pour  eo,  et  d'ubi,  en  français  «  où  »,  pour  quo  :  intra^ 
bis  ibi,  «  tu  y  entreras  »,  pour  eo  intrabis;  ubi  réfugiât,  «  oii  il  se  réfu- 
gie »,  pour  quo  réfugiât,  voir  p.  Lxxv,'etc. 

Il  serait  fort  à  désirer  qu'un  texte  latin  écrit  en  France  à  l'époque 
mérovingienne  et  conservé  par  un  ou  plusieurs  manuscrits  du  môme 
temps  fût  l'objet  d'une  publication  analogue.  Une  édition  de  Grégoire 
de  Tours,  par  exemple,  faite  avec  le  soin  minutieux  et  l'exactitude 
rigoureuse  dont  M.  Ulysse  Robert  a  fait  preuve  ici,  serait  un  travail 
d'une  grande  utilité  pour  ceux  qui  étudient  les  origines  de  la  langue 
française  :  il  serait  aussi  fort  utile  pour  les  historiens  qui,  reproduisant 
en  français  le  texte  arrangé  d'abord  à  l'époque  carolingienne  et  en  der- 
nier lieu  par  Ruinart,  ne  se  doutent  pas  des  incertitudes  que  présente 
souvent  le  sens  du  texte  le  plus  ancien,  oii  l'on  ne  peut  distinguer  les 
formes  grammaticales  du  futur  de  celles  du  présent  et  du  passé,  et  oîi 
les  cas  sont  souvent  employés  les  uns  pour  les  autres  ou  plus  exacte- 
ment ne  se  distinguent  plus,  puisque,  par  exemple,  fratris  et  fratres 
peuvent  être  l'un  et  l'autre  soit  un  génitif  singulier,  soit  un  nominatif, 
un  accusatif,  un  datif  ou  un  ablatif  pluriel. 

Que  le  désir  exprimé  ici  doive  ou  non  se  réaliser,  nous  remercions 
M.  Ul.  Robert  de  son  intéressante  publication,  oh  il  a  montré  un  grand 
talent  d'éditeur,  et  qui  en  même  temps,  par  son  exécution  typogra- 
phique, fait  beaucoup  d'honneur  à  la  maison  Didot. 

H.  d'Arbois  de  Jubain ville. 


224 


LIVRES    NOUVEAUX. 


SOMMAIRE  DES  MATIÈRES. 

Sciences  AUXILIAIRES.  —  Paléographie,  310,  424.  — Diplomatique,  424. 
—  Bibliographie,  274,  416;  manuscrits,  265,  269,  301,  309,  311,  324,  379, 

380,  390,  392;  imprimés,  269;  bibliothèques,  269,  309,  313,  324,  380. 
Sources.  —Historiens,  chroniqueurs,  281,  346,  381,  437.  —  Mémoires, 

journaux,  356.  —  Lettres,  377,  432.  —  Archives,  307,  329,  376, 378,  382, 
410,  411,  423;  documents,  262,  278,  286,  303,  306,  317,  322,  342,  389, 
415;  cartulaires,  290,  315,  435,  440. 

Géographie  et  topographie,  328,  335,  364,  369,  370,  387,  394,  403, 
413,  431. 

Biographie  et  généalogie,  299,  384,  427.  — Barbari,  287;  Bayard, 
343;  Beaufort,  393;  Berthe  de  Savoie,  263;  Boisjourdan,  354;  Brea, 
419;  Brunel,  405;  Gardonnel,  317;  Ghalvet,  259;  Gharlemagne,  316; 
Charles  VII,  342;  Gino  da  Pistoia,  298;  Cornet,  429;  Delfino,  327; 
Durer,  287  ;  Ébon,  265  ;  saint  Eucher,  336  ;  saint  François  d'Assise,  295  ; 
Gonzaga,  390;  Guelfe  VI,  260;  Henri  III,  337;  Hincmar,  421;  R.  de 
Houdenc,  441  ;  Jeanne  d'Arc,  404  ;  La  Trémoille,  Laval,  361  ;  Léopold, 
duc  de  Lorraine,  312;  Le  Tellier,  289;  saint  Liudger,  437;  Louis  XI, 
342;  Mabille  de  Bellême,  319;  Ménard,  291  ;  Mirallieti,  419;  Montfau- 
con,  432;  Neufchâtel,  279;  Orbec,  409;  Orléans,  292;  Otton,  383; 
Pétrarque,  297  ;  Platter,  436  ;  Reichersberg,  385  ;  Robert  de  Thorigny , 
381  ;  Rougemont,  291  ;  Ternes,  333  ;  Valois,  345  ;  Videl,  294  ;  Vienne, 
371  ;  Wettin,  396. 

Droit,  278,  298,  304,  348,  355,  363,  366,  388,  399. 

Institutions,  296.  —  République,  271  ;  monarchies,  346;  seigneuries, 
279,  333,  393.  —  États  généraux,  286.  —  Villes,  290,314,  350,  400,  408; 
hanse,  374.  —  Armées,  guerre,  289,  343,  344,  345, 358,  378.  —  Finances, 
386,  408,  415,  431.  —  Enseignement,  332,  417,  429.  —  Commerce  et 
industrie,  360,401,420. 

Sciences.  —  Philosophie,  347.  —  Médecine,  401. 

Religions.  —  Bible,  311,  392.  —  Catholicisme,  285,  385;  droit  cano- 
nique, 421  ;  liturgie,  265,  439  ;  prédication,  280  ;  archevêchés  et  évêchés, 
diocèses,  266,  299,  335;  églises  et  paroisses,  277,  305,  312;  ordres  régu- 
liers, 272,  379;  monastères,  265,  270,  276,  331,  340,  341,  350,  372,  373, 

381,  407,  435,  440.  —  Hérésies,  348;  guerres  de  religion,  344,  368. 
Archéologie,  273,  285,  323,  330.  —  Sépultures,  268.  —  Architecture, 

359  ;  édifices  civils,  302,  303,  340,  362,  406  ;  édifices  militaires,  278,  397; 


222 

édifices  religieux,  277,  325,  338,  340,  375,  425.  —  Sculpture,  291.  — 
Peinture,  419,  427;  gravure,  287,  425.  —  MobiUer,  267,  284,  317,  339. 

—  Armement,  358  ;  blason,  438.  —  Sphragistique,  310. —  Numismatique, 
308,  352,  412. 

Langues  et  lfitératures,  264,  274,  351.  —  Légendes,  313,  320,  321, 
339.  —  Latin,  311,  326,  392,  395.  —  Langues  romanes  :  catalan,  321; 
espagnol,  380;  français,  261,  275,  280,  281,  283,  288, 300,  334,  351,  367, 
398,  414,  422,  441  ;  italien,  274, 288,  320,  430.  —  Langues  germaniques, 
349,  365,  394,  426.  —  Langues  celtiques,  282,  353,  434,  cf.  439. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPfflQUE. 

Allemagne,  383,  387,  394,  424.  —  Alsace-Lorraine,  399.  —  Hesse, 
352.  —  Lùbeck,  374.  —  Prusse,  provinces  :  Hanovre,  264;  Hesse-Nassau, 
352;  Saxe,  269;  Westphalie,  315,  437.  —  Saxe,  3%. 

AuTRicHB-HoNQRiB.  —  Autriche,  378;  Moravie,  366;  Styrie,  358,  391. 

—  Hongrie,  264,  438. 

Belgique,  273.  —  Provinces  :  Anvers,  299;  Flandres,  359,  435; 
Namur,  290. 

Espagne,  388. 

Frange,  280,  2%,  303,  308,  337,  343-345,  351,  355,  368,  369,  386.  — 
Provinces  :  Anjou,  267;  Bretagne,  318,  416,  422;  Dauphiné,  259,  323, 
371,  412,  413;  Franche-Comté,  292,  329;  Lorraine,  312,  370;  Norman- 
die, 286  ;  Savoie,  263.—  Départements  :  Aisne,  302, 304  ;  Alpes  (Hautes-), 
293,  341,  342;  Alpes-Maritimes,  419,  443;  Aube,  331,  393;  Aude,  397; 
Calvados,  409;  Gôte-d'Or,  418;  Doubs,  291,  292,  406;  Drôme,  285; 
Eure,  313;  Gard,  335,  401,  436;  Gironde,  309;  Hérault,  332;  Isère,  400, 
405;  Loire,  330,  384;  Loiret,  278,  282,  353;  Manche,  381  ;  Marne,  265, 
268,  373,  421;  Mayenne,  354,  361,  362,  376;  Meurthe-et-Moselle,  312, 
333,  425;  Nord,  307;  Oise,  372,  431;  Orne,  319;  Pas-de-Calais,  408; 
Rhône,  336,  340,  375,  384,  402,  411;  Sarthe,  382;  Savoie,  428;  Seine, 
276,  317,  356;  Seine-et-Oise,  360,  431;  Seine-Inférieure,  410;  Sèvres 
(Deux-),  364,  407;  Somme,  305,  350;  Var,  336  ;  Vaucluse,  338;  Vienne, 
403;  Vosges,  270,  279. 

Grande-Bretagne  et  Irlande,  439.  —  Angleterre,  420,  423.  —  Ecosse, 
415.  —  Jersey,  322. 

Italie,  289,  377.  —  Provinces  :  Bergame,  325;  Florence,  298;  Gônes, 
271;  Lecce,  266;  Mantoue,  390;  Padoue,  314,  389;  Pérouse,  295;  Rome, 
273,  274,  324;  Turin,  277,  417;  Venise,  262,  301,  337. 

Luxembourg,  440. 

Pays-Bas,  273. 

Roumanie,  262. 

Suisse.  —  Fribourg,  363  ;  Grisons,  284  ;  Neuchâtel,  329. 

Orient,  346. 


223 

259.  Aggarias  (Joseph).  Une  Famille  parlementaire  du  Dauphiné. 
Notice  sur  les  Ghalvet.  Grenoble,  impr.  Dupont,  1880.  90  p.  (Extrait 
du  Bulletin  de  r Académie  delphinale,  3«  série,  t.  XV.) 

260.  Adler  (S.).  Herzog  Welf  VI  und  seinSohn.  Hannover,  Helwing, 
1881.  iY-160p.  4  m. 

261.  Albert  (Paul).  La  Littérature  française  des  origines  à  la  fin  du 
XVI»  siècle.  4«  édition.  Paris,  Hachette.  In-J8,  432  pages.  (Bibliothèque 
variée.)  3  fr.  50  c. 

262.  Alcuni  Documenti  inediti  dell'  archivio  di  Stato  di  Padova  rela- 
tivi  ad  un  pietoso  episodio  del  secolo  xvr  :  protagonista  un  principe 
moldavo,  teatro  dello  scioglimento  Venezia;  pubblicati  da  Wollemburg 
Leone  per  nozze  Mendl-Basevi.  Padova,  tip.  Prosperini.  In-4,  23  p. 

263.  Amobe  (A.).  Berta  di  Savoia,  impératrice  di  Germania.  Milano, 
Ottino,  1881.  57  p.  1  1.  50  c. 

264.  Analecta  ad  historiam  renascentium  in  Hungaria  litterarum 
spectantia.  lussu  Academiae  scientiarum  Hungaricae  edidit  Ëugenius 
Abel.  Budapestini,  in  aedibus  Academiae,  Lipsiae,  Brockhaus,  1880. 
iv-298  p. 

265.  AuBERT  (Edouard).  Manuscrit  de  Tabbaye  d'Hautvillers,  dit  évan- 
géliaire  d'Ébon.  Nogent-le-Rotrou,  impr.  Daupeley-Gouverneur,  1881. 
18  pages.  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  nationale  des  antiquaires  de 
France,) 

266.  Baffi  (sac.  Luigij.  Ricerche  sulla  origine  del  fondatore  délia 
cattedra  episcopale  di  Taranto,  ed  altro  che  intéressa  la  storia  délia 
medesima  Ghiesa.  Taranto,  Latronico,  1880.  90  p. 

267.  Barbier  de  Montault  (X.).  Description  iconographique  de 
quelques  fers  à  hosties  de  l'Anjou.  Angers,  Germain  et  Grassin.  20  p. 
(Extrait  de  la  Revue  de  V Anjou,) 

268.  Baye  (J.  de).  Sépultures  franques  de  Joches  (Marne).  Paris, 
Didier.  12  pages,  figures  et  pi.  (Extrait  de  la  Revue  archéologique, 
novembre  1880.) 

269.  Bech  (Fedor).  Verzeichniss  der  alten  Handschriften  und  Drucke 
in  der  Domherren-Bibliothek  zu  Zeitz  aufgestellt  und  mit  einem  Vor- 
worte  zur  G^schichte  der  Bibliothek  versehen.  Berlin,  Weidmann, 
1881.  In-4,  xi-58  p.  5  m. 

270.  Benoît  (A.).  Quelques  Mots  sur  les  abbayes  de  Moyenmoutier  et 
de  Senones  en  1759.  Saint-Dié,  impr.  Humbert.  6  p.  (Extrait  du  Bulle- 
tin de  la  Société  philomathique  vosgienne,  1880-1881.) 

271.  Bent  (J,  Théodore).  Genoa,  how  the  republic  rose  and  fell.  With 
eighteen  illustrations.  London,  G.  Kegan  Paul,  1881.  xx-420p.  18  s. 


224 

272.  Bérenqibr  (dom  Th.).  Tableau  historique  du  monachisme  occi- 
dental. Le  Mans,  impr.  Monnoyer.  xl-7  p. 

273.  Bertolotti  (A.).  Artisti  belgi  ed  olandesi  a  Roma  nei  secoli  xvi 
e  XVII.  Notizie  e  documenti  raccolti  negli  archivi  romani.  Firenze,  Gaz- 
zetta  d'Italia.  429  p. 

274.  Bibliograiia  romana.  Notizie  délia  vita  e  délie  opère  degli  scrit- 
tori  romani  dal  secolo  xi  hno  ai  nostri  giorni.  Vol.  I.  Roma,  tip.  Botta, 
1880.  In-4,  GLXxiii-266  p.  (Ministero  di  agricoltura,  industria  e  com- 
mercio.  Direzione  di  statistica.) 

275.  BiscHOFF  (Fritz) .  Der  Gonjunctiv  bei  Ghrestien.  Halle  a.  S.,  Max 
Niemeyer,  s.  d.  iv-126  p.  3  m.  60  pf. 

276.  BoNNARDOT  (Hippolytc).  L'Abbaye  royale  de  Saint-Antoine-des- 
Ghamps,  de  l'ordre  deGîteaux.  Paris,  Didier.  19  p.  (Extrait  delà  Revue 
archéologique,  décembre  1880.) 

277.  Bosio  (G.  T.  Antonio).  Memorie  storico-religiose  e  di  belle  arti 
del  duomo  e  délie  altre  chiese  di  Ghieri,  con  alcuni  disegni.  Torino, 
libreria  San-Giuseppe,  1880.  428  p. 

278.  Boucher  de  Molandon.  Documents  Orléanais  du  règne  de  Phi- 
lippe-Auguste. Statuts  donnés  aux  tisserands  d'Orléans.  Limites  de  la 
juridiction  de  l'évêque  d'Orléans  à  Pithiviers.  Enquête  sur  des  droits 
d'usage  dans  la  forêt.  Le  donjon  royal,  dit  la  Tour-Neuve  ;  sa  recons- 
truction, ses  souvenirs.  Orléans,  Herluison,  1881.  30  p. 

279.  BouREULLE  (de).  Les  Gomtes  de  Neufchâtel,  seigneurs  de  Ghâtel- 
sur-Moselle  et  autres  lieux  (xiv«-xv«  siècles).  Saint-Dié,  impr.  Humbert. 
15  pages.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  philomathique  vosgienne, 
1880-1881.) 

280.  BouRQAiN  (L.).  La  Ghaire  française  au  xii«  siècle,  d'après  les 
manuscrits.  Paris,  Palmé,  1881.  x-399  p. 

281.  Brantôme  (Pierre  de  Bourdeille,  seigneur  de).  Œuvres  complètes. 
Publiées  d'après  les  manuscrits,  avec  variantes  et  fragments  inédits, 
pour  la  Société  de  l'histoire  de  France,  par  Ludovic  Lalanne.  Tome  X. 
Opuscules  et  pièces  diverses;  lexique;  poésies  inédites  publiées  par  le 
docteur  E.  Galy.  Paris,  Loones.  518  p.  9  fr. 

282.  Breton  (the)  Glosses  at  Orléans.  Edited  by  Whitley  Stokes.  Gal- 
cutta,  1880.  ix-77  p.  (Non  mis  dans  le  commerce.) 

283.  Brunetière  (Ferdinand).  La  Langue  et  la  littérature  françaises  au 
moyen  âge.  Montpellier,  impr.  Hamelin.  24  p.  (Extrait  de  la  Revue  des 
langues  romanes.) 

284.  Buchler  (Ghristian).  Die  Kacheloefen  in  Graubiinden  au  s  dem 
XVI.  bisxviii.  Jahrhundert.  Eine  kunst-  und  kulturgeschichtliche  Studie, 


225 

Zurich,  Gaesar  Schmidt,  1881.  Gr.  in-4,  44  p.,  6  planches  en  couleur 
par  G.  G.  Hofer.  9  fr.  50  c. 

285.  Bulletin  d^histoire  ecclésiastique  et  d'archéologie  religieuse  du 
diocèse  de  Valence.  1"*  année,  1'®  livraison,  septembre-octobre  1880. 
Romans,  au  secrétariat  du  comité  de  rédaction,  48  p.  (Paraît  tous  les 
deux  mois.)  Un  an,  3  fr. 

286.  Cahiers  des  états  de  Normandie  sous  le  règne  de  Henri  IV, 
documents  relatifs  à  ces  assemblées,  recueillis  et  annotés  par  Gh.  de 
Robillard  de  Beaurepaire.  Tome  I  (1589-1601).  Rouen,  Métérie.  367  p. 
(Publications  de  la  Société  de  l'histoire  de  Normandie.) 

287.  Ganditto  (le  comte  A.-E.  de).  Jacob  de  Barbari  et  Albert  Durer. 
La  vie  et  l'œuvre  du  Maître  au  caducée,   ses  élèves,  Durer,  Titien, 
Marc-Antoine,  Mabuse,  Marguerite  d'Autriche.  Catalogue  et  prix  de 
ses  quarante- trois  gravures.  Bruxelles,  Van  Tricht.  583  p.  et  2  portraits 
12  fr.  50  c. 

288.  Gantare  (el)  di  Fierabraccia  etUliuieri.  Italienische  Bearbeitung 
der  chanson  de  geste  Fierabras.  Herausgegeben  von  E.  Stengel.  Voraus- 
geschickt  ist  eine  Abhandlung  von  G.  Buhlmann  :  Die  Gestaltung  der 
chanson  de  geste  Fierabras  im  Italienischen.  Marburg,  Elwert,  1881. 
XLni-191  p.  (Ausgaben  und  Abhandlungen  aus  dem  Gebiete  der  roma- 
nischen  Philologie.  Veroeffentlicht  von  E.  Stengel.  II.)  8  m. 

289.'  Garon  (N.-L.).  Michel  Le  Tellier,  son  administration  comme 
intendant  d'armée  en  Piémont  (1640-1643),  manuscrits  inédits  de  la 
Bibliothèque  nationale,  copies  du  temps.  Paris,  Pedone-Lauriel.  In-18, 
GLxix-328  p.  5  fr. 

290.  Gartulaire  de  la  commune  de  Dinant,  recueilli  et  annoté  par 
Stanislas  Bormans.  Tome  II,  1450-1482.  Namur,  Wesmael-Gharlier. 
380  p.  (Documents  relatifs  à  l'histoire  de  la  province  de  Namur,  publiés 
par  ordre  du  conseil  provincial.) 

291.  Gastan  (Auguste).  Notice  sur  les  tombeaux  des  archevêques  de 
Besançon  Thiébaud  de  Rougemont  Bt  Quentin  Ménard.  Besançon, 
impr.  Dodivers.  19  p.  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  d'émulation  du 

,  Doubs,  12  juillet  1879.) 

292.  Gastan  (Auguste),  La  Retraite  de  Gaston  d'Orléans  en  Franche- 
Gomté  et  ses  trois  séjours  à  Besançon  en  1631  et  1632.  Besançon,  impr. 
Dodivers.  51  p.  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  d'émulation  du  Doubs, 

1877-1879.) 

293.  Ghabrand  (le  D').  Les  Escoyères  en  Queyras.  Grenoble,  Drevet, 
1881.  In-12,  15  p.  (Extrait  du  journal  le  Dauphiné.) 

294.  Ghabrand  (le  D').  La  Famille  Videl.  G-renoble,  impr.  Dupont, 
1880. 10  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  V Académie  delphinale,  3"  série,  t.  XV.) 

15 


226 

295.  Ghérancé  (le  H.  P.  Léopold  de).  Saint  François  d'Assise  (1182* 
4226).  2«  édition,  avec  portrait.  Paris,  Poussielgue.  In-i8,  xix-S32  p. 
(Bibliothèque  franciscaine.) 

296.  Ghébuel  (A.).  Dictionnaire  historique  des  institutions,  mœurs  et 
v,         coutumes  de  la  France.  5«  édition.  Paris,  Hachette.  2  vol.  in-18  à  2 col., 

LXxvi-568,  709  p.  (Histoire  universelle,  sous  la  direction  de  M.  V.  Dnniy.) 
12  fr. 

297.  Chevalier  (Ulysse).  François  Pétrarque,  bio-bibliographie.  Mont- 
béiiard,  impr.  Hotlmann.  16  p.  (Extrait  du  Répertoire  des  sources  hisUh- 
riques  du  moyen  âge,  4«  fascicule.) 

298.  Ghiappelli  (Luigi).  Vita  e  Opère  giuridiche  di  Gino  da  Pistoia, 
con  molti  documenti  inediti.  Ricerche.  Pistoia,  Bracali,  1881.  240  p.  3  1. 

299.  Glaessens  (P.).  Histoire  des  archevêques  de  Malines.  Louvain, 
Peeters.  2  vol.,  392,  244  p. 

300.  Gocheris  (Hippolyte).  Origine  et  formation  de  la  langue  française. 
Notions  d'étymologie  française.  Origine  et  formation  des  mots,  racines, 
préfixes  et  suffixes.  (Programme  du  2  août  1880.  Classes  de  troisième, 
seconde  et  rhétorique.)  Paris,  Delagrave.  In-12,  394  p. 

301.  Godex  Gumanicus  bibliothecœ  ad  templum  Divi  Marci  Yenetia- 
rum.  Primum  ex  intègre  edidit,  prolegomenis  notis  et  compluribus 
glossariis  instruxit  comes  Géza  Kuun.  Budapestini,  editio  scient.  Aca- 
demiae  Hung.,  1880.  gxxxiv-395  p. 

302.  GoMBiER  (A.).  Le  Palais  de  justice  de  Laon.  Laon,  impr.  CSortil- 
liot.  43  p. 

303.  Gomptes  des  bâtiments  du  roi  sous  le  règne  de  Louis  XI Y, 
publiés  par  M.  Jules  Guiffrey.  Tome  I:  Golbert  (1664-1680).  Paris,  impri- 
merie nationale.  In-4  à  2  col.,  lxxiv-1533  p.  (GoUection  de  documents 
inédits  sur  Thistoire  de  France,  3®  série,  archéologie.) 

304.  Coutumes  et  usages  des  étangs  de  la  Bombes  et  de  la  Bresse,  par 
M.  Gh.  Rivoire  et  autres  auteurs,  réunis,  mis  en  ordre,  annotés  et 
suivis  de  la  bibliographie  des  étangs  et  d'un  tableau  des  mesures 
locales,  par  A.  Truchelut,  expert-géomètre.  Bourg,  impr.  Authier  et 
Barbier.  172  p.  (Publication  du  comité  des  géomètres  des  arrondisse- 
ments de  Bourg  et  de  Trévoux.) 

305.  GoYETTE  (l'abbé  A.).  La  Paroisse  du  Saint-Sépulcre  d'Abbeviiie, 
etc.,  avec  appendices,  notes  et  pièces  nombreuses.  Abbeviile,  impr. 
Paillart,  1880.  In-18,  xxii-557  p. 

306.  GuissARD  (Gh.).  Documents  inédits  sur  Abélard,  tirés  des  mss. 
de  Fieury  conservés  à  la  bibliothèque  publique  d'Orléans.  Orléans, 
impr.  Golas.  47  p. 


227 

307.  Dbhaisnes  (C).  Inventaire-sommaire  des  archives  communales 
de  la  ville  de  la  Bassée  (département  du  Nord)  antérieures  à  1790.  Lille, 
impr.  Danel.  Gr.  in-4  à  2  col.,  v-109  p. 

308.  Deloche  (M.).  Explication  d'une  formule  inscrite  sur  plusieurs 
monnaies  mérovingiennes.  Paris,  Didier,  8  p.  (Extrait  de  la  Revue 
archéologique,  septembre  1880.) 

309.  DELPrr  (Jules).  Catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque 
municipale  de  Bordeaux.  Tome  I.  Bordeaux,  imprimerie  Delmas.  In-4, 
xxxm-464  p. 

310.  Demay  (G.).  La  Paléographie  des  sceaux.  Paris,  imprimerie 
nationale.  77  p.  avec  figures. 

311.  Di  un  codice  critico  délia  Biblia  volgata,  trascritto  nel  secolo  xii. 
Gon  fotografie  del  codice  stesso.  Palermo,  tip.  Virzî.  25  p. 

312.  DiQOT  (Paul).  Léopold,  duc  de  Lorraine,  fondateur  de  Téglise 
Saint-Sébastien  de  Nancy.  Nancy,  impr.  Grépin-Leblond.  In-12, 16  p. 

313.  DoiNEL  (A.).  Notice  historique  sur  Alizay  (légendes,  notes  et 
statistiques  diverses,  catalogue  de  la  bibliothèque  scolaire).  Évreux, 
impr.  Hérissey.  76  p. 

314.  DoLFiN  (Alvise).  Relazione  sul  capitaneato  délia  cittàdi  Padova, 
dal  10  dicembre  1623  al  17  maggio  1625.  Padova,  tip.  Prosperini.  15  p. 
(Per  nozze  Dolfin-Rocchetti.) 

315.  Dortmunder  Urkundenbuch.  Bearbeitet  von  Karl  Riibel.  Band  I. 
Erste  Haelfte.  (N»  1-547.)  899-1340.  Dortmund,  Koeppen,  1881 .  vii-376  p. 
9  m. 

316.  Double  (Lucien).  L'Empereur  Gharlemagne.  Paris,  Fischbacher. 
In-18,  xviii-291  p. 

317.  DouET  d'Argq  (L.).  Inventaire  après  décès  des  biens  meubles  de 
M«  Pierre  Gardonnel,  chanoine  de  Notre-Dame  de  Paris  (1438).  Paris. 
28  p.  (Extrait  du  tome  VII  des  Mémoires  de  la  Société  de  l'histoire  de 
Paris  et  de  l'Ile-de-France.  Ne  peut  être  mis  en  vente.) 

318.  DupuY  (Ant.).  Histoire  de  la  réunion  de  la  Bretagne  à  la  France. 
Tome  II.  Paris,  Hachette,  1880.  502  p.  7  fr.  50  c. 

319.  DuvAL  (Louis).  La  Louve  d'Alençon.  Mabille  de  Bellôme  dans 
le  roman  et  dans  Thistoire.  Alençon,  impr.  Marchand-Saillant.  In-12, 
16  p. 

320.  Eine  italienische  prosaversion  der  sieben  weisen.  Nach  einer 
Londoner  handschrift  zum  ersten  maie  herausgegeben  von  Hermann 
Varnhagen.  Berlin,  Weidmann,  1881.  xvi-39  p.  2  m. 

321.  Eximplis.  RecuU  de  eximplis  é  miracles,  gestes  é  fabules  éaltres 
ligendes  ordenades  per  A.  B.  G.,  tretes  de  un  manuscrit  en  pergamî  del 


'ZtjtTienç^nu^xn  del  <egie  xt.  ara  per  primera  volca  «stampades.  S.  L  n.  d. 
'  BarcftLrjna.  !VM).>  .i^ii  p.  ^  r. 

:yr2.  Eir>Mite  dfi  lile  de  J<*rw»y.  !<5*y7.  Jacques  L  Jersey,  C.  Le  Pean*, 
lîJ*»).  In-L  xxxn-[3ô  p.  (Société  jersiaise.  Ehiblicatioa  5*.> 

.?^^  FLO«iA5-VALLC3fTni.  ï^^y^fi^enf»  archèoIiDfnqaes  fiûtes  en  Daa- 
phiae  p^nda^nt  l'aanei?  1^TI>.  Grenoble,  impr.  Daponc,  1880.  35  pa^es. 
/Extrait  di  Bulletin  4e  l'Aradtmie  deiphinale,  3«  série,  t.  XV.) 

3^4,  FoiCELLA  Vincenzo^.  Catalofzo  dei  manoscritti  rignardand  la 
storia  di  Ho  ma  che  §i  a>Q.^rvano  neUa  biblioleca  Vaticana.  Vol.  II. 
Roma,  Bocca,  Iw).  ii6p.  15  I. 

3^>.  Foft505r  lEIiai.  ÂppuQti  «alla  vecchia  bosilica  di  Santa  Sfaria. 
Ma^giore  di  Eiergamo.  Bergamo.  tip.  GafTari  e  Gatti.  In-foL,  ^  P*ses, 
i  planches. 

3^.  Fornr^ATi  (  Venanti  Honori  Clementianii  presbyteri  Italid  Open 
poetica.  heceosuit  et  emendavit  Fridericos  Léo.  Berolini.  Weidmaiin, 
18^1,  Ia-4,  xxTrn'42T  p.  iMonnmenta  Germaniae  historica.  Anctorom 
aQtiqai£ftimonim  tomi  IV  pars  priori  12  m. 

327.  Frammento  di  cronaca  inedita  del  sec.  xvn  relativo  al  card. 
Marco  Delfino,  pubblicato  per  nozze  Dolfin-Rocchetti.  PadoTa,  tip. 
Prosperini.  12  p. 

328.  Fbeexax  /Edward  A.j.  The  Historical  Geography  of  Europe. 
I»ndon,  I»Dgmans,  1881.  2  vol.,  xlii-604,  viu  p.,LXV  cartes.  1 1. 1  s.  6  d. 

320.  Gauthieb  (Jnles).  Les  Documents  franc-comtois  des  archives  de 
Neufchàtel  fSui.sse).  Besancon,  impr.  Dodivers.  43  p.  (Extrait  dn  Bul'- 
Utin  de  l'Académie  de  Besançon,  19  décembre  1879.) 

330.  Geoffray  (Stéphane).  Iconographie  des  départements.  Documents 
ponr  ser\'ir  à  l'histoire  et  à  la  connaissance  du  travail  et  de  la  richesse 
en  France  ;  fac-similés  et  reproductions  photographiés  sur  nature  et  sur 
pièces  originales  inédites  (topographie,  archéologie,  architecture,  indus- 
trie, arts  et  métiers,  histoire  politique  et  littéraire,  religieuse  et  mili- 
taire, portraits,  curiosités  des  collections  particulières  et  publiques,  etc.). 
Livrai.son  1.  Iconographie  de  la  Loire.  Fascicule  2.  Roanne  ancien. 
Album  n*  i.  Paris,  Geoffray.  ln-4,  7  p.  et  5  planches  dont  1  double. 

331.  Georges  (l'abbé  Etienne).  Quelques  Comtes  de  Brienne  et  Tabbaye 
de  Beaulieu  d'après  les  pièces  originales.  Troyes,  impr.  Dufour-Bou- 
quot.  23  p.  (Extrait  de  VAnniuiire  de  l'Aube,  année  1880.) 

332.  Germain  (A.).  L'École  de  médecine  de  Montpellier,  ses  origines, 
sa  constitution,  son  enseignement.  Etude  historique  d'après  les  docu- 
ments originaux.  Montpellier,  impr.  Martel,  1880.  In-4,  152  p.  (Extrait 
des  Mémoires  de  la  Société  archéologique  de  Montpellier.) 


229 

333.  Germain  (Léon).  Recherches  historiques  sur  la  seigneurie  de 
Gons-la-Grranville.  Jean  I«' de  Ternes,  sire  de  Gons  (1247-1258).  Nancy, 
impr.  Grépin-Leblond.  32  p.  et  armoiries. 

334.  GoDEFROY  (Frédéric).  Dictionnaire  de  l'ancienne  langue  française 
et  de  tous  ses  dialectes  du  ix«au  xv«  siècle,  composé  d'après  le  dépouil- 
lement de  tous  les  plus  importants  documents  manuscrits  ou  imprimés 
qui  se  trouvent  dans  les  grandes  bibliothèques  de  la  France  et  de  l'Eu- 
rope et  dans  les  principales  archives  départementales,  municipales, 
hospitalières  ou  privées.  Tome  I,  fasc.  1-7.  Paris,  Vieweg,  1880-1881. 
In-4  à  2  col.,  552  p. 

335.  GoiFFON  (l'abbé).  Dictionnaire  topographique,  statistique  et  his- 
torique du  diocèse  de  Nîmes.  Nîmes,  Grimaud,  Gervais-Bedot,  Gatelan. 
428  p. 

336.  GouiLLOuD  (le  P.  André).  Saint  Eucher,  Lérins  et  TÉglise  de 
Lyon  au  v*  siècle.  Lyon,  Briday.  x-564  p. 

337.  Gradbnioo  (Pietro).  Notizie  del  passagio  per  lo  Stato  veneto  di 
Enrico  III,  re  di  Francia,  nelF  anno  1574  (da  un  codice  Marciano). 
Yenezia.  16  p.  (Pubbl.  da  Ant.  Angeli  per  nozze  Buvoli-Tedeschi.) 

338.  Grand  (le)  Bénitier  de  Saint-Agricol  à  Avignon,  lettre  à  M.  Joseph 
Seguin,  gérant  du  Bulletin  historique,  archéologique  et  artistique  de  Vau- 
cluse,  par  le  marquis  de  M.  Avignon,  Seguin.  7  p.  (Extrait  du  Bulletin, 
juillet  1880.) 

339.  GuiFFREY  (J.).  Note  sur  une  tapisserie  représentant  Godefroy  de 
Bouillon  et  sur  les  représentations  des  preux  et  des  preuses  au  xv«  s. 
Paris.  14  p.  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  nationale  des  antiquaires 
de  France,  t.  XL.) 

340.  GuiGUE  (G.).  Notice  historique  sur  l'hôtel  et  la  prison  de  Roanne, 
le  prieuré  de  Saint-Alban  et  le  palais  actuel  de  Lyon.  Lyon,  impr. 
Mougin-Rusand.  19  p.  (Extrait  du  Moniteur  judiciaire,  12  juillet  1880.) 

341.  Guillaume  (Paul).  Recherches  historiques  sur  les  Hautes-Alpes. 
1«*  partie.  Les  maisons  religieuses  :  1»  l'abbaye  de  Saint-Marcellin 
d'Embrun;  2"  la  Novalaise  et  ses  dépendances  alpines.  Gap,  impr. 
Jouglard,  1881.  95  p. 

342.  Guillaume  (Paul).  Relations  de  Louis  XI  et  Charles  VUE  avec 
Gap  et  Embrun  d'après  deux  documents  des  archives  départementales 
des  Hautes- Alpes.  Paris,  Alphonse  Picard,  1881.  8  p.  (Extrait  du  Bul- 
letin d'histoire  ecclésiastique  et  d*archéologie  religieuse  des  diocèses  de 
Valence,  Gap,  Grenoble  et  Viviers,  l***»  année,  3«  livraison.) 

343.  Hardy  (E.).  Bayard  (1495-1514).  Paris,  Dumaine.  183  p.,  28fig. 
et  portrait.  (Études  militaires  historiques.)  4  fr. 


V 


230 

344.  Hardy  (E.).  Les  Guerres  de  religion,  de  1562  à  1594.  Paris, 
Dumaine.  199  p.,  29  fig.  (Études  militaires  historiques.)  4  fr. 

345.  Hardy  (E.).  Les  Valois  d'Angoulôme,  de  1515  à  1589.  Paris, 
Dumaine.  466  p.,  86  fig.  (Études  militaires  historiques.)  8  fr. 

346.  Harnagk  (Otto).  Das  karolingische  und  das  byzantinische  Reich 
in  ihren  wechselseitigen  politischen  Beziehungen.  Nebst  einem  Excurs 
liber  den  officiellen  oder  privaten  Ursprung  der  grossen  karolingischen 
Annalen.  Goettingen,  Peppmùller.  104  p.  2  m. 

347.  Hauréau  (B.).  Histoire  de  la  philosophie  scolastique.  Seconde 
partie.  Paris,  Pedone-Lauriel.  2  vol.,  463,  495  p. 

348.  Hayet  (Julien).  L'Hérésie  et  le  bras  séculier  au  moyen  âge 
jusqu'au  treizième  siècle.  Paris,  Champion,  1881.  67  p.  (Extrait  de  la 
Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  t.  XLI,  1880.) 

349.  Heinemânn  (Karl).  Ueber  das  Hrabanische  glossar.  Halle,  Max 
Niemeyer,  1881.  92  p.  2  m.  40  pf. 

350.  Hénocque  (Fabbé).  Histoire  de  Tabbaye  et  de  la  ville  de  Saint- 
Riquier  :  les  saints,  les  abbés,  le  monastère  et  l'église,  la  ville  et  la 
commune,  etc.  Tome  I.  Paris,  Dumoulin.  Li-4,  xl-568  p.  et  planches. 
(Mémoires  de  la  Société  des  antiquaires  de  Picardie.  Documents  inédits 
concernant  la  province.  Tome  IX.) 

351.  Histoire  littéraire  de  la  France.  Ouvrage  commencé  par  des 
religieux  bénédictins  de  la  congrégation  de  Saint-Maur  et  continué  par 
des  membres  de  TListitut  (Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres). 
Tome  XXVHL  Suite  du  xrv^  siècle.  Paris,  imprimerie  nationale.  In-4, 
xx-516  p. 

352.  Hoffmeister  (Jacob  Ghristoph  Garl).  Historisch-kritische  Beschrei- 
bung  aller  bis  jetzt  bekannt  gewordenen  hessischen  Mïmzen,  Medaillen 
u.  Marken  in  genealogisch-chronologischer  Folge.  IV.  Band.  Hannover, 
Garl  Meyer,  1880.  In-4,  xxiv-456  p.  30  m.  (On  a  compris  dans  ce 
volume  une  réimpression  du  vol.  III,  qui  avait  été  tiré  à  petit  nombre.) 

353.  Irish  (the)  Passages  in  the  Stowe  missal,  with  some  notes  on 
the  Orléans  glosses.  Edited  by  Whitley  Stokes.  Calcutta,  1881.  22  p. 
(Non  mis  dans  le  commerce.) 

354.  Jean  et  Joachim  de  Boisjourdan  (1505-1577).  Mamers,  impr. 
Fleury  et  Dangin.  16  p. 

355.  Jobbé-Duval  (E.).  Étude  historique  sur  la  revendication  des 
meubles  en  droit  français.  Paris,  Larose,  1880.  254  p. 

356.  Journal  d'un  bourgeois  de  Paris  (1405-1449),  publié,  d'après  les 
manuscrits  de  Rome  et  de  Paris,  par  Alexandre  Tuetey.  Paris,  Cham- 
pion, 1881.  xLiv-419  p.  (Publication  de  la  Société  de  Thistoire  de  Paris 
et  de  rile-de-France.) 


234 

357.  Klockhoff  (Oskar).  Studier  ôfver  Eufemia  Visarnar.  Upsala 
Universitets  Arsskrift,  1881  :  Filosofi,  Sprâkvetenskap  och  historiska 
Vetenskapen,  I.  Upsala,  1881.  86  p. 

358.  Landes-Zeughaus  (Das)  in  Graz.  Herausgegeben  von  der  Vor- 
stehung  des  Munzen-  und  Antiken-Gabinetes  am  St.  L.  Johanneum. 
Leipzig,  Brockhaus,  1880.  In-4,  v-176-XLvn-151  p.,  xliii  planches.  60  m. 

359.  Lanqerogk  (P.),  Hougkb  (A.  van).  Anciennes  Gonstructions  en 
Flandre.  Oude  Bouwwerken  in  Vlaanderen.  l'«  année,  l"»  et  2*  livrai- 
sons. Gand,  Stepman,  1881.  xx  planches. 

360.  Le  Gharpentier  (H.).  Essai  historique  sur  Tancienne  corporation 
des  bouchers  de  Pontoise.  Pon toise,  impr.  Paris.  27  p. 

361.  Le  Fizelier  (Jules).  Anne  de  Laval,  princesse  de  la  Trémoille 
(1505-1553).  Mamers,  impr.  Fleury  et  Dangin.  37  p.  (Extrait  de  la 
Revue  historique  et  archéologique  du  Maine,  t.  VIII,  188().) 

362.  Lefizelier  (Jules).  Description  de  Téglise  de  Montaudin,  canton 
de  Landivy  (Mayenne).  Note  rédigée  pour  V Inventaire  des  richesses  d'art. 
Laval,  impr.  Moreau.  5  p.  avec  un  dessin  par  Dousdebès.  (Extrait  des 
Procès  verbaux  et  documents  de  la  commission  historique  et  archéologique 
de  la  Mayenne.) 

363.  Lehr  (Ernest).  La  Handfeste  de  Fribourg-dans-l'IJechtland  de 
l'an  MCCXLix.  Lausanne,  Benda,  1881.  vi-146  p.,  1  planche.  8  fr. 

364.  Lévesque  (Louis).  Notes  sur  Saint-Maixent.  Le  campus  Vocla^ 
densis.  Dissertation  sur  le  champ  de  bataille  de  507.  Niort,  impr. 
Robichon,  1880.  35  p.  2  fr. 

365.  Lexer  (Matthias).  Mittelhochdeutsches  Taschenwoerterbuch  mit 
grammatischer  Einleitung.  Zweite  Auflage  mit  Nachtraegen.  Leipzig, 
Hirzel,  1881.  xxin-420  p.  4  m. 

366.  Libri  citationum  et  sententiarum  seu  Knihy  pûhonné  a  nâlezové. 
Tomus  m.  Pars  altéra.  Qua  continentur  :  Pûhony  Olomucké  1437-1448. 
Edidit  Vincentius  Brandi.  Brunœ,  sumptibus  deputationis  marchionatus 
Moraviœ,  1880.  P.  425-732. 

367.  LoisEAu  (A.),  fiistoire  de  la  langue  française,  ses  origines  et  son 
développement  jusqu'à  la  fin  du  xvi«  siècle.  Paris,  Thorin.  iv-538  p. 

368.  LoiSELEUR  (Jules).  Les  Nouvelles  Gontro verses  sur  la  Saint-Bar- 
thélémy. Paris,  Germer  Baillière.  30  p.  (Extrait  de  la  Revue  historique, 
janvier  1881.) 

369.  LoNGNON  (Auguste).  Notes  sur  la  géographie  de  la  Gaule.  Nogent-      n^ 
le-Rotrou,  impr.  Daupeley-Gouverneur.  P.  13-26* 

370.  Maggiolo  (L.).  Simples  Notes  pour  servira  l'histoire  de  la  carto- 


232 

graphie  en  Lorraine  du  xv*  au  xix'  siècle.  Nancy,  impr.  E^rger-Levrault* 
12  p. 

371.  Maignien  (Edmond).  Raoul  de  Vienne,  sire  de  Louppy,  gouver- 
neur du  Dauphiné  (oct.  1361-8ept.  1369).  Grenoble,  impr.  Dupont,  1881. 
36  pages.  (Extrait  du  Bulletin  de  l'Académie  delphinale,  3'  série,  t.  XVI, 
1880.) 

372.  Malte-Brun  (V.-A.).  Le  Mont  Renaud,  ancienne  chartreuse  de 
Noyon,  dite  du  Mont  Saint-Louis.  Notice  historique.  Paris,  Champion. 
27  p.  et  2  pi. 

373.  Mancbaux  (l'abbé),  curé  d'Hautvillers.  Histoire  de  l'abbaye  et  du 
village  d'Hautvillers.  Épernay,  impr.  Doublât.  3  volumes,  vm-615,  599, 
637  p. 

374.  Mantels  (WilhelmK  Beitraege  zur  lûbisch  -  hansischen  Gre- 
schichte.  Ausgewaehlte  historische  Arbeiten.  Jena,  Gustav  Fischer, 
1881.  xxxi-391  p.,  1  pi.  8  m. 

375.  Marsy  (le  comte  A.  de).  La  Monographie  de  la  cathédrale  de  Lyon 
par  M.  L.  Bézule.  Compte  rendu  bibliographique.  Arras,  libr.  du  Pas- 
de-Calais;  Paris,  Dumoulin.  12  p.  (Extrait  delà  Revue  de  Vart  chrétien.) 

376.  Martonne  (A.  de).  Rapport  sur  les  archives  du  département  de 
la  Mayenne,  présenté  au  conseil  général  (session  d'août  1880).  Laval, 
impr.  Moreau.  18  p. 

377.  Mazzei  (ser  Lapo),  notaro.  Lettere  a  un  mercante  del  secolo  xiv, 
con  altre  lettere  e  document!,  per  cura  di  Cesare  Gruasti.  Firenze,  Le 
Monnier,  1880.  2  vol.  in-16,  cxLm-443,  465  p.  8  1. 

378.  Mittheilungen  des  k.  k.  Kriegs-Archivs.  Herausgegeben  von  der 
Direction  des  Kriegs-Archivs.  l.  Mit  zwei  Tafeln.  Wien,  R.  v. 
Waldheim,  1881.  130  p.,  2  cartes.  7  fl. 

379.  MoLiNiER  (Auguste).  Description  de  deux  manuscrits  contenant 
la  règle  de  la  militia  Passionis  Jhesu  Christi  de  Philippe  de  Mézières. 
Gênes,  impr.  de  l'institut  royal  des  sourds-muets,  1881.  32  p.  (Extrait 
des  Archives  de  l'Orient  latin,  t.  I,  p.  335-364.) 

380.  Morel-Fatio.  Catalogue  des  manuscrits  espagnols  de  la  Biblio- 
thèque nationale.  Livraison  1.  Paris,  imprimerie  nationale.  In-4  à  2  col., 
243  p.  (Sera  complet  en  2  livraisons.) 

381.  MoRLAis  (M.).  De  vita  et  scriptis  Roberti  de  Torinneio,  abbatis 
in  Monte  Sancti  Michaelis.  Thesim  proponebat  Redonensi  litterarum 
facultati.  Paris,  Thorin.  x-91  p. 

382.  MouLARD  (P.)/ Analyse  des  registres  paroissiaux  et  de  l'état  civil 
de  Sougé-le-Ganelon  (Sarthe).  Le  Mans,  Lebrault.  80  p.  1  fr.  50  c. 


233 

383.  MuECKE  (A.).  Kaiser  Otto  II.  undOttoIII.  Halle,  Buchhandlung 
des  Waisenhauses,  1881.  vi-122  p.  (Erzaehlungen  aus  dem  deutschen 
Mittelalter.  Herausgegeben  von  Otto  Nasemann.  VIII.)  1  m.  20  pf. 

384.  NiBPCE  (Léopold).  Les  Titres  de  la  noblesse  ancienne  et  moderne 
du  Lyonnais,  transcrits  sur  les  registres  de  la  cour  d*appel  de  Lyon 
<1808-1858).  Lyon,  Georg.  vm.244  p. 

385.  NoBBB  (Heinr.  F.  A.).  Gerhoh  von  Reichersberg.  Ein  Bild  aus 
dem  Leben  der  Kirche  im  12.  Jahrhundert.  Leipzig,  Boehme,  1881. 
vni-180  p. 

386.  f^OEL  (Octave).  Étude  historique  sur  Torganisation  financière  de 
la  France.  Paris,  Charpentier.  In-18,  xi-504  p.,  2  cartes.  (Bibliothèque 
Charpentier.)  3  fr.  50  c. 

387.  Oesterley  (Hermann).  Historisch-geographisches  Woerterbuch 
des  deutschen  Mittelalters.  Lief.  1,  2.  A-Engabrunn.  Gotha,  Justus 
Perthes,  1881.  160  p.  4  m.  80  pf.  (L'ouvrage  paraîtra  en  12  livraisons 
environ,  à  2  m.  40  pf.,  et  sera  terminé  en  1882.) 

388.  Oliver  (Bienvenido).  Historia  del  derecho  enCataluna,  Mallorca 
y  Valencia.  Côdigo  de  las  costumbres  de  Tortosa.  Tomo  IV  (y  ûltimo). 
Madrid,  Murillo,  1881.  xxiv-574  p.  60  r. 

389.  Pace  (la)  del  26  agosto  1157  tra  i  Monseliciani  e  i  Pernumiani. 
Lettera  di  Andréa  Gloria,  con  documento  inedito.  Padova,  t^rosperini. 
23  p.  (Per  nozze  Dolfin-Rocchetti.) 

390.  Paris  (Gaston).  Inventaire  des  manuscrits  en  langue  française 
possédés  parFrancesco  Gonzagal®',  capitaine  de  Mantoue,  mort  en  1407. 
Nogent-le-Rotrou,  impr.  Daupeley-Gouverneur.  18  p.  (Extrait  de  la 
Romania,  t.  IX.) 

391.  Peinligh  (Richard).  Chronistische  Uebersicht  der  merkwurdigsten 
Naturereignisse,  Landplagen  und  Gulturmomente  der  Steiermark  vom 
Jahre  1000  bis  1850.  Graz,  Leykam-Josefsthal,  1880.  1  tableau  in-fol. 
piano.  1  fl. 

392.  Pentateuchi  Versio  Latina  antiquissima  e  codice  Lugdunensi. 
Version  latine  du  Pentateuque  antérieure  à  saint  Jérôme,  publiée  d'après 
lé  ms.  de  Lyon,  avec  des  fac-similés,  des  observations  paléographiques, 
philologiques  et  littéraires  sur  l'origine  et  la  valeur  de  ce  texte,  par 
Ulysse  Robert.  Paris,  Didot,  1881.  In-4,  cxliv-341  p. 

393.  Piqeotte  (Léon).  Les  Anciens  Seigneurs  de  Beaufort,  aujourd'hui 
Montmorency  (Aube).  Troyes,  impr.  Dufour-Bouquot.  32  p.  (Extrait  de 
V Annuaire  de  l'Aube,  1881.) 

394.  Piper  (Paul).  Die  Verbreitung  der  deutschen  Dialekte  bis  um 


234 

datf  Jahr  1300.  Auf  Grund  der  alten  Sprachdenkmaeler  bearbeitet 
uad  kartographisch  dargestellt.  Mit  einer  Karte  im  Maasstabe  von 
1  :  4,700,000.  Zweite  Auflage.  Lahr,  Schaaenburg,  1881.  8  p.,  1  carte. 
(Extrait  de  la  Zeiischrift  pUr  unssenschaftliche  Géographie  de  Kettler,  I,  4.) 
HOpf. 

395.  Pootae  Latini  aevi  Garolini.  Recensuit  Ernestus  Duemmler. 
Tomi  I  pars  prior.  Berolini,  Weidinann,  1880.  In-4,  392  p.  (Monumenta 
Oermaniae  historica.)  10  m. 

396.  PossE  (Otto).  Die  Markgrafen  von  Meissen  und  das Haus  WeUin 
bis  zu  Konrad  dem  Grossen.  Mit  4  Stammtafeln  und  8  Karten.  Leipzig, 
Giesecke  und  Devrient,  1881.  xv-464  p.  9  m. 

397.  PouGHET  (J.).  Excursion  au  pic  Saint-Loup  et  aux  ruines  du 
château  de  Montferrand.  Avec  une  photographie  et  un  croquis  de 
Montferrand  et  une  coupe  de  la  région  de  Saint-Loup.  Montpellier,  impr. 
Boehm.  39  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  languedocienne  de 
géographie,  décembre  1880.) 

398.  Prosaroman  (Der)  von  Joseph  von  Arimathia.  Mit  einer  Einlei- 
tung  ueber  die  handschriftiiche  Ueberlieferung  herausgegeben  von 
Georg  Weidner.  Oppeln,  Eugen  Franck,  1881.  lxv-148  p. 

399.  Prost  (Aug.).  Étude  sur  le  régime  ancien  de  la  propriété.  La 
vesture  et  la  prise  de  ban  à  Metz.  Paris,  Larose.  253  p.  (Extrait  de  la 
Nouvelle  Revue  historique  de  droit  français  et  étranger,  1880.) 

400.  Prudhomme  (A.).  Notice  historique  sur  la  ville  de  Bourgoin. 
Vienne,  Savigné,  1881.  35  p.,  1  pi.  (Extrait  de  la  Revue  du  Dauphinê  et 
du  Vivarais,  1880.) 

401 .  PuECH  (le  docteur  Albert).  Les  Pharmaciens  d'autrefois  à  Nîmes, 
étude  historique  d'après  les  documents  inédits.  Paris,  Savy.  180  p. 
(Extrait  des  Mémoires  de  V Académie  de  Nimss,  1879.)  4  fr. 

402.  Raverat  (le  baron).  Notre  vieux  Lyon.  Promenades  historiques 
et  artistiques  dans  les  quartiers  de  la  rive  droite  de  la  Saône.  Lyon, 
impr.  Meton.  243  p.  5  fr. 

403.  Reoet  (L.).  Dictionnaire  topographique  du  département  de  la 
Vienne,  comprenant  les  noms  de  Lieu  anciens  et  modernes,  rédigé  sous 
les  auspices  de  la  Société  des  antiquaires  de  l'Ouest.  Paris,  imprimerie 
nationale.  In-4  à  2  col.,  xxxvi-530  p.  (Dictionnaire  topographique  de  la 
France.) 

404.  Renard  (Ath.).  La  Patrie  de  Jeanne  d'Arc.  Langres,  Dangien. 
In-12,  15  p. 

405.  Revillout  (Gh.).  Un  Voyatgeur  dauphinois  resté  inconnu,  Antoine 


235 

de  Brunel,  seigneur  de  Saint-Maurice-en  Trievès  (1622-1696).  Grenoble, 
impr.  Dupont,  1880.  38  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  VAcadémie  delphinale, 
3«  série,  t.  XV.) 

406.  Richard  (rabbé).  Notice  sur  le  château  de  Ghauvillers.  Besan- 
çon, impr.  Dodivers.  8  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  l'Académie  de  Besançon, 
16  décembre  1879.) 

407.  Richard  (Alfred).  Étude  critique  sur  les  origines  du  monastère 
de  Saint-Maixent.  En  quel  lieu  il  a  été  édifié.  Son  premier  nom.  Saint- 
Maixent,  impr.  Reversé.  47  p. 

408.  Richard  (Jules-Marie).  Une  Conversion  de  rente  à  Arras  en  1392. 
Nogent-le-Rotrou,  impr.  Daupeley-Gouverneur,  19  p.  (Extrait  de  la 
Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  t.  XLI.) 

409.  RiouLT  DE  Neuville  (le  vicomte  L.).  Les  Barons  d^Orbec.  Gaen, 
Le  Blanc-Hardel.  In-4,  60  p.  (Extrait  du  30*  volume  des  Mémoires  de  la 
Société  des  antiquaires  de  Normandie,) 

410.  RoBiLLARD  DE  Beaurepaire  (Gh.  oe).  Livontaire-sommalre  des 
archives  de  la  ville  de  Rouen  antérieures  à  1790.  Série  A  (1'®  série). 
Délibérations.  Rouen,  impr.  Lecerf.  Gr.  in-4  à  2  col.,  p.  81-240. 

411.  Rolle  (Fortuné).  Liventaire-sommaire  des  archives  hospitalières 
antérieures  à  1790.  Ville  de  Lyon  :  la  Gharité,  ou  Aumône  générale. 
T.  IV,  sériesEàH.  Lyon,  Brun.  Gr.  in-4  à  2  col.,  566  p. 

412.  Roman  (Joseph).  Jetons  du  Dauphiné.  Grenoble,  impr.  Dupont, 
1880.  46  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  VAcadémie  delphinale,  3«  série, 
t.  XV.) 

413.  Roman  (Joseph).  Recherches  sur  l'emplacement  de  la  civitas  et 
de  révêché  Bigomagensium  (province  ecclésiastique  d'Embrun).  Grenoble, 
impr.  Allier.  55  p. 

414.  Rothenberg  (Ismar).  De  suffixarum  mutationein  lingua  Franco- 
gallica.  Dissertatio  inauguralis.  Berolini,  1880.  92  p. 

415.  Rotuli  scaccarii  regum  Scotorum.  The  Exchequer  Rolls  of  Scot- 
land  edited  by  George  Burnet.  Vol.  IV.  A.  D.  1406-1436.  Edinburgh, 
H.  M.  gênerai  register  house,  1880.  gcxiv-783  p.  (Séries  of  chronicles 
and  memorials  published  by  authority  of  the  lords  commissioners  of 
H.  M.  treasury  under  the  direction  of  the  deputy  clerk-register  of 
Scotland.) 

416.  Sagher  (Frédéric).  Bibliographie  de  la  Bretagne,  catalogue  géné- 
ral des  ouvrages  historiques,  littéraires  et  scientifiques  parus  sur  la 
Bretagne,  avec  la  liste  des  revues  publiées  en  cette  province,  les  prix 
approximatifs  des  volumes  rares,  etc.  Rennes,  Plihon.  vi-236  p. 


236 

417.  Sassi  (Daniele).  L'Istnizione  pubblica  in  Torino  dal  1300  al  1S80. 
Torino,  V.  Bona.  97  p. 

418.  Sautereau  (P.-B.).  Notice  historique  sur  Sombernon.  Giteaux, 
libr.  Saint-Joseph.  216  p. 

419.  ScHiEFFER  (Enrico).  Giovanni  Mirallieti  e  Ludovico  Brea,  pittori 
celebri  nizzardi  del  xv»  secolo,  descritti.  Nizza,  tip.  Yiterbe.  In-i8, 
32  p. 

420.  Sghanz  (Georg).  Englische  Handelspolitik  gegenEnde  des  Mittel- 
alters  mit  besonderer  Berûcksichtigung  des  Zeitalters  der  beiden  ersten 
Tudors  Heinrich  Vil.  und  Heinrich  VIII.  Gekroente  Preisschrift. 
Leipzig,  Duncker  und  Humblot,  1881.  2  vol.,  î:ix-684,  xni-672  p.  32  m. 

421.  Sdralek  (Max).  Hinkmars  von  Rheims  kanonistisches  Gutachten 
ûber  die  Ehescheidung  des  Koenigs  Lothar  II.  Ein  Beitrag  zur  Kirchen-, 
Staats-  und  Rechts-Geschichte  des  ix.  Jahrhunderts.  Freiburg  im 
Breisgau,  Herder,  1881.  xi-199  p.  3  m. 

422.  Sébillot  (Paul).  Littérature  orale  de  la  Haute-Bretagne.  Tradi- 
tions, légendes,  chansons,  proverbes,  devinettes,  superstitions.  Paris, 
Maisonneuve.  In-12,  xn-409  p.  (Les  Littératures  populaires  de  toutes 
les  nations,  tome  I«'.) 

423.  Sélections  from  the  records  of  the  city  of  Oxford,  with  extracts 
from  other  documents  illustrating  the  municipal  history  :  Henry  VIII. 
to  Elizabeth,  1509-1583.  Edited,  by  authority  of  the  corporation  of 
the  city  of  Oxford,  by  W^illiam  H.  Turner,  under  the  direction  of 
Robert  S.  Hawkins.  Oxford  and  London,  Parker,  1880.  xl-478  p. 
L.  1,  1  s. 

424.  SiCKEL  (Th.).  Kaiserurkunden  in  Abbildungen  herausgegeben  von 
H.  V.  Sybel  und  Th.  Sickel.  Eine  Selbstanzeige.  Innsbruck,  Druck  der 
Wagner'schen  Universitaets-Buchdruckerei ,  1881.  23  p.  (Extrait  des 
Mittheilungen  des  Instituts  fur  oesterreichische  Geschichtsforschung,  II, 
p.  310-330.) 

425.  Singulières  (les)  Merveilles  du  vieux  Nancy.  Le  portail  des 
Sœurs  grises,  gravé  par  G.  Lapaix,  d'après  une  estampe  de  D.  GoUin, 
graveur  du  roi  de  Pologne,  extraite  des  Mémoires  de  l'Académie  de  la 
ville  neuve  de  Nancy.  Notice  par  Gh.  Gourbe.  Nancy,  impr.  Grépin- 
Leblond.  In-4,  23  p.  et  2  grav.  (Extrait  du  Journal  de  la  Société  d'ar-- 
chéologie  lorraine.) 

426.  Sir  Orfes,  ein  englisches  feenmaerchen  aus  dem  mittelalter  mit 
einleitung  und  anmerkungen  herausgegeben  von  D""  Oscar  Zielke. 
Breslau,  Koebner,  1880.  v-137  p.  4  m. 


237 

427.  SiRET  (Adolphe).  Dictionnaire  historique  et  raisonné  des  peintres 
de  toutes  les  écoles  depuis  Torigine  de  la  peinture  jusqu'à  nos  jours. 
Contenant  :  1°  un  abrégé  de  l'histoire  de  la  peinture  chez  tous  les 
peuples  ;  2®  la  biographie  des  peintres  par  ordre  alphabétique  avec  dési- 
gnation d'école;  3'  Tindication  de  leurs  tableaux  principaux  avec  dési- 
gnation des  lieux  où  ils  se  trouvent;  4*  la  caractéristique  du  style  et  de 
la  manière  des  peintres  ;  5«  le  prix  auquel  ont  été  vendus  les  tableaux 
dans  les  ventes  célèbres  des  trois  derniers  siècles,  y  compris  le  xix«; 
6*  huit  cents  monogrammes  environ  ;  7'  les  listes  chronologiques,  par 
école,  des  artistes  cités.  i'«  livr.,  A-GEN.  Louvain,  Peeters  ;  Bruxelles. 
192  p.  à  2  col.  7  fr.  50  c. 

428.  SoiRiBR  d'Evires  (de).  Notice  historique  sur  l'organisation  de  la 
justice  et  de  la  magistrature  en  Tarentaise  du  xii«  au  xix*  siècle.  Gham- 
béry,  impr.  Châtelain.  36  p.  et  planche. 

429.  Soyez  (E.).  Nicolas  Cornet,  grand  maître  du  collège  de  Navarre, 
esquisse  biographique.  Amiens,  Delattre-Lonoel,  1880.  In-4,  197  p.  et 
portrait. 

430.  Sposalizio  (lo)  di  Flos  con  Floris  :  novella  cavalleresca  inedita 
del  secolo  xv,  pubbl.  da  Zambrini  Francesco  per  nozze  Tessier-Bressa- 
nin.  Imola,  tip.  Galeati.  18  p. 

431.  Tableau  général  de  l'élection  de  Chaumont  et  Magny  en  1772, 
publié  par  Alfred  Potiquet.  Magny-en-Vexin,  Bourgeois.  61  p.  et  carte. 

432.  TAinzEY  de  Larroque  (Philippe).  De  la  correspondance  inédite 
de  dom  B.  de  Montfaucon.  Paris,  Champion,  Picard,  1879.  32  pages. 
(Extrait  de  la  Revue  de  Gascogne.) 

433.  TosELLi  (G.  B.).  Raccolta  di  vari  documenti  suUa  storia  di 
Nizza.  Nizza,  tip.  Gauthier.  In-18,  200  p. 

434.  Transactions  (the)  of  the  Royal  Irish  Academy.  Irish  manu- 
script  séries.  Volume  I.  Part  I.  On  the  calendar  of  Oegus.  By  Whitley 
Stokes.  Dublin,  the  Academy,  1880.  In-4,  41-cccLn  p. 

435.  Trois  (les)  Cartulaires  de  la  prévôté  ou  abbaye  de  Saint-Martin, 
à  Ypres.  Tome  I®**.  Bruges,  impr.  De  Zuttere-Van  Kersschaver.  In-4, 
424  p.  (Publication  de  la  Société  d'émulation  de  la  Flandre.) 

436.  Visite  de  Thomas  Platter  à  Nîmes  et  au  pont  du  Gard  (févr.  1596), 
précédée  d'une  lettre  de  M.  Jules  Bonnet  à  M.  Meynard-Auquier. 
Nîmes,  Peyrot-Tinel.  16  p.  (Extrait  des  Mémoires  de  l'Académie  de 
Nîmes,  1878.) 

437.  Vitae  (Die)  sancti  Liudgeri.  Herausgegeben  von  D'  Wilhelm 
Diekamp.  Miinster,  Theissing,  1881.  Gxxii-330p.  (Die  Geschichtsquellen 


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^ 


CHRONIQUE  ET  MÉLAN&ES. 


Par  arrêté  du  2  mai  1881,  M.  Tardif,  professeur  de  droit  du  moyen 
âge  à  rÉcole  des  chartes,  est  autorisé  à  se  faire  suppléer,  pendant  le 
second  semestre  de  l'année  scolaire  1880-1881,  par  M.  Paul  VioUet, 
archiviste  paléographe. 

—  Le  25  mars,  notre  confrère  M.  Gaston  Paris  a  été  élu,  par 
TAcadémie  des  inscriptions  et  belles-lettres,  membre  de  la  commission 
de  V Histoire  littéraire  de  la  France  et  membre  du  conseil  de  perfection- 
nement de  rÉcole  des  chartes,  en  remplacement  de  M.  Paulin  Paris. 

—  Par  arrêté  du  25  mars,  nos  confrères  MM.  Gerbaux  et  Omont  ont 
été  nommés  surnuméraires  à  la  Bibliothèque  nationale,  le  premier  au 
département  des  imprimés,  le  second  au  département  des  manuscrits. 

—  Par  arrêté  du  19  avril,  notre  confrère  M.  Élie  Berger  a  été  nommé 
archiviste  auxiliaire  à  la  section  législative  et  judiciaire  des  Archives 
nationales. 

—  Notre  confrère  M.  Didier-Neuville  a  été  nommé  commis  de  seconde 
classe  aux  archives  du  ministère  de  la  marine. 

—  A  l'occasion  de  la  réunion  des  délégués  des  sociétés  savantes  à  la 
Sorbonne,  notre  confrère  M.  Vetault,  bibliothécaire  de  la  ville  de  Rennes, 
a  été  nommé  officier  d'académie. 

—  Notre  confrère  M.  Ernest  Meunier  du  Houssoy  a  été  nommé  second 
secrétaire  d'ambassade  à  la  Haye. 

SOCIÉTÉ  DES  ANCIENS  TEXTES  FRANÇAIS. 

ASSEMBLÉE     GÉNÉRALE     ANNUELLE     DU     27     DÉCEMBRE      1880. 

Discours  de  M,  de  Montaiglon,  président. 

Messieurs, 

Le  vieux  roi  de  Pologne,  prenant  un  soir  congé  d'une  jeune  dame  de 
sa  cour,  lui  dit,  en  la  quittant,  ce  très  joli  mot  :  Mon  chancelier  vous  dira 
le  reste,  A  la  fin  de  la  présidence  dont  vous  m'avez  honoré,  je  serais, 
dans  un  autre  sens,  et  sans  que  nous  ayons  le  moindre  chancelier,  dis- 
posé à  reprendre  le  mot  de  Stanislas. 

Votre  secrétaire  vous  parlera  des  volumes  qui  sont  prêts,  des  volumes 
qui  sont  en  train,  de  ceux  qui  se  préparent  ;  votre  trésorier  vous  pré- 
sentera nos   comptes  et  l'état  de  nos  finances,  plus  prospère  qu'en 


240 

d'autres  années.  La  dépense  inteUectuelle  et  la  recette  matérielle,  sans 
laquelle  la  première  est  impossible,  sont  les  deux  choses  intéressantes  et 
vitales  de  notre  séance  annuelle. 

Permettez-moi,  pour  avoir  quelque  chose  à  vous  dire,  de  vous  rappe- 
ler en  quelques  mots  très  rapides  —  comme  vous  connaissez  ces  matières, 
vous  êtes  de  ceux  à  qui  il  suffit  d'indiquer,  sans  insister  ni  appuyer  — 
ce  que  le  xvm<*  siècle  a  fait  dans  le  sens  de  nos  études  et  comment  nous 
sommes  ses  continuateurs.  Si  nous  faisons  mieux  que  lui,  c'est  qu'il 
nous  a  épargné  bien  des  tâtonnements  et  des  essais. 

En  dehors  de  la  grammaire  et  de  la  lexicographie,  en  dehors  des  do- 
cuments et  des  chroniques  utiles  à  l'histoire,  dont  on  a  commencé  à 
s'occuper  dès  le  xvi<»  siècle,  et  nous  restreignant  à  l'ancienne  poésie,  qui 
est,  sauf  exception,  ce  qui  préoccupe  la  Société  des  anciens  textes,  on 
n'a  commencé  qu'au  xviii<*  siècle  à  s'y  intéresser  si  peu  que  ce  soit. 
Jusque-là  le  sentiment  qui  règne  est  le  mépris  de  tout  ce  qui  n'est  pas 
tout  neuf.  C'est  là  ce  qui  avait  fait  qu'une  chanson  de  geste  en  cinq  ou 
six  mille  vers  arrivait  à  en  avoir  vingt-cinq  mille,  pour  se  changer  en 
un  roman  en  prose,  que  nous  imitons  plus  tard  quand  il  nous  a  été  pris 
par  ritalie  ou  par  l'Espagne.  L'imprimerie,  qui  commence  par  le  latin 
de  la  théologie  et  du  droit,  ne  touche,  quand  elle  arrive  au  français, 
qu'aux  derniers  contemporains  ;  et  quand,  au  xvi*  siècle,  Molinet  imprime 
le  roman  de  la  Rose,  et  quand  Marot  lui-même  réimprime  François 
Yillon,  c'est  en  les  corrigeant  au  goût  du  jour,  et  ils  ne  devaient  pas 
faire  autrement.  Dans  les  Recherches  de  la  France  d'Etienne  Pasquier, 
dans  le  Recueil  des  origines  de  la  langue  et  poésie  françaises  du  président 
Claude  Fauchet,  publié  en  1781  dans  les  Bibliothèques  françaises  de  La 
Croix  du  Maine  ou  d'Antoine  du  Yerdier,  et  plus  dans  celle  du  premier 
que  du  second,  il  y  a  un  commencement  d'étude  curieuse  et  intelligente 
du  passé,  mais  on  n'en  est  pas  encore  à  l'impression  des  textes. 

Pourtant,  aux  approches  du  xvu*  siècle,  en  1594,  Antoine  Loisel 
imprime  les  vers  d'Helinand  sur  la  mort.  Plus  tard,  en  1617,  André 
Duchesne  édite  les  œuvres  d'Alain  Chartier,  et  il  n'avait  pas  tort,  au 
point  de  vue  de  l'histoire  plus  que  de  la  poésie  ;  mais,  pendant  tout  le 
grand  siècle,  trois  hommes  de  l'âge  précédent  Vestent  seuls  en  lumière  : 
un  relativement  petit,  Clément  Marot,  à  qui  La  Fontaine,  Jean-Baptiste 
Rousseau  et  môme  Voltaire  doivent  quelque  chose,  et  deux  autres  abso- 
lument grands,  Montaigne,  qui  est  le  maître  de  Pascal,  Rabelais,  l'un 
des  maîtres  de  La  Fontaine  et  de  Molière.  Huet,  qui  lit  Rabelais  et 
l'annote  sur  les  marges  de  ses  exemplaires,  Chapelain,  Guy  Patin  lui- 
même,  qui  ne  prend  Rabelais  que  par  le  petit  côté,  sont  les  vrais  lec- 
teurs de  ces  vieux  auteurs  démodés,  pendant  que  les  Elzévirs  en  font, 
sur  beau  papier  français  et  avec  des  caractères  exquis,  d'ailleurs  imités 
des  impressions  lyonnaises  des  De  Tournes,  les  plus  mauvaises  éditions 
possibles. 


244 

A  la  fin  du  siècle,  en  1692,  Fontenelle  fait  un  recueil  des  plus  belles 
pièces  des  poètes  français  depuis  Villon,  où  il  n'y  a  qu'une  petite  partie 
du  premier  volume  qui  soit  réellement  ancienne,  mais  qui  a  suscité  des 
imitations,  dont  la  meilleure  est  certainement  le  recueil  des  Annales 
poétiques  publié  de  1778  à  1788.  Il  faut  tenir  en  plus  haute  estime,  parce 
qu'elle  est  bien  plus  ancienne,  la  collection  des  anciens  poètes  français, 
publiée  en  huit  volumes,  à  Paris,  par  Goustelier,  dans  les  deux  années 
1723  et  1724,  et  composée  de  la  Farce  de  Pathelin,  le  chef-d'œuvre  sans 
conteste  de  notre  ancien  théâtre  comique  ;  de  "Villon,  le  premier  de  nos 
grands  poètes;  de  Crétin,  qui  est  une  curiosité;  de  Goquillart,  qui 
est  un  homme  d'esprit  ;  de  Martial  d'Auvergne,  qui  l'est  presque  au 
même  degré  ;  de  la  Chronique  de  Faifeu,  qui  avait  pour  elle  de  n'être 
connue  que  par  un  seul  exemplaire,  et  nous  n'en  connaissons  qu'un  de 
plus  aujourd'hui  ;  enfin,  de  Jean  Marot,  parce  qu'il  était  le  père  de  Clé- 
ment. Ce  fut  pour  la  régence  ce  qu'a  été  bien  plus  tard  la  Bibliothèque 
elzévirienne,  ce  qu'est  aujourd'hui  la  Société  des  anciens  textes  français. 
La  Monnoye  n'a  pas  imprimé,  et  ce  ne  doit  pas  être  sa  faute,  tout  ce 
qu'il  a  étudié  et  préparé.  C'est  notre  contemporain,  M.  Jannet,  qui  a 
imprimé  son  édition  de  "Villon;  c'est  un  de  nos  confrères  les  plus 
regrettés  qui  a  imprimé,  en  1873,  son  édition  de  Mellin  de  Saint- 
Gelais. 

A  côté  de  La  Monnoye,  dont  les  notes  sont  le  meilleur  de  la  réim- 
pression de  La  Croix  du  Maine  et  de  Pu  Verdier,  il  y  a  Gueulette,  qui 
a  réimprimé,  en  1734,  le  Jehan  de  Saintré  d'Antoine  de  la  Sale  ;  en 
1735,  V Histoire  de  Gérard,  comte  de  Nevers,  et  d^Euryant  de  Savoie;  il  y  a 
aussi  Lenglet  du  Fresnoy.  Il  a  fait,  en  1731,  non  pas  en  France,  nous 
devons  en  convenir,  mais  à  la  Haye,  une  grande  édition  en  quatre 
volumes  in-4*  de  Marot;  en  1735,  une  édition  du  roman  de  la  Rose.  La 
réimpression  normande  des  Plaisants  Traits  de  vérité  est  de  1732  ;  les 
poésies  de  Thibaut  de  Champagne  paraissaient  en  1742,  VOrdene  de  che^ 
Valérie  en  1759,  le  Castoiement  en  1760.  Barbazan  et  plus  tard  Le  Grand 
d'Aussy  nous  révélaient  les  fabliaux,  pendant  que  l'abbé  Goujet  analy- 
sait les  anciens  poètes  du  xv*  et  du  xvi®  siècle,  que  M.  de  Paulmy  lisait 
et  faisait  lire  les  vieux  livres  de  son  admirable  bibliothèque,  que  le  duc 
de  La  Vallière  s'occupait  de  nos  mystères  et  faisait  publier  la  Bibliothèque 
du  théâtre  françois,  que  Sainte-Palaye  travaillait  à  un  Dictionnaire  dont 
la  publication,  à  son  heure,  eût  été  bien  précieuse. 

Au  xix«  siècle,  c'est  à  Grenoble,  en  1803,  que  s'impriment  pour  la 
première  fois  les  œuvres  de  Charles  d'Orléans;  Méon,  qui  suivait 
l'exemple  de  Lenglet  du  Fresnoy  et  de  Barbazan,  réimprime  le  roman 
de  la  Rose,  les  fabliaux,  et  a  l'honneur  d'éditer  le  premier  le  roman  de 
Renart  j  mais,  à  part  la  continuation  de  V Histoire  littéraire,  qui  n'attei- 
gnait pas  le  grand  public  (savez-vous  si  elle  l'atteint  beaucoup  plus 
aujourd'hui?),  il  faut  arriver  aux  travaux  de  Raynouard  et  de  Fauriel, 

46 


244 

i^es  éditions  et  ses  réimpressions.  Je  ne  peux  vous  en  présenter  qu'une 
énumération  rapide  et  nécessairement  incomplète.  Chaque  nom  et 
chaque  titre  demanderaient  un  développement  que  vous  vous  chargerez 
de  faire  vous-mêmes.  N'a-t-il  pas  imprimé  Mellin  de  Saint-Gelais  avec 
les  notes  de  La  Monnoye,  la  Lyonnaise  Louise  Labbé,  qui  a  écrit  un  des 
plus  beaux  sonnets  de  notre  langue,  les  Rondeaux  et  Vers  d'amour  de 
Jean  Marion,  les  Vers  de  Marie  de  Romieu,  les  Élégies  de  Jean  Doublet, 
un  volume  de  Poésies  inédites  de  Ronsard  et  ensuite  toutes  ses  œuvres 
dans  la  Bibliottièque  elzévirienne,  les  poésies  de  Tahureau  et  de  Guy  de 
Tours,  les  Bergeries  de  Vauquelin  de  la  Fresnaye,  le  Plaisir  des  champs 
de  Claude  Gauchet,  qui  est  souvent  un  bien  charmant  poète,  les  odes  de 
Malherbe  et,  à  côté,  ce  que  le  législateur  du  Parnasse  eût  trouvé  au- 
dessous  des  halles,  la  Fricassée  crotestyllonnée,  monologue  dramatique 
normand  fait  avec  des  bribes  de  chansons,  de  devinettes  et  de  proverbes, 
puis  François  Maynard,  les  épigrammes  inédites  de  GomÉauld,  et  une 
trilogie  de  satiriques  de  la  première  moitié  du  xvii«  siècle,  bien  curieux 
pour  la  physionomie  de  leur  temps,  Angot,  sieur  de  l'Ësperonniere, 
Courval-Sonnet  et  Du  Lorens  ? 

Voilà  tout  un  ensemble  qui  est  Tœuvre  d'un  bibliophile  érudit. 
M.  Blanchemain  a  travaillé  jusqu'à  la  dernière  heure.  Le  hasard  m'a 
fait,  avant  sa  mort,  et  comme  je  demandais  de  ses  nouvelles,  lire  une 
de  ses  dernières  lettres,  peut-être  la  dernière,  écrite,  d'une  main  lente 
et  pénible,  à  l'éditeur  qui  imprimait  ce  qui  déjà  ne  pouvait  plus  être 
qu'une  publication  posthume.  J'ai  oublié  les  termes,  mais  je  suis  sûr 
du  sentiment,  qui  était  exprimé  brièvement  avec  le  plus  grand  calme 
et  la  plus*  parfaite  simplicité  :  «  C'est  certainement  la  dernière  fois  que 
je  puis  corriger  une  épreuve;  mon  ami,  —  M.  Fertiault,  si  ma  mémoire 
me  sert  bien,  —  se  chargera  de  voir  pour  moi  les  autres  épreuves.  • 

Voilà  ce  qui  est  mourir,  non  pas  à  la  peine,  mais  sur  la  brèche,  et 
ce  que  nous  devons  tous  nous  proposer  pour  exemple.  Quoi  que  nous 
fassions,  il  faut  faire  comme  lui,  aimer  ce  qu'on  aime,  —  et  travailler. 

Rapport  sur  les  travaux  de  la  Société  des  anciens  textes  français  en  1879, 

par  M.  Paul  Meyer,  secrétaire. 

Messieurs, 
Lors  de  notre  dernière  assemblée  générale,  le  18  juin  de  l'an  passé, 
un  volume  restait  dû  aux  membres  de  la  Société  pour  l'exercice  de  1878. 
Pour  celui  de  1879,  un  seul  volume  avait  été  publié.  Cette  année,  à 
pareille  date,  l'exercice  de  1878  était  enfin  complet,  mais  diverses  cir- 
constances, et  notamment  l'état  de  santé  de  l'éditeur  d'Eustache  Des- 
champs, M.  le  marquis  de  Queux  de  Saint-Hilaire,  avaient  apporté  au 
progrès  de  nos  publications  un  retard  en  raison  duquel  l'exercice  de  1879 
demeurait  représenté  par  un  unique  ouvrage,  le  tome  I  de  la  Chronique 
du  Mont  Saint'Michel,  éditée  par  M.  S.  Luce.  En  cet  état  de  choses,  il 


245 

n'était  pas  possible  de  tenir  notre  assemblée  annuelle  à  l'époque  accou- 
tumée. La  matière  eût  fait  défaut  à  votre  secrétaire,  et,  les  comptes  de 
1879  étant  en  suspens,  votre  trésorier  n'aurait  pu  vous  en  présenter  le 
résumé.  Le  conseil  de  la  Société  a  donc  décidé  que  la  séance  générale 
serait  reportée  pour  cette  fois  à  la  fin  de  Tannée.  Nous  espérions  qu'à 
ce  moment,  non-seulement  l'exercice  de  1879,  mais  encore  celui  de  1880 
seraient  clos.  Cette  espérance,  comme  vous  allez  le  voir,  ne  s'est  pas 
réalisée.  L'exercice  de  1879  est  complet,  bien  que  le  dernier  des  volumes  ' 
qui  en  font  partie  ne  soit  pas  encore  entre  nos  mains,  mais  il  s'écoulera 
plusieurs  semaines  avant  que  nous  nous  soyons  acquittés  complètement 
envers  nos  souscripteurs  de  Tannée  courante.  Il  y  a  là,  de  notre  part, 
un  retard  auquel  nous  faisons  tous  nos  efforts  pour  porter  remède,  et 
qui  n'a  pas  d'autre  cause  que  la  difficulté  de  trouver  des  éditeurs  ayant 
tout  à  la  fois  la  compétence  et  les  loisirs  nécessaires  pour  mener  à  bonne 
fin  des  éditions  telles  que  nous  les  entendons,  c'est-à-dire  exécutées 
avec  la  méttiode  et  le  soin  minutieux  qu'exige  le  progrès  des  études 
romanes,  et  accompagnées  de  tous  les  secours  qui  peuvent  faciliter  l'in- 
telligence d'un  vieux  texte.  Mais  le  progrès  même  de  ces  études,  en 
même  temps  qu'il  rend  la  tâche  plus  difficile,  est  la  preuve  que  le 
nombre  de  ceux  qui  les  poursuivent  va  croissant,  et  par  suite  nous 
pouvons  légitimement  espérer  voir  s'agrandir  le  cercle  encore  bien  res- 
treint des  personnes  à  qui  votre  conseil  peut  avec  sécurité  confier  le 
soin  de  nos  publications.  Vous  allez  voir  d'ailleurs,  messieurs,  que, 
depuis  Tan  dernier,  nous  sommes  loin  d'être  restés  inactifs. 

Commençons  par  le  premier  en  date  des  ouvrages  dont  j'ai  à  vous 
entretenir.  Cet  ouvrage,  c'est  le  Saint  Voyage  de  Jérusalem  du  seigneur 
d'Anglure,  édité  par  MM.  Bonnardot  et  Longnon,  et  annoncé  dès  mon 
rapport  de  1876.  C'est  un  de  ces  récits  qui,  intéressant  à  la  fois  l'histoire 
et  les  lettres,  peuvent  plaire  à  de  nombreux  lecteurs.  La  circonstance 
qu'il  appartient  à  une  époque  peu  reculée  du  moyen  âge  ne  le  rend  pas 
moins  digne  d'attention,  si  on  considère  que  l'étude  de  nos  vieux 
auteurs,  poussée  depuis  quelques  années  avec  tant  d'ardeur  en  France, 
en  Allemagne  et  en  Italie,  s'est  principalement  portée  vers  la  période  la 
plus  ancienne  de  notre  littérature,  de  sorte  qu'il  reste  probablement  plus 
de  découvertes  à  faire  pour  le  xiv«  siècle  et  le  xv®  que  pour  les  temps 
antérieurs.  La  notice  sur  Ogier  Vin,  seigneur  d'Anglure,  que  M.  Lon- 
gnon a  rédigée  pour  cette  édition  est  une  étude  biographique  complète, 
telle  que  nous  ne  prétendons  pas  en  donner  dans  toutes  nos  publica- 
tions, mais  que  nous  nous  gardons  bien  de  repousser  lorsqu'on  nous 
l'offre. 

,  Pour  Tannée  1879,  nous  avons  distribué  le  t.  IV  des  Miracles  de  Notre 
Dame,  Commencée  en  1876,  cette  importante  publication  s'achemine 
vers  son  achèvement  avec  une  parfaite  régularité.  Nous  avons  pu  en 
donner  un  volume  chaque  année.  Trois  autres  tomes,  dont  l'un  est  sous 


246 

presse,  épuiseront  le  contenu  des  deux  précieux  in-folio  qui  nous  ont 
conservé  cette  collection  unique  de  mystères,  oil  nous  devons  chercher 
à  peu  près  tout  ce  qui  nous  reste  du  théâtre  français  à  la  fin  du 
xrv^»  siècle.  Nous  nous  hâtons  d'en  terminer  l'impression,  désireux  de 
commencer  le  plus  tôt  possible  deux  autres  collections  également  rela- 
tives à  notre  ancien  théâtre  :  le  recueil  des  sotties,  farces  et  moralités, 
depuis  longtemps  annoncé,  et  un  recueil  de  mystères  provençaux,  pour 
lequel  des  circonstances  particulières  ont  mis  à  notre  disposition  des 
éléments  absolument  nouveaux.  Il  nous  parait  difficile  de  conduire 
simultanément  deux  ou  trois  publications  de  cette  étendue,  qui  absorbe- 
raient à  elles  seules  nos  ressources  de  chaque  année  et  nous  mettraient 
dans  Timpossibilité  de  publier  les  textes  complets  en  un  volume  dont 
plusieurs  attendent  leur  tour  depuis  longtemps  déjà. 

Le  Mystère  du  Vieux  Testament,  dont  M.  J.  de  Rothschild  a  voulu  faire 
à  ses  frais  la  coûteuse  et  difficile  édition,  se  poursuit  avec  non  moins  de 
régularité.  Le  tome  II,  qui  vous  a  été  distribué  cette  année  même,  ne 
le  cède  pas  en  intérêt  au  tome  précédent.  Grâce  au  caractère  singulier 
de  cet  ouvrage,  qui  est  l'assemblage  d'oeuvres  originairement  indépen- 
dantes, il  est  possible  de  couper  la  publication  en  morceaux  dont  cha- 
cun, comprenant  un  petit  nombre  de  mystères,  est  proportionné  à 
rétendue  d'un  de  nos  volumes.  Chacun  de  ces  morceaux,  pouvant  être 
étudié  séparément,  a  sa  notice  en  tête  du  volume,  disposition  qui,  là  où 
elle  peut  être  observée,  est  assurément  plus  agréable  au  lecteur  que  celle 
qui  consiste  à  rejeter  toute  l'introduction  à  la  fin  de  la  publication.  La 
notice  qui  précède  le  t.  II  étudie,  avec  une  érudition  et  une  critique  qui 
n'ont  plus  à  être  louées  ici,  les  mystères  qui  continuent  l'histoire 
sacrée  depuis  le  sacrifice  d'Abraham  jusqu'au  séjour  des  Israélites  en 
Egypte.  Le  troisième  volume,  dont  l'impression  est  fort  avancée,  con- 
duira le  récit  jusqu'à  Sanson  exclusivement.  Six  volumes  en  tout  seront 
nécessaires  pour  l'accomplissement  de  ce  grand  travail,  après  lequel 
notre  généreux  trésorier  nous  fait  espérer  la  publication  d'autres  ou- 
vrages du  même  temps  et  du  même  genre. 

Il  vous  est  dû  encore  un  volume  pour  l'année  1879.  Ce  volume,  la 
chanson  d'Élie  de  Saint-Gilles,  est  tiré  depuis  quelques  jours.  Le  surcroît 
de  besogne  que  l'approche  du  premier  de  l'an  impose  aux  relieurs  ne 
nous  a  pas  permis  d'obtenir  qu'il  fût  cartonné  à  temps  pour  être  distri- 
bué avant  la  séance.  Il  sera  entre  vos  mains  le  mois  prochain.  L'ayant 
annoncé  l'an  dernier,  je  n'ai  pas  à  vous  en  entretenir  cette  année.  Grâce 
aux  soins  apportés  tant  par  l'éditeur,  M.  G.  Raynaud,  le  dévoué  secrétaire 
adjoint  de  la  Société,  que  par  le  commissaire  responsable,  M.  G.  Paris, 
nous  avons  lieu  d'espérer  que  le  texte,  l'introduction  et  le  glossaire 
donneront  toute  satisfaction  aux  philologues  ;  d'autre  part,  la  collaboration 
de  M.  le  professeur  Koelbing  nous  permet  de  joindre  au  texte  français 
à!Élie  de  Saint-Gilles,  tel  que  le  fournit  un  manuscrit  unique  provenant 


247 

de  la  bibliothèque  La  Yallière,  la  traduction  d'une  vieille  saga  islan- 
daise qui  elle-même  traduit  un  texte  fort  semblable  à  celui  de  notre 
édition,  plus  correct  cependant  sur  certains  points.  Nous  avions  pensé 
joindre  à  Tédition  du  texte  français  une  édition  du  texte  islandais,  et 
M.  Koelbing  nous  avait  mis  en  état  de  réaliser  pleinement  l'intention 
exprimée  à  cet  égard  dans  le  rapport  de  l'an  dernier.  Mais  nous  n'avons 
pas  tardé  à  reconnaître  que,  sahs  parler  des  difficultés  matérielles  que 
soulèverait  l'impression  d'un  texte  islandais  dans  une  imprimerie  fran- 
çaise, mal  outillée  pour  un  travail  de  ce  genre,  notre  volume  aurait 
atteint  des  proportions  tout  à  fait  imprévues.  D'ailleurs  notre  Société 
ayant  pour  objet  la  mise  au  jour  des  monuments  de  notre  ancienne 
littérature,  l'édition  d'un  texte  islandais  n'avait  pour  nous  qu'une  valeur 
accessoire.  M.  Koelbing,  satisfaisant  à  notre  désir,  voulut  bien  réduire 
sa  collaboration  à  l'exécution  d'une  traduction  de  la  saga,  et  on  recon- 
naîtra que  si  cette  traduction  suffit,  elle  est  du  moins  un  appendice 
nécessaire  à  l'édition  du  texte  français. 

Si  nous  devons  regretter  de  n'avoir  pu  vous  fournir  encore  aucun  des 
volumes  afférents  à  l'exercice  de  1880,  je  dois  m'empresser  d'ajouter  que 
votre  attente  ne  sera  pas  de  longue  durée.  Les  trois  volumes  attribués  à 
cet  exercice  sont  à  peu  près  terminés  et  vous  seront  distribués  très  peu 
après  VÉlie  de  Saint-Gilles;  ce  sont  d'abord  le  t.  II  des  œuvres  d'Eustache 
Deschamps,  puis  la  Vie  de  saint  Gilles^  et  enfin  le  roman  provençal  de 
Daurel  et  de  Béton. 

Le  t.  II  d'Eustache  Deschamps,  qui  est  sous  presse  depuis  1878,  n'a 
pas  été  retardé  par  un  autre  motif  que  celui  qui  a  été  indiqué  au  début 
de  ce  rapport,  la  maladie  qui  a  obligé  pendant  plusieurs  mois  notre  actif 
et  dévoué  administrateur  d'interrompre  la  publication  à  laquelle,  depuis 
plusieurs  années,  il  consacre  ses  soins.  Toutefois,  l'impression  du  volume 
est  à  la  veille  de  s'achever.  Vous  y  trouverez  le  fac-similé  d'une  gra- 
cieuse miniature  oii  on  a  tout  lieu  de  reconnaître  le  portrait  du  poète 
lui-même;  vous  y  lirez  une  curieuse  notice,  due  à  notre  savant  confrère 
M.  S.  Luce,  sur  le  scribe  qui  a  exécuté  le  principal  manuscrit  de  Des- 
champs. Dans  peu  de  semaines,  il  vous  sera  distribué.  M.  G.  Paris,  qui 
consacre  à  notre  Société  ce  que  des  occupations  multiples  et  absorbantes 
lui  laissent  de  ioi^rs,  a  pu,  tout  en  poussant  activement  la  publication 
des  Miracles  de  Notre  Dame,  conduire  bien  près  de  sa  fin  l'édition  de  la 
Vie  de  saint  Gilles,  à  laquelle  il  a  travaillé  depuis  longtemps  avec  M.  le 
docteur  A.  Bos.  La  longue  introduction  qui  doit  précéder  ce  monument 
ancien,  et  jusqu'ici  inconnu,  de  notre  vieille  poésie,  est  en  grande  part 
imprimée.  Enfin,  pour  compléter  l'exercice  de  1880,  nous  publierons  un 
ouvrage  dont  la  valeur  dépasse  de  beaucoup  l'étendue,  et  qu'une  circons- 
tance singulièrement  heureuse  nous  a  permis  de  faire  entrer  dans  notre 
collection.  Il  y  a  quelques  années  notre  éminent  confrère  M.  A. -F.  Didot, 
dont  la  Société  regrette  la  perte,  acquit  un  manuscrit  exécuté  dans  le 


248 

midi  de  la  France,  qui,  tout  incomplet  qu'il  est,  —  une  ancienne  pagi- 
nation montre  qu'il  a  perdu  au  début  soixante-douze  feuillets,  —  contient 
encore  une  dizaine  d'ouvrages  à  peu  près  tous  inconnus  jusqu'à  ce  jour. 
M.  Alfred  Oidot,  qui  appartient  à  la  Société  à  double  titre,  conune 
membre  fondateur  et  comme  éditeur,  a  voulu  faire  profiter  la  Société 
du  trésor  littéraire  qui  lui  était  échu.  Il  a  mis  gracieusement  à  la  dispo- 
sition du  conseil  son  manuscrit,  avec  toute  liberté  pour  en  exécuter  la 
publication.  Le  conseil  a  bien  voulu  confier  ce  travail  à  votre  secrétaire. 
J'ai  copié  ou  fait  copier  le  ms.  tout  entier.  L'une  des  plus  importantes 
parmi  les  compositions  qu'il  renferme,  le  mystère  de  la  Passion,  rare  et 
curieux  spécimen  de  l'ancienne  littérature  dramatique  du  midi  de  la 
France,  a  été  réservé  pour  former  la  tôte  du  recueil  d'anciens  mystères 
provençaux  que  nous  mettrons  sous  presse  aussitôt  que  l'édition  des 
Miracles  de  Notre  Dame  sera  achevée.  Tout  le  reste  du  ms.  prendra  place 
dans  le  volume  qui  terminera  l'exercice  de  1880.  Le  morceau  principal 
de  ce  volume,  dont  l'impression  s'achève  en  ce  moment,  c'est  la  chanson 
de  geste  provençale  de  Daurel  et  de  Béton,  dont  l'existence  n'était  con- 
nue jusquà  ce  jour  que  par  une  allusion  obscure  faite  par  un  troubadour 
des  premières  années  du  xiii«  siècle.  Cette  chanson  de  geste  est  jusqu'à 
présent  le  seul  spécimen  incontestable  de  cette  épopée  provençale 
toujours  cherchée  et  toujours  fugitive.  Elle  sera  accompagnée  d'une 
analyse  très  développée  et  d'un  glossaire  aussi  complet  que  possible, 
afin  que  notre  édition  ne  soit  pas  un  livre  inutile  entre  les  mains  de 
ceux  même  des  membres  de  la  Société  qui  n'ont  pas  fait  du  provençal 
une  étude  spéciale.  Les  pièces  de  moindre  importance  que  renferme  le 
même  ms.  seront  publiées  dans  un  appendice.  Il  me  parait  inutile  d'in- 
sister sur  l'intérêt  d'une  publication  qui  sera,  dans  peu  de  semaines, 
entre  vos  mains.  Qu'il  me  soit  permis  cependant,  messieurs,  de  dire  en 
terminant  que,  à  considérer  simplement  la  valeur  de  nos  textes,  et  en 
gardant,  comme  il  convient,  le  silence  sur  notre  œuvre  personnelle, 
nous  pouvons  dire  que  si  nos  volumes  ne  sont  pas  toujours  prêts  à 
l'heure  dite,  ils  savent  du  moins  récompenser  l'attente. 

MONUMENTA  GERMANIAE. 

La  réunion  annuelle  des  directeurs  des  Monumenta  Germaniae  a  eu 
lieu  à  Berlin  du  21  au  23  avril  1881.  Nous  empruntons  au  rapport  publié 
à  cette  occasion  les  détails  suivants  sur  l'état  des  publications. 

Volumes  publiés  par  la  Société  pour  la  connaissance  de  l'ancienne 
histoire  d'Allemagne,  depuis  le  mois  d'avril  1880  :  —  1°  Auctorum  anti' 
quissimorum  tomi  IV  pars  i  :  Venanti  Honori  Clementiani  Fortunati 
opéra  poetica.  Recensait  et  emendavit  Fridericus  Léo.  —  2*  Scriptorum 
iomus  XXV.  —  3*  Einhardi  Vita  Karoli  Magni.  Editio  quarta.  Post 
G.  H.  Pertz  recensuit  G.  Waitz.  —  4o  Poetae  Latini  aevi  Carolini.  Recen- 


249 

suit  Ernestus  Dûmmler,  Tomi  I  pars  prior.  —  5'»  Neues  Archiv  der 
Gesellschaft  fur  aeltere  deutsche  Geschichtkunde,  Band  VI. 

Volume  publié  avec  Tappui  de  la  Société  et  en  partie  d'après  ses  ma- 
tériaux :  Acta  Imperii  inedita  seculi  XIII.  Urkunden  und  Briefe  zur  Ge- 
schichte  des  Kaiserreichs  und  des  Koenigreichs  Sicilien  in  den  Jahren  1198 
bis  1273.  Herausgegeben  von  Eduard  Winkelmann. 

Volumes  en  préparation  : 

Auctores  antiquissimi ,  Jordanis,  par  Mommsen,  sera  achevé  avant  la 
fin  de  Tannée.  Les  œuvres  en  prose  de  Fortunat  suivront  les  œuvres 
poétiques  ;  on  y  joindra  un  index  pour  le  tout.  Avitus,  par  Peiper,  et 
Symmaque,  par  Seeck,  sont  commencés  d'imprimer;  Ausone,  par 
Schenkl,  sera  bientôt  envoyé  à  l'impression.  M.  Liitjohann  a  collationné 
les  manuscrits  de  Sidoine  en  Angleterre,  M.  Vogel  ceux  d'Ennodius  à 
Rome. 

Scriptores.  On  espère  finir  cet  été  le  vol.  XIII,  interrompu  quelque 
temps  par  la  mort  du  docteur  Heller,  qui  y  publiait  VHistoria  Remensis 
de  Flodoard.  Ce  volume  se  terminera  avec  le  Chronicon  Altinate,  publié 
par  Simonsfeld.  Le  vol.  XIV  comprendra  les  Gesta  episcoporum  Caméra- 
censium  récemment  retrouvés,  Hermann  de  Tournai  et  diverses  chro- 
niques belges,  la  chronique  des  évoques  de  Magdebourg,  publiée  par 
Schum,  etc.  On  donnera  en  volumes  à  part,  de  plus  petit  format  :  les 
écrits  polémiques  des  xi"  et  xn"  siècles,  publiés  par  Thaner  et  Bernheim, 
les  Vies  des  papes,  et  plus  tard  les  historiens  de  la  domination  normande 
dans  ritalie  méridionale,  Amatus,  Gaufredus  Malaterra,  Falco  Beneven- 
tanus,  Hugo  Falcandus,  etc.  Pour  faire  suite  aux  chroniques  provinciales 
et  locales  allemandes  des  xii»  et  xni«  siècles,  contenues  dans  le  vol.  XXV, 
on  avait  pensé  d'abord  à  donner  une  collection  analogue  de  chroniques 
italiennes  de  cette  époque,  mais  ce  projet  ne  pourra  être  réalisé  avant 
longtemps;  on  s'occupe,  en  attendant, . de  former  un  recueil  d'extraits 
des  auteurs  français  et  anglais  concernant  l'histoire  de  l'Empire,  auquel 
travaillent  MM.  A.  Molinier,  Liebermann  et  Mau.  Le  vol.  XXVI,  par 
Holder-Egger,  est  en  grande  partie  imprimé  (jusqu'à  la  fin  du  xu®  siècle)  ; 
il  contiendra  une  grande  partie  de  la  chronique  d%  Philippe  Mousket, 
publiée  par  Tobler.  Les  auteurs  anglais,  par  Pauli  et  Liebermann, 
devront  être  ajournés  au  volume  suivant.  —  On  espère  pour  le  courant 
de  l'année  Grégoire  de  Tours,  par  Arndt,  qui  ouvrira  la  série  spéciale 
des  Scriptores  rerum  Merovingicarwn.  Cette  série  contiendra  aussi  Fré- 
dégaire  et  les  Gesta  regum  Francorum,  par  Krusch.  —  Pour  le  premier 
volume  des  Deutsche  Chroniken,  la  chronique  des  Empereurs,  commen- 
cée par  le  docteur  Roediger,  sera  continuée  par  le  docteur  Schroeder. 
Sont  encore  en  préparation  :  Enenkel,  par  Strauch  ;  Ottokar,  chronique 
rimée  de  Styrie,  par  Liechtenstein  ;  chronique  de  Limbourg,  par  Wyss. 

Leges.  On  espère  bientôt  la  loi  ripuaire,  par  Sohm  ;  la  loi  salique  est 
pour  le  moment  abandonnée.  On  a  commencé  l'impression  des  capitu- 


250 

laires,  publiés  par  Boretius,  et  on  va  commencer  celle  des  fonnules,  par 
Zeumer;  pour  ce  dernier  recueil,  M.  Schmitz,  de  Cologne,  a  corrigé  le 
texte  des  formules  de  Garpentier,  d'après  le  manuscrit  en  notes  tûro- 
niennes  de  Paris.  MM.  Maassen  et  Meyncke  continuent  de  tramller 
aux  conciles,  M.  FrensdorfT  aux  textes  de  droit  municipal. 

Diplomata.  Douze  feuilles  des  diplômes  d'Otton  !«',  par  Sickel,  Ublirz 
et  V.  Ottenthal,  sont  imprimées,  et  le  travail  se  continue  activement.  Oa 
a  retrouvé  dans  les  collections  de  la  Société  un  calque  complet,  par  feu 
Munch,  du  diplôme  suspect  d'Otton  I*'  pour  le  pape  Jean,  conservé  aux 
archives  du  Vatican.  —  En  dehors  de  ces  publications  fiiites  aux  frais 
de  la  Société,  le  directeur  de  la  section  des  Diplomata,  M.  Sickel,  a  en- 
trepris avec  M.  de  Sybel,  à  Berlin,  l'importante  publication  des  KaisÊT" 
urkunden  in  Âhhildungen;  et  les  matériaux  des  Monumenta  ont  été  mis 
à  la  disposition  de  M.  Ficker,  à  Innsbruck,  pour  la  nouvelle  édition  des 
Regesta  Imperii  de  Boehmer. 

Epistolae.  On  compte  terminer  cette  année  le  premier  volume  des 
lettres  des  papes  publiées  d'après  les  registres  du  Vatican  par  le  docteur 
Rodenberg  ;  celles  d'Honorius  lEI  sont  imprimées,  et  on  a  commencé 
celles  de  Grégoire  IX.  M.  Ëwald  s'occupe  du  registre  de  Grégoire  le 
Grand  et  de  la  nouvelle  édition  des  Regesta  pontificum  de  Jaffé. 

Antiquitates.  La  seconde  moitié  du  premier  volume  des  poètes  caro- 
lingiens, par  Diimmler,  est  imprimée,  sauf  les  index.  M.  Baumann 
travaille,  avec  d'autres,  à  la  collection  des  nécrologes. 

LES  PAPIERS  DE  BUCHON. 

L'appel  suivant  a  été  adressé  par  M.  le  comte  Riant  aux  lecteurs  du 
Philobiblion  : 

Lorsque  Buchon  mourut  en  1846,  il  laissait  une  quantité  considérable 
de  matériaux,  amassés  par  lui  dans  le  cours  de  ses  voyages  en  Italie  et 
en  Grèce,  et  le  manuscrit  des  tomes  II  et  suivants  de  son  Histoire  des 
conquêtes  des  Français  en  Grèce,  Les  livres  de  Buchon  furent  vendus  en 
vente  publique  :  mais  le  catalogue  de  cette  vente  ne  comprenait  que  des 
livres  courants  (à  Pexccption  d'un  exemplaire  annoté  par  lui  du  Frois- 
sart  de  Dacier).  Que  sont  devenus  les  papiers  ?  Ils  ont  été,  suivant  les 
héritiers  de  Buchon,  déposés  dans  l'étude  de  M«  Baudier,  notaire  à 
Paris  ;  mais  aujourd'hui  ils  ne  se  trouvent  aux  mains  ni  de  son  succes- 
seur, M.  Lavoignat,  ni  de  son  fils,  M.  le  marquis  de  Groizier.  Je  serais 
très  reconnaissant  des  indications  que  l'on  voudrait  bien  me  fournir  sur 
le  sort  de  cette  précieuse  collection. 

LE  GARTULAIRE  DE  QUIMPERLÉ. 

Le  cartulaire  de  Quimperlé  est  un  des  documents  dont  la  perte  excite 
le  plus  de  regrets  en  Bretagne.  Notre  confrère  M.  Maitre,  archiviste  de 


254 

la  Loire-Inférieure,  espère  pouvoir  le  trouver  en  Angleterre,  dans  la 
bibliothèque  de  lord  Beaumont,  et  en  rapporter  une  copie  en  France.  Ce 
qui  semble  justifier  cette  espérance,  c'est  que  le  cartulaire  appartenait, 
il  y  a  une  quarantaine  d'années,  à  M.  Thomas  Stapleton,  dont  les  livres 
et  les  papiers  paraissent  être  arrivés  entre  les  mains  de  lord  Beaumont. 

C'est  par  le  témoignage  de  Stapleton  lui-même  que  nous  savons  qu'il 
acheta  à  Paris  le  cartulaire  de  Quimperlé.  Au  milieu  des  matériaux  que 
M,  Auguste  Le  Prévost  me  remit  en  1852,  quand  il  voulut  bien  me 
charger  de  terminer  l'édition  d'Orderic  Vital,  se  trouvent  des  notes  et 
des  lettres  de  Stapleton  en  réponse  aux  questions  que  M.  Le  Prévost 
lui  avait  adressées  sur  dififérents  passages  de  cet  auteur.  L'une  des  notes 
de  Stapleton  se  rapporte  au  siège  de  Dol  par  Guillaume  le  Conquérant 
et  au  mariage  de  Constance  de  Normandie  avec  Alain  Fergant.  M.  Le 
Prévost  avait  d'abord  supposé  qu'il  y  avait  eu  deux  sièges  de  Dol, 
l'un  en  1076,  l'autre  en  1086. —  Stapleton  repousse  cette  hypothèse 
dans  une  petite  dissertation ,  qu'il  écrivit  en  1841 ,  et  qui  ne  se 
recommande  pas  seulement  par  les  citations  empruntées  au  cartulaire 
de  Quimperlé  : 

c  ...  Je  ne  crois  pas  à  vos  deux  sièges  de  Dol,  pour  lesquels 
il  faudrait  supposer  une  identité  de  circonstances  tout  à  fait  mer- 
veilleuse. Le  siège  de  Dol  est  un  événement  de  l'année  1076;  nous  en 
avons  la  preuve  dans  une  charte  du  roi  Philippe,  pour  le  monastère  de 
Montier-Neuf  à  Poitiers,  que  le  roi  signa  en  faisant  une  croix  de  sa 
propre  main,  faute  de  sceau,  t  propterea  quod  tune  cum  magna  festina- 
tione  Pictavim  ad  Gaufridum,  ducem  Aquitanorum,  venerat,  auxilium 
ab  eo  postulaturus  contra  Guillelmum,  regem  Anglorum,  comitem  Nor- 
mannorum,  qui  tune  contra  nos  in  Britanniam  quoddam  oppidum  obse- 
derat.  Acta  sunt  hœc  Pictavis,  idibus  octobris,  anno  ab  inc.  Domini 
MLXXVI,  regni  Philippi  régis  X Vil.  »  Dans  la  chronique  de  Saint- Aubin 
d'Angers,  on  lit,  à  l'année  1076  :  t  Obsidio  Dolensis  »,  et  dans  la  petite 
chronique  de  Renaud,  archidiacre  de  Saint-Maurice  d'Angers  :  «  Anno 
MLXXXVI,  in  mense  septembri,  cornes  Normannorum,  qui  et  rex 
Anglorum,  W^illeimus,  obsedit  in  Britanniis  castrum  quod  dicitur 
Dolum  ;  quod  cum  diu  obsedisset,  nihil  profecit,  sed  etiam,  machinis 
suis  succensis,  ab  eo  infructuose  descessit,  defendentibus  illud  fortibus 
Andegavorum  militibus^.  » 

t  Commencé  en  septembre,  le  siège  aura  duré  jusqu'au  15  octobre, 
suivant  la  charte  précitée,  qui  nous  autorise  à  lire  dans  la  chronique 
MLXXVI,  et  non  pas  MLXXXVI.  Robert  du  Mont,  sous  l'année  ML  XXV, 
ajoute  cet  article  à  la  chronique  de  Sigebert  :  a  Idem  rex  Willelmus, 
eodem  anno,  obsedit  Dol,  civitatem  Britanniae  ;  Britanni  vero  castellum 

i.  Voyez  l'édition  des  Chroniques  des  Églises  d'Anjou^  donnée  par  MM.  Mar- 
chegay  et  Mabille,  p.  12. 


252 

tenuerunt,  donec  rex  Francise  adveniens  liberavit  eosV  »  Que  le  roi  y 
soit  allé  en  personne,  c'est  ce  que  ne  permet  pas  de  révoquer  en  doute 
une  charte  de  Barthélemi,  abbé  de  Marmoutier  :  c  Et  factum  est  hoc  in 
anno,  et  in  ipsis  diebus,  quando  ibat  rex  Francise  Philippus  in  Britan- 
niam,  ad  pugnandum  contra  regem  Anglorum,  qui  ibi  obsidebat  Dolum 
castrum.  »  Robert  du  Mont  ajoute  :  «  Postea  rex  Francise  et  rex  Wil- 
lelmus  concordati  sunt.  f  Dans  les  chroniques  bretonnes,  ces  faits  sont 
racontés  sous  la  date  de  1076  :  «  Hoel  faciens  bella  apud  comitem  Gauf- 
fredum,  cognomento  Granonem,  apud  castrum  Doli,  comité  Guillermo 
Normannorum  sibi  auxiliante,  per  xl  dies  ingeniis  ac  aliis  machinatio- 
nibus  obsedit,  quod  minime  capere  potuit.  »  Les  titres  de  Saint-Florent 
attestent  la  réunion  de  ce  comte  Geoffroi,  le  bâtard  de  Rennes,  avec 
GeofFroi,  fils  du  comte  Eudes,  et  Alain,  son  frère,  depuis  comte  de 
Richmond  en  Angleterre,  à  Dol  (dom  Morice,   Preuves,  I,  434). 

«  Le  cartulaire  de  Quimperlé,  que  je  possède  moi- môme,  Payant 
acheté  à  Paris,  renferme  des  allusions  à  cette  guerre  de  Bretagne  :  «  Alio 
quoque  tempore,  necessariorum  consulatus  penuria  coarctatus,  tribum 
Guininini,  que  [absque]  alicujus  calumpnia  sua  erat,  idem  consul  Alanus 
Benedicto  abbati  Sancte  Grucis  et  ejusdem  Grucis  monachis,  tam  presen- 
tibus  quam  futuris,  cum  omnibus  suis  exactionibus,  pro  suorum  animabus 
parentum,  in  perpetuum  dédit.  Ut  vero  hoc  donum  firmius  haberetur, 
Benedictus,  qui  ejusdem  monasterii  tum  existebat  abbas,  suorum  con- 
silio  monachorum,  eidem  comiti  mille  solidos  etunum  pretiosum  equum 
tribuit...  Alio  vero  tempore,  divina  coopérante  gratia,  cum  in  comitem 
Gauffridum,  Eudoni  comitis  filium,  exercitum  ducerem,  ut  me  et  meos 
ab  ipsius  insidiis  atque  violentia,  que  tune  imminebat,  in  ipso  itinere 
Dominus  illesos  servaret,  et  pro  animabus  parentum  meorum,  Hoeli 
videlicet  atque  conjugis  ejus  Hadevis,  septem  villas  quas  vulgus  Les 
Gleruc  appellat  in  augmentum  ejusdem  abbatie  Ghristo  Domino  et  sancte 
Cruci  ejus,  existente  in  ea  eodem  abbate  Benedicto,  imperpetuum 
dedi.  » 

a  Ensuite  il  y  a  la  charte  :  «  De  concessione  Gonstancie  commitisse 
super  bis  villis  »,  donnée  à  Quimperlé,  le  !•'•  août  1089  :  «  Do  et  imper- 
petuum Kemperlegiensi  monasterio  concedo  villas  quas  an  te  desponsio- 
nem  meam  eidem  loco  prenominatus  dux  dederat,  scilicet  tribum  sancti 
Guinnini  et  septem  villas  quœ  vulgo  Les  Gleruc  nominari  soient.  »  Voir 
aussi  la  chronique  anglo-saxonne  à  l'année  1076.  C'est  dans  le  cours  de 
cette  même  année  que  le  comte  Walthéof  fut  mis  à  mort,  le  jour  de 
sainte  PernoUe,  31  mai,  après  avoir  été  gardé  en  prison  depuis  un  an, 
du  temps  que  Guillaume  repassa  en  Angleterre,  en  1075.  De  retour  en 
Normandie,  en  1076,  le  roi  vint  aider  le  comte  Hoel  et  son  fils  Alain 
Fergant,  et  donna  sa  fille  Constance  à  ce  dernier,  à  Bayeux,  selon 

1 .  Voyez  la  nouvelle  édition  de  la  chronique  de  Robert  de  Torigni,  t.  I,  p.  60. 


253 

Orderic  Vital  *  :  «  Gonstancia  Ferganno,  comiti  Britannorum,  Nanticen- 
sis  filio,  Bajocis  data  est  a  pâtre  cum  ingenti  tripudio,  qase  in  Britannia 
mortua  est  sine  filio.  >  —  c  Hoel,  Oei  gratia  Nannetis  cornes,  »  donna 
une  maison  et  une  vigne  près  de  l'église  de  Notre-Dame  de  Nantes  à 
l'abbaye  de  Quimperlé,  en  1074,  et  il  avait  acquis  ce  comté  en  1054, 
selon  la  chronique  de  Quimperlé  :  «  MLIIII.  Hoel,  GornugalliaB  cornes, 
principatum  Nannetensium  adipiscitur.  »  —  «  Alanus  consul,  qui  et 
Gainard,  »  prit  pour  femme  «  Judith,  comitissa,  filia  videlicet  Judicaelis 
Nannetensium  comitis  »  ;  leur  fils  Uoel  hérita  du  comté  de  Nantes  au 
droit  de  sa  mère.  En  effet,  il  est  bien  probable  que  la  fille  du  roi,  Gons- 
tance,  avait  été  fiancée  en  1076  à  Bayeux;  mais  comme  elle  n'était  pas 
d'un  âge  nubile,  elle  dut  rester  chez  elle  jusqu'en  1087,  et  ce  fut  alors 
seulement  que  le  mariage  fut  consommé  à  Gaen,  comme  l'indique  le 
mot  copulavit  employé  par  Orderic^.  Notre  auteur  a  rapporté  d'Alain 
Fergant  des  faits  qui  s'appliquent  au  contraire  au  roi  Philippe,  et, 
n'ayant  pas  tenu  compte  des  deux  cérémonies  différentes  des  fiançailles 
et  du  mariage,  il  les  a  confondues,  ce  qui  lui  a  fait  dire  que  les  deux 
époux  ont  vécu  ensemble  à  peu  près  quinze  ans.  En  1085,  les  seigneurs 
bretons  étaient  paisibles  possesseurs  de  leurs  terres  et  seigneuries  en 
Angleterre  ;  le  Domesday  Book  le  prouve,  et  je  ne  connais  aucun  ancien 
historien  breton  qui  parle,  soit  d'une  guerre  survenue  en  1085  entre  le 
roi  Guillaume  et  son  gendre,  soit  d'un  second  siège  de  Dol.  » 

M.  Le  Prévost  a  tenu  compte  des  observations  de  Thomas  Stapleton 
dans  la  note  qu'il  a  mise,  en  1845,  au  tome  III  de  son  édition,  au  bas 
des  pages  29  et  30. 

L.    DfiLISLE. 

VIE  LATINE  DE  SAINTE  ALPAIS  DE  GUDOT. 

A  la  fin  de  Tannée  1878 ,  M.  le  curé  de  Gudot-Sainte-Alpaïs ,  par 
Saint- Julien-du-Sault  (Yonne),  adressait  un  appel  aux  bibliothécaires 
de  France  et  de  l'étranger  pour  retrouver  une  vie  latine  et  française  de 
sainte  Alpais  de  Gudot  (morte  en  1211),  citée  par  dom  Morin  dans  son 
Histoire  générale  du  pays  de  Gastinois^.  Je  crois  avoir  rencontré,  parmi 
les  manuscrits  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Ghartres,  un  texte  de  la 
vie  latine  de  sainte  Alpaïs,  dans  un  manuscrit  qui  porte  le  titre  suivant  : 

Visiones  mirabiles 
£t  auditu  terribiles 
Née  tamen  incredibiles, 
0  lector,  hic  reperies*, 

1.  Livre  V,  édition  Le  Prévost,  l.  II,  p.  392. 

2.  Livre  IV,  édition  Le  Prévost,  t.  II,  p.  291. 

3.  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  tome  XXXIX,  1878,  p.  574-575. 

4.  Ms.  reperies  hic. 


254 

Qaas  relegendo  planes 
la  melias  proficies. 

Ce  manuscrit,  coté  131,  et  qui  provient  de  l'ancienne  abbaye  de 
Saint- Père,  parait  avoir  été  écrit  vers  la  fin  du  xiii*^  siècle,  c'est-à-dire 
à  une  époque  presque  contemporaine  de  la  rédaction  de  la  vie  de  sainte 
Alpaïs,  qui,  au  témoignage  de  dom  Marin,  aurait  été  composée  par 
c  frère  Jehan,  de  l'ordre  des  frères  mineurs,  de  la  province  de  Bour- 
gongne...  environ  Tan  1244.  • 

Le  manuscrit  commence  par  le  récit  des  visions  d'un  jeune  novice  en 
Tan  1196;  c'est  peut-être  la  même  histoire  que  celle  qui  est  rapportée 
par  Mathieu  Paris  dans  son  Historia  tnajar  à  l'année  1196;  je  n'ai  pas 
eu  le  loisir  d'examiner  le  manuscrit  assez  en  détail  pour  pouvoir  aujour- 
d'hui l'affirmer.  Puis  vient  la  vie  de  sainte  Alpaïs,  dont  voici  le  début  : 
«  Virgo  igitur  serenissima  in  villula  quadam  que  Gudot  appellatnr 
juxta  Scardeas  {corrigé  au-dessus  en  Escharleias)...  •  La  vie  se  termine 
par  ces  mots  :  c  ...  sed  etsi  leti  vel  tristes  fuerint  clare  et  perspica- 
citer  intueor.  Explicit.  •  Un  troisième  traité,  le  Purgatoire  de  saint 
Patrice^  se  trouve  dans  ce  manuscrit,  et  à  la  fin  on  a  ajouté  par  erreur 
cette  note  qui  se  rapporte  à  la  vie  de  sainte  Alpaïs  :  c  Expliciunt 
visiones  domine  de  Gudot.  »  Il  faut  aussi  remarquer  un  envoi  assez 
curieux  mis  par  le  copiste  du  manuscrit  au  bas  du  premier  feuillet  : 
((  Gamerario  salutem.  Vobis  mitto  librum  nostrum,  quem  pridie  vobis 
promiseram,  in  quo  scriptum  est  de  quodam  novicio  qui  vidit  multa, 
et  de  domina  de  Gudot,  et  in  ultimo  Purgatorium  sancti  Patricii.  » 

Ge  n'est  pas  le  seul  manuscrit  relatif  à  sainte  Alpaïs  qui  soit  conservé 
à  la  bibliothèque  de  Ghartres  :  le  manuscrit  51  (Histoire  locale)  de  la 
même  bibliothèque,  intitulé  a  Apothecarius  moralis  monasterii  Sancti 
Pétri  »,  contient  des  extraits  d'une  vie  de  sainte  Alpaïs,  qui  pourraient 
bien  avoir  été  copiés  sur  le  manuscrit  précédent.  Fol.  233  v*  —  234  v»  : 
<(  Incipiunt  aliqua  de  visiouibus  de  domina  de  Gudot,  quse  aliter  dicitur 
sancta  Aupes,  et  primo  de  vita  ipsius  virginis.  »  —  Fol.  309  v*  :  t  Inci- 
pit  praefatio  super  visionibus  domine  de  Gudot,  qusB  dicitur  sancta 
Aupes,  aliter  Alpaïdes.  »  —  Fol.  319  :  «  Explicit  liber  qui  dicitur 
Apothecarius  etc.,  compilatus  anno  Domini  mccglxxiiio.  » 

H.  Omont. 

LA  PREMIÈRE  ÉDITION  DES  STATUTS  DE  PALERME. 

Dans  le  tome  XIV  du  recueil  imprimé  à  Bologne  sous  le  titre  de  : 
//  Propugnatore,  M.  Vito  La  Mantia,  de  Palerme,  vient  de  publier 
quelques  notes  intéressantes  sur  plusieurs  incunables  de  la  bibliothèque 
de  Girgenti,  et  notamment  sur  un  exemplaire  des  Statuts  de  Palerme 
imprimés  à  Palerme  en  1478. 

Suivant  M.  Vito  La  Mantia,  on  n'avait  encore  signalé  que  deux 


255 

exemplaires  de  ce  livre,  Tun  à  la  bibliothèque  nationale  de  Palerme, 
Tautre  à  la  bibliothèque  de  Tuniversité  de  Cambridge.  Le  premier 
feuillet  manque  à  ces  deux  exemplaires;  il  existe  dans  Texemplaire  de 
Girgenti,  dont  M.  Vito  La  Mantia  donne  une  description  détaillée.  Il 
manque  à  l'exemplaire  de  Girgenti,  comme  à  ceux  de  Palerme  et  de 
Cambridge,  un  dernier  feuillet  que  M.  Vito  La  Mantia  suppose  avoir 
été  laissé  en  blanc. 

En  annonçant  le  travail  dont  il  s'agit,  nous  devons  rappeler  qu'un 
autre  exemplaire  des  Statuts  de  Palerme  avait  été  mentionné  en  1878 
par  M.  Olgar  Thierry-Poux,  sous  le  n»  147  de  la  Notice  des  livres 
exposés  à  la  Bibliothèque  nationale  dans  la  galerie  Mazarine  ;  il  y  est 
signalé  comme  c  le  seul  livre  connu  imprimé  à  Palerme,  avec  date, 
au  xv«  siècle.  »  Non  seulement  notre  exemplaire  contient  le  premier 
feuillet,  comme  l'exemplaire  de  Girgenti  ;  mais  il  a  encore  conservé  le 
dernier,  sur  lequel  rien  n'a  été  imprimé,  conmie  l'avait  judicieusement 
supposé  M.  Vito  La  Mantia.  Au  recto  de  ce  feuillet  a  été  ajouté  un  acte 
du  1«'  février  1494  par  lequel  la  ville  de  Palerme  atteste  l'authenticité 
de  l'édition  : 

Universitas  felicis  urbis  Panormi,  universis  et  singulis  ofûcialibus  et 
personis  ad  quos  spectabit  et  présentes  quomodolibet  presentari  contin- 
gent (sic)^  majoribus  quidem  rev[er]entiam,  paribus  vero  salutem  et 
animum  ad  grata  paratum.  Testimonium  veritatis  vobis  reddimus  et 
indubiam  hdem  facimus  quod  consuetudines  scripte  felicis  urbis  Panormi, 
copiate  in  presenti  libre,  sunt  scripte  et  copiate  a  consuetudinibus 
scrîptis  felicis  urbis  Panormi,  conhrmatis  per  retroprincipes,  quibus 
cotidie  utimur,  et  sunt  in  viridi  observantia,  et  in  dicto  libro  nichil  est 
additum  neque  diminutum  quod  non  sit  in  ipsis  consuetudinibus  de 
verbo  ad  verbum,  prout  jacent.  Et  ut  omnis  dubietas  que  forte  oriri 
posset  de  ipsis  consuetudinibus  postcagatur  {sic)^  présentes  nostras 
testimoniales  litteras  heri  jussimus,  sigillo  quo  utimur  impressione 
munitas.  Datum  in  urbe  felici  Panormi,  die  primo  mensis  Februarii, 
xin«  indictionis,  1494. 

S.  FARFAG.  etc.  cur.  (?) 

Le  sceau  qui  avait  été  plaqué  au  bas  de  ce  certificat  a  disparu,  non 

sans  laisser  des  traces  très  visibles. 

L.  D. 

ÉPITAPHES  DE  PRIEURES  DE  CHAISE-DIEU  (EURE). 

Un  prieuré  conventuel  de  religieuses  de  l'ordre  de  Fontevrault  fut 
fondé  à  Chaise-Dieu  au  xn®  siècle  ^  On  sait  fort  peu  de  chose  sur  son 

1.  Chaise-Dieu-da-Theil,  Eure,  arrondissement  d'Évrenx,  canton  de  Rugles. 
Voyez,  pour  l'histoire  de  cette  commune,  Le  Prévost,  Mémoires  et  notes  sur  le 
département  de  l'Eure  (Évreux,  1862,  in-8«),  tome  I,  p.  481-482. 


256 


histoire  et  la  Gallia  christtana  n'a  point  donné  la  liste  des  prieures  qui 
s'y  sont  succédé  jusqu'au  xviii*  siècle.  Le  texte  de  ces  trois  épitaphes, 
qui  servent  aujourd'hui  de  bordure  au  trottoir  de  l'hôtel  du  Cheval 
noir  à  Bourth  (Eure),  m'a  paru  à  ce  titre  digne  d'être  conservé. 

I. 

REP0SE-80VSGETÔBEAV 

LESGORPSDETRESDEVOTESETR»- 
DAMESLA-RmMERESMARGi«DELA- 
R0ZIKREQVIDEGEDALE-4DEIVrLAN- 
i57lAGEEDE  78ETDEMY- APRES  AVOIR- 
EXERGELA  GHARGEDEPRIEVREDOVZE 
ANS  f  ETDESA-PETITENIEPSE  LA-TRES- 


(Hauteur,  0"40  ;  largeur,  1™14.) 


IL 


GY  GIST-DEV 
0  T  E  DAME 
GRISTINE 
DE  GROIMA 
RE  PRIEVRE 
DE  G  E  A  N  S 
LA  QVELLE 
DEGEDA  LE 
15  MAY  1583 
HAC  :  DEVS  ABS 
OLVAT  OFFENS 
IS  ABLVAT  IPSA 
C VLPIS  -  SIT 
SVPERIS  POST 
P  I  A  F  A  T  A 
P  L  A  G  I  S  j  .  ^ 
(Hauteur,  1™;  largeur,  0™35.) 


m. 

GY-GIST-TRESDE- 


AYANT  EXERCE- 
TOYTESLESGHA 
RGES-DE  LA-RELI 
GIONET-MESME 
GELLE-DE-PRIEVR[e] 
DEGEDALE-I-IOV[r] 
DE-MARS-1646  //////// 
AAGEEDE-82A[ns} 
ET-DE  SA-RELIG[ion] 
64  REQVIESG[atJ 
IN-PAG[eJ 
(Hauteur,  0™70;  largeur,  0»45.) 


H.  Omont. 


1 .  Ces  mots  latins  forment  un  distique  élégiaque  : 
Hanc  Deus  absolvat  offensis,  abluat  ipsa[m] 
Gulpis.  Sit  superis  post  pia  fata  plagis. 


ÉTUDE  SUR  LE  RYTHME 


DES 


BULLES  PONTIFICALES 


CHAPITRE   IL 


PRATIQUE. 


Je  ne  me  permettrais  pas  de  poser  une  nouvelle  règle  de  diplo- 
matique, si  je  n'avais  fait  porter  mes  observations  sur  plusieurs 
milliers  de  bulles  transcrites  ou  originales.  Cependant,  comme  je 
ne  prétends  point  connaître  toutes  les  lettres  des  papes,  les  résul- 
tats auxquels  ces  expériences  m'ont  conduit  risquent  fort  de  se 
trouver  démentis  par  la  découverte  de  quelque  bulle  inédite,  ou 
par  l'examen  d'une  des  pièces  que  j'ai  omis  de  consulter.  La 
règle  demeurera  néanmoins,  je  l'espère.  Quelques  exceptions  que 
Ton  signale,  on  n'empêchera  pas  le  cursus  de  prendre  place 
parmi  les  meilleurs  éléments  de  critique,  et  l'on  ne  me  reprochera 
point  d'attribuer  trop  de  valeur  à  des  particularités  insigni- 
fiantes, quand,  à  l'aide  de  textes  officiels  remontant  au  xif  ou  au 
xnf  siècle,  j'ai  montré  l'importance  qu'attachait  la  chancellerie 
romaine  à  la  cadence  de  la  phrase. 

Le  rythme  des  actes  pontificaux,  dont  il  va  être  question  dans 
ce  deuxième  chapitre,  est  celui  dont  les  règles  ont  été  tracées  par 
Grégoire  VIII  et  Transmond.  La  théorie  est  cependant  plus  com- 
pliquée que  la  pratique.  Ainsi  les  lois  du  commencement  et  du 
corps  de  la  phrase  fiirent  généralement  méconnues.  Les  notaires 
ne  se  faisaient  aucun  scrupule  de  multiplier  les  dactyles  à  la 
suite  les  uns  des  autres,  et  jamais  ils  ne  s'exercèrent  au  tour  de 

47 


258 

force  rythmique  connu  sous  le  nom  de  style  Hilarien.  Restent 
la  fin  des  phrases  et  la  fin  des  membres  de  phrase. 

Certaines  parties  de  la  bulle  sont  naturellement  rebelles  au 
rythme  ;  je  veux  parler 

l^"  de  Tadresse  et  du  salut  (les  dictatures  avaient  prévu  cette 
exception  *)  ; 

2°  de  la  date  ; 

S'^des  citations  (textes  de  l'Écriture',  paroles  rapportées, 
phrases  détachées  d'une  lettre  ou  d'une  charte,  etc.)  ; 

4""  des  énumérations  de  biens.  Les  noms  de  localités  se  prêtent 
difficilement  à  des  combinaisons  rythmiques  ;  la  seule  qualité  que 
l'on  exige  en  ce  cas  du  rédacteur,  c'est  l'exactitude. 

Quant  au  reste  de  la  bulle,  on  y  peut  voir  régner  le  cursus 
tardus  ('-  -'--),  le  cursus  planus  ('-  -'-)  et  surtout  celui 
dont  les  manuels  recommandaient  le  plus  instamment  l'usage,  le 
cursus  velox^  (  '^  v»,  ^w).  Mais,  pour  plus  de  clarté,  je  distingue 
ici  cinq  époques. 

A.  —  De  la  fin  du  IV*  siècle  au  milieu  du  VIP. 

Déterminer  le  moment  où  les  rédacteurs  de  lettres  pontificales 
ont  commencé  à  faire  usage  du  rythme,  est  chose  à  peu  près  im- 
possible. On  comprend  en  efiet  qu'il  ne  soit  pas  rare,  même  chez 
des  auteurs  peu  soucieux  du  cursus,  particulièrement  à  l'époque 
classique,  de  rencontrer,  à  la  fin  d'une  phrase,  breviter  rés- 
pondère.  Romani  vicerunt,  venire  desidero,  ou  toute  autre 
terminaison  rythmique.  C'est  le  rapprochement,  l'emploi  iré- 
quent  et  à  peu  près  exclusif  de  ces  cadences  qui  rend  sensible 
l'efibrt  de  l'écrivain.  Or,  qu'est-il  arrivé  ?  on  a  remarqué  l'heu- 
reux efiet  produit  sur  l'oreille  par  certaines  finales  :  elles  sont 

1.  V.  plus  haut,  ch.  I,  §  2. 

2.  Les  rédacteurs  des  actes  pontificaux  ne  cherchaient  point,  suivant  le  conseil 
du  frère  mineur  Astazius  (De  arte  sermocinandi,  Bibl.  nat.,  ms.  latin  n**  15965, 
f*  135  r"*),  à  embellir  les  textes  sacrés  :  c  Verba  Scripture  Sacre  debent  esse 
ornata  et  poai  curiose,  ut  alliciant  audientes,  et  ut  sint  magis  solliciti  ad  audien- 
dum  et  intelligendum  eorum  informacionem  et  ad  ea  avidius  retinenda.  »  (Pass. 
cité  par  M.  l'abbé  Bourgain,  Mém,  de  la  Soc.  d'agriculture,  sciences  et  arts 
d'Angers,  séance  du  17  juin  1880.) 

3.  Bien  qu'il  soit  le  plus  communément  employé,  on  trouve  aussi  les  deux 
autres  cursus  à  la  fin  des  phrases. 


259 

devenues  plus  fréquentes  ;  mais,  au  Ueu  de  subir  un  changement 
brusque,  la  prose  s'est  acheminée  lentement  vers  l'idéal  des  dic- 
tatures^. 

Tout  ce  que  Ton  peut  diA,  c'est  que,  dans  les  premières  lettres 
pontificales  qui  nous  soient  parvenues  en  latin,  le  nombre  des 
terminaisons  libres  dépasse  notablement  celui  des  terminaisons 
rythmiques.  A  peine  peut-on  citer,  vers  le  milieu  du  rv*  siècle, 
une  épître  de  Libère,  dont  le  texte  présente  d'assez  nombreux 
exemples  de  cursus  veloœ,  plantes  ou  tardus  :  c'est  la  lettre 
adressée  par  le  pape,  en  355,  aux  évêques  exilés  de  Verceil,  de 
Milan  et  de  Gagliari*. 

Ce  qui  était  alors  l'exception  devient  la  règle  vers  la  fin  du 
siècle.  Sous  les  pontificats  de  saint  Sirice  (384-398)  et  de  saint 
Anastase  P""  (398-401),  le  rythme  de  la  fin  des  phrases  est  géné- 
ralement bien  observé.  On  remarque  plus  de  négligence  durant 
le  règne  d'Innocent  P'  (402-417).  Mais  les  lettres  des  successeurs 
de  ce  pontife  jusque  vers  le  milieu  du  vu®  siècle  présentent  toutes 
le  même  caractère  :  prédominance  du  style  rythmique;  cependant 
le  rédacteur  ne  parvient  presque  jamais  à  éviter  toute  faute  de 
nombre. 

B.  —  Du  milieu  du  VIl^  siècle  à  la  fin  du  XZ«. 

Cette  seconde  époque  marque  un  mouvement  en  arrière.  Le 
cursus  y  est  plus  ou  moins  mal  observé,  souvent  entièrement 
méconnu  ;  rien  de  si  rare  qu'une  épître,  je  ne  dirai  pas  complète- 
ment, mais  à  peu  près  conforme  aux  règles  de  l'harmonie. 

C.  —  XIP  siècle. 

Le  xif  siècle,  au  contraire,  est  une  époque  où  l'on  suit  le 
progrès,  pour  ainsi  dire,  d'un  pontificat  à  un  autre.  Déjà 
sensible  sous  Gélase  II  (1118-1119),  il  l'est  plus  encore  sous 

1.  C'est  ce  qui  rend  très  difficile  de  découvrir  Porigine  première  du  curstis. 
Arnobe,  Tertullien  semblent  bien,  en  quelques  passages,  employer  avec  intention 
le  cursus;  mais  ils  le  méconnaissent  si  souvent!  Saint  Cyprien  n'en  tient  nul 
compte.  Je  craindrais  de  me  tromper  en  me  prononçant  pour  ou  contre  l'origine 
africaine  du  rythme. 

2.  Baronius,  t.  IV,  p.  545.  J'y  relève  cependant  les  terminaisons  fautives 
gaudium  gloriae  et  dilectio  consequeretur. 


260 

Honorius  II  (1124-1130)  et  sous  Eugène  III  (1145-1153).  Les 
&utes  de  nombre  deyiennent  rares  à  la  fin  des  phrases  ;  on  tend 
de  plus  en  plus  à  employer  le  cursics  à  la  fin  de  toutes  les  propo- 
sitions. • 

Toutefois,  à  une  époque  où  le  rythme  des  simples  bulles  était 
porté  à  une  perfection  rare,  les  privilèges,  ou  grandes  bulles, 
ofirirent  cette  particularité  d'être  rebelles  à  la  mode  et  de  rester 
très  inférieurs,  au  point  de  vue  du  cursus,  aux  autres  lettres 
pontificales.  Un  exemple  rendra  sensible  cette  difierence  :  dans 
sept  lettres  originales  '  d'Anastase  IV  (1153-1154),  je  n'ai 
relevé  que  deux  fautes  graves  ;  j'en  ai  compté  dix  au  contraire 
dans  trois  privilèges  du  même  pape  *. 

On  peut  juger  des  progrès  du  rythme  dans  les  simples  lettres 
par  les  changements  que  subissaient,  vers  le  même  temps,  cer- 
taines formules  :  par  exemple,  la  clause  Nulli  ergo,  que  les 
notaires  d'Eugène  III  et  d'Anastase  IV  rédigeaient  encore  sous 
ces  formes  :  «  Nulli  ergo  omnino  hominum  liceat  hanc  nostre 

constitutionis  joa^nam  infringere^,  Nulli  ergo  hominum 

fas  sit  hanc  nostre  conflrmationis  paginam  ausu  temerarêo  re- 
fringere  ^,...  »  mais  que  Ton  ne  tarda  pas  à  modifier  conformé- 
ment aux  lois  des  cursus  tardus  et  veloœ  :  «  Nulli  ergo  homi- 
num fas  sit  hanc  nostre  constitutionis  paginam  temerario  aiÂSU 
infHngere,  ...»  ou  :  «  ...  ausu  temeri^a^û  infringere,  ...  » 
ou  bien  :  «  ...  hanc  nostram  confirmationem  temere  pertur- 
bare,  ...  »  ou  enfin  :  «  ...  hanc  paginam  nostre  coiAvmdiionis 
infringere^,,,  » 

A  cette  époque,  Albert  de  Morra  et  Transmond  présidaient  la 
chancellerie  des  papes  ;  le  cursus  régnait  à  la  fin  des  phrases  et 
des  propositions  ;  le  rythme  d'un  grand  nombre  de  bulles  était 
irréprochable.  Cependant  il  restait  encore  quelques  progrès  à 
faire  :  sous  chacun  des  papes  qui  se  succédèrent  durant  cette 
seconde  moitié  du  xii*  siècle,  j'ai  relevé,  dans  des  litterœ, 
un  petit  nombre  de  phrases  terminées  d'une  façon  fautive,  négli- 
gence particulièrement  condamnable  aux  yeux  d'un  dictator, 

1.  Arch.  oat;  Bullaire,  L  229,  Anastase  IV,  n~  l,  1  bis,  2,  3,  5,  7  el  10. 

2.  Ibid.,  n»'  6,  8  et  9. 

3.  8  sept.  1152.  Rec,  des  hist.  de  FrancCy  t.  XV,  p.  477. 

4.  24  oov.  1154.  Ibid.,  p.  655. 

5.  Ces  modifications  s'accomplirent  dès  le  pontificat  d'Anastase  IV.  Voy.  Arch. 
nat.,  Bullaire,  L  229,  n"  1,  1  bis,  3,  5  et  7. 


264 


D.  —  De  H98  à  1288. 

Ce  que  Ton  a  dit  de  ravènement  d'Innocent  III,  qu'il  ouvrit 
«  une  ère  nouvelle  pour  la  chancellerie  pontificale  *  »  se  trouve 
confirmé  par  l'étude  du  rythme.  Notre  quatrième  époque,  qui 
commence  en  H98,  pour  se  terminer  à  l'avènement  de  Nico- 
las IV  (1288),  embrasse  une  série  de  quatorze  pontificats  et  une 
période  de  quatre-vingt-dix  années,  pendant  lesquelles  aucun 
changement  appréciable  ne  modifia  la  condition  du  cursus.  C'est 
une  nouvelle  preuve  à  l'appui  du  fait  constaté  par  les  Bénédic- 
tins :  «  Il  règne  une  plus  grande  uniformité  dans  les  bulles  du 
xni®  siècle  que  dans  celles  qui  le  précédèrent*.  » 

En  deux  mots,  voici  les  caractères  de  cette  époque.  Les  privi- 
lèges sont  encore  rédigés  avec  une  certaine  négligence  3.  Dans  les 
litterœ,  au  contraire,  la  phrase  se  termine  toujours  par  l'un 
des  CURSUS  vELOx,  PLANUs  OU  TARDUS  (à  Cette  règle,  je  ne  con- 
nais point  d'exception^)  ;  les  propositions  et  les  moindres  membres 
de  phrase  sont  généralement  terminés  de  la  même  manière  ;  mais 
cette  deuxième  règle  n'est  pas  rigoureusement  obligatoire. 

On  comprendra  mieux  à  quel  degré  de  perfection  était  alors 
porté  le  rythme  des  litterœ,  en  jetant  les  yeux  sur  la  bulle  sui- 
vante d'Innocent  III  :  elle  a  été  transcrite,  non  sur  l'édition  de 
Du  Boulay^,  qui  fait  commettre  au  notaire  d'Innocent  plu- 


1.  Mémoire  sur  les  actes  (ff  Innocent  UI,  Bibl.  de  VÉc.  des  chartes  y  4*  série, 
t.  IV,  p.  5. 

2.  Nouveau  traité  de  diplomatique^  l.  V,  p.  282. 

3.  C'est  ainsi  que  plusieurs  phrases  d'un  privilège  du  21  mars  1199  se  ter- 
minent de  la  manière  suivante  :  c  ...  vicissitudinis  obumbratio.  —  ...  filii  ire. 
—  ...  amicis  suis,  —  ...  Christi  impugnatores.  —  ...  minuere  sit  licitum.  — 
...  exigere  audeat.  —  ...  licenUa  pateat.  »  (Arch.  nat.,  J5wZte<re,  L  236,  n'24.) 

4.  On  ne  peut  considérer  comme  une  exception  le  curieux  exemple  d'élision 
qu'offrent  deux  bulles  d'Innocent  111  (L  236,  n"  6;  autre  bulle  du  même 
carton)  :  on  y  lit  à  la  fin  d'une  phrase  laboribu^  esse  inscriptum,  ce  qu'il  faut 
sans  doute  prononcer  :  labôrtbus  éss'  inscriptûm. 

De  même,  à  première  vue,  l'on  serait  tenté  d'accuser  de  négligence  le  rédac- 
teur d'une  bulle  d'Alexandre  IV  (L  249,  n»  63),  dont  une  phrase  se  termine  par 
les  mots  exaciionis  fatigare.  Un  simple  coup-d'œil  jeté  sur  les  mots  qui  pré- 
cèdent montre  que  la  faute  procède  du  copiste,  et  qu'il  faut  lire  :  «  ...vel  vos 
novis  et  indebitis  exacti(Jnt[6it]5  fâtigârë.  » 

5.  Hist  Un.  Paris,,  t.  Il,  p.  538. 


262 

sieurs  fautes  contre  le  rythme,  mais  sur  Toriginal,  conservé  aux 
Archives*. 

Innocenlius,  episcopus,  scrvus  servorum  Dei,  dilectis  fliiis  Virzi- 
iiacensi  ^  et  Sancti  Pétri  Autisiodorensis  abbatibus  et^  decano  Aure- 
lîanensi,  salutem  et  apostoiicam  benedictionem. 

Accedentibus  ad  Apostoiicam  Sedem  dilectis  fliiis  abbati  Sancte 
Genovefe  et  magistro  P.  de  Corbolio  yenerdbïlëm  frdtrëm  néstrûmj 
J.,  Mbainénsëm  éplscôpûm,  et  dilectum  filium,  G.  ^,  Sancte  Marie  in 
Aquiro  dîàcônûm  cirdïndlënif  depu/a!;rmîl5  aûdXtbrïs;  in  quàrûm 
présent  là  prefaYi/s  màgistër,  pro  wenerdbïlï  frdtrë  néstrdy  Parisi^nsF 
ïpiscôpô,  cujus  procurator  fuerat  'm^litùtûs,  prôpôsûït,  quod  idem 
abbas  super  possessione  juris  parrochialis  in  parrochia  '  de  Monte 
grdvïm  ïpiscôpô  moléstïàm  îngërébàt,  cum  eam  potestatem  usque 
ad  tempora  sua  Parisi^9i5r5  ëplscdpûs  habuerit  in  parrochiin^s  de 
Monte  ac  presbiterum  qui  éis  dïvlnà  pro  témpdrë  mïnïstràbât  ;  quod^ 
si  esset  etiam  canônïcûs  rigûldrïsj  ei  ^  curam  ^vrdchïë  commïttébàt, 
et  ^  sacerdos,  post  cnrâm  sûscéptâm  de  mdnû  ëpUcôpï^  parrochianos 
ad  nutum  ejus  ligabat  i^^rz /?r  et  solvébât^\  et,  si  quis  excommuni- 
catus  esset  ab  episcopo  vel  étïâm  ïntërdictûs,  presbiter  eum  non 
admittebat  dliquâtênûs  dd  dïvinàj  qui  etiam  benedictidn^^  spdnsd- 
rûm,  puriflcationes  de  pdrtû  sûrgéntlûm,  publicas  penitentias  non 
assumebat  sibi  nisi  de  mandato  tpiscôpl,  spêcUlï  ;  et,  si  fôrtë  sâcér- 
dos  talis  esset  qui  divina  non  posset  pôpûlô  mïnïstrdre^  ipsius 
excessum  abbati  Sancte  Genovefe  et  fratribus  episcôpûs  nuntïdbât^ 
qui,  côgnïtâ  vêrïtdtë,  a.mâtô  ïndignô,  adanimarum  curam  recipien- 
dam  alium  episcopo  présëntâbànt.  Cum  érgô  nômssïmë  pvefdtiis 
ëpiscôpûs  premonu/s5^/  âbbàtëm,  ut  capellanos  suos  qui  debebant 
]^avrôchïïs  désërvirë  ad  suscipiendam  curam  animarum  episcopo  pré- 
sëntdrët,  hoc  se  faiCtûriïm  rëspôndït  et  dlîquôs  presëntdvit ;  sed 
requisitus  quod  presentaret  illum  qui  debebat  in  prefata  de  Monte 
fdxrôcKîâ  désërvirë^  dixit  tune  éûm  non  ^  passe  propter  abséntJàm 

1.  Bullatre,  L  236. 

2.  Du  Boulay  :  Vizeliacensi. 

3.  Du  B.  :  Antissiodorensis,  abbatibus,  F.  ,.,. 

4.  Du  B.  :  G.  deest, 

5.  Du  B.  :  parochialis,  parochia. 

6.  Du  B.  :  et. 

7.  Du  B.  :  etiam. 

8.  Du  B.  :  absolvebat. 

9.  Du  B.  :  nunc. 


263 

prêséntdrï.  Cumque  hoc  sepius  monitus  fdcërë  non  curdrët,  episco- 
pus  pdLTTOchidnïs  dï  Mdntë  sub  pena  excommunicatidnrs  inhihûit^ 
ne  in  ecclesia  Sancte  Genovefe  vel  andirënt  divinà^  vel  aliqua  rect- 
përënt  sdcrâméntâ^  nisi  ab  illo  presbitero  qui  animarum  curam  ab 
episcôpô  sûscëpissët  ;  que  sententia  in  eddëm  ëcdésîâ  fuit,  pv^éntë 
pârrâchïâ^  pûhlicë  récïtdtâ;  eamque  parrochianz^  de  Monte ^  sicût 
sôlébânt^  tdmdïâ*  sirvâvérûnt ^  donec,  facientibus  canonicis  Sancte 
Genovefe,  pôpûlô  cônvôcdtô^  in  verbo  sacerdotis  et  periculo  anime 
per  yçxitrdbilëm  frdtrëm  nôstrûm^.,,^ ^  Qpiscôpûm  Tôrnàcénsëm^ 
ipsius  ecclesie  quôndâm  àhhdtëm^  fuit  pûblïcë  prêdïcàtiim,  quod 
secure  poterant  OMdlrë  dïvinà^  cum  in  eos  non  archiepiscopus ,  non 
episcopus,  vel  archidiaconus  posset  excommunicationis  vel  interdicti 
senténttâm  prômûlgdrë  :  sicque  ab  éïs  Indûctï,  spiri tua/la  rêcëpé- 
rUnt,  Episcopo  ergo,  quemadmodum  premissum  est,  spoliato  obe- 
dientia  parrôchJë  memôrdtë^  petebat  dictûs  màgistër  ipsî  ëpiscôpô 
ante  omnia  quasi  possessionem  juris  parrochi^/f^  rëstitïïl^  adversariis 
suis  super  hiis  ^  que  adversus  eum  proponenda  ducerent  postea  * 
plewirl^  rispônsûrô^  cum  nec  ante  restitutionem  ^  responc^^r?  dëbé- 
rët  didwersdrns  spôlîâtûs^  et  quod  çpiscôpûs  Tomâcénsïs  et  cs.nânici 
sipëdictï  de  premissis  excéssJbûs  punXréntûr,  causa  postmodum 
coram  deleg'^^ïs  jâdicibiïs  ordine  débîtô  pêrtràctdndà,  in  quorum 
prëséntXà  de  jure  Parisi^w^Ts  ëcclésië  plémûs  probàrétUr^  quod 
impresentiarum,  propter  probatid/iûw  ïnôpXàm,  fiëri  non  vàlébàt. 
Ceterum  prefatus  abbas  versa  vice  nôvâm  injûrXâm  inferri  sibi 
per  novum  episcopâm  prôponébât^  asserens  ecclesiam  sûâm  cûm 
burgô  a  primo  fiindationis  tempore  libërâm  êxtltissë,  nec  alicui 
umquam  in  spiritualibus  nisi  Kotndnô  pôntifïcï  fuisse  sûbjéctâyn^ 
quod  per  rescriptum  bbnë  mëmôrïë  Celestini  pape,  predecessoris 
nostri,  ad  cautelam  osténdërë  nïtëbdtûr^  qui  pie  recordationis 
Âlexandri,  Lûcïï  et  Clëméntïs,  predecQSsôrâm  sûôrum^  Romawdrûw 
pôntifïcûm^  exempta  sëcûtiïs^  ecclesiam  prefatam  ea  inter  alia  liber- 
tdtë  dôndvTt^  ut  nuUus  ipsam,  canonicos  vel  burgum  interdicto  vel 
excommunicationi  pôssët  sUppônërë^  nisi  Sûmmâs  Pôntifëx,  vel 
legatus  ab  ejus  tdtërë  dêstmdtiïs;  contra  quam  libertatem  pvefdtûs 
ëpiscôpus  yenirë  prësûmëns  in  alienam  messem  falcem  mittere, 

1.  Du  B.  :  jamdiu. 

2.  Du  B.  :  S. 

3.  Du  B.  :  his. 

4.  Du  B.  :  postea  deest, 

5.  Du  B.  :  testimonium. 


264 

i^uod  nullus  unquam  predecessorum  suorum  (écïrdt^  non  ëxpdvXt^ 
canoiiieuin  îpsius  ecclesie  qui  hominibus  burgî  spiritu(i/Ti  mfnls- 
frdbât.  iil  ab  eo  curam  ^nmdrûm  rïcipïrït^  sibi  pôstûlàns  pri- 
sinUrï  ;  (]uod  ciim  ohiïnérë  non  pâssët,  posl  appellationem  sol- 
loinpniter  interpositam  et  iler  arreptum  ad  Sedem  Apostd/Tcim 
rcHÏéndU  omnes  qui  in  ecclesia  Sancte  Genovefe  missam  parro- 
chîti/^m  aiïdirïnt  et  communicantes  eis  excommunicatidnl  sûbjéclt  ; 
cujus  (imore  motus  pâpâliïs,  tdnquâm  rûdïs^  ex  ignorantia  vel 
huinili^uVe  àbstiniïXt  ^Xiquàndlû  à  dîvlnJs;  sed,  per  jam  dictumTor- 
wixcéHsëm  ëpiscôpûm^  olim  abbatem  ejùsdim  ëcclésU^  ilhic pôstmô- 
dàm  icvëdéntïm^  côgnJtà  véritâtï,  qui,  ^\çm\,  jàrls  plritûs^  eis  OAsi- 
rûl/  ïncûntântïr ^  quod  senlentia  Parisic>wÏ5  ëpiscôpï^  dé  quà 
prh/nshntls^  tamquam  a  non  suo  judice  lata,  nullius  obtinebat  rôbd' 
r]s  llrniifdiëm,  ad  proprium  rediit  pôpûliïs  sàcîrdôtëm;  quem  si 
oliain  ex  certa  sciew/tJ  êvUdssët^  ut  sic  jure  suo  eccléslâ  prîvàrétûr^ 
oi  non  sic  posset,  sicut  nec  per  colonum  domino  insdô  vél  învitd^ 
|uvjurf/clû//i  génërârï  ;  quoniam,  étsï  ëpiscôpiïs  aliquidjurishaWr?^ 
U  (^ihy  quod  pénït as  nègàbâtUr^  cum  ex^  eo  quod  appellatiJni  non 
dHUlU^  in  légës  cômmlsërU^  per  eas  non  debebat  restitutionis  bene- 
flvXûm  ôbtïnérë^  quia  et^  frustra  légës  invôcàt  qui  commiV^z^  m  éis; 
pn^sertim  cum  nunquam  fûërït  dêstïtûtûs;  unde  restitutionem  pétërë 
non  vâlébàt.  Quod  autem  eadem  ecclesia  esset  in  possessione  insti- 
I  KxéndX  cânômcum,  qui  spiritualia^dpû/o  mîmstrdrët  ^,  et  quod  super 
hominibus  burgi  utramquejurisdictidn^mA^ôdr^^,  et  predecessorum 
ipsius  cpiscopi  iempôrïbiîs  hàbûissët^  paralum  se  abbas  ex  habun- 
dànti  dJcébàt  in  coniinéntï  prôbdrë,  Postulabat  proinde  quicquid^  a 
8oped/c^o  ëplscôpô  de  facto  fuerat  post  appellationem  ïniQrpâsïtâm 
iUtëmptâtûm^ ,  irritûmjûduân,  eumque,  ne  decetero  similia  pre- 
Kumërët^  cohërcérï^, 

Premissis  igitur  et  aliis  rationibus  per  dictos  auditores,  qui  et  peti- 
tiones  et  allegationes  partium  in  scripiXs  rëddctâs  nobis  et  fratrîbus 
nostris  prudenter  et  Méiïtër  rêtUlérunt,  plémUs  întëlléctis^  nos 
atlendentes  quoniam  ex  eo  solo  quod  populus  dicte pàrrôchïë  timoré 
hûjûs  sënténtU  per  aliquot  dies  abstinuit  aut^ir^  dïvinà^  nuUam  in 

1.  Du  B.  :  ex  deest. 

2.  Du  B.  :  is. 

3.  Du  B.  :  ministrabat. 

4.  Du  B.  :  quidquid. 

5.  Du  B.  :  attentaium. 

6.  Du  B.  :  coerceri. 


265 


eos  juris  parrochialis  possessionem  dictus  Qpiscdpiïs  adquïsivïl,  nec 
fuit  aliquo  môdd prôbdtûm  quod,  eo  tempore  quo  idem  ëpiscopûs  tulit 
sententiam  in  ipsos,  possessionem  juris  parrochi^//*  hàhéret,  vei 
prius  étXdm ^  hàhûUsït^  restitutionem^ ei  adjudicare  Abjure  nëquivï- 
mâs^  cum  non  constiterit  eum  fuisse  dlïqudtënus  spolïdtâm.  Verum 
quia,  super  aliis  que  proponebantur  ex  parte  sepedicti  Parisi^mi* 
ëpiscôpï^  nobis  non  potuit  fiërïplénâ  fidës,  causam  ipsam  vobis  dûxï- 
mus  committéndàm^  per  apostolica  scriptà  mandantes^  quatinus,  par- 
tibus  ad  vestram  ij^reséntUm  cônvôcdtïs,  si  vobis  constiterit  Parisi^n- 
sëm  ëpiscôpiim  possessionem  parrocbialis  juris  in  predicta  parrdc^îdi 
hâhûissë  et  ab  ea  fuisse  mjûstë  dëjéctûm,  eo,  sicut  juris  ordo  postulat, 
prMtâsristUûtdfdLudïaXisqnQmmquQdûxërïntpropdnéndà^eiqnod 
justum  fuerit  sine  appellationis  obstdciilô  stàtvidtïs^  facientes  quod 
statueritis  per  censuram  ecclesiasticam  firmïtër  obsërvdrï.  Testes 
autem  qui  nominati  fuerint,  si  se  gratia,  odio,  vel  tïmôrë  sûblrdxë^ 
rïnt^j  quominus  testimonium  perAiô^^'w^  verïtdtï,  vos  ad  idper  dis- 
trictionem  ecclesiasticam  appellatione  v^môtâ  côgdtis;  nuUis  litteris 
obstantibus,  si  que  apparuerint  prêter  assensum  partium  a  Sede 
k^ostôlicà  împëtrdtë.  Quod  si  omnes  hiis  ^  exequendis  nequivcrl^Is 
întëréssë^  tu,  fîli  abbas  Virziliacensis,  cum  eorum  altero  ea  nichi/d- 
minâs  êxëqmris, 
Datum  Laterani,  II  kalendas  junii,  pontifîcatus  nostri  anno  secundo. 

Cet  exemple,  choisi  entre  mille  semblables,  prouve  surabon- 
damment que  l'application  des  règles  n'était  point  un  effet  du 
hasard.  Qu' est-il  besoin  de  faire  remarquer  les  formes  synco- 
pées^ ou  les  interversions^  auxquelles  recourt  le  notaire ,  bonœ 
sonoritatis  causa'^'i 

1.  Du  B.  :  eam  prius. 

2.  Du  B.  :  jurisdictionem. 

3.  Du  B.  :  substraierint. 

4.  Du  B.  :  his. 

5.  c  Ab  ipsius  obedi^n^ta  declinarit,  ...  raiionabiliter  promulgarit,  »  (Bulle 
d'Innocent  III  publ.  par  M.  Delisle,  Bibl.  de  VÉc.  des  ch.,  1873,  p.  407.)  «  Lit- 
teras  desUnarii,  ...  aliud  emanarit.  »  (Bulles  d'Innocent  IV,  publ.  par  M.  E. 
Berger,  Registres  d'Innocent  JV,  n"  78  et  361.) 

6.  «  Ralam  et  firroam  sententiam  habituri  quam  rationabiliter  in  contradictores 
promulgandam  duxerit  et  rébelles.  »  (BibL  de  VÉc.  des  ch.y  1873,  p.  407.)  «  Irri- 
tas âecernimtAs  et  inanes  (bulle  de  Clément  IV  ;  Arch.  nal.,  Bullaire,  L  258, 
n"  12,  23  ^ipassim). 

7.  Ainsi  s'exprimait  Tauteur  du  Dictamen  conservé  dans  le  ms.  lat.  8566  A 
(f  111). 


266 

On  chercherait  vainement,  dans  les  lettres  pontificales  de  cette 
époque,  une  formule  qui  ne  fût  point  rythmée  :  «  Âuctoritate 
fvesentium  indulgemxis.,,  Auctorita te SedisÂposto^tc^ con/tr- 
mamus..,  Quare  a  nobis  humiliterposiulabas...  Âbsqoe lioen- 
tia  Sedis  Apostolice  speciali...  Que  correctionis et reformationis 
officio  noveris  indigere..,  Presentis  scripti  patroeinto  commvr' 
nimus,,.  Inquisita  super  premissisdili^en/m^'t?&nïa/^...etc.  » 
Ces  expressions  sont  de  style  sous  Innocent  III  et  ses  succes- 
seurs ;  il  en  est  de  même  des  clauses  Nullis  litteris,  Quod  si 
omneSy  Testes  autem^  et  de  tant  d'autres,  dont  la  formule, 
modifiée  au  commencement  du  siècle,  se  conserve  désormais, 
parce  qu'elle  sonne  agréablement'.  Bien  difierentes ,  à  ce  point 
de  vue,  sont  les  formules  des  privilèges,  où  se  font  remarquer 
les  terminaisons  Apostolice  Sedis  av^toritate ,  aliéna  fiat^ 
paœ  Domini  nostri  Jhesu  Christi. 

Rien  ne  prouve  que  la  minute  des  lettres  apostoliques  (litterœ 
notatœ)  fut  rédigée  sous  une  forme  harmonieuse.  Mais  on  se 
représente,  au  bureau  des  grosses,  les  notaires  révisant  le  texte 
de  la  bulle,  le  développant,  le  modifiant,  intervertissant  Tordre 
des  mots,  rejetant  au  besoin  une  expression  gênante,  jusqu'au 
moment  où  l'épître  sort  de  leurs  mains  métamorphosée  grâce 
aux  cadences  dont  ils  ont  su  l'embellir.  Ils  arrivaient  souvent 
à  faire  précéder  d'un  cursits  les  moindres  repos  de  la  voix^. 

E.  —  De  1288  au  XV IP  siècle. 

Sous  le  pontificat  de  Nicolas  IV  (1288-1292),  les  notaires  se 
relâchent  un  peu  de  leur  vigilance.  Alors  reparaissent  des  fautes, 
inconnues  depuis  le  xu*  siècle  :  non  seulement  des  propositions, 
mais  des  phrases  se  terminent  d'une  façon  défectueuse,  et  cela 
dans  de  simples  lettres.  La  voix  retombe  et  s'arrête  sur  des  mots 
assemblés  au  hasard:  «...  ingressu  claustri  vel  chori  inter-- 

1.  Le  comparatif  est  employé  ici  de  préférence  aa  positif,  pour  que  le  double 
spondée  final  soit  précédé  d'un  dactyle. 

2.  Qne  Ton  consulte  un  des  nombreux  formulaires  romains  du  xiii*  siècle, 
conservés  à  la  Bibliothèque  nationale  :  on  constatera  partout  Tapplication  du 
cursus, 

3.  Ces  repos  ne  sont  pas  toujours  indiqués  par  une  ponctuation  dans  les  expé- 
ditions originales.  Il  arrivait  souvent  que  le  grossator  plaçait  un  peu  an  hasard 
le  colon  et  le  comma. 


267 

dicto.  —  ...  ad  Sedem  Apostolicam  référant^.  —  ...  certum 
tempus  comprehendat^.  —  ...  ad  eœprohrantium  oppro- 
bria^.  —  Quis  igitur  de  cetero  marcebit  otio^'i  »  (ce  dernier 
exemple  est  emprunté  à  une  expédition  originale).  Les  notaires 
de  Bonifece  VIII  persévèrent  dans  la  même  voie,  les  fautes  vont 
en  se  multipliant  :  «  ...  a  jure  intimamus  ^.  —  ...  per  legatos 
vel  delegatos  ipsius^.  »  La  loi  cependant  n'est  pas  abrogée  : 
moins  exactement  observée,  elle  n'en  continue  pas  moins  à  exer- 
cer sur  la  rédaction  des  bulles  une  influence  décisive.  On  ren- 
contre fort  souvent,  à  cette  époque,  des  lettres  que  ne  renierait 
point  un  notaire  d'Innocent  III.  En  un  mot,  le  xiv®  siècle  res- 
semble beaucoup  à  la  seconde  moitié  du  xii^. 

Peu  à  peu,  par  suite  de  ce  relâchement,  les  nuances  qui  distin- 
guaient encore  le  style  des  privilèges  s'eflacent,  et  le  même  rythme 
dégénéré  s'applique  à  tous  les  actes  de  la  chancellerie'. 

Ce  mouvement  s'accentue  durant  le  xv®  siècle,  on  en  arrive 
parfois  à  un  complet  oubli  du  cursus.  J'ai  pu  relever,  dans  une 
seule  bulle  de  Sixte  IV,  les  terminaisons  suivantes  :  «  impen- 
damus  efficaces,  —  ...  tenoris  subsequentis ,  —  ...  execu- 
tioni  demandarentur.  —  ...  eœcommunicati  censerentur, 
—  ... prefati tenerentur ^.  » 

Au  XVI®  siècle,  le  désordre  est  à  son  comble.  Si  l'on  trouve 
encore  assez  souvent  des  actes  rédigés  suivant  les  vieilles  règles  ^, 
c'est  qu'on  respecte  religieusement  les  formules.  Mais  qu'une 
difficulté  se  présente,  qu'un  effort  soit  nécessaire  pour  conserver 
le  rythme,  c'est  alors  qu'apparaît  la  négligence  des  rédacteurs. 

Telle  est  la  persistance  des  anciennes  formules,  qu'il  ne  faudrait 

1.  Bulle  da  12  sept.  1289  (BuUar.  rom.,  p.  61  et  58). 

2.  Bulle  du  17  août  1289  (Ibid,,  p.  56). 

3.  Bulle  du  !•'  août  1291  {Ibid,,  p.  66). 

4.  Bulle  du  1"  août  1291  (Arch.  nat.,  Bullaire,  L  277,  n*  50  ;  Laog,  Hegesta, 
t.  IV,  p.  500,  et  Pertz,  Mon.  Germ.  htst,  scripL,  l.  XVII,  p.  600). 

5.  Bulle  du  8  sept.  1303  {Bullar.  Rom.,  p.  103). 

6.  Bulle  du  19  mai  1296  (Arch.  nat.,  Bullaire,  L  280,  o«  49  ;  RipoUi,  Bullar. 
ord,  Prxd.y  t.  II,  p.  48). 

7.  Les  brefs  suivent  le  sort  des  autres  lettres  pontificales. 

8.  Bulle  du  25  juin  1472.  (Arch.  nat.,  Bullaire,  L  325,  n»  3). 

9.  Voir  le  bref  de  Jules  II  du  5  déc.  1506  (Arch.  nat.,  Bullaire,  L  328,  n«  10), 
la  bulle  du  26  juillet  1505  (Ibid.,  n«  4)  et  ceUe  du  20  juillet  1507  (Ibid.,  n«  8), 
ainsi  que  les  bulles  de  Paul  IV  du  28  sept.  1556  (L  336)  et  du  1«'  sept.  1557 
{Ibid.,  n*  4). 


268 

yy.LK  «iét/joner,  si,  encore  au  xvii*  siècle,  on  remarquait  dans 
-':  ry t/*me  de  certaines  bulles  une  régularité  relative*.  D  va  sans 
'Ut*r  que  II  rencontre  serait  fortuite,  et  que  depuis  longtemps  la 
.'  «riiiiissance  des  lettres  antiques  a  fait  tomber  dans  le  discré^t  les 
'l'xjtrines  épistolaires  du  moyen  âge. 

iJe  la  place  de  V accent  dans  les  actes  pontificaux, 

I>e  soin  avec  lequel,  h  certaines  époques,  les  notaires  de  la 
chancellerie  observaient  le  cw^sus,  permet  de  constater  comment 
ils  plaçiiieut  Taccent  sur  les  mots  latins.  C'est  le  lieu  de  remar- 
quer, une  fois  de  plus,  que  la  règle  antique  était  ramenée  à  sa 
plus  simple  formule  :  tout  dissyllabe  est  accentué  sur  la  pénul- 
tième, ainsi  que  tout  polysyllabe  dont  la  pénultième  est  longue  ; 
au  contraire,  tout  polysyllabe  dont  la  pénultième  est  brève  est 
accentué  sur  l'antépénultième. 

Quant  aux  règles  exceptionnelles  par  lesquelles  les  anciens 
dérogeaient  à  cette  loi,  une  seule  m'a  paru  conservée.  Les  ter- 
minaisons eœinde  commendari^,  exinde  dispensantes^, 
aliuyide  assumendos  ^,  que  Ton  rencontre  dans  des  lettres  de 
Grégoire  IX  ou  d'Innocent  IV,  ne  sont  point  fautives  :  Priscien 
enseignait  à  accentuer  sur  l'antépénultième  les  composés  de  inde 
avec  une  préposition^,  et  nous  savons  par  Pierre  Hélie^  que  Ton 
s'appuyait  sur  l'autorité  de  ce  texte  pour  accentuer  de  même 
alîunde. 

D'ailleurs,  je  n'ai  jamais  vu  les  notaires  se  méprendre  sur  la 
quantité  de  la  pénultième,  erreur  qui  les  eût  induits  à  mal  placer 
l'accent  sur  les  mots  polysyllabiques.  Ils  avaient,  à  cet  égard, 
une  érudition  sûre  et  ne  commettaient  aucune  des  confusions 
dont  M.  Thurot  a  relevé  des  exemples  chez  les  grammairiens  du 
temps'. 

1.  V.  par  exemple  une  bulle  de  Grégoire  XV  du  30  juin  1622  (A.  el  J.  Tardif, 
Privil.  accordés  à  la  couronne  de  France  par  le  saint- siège,  p.  282). 

2.  Bulle  du  8  déc.  1234  (Bibl.  nat.,  coll.  Moreau,  ms.  n-  1189,  f  260-,  N.  Va- 
lois, Guillaume  d'Auvergne,  p.  368). 

3.  E.  Berger,  Registres  d'Innocent  IV,  n»  1652. 

4.  Ibid.,  n«  408. 

5.  Insi.  gramm,,  XIV,  20. 

6.  Spéculum  de  Vincent  de  Beauvais,  cap.  CLXll.  Cf.  M.  Thurot,  NoU  et  exir., 
1.  c,  p.  403. 

7.  Ibid,,  p.  419  et  suiv. 


269 


CONCLUSION. 
De  V utilité  du  c\xv%\y&pour  la  diplomatique  pontificale. 

Quelle  que  fût  Thabileté  des  notaires,  le  cursus  contribua  sans 
doute  à  pervertir  le  stjle  des  bulles,  en  le  rendant  prolixe, 
contourné,  en  multipliant  les  périphrases,  »en  substituant  à  Tordre 
logique  un  ordre  capricieux.  Mais  ces  défauts,  qu'excusait  le  goût 
du  temps  S  étaient  largement  compensés,  aux  yeux  des  chance- 
liers, par  un  double  avantage  :  revêtir  l'acte  d'une  forme  har- 
monieuse, que  nous  ne  pouvons  aujourd'hui  apprécier  qu'impar- 
faitement, et  surtout  rendre  plus  difficile  la  rédaction,  par  suite 
la  contrefaçon  des  bulles.  Qui  sait  si  l'on  n'a  point  observé  avec 
plus  de  soin  le  rythme  dans  les  litterœ,  précisément  parce  que 
ces  actes,  dépourvus  de  souscriptions,  de  rota,  de  benevalete, 
offraient  moins  de  garanties  contre  l'habileté  des  faussaires  ? 

Toutefois  cette  précaution  eût  été  plus  efficace  encore,  si  la 
chancellerie  romaine  eût  gardé  le  secret  du  cursus.  Il  n'en  fut 
rien  :  les  dictatores  se  chargèrent  de  faire  connaître  dans  tous 
les  pays  l'artifice  qui  donnait  au  style  des  bulles  une  élégance 
fort  appréciée  des  contemporains  :  posséder  les  règles  du  cur~ 
sus  de  Rome,  était  pour  eux  la  meilleure  des  recommandations. 
Aussi  les  notaires  d'un  grand  nombre  de  cours  ecclésiastiques 
ou  laïques  ne  tardèrent-ils  pas  à  se  conformer  de  leur  mieux,  et 
parfois  avec  succès,  aux  prescriptions  d'Albert  de  Morra.  Il  en 
résulta  que  le  cursus  fut  également  à  la  portée  des  faussaires. 
En  fait,  dans  bon  nombre  de  bulles  fausses,  le  rythme  ne  laisse 
rien  à  désirer. 

Est-ce  à  dire  que  la  critique  ne  puisse  tirer  aucun  parti  du 
cursus 'pour  le  discernement  des  pièces  fausses?  Je  m'explique. 

1.  Les  dictatores  enseignaient  le  moyen  de  rendre  le  discours  c  prolixe  »,  et  à 
côté  de  Vordo  naturalisa  qui  n'était  autre  que  Tordre  logique,  ils  plaçaient 
ïordo  artifLcialis^  consistant  en  interversions  forcées,  et  auquel  ils  ne  manquaient 
point  de  donner  la  préférence  :  c  Notandum  quod  ordo  dictatoris  duplex  est, 
scilicet  naturalis  et  artlficialis.  Naturalis  est,  quando  res  describitur  ex  ordine, 
prout  gesta  est,  et  absque  omatu.  Artilicialis  est,  quando  dictator  non  servat 
debitum  ordinem  rei  geste,  sed  a  medio  procedit  ad  principium  et  de  fine  ad 
médium  et  hoc  pluribus  modis  :  1^..  »  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  n"  16246 1,  f'  9'2.  J'ai 
imprimé  tout  ce  passage,  De  arte  scribendi  episiolaSy  p.  65). 


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tàlim' -^  ^;.l •'•»*<  ^T"*» 


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21\ 

et  d'une  autre  que  Ton  a  voulu  attribuer  à  Boniface  VIII S  sans 
remarquer  que  les  notaires  de  ce  pape  ne  commettaient  que  bien 
rarement  des  fautes  de  cette  gravité  : 

...  ingressus  interdictus. 
...  universitatls  predictorum. 
...  mînistrari  libère  possint. 
etc. 

S'il  s'agit  d'une  lettre  attribuée  à  l'un  des  papes  du  xni®  siècle, 
depuis  Innocent  III  jusqu'à  Honorius  IV,  la  critique  pourra  se 
montrer  plus  difficile  :  eue  exigera  des  rédacteurs  une  application 
constante  des  règles  du  cursus  et  considérera  comme  suspecte 
toute  lettre  dans  laquelle  une  phrase  se  terminerait  d'une  façon 
défectueuse.  A  plus  forte  raison  condamnera-t-elle  une  bulle 
attribuée  à  Innocent  IIP  dont  les  terminaisons  sont  les  sui- 
vantes : 

...  litterae  signifleantes, 
...  oculo  invigilans, 
...  cure  deputatam, 
...  personarum  conniventia, 
...  libris  obligaverat, 
...  tenore  litterarum, 
...  voluntate  respondentes, 
...  honesto  contingente, 
...  renunciaverit  labori, 
...  supradicta  omnia, 
...  ad  se  pertinentibus, 
...  consensu  commendantes. 
...  consilio  factum  est, 
...  auctoritate  conformetur. 
...  rationabilia  petentium, 
...  provisione  agitur, 
...  favore  manutenere, 


1.  «  Honestis  ac  humilibus...  »  (Ludet^ig,  Reliquiae  manuscriptomm  omnis 
xvi  diplomaium  ac  monumentorum  ineditorum  adhuc,  Halae  SalicaB,  1737, 
m-8%  t.  XI,  p.  613.  Cf.  Potthast,  p.  1975). 

2.  Bulle  du  27  mai  1216  adressée  au  couvent  de  Medlich  :  c  Dilectionis  ves- 
trae  nobis...  »  (Ph.  Hueber,  Ausiria  exarchivis  MélUcensib'os  illustrata,  Lipsiae, 
1722,  in-f%  f-  13.  Cf.  Potthast,  p.  449). 


272 

.  memores  existant. 

.  a^re  volentes, 

..  providit  necessitAti, 
...  auctoritate  confirmantes. 
...  generare  solet, 
...  sue  indulgemus, 
...  elegit  exonerari. 
...  emergunt  casus, 
...  sufficit caul^la. 
...  agere  presumpserit, 
...  provisa  sunt  auferendo, 
...  auctorilat^  excommunicatus, 
...  Christi  separalus, 
...  satisfactionem  emendaverit, 
etc. 

\\n\r  tlxer  la  date  d'une  bulle  authentique,  le  cursus  sera 
i'iK\>iv  dt^  quelque  utilité.  Ainsi  M.  Delisle,  quand  il  revendiquait 
(K>ur  Innocent  III  des  lettres  attribuées  à  Innocent  II S  aurait  pu 
lutn*  m\  nouvel  argument  de  l'observation  du  cursus*  :  il  se  fon- 
vlail  8U1'  la  mention  de  l'année  du  pontificat  ;  mais  supposez  que 
m»us  soyons  en  présence  d'une  copie,  d'un  fragment  tronqué, 
dont  on  ait  supprimé  la  date  :  c'est  alors  qu'il  sera  bon  de  se 
r«|>|>t»l<îr  que  le  rythme  sous  Innocent  II  (1130-1143)  était 
uilôriour  à  celui  des  bulles  d'Innocent  III  et  d'Innocent  IV. 

Jt)  termûierai  en  faisant  observer  que,  pour  la  période  comprise 
ontrt^  1198  et  1288,  le  cursus  donne  le  moyen  de  reconnaître 
ftu'iltunent  et,  pour  ainsi  dire,  du  premier  coup-d'œil  les  erreurs 
ih^  copie  ou  les  interpolations  qui  déparent  souvent,  dans  nos 
meilleures  éditions,  le  texte  d'une  lettre  apostolique. 

Noël  Valois. 

1.  Mémoire  sur  les  actes  (TJnnocent  ///,  l.  c,  p.  61. 

2.  V.  par  exemple  les  deux  lettres  imprimées  dans  la  collection  des  condles 
de  Ubbe  (t.  X,  col.  968)  et  dans  le  Cartul.  de  N.-D.  de  Paris,  t.  III,  p.  184. 


CHARTES 

DE  SAINT-MARTIN  DE  TOURS 


COLLATIONNÉES   PAR    BALUZE 


SUR  LES  ORIGINAUX. 


Lorsque  feu  notre  confrère  E.  Mabille  entreprit  la  restitution 
du  célèbre  cartulaire  de  Saint-Martin  de  Tours  connu  sous  le 
nom  de  Pancarte  noire  ^,  il  attacha  naturellement  la  plus  grande 
importance  aux  copies  de  la  main  de  Baluze.  De  tous  les  érudits 
qui  ont  travaillé  dans  les  archives  de  Saint-Martin,  c'est  certai- 
nement celui  dont  les  transcriptions  ont  pour  nous  le  plus  de 
prix.  Toujours  faites  sur  le  meilleur  des  textes  qui  existaient, 
elles  témoignent  d'un  soin  extrême,  et  surtout  d'un  souci  de  l'exac- 
titude qui  permettent  de  les  utiliser  presque  au  même  titre  que  les 
textes  qu'elles  représentent,  originaux  ou  anciennes  copies,  pour 
les  études  les  plus  minutieuses.  Malheureusement,  un  certain 
nombre  des  plus  anciens  diplômes  de  Saint-Martin  ne  se  retrou- 
vaient pas  dans  ses  manuscrits,  et  les  copies  de  Besly,  de  dom 
Lesueur,  de  dom  Martène  ou  de  dom  Housseau  qui  faisaient  seules 
connaître  ces  documents  ne  laissaient  pas  que  de  faire  regretter 
qu'on  n'en  eût  point  de  la  main  de  Baluze.  Une  petite  découverte 
me  permet  de  combler  aujourd'hui  une  partie  de  cette  lacune. 

On  sait  que  les  chanoines  de  Saint-Martin,  à  l'occasion  d'un 
interminable  procès  qu'ils  soutinrent  contre  les  archevêques  de 
Tours  au  ^ujet  de  leurs  prérogatives,  firent  imprimer,  en  1709, 

1.  La  Pancarte  noire  de  Saint-Martin  de  Tours,  brûlée  en  1793,  restituée 
diaprés  les  textes  imprimés  et  manuscrits  par  E.  Mabille.  Paris  el  Tours,  1866. 
In-S*. 


27(5 


1.  43,   44,   46,   47,   48,  49,   20. 

bunuarum 
1. 46el24.  Aniliaco 
1. 48.  Britannorum 
1.  24 .  habent 
1. 26.  supplementum 
1.  34 .  annulo 
1.  32.  Eneas 

Ludovic! 

recognovi 
l.  34.  Id. 

Garoli 


bunuaria 

Aviliaco 

Brittanorum 

habet 

subplementum 

anulo 

Aeneas 

Hiudowici 

recognovit  et  subscripsit 

Idus 

Karoli. 


2°  16  avril  849.  —  Charles  le  Chauve  confirme  les  chanoines 
de  Saint-Martin  dans  la  possession  de  la  villa  d*Antogné  et  fixe  à 
deux  cents  le  nombre  des  chanoines  {Recueil,  p.  3,  Mabille, 
Index,  n<*  51,  au  1"  mai). 


Texte  imprimé. 

1.   4.  Francorumque  Aquitano- 

rum 
1.   6.  fidelibusque 
1. 4  2.  authoritatem 
1.46.  praedecessorum 
1.  27.  heri 

1.  29.  esse  perpetuo  voluerint 
1.  34 .  Ludovici 

recognovit 
1.  32.  Gai.  maii 

Garoli 

Foeliciter  in  Dei  nomine. 


Corrections  de  Baluze. 
Francorum  Aquitanorumque 

fîdelibus 

auctoritatem 

praecessorum 

Ghristi 

voluerint  esse  perpetuo 

Hiudowici 

recognovit  et  subscripsit 

XVI  Kal.  mai 

Karoli 

In  Dei  nomine  foeliciter. 


Comme  on  le  voit,  c'est  sur  la  date  que  porte  la  correction  la 
plus  notable;  ce  diplôme  est  donc  du  16  avril  et  non  du  1^*"  mai. 
De  plus,  Baluze  a  rétabli  avant  la  souscription  du  chancelier  celle 
du  roi  :  Signum  Caroli  gloriosissimi  régis,  qui  manquait  dans 
le  texte  imprimé,  bien  (ju'elle  fut  annoncée  par  la  formule  :  manu 
nostra  propria  subterfirmavimus . 

« 

3°  6  novembre  851 .  —  Charles  le  Chauve  concède  en  bénéfice 
à  Wichardla  celle  de  Sainte-Colombe  pour  en  jouir  sa  vie  durant 
{Recueil,  p.  5,  Mabille,  Index,  n®  54). 


277 

Texte  imprimé.  Corrections  de  Baluze. 

1.    2.  irrationabiliterpetitionibus  irrationabilibus  petitionibus 

1.    5.  Wiehardus  Wichardus 

1.2-1.  nec  nos  necnon 

1.  22.  annulo  anulo 

l.  23.  jussimus  concessimus 

1.  24.  Ludovici  Hludowici 

recognovi  recognovi  et  subscripsi 

1.  25.  Indictione...  (un blanc  tient  Indictione  XV 
la  place  du  chiffre.) 

régnante  glorioso  rege  régnante  Karolo  glorioso  rege. 

4°  30  janvier  869.  —  Charles  le  Chauve  prend  sous  sa  protec- 
tion les  domaines  de  Leré  en  Berry  et  de  Marsat  en  Auvergne 
{Recueil,  p.  135,  Mabille,  Index,  n<*67). 


Texte  imprin^. 

Corrections  de  Bal 

1.   i,  Carolus 

Karolus 

1.    7.  Liradus 

Leradus 

1.-13.  agnoscentes 

cognoscentes 

1.  27.  recognovi 

recognovi  et  subscripsi 

1.  32.  Carolo 

Karolo. 

Entre  la  fin  de  la  teneur  et  la  souscription  du  chancelier, 
Baluze  a  intercalé  une  souscription  de  Charles  le  Chauve  :  Signum 
Karoli  gloriosissimi  imperatoris,  sans  mentionner  du  reste 
de  monogramme. 

Il  y  a  lieu  de  s'étonner  de  voir  figurer  la  souscription  de 
Charles  empereur  à  un  diplôme  que  tous  ses  éléments  chronolo- 
giques concourent  à  dater,  sans  contestation  possible,  du  30  jan- 
vier 869.  Si  l'on  observe  que,  contrairement  à  la  règle  constante 
de  la  chancellerie  de  Charles  le  Chauve,  cette  souscription  du 
souverain  n'est  pas  annoncée  à  la  fin  de  la  teneur,  on  sera  con- 
vaincu qu'elle  n'existait  pas  sur  le  diplôme  lorsqu'il  est  sorti  de  la 
chancellerie  et  qu  elle  a  dû  être  ajoutée  plus  tard  par  quelque  igno- 
rant qui  a  risqué  de  rendre  cet  acte  suspect  en  voulant  le  compléter 
par  une  formule  qu'il  jugeait  sans  doute  indispensable  à  sa  validité. 
On  peut  croire  que  cette  addition  n'a  pas  été  faite  longtemps  après 
la  date  de  la  délivrance  du  diplôme  et  dans  tous  les  cas  que  les 
caractères  de  cette  prétendue  souscription  étaient  assez  habile- 


278 

ment  contrefaits,  puisqu'elle  n'a  donné  lieu  à  aucune  observation 
de  la  part  de  BaluzeT,  qui  l'a  transcrite  d'dprès  l'original. 

Nous  n'insisterons  pas  davantage  sur  les  petites  améliorations 
que  les  collations  de  Baluze  apportent  au  texte  des  documents 
publiés  dans  ce  recueil.  Il  nous  suffira  d'avoir  signalé  l'exemplaire 
de  la  Bibliothèque  nationale  aux  futurs  éditeurs  d'un  cartulaire 
de  Saint-Martin  de  Tours. 

A.  GiRY. 


INSTRUCTIONS  DE  FOSCARI 

DOGE  DE  VENISE 

AU  CONSUL  DE  LA  RÉPUBLIQUE 
CHARGÉ  DE  COMPLLMENTERLE  NOUVEAU  ROI  DE  TUNIS 

EN  1436. 


Fanucci  et  Antoine  Marin  pensaient  que  les  Vénitiens  et  les  Tos- 
cans fréquentant  l'Afrique  septentrionale  avaient  été  admis  à  parti- 
ciper aux  caravanes  commerciales  qui  pénétraient  dans  l'intérieur  du 
pays.  J'ai  cherché  et  réussi,  je  crois,  à  prouver  l'origine  et  l'erreur 
de  cette  opinion  ^  Le  conmierce  des  chrétiens  en  Afrique  fut  toujours 
essentiellement  maritime.  Une  dépassa  guère  les  ports  du  littoral,  en 
faisant  une  exception,  motivée  encore  plus  par  des  raisons  politiques 
et  religieuses  que  par  des  raisons  commerciales,  pour  Tlemcen,  Fez 
et  Maroc.  Les  conditions  des  Vénitiens  furent  à  cet  égard  à  peu  près 
les  mêmes  que  celles  des  autres  nations  chrétiennes. 

Les  Français  eurent  dès  le  xiii®  siècle  des  comptoirs  ou  des  consuls 
à  Tunis,  à  Bougie  et  à  Geuta.  Leur  commerce  déclina  dans  le  Magreb 
comme  ailleurs  au  xiv®  et  au  xv®  siècle.  Sous  Louis  XI,  il  reprit 
quelque  vie.  François  I®^  Henri  IV  et  Louis  XIII  lui  donnèrent  enfin 
une  impulsion  décisive.  De  ces  règnes  réparateurs  datent  les  JS'^aô/w- 
sements  français  dans  les  États  Barbaresques,  successivement  créés 
au  Bastion  de  France,  à  Bône,  à  la  Galle  et  à  Tîle  de  Tabarque.  Cette 
île,  qui  faisait  partie  de  la  Numidie  et  non  de  la  Proconsulaire, 
dépend  historiquement  de  l'Algérie,  et  aurait  dû  être  rattachée 
depuis  longtemps  à  son  territoire. 

En  revenant  aux  Vénitiens,  je  dois  rappeler  que  le  roi  Abou-Omar- 
Othman,  auquel  le  doge  Foscari  envoie  ses  féhcitations  d'heureux 

1.  Traités  entre  les  Chrétiens  et  les  Arabes  d'Afrique  au  moyen  âge.  Sup- 
plément, p.  17. 


280 

avènement,  accorda  à  la  république,  en  4438,  un  traité  confirmant 
les  avantages  reconnus  depuis  longtemps  à  ses  nationaux  dans  le 
Magreb  oriental  ^ . 

Ce  prince  était  le  26'  roi  de  la  dynastie  des  Hafsides,  dont  le  der- 
nier souverain,  Mohammed  ben  Es-Soltan,  fut  détrôné  par  les  Turcs 
en  ^1572.  Des  pachas  turcs  gouvernèrent  depuis  lors  sans  conteste  à 
Tunis  jusqu'en  4664.  A  cette  époque,  une  grande  anarchie  bouleversa 
le  pays  et  les  deys,  élevés  successivement  au  pouvoir  par  la  milice, 
cherchèrent  plusieurs  fois  à  se  soustraire  à  la  suzeraineté  de  Gons- 
tantinople. 

La  Porte  parvint  néanmoins  à  faire  reconnaître  de  gré  ou  de  force 
le  droit  supérieur  qu'elle  avait  conquis  en  4  572.  Elle  le  perdit  en  1 705. 
A  cette  époque  s'établit  à  Tunis,  en  la  personne  d'Hassan,  ou  Hosséin 
Bey,  fils  d'Ali  Et  Turki,  originaire  de  Candie,  une  dynastie  qui  a 
possédé  la  vraie  royauté  d'une  façon  héréditaire,  manifeste  et  sdiïso- 
lument  indépendante.  C'est  à  cette  famille  qu'appartient  Mohammed 
Es-Sadoc,  au  nom  de  qui  la  prière  publique  du  vendredi  s'est  tou- 
jours faite  dans  les  mosquées  de  la  Régence.  Ce  fait  seul  suffirait  à 
constater  sa  souveraineté  territoriale. 

Si  l'on  veut  voir  d'autres  témoignages  de  son  indépendance  poli- 
tique vis-à-vis  des  prétentions  de  Constantinople,  on  n'a  qu'à 
parcourir  dans  les  recueils  de  Dumont,  de  Martens,  de  Testa  et  de 
M.  de  Clercq,  les  traités  que  cette  dynastie  a  conclus  avec  les  États 
étrangers,  depuis  Taccord  de  4708,  signé  avec  la  Hollande,  jusqu'au 
traité  de  4802  par  lequel  M.  Devoize,  envoyé  du  premier  consul, 
obtint  le  renouvellement  du  traité  conclu  avec  Louis  XV  en  4742. 
Dans  tous  ces  pactes,  le  dey  ou  bey  de  Tunis  traite  seul,  directement 
et  souverainement  avec  les  puissances  chrétiennes  ;  dans  aucun  il 
n'est  fait  une  seule  fois  mention  de  la  Turquie  ni  du  Grand  Turc. 

L.  DE  Mas  Latrie. 
1436. 
M.  cccc.  XXXV.  Die  tertio  Februarii. 
Commission 
Nos  Franciscus  Foscari,  Dei  gratia  dux  Venetiarum,  etc. 

1.  Traités,  p.  250. 

2.  En  marge  :  Ser  Maurus  Caravello,  sapiens  Ordinum, 


281 

Committimus  tibi  nobili  viro  Blancho  Delflno,  dilecto  civi  et  fideli 
nostro  ituro  consuli  nostro  Tunisii,  quod  cum  nostris  litteris 
credulitatis  quas  tibi  dari  fecimus  ire  debeas  antequam  intres 
consulatum  ambaxiator  ad  presentiam  serenissimi  domini  Otte- 
men  régis  Tunisii  ;  cui,  factis  salutationibus  et  generalibus  obla- 
tionibus,  cum  verbis  pertinentibus  et  consuetis,  debeas  celsitu- 
dini  sue  exponere  quod  dominatio  nostra  ubi  intellexit  illustrem 
personam  suam  ad  regalem  dignitatem  digne  pervenisse  maximam 
leticiam  habuit,  respectu  illius  summe  justicie  quam  in  eo  esse 
audivimus  ;  et  sicut  sibi  jam  pridem  gratulavimus,  ita*  nunc  etiam 
te  ad  suam  presentiam  misimus  ad  congratulandum  sibi  de  hujus- 
modi  prosperis  dignitatibus  suis  que  sibi  merito  a  Deo  concesse 
sunt. 

Deinde  narrabis  ei  quod  cum  illustrissimis  dominis  regibus 
predecessoribus  suis  bonam  pacem  et  sinceram  amiciciam  habui- 
mus,  quam  etiam  cum  excellentia  sua  habereintendentes  in  futu- 
rum,  missimus  te  ad  presentiam  suam,  ut  antiqua  pax  et  sincera 
nostra  bona  amicicia  ratificetur  et  augeatur  cum  regia  altitudine 
sua.  Et  quia  multi  nostri  subditi  et  fidèles  terrarum  et  locorum 
nostrorum  et  alii  multi  qui  cum  nostris  navigiis  navigabant  in 
suis  terris  detinentur  captivi,  rogabis  suam  celsitudinem  ut  sicut 
vigore  pacis  fieri  débet  et  sicut  in  sua  justicia  speramus  ipsi 
captivi  Ûbere  restituantur;  et  in  hocfacito  quicquid  boni  poteris. 
Et  si  pro  ipsis  redimendis  erit  opus  pecunia,  sumus  contenti  quod 
pro  tanto  pio  opère  exequendo  possis  expendere  usque  ducatos 
decem  pro  uno  quoque  eorum,  et  expendendo  tamen  minus  si 
minori  quantitate  facere  poteris. 

De  parte,  omnes  alii.  De  non,  i.  Non  sine,  i. 

Volumus  insuper  quod  priusquam  suscipias  oflScium  consulatus 
exerceas  ambaxiatam,  et  infra  duos  menses  procures  apud  regem 
exequi  omnia  que  tibi  velut  ambaxiatori  nostro  exequenda  com- 
mitimus.  In  quibus  duobus  mensibus  ire  et  stare  debeas  ad  expen- 
sas  nostri  communis  et  possis  expendere  ducatum  unum  in  die, 
sed  a  duobus  mensibus  ultra,  si  non  fueris  expedictus,  stabis 
expensis  tuis.  Declaramus  tamen  tibi  quod  illo  die  quo  Tunisium 
applicueris  incipies  lucrari  salarium  consulatus.  Verum  tibi 
prohibemus  facere  mercaturam  personaliter. 

Dari  tibi  fecimus  copiam  unius  littere  quam  alias  scripsimus 
domino  Montassar,  régi  predecessori  istius  Ottemen,  per  quam 
sicut  videbis  petimus  emendam  et  refectionem  multorum  damno- 


282 

rum  et  injusticiarum  que  nostris  civibus  illate  fuerunt  scilicet 
presertim  super  causa  vivi  nobilis  Andrée  Contareno.  Super  qua 
habita  informatione  ab  eodem  et  a  nostro  consule  Tunisii  in 
quibus  terminis  se  reppererit  ille  casus,  volumus  quod  procurare 
et  solicitare  debeas  omni  tuo  ingenio  ut  eidem  nostro  nobili  fiât 
jus  integrum  et  satisfactio  damni  sui  sicut  ex  forma  pacis  fleri 
débet.  Et  hoc  ipsum  committimus  tibi  de  aliis  causis  nostrorum 
civium  in  illis  litteris  nostris  ad  regem  speciâcatis,  ut  in  ipsis 
facias  quicquid  boni  poteris. 

Dona  etiâm  que  tibi  dari  fecimus  dicto  domino  régi  presentabis 
cum  verbis  pertinentibus  et  consuetis. 

(ArchiY.  gènér.  de  Venise,  Senato.  MUti,  Reg.  59.  fol.  141.) 


LISTE 


DES  NOMS  D'HOMMES 


GRAVÉS    SUR   LES    MONNAIES 


DE  L'ÉPOQUE  MÉROVINGIENNE. 


LETTRE  A  M.  D'ARBOIS  DE  JUBAINVILLE. 


Mon  cher  ami  et  confrère, 

Il  existe  plusieurs  travaux  qui  traitent  des  noms  propres  ger- 
maniques de  personnes  ;  J.  Grimm  en  a  donné  un  dans  le  tome 
second  de  sa  Deutsche  Grammatik;  le  plus  considérable,  dû  à 
M.  Foerstemann,  est  intitulé  :  Personen-namen^, 

Le  livre  de  ce  dernier  savant,  de  même  que  l'étude  de  Grimm, 
a  un  caractère  général  qui  embrasse  également  tous  les  dialectes 
des  langues  germaniques.  Il  en  résulte  un  certain  vague  dans 
l'ouvrage  assez  succinct  de  Grimm  et  une  véritable  confusion 
dans  celui  de  M.  Foerstemann. 

Vous  pensez,  et  je  crois  que  vous  avez  grandement  raison,  qu'il 
est  temps  de  commencer  à  étudier  chaque  dialecte,  séparément  ; 
c'est,  du  reste,  ce  qu'ont  déjà  fait  MM.  Wackernagel  et  Cari 


1.  Les  mémoires  de  M.  Bourquelot  sur  les  Noms  propres  et  leur  valeur  his- 
torique au  temps. des  deux  premières  races  (Mém.  de  la  Soc.  des  Antiquaires 
de  France,  t.  XX VIII)  et  de  M.  Edm.  Le  Blant  sur  le  Rapport  de  la  forme  des 
noms  propres  avec  la  nationalité  à  V époque  mérovingienne  (Ibidem),  sont  à 
consulter  bien  qu4is  ne  traitent  pas  directement  ia  question  dont  je  m'occupe 
en  ce  moment. 


281 

Meyer,  celui-ci  pour  la  langue  lombardes  celui-là  pour  la  langue 
bourguignonne*. 

Il  vous  appartient  d'en  faire  autant  pour  la  langue  des  Francs, 
et  je  suis  très  heureux  de  pouvoir  vous  fournir,  pour  ce  travail , 
les  éléments  que  peut  fournir  la  numismatique  mérovingienne. 

Chez  les  Francs,  me  dites-vous.  Ton  distingue  deux  dialectes, 
le  mérovingien  et  le  carolingien.  Le  premier  a  fourni  au  français 
la  plupart  des  mots  d^origine  germanique  qui  n*ont  pas  subi  la 
seconde  permutation  des  consonnes  :  ils  ne  nous  sont  guère  con- 
nus que  par  des  noms  propres  de  personnes  et  par  les  termes  de 
droit  que  la  loi  salique  conserve  dans  les  gloses  malbergiques  ; 
mais  ces  gloses  ne  nous  sont  parvenues  que  sous  une  forme  très 
altérée,  et,  d'autre  part,  les  termes  de  droit  —  latinisés  —  con- 
tenus dans  le  texte  de  la  loi  salique,  ne  sont  pas  très  nombreux. 
Ce  sont  donc  les  noms  d'hommes  qui  forment  l'élément  le  plus 
important  à  l'aide  duquel  on  peut  essayer  de  reconstituer  les  lois 
du  dialecte  franc  que  parlaient  les  Mérovingiens. 

Mais,  pour  que  cet  instrument  de  travail  soit  d'un  usage  sûr, 
il  est  indispensable  de  se  servir  exclusivement  de  documents  écrits 
à  l'époque  mérovingienne;  les  copies  de  l'époque  carolingienne 
substituent  déjà  une  orthographe  nouvelle  à  l'orthographe  primi- 
tive. L'onomastique  mérovingienne  ne  peut  être  étudiée  que  dans 
les  diplômes  originaux,  dans  les  plus  anciens  manuscrits  de  Gré- 
goire de  Tours,  de  Frédégaire,  des  Gesta  regum  Francorum  ; 
dans  les  monuments  épigraphiques,  enfin  sur  les  monnaies,  élé- 
ment d'information  complètement  négligé,  jusqu'à  ce  jour,  par 
les  savants  qui  ont  abordé  ce  sujet.  M.  Foerstemann  lui-même, 
dans  son  volume  in-quarto,  paraît  ignorer  qu'à  l'époque  méro- 
vingienne, du  milieu  du  vi®  au  milieu  du  vm®  siècle,  la  numisma- 
tique franque  révèle,  sous  leur  forme  contemporaine,  plusieurs 
centaines  de  noms  d'hommes. 

Les  monnaies  mérovingiennes  portent  des  noms  de  rois,  ceux-ci 
relativement  assez  rares,  et  des  noms  de  monnayers;  l'étude 
que  vous  ferez  des  noms  royaux  pourra  être  d'un  grand  secours 
aux  numismatistes  pour  classer  chronologiquement  les  pièces 

1.  Sprache  und  Sprachdenkmœler  der  Langobarden ,  un  vol.  in-S*»  (Pader- 
born,  1877). 

2.  Dans  un  mémoire  qui  termine  le  tome  I"^  de  Touvrage  publié  en  1868  à 
Leipzig  sous  le  titre  :  Das  burgundisch-romanisch  Kœnigreich. 


285 

présentant  des  vocables  de  rois  homonymes.  A  cette  époque,  le 
monnayage  ne  semble  pas  avoir  été,  à  proprement  parler,  un 
monopole  de  l'Etat;  c'était  plutôt  une  entreprise  commerciale 
dans  laquelle  le  nom  d'un  agent  accrédité  garantissait  au  public 
le  poids  et  l'aloi  de  la  monnaie  fabriquée  par  lui. 

Contrairement  à  l'opinion  de  plusieurs  de  mes  confrères,  je  ne 
pense  pas  que  le  monnayer  mérovingien  ait  été  autre  chose 
qu'un  oflScier  public  d'un  rang  assez  modeste.  On  a  cru,  en  se 
fondant  sur  certaines  homonymies,  retrouver  sur  quelques  tiers 
de  sou  les  vocables  de  personnages  historiques.  Saulcy  a  proposé 
jadis  de  lire  le  nom  du  duc  austrasien  Gondoald  sur  un  trions 
qu'il  attribuait  à  Troucey,  près  de  Toul;  aujourd'hui,  il  est  établi 
que  cette  pièce  est  signée  par  le  monnayer  Gundoald  (Gvn- 
DOALDo  M  et  non  pas  Gvndoaldox)  et  qu'elle  paraît  porter,  au 
lieu  d'un  nom  de  vicus  austpasien ,  celui  d'une  localité  limousine 
(Fursac,  Creuse)  en  latin  Ferruciacus.  C'est  encore  ce  savant 
regretté  qui  a  cru  retrouver  le  patrice  Mommole  à  Chalon-sur- 
Saône,  tandis  que  Lelewel,  dans  le  même  ateher  monétaire,  pro- 
posait le  duc  Wintrio.  Ces  deux  conjectures  ont  été  admises  par 
M.  le  vicomte  d'Amécourt  qui  a,  lui-même,  donné  un  assez  grand 
nombre  d'autres  assimilations  dont  la  probabilité  me  semble  éga- 
lement très  contestable.  Il  faut  éviter,  dans  l'étude  des  monnaies 
franques,  de  se  laisser  égarer  sur  la  même  fausse  route  suivie  il  y 
a  quelques  années  à  propos  de  la  numismatique  gauloise,  alors  que 
l'on  voulait  y  retrouver  les  noms  de  tous  les  chefs  mentionnés  par 
les  Commentaires  ;  il  semblait  que  la  plupart  des  monnaies 
gauloises  portant  des  noms  d'hommes  devaient  avoir  été  frappées 
pendant  les  huit  années  que  durèrent  les  campagnes  des  Romains 
en  Gaule. 

Les  textes  nous  apprennent  qu'Abbon  était  orfèvre  et  dirigeait 
la  monnaie  à  Limoges  ;  jusqu'à  ce  jour  aucun  triens  de  cette  ville, 
signé  de  lui,  n'a  été  retrouvé.  On  ne  peut  pas  le.  confondre  avec 
les  monnayers,  ses  homonymes,  dont  les  noms  se  lisent  sur  des 
pièces  portant  en  outre  le  nom  de  Chalon-sur-Saône  et  celui  de 
Daria  appartenant  à  une  localité  indéterminée. 

Il  me  semble  même  qu'il  n'est  permis  d'admettre  qu'avec  la 
plus  grande  réserve  la  conjecture  d'après  laquelle  saint  Eloi 
aurait  signé  des  monnaies  frappées  à  Paris  et  à  Marseille.  Si  le 
nom  à'Eligius  paraissait  exclusivement  sur  des  monnaies  de 
Dagobert  P%  on  pourrait  hésiter  ;  mais  on  le  lit  fréquemment, 


286 

bien  que  les  noms  royaux  soient  rares  dans  la  numismatique 
mérovingienne,  sur  des  triens  de  Clovis  II,  qui  régna  de  638  à 
656.  Saint  Eloi  ayant  été  élu  évêque  de  Noyon  vers  640,  il  me 
semble  difficile  d'admettre  qu'il  ait  été  monnayer  sous  Clovis  II  ; 
d'aiUeurs  saint  Ouën,  son  ami  et  son  contemporain,  à  qui 
nous  devons  tant  de  détails  sur  sa  vie,  qui  nous  parle  même  de 
son  habileté  dans  Tart  de  Torfèvrerie,  ne  fait  aucune  allusion  à 
la  part  qu'il  aurait  prise  à  la  fabrication  matérielle  des  mopnaies 
royales. 

J'ai  cherché  à  relever  tous  les  noms  d'hommes*,  d'origine  ger- 
manique ou  latine,  fournis  par  la  numismatique  mérovingienne; 
un  certain  nombre  d'entre  eux,  inédits  jusqu'à  ce  jour,  ont  été 
lus  par  moi  sur  les  nombreuses  monnaies  de  la  première  race  de 
nos  rois,  éparses  dans  les  musées  et  les  collections  particulières 
de  l'Europe.  Mon  catalogue  ne  sera  certainement  pas  irrépro- 
chable; mais,  tel  que  je  vous  l'offre,  il  présente  la  liste  la  plus 
complète  qui  ait  encore  été  dressée. 

Chaque  nom  d'homme  est  suivi  du  nom  de  lieu  gravé  sur  la 
monnaie  qui  les  présente  tous  deux  ;  je  n'ai  pas  voulu  donner  ici 
l'assimilation  de  tous  ces  noms  de  lieux  avec  les  formes  modernes 
qui  les  représentent  aujourd'hui.  Ce  travail  sera  le  sujet  d'un 
ouvrage  spécial  dont  je  suis  loin  d'avoir  réuni,  à  cette  heure,  les 
éléments.  Tenter  dès  à  présent  une  pareille  tâche  serait  s'exposer 
à  des  tâtonnements  et  à  des  conjectures  qui  nuiraient  à  la  science 
plus  qu'ils  ne  lui  serviraient. 

On  ne  trouvera  pas,  dans  cette  liste,  certains  noms  qui  prove- 
naient de  mauvaises  lectures;  quelques-unes  des  variantes,  résul- 
tant de  la  maladresse  des  monnayers,  ne  m'ont  pas  semblé 
dignes  d'être  relatées.  Ces  maladresses  sont  dues  le  plus  souvent 
à  des  transpositions  ou  des  substitutions  de  lettres;  par  exemple, 
à  Chalon-sur-Saône,  nous  lisons  Vinitnone,  Witirione,  Wint- 
rio,  Witrio  qui  ne  sont  que  des  altérations  de  Wintrio;  à  Reims 
Filamarius,  Filari  pour  Filumams;  à  Loco  Sancto,  Dia- 
cioaldio,  Daciovaldus,  mauvaises  formes  de  Dacoaldu^,  Il 
faut  même  remarquer  que,  dans  ce  dernier  exemple,  les  trois  I 
de  Diacicoaldio  ne  sont  en  réalité  que  des  traits  intercalés  par 
le  caprice  du  monnayer  :  on  en  connaît  d'autres  exemples.  En 

1.  J'ai  cru  deToir  reproduire  ces  noms  au  cas  grammatical  employé  par  le 
graveur.  Celle  obser?ation  est  applicable  aux  noms  qui  figurent  dans  ma  liste. 


287 

Velay  nous  voyons  encore  Teudulius  pour  LeudiUfus,  Aco- 
mare  pour  Agomare  ou  Dagomare;  en  Rouergue,  Vanemius 
pour  Vencemius,  Rosoams  pour  RosoluSy  Asrasius  pour 
AspasiiLSy  Telafitis  pour  Ela/îus.  Certains  noms  ont  pu  aussi 
être  mal  lus  par  les  premiers  observateurs,  par  exemple  :  Cha- 
riovindu  pour  Vindochario,  TJrosca  pour  Scauro,  etc. 

J*espère  que  la  publication  que  je  tente  aujourd'hui  décidera  quel- 
ques collectionneurs  à  faire  connaître  les  noms  des  monnayers , 
omis  dans  cette  liste,  qu'ils  connaîtraient  par  des  exemplaires  en 
leur  possession.  On  éprouve  un  certain  plaisir  à  venir  combler 
des  lacunes  dans  un  travail  imprimé  ou  même  aussi,  quelquefois, 
lorsqu'une  personne  s'occupe  d'un  ouvrage  spécial,  à  conserver 
discrètement  quelques  détails  qui  l'intéresseraient  afin  de  pouvoir, 
le  jour  où  l'ouvrage  est  imprimé,  lui  prouver  qu'il  est  incomplet. 
Je  ne  désespère  donc  pas,  dans  quelque  temps,  d'être  à  même  de 
donner  à  cette  liste  un  supplément  que  je  ne  pense  pas  cependant 
devoir  être  bien  considérable. 

Tout  à  vous  cordialement, 

Anatole  de  Barthélémy. 


Abbone,  Chalon-sur-Saône,  Da- 

ria. 
Aboleno,  Poitiers,  Racio  domini. 
Abolïno,  Dinant. 
Abvndancïo,  ABv?f dantivs  ,  Sila- 

niaco, 
AcMiGisiLo,  Meclisina, 
AcoLENO,  Blatomo  Sci.  Mar, 
Adaido,  Poitiers. 
Adalberto,  Avranches,  Bas  ci, 
Addolenvs,  Toulouse,  Blanavia, 
Adelbertvs,  Maestricht. 
Adelemarvs,  Tours,  Tonetos. 
Adeleiho,  Mallo  campione, 
Adeleo,  Namur. 
Aderico,  Iconna. 
Adgalovs,  Munitaus,  Isandone. 


Adomaro,  Namur. 

Adraldvs,  Poitiers,  Noniron. 

Adreberto,  Melun. 

Adriano,  Castroma. 

Advs,  Cariaco. 

Aecivs,  Sion. 

Aeigobertvs,  Paris. 

Aegoaldo,  Lennacas, 

Aegomvndo,  Paris. 

Aegvlfos,   Aegvlfo,   BaracillOj 

Cella,  TidiriciacOj  Viriaco, 
Aenonvs,  Vodincu. 
Agadopvs    ou   Agodopvs,    Val- 

miollo, 
Agennvs,  Le  Puy. 
Agibodio,  Balatonno. 
Agigino  ou  Agiliwo,  Mayence. 


288 


Agivlfvs,  Avenieco. 
Agihichisilo,  Medeconno. 
Agxvs,  Saint-Martin-dCTTours. 
Ago,  Vendonessa. 
Agobardo,  Varia, 
Agolenvs,  Poitiers. 
Agomare,  Bourges. 
Agomares  pour  Dagomares,  Le 

Velay. 
Agrïgisilo,  Vendôme. 
AiEMVS,  Civit.  Rulhenorum? 
AïETivs,  AiEcivs,  Sion. 
x\iGANAR!o,  Nivialcha. 
AiGiMVNDo,  Bourges. 
AiGOALDO,  Rouen,  Viurolenius, 
AiGVLFvs,  Briennon,  Cellavicm, 

Wagias, 
AiRiGVNSo,  Sugelione, 
AïROENO,  Mayence. 
AïRVLFo,  Binson. 
AivLFUs,  Verno, 
Alacharïo,  Meaux. 
Alafivs,  Baiorate. 
Alafredos,  Agennapio. 
Alalasivs,  Bedicco. 
Alamonevs?,  Cambrai. 
Alamvno,  Aximaionio, 
Alapta,  Bordeaux. 
Alasivs,  Chalon-sur-Saône. 
Alchemvndvs,  Arras. 
Aldegiselo  ,    Saint  -  Martin  -  de  - 

Tours,  Nacciocim. 
Aldericvs,  Uzès. 
Aldichïsilo,  Glanonno. 
Aldoald,  Selonaco. 
Aldoaldvs,  Alsegaudia  vie,  Cur- 

tariu. 
Aldoricvs,  Daria. 
Aldvone  pour  Valdone,  Bonoclo, 
Alebodes,  Soviliaco?. 
Alemvndvs,  Vatunaco. 
Allacivs,  Bayeux. 


Allamtivdo,  Vatunnaco. 

Alligisels,  Angers. 

Allô,  Binson. 

Alloni,  Angers. 

Alloyes,  Geus. 

Aloviv,  Deac  vico. 

Ambrovld,  Virduno. 

Ammoneald,  Caio. 

Aptadlïgil,  Nevers. 

Anciolvtrïo,  Civit,  Buthenorum? 

Andoaldo,  Gaciaco,  Marsal. 

Angïsiso,  Varinnas. 

Anglio,  Anglo,   Wijk-'bij'-Duur- 

stede, 
Angobrando,  Cariaco. 
Anicïovaceto,  Sicusio. 
Animvnevs,  Ara. 
Ansaricvs,  Gentiliaco. 
Ansedert  ou  Ansebert,  (Saiga) . 
Ansoaldvs,    Metz,    Maastricht, 

Marsal,  Ebroceca,  Graunanto. 
Ansoinavs,  Ansoindo,  Limoges. 
An+.omaro?,  Andelot. 
Antelinvs,  Sens. 
Antenor,  (Saiga). 
Antidivso,  Bourges. 
Antimi,  Tours,  Toroni, 
Anvrvs,  Icetia. 
Aonoaldo,  Tidiriciaco. 
AoNOBODE ,  Tidiriciaco . 
AoNVLFO,  Verilodio. 
Aragasti,  Mediolano, 
Arailfvs,  Villaus. 
Araste,  Meiolano,  Teudirico. 
Arailfvs,   Aravlfvs,  Le  Velay. 
Arcvlfvs,  Cartinico, 
Aribaldo,  Poitiers,  Biomo. 
Aribaldv,  Clermont-Ferrand. 
Aribodeo,  SconaSj  Tauriliaco. 
Arïgis,  Alna  vico. 
Arigivs,  Tausgunnaco. 
Arimvndi,  Coraria. 


289 


Ariravdo,  Clermont-Ferrand. 
Ariyaldo,  Reims,  Tallende,  Co- 

rofo^  labolentis,  Vienne,  Ri<H 

mo^  Noiomavo. 
Aritindys,  Balatonno, 
Armichigilys,  lacana, 
Arnebodb,  Paris,  Toulouse. 
Arnoaldo,  Arnoaldys,  Paris,  Na- 

ronno. 
Ar^oberto,  Poitiers. 
Aroberte,  Dinant. 
Artoyallys,  Toul. 
Aryaldys^  Vienne. 
Aryhordys,  Limoges. 
AsGAiLAico  ou  Aschilaico,   Tiltt 

Castro. 
AscARico  ou  AsGARioco,  Limoges, 

Saintes,  Loco  santo. 
AsPASiYS,   Civit.   Buthenorum?, 

Uzès. 
Atila  ou  Attila,  Vernemito. 
Aydaldys,  Agmta, 
AYDDOLBffo,  Toulouse. 
Aydebaydes,  Arras. 
Aydegisilys,  Paris,  Poitiers,  Ga- 

varonno,  Virduno^  Borgoiano. 
Aydemaro,  Ambrowic. 
Aydemvx^dvs,  Vienne. 
AvDEN,  Nontoccio  vico. 
Aydeno,  Alviaco. 
Ayderaptys,  Bayeux. 
Aydericvs,  Ecosilina^  Noviinto 

vico. 
AvDiciiLVs,  Lingue,.. 
Aydiernys,  BellomontCj  Orléans. 
Aydigisilys,   Amiens,   Langres, 

Interamnis^  Doussais. 
Aydiricys,  Brioude. 
Aydo,  Auxerre. 
Aydoaldo,  Meaux,  Soissons,  Toul, 

Cintiniaco,  Scolare  mo^  Ca- 
ri...ne  vie. 


Aydobode  ,  nom  de  lieu  à  déchif- 
frer. 

Aydobodo,  Analiaco. 

Aydolenvs,  Poitiers,  Troyes. 

Aydolfo,  Clote. 

Aydolinv,  Novovico. 

Aydomvndvs  ,  Condate  ^  Botomo. 

Aydoraiv,  Poitiers. 

Aydorico,  Versorodo. 

Aydylfvs,  Toul,  Toulouse,  Novio- 
mOy  Frisia,  Novovico. 

Ayendo,  Poitiers. 

Aygemaris,  Le  Mans. 

AvGEMYNDYs,  Gontvovaco  vico. 

AvGivLFYS,  Orléans. 

AviDio,  Aoste. 

Ayitvs,  Civ.  Buthenorum  ?,  Late 
vico. 

Ayldolino,  Rouen. 

Aymengiselys,  Latochuncus. 

Aynaldo,  Caniaviaco. 

AvNARDYS,  Angers. 

Ayneberto,  Castro fusi;  triens  de 
Clotaire  IV  à  Embrun  ou  à 
Yverdun. 

AvNEGisiLo,  Le  Vexin. 

AvNOALDO,  Theodeberciaco. 

AvNOBERTVs,  Blois,  Tobrencia. 

Aynvlfo,  Avnvlfvs,  Ausch,  Stras- 
bourg, Latona^  Bacio  domini, 
Turiuronno. 

Ayrovio,  Avroviys,  Madrànas. 

AvsoMVNDO,  Ciimon  ou  Mo.neci. 

AvsoNis,  Aysoniys,  Saintes,  Ge- 
miliaco. 

Aystadivs,  Chalon-sur-Saône. 

AvsTO,  Sca  ecclesie. 

Aystroaldvs,  Marsal. 

AvsTRODO,  Clermont-Ferrand. 

AvsTRVLEvs,  Autun. 

Avtharivs,  Aprianco. 


49 


292 


Ghadomari,  Tours. 

Ghadvlfo,  Gbadvlfvs,  Brioux; 
Teudericiaco,  Brionno,  Théo- 
deberciaco^  Camiliaco. 

Ghadvovb,  Sacca.,. 

Ghagnoaldo,  Rouen. 

Ghagnomaris,  Maastricht. 

Ghagobardo,  Daria, 

Ghaidvlfo,  Brioux. 

Ghardo,  Venetvs, 

Gharimvndys,  Geniliaco. 

GuAROALDo,  Daria^  Noviomo. 

GhaRëSIGILVS  ,  GUARHISILVS,    Am- 

boise. 
Ghareso,  Auxerre. 
Charialdvs,  Tenganes, 
Gharibërtvs  rex.  Bannassac. 
Gharifridvs,  Antonnaco. 
Gharigis,  Ticinaco, 
Gharigillo,  Noviomo, 
Ghariyaldo,  Darta. 
Gharvaricvs?,  Brionna, 
Ghelaldo,  Rouen. 
Gheloaldo,  Rouen. 
Ghilbbrti,  Toroni. 
Ghildbertys    rex,    Arles   (pièce 

douteuse). 
Ghildebertys  rex,   Metz   (pièce 

douteuse). 
Ghildelnvs,  Le  Mans. 
Ghildiernvs,  Masiciaco, 
Ghildoleivvs,  Bayeux,  Pino. 
Ghildricvs  rex,  Marseille. 
Ghiscolvs,  S*-Jean-de-Maurienne. 
Chivinvlfvs,  Tulbiaco, 
Ghlodovevs  REX,  Marseille,  Paris, 

Chalon-sur-Saône. 
Ghlodovits,  Orléans. 
Ghlotarivs  REX,  Arles,  Ghalon- 

sur-Saône,  Marseille. 
Chlothachariys  rex  ,  Glotaire  III 

à  Embrun. 


Ghlothoyiys  rex,  le  Palais. 
Ghrodobbrty,  Maastricht 
Gharegavciys.  Nom  de  lieu  à  dé- 
chiffrer. 
Ghoso,  Bordeaux. 
Ghrodigisilvs,  Anderpus, 
GuRODBBERTo,  MaastHcht. 
Ghrodoladys,  Vendeuvre. 

GUYDBERTYS,  AugCrS. 

GuYDEGisiLo,  Macediaco. 

Ghyldericys,  Metz. 

GicoALDO,  Cainone  cas. 

Ginsylfo,    Mefrovilla,    Tidiri- 

•    ciaco. 

GiNYONicYs,  Ibcodicis  ? 

GiRANiYS,  Noviomo. 

GiRiMOND,  nom  delieuàdéchlffrer. 

Glaro,  Cambiaco. 

Gleodino,  loioastranoec. 

Gloato,  Lauduno. 

Glodoaldvs,  Meronno. 

Glodoye  rex,  Tournay  ;  pièce  sus- 
pecte. 

Glotariys  rex.  Glotharivs  rex, 
Marseille,  Viviers,  Arles,  Uzès. 

Glyiriacys,  Autun. 

GoMBOLEPfY,  Gahors. 

GoNCEsso,  Troyes. 

GoRBO,  Columbareo, 

GosRYBET  ?,  Strasbourg. 

Gyggilo  ou  Rygcilo,  Lausanne. 

Dabaydes,  Ocainoco. 

Daccioyellys,  Void. 

Dagcho,  Austa. 

Dacuoharo,  Pertas. 

Dacober,  Verdun? 

Dacoyaldys,  Dagoaldo,  Diacioal- 

Dio,  Locosanto. 
Daddoleno,  Pauliaco. 
Dado,  Briotreiie  vico. 
Dadoleno,  Corma. 


DiGOBEBTHVs  REi,  AriBS,  Agaune, 
Limoges,  Viviers,  Verdun?. 

DlGOBBBTO  B. 

DiGOBEBTTs  rex,  Marseille,  Cha- 
lon-sur-Saône, CanfoHano. 

DAfiOHAHKs,  Le  Puj 

DiGOTEB,  roi,  Marseille. 

DiGTLFYS,  Donicia  vico,  Inhvvic- 
pontio. 

DiGVHAREs,  Albice. 

Daihtndo,  Brica  vico. 

Daocoltm,  Lussalia. 

DiovALDO,  Racio  domini. 

Daotildts,  Arciaca. 

Dabgoleno?  Gaciaco. 

Dattbmvs,  Chalon-sur-Saône. 

Datlfo  ,  Limoges ,  Pauliacum , 
Gauno  vico. 

DiwiTs,  Marsiliaco. 

Deobbbits,  Civit.  Ruthenorum? 

Deobbigilo,  Deobigisilo,  Pati- 
gaso. 

Debtolenvs,  Musicaco. 

DionGvs?,  Cusiancia. 

UiPEHo,  Chalon-sur-Saônu. 

DisiDEHio,  Rouen  Icciomo. 

DoBALO,  BodTicasono. 

Uoccio,  nïccioBH,  Oocio,  ;Lyon. 

DoDDO,  Sitlionanlo  ou  Nanto- 
sitlio. 

ïioDO,  Ghalon-sur-Saône,Worms, 
Verdun  ? 

DoDONE,  Rouen. 

DoGOHABTS,  Orléans. 

DoHABDO,  Sanonno. 

DoHABicvs ,  Maastricht ,  Yver- 
dun. 

DoiTAHo,  Steso. 

DoHECisELO,  Palaciolo. 

DoHECio,  Casteliaco. 

DoHËBicrs,  Yverdun. 

Domino,  voy.  Gomitw? 


DoHNOLEfiTS,  Palacio. 

OoHNOLBnrs,  Bodesio. 

DoMHOLiin',  Matoliaco.     . 

Do»nAciiiiiTs,  Ambaeiaco  vie, 

DoHMRio,  Amimcinco  vie. 

DoBNECHiLLo,  BUUomu. 

UoMSTciïs,  Grenoble. 

DoHNiGisiLo,  Tours. 

UoMiyrnsriïs,  Sesia. 

DoHNrro,  Dohnitto,  Chalon-sur- 
Saône,  Blois. 

DoHNOBEETo,  Ketions. 

DoHNOLO,  DoHNOLvs,  ChalOH-sur- 
Saône. 

DoH^vs,  Senlis. 

DOHOLEXVS,  DOHOLINO,  MauTtoco, 
Palaciolo,  Wijk-bij-Duur- 
stede. 

DoHOLo,  Cisomo,  Casl  fi.,  Novo- 
vico,  Palaciolo. 

DôMTLFo,  Chalon-sur-Saône.  Li- 
moges. 

DoMTLFïs,  Racio  xclisie. 

DoHNANB,  Wijk-bij-Duurstede, 

DopOLKNTs,  Caresinisi. 

UOSLEDENTS,  MetZ. 

DosoLiHO,  Orléans. 
Dotimiuants,  Veremund. 
DoiNori,  Camiliaeo. 
Dbahvs,  Larudrias  peut-être  At- 

lirubrias^ 
Dbogtebado,  Gaciaco,  Izernore. 
llaor.TBDÀL^'E,  Izernore. 
UuocTEitEiiivs,  Lyon. 

llROCTKfilSILÏS  ,       DRTCIIGISILVS  , 

Odonio,  Étami)es 
Dbortoaldïs,  Langres. 
DarcBEBro,  (Saiga). 
BeyciaitigIsiitS,  Curr/d? 
Dbvgoivifo  Tricireo? 
Dbïctoal&vs,  TouI,  Baieci. 
IIrvctouhiiys,  Ëtampes. 


294 


Dvccio,  Lyon? 
DvccioNB,  Chalon-sur-Saône. 
DvMVNEVS,  Caronte, 
DyNBEaTo,  Jublains. 
DvTTA,  lixvvifos^  Wijk-bij-Duur- 
stede. 

Ebbone,  Exonttj  Isandone. 

Ebiregisilo.  Nom  de  lieu  à  dé- 
chiffrer. 

Eblinivs,  Clermont-Ferrand. 

Eborino,  monnayer  de  Glovis  III. 

Ebregisilo,  ËBREGisiao,  Rennes, 
Catolaco^  Saint-Denis. 

Ebrigharivs,  Le  Mans. 

EBRiGisiLys,Orléans,Z>onnactaco. 

Ebroaldys,  AlabOj  BrioverOy  Cas- 
tra vicOy  Evira^  Monticlaveti, 
Vorolio. 

Ebromare,  Toulouse,  Ampliaco. 

Ebrvlfo,  Serallo, 

Edicisilo,  Theodiliaco. 

Edohirio,  Blois. 

Edomnio,  Sorte. 

Edviadys,  Paris. 

Ekogittvs,  Begekiita, 

Ela,  Wijk-bij-Duurstede. 

Elafivs,  Gévaudan. 

Elalivs,  Soissons. 

Elariano,  Rezé. 

Eldeberti  r^x. 

Eldecerti,  Ghildebert  II?  à  Ja- 
vouls. 

Elegiio,  Saintes. 

ËLiGi,  Eligio,  Eligiys,  Elegivs, 
Paris,  Marseille,  Palati. 

Ellvto?,  Palanioni. 

Emmi,  Chalon-sur-Saône. 

EpfTHivoLOLATHVs,  Cmlia, 

ËociRiYs,  Lyon. 

EoDicivs,  Eodicvs,  Clermont-Fer- 
rand. 


EoDOMTiHDO,  Muntiniaco. 

EoDVLFo,  MontiniacOj  Novoa- 
tru. 

EoMACiYS,  Racio  ecclesiae. 

EoFfOMio,  Teodeberciaco, 

EosE?rvs,  Eovorigo. 

EosKYio,  Sagraciaco. 

EoTELio,  Caronno, 

Eperino,  Bricciaco, 

Erchimgiselo,  Avitigadr?, 

Erdovldvs  pour  Ebroaldys?,  Cas- 
tra, 

ËRiGisiLYs  pour  Charesigilus  , 
Amboise. 

ËRLoiNvs ,  Saint  -  Martin  -  de  - 
Tours. 

ËRMACHARFVS,  TelloO. 

ËRMOALDO,  Bellomo, 
ËRMOBERTO,  Roueu,  Poîtiers. 
Eri^bbbrto,  Rouen. 
ËRNOALDVS,  Ande, .  .nul^  Solonaco 

vico,  Sornegdiano. 
ËRPONE,  Aoivis. 
ËRTO,  Vindello, 
EscoLARE,  Palati. 
EspERios,  Le  Velay. 
EsPERivs,  Javouls. 
Etidio,  Lezoux. 

ËTTONE,   Le  Mans,   Balatonno. 
EvDAST,  Novovico, 
Eydelenvs,  Metz. 
Evdevigilenvs?  Latiliaco, 
EvDocmvs,  Vendôme. 
EvDOLiNvs,  Lyon,  Vosonno. 
EvGENivs,  Uncesia  vico. 
EvLERivs,  Lyon. 
Evmolo?  Duurstede. 
EvPARDVs,  Ninua. 
EvRicio,  Lyon. 
Eysebii,  Dorovernis. 

Fainvlfo,  BodesiOy  Scarponne. 


Falco,  Briva. 
FiNTi,  F*Ti,  Marsal, 
Faeitoildo,  Poitiers,  Tidirieiaeo. 
FinroLEflo,  Fintoliuo,  Ardin. 
FiTsnsTs,  Arles. 
FiïNYLFo,  Scarpoiine. 
FiTSTiHTs,  Brioude. 
Fedibdo,  Ambernac. 
Fedsgivs,  Curciaco. 
Fedolenvs,  Le  Mans,  lana. 
Fevtits  ?  Ducianm. 
T'elcharits.  Beims. 
Felobcits,  Sion. 
Fetio,  Chalon-sur-Saône. 
FiDifiiTS,  Nantes. 
FtLicHiRivs,  Reims. 

FlUHABlVS,     FlUBI,    FlUHlKTS, 

FiLOMAHos,  Reims. 
FiiyuAbVs,  Reims. 
FiHO,  Lassone. 
IfiRHiNO,  Onaciaco. 
FiiiHO,  ioîcin. 
Flaccio,  Périgueux. 
FuNEGisitTS,  Sôa-nno. 
Flanihisil,  Vosonno. 
Flanikys,  Grenoble. 
Flanvlf?s,  Novovico. 
Flat-..,  Autun. 

Flatiantb,  Grenoble,  Caniunaco. 
Flatints,  Saint -Jean- de-Mau- 

rienne. 
Flavlfo,  FtiïLFvs,  Novovico. 
Fledino?,  Saintes. 
Flodoaldo,    Castoriaco,    Rivi... 

FoRTTNATv,  Nantes. 
FoRTVNo,  Chalon-sur-Saône. 
Fraegtseio,  Balavo. 
FsAGiVLBno,  Brioude. 
FïAGtTLFTs,  Verdun. 
Fbaibo,  Curbonm). 
FiAMELEHO,  Brioude. 


Fbamicillts,  Castrofusi,  Tou- 
louse, Noioimo. 

Franc atbodts,  Silviniaco. 

Franco,  Frangio,  Rennes,  Nantes, 
Bayeux,  Cantoano,  Cambi- 
donno. 

Fbancobodts,  Ambacia  vico,  ¥i- 
dua  vico. 

Francolbno,  Fbahcolihvs,  Vidua. 

Francvlfts,  Cahors. 

Fbando  pour  Franco,  Cambi- 
donno. 

Fbanigisi  pour  Flanigisil,  V»- 
sonno. 

Fhansicimts,  Vidua. 

Fbater:(o  ,  Chalon  -  sur  -  Saône , 
Langeais,  Saint-Martin -de- 
Tours. 

Fbatabdo,  Curisiaco. 

Fredemtniio,  Betlofaeto. 

Feedevaldvs,  Evaunu. 

FREoniLDo  Toulousp. 

Freqoleoou  Ledfbedo,  Ordorio. 

FREnn:MTNDo,  Pellolaello? 

Fredovald,  Condapense. 

Fredvihdvs,  Spaniaco. 

Fbedvlfïs,  Bourges,  Breciaco, 
Anisiaco,  Auderici. 

Fbeodoleno,  Rieodunin. 

Fbidegiselïs,   Ebroravicus. 

F  BEDE  RICO,  Fbidibico,  Poitiers, 
Viriliaco,  Novovico. 

Fbido...,  Paris. 

FimBicvs,  Incummonigo. 

Fbidbits,  racio  eclisi. 

Fbivcfo,  Berecitlo. 

Frodelino,  Vendogilo. 

Ftlcoaldvs  ,    Cantolimete,    Me- 

lUD. 

Ftldoadvs,  Alsgauria  vico. 
GiGOiLDO?  Tidiricia. 


296 


Gaido,  Spire. 

Gailo?  Balla,,.  vico. 

Gaimodvs,  Apraricia, 

Gaio,  Honore? 

Gairechamno  ,  nom  de  lieu  à  dé- 
chiffrer. 

Gaiso,  Spire. 

Gandvlfvs,  Iviaco. 

Ganityri  ,  nom  de  lieu  à  déter- 
miner. 

Gaiwolioni,  Huy. 

Gaxveber  ou  Gvndebe,  Huy. 

Gapavgvs,  Lausanne. 

Garidertvë,  Reims. 

Garivaldvs,  Tallende. 

Garo,  voy.  Gailo? 

Garoaldvs,  Marsal,  Mediano. 

Garoaldo?  Tidiricia. 

Gaygemare,  Cologne. 

Gavdelinvs,  Gauge, 

Gavdo,  Canseno. 

GavdolExWs,  Valence. 

Ga?ioaldo,  Ponteclaviti. 

Geldv..vs,  Catiriaco, 

Geldomvndvs,  Trémolo. 

Gemellys,  monnayer  de  Dago- 
bert  III. 

GEPfEGisELO,  Fursac,  Noviomo. 

Gembllos  ,  Gemellys  ,  Sanctus 
Mariinus. 

Genegiselys,  Noviomo, 

Genardo,  Fursac. 

GENNAcro,  Sesemo. 

Gennardys,  Besançon. 

Gennastes,  GEPfNASTis,  Brioux. 

Genno,  Vendôme  ? 

Gennobaydi,  Nigroloto. 

GENiYovrvs,  Devenetus. 

Gennylfys,  Troyes. 

Genoaldo,  Vindello, 

Genobavdi,  Crisciaco. 

Genoberto,  Poitiers. 


Germano,    Germanys,*  Médiane 

vico, 
Geyaldo,  Amolante. 
Geyemyîtdo,  Marseille. 
GiBBONEio,  Mailaco, 
GiBiRiGYS,  Toul. 
GiNNACio,  Nanetago. 
Gisco,  Munitaus, 
GiSELEFfo,  Verdun. 
GisELo,  Toul. 
GiSLiMYNDo,  Abinio. 
GiSLOALDYs,  Marsal. 
GisoA(ldo)  ?  Mouzon. 
Glavio,  Vallaria, 
GoGOLAiGO  ou  GoGOLAiGo,  Poiticrs. 
GoDOBODE,  Curhnacunao. 
GoDOFRiDYS,  Maastricht. 
GoMEGiSELO,  Vindigco. 
GoMiNO,  Alhigiinse. 
GoNDERADYS,  Mayeucc. 
GoNDOBODE,  Anauliaco. 
GoNDOLENOs,  Espanioco, 
Gbagys,  Sion. 
Gratvlfo,  Jmciaco, 
Gratys,  Sion. 
Graydylfo,  Briuuiri. 
Grimbertys,  Gem,., 
Gryello,  Evira, 
Gyarreso,  Sens. 
Gydymyndys,  Meaux. 
Gyerda,  Turnac, 
Gyiliniys,  Aoste. 
Gyimori,  Valiigoli. 
Gyiriys,  Gyirvs,  Lyon. 
Gyndebaydos,  Izeure. 
Gyndeber,  Huy. 
Gyndenys,  Sefiniaco. 
Gynderigo,  Chartres. 
Gynderigys,  Lemariaco, 
Gyndirigys,  Gynnirigo,  Corma. 
Gyndoaldo,  Angers. 
Gyndoberti,  Corma, 


297 


Gtndobodes  ,    Matoval ,   Tidin- 

ciaco, 
Gyndofwdvs,  Dorocas, 
GvNDOMARO,  Vienne. 
GvNDoaiEaB,  Missiaco. 
GvnîDOVALD,  Medianoc, 
GvNDVFvs,  Coccaco. 
Gynsomi,  Baie. 
GvnTAGHaiM,  Sens. 

HlBELENYS,  Uzès. 

Halido,  Metz. 

HiaoALDTs,  Dînant. 

Hbldebbrt  rex. 

Hevdblenys,  Metz,  Mallo  Mati- 

riaco. 
HiLDBBBaTTS  REX,  Marseille. 
HiLDEBODYS,  Petraficta,  Pino. 

HlLDERICYS  REX  et  HlLDIRIGUS  RIX, 

Marseille. 
HiLDOiLDO,  Racio  aecclesie? 
HtLDOALDTS,  Glermont-Ferrand. 
HiLDOMAR,  Vindiciaco, 
HoNORATTs,  Bicomago, 

Iaco,  Iacoti,  Iagotb,  Orléans, 
Chalon-sur-Saône,  Viviers. 

Iaconte,  Silaniaco. 

Iaimvndo  pour  Raimundo  ?,  Okd~ 
nucio. 

Idigiu,  Saraucov? 

Idone,  Angers. 

Idonio,  Solnaco, 

Idvlfvs,  Naix. 

Ifiscvs,  Wijk-bij-Duurstede. 

Iflavitvs,  Novo  vico, 

Ildebody,  Pino. 

Ilderigo,  Aunaco. 

Ildiricus  rix,  Marseille. 

Ildomafo,  Marcilliaco ,  Vindi- 
ciaco. 

Ilirigus  rix,  Marseille. 


loHANms , 
BaS'Por. 


Ilomaros  pour  Filomaros,  Reims. 
Ilyivs,  Gauce... 

Ingoaldo,  Ariintoma^  inpalatio, 
Ingomaro,  Poitiers,  Inscola,  Ise- 

laniacOy  in  palatio, 
Inportvpïo,  Medolo. 
loGVNDVS,  Catomario. 
loDV,  Reims. 

lOHANNE ,      IoHANMES , 

Nantes,    Argento, 

Campolidi^  Cristoialo^  Teode*- 

ber ciaco,  Tidiriciaco. 
Ipavltts  ?  Bonelulias. 
Irso,  Uzerche. 
Irvllvs?  Irvlfvs,  Bruciro. 

ISDATEISEL?  Avallott. 

IsoBAYDi,  Balatonno. 
IsoR,  Toulouse. 
IsPERADYs,  Rennes. 
IsTEPHANvs,  Genève. 
Itadiys,  Chalon-sur-Saône. 
Itanti,  Gaasan  vico. 
Iteriys,  Saintes. 
Itino,  Oriaco. 
Ivffo,  Daernalo. 
Iyliano,  Vienne. 
Iyo,  Agiunnis. 
Iose,  Ivse,  Màcon. 
Iystino,  Aoriaco. 
Iystys,  Lyon. 
Iyyenis,  Calacusia. 

LaxNdebertys,  Cambrai. 
Landegisilys,  Landigisilvs,  Huy. 
Landerigo,  Draveil,  C/flnaco. 
Laxdillno,  Mallo  campione^  vico 

Botanis. 
Landoaldo,  Angers,  Metz,  Marsal. 
Laybodo,  Bodricasono. 
Laydilfo,  racio  domini. 
Lavnardys,  Angers. 
LAYPfEG...,  Potento. 


LifliKflou).  Caio. 
\tHTin...aa.  Sêez. 
liiTSAWWi.   Bodriemomo,   Cam- 

bort^tepaço. 
Ltrioêon.  VeodAine. 
I^fsoxiu.  Gap. 
Lit^oMTm,   Conmeoilro,  Ria- 

laeo. 
LtTHonos,  Trêves. 
LitHTLrrs,  !VovovKO. 
i^iTujm,  Vienne. 
Latktfovi,  TubimMt. 
Lbdectselo,  Esantbme. 
Ledilew,  Artona. 
Udoildo,    Ambemac,    Toiiano 

eic?. 
LEL0I5TS.  Vienne. 
Leistbits  ou  CExsniTs,  TKeode- 

berciaco. 
Lio,    Leo«,    Arles,    Brion»», 

firioui    Biaiomayo,  Cahors, 

Seul,  Trnje,*,  Wicpo. 
LEOBiiEDTS,  Novoaieo. 
Leoboleno,  Vuredo  vùo. 
Leobtlfts,  Catonaco. 
Leodaste,  Noiordo. 
Leodbso  .     LErtDELiico,  Reones. 
LEOHiRDo  Cesemo. 
Leodero  ou  Letdiho,  Ambemac. 
LoDEHvs,  Limoges. 
LEiiDEBuiriïs,  Arpacone. 
Lbodbsits,  Rouen,  Jtufico. 
LiL(m\i}.  i\oH'ii)ieaslra. 
Leodo,  Uzerche. 
LsoDOiLDo,  Clote,  Tagro. 
Lbodogisu.0,  Cucciaco,  taciveltt- 

Leodonardo,  Benaias. 
Leodonido,  Balatedene. 
Leodole:io,  Medio  vico. 
Lbodoxabe,  Langeais. 
Lrodohodo,  Uzerche. 


LioMinnfs.  i 
Ijom>tâlm.  Pauliaeo. 
LsoBTim.    Anaco.   /.'aftaiùid, 

Cambarisi,  CitMlùliamo.  Porté- 

rtteri,  5"  Maximim. 
Leouuws,  Pateno. 
L<tiole50,  Civùmo  ? 
l.-i^i.mr  In-    Aitciaeo, 


LiToiBUTO.  Aitegamdia  vieo. 

Lktdeciselo.  Rennes. 

LETDELI?rT3,   Vt«IIIM. 

Leti>igisil,  Brûmno. 

LEfBB^o,  Lbtke^s,  .Angers,  Chm- 

riiiaeo,  Cltsi,  Turturontut. 
LfiTitEBicv,  Areiaca. 
LiTDiHO ,    VieHna ,    .Ambemac , 

Santal. 
Levdio,  Tou). 
LEVDoaniDVs.  Trémolo. 
Letdobibto.  Aniaco. 
Letdolbio,  Paiaeiaeo. 
LBTDniiiio,  BtUiaeo,  Costanea. 
Levdotaldo,  PatUiaeo. 
Letdt,  Ivegio. 
Letdtlpvs,  Avranches,  S<Ulo,  — 

Vmiieiatro,    Ivegio,    Le  Ve- 

lay. 
Letgctr,  Dorteneo. 
Let^aidts,  Angers. 
Letho,  If...luoate. 
Lethtlfts,  Angers. 
LHiTDVLFTS,  Carictat. 
LiBEKiGisiLO,  Loliflirchi. 
Licinic...,  losocos  ou  Coiioso. 
LiDTLFvs,  Carlinic,  Saintes,  Ca- 

neli  villa. 
LioNcivs,  Grenoble? 

LOBEGISIL,  filoiS. 

LoDOALDo,  Caslariaco. 
LoPOLvs,  Civil.  Ruihenorum  ? 
LopPTS... 


299 


Lopvs,  Le  Mans,  Toulouse,  Cc^- 

ranciaco. 
LoTHAViYS  BEI,  Glotaîrc  IV. 
Ltcimo...,  Juliaco. 
Lydo,  Toul. 
Lydvfo,  Sauliaco, 

LVDVLFO... 

LyGAaaiys,  Lyon. 
LvLL?8,  Ghâlons-sur-Marne. 
LvNAOFOvs?  Lovenno, 
LvoLFRiHNo,  MarsaL 
Lvppvs,  Taurecino. 
Lysicamv?  Giare. 

Maghoaldys,   pour   Magnoaldys, 

Aulun. 
Madardys,  Anatolo. 
Madelino,  Bodeisio  vico  ^  Duur- 

sted,  Salviaco^  Maastricht. 
Maderylfo,  Patermu. 
Madobodys,  Matovallo. 
Maelinys,  Oxsello. 
Maganoive,  Maastricht. 
Magennys,  Le  Puy. 
Magnidiys,  Bourgoin. 
Magnoaldo,  Magnoaldys,  Autun, 

Chalon  -  sur  -  Saône ,    Salavo , 

Ardin. 
Magnobertou  AgivobertM.  (saiga) . 
Magnoyaldi,  Magnoyaldy,   Cris» 

ciacOj  LacciacOy  Melun. 
Magnylfi,  Magnvlfys,  Senlis,  Poi- 
tiers, Preuundasilva. 
Magivvs,   Gabors,   Brinnovaito, 

Potincacocas ,        Vesaronno , 

Toulouse. 
Magyno,  Vienne. 
Mallariys,  Lascia. 
Mallaste,  Bayeux. 
Malusti,  Bezé. 
Mallebodys,  Mallobooys,  Soliaco 

vico?. 


Manileobo,  Clermont-Perrand. 

Manno,  Eboficuceius. 

Manny,  Yvoy-Carignan. 

Manoaldy,  Toulouse. 

Manro  ou  Manno,  loc.  indét. 
d'Austrasie. 

Marcellys,  prov.  de  Beims. 

Marcemys,  Périgueux. 

Marciano,  Pauliaco. 

Margianys,  Albie. 

Marco,  Gricciati. 

Marcoaldo,  Sens,  Curisiaco. 

Marcoyaldo,  Amboise. 

Marcylfo,  Autun,  Langres,  Meu- 
vy,  Palaiseau,  Voultegon. 

Maret,  Lyon? 

Maretomos,  Civit.  Ruthenorum? 

Margisilo,  Alaona^  Aulauna. 

Mariaio,  Artonaco. 

Maridao,  Mayence. 

Mariniano,  Limoges,  Racioœccle- 
six. 

Marivlfys,  Brivay  Barro  Castro^ 
CartinicOy  Cosse ^  Brivate. 

Mariys,  CastrovicuSy  Ambernac. 

Marol,  Ghalon-sur-Saône. 

Martinvs,  Mayence,  Orléans,  An- 
gers, Aloiavico  ou  Javialo. 

Mayigino,  Lusna. 

Mavracharivs,  Verdun. 

Mavregiselo,  Saint-Martin-de- 
Tours. 

Mavrinos,  ArciacaSj  Silliaco, 

Mavrino,  Mavrinvs,  Troyes,  Or- 
léans, SciAvicula,Cael...  Cas- 
tro vico^  Melun,  Tidiriciaco, 
Itiherciaco^  Civit.  Rutheno» 
rum?  Silliaco. 

Mavritanvs,  Arecaliaco. 

Mayro,  Amrianis  ou  Amiens, 
Giansi  cvetate^  Marseille,  Vin- 
dello. 


300 


Mavbolenvs,   Bordeaux,  Scion- 

tis  cas, 
Mavroiyto,  Bulbiacurte  dôme. 
Mavrv,  Mavrvs,  Tours,  Uzerche. 

VindeUoj  Ambernac. 
Maxihinys,  Javouls,  Bannaciaco. 
Maiimo,  Glermont-Ferrand. 
Maxvmvs,  Albinno. 
Medegisilo,  Vaddonna. 
Medeno,  Alleco? 
Mediolano,  5"  Pétri, 
Medoaldo,  Amiens,  Nanciaco, 
Medoalpoao,  Bettinis. 
Medobodvs,  LimeriacOjCuiluvico . 
Medovaldvs,  Amiens. 
Medvlfo,  Borboney  Canetis. 
Medvlo,  Campotrecio, 
Mellione,  Le  Mans,  Clippiaco, 
Mellito,  Rotomo. 
Mellobavdio,  Corovio  ou  Crovio 

vico. 
Merialdo,  Vernemito, 
Meris,  Neioialo. 
Merl,  Turturonno. 
Merobavde,  racio  sci,  Max,  5** 

Maxencio. 
Merto,  Ptotom  civit, 
MoBERATo,  Botbea, 
Moderatvs,  Bordeaux,  Baracillo, 

Brioude,  Bolbeam^  racio  5" 

Martini, 
MoDERicvs,  Penobria, 
MoDESTO,  racio  5"  Mar. 
MoDRADVS,  Baracillo. 
MoNOALDo,  MoNOALDVS,  Le  Puy, 

Teodeberciaco. 
MoNVALDO,  Brixis. 
MoNWDVS  (Monoaldus?)  Trêves. 
MoRLATEO,  Rezé. 
MvcNOALDVS   pour   Magnoaldus, 

Autun,  Meuvy. 
MvDVLENVs,  Chalon-sur-Saône. 


MvGiSEDvs,  MarsaL 
MvLDVLv,  Marsal. 
MvLNOALDO,  Adubia  vico, 
M VMMOLO ,   MvMMovs ,    Bo  urges, 

Chalon-sur-Saône. 
MvMOLENo,  Gemeliaco. 
MvMMOLiNvs,    MvMOLiNVs,    Bor- 

deaux,  Troyes. 
MvNDERicvs,  Sion. 
MvnîDO,  Mogonn, 
MvivDWD,  Noviumu. 
MvNNVs,  Séez,  Anisiaco^  Ivoy- 

Carignan. 
MvNOALDOj  Theodeberciaco. 
MvNDVADV,  Noviumu. 
MvDVS,  Innise, 
MvROLVS,  Gaveci. 
MvTirrvs,  Tours. 

Nantaharivs,  Mayence. 
Nantoald,  Loisdanaco, 
Narcianv  (Marcianos),  Albie, 
Navgolaico,  Le  Mans. 
Nectardo,  Gemeliaco, 
Nectarivs  ,  Gemeliaco ,  Necarne, 
Nemfidivs  (saiga). 
Nenesisilo,  Anestolo. 
Nebtvno,  Chalon-sur-Saône. 
Netvlfvs,  Roia, 
Nevdellivs,  Metz. 
NicAsio,  Sci  Mauric. 
NicvLFVS,  Brionno. 
NiDio,  Aoste. 
NiNCHiNvs,  Moutiers-en-Taran- 

taise. 
NiNO,  Muregiunim, 
NiviARDos,  Périgueux. 
NoNi,  Metulo. 
NoNNiTO,  Agen. 

NoNNiTvs,  Amboise,  Combenas, 
NoNNvs,  Chalon-sur-Saône,  Me- 

dolOy  Toareca, 


30^ 


NvNNVS,  Angers. 

Obosindvs  ou  Iobosindvs,  rado 
domini. 

OcovEVS,  Mellesinna. 

Odenandvs,  Marciliac, 

OoEaAJXvs,  Bordeaux. 

Olebmamo,  Divivatilacao. 

Onemaro,  Gjiea. 

Oparente,  Castrofusci^  Ebore. 

Opencio,  Juliac  villa, 

Optatvs,  Agen,  Aoste,  Moutiers- 
en-Tarantaise,  Saint- Jean-de- 
Maurienne,  Ledariaco, 

Orivio?  Munta,  Rivarinna, 

Ose,  Cunseranis. 

OsTvs,  Fanabii. 

Otonevs,  Civit,  Ruthenorum? 

Ottoros  ou  Rosotto,  Térouanne. 

Panadivs,  Périgueux. 

Parente,  Castrofm. 

Pario,  Glermont-Ferrand. 

Pascasio,  Rezé. 

Passincio,  Passencio,  Ambaciaco, 

Paterno,  Chalon-sur-Saône. 

Patornino,  Patvrnin,  Amboise. 

Patricivs,  Apraricia, 

Pavlo,  Poitiers,  Portovidrari, 

Peccane,  Rotomo. 

Pegasvs,  Le  Mans. 

Peonivs,  Argento. 

Petrvs,  Lyon,  Uzès. 

PiPERONE,  Le  Vimeu. 

Placido,  Metolo. 

Porto...,  Besancon. 

Ppro  pour  PiperOy  Le  Vimeu. 

Precistato,  Blois. 

Preserivs,  Brivate. 

Priscvs,  Chalon-sur-Saône. 

Procolo,  Arelenco. 

Progomeres,  Similiaco, 


Prodvlfo,  BaldacOj  Vegoste  villa. 
PROTA(sius),  Vongo  vicus? 
Provendo,  Poitiers. 
Providvs,  Oridurcurte, 
Provitvro,  Barbiaco. 
PvLiivvs,  Ailirubrias. 

Radoaldo,  Granno. 

Radvlvs,  Rennes. 

Raedvlfo,  Latiliaco. 

Ragneharo,  Soissons. 

Ragnihario,  Palati, 

Ragnoaldo,  Lyon. 

Ragnoleno,  Castr..^ 

Ragnolfo,  Latiliaco, 
Ragnom,  Gacia,., 

Ragnvlfvs,  Lausanne,  Patigaso, 

Ragoleno,  Cioero  vico. 

Rainvlfvs,  Verdun. 

Ramnisilvs,  Mâcon. 

Ramons,  Rilac. 

Ratialano?  Verdun. 

Ratvs,  Silanace. 

Rebiarobvs?,  Trêves. 

Redovaldvs,  Dolus. 

Regnvlf,  (saiga  du  Puy). 

Resoaldo  ou  Tresoaldo,  Iloco- 
rate,  Saviniaco, 

RicisiLVs  pour  Charesigilvs,  Am- 
boise. 

RicoALDVs,  Grenoble. 

RicoBODO,  Turturonno. 

RicoMEsios,  Alfico. 

RiDVLFO,  Eburio  ? 

RiGNicHARi,  Coriallo. 

RiGNOALD,  Chalon-sur-Saône. 

RiGOALDi,  Noiomavo. 

RiGOALDVS,  Huy. 

RiGOBERTo,  Noincu. 

RiGOLENO,  Iciodoro  ? 

RiGVLDE,  Paris. 

RiMOALDVs,  Maastricht. 


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SL>-ri.i».i  lior'Jwiiix.  P.rj(mde. 

^LL^^\r    PviTtltro. 
>ri;07L>\..»   Casfra  niuth. 

Fr'TcLijJ   Pauhaco. 
>rvi.\Ln5.  ATjgtT?,  Poi'Jerf. 
SrviKîXA i.  r iiâjjD-5LLr-Sa':»De. 

^Ic..•LL^•.'.  Ci^TîT'i'Di-FerraDd. 
>i  coi  Liio .    Sl  j-  :  -  J  e^n  -  de  -  Mau  ■ 


rit'Ij.!.*: 


Sii.i-.'Aiii..'   Rjuer:. 

SiiM  vin-f   Lf  Mal?. 
Sii:ri.!;TT-  lei  -.'U  eiï.  Marseille. 
Viviers^.  JaTjLiif.  Biinnassac. 

Si i-i-. ne T\ 1 1 5  Lff kdv9i.o . 
^^t;nl^v^.■\.  Lffiii/frf.  Lf»s?w»o. 

Si^.'àU».     S.\îr.:  -  Jeai!  -de-Mau- 

Sip.rEiJ'^5   Ti.je:.»if. 
Si:  :TEl:^^.  ?.^r:5  Sens 

Si: .  ^<l^: .  S?:ù:s 
S.u:^   R:',:er.. 
S:l^A^^^    >.\:çs  . 
S:^*i»:    ".^T-. 
S:5rï.iî>f   Ai^^rrs. 

S:^:î^^    I-'f 

N^U^^^    S::.î^'ï>    •/a.-vja; 

S,^\\,'    i,\:e*w 


SoBELLvs,  Bordeaux. 

Sfegtitvs.  Theodeàerciaco. 
Steia^vs,  Bordeaux. 
SvNNF.uisiL,  Masiciaco. 
SvNONE,  Cologne. 

TiHoiHELT,  Stagneetiso. 
TisioNE,  Auierre. 
TisoxE,  IiMvvo  vico. 
TissALo  7  Verdun  ? 
TiTEHiHDvs,  Spaniaeo. 
Tavldolino,  Rouen. 
Tavseboii,  Neloro. 
Tavbecvs,  Begorra. 
TivRicLiGiLva,  Canogaeo. 
Tbdegvholvs,  Civil.  Rut  henorum? 
Teisnn,  Yellino. 
Telafivs,  voy.  Elafius. 
Teka,  Strasbourg. 
Te  s  ES,  CoTttUio. 
TEoiiiiLK^o,  Carovicus. 
Teodenvs,  Andernoiny,  racio  ba- 

silici. 
Teodericvs,  Bordeaux,  Teoderi- 

ciaco,  Viritiaeo. 
TsoDiciTS,  Clermont-Ferrand. 
Teodihico,     Viriaco,    Pfovovico, 

Raciale,  TJieodcriciaco. 
Teoiuioo,  Fursac. 
Teodeberto  rei,  Glermonl-Fer- 

rand. 
Teodibirthvs  rix,  Théodebert  li. 
Teodoleno,  Sagraciaco. 
Teodoleo  (pour  Teodeleno),  Cor- 

TOViCVS. 

Tbodorigo,  Raciate. 
Teodvfos,  Atacino. 
Tboovlko,  Ardin,  Caimbarillo , 

Maugonaco,  Sovoatru. 
TEmB»Rio,  Pardueio. 
TETDCBARrvs.  Tomoco. 
Tevdahabio. 


Tetdipolënvs,  Toulouse. 
Tevdeberte,  Chalon-sur-Saône. 
Tevdecendo,  Vienne. 
Tevdegisillvs,  Metali. 
Tevdklitvs,  Mouzon. 
Tev'dericvs,  Maireceasco  ? 
Tevdegvsolvs,   Civil.  Rulhen^ 

rum? 
Tevdoaldo,  Autun. 
Tevdocisdo,   Auseno,    Wagias? 
Tevdohici,  roi,  Thierry  II. 
Tevdohares,  Mouzon. 
Tevdomeris,  Silionaco,  Voulte- 

gon. 
Tbvdvlfo,  Autun. 
TflEDENVS,  Metz, 
THi;DVLF%'a,  Marsal. 
Theodebertb,  Clermont. 
TFEODEGisnvs.  Angers. 
TuEnuiiBEiiTi  REI,  ThéodebeFt  II. 
'rufiUuctlEivo  Rieodunin. 
Theouoricvs,  Metz. 
Theothato,  Massa  ou  Masoal 

vico. 
Thevaldo,  Trvetaldo,  Jfovovico. 
Thevbeicsvs,  Metz. 
Trevdecisilvs  ,     Thevdecesilvs  , 

Metz. 
THEvriEBERTi  Théodebett  I". 
Thevueilemvs,  Malto  Maliriaco. 
Trevdelbnvs,  Metz. 
TdEViiEMVXOVS.  Marsal,  Mediano. 
Thevuehaho  Mouzon. 
TuEvrosuvO,  Mouzon. 
Thevosienvs,  Mcdlo  Saiima. 
TiiiUAio  Limoges? 
Tbivdvlfvs,  Marsal. 
THRAShMVHuvs,  Maastricht. 
Thvbvaldo,  Novovico. 
Tevuegisilo,  Macediaco. 
Thvodibertvs,  Théodebert  \". 
Tigalioefvs,  Julioco. 


304 


TiNiLA,  Genève. 
TiLo,  Marsal. 
TiMiLivoaviTTo,  Verdun. 
Tina,  voy.  Tena. 
TosTvs,  Amiens. 
ToTo,  Sion,  Marsal. 
ToTTOLENO,  Verdun. 
ToTTOs,  Ivoy-Carignan. 
Tbasoaldvs,  Bodesio,  Scarponne. 
Trasemvndvs,  voy.  Thrisemvn- 

DVS. 

Trasvlfo,  Mediano. 
Trennclfvs,  Castra  audmini. 
TvLLiONE,  Namur. 
TvTA,  Vindonisse. 

Vadeleo?  Namur. 
Vacciovellvs,  Void. 
Vadeone,  Auxerre. 
Vadoleno,  Aredius, 
Vadolenvs,  Cocciaco. 
Valasivs,  Evera, 
Valdo,  Rialaco^  Loia  mco. 
Valdoleno,  Blote. 
Valdovaldvs,  Irstacoe, 
Valerio,  Trusciaco. 
Valirino,  Genève. 
Valorigno,  Pauliaco, 
Valtechramw,  Mediano  vico. 
Vandeleno,  Poniecla, 
Vanegiloeo,  Savinaco, 
Vanimvndvs,  Otagius. 
Vanodvlfo,  Toulouse. 
Vappole...,  Beturgas. 
Vaschwalso,  Tila  Castro. 
Vcoperivs  ou  Vcoderivs,  Corn- 

benas, 
Vecolevivs,  Rennes. 
Vencemivs  et  Vendimivs,  Civit. 

Ruthenorum? 
Verolo,  Dorio. 
Vggone,  Ecalenio. 


VicAiNDs,  Queudes. 

Viliemvndvs,  Burbulne. 

ViLiOMVD,  ViLioMODvs,  Nautes. 

ViLiorrv,  Noitnani, 

Villeberto,  triens  de  Glovis  III. 

ViLLEBODE,  Taotun? 

ViLLOBERTo,  Troyes. 

ViLLOMODVs,  Brilliaco.  • 

ViNCEMARvs,  Orléans. 

ViNDOCHARio ,  Voduarbilio. 

ViNiTRioNE  (pour  Wintrio),  Cha- 
lon-sur-Saône. 

ViNOALD,  Limoges. 

ViNovALDVs,  Climone,,  Cituoni. 

Vrsolenvs,  Civit,  Ruthenorum? 

VvADiNGo  (saiga). 

ViFîVLFYs,  Trêves. 

VioLiNOO,  Orléans. 

ViRVALDO,  Izernore. 

ViRVL...,  Stoliaco. 

VisiGLOiNO,  Noviomago, 

ViTALis,  Paris,  Villa  maorin^ 
Gardus, 

ViTALL,  Laidios. 

ViTALS,  Paris. 

VrvATVS,  Vienna, 

VivNo,  Chalon-sur-Saône. 

Vlceheres,  Conserines. 

Vloperivs,  Combena, 

Vlfino,  Oriaco, 

Vlfino,  Paris. 

Vlfomere,  Avallon. 

Vncco,  Wijk-bij-Duurstede. 

Vncter,  Vnicter,  S*-Martin-de- 
Tours. 

Vndenicaco,  Verdun. 

Vneligiolo,  Vellacovico. 

VoDOTVs,  Toul. 

VoiTisv,  larto, 

Vrbo,  Daria, 

Vrco?  Uzerche. 

Vrcolenvs,  Pocciaco. 


305 


VaisoLiNVs,  Senlis. 

Vrsino,  Cariaco. 

Vrsio,  Brivi^  Brivate. 

Vrso,  Gemiliaco, 

Vrsolbno,  Civit.  Ruthenorum?, 

Cociaco  vico. 
VvADDONE,  Brixis. 

VVAECIVELVS,   VOy.    WiREGISELVS. 

VvALDERi...,  monnayer  de  Dago- 

bertm. 
VvALDO,  Burdiaïet,  Brixis. 
VvALECHBAMNO,  Bodiso  vico^  Me- 

diano  vico, 
VvALESTO,  Eliniac, 
VvANDELENO,  monnayer  de  Clo- 

taire  IV. 
VvALivLFVs,  Duno, 
VvALSo,  Orgadoialu. 
VvALTECHRAMNVs,  Mediauo  vico. 
VvANDELEGisiLvs,  Hcu  à  déchiffrer. 
VvANDELiNO,  Cfideciaco. 
VvANDiLiivvs,  Chalon-sur-Saône. 


VvAREGisKLvs,  Scarponnc,  Bode- 

sio  vico. 
VvARiMVNDVs ,   Mullo   MatHoco . 
VvARïVLFO,  Bodoureca. 

VVARNEGISILVS,  BodcsiO. 

VvASEWDVS,  Matovallo. 

VviDDO,  Orgatoilo. 

VviLLVLFVS,  Braia  vico. 

VvmicARDO ,  VviNicARio ,  Huio 
vico. 

VviNTRio,  VviNTRiONE ,  Chalon- 
sur-Saône,  Izernore. 

VviTiRiONB  (pour  Wintrio),  Cha- 
lon-sur-Saône. 

VviTA,  Tidiriciaco. 

VvLFARivs,  Paris,  Argentao. 

VVLFOLENVS,  OdOTHO. 

VvLTERico,  Sarrebourg. 
VvNNOALDO,  Sodionis. 

XoNOFREDVS,  Scefleac? 


20 


BIBLIOGRAPHIE. 


Paul  Guillaume.  Recherches  historiques  sur  les  Hautes  -  Alpes . 
\  ""^  partie  :  Les  maisons  religieuses.  \  °  L abbaye  de  Saint^Marcel- 
lin- d^ Embrun;  2»  la  Novalaise  et  ses  dépendances  alpines, 
Paris,  Picard.  In-8^  95  p. 

M.  l'abbé  Paul  Guillaume,  archiviste  des  Hautes-Alpes,  a  eu  une 
heureuse  idée  lorsqu'il  a  entrepris  la  série  de  Recherches  historiques  sur 
les  Hautes-Alpes,  dont  il  vient  de  donner  le  premier  fascicule  renfermant 
des  notes  sur  l'abbaye  de  Saint-Marcellin-d'Embrun  et  sur  la  célèbre 
abbaye  de  la  Novalaise. 

Le  seul  détail  de  quelque  importance  qu'ajoute  M.  Guillaume  aux 
faits  déjà  connus  relatifs  à  Tàbbaye  de  Saint-Marcel  lin,  c'est  que  cette 
abbaye  était  du  ix«  au  xi^  siècle  l'église  cathédrale  d'Embrun  :  c  Ce  fait 
«  peu  connu,  mais  incontestable,  dit-il,  nous  est  attesté  par  les  docu- 
«  ments  existant  dans  l'église  d'Angers,  au  temps  de  Peiresc,  illustre 
t  savant  des  xvi«-xvn«  siècles,  qui  a  pris  soin  de  les  résumer  dans  ses 
t  Miscellanea,  conservées  à  la  Bibliothèque  nationale,  à  Paris. 

t  D'après  le  témoignage  de  Peiresc  que  l'on  reproduira  plus  loin  tout 
«  au  long,  en  1010,  Reynaud,  évêque  d'Angers  (976-1010),  accompagnait 
f  en  Palestine  Foulques  Nerra  ou  Le  Noir,  comte  d'Angers.  Arrivé  à 
€  Embrun,  Reynaud  y  mourut  «  et  y  fust  enterré,  en  la  cathédralle 
t  soubs  le  titre  de  Sainct  Marcelin  du  costé  gauche  du  grand  autel.  » 
(p.  14.) 

Le  témoignage  de  Peiresc  a  suffi  à  M.  Guillaume,  qui  ne  parait  s'être 
préoccupé  ni  de  le  contrôler  ni  de  rechercher  les  documents  ou  plutôt 
le  document  angevin  sur  lequel  il  s'est  fondé.  Il  existe  pourtant  un 
texte  copié  par  Baluze  en  Anjou  et  imprimé  dans  le  tome  XIV  de  la 
Gallia  christiana  (col.  557  et  558)  ;  c'est  un  récit  de  la  mort  de  l'évéque 
Renaud,  récit  qui  paraît  contemporain  et  se  termine  par  une  phrase  où 
Ton  pourrait  retrouver  le  modèle  de  celle  de  Peiresc  :  c  Ille  (il  s'agit  de 
«  l'archevêque  d'Embrun)  adveniens  sacerdotalibus  sacerdotum  exse- 
«  quiis  in  ecclesia  S.  Marcelli  martyris,  in  dextro  brachio  crucis,  sub 
«  ipso  al  tari  S.  Mariae  sepelivit » 


307 

Le  mot  de  c  cathédrale  »  ne  s'y  trouve  pas  et  ce  n'est  pas  trop 
s'avancer  que  de  croire  à  un  simple  lapsus  de  Peiresc. 

A  la  page  6,  M.  Fabbé  Guillaume  commet  une  assez  forte  erreur  en 
qualifiant  saint  Marcellin,  mort  en  374,  de  a  premier  évêque  ou  mieux 
archevêque  d'Embrun  ».  Cette  erreur  est  répétée  dans  le  courant  de 
l'ouvrage  (p.  10,  23,  etc.),  où  les  premiers  évèques  d'Embrun  sont  tous 
décorés  à  tort  du  titre  d'archevêque.  Or,  ainsi  que  le  dit  M.  Longnon 
dans  son  bel  ouvrage  sur  la  Géographie  de  la  Gaule  au  VI^  siècle  (p.  184), 
le  siège  d'Embrun  a  été  suffragant  de  Vienne  pendant  les  premiers 
siècles  de  l'Église  ;  il  l'était  encore  en  794  lors  du  concile  de  Francfort, 
et  ce  n'est  qu'en  811  que  Gharlemagne,  dans  son  testament,  cite 
Embrun  et  Tarentaise  parmi  les  métropoles  de  l'empire.  On  peut 
s'étonner  d'autant  plus  que  M.  Guillaume  ait  commis  cette  erreur  qu'il 
cite  l'ouvrage  de  M.  Longnon  (p.  27,  fin  de  la  note  2  de  la  page  26). 
Nous  avons  malheureusement  d'autres  preuves  que  l'auteur  lit  rare- 
ment en  entier  les  ouvrages  qu'il  cite.  Ces  preuves,  nous  allons  les 
trouver  dans  le  deuxième  article,  consacré  à  la  Novalaise. 

Je  relève  d'abord  dans  le  sommaire  (p.  22)  un  lapsus  calami  trop 
étrange  pour  être  passé  sous  silence  :  M.  Guillaume  y  intitule  Récit 
inédit  d'un  chroniqueur  deux  passages  de  la  chronique  de  la  Novalaise 
qu'il  déclare,  à  la  page  suivante,  avoir  lus  dans  le  tome  IX  <  des  Monu- 
menta  Germanix,  Ce  n'est  là  qu'une  inadvertance,  je  le  sais  bien  ;  mais 
ce  qui  est  plus  grave,  c'est  que  M.  Guillaume  croit  que  les  œuvres  du 
chroniqueur  de  la  Novalaise  ont  été  «  ignorées  jusqu'à  ces  derniers 
temps  ».  S'il  avait  lu  l'introduction  de  l'édition  qu'il  a  eue  sous  les 
yeux,  il  aurait  pu  voir  que  ces  œuvres  avaient  été  employées  dès  1575 
par  Filiberto  Pingone  dans  son  Augusta  Taurinorum^  publiées  en 
grande  partie  par  Duchesne  dans  ses  Scriptores  rer.  Franc,  en  1636, 
par  Muratori  en  1726,  que  Rochex  en  a  donné  de  longs  extraits  dans  la 
Gloire  de  la  Novalèse  publiée  en  1726  (ouvrage  cité  plusieurs  fois  par 
M.  Guillaume),  etc.  Cette  lecture  aurait  pu  aussi  lui  faire  éviter  l'inexac- 
titude que  l'on  trouve  p.  73  :  «  Pertz  lui-même,  le  dernier  éditeur  de  la 

Chronique  de  la  Novalaise,  d'ordinaire  si  exact,  si  précis »  M.  Pertz 

était  bien  le  directeur  des  Monumenla  Germanix  en  1846,  mais  c'est 
M.  Bethmann  qui  a  édité  le  texte  en  question,  ainsi  que  le  prouve  la 
signature  apposée  au  bas  de  la  préface. 

Mais  venons-en  aux  conséquences  que  M.  l'abbé  Guillaume  tire  des 
deux  passages  de  la  chronique  de  la  Novalaise.  Voici  ces  extraits  : 
«  Valchinus  archiepiscopus  Ebredunensis,  primus  noster  adjutor  et 
fundator  fuit,  avunculus  Abbonis.  »  (Mon,  Germ,  Sci\,  VII,  107.)  — 


1.  C'est  le  torae  IX  de  la  collection  entière  des  Monuments,  ou  t.  VII  de  la 
section  des  Scriptores. 


308 

«  Abbo testamentum  fecit  quod  Yalchino,  arcbiepiscopo  Ëbredu- 

nensi,  cujus  nepos  ipse  fuerat,  conscribi  fecit.  •  (Ibid.,  79.) 

M.  Guillaume  ajoute  que  ces  paroles  lui  causèrent,  la  première  fois 

qu'il  les  vit,  «  une  douce  et  très  agréable  satisfaction Nous  étions 

loin  de  nous  attendre  à  découvrir,  du  môme  coup,  le  nom  du  véritable 
fondateur  de  la  Novalaise,  une  preuve  solide  que  ce  fondateur  était  un 
archevêque  d'Embrun,  enfin  un  archevêque  inix)nnu  de  la  plupart  des 
historiens  de  l'ancien  diocèse  d'Embrun.  »  (p.  23.) 

Il  est  vraiment  bien  fâcheux  que  Fauteur  n'ait  pas  lu  la  note  f  qui 
accompagne  le  premier  de  ces  passages,  et  la  note  a  qui  accompagne 
le  second;  il  aurait  pu  lire  dans  Tune  comme  dans  l'autre  ces  mots  : 
Ex  excerptis  Pingonii^  qui  ^eussent  sans  doute  poussé  à  en  chercher 
Texplication  dans  Tintroduction.  Cette  recherche  Veut  empêché  de  com- 
mettre les  erreurs  que  j'ai  déjà  signalées  et  lui  en  eût  épargné  de  nou- 
velles. En  effet,  la  mention  Ex  excerptis  Pingonii  veut  dire  que 
M.  Bethmann  a  publié  ces  passages  d'après  des  extraits  de  Filiberto 
Pingone  conservés  à  Turin  et  auxquels  l'éditeur  a  eu  recours  pour  res- 
tituer les  parties  du  manuscrit  original  détruites  postérieurement  à 
Pingone.  Par  suite,  M.  Guillaume  se  serait  convaincu  qu'il  ne  «  décou- 
vrait »  pas  ces  passages,  qui  sont  les  seuls  témoignages  d'après  lesquels 
Pingone  a  rangé  Valchin  parmi  les  évêques  d'Embrun. 

Valchin  ne  fut  non  plus  ni  un  «  archevêque  d'Embrun  •,  ni  un 
c  archevêque  inconnu  de  la  plupart  des  historiens  de  l'ancien  diocèse 
d'Embrun  »,  car  tous  les  auteurs  vraiment  autorisés  qui  ont  traité  ce 
sujet  ont  pris  la  peine  de  prouver  que  Valchin  ne  pouvait  pas  être 
évêque  d'Embrun  lors  de  la  fondation  de  la  Novalaise  ;  je  me  permet- 
trai de  renvoyer  M.  Guillaume  à  Lecointe  {Ann.  eccles,,  VI.,  430),  dont 
les  arguments  tout  à  fait  concluants  prouvent  que  Valchin  était  alors 
évoque  de  Maurienne  ;  ces  arguments  ont  été  reproduits  par  les  premiers 
auteurs  de  la  Gallia  christiana  (in,  1064)  et  confirmés  par  M.  Hauréau 
(Ibid.,  XVI,  617). 

«  Dom  Plus  Gams,  dit  M.  Guillaume  (p.  24),  est  un  des  rares  écri- 
vains qui  placent  résolument  Valchin  parmi  les  archevêques  d'Embrun. 
Il  est  indécis  seulement  sur  la  date  de  son  épiscopat,  qu'il  fixe  en  740.  » 
Sans  doute  ;  mais  je  m^étonne  que  l'œil  de  M.  Guillaume  n'ait  pas  été 
attiré  par  cette  note  jointe  à  la  date  740  :  Tr.  Maurienne,  S'il  se  fût 
reporté  à  la  liste  des  évêques  de  Maurienne  (p.  830),  M.  Guillaume 
aurait  vu  que  le  P.  Gams  fait  non  moins  résolument  figurer  Valchin 
parmi  les  évêques  de  ce  siège,  et  cela  sous  les  dates  726-739,  c'est-à- 
dire  à  l'époque  même  de  la  fondation  de  la  Novalaise  et  à  celle  du  tes- 
tament d'Abbon  !  Par  conséquent,  s'il  est  certain  que  Valchin  ne  pou- 
vait être  qu'évêque  de  Maurienne  en  726,  il  est  probable  qu'il  sera 
devenu  plus  tard  évêque  d'Embrun,  et  que  la  chronique  de  la  Novalaise, 


309 

rédigée  trois  siècles  plus  tard,  ne  l'aura  désigné  que  par  son  dernier 
titre. 

Quant  au  titre  de  fondateur  de  la  Novalaise  donné  à  Valchin  par 
M.  Guillaume,  cet  auteur  s'appuie  pour  cela  sur  le  passage  déjà  cité  de 
la  chronique  et  sur  ce  que  la  charte  de  constitution,  tout  en  donnant 
en  apparence  le  principal  rôle  au  neveu  de  Valchin,  a  bien  soin  de 
remarquer,  et  à  plusieurs  reprises,  qu'Abbon  en  cette  circonstance 
n'agit  que  du  conseil  et  par  la  volonté  de  son  oncle  :  t  Una  cum  con- 
«r  silio  domini  et  in  Ghristo  patris  nostri  Walchini  episcopi  »,  et 
ailleurs  :  «  Pro  voluntate  domini  et  in  Ghristo  patris  nostri  Walchini.  » 
(p.  26.) 

Je  me  suis  permis  de  souligner  le  mot  que,  parce  que  l'idée  restrictive 
qu'il  implique  ne  se  trouve  pas,  ainsi  qu'on  a  pu  le  voir,  dans  les 
expressions  citées,  expressions  banales  d'ailleurs,  usitées  dans  les  actes 
de  ce  genre  et  dont  l'importance  minime  se  trouve  complètement 
annihilée  par  cette  phrase  de  l'acte  de  fondation,  t  Ergo  »,  dit  Abbon, 
f  una  cum  consensu  pontefecum  vel  clericorum  nostrorum  Maurien- 
natae  et  Segucinae  civitatum,  in  quibus  dicitur  nos  rectorem  esse,  insti- 
tuit  monastheriolo  virorum  in  loco  nuncopante  Novelicis,  in  ipso  pago 
Segucinu,  in  rem  proprietatis  nostrx,  ex  opère  nostro,  una  cum  consilio 
domino  et  in  Ghristo  pâtre  nostro  Walchini  episcopo...  »  (Gall.  Christ,; 
XVI,  instr.,  289).  Gomment  M.  Guillaume,  qui  a  traduit  ce  passage 
(p.  27),  a-t-il  été  plus  frappé  de  ces  mots  qu'il  met  en  italiques  «  et  ce 
du  conseil  de  notre  seigneur  et  père  en  J.-G.  Valchin  »  que  de  ceux-ci 
qu'il  écrit  en  lettres  ordinaires  c  dans  notre  domaine  et  de  nos  propres 
deniers  »? 

Sans  doute  le  témoignage  de  la  chronique  de  la  Novalaise,  bien  que 
postérieur  de  trois  siècles,  n'est  pas  entièrement  à  négliger  ;  mais  de  là 
à  dire  de»  l'opinion  fondée  sur  les  termes  que  nous  venons  de  citer  : 
«  tout  cela  est  plus  spécieux  que  réel  »,  il  y  a  loin,  et  aucun  témoi- 
gnage ne  vaut  celui  de  l'acte  de  fondation.  D'ailleurs  M.  Guillaume  lui- 
mémo  cite  (p.  29)  un  passage  du  testament  d' Abbon  qui  réduit  très 
exactement  la  part  qu'a  prise  Valchin  dans  la  fondation  de  la  Novalaise 
à  la  pose  de  la  première  pierre  et  à  la  direction  des  travaux  de  construc- 
tion ;  c'est  seulement  après  l'achèvement  qu'Abbon  l'associa  à  la  haute 
direction  de  l'abbaye.  Tout  ceci,  par  parenthèse,  s'expliquerait  diffici- 
lement si  Valchin  eût  alors  gouverné  un  diocèse  autre  que  celui  oii  se 

trouvait  l'abbaye  :  «  Et  placuit  michi dum  et  domnos  in  Ghristo 

pater  noster  Vualchuni  episcopus,  ab  initio  incoationis  opère,  funda- 
mentum  çcclesiç  Sancto  Petro  monasterif  Novalicis,  heredem  meam 
posuit,  et  usque  ad  culminis  consummationis  fabrica  perduxit,  et  in 
omne  opère  çdifitiorum  adjutor  et  gubernator  stetit,  ut  dum  ipse 
advixerit,  sub  suo  nomine  et  gubernatione  at  nostra  commune,  ipse 


340 

monasterius consistere  valeat.  ?  (Gartulaire  de  Grenoble,  p.  46.)  Il 

est  impossible  de  trouver  un  texte  plus  clair. 

Après  deux  chapitres  consacrés  à  Ténumération  des  possessions 
d*Abbon  et  de  ses  donations  à  la  Novalaise,  chapitres  dans  lesquels 
récrivain  reconnaît  la  difficulté  que  Ton  rencontre  à  c  emplacer  •  ^  la 
plupart  des  noms  de  lieux  qu'ils  renferment,  M.  Guillaume  suppose 
que  ces  immenses  domaines  avaient  été  conquis  par  Abbon  sur  les  fau- 
teurs des  Sarrasins,  et  cela  du  consentement  de  Charles  Martel,  heu- 
reux de  le  récompenser  de  ses  services. 

Dans  le  sixième  chapitre,  notre  auteur  identifie,  non  sans  raison, 
croyons-nous,  Ghramlin,évéque  intrus  d'Embrun,  avec  le  Crammelinus 
episcopus  du  testament  d' Abbon.  Pourquoi  seulement  reproche-t-il  aux 
auteurs  de  l'ancienne  Gallia  d'avoir  t  ignoré  l'existence  de  Ghramlin  » 
(p.  61)  note  1),  tandis  que  ceux-ci  ont  consacré  à  cet  intrus  la  note  a 
de  la  p.  1064,  tome  UI?  Pourquoi  aussi  n'exempte-t-il  du  même  reproche 
que  Mabillon,  D.  Bouquet,  MM.  de  Ladoucette,  Ghériaset  Dom  Piolin, 
alors  qu'on  trouve  Ghramlin  nommé  par  Germon,  Bréquigny,  Pardessus, 
Félibien,  Letronne,  etc.,  et  en  dernier  lieu  par  MM.  Tardif  (Afon.  hist,, 
n°  21  et  Musée  des  Arch.  nat.,  n°  15),  K.-A.-F.  Pertz  {Mon,  germ,, 
Diplom.,  I,  44)  et  Hauréau  {Gall.  christ.,  XVI,  34  D)? 

Enfin,  on  trouve  dans  les  deux  derniers  chapitres  le  récit  de  la  vie  de 
saint  Eldrade,  né,  comme  le  prouve  M.  Guillaume,  à  Ambel  (canton  de 
Gorps,  Isère),  et  celui  de  la  deuxième  invasion  des  Sarrasins  et  de  la 
ruine  de  la  Novalaise,  dont  les  moines  se  réfugièrent  à  Turin  en  906, 
en  emportant  leurs  objets  les  plus  précieux,  parmi  lesquels  six  mille 
volumes  «  manuscrits  »,  dit  M.  Guillaume,  de  peur  que  l'on  ne  s'y 
trompe. 

Nous  espérons  que  M.  l'abbé  P.  Guillaume  tiendra  compte  dans 
l'avenir  des  observations  que  nous  avons  dû  lui  faire,  et  surtout  qu'il 
vérifiera  dorénavant  avec  soin  ses  renvois  et  ses  citations,  car  on  pour- 
rait ajouter  d'autres  exemples  d'inexactitude  à  ceux  que  l'on  a  déjà 
signalés  ;  comment  se  peut-il  en  effet  que  M.*  Guillaume  nomme  (p.  73) 
t  Rochex,  l'historien  de  la  Novalaise  {La  gloire  de  la  Novalèse^  p.  93), 
Pertz  2  lui-même,  le  dernier  éditeur  de  la  Chronique  de  la  Novalaise, 

d'ordinaire  si  exact,  si  précis »   parmi  les  écrivains  qui  ont  fait 

naître  saint  Eldrade  à  Boglio,  dans  le  comté  de  Nice,  alors  que  Rochex 
place  son  lieu  de  naissance  à  «  Lambelli,  soit  Lambellées  et  d'autres 
disent  Lambées,  château  fort  situé  près  le  fleuve  de  Deranse  ou  Dranse  » 
(p.  90  et  93),  et  que  nous  avons  vainement  cherché,  aussi  bien  à  la 

1.  Voy.  p.  37  et  10,  etc.  Après  avoir  vainement  cherché  ce  mot  étrange  dans 
le  Dictionnaire  de  l'Académie^  j'ai  trouvé  dans  Littré  qu'il  avait  pour  sens  : 
mettre  le  sel  dans  les  greniers. 

2.  Lisez  :  Bethmann. 


3U 

page  74,  à  laquelle  M.  Guillaume  nous  renvoie,  que  dans  le  reste  de 
l'édition  de  Bethmann,  la  moindre  tentative  d'identification  des  noms 
de  lieu  c  Ambelli  castellum  »  et  «  Âmbolia  »  ?  Pourquoi,  ce  qui  est 
grave  lorsqu'il  s'agit  d'une  citation,  remplace- t-il  (p.  02)  dans  un  extrait 
de  la  chronique  de  la  Novalaise,  les  mots  «  sex  mille  »  par  ceux-ci 
f  6,000  videlicet  sexcenti  »  ? 

Malgré  tout  cela,  l'entreprise  de  M.  l'abbé  Guillaume  est  trop  oppor- 
tune pour  que  nous  ne  souhaitions  pas  la  lui  voir  continuer,  à  condi- 
tion toutefois  qu'il  y  apporte  un  peu  plus  de  soin. 

H. -François  Delaborde. 


Notices  généalogiques  tournaisiennes ^  dressées  sur  titres^  par  le 
comte  P.-A.  du  Chastel  de  la  Howardries-Neuvireuil.  Tome  P^ 
(Mortagne  et  Landas;  Ablay  à  Drues.)  Tournai,  Vasseur-Delmée, 
^884.  Gr.  in-8S  7^3  p. 

La  Flandre  est  peut-être  le  pays  où,  de  tout  temps,  on  a  attaché  le 
plus  d'intérêt  aux  questions  généalogiques,  et  il  n'est  presque  aucune 
famille  noble  ou  roturière  qui  n'ait  possédé  un  de  ces  livres  de  raison , 
donnant,  souvent  pendant  trois  ou  quatre  siècles,  la  filiation  et  l'indica- 
tion des  dates  de  naissance,  de  mariage  et  de  décès  de  ses  membres, 
ainsi  que  la  mention  des  charges  dont  chacun  d'eux  a  été  revêtu. 
Toutefois,  beaucoup  de  ces  recueils  ont  été  détruits,  d'autres,  placés  à 
la  fin  de  livres  de  prières,  irrégulièrement  tenus,  et  M.  le  comte  P.-A. 
du  Chastel  de  la  Howardries-Neuvireuil  a  compris  qu'il  rendrait  un 
service  à  ses  compatriotes  en  leur  faisant  connaître  toutes  les  filiations 
qu'il  avait  pu  établir,  à  l'aide  tant  des  actes  religieux  des  paroisses  de 
Tournai  que  des  documents  conservés  dans  différents  dépôts  de  la 
Belgique  et  du  nord  de  la  France,  et  principalement  des  testaments  que 
renferment  les  archives  de  Tournai. 

M.  du  Chastel  ne  s'est  pas  attaché  à  dresser,  quand  même,  des  filia- 
tions, et  il  s'est  borné  à  nous  faire  connaître  tous  les  éléments  que  lui 
fournissaient  les  pièces  qu'il  lui  a  été  donné  d'analyser;  aussi  trouvons- 
nous  souvent  dans  ce  volume  des  fragments  généalogiques  comprenant 
cinquante  ou  cent  ans,  et,  en  appendice  à  l'article  consacré  à  un  nom, 
les  mentions  isolées  se  rapportant  à  des  personnages  qu'il  n'a  pas  paru 
possible  de  rattacher  d'une  manière  certaine  à  tel  ou  tel  rameau.  Les 
Notices  généalogiques  tournaisiennes  se  rapportent  à  plus  de  deux  cents 
familles  nobles  ou  bourgeoises,  et,  en  outre,  deux  études  plus  considé- 
rables sont  consacrées  aux  maisons  de  Mortagne  et  de  Landas. 

Les  liens  nombreux  qui,  de  tout  temps,  ont  uni  les  familles  de  l'Ar- 
tois et  des  Flandres  donnent  un  intérêt  spécial  à  ce  livre  pour  toutes 
les  personnes  qui  s'occupent  de  recherches  historiques  sur  le  nord  de  la 
France  ;  elles  y  trouveront  de  nombreuses  indications  de  nature  à  pré- 


342 

ciser  les  récits  des  chroniqueurs,  ainsi  qu'un  certain  nombre  de  docu- 
ments historiques  intéressants,  et  nous  ne  pouvons  que  remercier 
M.  du  Ghastel  d'avoir  entrepris  ce  travail  considérable,  dans  lequel  il  a 
eu  pour  auxiliaire  M.  Amédée  de  Ternas,  dont  la  Bibliothèque  de 
l'École  des  chartes  a  plus  d'une  fois  signalé  les  sérieuses  recherches  sur 
l'histoire  des  familles  du  Nord. 

Comte  DE  Marsy. 


Société  jersiaise.  Extente  de  Vile  de  Jersey.   4607.  Jacques  /". 
Publication  5"*.  Jersey,  G.  Le  Feuvre,  4880.  In-4°,  xxxii-435  p. 

En  rendant  compte,  dans  les  deux  derniers  volumes  de  ce  recueil,  de 
la  3"  et  de  la  4«  Publication  de  la  Société  jersiaise,  j'avais  dû  formuler 
quelques  critiques,  mais  j'exprimais  l'espoir  que  la  Société  prendrait 
bientôt  sa  revanche  par  quelque  publication  importante  et  digne  de 
celles  qui  ont  ouvert  la  série  de  ses  travaux.  Cet  espoir  s'est  réalisé. 
U Extente  de  1607,  qui  a  paru  cette  année,  est  un  texte  intéressant, 
étendu  et  bien  publié. 

Cette  publication  fait  suite  à  celle  des  extentes  de  1274  et  de  1331, 
dont  j*ai  rendu  compte  ici-même  en  1876  et  1878.  L'extente  de  1607 
est,  comme  les  deux  autres,  un  état  des  droits  et  revenus  de  la  cou- 
ronne à  Jersey,  dressé  d'après  le  témoignage  des  habitants.  Ce  n'est 
pas  le  dernier  document  de  ce  genre  :  il  y  en  a  encore  un  plus  récent, 
Textente  de  1668,  qui  est  en  vigueur  aujourd'hui.  Les  extentes  de  1274 
et  de  1331  étaient  en  latin,  et  les  éditeurs  de  la  Société  jersiaise 
avaient  jugé  utile  de  donner  une  traduction  française  en  regard  du 
texte  original  ;  celle  de  1607  étant  en  anglais,  on  s'est  très  justement 
contenté  d'en  publier  le  texte,  qui  ne  peut  offrir  de  difficulté  à  aucun 
habitant  lettré  de  Jersey. 

Il  faut  louer  le  soin  avec  lequel  les  éditeurs  ont  rédigé  les  deux  index 
placés  en  tête  du  volume.  Beaucoup  de  noms  de  famille  paraissent  à 
plusieurs  reprises,  dans  Fextente,  avec  des  orthographes  différentes;  on 
les  a  rapprochés  et  réunis  dans  l'index  sous  la  forme  qui  a  paru  la  plus 
correcte,  en  renvoyant  de  toutes  les  formes  accessoires  à  l'article  prin- 
cipal. On  a  distingué,  par  un  artifice  typographique,  les  mentions  rela- 
tives aux  propriétaires  qui  possédaient  les  terres  grevées  de  redevances 
au  moment  même  de  la  rédaction  de  l'extente,  et  colles  des  personnages 
qui  ne  sont  désignés  que  comme  ayant  possédé  ces  mêmes  terres  à  une 
époque  antérieure.  On  a  su  reconnaître  et  rétablir  aussi  des  noms  de  lieu 
passablement  défigurés,  comuiQ  Sherbrook  {^p.  17)  pour  Cherbourg  ;  mais 
on  paraît  avoir  renoncé  à  identifier  les  noms  de  diverses  localités  de 
Bretagne  désignées  (p.  19}  comme  produisant  des  toiles  que  le  commerce 
apportait  à  Jersey  ;  un  ou  deux  au  moins  de  ces  noms,  comme  Pontivie 
(Pontivy)  et  Vitterie  (Vitré),  étaient  assez  aisés  à  reconnaître.  Quelques 


343 

notes  explicatives  sur  diverses  formes  insolites  ou  obscures  (p.  xxxi), 
ainsi  que  plusieurs  rectifications  de  texte  insérées  à  l'index  ou  ailleurs, 
témoignent  encore  de  l'attention  minutieuse  que  les  auteurs  de  la  publi- 
cation ont  apportée  à  leur  travail. 

Julien  Havet. 


Bulletin  delà  Société  historique  et  littéraire  de  Tournai.  T.  XVIII. 
Tournai,  typ.  veuve  H.  Gasterman,  4880.  In-8*,  xn-394  p. 

Depuis  1849,  la  Société  historique  et  littéraire  de  Tournai  a  entrepris 
la  publication  d'une  double  collection  de  bulletins  et  de  mémoires.  Les 
premiers  comprennent  aujourd'hui  dix-huit  volumes  et  le  chiffre  des 
volumes  de  mémoires  s'élève  à  seize.  Pendant  que  les  Bulletins  ont  été 
le  plus  souvent  réservés  à  la  publication  des  procès-verbaux  des  réu- 
nions et  à  des  dissertations,  dues  pour  la  plupart  à  MM.  Dumortier,  Le 
Maistre  d'Anstaing,  de  Nédonchel,  Mgr  Voisin,  les  abbés  Vos  et 
Hugues,  les  Mémoires  ont  contenu  principalement  des  documents  iné- 
dits, tels  que  la  Chronique  de  Hainaut,  de  Gilbert,  publiée  par  M.  de 
Godefroy-Ménilglaise  (t,  XIV  et  XV),  les  extraits  des  Registres  des 
Consaux  de  Tournai  (t.  Vil,  VIII),  le  Kalendrier  des  guerres  de  Tournai, 
1477-1479  (t.  Il),  etc.  Ce  rapide  aperçu  suffit  pour  donner  une  idée  de 
l'activité  des  travaux  de  la  Société  tournaisienne,  sans  qu'il  soit  néces- 
saire d'étendre  ces  citations  ;  aussi  arriverons-nous  immédiatement  au 
tome  XVin  du  Bulletin,  que  nous  avons  entre  les  mains,  et  qui  ne 
comprend  que  deux  études. 

La  première,  due  à  M.  le  capitaine  Déjardin,  est  un  catalogue 
détaillé  des  plans  et  vues  de  la  ville  de  Tournai.  Ce  travail  comprend 
158  numéros,  et,  bien  qu'il  soit  le  résultat  de  longues  et  laborieuses 
recherches,  nous  croyons  que  l'auteur  aurait  pu  encore  en  augmenter 
le  nombre,  en  parcourant  les  portefeuilles  topographiques  du  cabinet 
des  estampes  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris.  11  ne  nous  est  pas 
possible  de  signaler  ici  toutes  les  pièces  nouvelles  que  le  dépouillement 
de  ces  volumes  aurait  pu  donner  à  M.  Déjardin,  mais  nous  ne  pouvons 
passer  sous  silence  un  certain  nombre  de  plans  dressés  par  les  officiers 
des  armées  de  Louis  XIV ,  et  qui  y  sont  conservés  en  originaux, 
notamment  un  plan  de  1682,  avec  légende  de  160  numéros,  plan  vérifié 
en  1687  par  Dupuis  de  Mondragon,  capitaine,  ingénieur  ordinaire  du 
roi  à  Tournai,  un  très  beau  plan  sur  vélin,  lavé,  sans  légende,  à 
l'échelle  de  300  toises,  un  autre  plan  minuscule  sur  vélin,  à  la  plume, 
ainsi  qu'une  assez  grande  quantité  de  plans  gravés  cirant  des  variantes 
de  tirage  et  des  remaniements,  soit  dans  les  légendes  des  descriptions, 
soit  dans  des  indications  des  éditeurs. 

M.  le  capitaine  Déjardin  paraît  disposé  à  étendre  son  travail  aux 
autres   villes  de  Belgique;  la   partie   consacrée   à  Namur   vient  de 


344 

paraître  dans  les  Annales  de  la  Société  archéologique  de  cette  ville ^  et 
nous  croyons  qu'il  a  sous  presse  un  travail  semblable  pour  Liège; 
nous  pensons  qu'il  devra,  avant  de  le  refondre  en  un  volume,  consulter 
les  planches  de  la  topographie  de  la  Belgique  réunies  à  la  Bibliothèque 
nationale  et  qu'il  y  puisera  de  nouveaux  et  précieux  renseignements 
qui  lui  permettront  de  rendre  son  travail  en  quelque  sorte  définitif. 

La  première  partie  d'une  Bibliographie  tournaisienne  occupe  le  reste 
du  volume  (p.  111-383).  M.  Desmazières  y  retrace  d^abord  Thistoire 
sommaire  de  rétablissement  de  Timprimerie  à  Tournai,  puis  il  nous 
donne  la  liste  des  éditeurs,  libraires  et  imprimeurs  toumaisiens  avec 
rindication  de  leurs  publications.  Il  se  propose  de  conduire  ce  travail 
jusqu'au  commencement  du  xrx*  siècle,  et  les  notices  qu'il  nous  donne 
dans  ce  premier  travail  s'appliquent  à  vingt-quatre  libraires  ou  impri- 
meurs et  renferment  la  description  de  683  ouvrages,  de  1509  à  1727. 
Toutefois,  M.  Desmazières  ne  pense  pas  que  Ton  puisse  faire  remonter 
à  1509  rétablissement  de  l'imprimerie  à  Tournai  et  il  établit  que,  de 
même  que  le  beau  Missale  insignis  Ecclesix  Tornacensis  qui  porte  le 
nom  du  libraire  toumaisien  Antoine  du  Rieu  et  l'adresse  d'un  impri- 
meur parisien  demeurant  m  ihco  Judeœ  juxta  Carmelitas,  les  Statuta 
sinodalia  promulgués  en  1509  et  qui  portent  le  nom  de  du  Rieu 
(Tornaci.  Venafia  œmperiuntur  in  domo  Anthonii  du  Rieu)^  ont  été 
imprimés  également,  soit  à  Paris,  soit  dans  quelque  ville  du  Nord,  ce 
qui  a  lieu  pour  les  autres  ou\Tages  mis  en  vente  par  des  éditeurs  tour- 
naisiens  pendant  tout  le  cours  du  xvi«  siècle  et  qui  sortent  des  impri- 
meries d'Anvers,  de  Douai,  etc.  Jusqu'en  1609,  on  ne  connaît  pas  de 
véritables  impressions  tournaisiennes,  et  il  n'y  avait  alors  dans  cette 
ville  que  Nicolas  Laurent,  qui  paraissait  n'imprimer  que  des  livrets 
pour  apprendre  à  lire  aux  enfants  et  avait  recours,  pour  l'impression  des 
livres  d'église,  des  ouvrages  de  piété  et  de  quelques  publications  admi- 
nistratives, aux  imprimeurs  de  Louvain,  d'Anvers,  de  Cambrai  et  de 
Douai.  En  1609,  un  Douaisien,  Joseph  Duhamel,  vint  s'établir  à  Tour- 
nai comme  imprimeur  et  y  forma  avec  Charles  Martin  une  association 
qui  ne  dura  que  peu  de  temps  et  à  la  suite  de  laquelle  ce  dernier  resta 
seul  propriétaire  de  la  maison  établie  à  l'enseigne  du  Saint-Esprit^  rue 
de  le  Thure.  Le  premier  livre  sorti  des  presses  de  Duhamel  et  Martin 
est  la  Vie  dv  bienhevrevx  S.  Jean  de  Sahagovne,  de  l'ordre  des  eremites 
dv  P.  S.  Avgvstin,  etc.,  1610,  petit  in-12  de  8  ff.,  381  p.  et  9  ff.  de  pri- 
vilège et  table.  Depuis  cette  époque,  la  série  des  imprimeurs  tournai- 
siens  continue  sans  interruption  et  cette  industrie  y  a  pris  aujourd'hui 
un  assez  grand  développement,  puisque  Tournai  renferme  dix  impri- 
meries, occupant  près  de  quatre  cents  ouvriers. 

Des  fac-similés  des  marques  des  éditeurs  toumaisiens  accompagnent 
ce  curieux  travail  de  M.  Desmazières,  qui  vient  utilement  combler  une 
lacune  de  l'histoire  de  l'imprimerie  en  Belgique.  —  Comte  de  Marsy. 


315 

Les  Imprimeurs  vendômois  et  leurs  œuvres  (45^1 4-4  88^),  par  le  mar- 
quis DE  RocHAMBBAU.  NotÊvelle  édition  précédée  d'une  lettre  de 
M,  Paul  Lacroix.  Paris,  Dumoulin,  4884,  in-8**,  56  p.  et  3  fac- 
similés. 

Nous  sommes  heureux  d'avoir  à  signaler  la  nouvelle  édition  des 
Imprimeurs  vendômois  que  M.  le  marquis  de  Rochambeau  vient  de 
publier  et  dans  laquelle  il  recule  de  plus  d'un  siècle  Torigine  de  l'im- 
primerie à  Vendôme.  Jusqu'ici  on  regardait  comme  le  premier  impri- 
meur vendômois  François  de  la  Saugère,  qui  publiait  en  1629,  au 
moment  de  la  peste,  un  livre  de  circonstance  :  Alexitère  contre  la  peste, 
tiré  des  plus  célèbres  médecins,  par  Florent  de  la  Ghassaingue.  Fr.  de  la 
Saugère  avait  des  prédécesseurs,  dont  M.  de  Rochambeau  a  trouvé  très 
heureusement  de  remarquables  productions.  En  1514,  un  imprimeur  de 
Tours,  Mathieu  Latheron,  imprimait  à  Vendôme  avec  le  concours  des 
Bénédictins  de  la  Trinité  et  sous  les  yeux  d'André  Du  Val,  prieur  du 
monastère,  un  Breviarium  monasterii  Vindocinensis  (in-8®,  gothique, 
404  feuillets).  C'est  le  plus  ancien  monument  daté  de  l'imprimerie  ven- 
dômoise  ;  on  n'en  connaît  jusqu'ici  qu'un  seul  exemplaire,  dont  le  titre 
manque,  conservé  à  la  bibliothèque  publique  du  Mans. 

Après  Mathieu  Latheron,  un  nouvel  imprimeur  tourangeau,  Jean 
Rousset,  vint  s'installer  dans  le  monastère  de  la  Trinité  et  y  imprima 
la  Messe  de-  la  saincte  Lerme  de  Vendosm^e,  suivie  du  Mistère  de  la  saincte 
terme.  Le  seul  exemplaire  qu'on  connaisse  de  cette  édition  est  incom- 
plet des  premiers  et  derniers  feuillets,  mais  les  caractères  typographiques 
permettent  de  la  rapporter  au  commencement  du  xvi«  siècle  ^  Un  peu 
plus  tard,  Jean  Rousset  imprimait  encore  à  Vendôme,  toujours  sous 
les  auspices  du  prieur  André  Du  Val,  un  Missale  secundum  usum  sacri 


1.  J'ai  récemment  rencontré  à  la  bibliothèque  de  Chartres  (ms.  n"  726)  la 
copie  figurée  sur  vélin  d'un  incunable  vendômois  ou  tourangeau,  que  je  ne 
trouve  ni  dans  les  Imprimeurs  vendômois  ni  dans  la  Typographie  en  Tou- 
raine  de  M.  Cl.  de  Ris.  En  voici  la  description  :  «  f  ||  S'ensuit  ||  le  Mistere  de 
la  II  Saincte  Lerme  H  comme  elle  fut  appor- 1|  tee  de  Constantinohle  ||  a  Uen- 
dosme.  \\  [Vignette  représentant  la  sainte  Larme  suspendue  dans  une  ampouUe 
rayonnante,  soutenue  par  deux  mains  sortant  d'un  nuage.]  Fol.  1  v".  (D)U 
haait  et  souuerain  empire  ||  etc.  Fol.  7  v**,  slgu.  B,  ligne  2.  nostrum  iesum  chris- 
tum  filiam  tuum.  Qui  jj  tecam.  etc.  [Marque  à  peu  près  semblable  à  celle  du 
titre.  L'ampoulle  n'est  pas  soutenue  par  des  mains,  mais  surmontée  d'une  cou- 
ronne et  entourée  d'un  collier  de  croix  et  d'étoiles  formant  losanges  au  bas 
daquel  pend  une  larme.]  C'est  une  plaquette  de  7  feuillets,  en  caractères 
gothiques  français,  de  27  lignes  à  la  page;  la  justification  du  texte  est  de  122  sur 
72  millimètres.  Le  supplément  du  Catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque 
de  Chartres  le  dit  «  imprimé  à  Tours  par  la  veuve  Si£Qeau  »  ;  l'imprimé  sur 
lequel  a  été  faite  cette  copie  daterait,  s'il  en  est  ainsi,  de  1540  environ. 


34(» 

Monasterii  sanctissimae  Trinitatis  de  Vindovino,  etc.  (in-fblio,  276  fenii- 
let<>,  daté  de  1530  et  orné  de  43  gravures  sur  bois.  M.  de  Rochambean 
a  donné  une  description  détaillée  de  ce  magnifique  incunable  vendô- 
mois,  dont  on  ne  connaît  ({ue  deux  exemplaires,  et  il  a  joint  à  son  tra- 
va'd  des  fac-similés  réduits  du  titre  ot  de  deux  des  gravures,  leequek, 
malgré  leur  exactitude,  sont  loin  de  rendre  la  beauté  et  la  finesse  des 
originaux.  Au  xvii*  siècle,  à  côté  do  François  de  la  Saugère,  il  faut  citer 
le  nom  d'un  autre  imprimeur  vendùmois,  Sébastien  ilyp,  qui  fonda  à 
Vendôme  une  véritable  dynastie  damprimeurs  et  auquel  on  a  longtemps 
attribué  la  première  édition  des  Provinciales  de  Pascal.  On  trouve  enfin 
dans  ce  volume  la  liste  détailb'e  des  imprimeurs  vendômois  et  de  leurs 
œuvres  jusqu'en  1879.  Les  descriptions  bibliographiques  de  M.  de 
Rochambeau  sont  en  général  exactes,  sauf  quelques  légères  imperfec- 
tions, dans  la  description  de  la  Messe  de  la  saincte  Lerme  par  exemi^e, 
qu'il  sera  facile  de  faire  disparaître  dans  une  prochaine  édition  ;  et  nous 
ne  pouvons  mieux  reconnaître  l'intérêt  de  ce  livre  qu'en  souhaitant  de 
voir  suivre,  par  ceux  qui  s'intéressent  à  Thistoire  des  origines  de  la 
typographie  dans  les  différentes  villes  de  France,  Texcellent  exemple 
que  vient  de  leur  donner  l'auteur  des  Imprimeurs  vendômois. 

H.  Omont. 

Correspondance  historique  des  Bénédictins  bretons  et  autres  docu^ 
inents  inédits  relatifs  à  leurs  travaux  sur  V histoire  de.  Bretagne^ 
•    par  A.  DE  LA  BoEDBEiE,  In-S"".  Paris,  Champion,  4884. 

M.  de  la  Borderie  a  écrit,  dans  ce  livre,  un  des  premiers  chapitres  de 
l'histoire  des  grands  travaux  des  Bénédictins,  en  France.  Naturelle- 
ment il  a  choisi  les  membres  de  cet  ordre  célèbre  qui  se  sont  occupés 
de  la  Bretagne  et  qui  ont  devancé  tous  les  autres.  Nul  mieux  que  notre 
confrère  n'était  plus  à  même  d'entreprendre  cette  œuvre;  ses  travaux 
personnels,  par  Térudition  et  la  critique,  procèdent  de  ceux  de  Fancienne 
école  bénédictine.  La  tâche  des  «  ouvriers  de  l'histoire  de  Bretagne  » 
comprenait  deux  parties  bien  distinctes  ;  d'abord  les  recherches  des 
documents  et  l'exploration  des  chartriers  publics  et  particuliers;  ensuite 
la  construction  de  Tédifice  qui  devint  l'Histoire  de  Bretagne, 

La  première  partie  de  ce  travail  dura  de  1689  à  1696;  les  savants 
chercheurs  ont  des  noms  chers  à  tous  ceux  qui  aiment  les  travaux 
d'histoire  :  D.  Audren,  D.  Le  Gallois,  D.  Briant,  D.  Rouzier,  D.  Veis- 
sière,  remplacé  en  1693  par  D.  Lobineau. 

La  seconde  partie  fut  comprise  entre  1696  et  1703  avec  les  mêmes 
collaborateurs,  sous  la  direction  de  D.  Lobineau. 

C'est  le  détail  de  ce  travail  vraiment  immense  que  M.  de  la  Borderie 
fait  connaître  en  publiant  la  correspondance  des  Bénédictins  complétée 
au  moyen  de  documents  véritablement  curieux.  On  y  trouve  les  rensei- 


3i7 

gnements  les  plus  précis,  et  souvent  des  anecdotes  piquantes,  ainsi  que 
des  indications  précieuses  sur  l'existence  de  pièces  d'archives  disparues, 
ou  conservées  aujourd'hui  par  des  détenteurs  inconnus;  quelques-uns 
de  ceux-ci  ignorent  probablement  la  valeur  des  textes  qui  reposent  dans 
quelque  coin  de  leurs  manoirs. 

Nous  signalerons,  entre  autre  détail  intéressant,  le  récit  de  l'oppo- 
sition faite  par  la  maison  de  Rohan  le  jour  où  D.  Lobineau  remit  son 
œuvre  aux  États  de  Bretagne.  Le  docte  religieux  avait  fait  bon 
marché  des  prétentions  des  Rohan  à  une  extraction  royale  ;  ceux-ci 
réclamèrent,  se  plaignirent  amèrement,  protestèrent  officiellement  et 
enfin  menacèrent.  L*amour-propre  nobiliaire  devient  facilement  féroce  ; 
au  xixe  siècle,  nous  en  voyons  encore  quelquefois  des  exemples.  Toute 
la  colère  des  Rohan  échoua  devant  la  bonne  foi  des  Bénédictins  et 
rapprobation  des  États  qui  donnèrent  à  D.  Lobineau  le  titre  d'historio- 
graphe de  Bretagne.  Quelques  années  plus  tard,  l'abbé  de  Vertot 
recommença  la  lutte  avec  une  certaine  violence,  mais  sans  plus  de 
succès.  Après  la  mort  de  D.  Lobineau,  arrivée  le  3  juin  1727,  la  maison 
de  Rohan  chercha  à  faire  oublier  l'œuvre  du  savant  bénédictin;  elle 
patronna  une  nouvelle  édition  dans  laquelle  ses  prétentions  étaient 
appuyées  de  preuves  nombreuses  mais  très  discutables. 

Nous  faisons  des  vœux  pour  que  l'exemple  de  M.  de  la  Borderie  soit 
suivi  dans  chacune  des  provinces  dont  l'histoire  a  été  l'objet  des  études 
des  Bénédictins.  Non  seulement  on  apprendra  une  foule  de  détails 
intéressants  sur  les  travaux  delà  savante  congrégation;  mais  encore  on 
trouvera  des  études  inédites  qui  n'ont  pas  trouvé  place  dans  ses  publi- 
cations et  l'on  aura  connaissance  de  sources  historiques  et  de  docu- 
ments qui  pourront  être  d'une  singulière  utilité. 

A.  DE  B. 


Études  sur  le  droit  celtique.  Le  Senchv^  Môr,  par  H.  d'Arbois  de 
JuBAiNViLLE.  Paris,  Larose,  ^88^.  In-8%  ^08  p.  (Extrait  de  la 
Nouvelle  Revue  historique  de  droit  français  et  étranger,) 

Le  Senchus  Môr  est  un  traité  de  jurisprudence  écrit  en  vieil  irlandais, 
dont  le  texte  embrasse  deux  volumes  et  demi  des  Ancient  laws  and 
Institutes  of  Ireland. 

Ce  document  n'a  point  la  fraîcheur  naïve  et  barbare  de  certaines 
coutumes  du  moyen  âge.  C'est  un  fruit  de  la  culture  celtique  et  d'une 
culture  avancée  ;  c'est  un  produit  savant  qui  ne  se  laisse  point  pénétrer 
sans  effort  et  sans  peine,  même  lorsque  la  difficulté  première  et  tout 
extérieure,  celle  de  la  langue,  a  été  vaincue. 

Il  y  a  longtemps  que  ce  premier  rempart  est  tombé  pour  notre  savant 
confrère.  Il  entreprend  aujourd'hui  de  nous  faire  avec  lui  pénétrer 
plus  avant. 


348 

Le  Senchus  Mâr  doit  remonter  à  une  période  antérieure  à  saint 
Patrice,  mais  il  fut  révisé  sous  son  influence  et  probablement  par  lui- 
même  (v«  siècle).  Conservé  de  mémoire  pendant  des  siècles,  le  Senchus 
Môr  fut  confié  à  récriture  vers  l'an  800  de  notre  ère,  comme  un  grand 
nombre  d'autres  documents  de  la  littérature  irlandaise.  Il  n'a  cessé 
depuis  lors  de  s'altérer  sous  la  plume  des  scribes. 

L'histoire  sociale,  politique  et  morale  de  l'Irlande  a  été  traitée  dans 
les  Études  sur  le  droit  celtique  avec  cette  simplicité  d'exposition  à 
laquelle  M.  d'Arbois  de  Jubainville  nous  a  habitués.  J'éprouve  pour 
ma  part  un  charme  extrême  à  apprendre  ainsi  facilement  tant  de 
choses  neuves  de  la  bouche  d'un  maître  si  compétent.  Parmi  les  traits 
caractéristiques  du  régime  irlandais,  il  faut  signaler  l'existence  d'un 
lien  social  d'une  extrême  importance  fondé  sur  le  contrat  que  les  juris- 
consultes modernes  appellent  le  cheptel. 

Ceux  qui  ne  font  pas  de  la  jurisprudence  leur  étude  spéciale,  et  que 
ce  mot  droit  celtique  pourrait  épouvanter,  ne  devront  point  négliger  ce 
précieux  travail.  Ils  y  trouveront  une  moisson  abondante  de  renseigne- 
ments philologiques  et  littéraires.  C'est  précisément  le  caractère  propre 
de  la  culture  irlandaise  de  n'avoir  pas  entièrement  dégagé  le  droit  pour 
en  faire  dans  l'ensemble  des  connaissances  humaines  un  domaine  tout 
à  fait  à  part  et  isolé.  Le  jurisconsulte  irlandais,  le  filé,  était  aussi  magi- 
cien, chanteur,  poète.  Des  joutes  non  seulement  oratoires,  mais  poé- 
tiques, précédaient  parfois  les  jugements  des  filé  (p.  99).  Il  nous  faut 
aujourd'hui,  pour  comprendre  ces  personnages  complexes,  un  effort  non 
moins  multiple  et  non  moins  varié,  qui  porte  sur  la  langue,  sur  l'his- 
toire proprement  dite  et  sur  l'histoire  légendaire,  sur  les  mœurs  et  sur 
le  régime  économique.  C'est  une  conquête  de  ce  genre  que  nous  offre 
M.  d'Arbois  de  Jubainville. 

Paul  ViOLLET. 

Le  gouvernement  royal  et  V administration  des  finances  sous  Phi- 
lippe le  Bel  et  ses  trois  fils  {4285-4328),  par  A.  Voitri,  membre 
de  rinstitut.  In-8**,  Paris,  4880.  —  Les  monnaies  des  trois  pre- 
miers ValoiSy  par  le  même.  In-8*'.  Paris,  4884. 

M.  A.  Vuitry  poursuit  le  cours  de  ses  importants  travaux  sur  le 
régime  financier  de  la  France  avant  1789.  Nous  avons  parlé,  dans  un 
autre  recueil,  de  l'excellent  ouvrage  que  le  savant  académicien  a  con- 
sacré à  ce  sujet  pour  la  période  antérieure  à  Philippe  le  Bel.  Nous  nous 
proposons  ici  de  dire  quelques  mots  de  deux  publications  qui  font  suite 
à  cet  ouvrage.  La  première  de  ces  publications  est  intitulée  :  Le  gouver- 
nement royal  et  l'administration  des  finances  sous  Philippe  le  Bel  et  ses 
trois  fils.  M.  Vuitry  a  divisé  ce  travail  en  deux  chapitres  :  !•  Le  gou- 
vernement et  les  dépenses  ;  2'  l'administration  des  finances.  Cette  divi- 


349 

sion  suffit  à  indiquer  la  méthode  adoptée  par  l'auteur.  M.  Vuitry  a  jugé 
qu'avant  d'entrer  dans  la  gestion  des  finances,  il  devait  montrer  les 
changements  introduits  à  cette  époque  dans  les  institutions  politiques. 
De  ces  changements,  en  effet,  sont  nées  des  dépenses  qui  ne  sont  plus 
seulement  les  dépenses  propres  du  Roi  et  qui  deviennent  les  dépenses  de 
l'État,  M.  Vuitry  se  trouve  ainsi  amené  à  parler  d*abord  du  Grand  Con- 
seil et  du  Parlement,  issus  de  Tancienne  cour  du  roi  ;  il  en  décrit  Torga- 
nisation,  en  marque  les  attributions  ;  il  montre  comment  les  membres 
du  Grand  Conseil  et  ceux  du  Parlement  n'étaient  déjà  plus,  comme  par 
le  passé,  les  vassaux  du  roi,  obligés  par  la  règle  des  fiefs  de  faire  à  leurs 
frais  le  service  de  cour  et  qu'ils  étaient  devenus  des  fonctionnaires  de 
l'État  touchant  des  émoluments,  des  gages  comme  on  disait  alors.  On 
sait  que  l'administration  des  provinces  ne  subit  pas  la  même  transfor- 
mation que  le  gouvernement  central.  Néanmoins,  par  l'efiacement  gra- 
duel des  communes  placées  sous  la  tutelle  du  roi,  par  l'institution  des 
bourgeoisies  royales  qui  concouraient  à  faire  de  l'ancienne  fédération 
des  fiefs  une  société  rattachée  à  un  centre  unique  de  juridiction  et  de 
pouvoir,  se  préparent  des  changements  qui  influeront  par  la  suite  sur  le 
régime  financier.  D^ailleurs  les  baillis  et  les  sénéchaux,  avec  leurs 
subordonnés  hiérarchiques,  demeurent  les  mandataires  supérieurs  de  la 
couronne  dans  les  provinces  et  les  ordonnateurs  de  toutes  les  dépenses 
locales.  Après  avoir  tracé  un  rapide  tableau  de  l'administration  des 
provinces,  M.  Vuitry  étudie  l'organisation  de  VHôtel  du  roi  et  les  ser- 
vices qui  s'y  rattachent.  C'est  là  une  des  parties  les  plus  attachantes  du 
travail  que  nous  examinons.  L'auteur  marque  avec  soin  le  nombre  des 
officiers  de  l'hôtel  ;  il  en  précise  les  fonctions  respectives,  en  chiffre  les 
émoluments.  Un  service  qui  commence  alors  à  s'instituer,  bien  qu'il 
n'ait  encore  rien  de  régulier  ni  de  permanent,  c'est  celui  des  relations 
extérieures.  M.  Vuitry  mentionne  les  ambassades,  les  missions  diplo- 
matiques qui  eurent  lieu  au  temps  dont  il  s'occupe  et  qui  étaient  néces- 
sairement rétribuées  par  le  trésor  royal.  Indépendamment  des  frais  que 
comportaient  ces  ambassades,  Philippe  le  Bel  tenait  à  sa  solde,  par  des 
pensions,  une  foule  de  seigneurs  voisins  de  la  France,  pour  les  rendre 
favorables  à  sa  politique.  M.  Vuitry  nous  apprend  aussi  comment  un 
autre  service,  celui  des  travaux  publics,  semble  s'établir  à  cette  époque 
et  comment  le  principe  d'expropriation  pour  cause  d'utilité  publique  est 
dès  lors  posé  et  consacré.  Il  aborde  enfin  l'organisation  du  service  mili- 
taire, indique  les  modifications  qu'elle  a  subies  sous  Philippe  le  Bel  et 
ses  fils  et  note  les  dépenses  nouvelles  qui  proviennent  de  la  substitution 
naissante  des  troupes  soldées  aux  armées  féodales. 

Après  avoir  exposé  ces  considérations  avec  cette  clarté  qui  caractérise 
les  écrits  sortis  de  sa  plume,  M.  Vuitry  examine  dans  son  mécanisme 
et  ses  rouages  l'administration  générale  des  finances.  Ainsi  qu'il  le 
remarque  à  juste  titre,  cette  administration,  à  l'avènement  de  Philippe 


320 

le  Bel,  se  confond  avec  Padministration  générale  du  pays;  mais,  à  la 
mort  de  Charles  IV,  elle  se  distingue  nettement  de  la  Chambre  des 
comptes  qui  la  domine  et  la  contrôle.  Le  savant  académicien  consacre 
une  étude  particulière  à  la  Chambre  des  comptes  ;  il  en  précise  les  ori- 
gines, en  définit  les  attributions,  indique  le  nombre  de  ses  membres. 
C'est  sous  Philippe  le  Long  et  sous  Charles  IV  que  la  Chambre  des 
comptes,  qui,  déjà  au  temps  de  Philippe  le  Bel,  tenait  une  place  dis- 
tincte à  côté  du  Grand  Conseil  et  du  Parlement,  acheva  4e  s'organiser 
et  de  se  constituer.  Dès  lors  les  documents  abondent,  et  M.  Vuitry  fait 
ressortir  avec  soin  tout  ce  qui  intéresse  cette  institution,  non  seulement 
dans  les  édits  spéciaux  dont  elle  a  été  Tobjet,  mais  dans  les  ordonnances 
d'un  caractère  général  qui  règlent  le  gouvernement,  le  pouvoir  judiciaire 
et  la  gestion  des  finances.  Comme  les  membres  du  Parlement,  les  mem- 
bres de  la  Chambre  des  comptes  n'avaient  déjà  presque  plus  rien  de 
féodal;   c'étaient,   à   proprement  parier,    des  fonctionnaires   publics, 
nommés  et  rétribués  par  le  roi.  Le  mouvement  qui  s'opérait  dans  les 
institutions  de  la  monarchie  et  qui  avait  conduit  la  couronne  à  substi- 
tuer la  Chambre  des  comptes  à  l'ancienne  cour  féodale  du  roi,  la  con- 
duisit de  même  à  établir,  à  Paris,  des  administrateurs  généraux  pour  le 
gouvernement  central  des  finances,  et,  dans  les  provinces,  des  compta- 
bles spéciaux  pour  l'encaissement  des  deniers  et   le   paiement  des 
dépenses.  Les  Trésoriers  de  France  ne  furent  d'abord  que  les  officiers 
préposés  par  le  roi  à  la  garde  de  son  trésor.  Mais,  dès  1318,  une  ordon- 
nance constate  qu'ils  sont  devenus  les  chefs  réels  de  l'administration 
des  finances,  avec  le  concours  et  la  surveillance  de  la  Chambre  des 
comptes.  C'est  également  une  ordonnance  de  1320  qui  consacre  l'insti- 
tution des  Rec&i)eurs,  laquelle  n'avait  eu  jusque-là  rien  d'uniforme  ni  de 
déterminé.  Après  avoir  défini  les  attributions  respectives  des  Tréso- 
riers de  France  et  des  Receveurs,  M.  Vuitry  expose  le  mode  de  comp- 
tabilité en  usage  à  cette  époque.  Nous  ne  saurions  trop  recommander 
ce  chapitre  à  l'attention  du  lecteur.  De  nombreux  édits  furent  alors 
rendus  sur  ce  sujet.  Comme  toutes  les  ordonnances  de  ce  temps,  ils 
présentent  une  certaine  confusion  et  se  répètent  en  plus  d'un  point. 
M.  Vuitry  s'attache  à  en  dégager  les  données  générales  ;  et,  si  Ton  n'y 
rencontre  pas,  caractérisés  par  une  formule  exacte,  les  principes  qui 
régissent  les  comptabilités  modernes,  on  se  plaît  du  moins  à  en  voir 
naître  et  se  développer  les  premiers  éléments. 

Nous  n'avons  pas  à  rappeler  au  lecteur  les  désordres  causés  à  cette 
époque  par  les  altérations  et  les  variations  de  la  monnaie.  Ce  fut  moins 
en  diminuant  le  titre  et  le  poids  des  espèces  monnayées  qu'en  suréle- 
vant au-dessus  de  sa  valeur  réelle  la  valeur  légale  du  numéraire  en 
circulation,  que  Philippe  le  Bel  et  ses  fils  avaient  altéré  et  affaibli  la 
monnaie.  Sous  les  trois  premiers  Valois,  les  altérations  et  les  variations 
de  la  monnaie  devinrent  plus  fréquentes  et  plus  considérables;  mais 


324 

elles  eurent  un  caractère  tout  différent.  «  On  s'aperçut  sans  doute,  écrit 
M.  Vuitry,  qu'en  affaiblissant  la  monnaie  de  compte  par  Télévation  du 
cours  des  espèces  en  circulation,  le  roi  partageait  avec  le  public  qui  les 
détenait  le  bénéfice  qu'il  entendait  se  réserver  :  on  commença  donc  à 
procéder  tout  autrement.  Au  lieu  d'accroître  la  valeur  légale  du  numé- 
raire circulant,  on  le  démonétisa,  ou  on  en  régla  le  cours  à  un  prix  tel 
qu'il  y  eut  intérêt  à  le  vendre  au  poids,  comme  billon,  aux  hôtels  des 
monnaies,  et  le  use  demanda  le  bénéfice  dont  il  poursuivait  la  réalisa- 
tion à  la  fabrication  et  à  l'émission  d'espèces  nouvelles.  Ce  système 
monétaire  fut  mis  en  pratique  avec  un  aveuglement  et  une  exagération 
que  la  grande  lutte  nationale  dont  la  royauté  avait  alors  à  supporter  les 
nombreuses  dépenses  ne  peut  justifier  et  qui  ne  firent  qu'aggraver  les 
souffrances  et  les  misères  du  pays.  »  A  la  vérité,  cette  pratique  désas- 
treuse ne  fut  pas  continue.  Le  règne  de  Philippe  de  Valois  se  partage, 
à  cet  égard,  en  périodes  très  distinctes.  C'est  ainsi  que,  de  1329  à  1337, 
ce  prince  rétablit  et  maintint  la  forte  monnaie,  tandis  que,  de  1337  à 
1343,  il  ne  cessa,  par  des  ordonnances,  d'affaiblir  la  monnaie  de  compte 
en  changeant  les  espèces  monnayées.  De  1343  à  1346,  il  revint  à  la  forte 
monnaie,  mais,  de  1346  à  1350,  il  chercha  encore  une  fois  des  res- 
sources dans  de  nouvelles  altérations.  On  sait  que,  si  considérables 
qu'aient  été  alors  l'affaiblissement  et  les  changements  de  la  monnaie, 
ils  le  furent  plus  encore  durant  les  dix  premières  années  du  règne  de 
Jean.  On  sait  aussi  que  les  quatre  dernières  années  du  règne  de 
ce  prince  et  les  seize  années  du  règne  de  Charles  V  furent  marquées 
par  des  pratiques  toutes  contraires  :  la  forte  monnaie  fut  rétablie  et 
conserva,  sans  variation  sensible,  une  stabilité  qui  fait  honneur  à 
la  sagesse  du  prince  préposé  alors  au  gouvernement  de  la  France. 

Tel  est  l'objet  de  la  seconde  publication  de  M.  Vuitry,  intitulée  :  Les 
monnaies  sous  les  trois  premiers  Valois.  L'auteur  a  divisé  ce  remarquable 
travail  en  autant  de  chapitres  qu'il  y  a  de  périodes  distinctes  dans  le 
régime  de  la  monnaie  à  cette  époque  troublée.  Il  a  traité  cette  matière 
difficile  avec  la  sûreté  d'un  écrivain  initié  par  une  pratique  personnelle 
à  l'intelligence  des  affaires,  et  c'est  en  toute  sécurité  que  le  lecteur  peut 
accepter  les  conclusions  auxquelles  un  savoir  historique  éclairé  conduit 
M.  Vuitry.  A  côté  de  détails  techniques  et  dont  la  précision  est  si  dési- 
rable en  un  pareil  sujet,  l'auteur  n'a  point  négligé  des  considérations 
d'un  autre  ordre.  Il  a  recherché  les  causes  des  modifications  successives 
et  si  nombreuses  que  présenta  alors  notre  régime  monétaire,  et,  paral- 
lèlement à  l'histoire  particulière  des  monnaies,  on  suit  l'histoire  géné- 
rale des  faits  dont  elle  est  un  corollaire.  M.  Vuitry  a  terminé  ce  travail 
par  une  intéressante  analyse  du  célèbre  traité  d'Oresme.  C'est  à  la  fin 
de  ce  traité  que  se  lit  cette  observation  digne  de  remarque  :  «  J'ai  inten- 
tion de  déclarer  que  les  mutacions  précédentes  sont  contre  l'onneur  du 
roi  et  préjudicient  à  la  succession  royalle...  Quiconques  voudroient,  par 

21 


322 

aucune  manière,  attraire  et  induire  les  seigneurs  de  France  à  ce  régime 
tyrannique,  certes  ils  exposeroient  le  royaume  en  grand  décriement  et 
honte  et  le  préparerolent  à  sa  fin...  Et  pour  ce,  si  la  royalle  séquelle  de 
France  délinque  de  sa  première  vertu,  sans  nulle  doubte  elle  perdra  son 
royaume,  et  sera  translaté  en  autre  main,  b  Certes,  après  les  preuves  de 
sagesse  qu'avait  données  Charles  Y,  et  lorsque,  dans  ce  traité, 
Oresme  venait  d'exposer  les  principes  qui  devaient  présider  à  Tadminia- 
tration  des  monnaies,  on  ne  pouvait  s'attendre  aux  perturbations  nou- 
velles que  le  règne  de  Charles  VI  réservait  encore  à  la  France.  Ce  sont 
ces  perturbations,  avec  les  désastres  qui  en  furent  l'efiet,  que  M.  Vuitry 
nous  exposera  dans  une  prochaine  publication. 

F.  R. 


Tombeaux  de  la  cathédrale  de  Rouen^  par  feu  A.  Dbyille. 
Troisième  édition..,  avec  trente-six  planches  de  MM.  Adeline 
Bosredon  et  Guillaumot...^  revue  et  publiée  avec  notes  et  addi" 
lions  nombreuses  par  F.  Bouquet  y  professeur  honoraire,  Gr.  in-4», 
v-328  p.  Paris,  A.  Lévy,  \%%\. 

Cette  troisième  édition  de  Touvrage  de  M.  Deville  pourrait  à  jaste 
titre  passer  pour  la  première  ;  les  deux  autres,  publiées.  Tune  en  i833 
(in-d*»,  282  pages  de  texte  avec  dix  planches),  Tautro  en  1837  (avec 
quelques  pages  et  deux  planches  de  plus),  ne  sauraient  être  comparées 
à  cette  troisième,  depuis  longtemps  préparée  par  M.  Deville,  et  défini- 
tivement mise  sur  pied  et  publiée  par  un  ami  du  mort,  M.  Bouquet. 

A  dire  vrai,  M.  Deville  n'avait  point  été  le  premier,  et  la  préface  de 
M.  Bouquet  le  reconnaît,  à  parler  des  tombeaux  de  la  cathédrale  de 
Rouen.  L'édition  de  1668  de  VHistoire  de  Rouen  de  Farin  renferme  un 
chapitre  particulier  sur  ces  sépultures.  Les  auteurs  qui  suivirent  surent 
profiter  des  premiers  essais  de  Farin  pour  aller  un  pea  plus  loin  que 
lui,  mais  sans  avoir  fait  autre  chose  qu'effleurer  le  sujet  et  passer  assez 
rapidement  sur  un  terrain  de  pures  conjectures.  Ils  furent  d'ailleurs 
unanimes  à  reconnaître  combien  le  champ  de  leurs  découvertes  était 
borné  :  cela  tenait  aux  guerres  des  Huguenots  qui  avaient  beaucoup 
détruit,  aux  déplacements  maladroits  faits  par  le  clergé  de  la  cathé- 
drale^, à  une  foule  de  causes  qui  embrouillaient  l'écheveau  et  dérou- 
taient les  chercheurs.  M.  Deville  entreprit  de  combler  les  lacunes 
signalées  par  Farin  et  ses  successeurs,  et  pour  cela  il  compulsa  tout, 
les  cartulaires,  les  archives  de  la  métropole,  celles  du  département, 
copiant,  annotant,  classant.  A  dater  de  la  dernière  édition  de  son 

1.  Le  clergé  d'avant  1789  avait  résolu  de  mettre  à  sac  les  anciens  monuments, 
surtout  celles  des  représentations  c  qui  ne  seraient  pas  décentes  ou  en  parfait 
état.  0  (Deville,  Tombea'uXy  avant- propos,  p.  2.) 


323 

ouvrage,  en  1837,  il  travailla  sans  relâche  à  compléter  son  livre,  et 
lorsqu'il  moUrut,  laissant  un  manuscrit  considérable,  il  se  trouva  que 
le  livre  était  doublé  et  que  les  dessins  faits  par  lui  étaient  au  nombre 
de  près  de  100.  Malheureusement  Fauteur  n'avait  pu  y  mettre  la  der- 
nière main  et  le  mettre  au  niveau  des  études  actuelles,  les  omissions  du 
livre  publié  par  M.  Bouquet  le  montrent  suffisamment  :  il  y  avait  à 
faire  certaines  citations  indispensables  pour  que  l'ouvrage  fût  au  point, 
et  l'auteur  seul  y  eût  songé. 

Le  plan  de  M.  Deville  est  simple.  Il  donne  la  liste  des  personnages 
enterrés  dans  la  cathédrale,  et  s'arrête  à  ceux  pour  lesquels  il  a  décou- 
vert certains  détails  d'ensevelissement  ou  de  construction  de  tombeaux. 
Il  faut  avouer  que,  malgré  ses  trouvailles,  M.  Deville  est  loin  d'avoir 
tout  identifié.  Mais,  tel  qu'il  est,  son  ouvrage  peut  passer  pour  un  des 
plus  complets  sur  la  matière. 

Il  y  a  à  faire  certaines  critiques  de  détails.  M.  Deville  parle  assez 
longuement  de  Richard  Gœur-de-Lion,  dont  il  découvrit  la  statue  en  1838 
dans  la  cathédrale.  Seulement  on  ne  s'explique  pas  que  le  dessin  gravé 
dans  son  ouvrage  soit  pris  d'après  la  restauration  qui  en  fut  faite  par 
M.  Bouet.  On  se  l'explique  d'autant  moins  que  M.  Deville  cite  le  dessin 
pris  par  Gaignières  antérieurement  à  l'enfouissement  de  la  statue  par 
le  clergé  de  la  métropole  en  1734,  et  que  ce  dessin,  quoique  donnant  la 
statue  du  roi  à  plat,  avait  l'avantage  de  reproduire  l'ancien  socle  sur 
lequel  elle  était  couchée  avec  les  quatre  lions  en  support.  Cette 
remarque  s'applique  aussi  au  tombeau  de  Henri  le  jeune,  frère  de 
Richard.  Pour  ce  dernier,  dont  la  statue  nous  a  été  conservée  par  Gai- 
gnières, M.  Deville  va  plus  loin,  il  copie  la  statue  moderne  due  au 
ciseau  des  sculpteurs  rouennais  Bouet  et  Jean,  statue  essentiellement 
différente  de  pose  et  de  caractère. 

Il  est  vrai  que  les  dessins  de  Gaignières  ne  sont  point  toujours  d'une 
très  grande  fidélité.  Il  semble  que  le  dessinateur  du  grand  collectionneur 
ait  trop  souvent  allongé  ou  raccourci  ses  personnages.  Mais  ces  fautes 
n'emljarrassaient  guère  M.  Viollet  Le  Duc,  qui  nous  a  donné  une  foule 
de  choses  exquises  d'après  les  plus  pitoyables  copies  de  Gaignières. 

On  ne  saurait  donc  excuser  M.  Deville  et  son  successeur  M.  Bouquet 
d'avoir  si  peu  consulté  les  portefeuilles  d'Oxford,  dont  la  Bibliothèque 
nationale  possède  aujourd'hui  des  calques  très  suffisants.  Cette  faute  a 
fait  que  très  souvent  M.  Deville  se  lance  dans  des  dissertations  que  la 
simple  inspection  des  dessins  de  Gaignières  eût  empêchées.  Et  puis  les 
dessins  reproduisant  les  tombeaux  y  eussent  gagné  en  vérité  historique. 
Voici  par  exemple  le  tombeau  de  Pierre  de  Brezé  et  de  Jeanne  du  Bec- 
Crespin  :  le  dessin  de  M.  Deville  le  rend  méconnaissable.  Le  J.  C. 
(Jeanne  Crespin)  devient  un  P.  B.  (Pierre  Brezé).  Les  armoiries  du 
xv«  siècle  sont  sculptées  sur  lambrequins  allemands.  Du  moment  où 
M.  Deville  restituait  les  statues  disparues  depuis  le  xvni«  siècle,  il  eût 


324 

été  de  bonne  critique  de  rechercher  Taspect  du  monument  primitif,  et 
cet  aspect  Gaignières  l'avait  conservé  (collection  d'Oxford,  t.  lY,  fol.  8). 
Signalons  aussi  une  grosse  erreur  dans  le  dessin  de  la  couronne  de 
Pierre  de  Brezé,  dont  M.  Deville  fait  une  sorte  de  toque  italienne 
(pi.  IX). 

La  partie  la  plus  faible  de  l'ouvrage  de  M.  Deville  est  sûrement  celle 
des  dessins  et  des  gravures.  Il  faut  croire  que  les  artistes  chargés  de 
graver  ces  dessins  d'architecture  se  sont  un  peu  trouvés  dépaysés  dans 
un  genre  de  travail  éminemment  précis,  h' interprétation,  pour  me  servir 
d'une  expression  d'atelier,  se  fait  trop  remarquer  dans  la  plupart  de  ces 
reproductions.  Il  faut  bien  croire  que  les  dessins  de  M.  Deville  n'avaient 
ni  cette  lourdeur  ni  surtout  ce  manque  de  précision  (et  la  précision  est 
absolument  nécessaire  en  pareil  cas).  Le  moindre  procédé  Gillot  ou 
Dujardin  eût  beaucoup  mieux  fait  Tafifaire.  Parmi  les  gravures  les  plus 
médiocres,  on  doit  citer  celle  de  Claude  Groullart  (pi.  XIÏI)  et  celle  de 
sa  femme.  Au  contraire,  certaines  pierres  tombales  au  trait  sont  ou 
paraissent  être  d'une  assez  grande  fidélité. 

Toutes  ces  remarques,  que  Ton  pourrait  pousser  à  l'infini,  ne 
prouvent  pas  grand'chose  contre  le  livre  de  M.  Deville.  Tel  qu'il  est,  il 
reste  un  des  meilleurs  dans  le  genre.  M.  Deville  vivait  à  un  temps  où, 
passé  Clouet  et  Jean  Goujon,  il  n'y  avait  eu  en  France  ni  peintre,  ni 
sculpteur  :  ces  deux-là  avaient  tout  fait.  C'est  ce  qui  explique  son  hypo- 
thèse de  Jean  Goujon,  architecte  du  monument  de  Louis  de  Brezé, 
mari  de  la  grand'sénéchaie.  Ce  sont  là  des  détails.  Somme  toute,  les 
Tombeaux  de  la  cathédrale  de  Rouen  sont  un  livre  où  l'archéologue  a 
encore  assez  à  prendre  pour  ne  point  trop  regretter  que  les  planches 
soient  pour  la  plupart  en  infériorité  marquée  sur  le  reste  du  livre. 

Henri  Bouchot. 


LIVRES    NOUVEAUX. 

SOMMAIRE  DES  MATIÈRES. 

Sciences  auxiliaires.  —  Bibliographie,  502,  535.  —  Chronologie,  552. 

Sources,  530.  —  Chroniques,  470,  476,  562.  —  Lettres,  500,  508.  — 
Archives,  465.  —  Documents,  cartulaires,  451,  463,  471,  502,  507,  515, 
540. 

Biographie  et  généalogie,  469.  —  Saint  Antoine  de  Padoue,  445; 


325 

saint  Denis,  444;  Duranti,  528;  Henri  IV,  500;  La  Vallière,  508; 
Linange,  558  ;  Lusignan,  549  ;  Maufras  du  Ghatelier,  522  ;  Médicis,  541  ; 
Montpensier,  502  ;  Pétrarque,  532  ;  Pons,  466  ;  saint  Privât,  536;  Riche- 
lieu, 499;  saint  Sévérien,  536. 

Géographie,  topographie,  449,  461,  472,  488,  498. 

Droit,  455,  458, 462,  475,  480,  482,  490,  495,  538. 

Institutions,  542,  543.  —  Gouvernement  royal,  518;  administration, 
524.  —  Municipalités,  515,  523,  540,  560.  —  Justice,  489.  —  Finances, 
474,  515,  540.  —  Institutions  militaires,  468,  516.  —  Écoles,  492,  521, 
553.  —  Corporations,  555.  —  Hôpitaux,  471. 

Moeurs  bt  usages,  462,  480.  —  Agriculture,  classes  rurales,  458,  482, 
491,  539. 

Religions.  —  Judaïsme,  478,  490,  551.  —  Église  catholique,  448, 
467,  547;  Pères  de  TÉglise,  526;  hagiographie,  444,  445,  536;  clergé, 
491;  évêchés,  469,  479,  536;  ordres,  506;  monastères,  446,  453,  463,' 
507,  510,  544,  545. 

Archéologie,  454,  496.  —  Architecture  :  édifices  civils  et  militaires, 
452,  517;  édifices  religieux,  450,  503,  511,  512,  544,  546,  563.  — 
Sculpture,  450.  —  Peinture,  464.  —  Vitraux,  501,  561.  —  Mobilier, 
bijoux,  447,  502,  548.  —  Sphragistique,  481,  519,  531.  —  Numisma- 
tique, 460,  483,  484,  556-559. 

Langues  et  littératures.  —  Grec,  488.  —  Latin,  526,  553.  —  Langues 
romanes  :  espagnol,  473  ;  français,  442,  457,  493,  505,  525,  534  ;  italien, 
486;  provençal,  466.  —  Langues  germaniques  :  allemand,  459;  anglais, 
527  ;  frison,  477. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  494,  495,  506,  516,  552.  -—  Alsace-Lorraine,  484,  504, 
537.  —  Hambourg,  449.  —  Hesse,  562.  —  Saxe,  487.  —  Wurtemberg, 
517,  559. 

Autriche-Hongrie.  —  Autriche  au-dessous  de  TEnns,  461 .  —  Bohême, 
487. 

Belgique,  458,  482,  560. 

Espagne,  490. 

France,  467,  474,  488,  518,  520.  —  Ile-de-France,  524,  525;  Lan- 
guedoc, 551;  Limousin,  445;  Lorraine,  442,  483;  Normandie,  476, 
481;  Savoie,  542.  — Ain,  451  ;  Aisne,  511  ;  Ariège,  485,  550;  Charente- 
Inférieure,  519,  521;  Cher,  555;  Gorrèze,  489;  Gôte-d^Or,  468;  Gôtes- 
du-Nord,  501  ;  Doubs,  464;  Drôme,  469;  Eure-et-Loir,  456;  Finistère, 
453;  Hérault,  492;  Indre,  452;  Indre-et-Loire,  540;  Jura,  497;  Loir-et- 
Cher,  546;  Loire,  463;  Loire-Inférieure,  510;  Lot,  472;  Lot-et- 
Garonne,  475  ;  Lozère,  528,  536  ;  Marne,  503  ;  Mayenne,  498  ;  Meurthe- 


326 

hi  Moii(«ll(S  &i3,  544;  Meuse,  493;  Nord,  547;  Pas-de-Calais,  509; 
|*yi6ttiii'M  (llauU^H-),  545;  Rhône,  446;  Seine,  444,  471  ;  Seine-et-Marne, 
NH,  HïtifiM-ot-Oise,  535;  Seine -Inférieure,  496,  507;  Somme,  512, 
rù\H,  Tuni-ot-Garonne,  447,  479,  554;  Vaucluse,  470;  Yonne,  529. 

Umamdk-IIhktaonb  bt  Irlande.  —  Iles  de  la  Manche,  533. 

Uauu,  —  Florence,  480,  541,  543;  Gaète,  460;  Naples,  530;  Padoue, 
Mti,  inw*,  532;  Rome,  443,  520. 

lUvM'iUs,  458. 

l'oHtUOAL,  465. 
lif;HtflK,  515,  531. 

HfjiMK,  454,  523,  556,  557,  563. 


442.  Adam  (Lucien).  Les  Patois  lorrains.  Nancy,  Grosjean-Maupin; 
J'arië,  Maisonneuve.  li-460  p.  (Publications  de  l'Académie  de  Stanis- 

443.  Adinolfi  (Pasquale).  Roma  nelP  età  di  mezzo,  descritta.  T.  I. 
Homa,  Bocca,  1881.  445  p.  8  1. 

444.  Arbellot  (Fabbé).  Étude  sur  les  origines  chrétiennes  de  la 
Oaule.  Première  partie  :  saint  Denys  de  Paris.  Paris,  Haton.  116  p. 

445.  Arbellot  (l'abbé).  Notice  sur  saint  Antoine  de  Padoue  en 
lâmousin.  Limoges,  Leblanc  ;  Paris,  Haton.  72  p. 

446.  Arroy  (Bezian).  Brève  Histoire  de  l'abbaye  de  llle-Barbe.  Lyon, 
Oeorg,  1880.  xi-191  p.  (Collection  lyonnaise,  n»  7.) 

447.  Barbier  de  Montault  (Mgr  X.).  L'Anneau  d'investiture  du 
musée  de  Montauban.  Montauban,  impr.  Forestié.  51  p.,  planche. 
(Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  archéologique  de  Tarn-et-Garonne.) 

448.  Baronii  (Gaesaris  S.  R.  E.  cardinalis),  Od.  Reynaldi  et  Jac. 
Laderchii  congregationis  Oratorii  presbyterorum  Annales  ecclesiastici, 
denuo  et  accurate  excusi.  Tomus  35.  Summarium  générale  (1566-1567). 
Bar-le-Duc  et  Paris,  libr.  de  Tœuvre  de  Saint-Paul.  In-4,  xix-367  p. 
(L'ouvrage  formera  37  vol.  à  16  fr.) 

449.  Becker(F.  A.).  Cuxhavenund  das  Amt  Ritzebûttel.  Ein  Beitrag 
zur  Geschichte  und  Entwickelung  des  Landes  nebst  topographischen, 
statistischen  und  chronologisch  geordneten  Mittheilungen  und  einer 
Karte.  Hamburg,  Otto  Meissner,  1880.  xiii-248  p.,  1  carte.  3  m.  60  pf. 

450.  Biais  (Emile).  Des  statues  équestres  sculptées  aux  façades  de 
certaines  églises  romanes.  Angoulème,  Goumard.  17  p.,  planche. 
(Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  archéologique  et  historique  de  la  Cha- 
rente, 1878-1879.) 

451 .  Bibliotheca  Dumbensis,  ou  Recueil  de  chartes,  titres  et  docu- 


327 

ments  relatifs  à  l'histoire  des  Dombes.  Trévoux,  impr.  Jeauvin.  In-4, 
198  p. 

452.  Blanchetière  (M.).  Le  Donjon  de  Romefort  (Indre).  Tours,  impr. 
Bouserez.  il  p.,  planche.  (Extrait  du  Bulletin  monumental^  1880.) 

453.  Blois  (A.  de).  Notice  historique  sur  la  ville  de  Quimperlé.  Suivie 
d'une  histoire  particulière  de  Tabbaye  de  Sainte-Croix,  d'après  le 
manuscrit  de  F.  Bonaventure  du  Plesseix,  continuée  jusqu'en  1790  et 
publiée  pour  la  première  fois  avec  appendice  et  notes  par  Fr.  Audran. 
Quimperlé,  Clairet.  In-18,  241  p. 

454.  Bluemner  (H.).  Die  archaeologische  Sammlung  im  eidg.  Poly- 
technikum  zu  Zurich.  Zurich,  Caesar  Schmidt.  201  p.,  4  pi.  3  fr. 

455.  BoRCH  (Leopold  von).  Beitraege  zur  Rechts-Geschichte  des 
Mittelalters  mit  besonderer  Rùcksicht  auf  die  Ritter  und  Dienstmannen 
fûrstlicher  und  graBÛicher  Herkunft.  Nebst  einer  lithographischen 
Tafel  :  Wandelungen  des  Querfurter  Helmschutzes.  Innsbruck,  Rauch, 
1881.1n.4,87p. 

456.  Bordas  (l'abbé).  Histoire  du  comté  de  Dunois.  Tome  II,  fasc.  1. 
Ghâteaudun,  Société  dunoise.  128  p. 

457.  Boucherie  (A.).  La  Langue  et  la  Littérature  françaises  au  moyen 
âge  (réponse  à  M.  Brunetière).  Paris,  Maisonneuve.  43  p.  (Extrait  delà 
Revue  des  langues  romanes,) 

458.  Brants  (Victor).  Histoire  des  classes  rurales  aux  Pays-Bas  jus- 
qu'à la  fin  du  XVIII®  siècle.  Bruxelles,  impr.  Hayez.  406  p;  (Mémoire 
couronné  par  l'Académie  royale  de  Belgique.) 

459.  Braune  (Wilhelm).  Althochdeutsches  Lesebuch,  zusammenge- 
stellt  und  mit  Glossar  versehen.  Zweite  Auflage.  Halle,  Niemeyer, 
1881.  vra-228  p.  3  m. 

460.  Caméra  (Matteo).  Una  Moneta  inedita  di  Gaeta  del  x  secolo. 
Napoli,  Furchheim.  7  p.,  1  pi.  1  1.  50  c. 

461.  Camesina  Ritter  von  San  Vittore  (Albert).  Urkundliche 
Beitraege  zur  Geschichte  Wien's  im  xvi.  Jahrhundert.  Mit  einem 
Stadtplane.  Herausgegeben  vom  Gemeinderathe  der  kais.  koen.  Reichs- 
haupt-und  Residenzstadt  Wien.  Wien,  Alfred  Hoelder,  1881.  In-4, 
x-100  p.,  plan  gr.  in-fol.  7  fl. 

462.  Carré  de  Busserolle  (J.-X.).  Les  Usages  singuliers  de  la  Tou- 
raine.  N®  1.  Le  Droit  du  seigneur.  N®  2.  Le  Chêne  de  la  mariée;  le 
Banquet  de  Nivès.  Tours,  Semeur-Laplaine.  15,  16  p. 

463.  Cartulaire  du  prieuré  de  Saint-Sauveur-en-Rue  (Forez),  dépen- 
dant de  l'abbaye  de  la  Chaise-Dieu  (1062-1401).  Publié  avec  une  notice 
historique  et  des  tables  par  le  comte  de  Charpin-Feugerolles  et  M.  C. 
Guigue.  Lyon,  impr.  Perrin.  In-4,  xxiv-379  p. 

464.  Castan  (Auguste).  Le  Mot  de  l'énigme  d'un  tableau  de  l'église 


32S 

de  la  Vèze,  près  de  Besançon.  Besançon,  impr.  Dodivers.  8  p.  (Extrait 
des  Mémoires  de  la  Société  d'émulation  du  Douhs,  13  mars  1880.) 

465.  Gatalogo  dos  pergaminhos  do  cartorio  da  universidadede  Goimbra. 
Goimbra,  imprensa  da  universidade,  1880.  135  p. 

466.  Ghabaneau  (Gamille).  Les  Troubadours  Renaud  et  Geoffroy  de 
Pons.  Paris,  Maisonneuve.  27  p.  (Extrait  du  Courrier  littéraire  de 
V  Ouest,  1880.) 

467.  Ghamard  (dom  François).  Les  Origines  chrétiennes  de  la  Gaule. 
Paris,  impr.  Levé.  64  p.  (Extrait  du  Correspondant.) 

468.  Gharmasse  (Anatole  de).  Note  sur  le  passage  et  le  séjour  des 
grandes  compagnies  dans  la  prévôté  de  Baigneux-les- Juifs  en  1364 
et  1365.  Paris,  Ghampion.  11  p.  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société 
éduenne,  nouv.  série,  t.  IX.) 

469.  Ghevalier  (l'abbé  Jules).  Actes  et  Documents  pour  servira  This- 
toire  des  doyens  de  l'église  de  Die  au  xvi«  siècle.  Montbéliard,  impr. 
Hoffmann.  12  p.  (Extrait  du  Bulletin  d'histoire  ecclésiastique  et  d'ar- 
chéologie religieuse  du  diocèse  de  Valence,  l"*®  année,  2«  livraison.) 

470.  Ghronique  (la)  d'un  notaire  d'Orange,  publiée  et  annotée  par 
L.  Duhamel.  Paris,  Ghampion.  In-18,  168  p. 

471.  Gollection  de  documents  pour  servir  à  Thistoire  des  hôpitaux  de 
Paris,  commencée  sous  les  auspices  de  M.  Michel  Moring,  continuée 
par  M.  Gharles  Quantin,  directeur  de  l'administration  générale  de  Tas- 
sistance  publique,  publiée  par  M.  Brièle,  archiviste  de  l'administration. 
Tome  I.  Délibérations  de  l'ancien  bureau  de  l'Hôtel -Dieu.  Paris, 
Picard.  In-4,  viii-200  p. 

472.  GoMBARiEu  (L.).  Dictionnaire  des  communes  du  Lot,  contenant 
la  nomenclature  des  villages,  hameaux,  châteaux,  moulins,  métairies, 
maisons  isolées,  etc.,  et  précédé  d'une  introduction  sur  le  département 
du  Lot  avant  et  après  1789.  Gollaborateurs,  MM.  A.  Gombes,  J.  Ma- 
linowski,  A.  Sarcos,  de  la  Société  des  études,  et  MM.  les  instituteurs. 
Gahors,  Laytou.  Lxvni-262  p.,  carte.  5  fr. 

473.  GoRNu  (Jules).  Études  sur  le  poème  du  Gid.  Paris.  27  p.  (Extrait 
de  la  Ro7nania,  t.  IX.) 

474.  GouGNY  (G.  DE).  Gomptes  royaux  du  xvi«  siècle.  Angers,  Ger- 
main et  Grassin.  7  p.  (Extrait  de  la  Revue  de  V Anjou.) 

475.  Goutumes  de  Glermont-Dessus  en  Agenais  (1262),  publiées  par 
Hippolyte  Rébouis.  Paris,  Larose.  51  p.  (Extrait  de  la  Nouvelle  Revue 
historique  de  droit  français  et  étranger,) 

476.  Gronicques  (les)  de  Normandie  (1223-1453),  réimprimées  pour  la 
première  fois  d'après  l'édition  rarissime  de  Guillaume  le  Talleur 
(mai  1487),  avec  variantes  et  additions  tirées  d'autres  éditions  et  de 


329 

divers  manuscrits,  et  avec  une  introduction  et  des  notes  par  A.  Hellot. 
Rouen,  Métérie.  xxni-344  p. 

477.  Cummins  (Adiey  H.).  A  Grammar  of  the  old  Friesic  language. 
London,  Trûbner,  1881.  75  p.  3  s.  6  d. 

478.  Darmesteter  (James).  Coup  d'oeil  sur  l'histoire  du  peuple  juif. 
Paris,  librairie  Nouvelle.  25  p. 

479.  Daux  (l'abbé  Camille).  Histoire  de  TÉglise  de  Montauban,  depuis 
les  premiers  temps  jusqu'à  nos  jours.  T.  I.  N®«  1-2.  Première  période 
(46-1317).  Montauban,  Georges  et  Ferrie,  xv-111  p.  et  planche.  5  fr.; 
pour  les  souscripteurs,  2  fr.  50  c.  (L'ouvrage  formera  2  vol.  d'environ 
650  pages  chacun,  ornés  de  6  planches  en  chromolithographie.  Prix  de 
la  souscription  :  15  francs  payables  en  trois  termes.) 

480.  Deliberazione  suntuaria  del  comune  di  Firenze,  del  xiii  aprile 
1439,  pubblicata  daMorelli  Guido  per  nozze  Stefanini-Morelli.  Firenze, 
tip.  deir  Arte  délia  stampa.  16  p. 

481.  Dbmay  (G.).  Inventaire  des  sceaux  de  la  Normandie  recueillis 
dans  les  dépôts  d'archives,  musées  et  collections  particulières  des 
départements  de  la  Seine-Inférieure,  du  Calvados,  de  l'Eure,  de  la 
Manche  et  de  l'Orne,  avec  une  introduction  sur  la  paléographie  des 
sceaux  et  16  planches  photoglyptiques.  Paris,  imprimerie  nationale. 
In-4,  xLiv-438  p. 

482.  De  Potter  (Frans),  Broeckaert  (Jan).  Geschiedenis  van  den 
Belgischen  boerenstand  tôt  op  het  einde  der  xviii«  eeuw.  Brussel, 
Hayez.  in-406  p.  (Mémoire  couronné  par  l'Académie  royale  de  Bel- 
gique.) 

483.  Des  Robert  (Ferdinand).  Un  Jeton  de  la  chambre  des  comptes 
de  Lorraine.  Nancy,  impr.  Crépin-Leblond.  In-4,  4  p.  avec  fig. 

484.  DiETz  (E.).  Note  sur  quelques  monnaies  du  moyen  âge  trouvées 
près  de  Fouday,  au  Ban  de  la  Roche  (Vosges- Alsace).  Saint-Dié,  impr. 
Humbert.  14  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  philomathique  vosgienne, 
1880-1881.) 

485.  DucLOs  (H.).  Histoire  des  Ariégeois  (comté  de  Foix  et  vicomte 
de  Couserans).  De  l'esprit  et  de  la  force  intellectuelle  dans  l'Ariège  et 
les  Pyrénées  centrales.  Paris,  Didier,  xvi-684  p.,  3  grav.  à  l'eau -forte 
par  Ghauvet. 

486.  Durante.  Il  Fiore,  poème  italien  du  xiii®  siècle,  en  ccxxxii  son- 
nets, imité  du  roman  de  la  Rose.  Texte  inédit  publié  avec  fac-similé, 
introduction  et  notes  par  Ferdinand  Castets.  Montpellier,  bureau  des 
publications  de  la  Société  pour  l'étude  des  langues  romanes,  1881. 
xxrv-184  p. 

487.  Ermisch  (Hubert).  Studien  zur  Geschichte  der  saechsisch- 
boehmischen  Beziehungen  in  den  Jahren  1464  bis  1471.  Mit  urkund- 
lichen  Beilagen.  Dresden,  Baensch,  1881.  144  p.  3  m. 


330 

488.  Extraits  des  auteurs  grecs  concernant  la  géographie  et  rhistoire 
des  Gaules.  Texte  et  traduction  nouvelle  publiés  pour  U  Société  de 
l'histoire  de  France  par  Edm.  Ck)ugny.  Tome  III.  Paris,  Loones.  xy- 

385  p.  9  fr. 

489.  Page  (René).  Une  ancienne  Justice.  La  Cour  d*appeaux  de 
Ségur.  Limoges,  impr.  Chapoulaud,  1880.  150  p.  (Extrait  du  Bulletin  de 
la  Société  archéologique  et  historique  du  Limousin^  t.  XXVIU,  VI*  de  la 
2«  série.) 

490.  Fernandbz  y  Gonzalez  (Pr.).  Instituciones  jurfdicas  del  pneblo 
de  Israël  en  los  diferentes  K<(tados  de  la  penfnsula  ihérica  desde  su 
dispersion  en  tiempo  del  emperador  Hadriano  hasta  los  principios  del 
siglo  XVI.  Tomo  I.  Introduccion  histôrico-crîtica.  Madrid,  1881.  In-4, 
xv-346  p. 

491.  Galabert  (l'abbé).  Les  Prêtres  dans  les  campagnes  au  moyen 
âge.  Montauban,  impr.  Forestié.  17  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société 
archéologique  de  Tarn^et-Garonne.) 

492.  Germain  (A.).  Du  principe  démocratique  dans  les  anciennes 
écoles  de  Montpellier.  Montpellier,  impr.  Boehm,  1881.  In-4,  23  p. 
(Extrait  des  Mémoires  de  l'Académie,  etc,  de  Montpellier,  section  des 
lettres,  t.  VU,  1881.) 

493.  Germain  (Léon).  Deux  Chartes  du  xm*  siècle  en  langue  vulgaire, 
provenant  de  Tabbaye  de  Ghâtilion.  (Communication  de  M.  le  docteur 
Nie.  van  Werveke,  de  Tinstitut  R.  G.-D.  de  Luxembourg.)  Nancy, 
impr.  Crépin-Leblond.  7  p.  (Extrait  du  Journal  de  la  Société  d'archéologie 
lorraine,  1881.) 

494.  GiESBBREGHT  (Wilhelm  von).  Geschichte  der  deutschen  Kaiserzeit. 
Erster  Band.  Grundung  des  Kaiserthums.  Fûnfte  Auflage.  Mit  einer 
Uebersichtskarte  von  H.  Kiepert.  Braunschweig,  Schwetschke,  1881. 
xLn-934  p.,  1  carte.  15  m. 

495.  Grimm  (Jacob).  Deutsche  Rechtsalterthûmer.  Dritte  Ausgabe, 
Goettingen,  Dieterich,  1881.  xxvi-971  p.  12  m. 

496.  GuÉRODLT  (le  D' E.).  Découvertes  archéologiques  en  1878  et  1879. 
Rouen,  impr.  dîagniard.  15  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  commission  des 
antiquités  de  la  Seines-Inférieure.) 

497.  GuiLLERMET  (F.)  et  B.  Prost.  Champagnole  et  ses  environs. 
Lons-le-Saunier,  impr.  Declume.  83  p.  et  planches.  (Extrait  des 
Mémoires  de  la  Société  d'émulation  du  Jura,  1880.) 

498.  GuYARD  DE  LA  FossE.  Remarques  sur  les  observations  de  M.  Le- 
beuf  sur  les  peuples  diablintes  et  leur  pays,  particulièrement  par  rap- 
port à  l'histoire  de  la  ville  de  Mayenne  dans  le  Bas-Maine,  prête  à  être 
mise  au  jour;  suivie  d'une  réponse  de  l'abbé  Lebeuf,  extraite  du 
Mercure  de  France.  Paris,  Mouchet.  In-12,  36  p. 

499.  Hanotaux  (Gabriel).  Études  sur  des  maximes  d'État  et  des  frag- 


334 

ments  politiques  inédits  du  cardinal  de  Richelieu.  Paris,  Picard.  48  p. 
(Extrait  du  Compte  rendu  de  l'Académie  des  sciences  morales  et  poli- 
tiques.) 

500.  Henri  IV.  Lettres  inédites  du  roi  Henri  IV  à  M.  de  Bellièvre 
(1602)  publiées  d'après  le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  nationale  par 
Eugène  Halphen.  Nice,  Gauthier;  Paris,  Champion,  ix-52  p. 

501.  HucHER  (E.).  Le  Vitrail  absidal  de  Notre-Dame-de-la-Gour,  com- 
mune de  Lantic  (Gôtes-du-Nord).  Tours,  impr.  Bouserez.  11  p.  (Extrait 
du  Bulletin  monumental,  1879.) 

502.  Inventaire  des  bijoux,  vêtements,  manuscrits  et  objets  précieux 
appartenant  à  la  comtesse  de  Montpensier  (1474),  publié  par  A.  de 
Boislisle,  d'après  l'original  appartenant  à  M.  le  duc  de  la  Trémoille. 
Paris.  41  p.  (Extrait  de  VAnnuaire-bulletin  de  la  Société  de  Vhistoire  de 
France,) 

503.  Jadart  (H.).  Saint-Lié,  Villedommange  et  Jouy  (Marne,  arr.  de 
Reims,  canton  de  Ville-en-Tardenois).  Reims,  impr.  Monce,  1881. 
16  p.  (Extrait  des  Notices  sur  les  églises  du  diocèse  de  Reims,  bulletin, 
t.  XIV.) 

504.  JoLY.  Le  Ghâteau  de  Ray  pendant  et  après  les  croisades.  La 
guerre  de  dix  ans  dans  le  pays  d'Amont,  Lutzelbourg,  entre  Sarrebourg 
et  Saverne.  Montmédy,  impr.  Pierrot,  vi-57  p. 

505.  Joufrois,  altfranzoesisches  Rittergedicht,  zum  ersten  Mal  heraus- 
gegeben  von  Konr.  Hofmann  und  Franz  Muncker.  Halle,  Niemeyer, 
1880.  VIIM34  p.  3  m.  60  pf. 

506.  KocH  (Adolf).  Die  frùhesten  Niederlassungen  der  Minoriten  im 
Rheingebiete  und  ihre  Wirkungen  auf  das  kirchliche  und  politische 
Leben.  Von  der  philosophischen  Fakultaet  der  Universitaet  Heidelberg 
preisgekroente  Abhandlung.  Leipzig,  Duncker  und  Humblot,  1881. 
vm-118  p.  2  m.  80  pf. 

507.  Laffleur  de  Kermaingant  (P.).  Gartulaire  de  l'abbaye  de  Saint- 
Michel  du  Tréport  (ordre  de  Saint-Benoît).  Paris,  impr.  Firmin-Didot. 
CLxiv-427  p.  etatl.  de  8  pi.  in-fol. 

508.  Lair  (J.).  Louise  de  La  Vallière  et  la  jeunesse  de  Louis  XIV, 
d'après  des  documents  inédits,  avec  le  texte  authentique  des  lettres  de 
la  duchesse  au  maréchal  de  Bellefonds.  Paris,  Pion,  vi-441  p.  et  2  por- 
traits. 

509.  Landrin  (G.).  Histoire  d'un  petit  village  (Fouquières-lez-Béthune). 
Boulogne-sur-Mer,  impr.  V®  Aigre.  44  p. 

510.  La  Nicollière  Teijeiro  (S.  de).  L'Abbaye  de  Notre-Dame  de  la 
Ghaume,  près  Machecoul  (1055-1792),  essai  historique.  Nantes,  impr. 
Forest  et  Grimaud.  71  p.,  planches.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société 
archéologique  de  Nantes.) 


332 

lit.  \i\  Phairik  (de).  Les  Églises  de  rarrondissement  de  Boissons 
i-ldiM^^M  rhniuologiquement.  Soissons,  impr.  Michaux,  1880.  40  p. 

i\y  Lkiiiki'  (.\lcius).  L'Église  de  Fourdrinoy,  notice  archéologiqae. 
\ini(MiH,  iinpr.  Douillet.  16  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  des 
antuniaires  de  Picardie,  1880.) 

\\\:\,  liKfAUK  (Henri).  Le  Village  de  Saint^Dizier-lès-Nancy.  Nancy, 
WiiMUM".  Ti  p.  (Kxtraitdes  Mémoires  de  la  Société  d'archéologie  lorraine, 
\HH\.) 

Ml  liK  Pairk  (Jacques-Amédée).  Annales  du  pays  de  Lagny  depuis 
Ion  hMupM  l(»R  plus  reculés  jusqu*au  20  septembre  1792.  Lagny,  Paquier, 
IMMO.  2  I.  en  1  vol.,  x-900  p.  15  fr. 

.'il II.  Libri  redituum  (Oie)  der  Stadt  Riga.  Nach  den  Originalhand- 
nclirirtrii  hi^ausgegeben  von  J.  G.  L.  Napiersky.  Leipzig,  Duncker 
iiiiil  lliiMiblot,  1881.  xLvn-224  p.  6  m.  40  pf. 

■Mli.  LiNDT  (Karl).  Beitraege  zur  Geschichte  des  deutschen  Kriegsw©- 
iimn  iii  d(;r  staufischen  Zeit  im  Anschluss  an  die  Kaempfe  zwischen 
l'Iiilijip  von  Schwaben  und  Otto  IV.  Tûbinger  Inaugural-Dissertation, 
h'rnibiirg  i.  B.  und  Tûbingen,  Mohr,  1881.  72  p.  1  m.  50  pf. 

Ii17.  fiOEFFLER  (Emil  V.).  Geschichte  der  Festung  Ulm.  Mit  29  Holz- 
Milinlttcii  und  3  lithographischen  Plaenen.  Ulm,  Wohler,  1881.  vra- 
;iUV  p.  K  m. 

!i1H.  LuçAY  (le  comte  de).  Des  origines  du  pouvoir  ministériel  en 
KrHiH'.n.  Les  secrétaires  d'État  depuis  leur  institution  jusqu'à  la  mort 
ilt^  Louis  XV.  Paris,  Société  bibliographique,  xm-647  p.  10  fr. 

MO.  Mallat  (W.-J.).  Sigillographie  ecclésiastique  de  TAngoumois. 
ArraH,  impr.  delà  Société  du  Pas-de-Calais,  1880.  20  p.,  2  pi.  (Extrait 
il(^  la  Revue  de  Vart  chrétien.) 

f»20.  Martens  (Wilhelm).  Die  roemische  Frage  unter  Pippin  und 
Kiirl  dem  Groszen.  Eine  geschichtliche  Monographie.  Stuttgart,  Cotta, 
IHHI.  xi-379  p.  6  m. 

ri21 .  Massougnes  (Albert  de).  IjCS  Anciennes  Écoles  diocésaines  gra- 
tuites à  Angoulôme.  Angoulème,  impr.  Baillarger.  In-4,  24  p. 

522.  Maufras  du  Ghatelier  (A.).  Archives  de  la  famille  Maufras  du 
(îliatelier  (château  de  Kernuz,  près  de  Pont-Labbé).  Notes  et  souvenirs. 
Orléans,  impr.  Colas.  84  p. 

523.  Meier  (Félix).  Geschichte  der  Gemeinde  Wetzikon.  Heraus- 
gcîgeben  von  der  Lesegesellschaft  Oberwetzikon.  Ziirich,  Hoehr.  vi-610  p. 
et  carte.  5  fr. 

524.  Mémoires  des  intendants  sur  Pétat  des  généralités,  dressés  pour 
l'instruction  du  duc  de  Bourgogne.  Tome  I  :  mémoire  de  la  généralité 
de  Paris,  publié  par  A.  M.  de  Boislisle.  Paris,  imprimerie  nationale. 
In-4,  xGvi-858  p.  (Collection  de  documents  inédits  sur  l'histoire  de 
France.) 


333 

525.  Metzke  (Erast).  Der  Dialect  von  Ile-de-France  im  xiii.  und  xiv. 
Jahrhundert.  I.  Theil  :  Vocalismus.  (1.  Vocale.)  Inaugural-Dissertation. 
Breslau,  1880.  .35  p. 

526.  MiQNE  (J.  P.).  Patrologiae  Cursus  completus,  seu  Bibliotheca 
universalis,  etc.  Séries  latina  prior.  T.  117  (Haymonis  t.  II),  121 
(Ratramni,  -^neae  Parisiensis,  S.  Remigii,  etc.,  etc.,  opéra  omnia),  129 
(Anastasius  bibliothecarius  abbas  [t.  UI],  Stephanus  V,  Formosus,  Ste- 
phanus  VI,  Romanus,  pontif.  Rom.,  Erchembertus  monach.,  Angilber- 
tusabbas,  S.Tutilo  monach.,  etc.),  142  (S. Bruno Herbipolensis episcopus, 
S.  Odilo  abbas  Gluniacensis,  Berno  abbas  Augiensis,  Gregorius  VI, 
Glemens  VI,  Romani  pontifices,  Rodulphus  Glaber,  Wippo  presbyter, 
etc.).  Paris,  Garnier,  1880-1881.  4  vol.,  612,  584,  724,  760  p. 

527.  Mittelenglische  (Das)  Poema  morale.  Im  kritischen  Text,  nach 
den  sechs  vorhandenen  Handschriften  zum  ersten  Maie  herausgegeben 
von  Hermann  Lewin.  Halle,  Niemeyer,  1881.  79  p.  2  m. 

528.  MoNNOT  DES  Angles  (P.).  Guillaume  Duranti.  Aix,  Makaire. 
14  p.  (Extrait  de  la  Revue  sextienne.) 

529.  MoNTAïQLON  (Auatole  de).  Antiquités  et  Curiosités  de  la  ville  de 
Sens.  Paris,  Détaille.  96  p.  avec  grav.  (Extrait  de  la  Gazette  des  beaux- 
arts,  1880.) 

530.  Monumenta  ad  Neapolitani  ducatus  historiam  pertinentia,  qu8B 
partim  nunc  primum,  partim  iterum  typis  vulgantur,  cura  et  studio 
Bartholomaei  Capasso,  cum  ejusdem  notis  ac  disserta tionibus.  Tomus  I. 
Neapoli,  Furchheim,  1881.  Pet.  in-fol.,  xvm-351  p.,  vn  pi.  40  1. 

531.  NoTTBECK  (Eugen  von).  Siegel  aus  dem  Revaler  Rathsarchiv 
nebst  Sammlung  von  Wappen  der  Revaler  Rathsfamilien.  Lûbeck, 
Druckerei  von  H.  G.  Rahtgens,  1880.  In-4,  62  p.,  22  planches.  28  m. 

532.  Paqanini  (Pagano).  Délie  Relazioni  di  messer  Francesco  Petrarca 
con  Pisa  :  ragionamento.  Pisa,  Mariotti,  1881.  66  p.  1  1.  50  c. 

533.  Pegot-Ogier.  Histoire  des  îles  de  la  Manche,  Jersey,  Guernesey, 
Aurigny,  Serck.  Paris,  Pion,  xx-560  p. 

534.  PizAN  (Cristine  de).  Le  Livre  du  chemin  de  long  estude,  publié 
pour  la  première  fois  diaprés  sept  manuscrits  de  Paris,  de  Bruxelles  et 
de  Berlin  par  Robert  Pùschel.  Berlin,  Damkhoeler,  1881.  xxii-301  p. 
6  m. 

535.  Potiquet  (Alfred).  Bibliographie  du  canton  de  Magny  en  Vexin. 
2«  édition.  Premier  supplément.  Magny  en  Vexin,  Bourgeois.  59  p. 

536.  Pourcher  (l'abbé).  Saint  Sévérien,  premier  évéque  de  Mende,  et 
État  du  Gévaudan  avant  et  après  sa  prédication  ;  suivi  de  la  traduction 
des  Actes  de  saint  Privât  avec  le  texte  en  regard.  Saint-Martin-de- 
Roubaix,  Fauteur.  In-32,  163  p. 

537.  Rahlenbeck  (Ch.).  Metz  et  Thionville  sous  Charles- Quint. 
Bruxelles,  impr.  W^eissenbruch.  363  p.  6  fr. 


334 

v^  H^MON  ^iiustavo).  Coutumes  et  Ordonnances  et  Usages  locaux 
..c  A  ^iH^  ((«'  IVroime  avant  1789.  Règlements  do  police  et  de  justice 
r> .  'wr,vilo.  IVronue,  impr.  Quentin.  Yni-282  p. 

N.^  Uv\N\i.  (UK).  ^}conomie  agricole  d'un  domaine  féodal  au  xiii*  s. 
U';î:V«^.  lUvid.  53  p.  (Extrait  des  if^motre^  delà  Société  des  antiqiuiires 
^  ,v«f»v.  \H  volume.) 

>40  Ht^iittri'K  des  comptes  municipaux  de  la  ville  de  Tours,  publiés 
A\\v  «olw  ol  éclaircissements  par  J.  Delaville  Le  Koux.  H.  (1367- 
<x?^^  ^  roun»,  Someur-Laplaine;  Paris,  Picard.  428  p.  et  planche  (Publié 
»A«  U  ShmoIo  archéologique  de  Touraine.) 

Ul  HuHmlunza  délie  nozze  di  Francesco  de'  Medici  con  la  Tessa 
\Uu\vi;U^lini  (1433),  pubblicata  in  occasione  délie  nozze  Visibelli-Fedi 
,i\  \\UoUmM'i  Dante.  Firenze,  tip.  Ricci,  1880.  16  p. 

U;'  liiNAUUO  (G).  Le  Elezioni  aile  congregazioni  generali  nei  dominii 
^  vN^^uHiivoia  lanno  1439  :  conferenza  tenuta  allaSocietà  filotecnica  di 
U»MHo  il  13  marzo  1881.  Torino,  Loescher,  1881.  In-12,  38  p.  1  1. 

«(.t  liiNAUDu  (G.).  Le  Elezioni  politiche  nella  repubblica  fiorentina 
-  AtMio  1V*89  :  conferenza  tenuta  alla  Società  filotecnica  di  Torino  il 
Iv»  ^\Mumii>  1881.  Torino,  Loescher,  1881.  In-12,  32  p.  1 1. 

\U.  HiNQ  (le  baron  de).  Anciennes  Sépultures  de  l'abbaye  de  Beau- 
i»«v.  d'après  les  manuscrits  inédits  de  dom  Galmet.  Avec  des  notes  et 
.vidilioti»  par  M.  Paul  Delorme.  Nancy,  impr.  Grépin-Leblond.  76  p. 
ilv^imit  dos  Mémoires  de  la  Société  d^archéologie  lorraine  pour  1880.) 

:%\l\.  HooH  (P.).  Saint-Lézer,  son  couvent  et  la  ville  d'Orre.  Tarbes, 
\\\\\\v.  Larrieu.  Li-16,  32  p. 

546.  RoGHAMBEAU  (le  marquis  de).  L'Église  de  Lavardin.  Tours,  impr. 
huiiHorez.  31  p.  avec  figures  et  planche.  (Extrait  du  Bulletin  monwnen- 
Irt/.  no  4,  1880.) 

ri47.  RooiE  (l'abbé  F. -Joseph).  Les  Origines  du  christianisme  au  pays 
do  liille.  Lille,  Quarré.  148  p. 

548.  RoHAULT  DE  Fleury.  Un  Tabernacle  chrétien  du  v«  siècle.  Arras, 
impr.  de  la  Société  du  Pas-de-Galais.  11  p.  et  planche.  (Extrait  de  la 
HcvHC  de  Vart  chrétien,  2«  série,  t.  XIII.) 

549.  Roux  DE  LusiGNAN  (Jacques).  La  Vérité  sur  la  famille  des  Lusi- 
ttuan  du  Levant.  A  monsieur  le  comte  de  Mas  Latrie.  Paris,  impr.  Levé, 
1881.  56  p. 

550.  RuMEAu  (R.).  Notices  historiques  sur  les  vingt  cantons  de  TAriège. 
Foix,  impr.  V»  Pomiés.  In-12,  120  p. 

551.  Saiqe  (Gustave).  Les  Juifs  du  Languedoc  antérieurement  au 
XIV»  siècle.  Paris,  Picard,  x-388  p.  (La  première  partie  est  extraite  de 
la  Bibliothèque  de  V École  des  chartes,  t.  XXXIX  et  XL.) 

552.  Stieve  (Félix).  Der  Kalenderstreit  des  16.  Jahrhunderts  in 
Deutschland.  Munchen,  Franz,  1880.  In4,  98  p.  (Extrait  des  AbJiand^ 


335 

lungen  der  k.    bayerischen  Akademie  der    Wissenschaften,    3«  classe, 
vol.  XV,  3e  partie.)  3  m. 

553.  Straccali  (Alfredo).  I  Goliardi  ossia  i  Glerici  vagantes  délie 
università  medievali.  Saggio.  Firenze,  Gazzetta  d'Italia,  1880.  96  p. 
Biblioteca  délia  Rivista  europea,  Rivista  internazionale.  1.)  21. 

554.  Taupjac  (L.).  Villelongue,  judicature,  circonscription  et  ori- 
gines. Montauban,  impr.  Forestié.  32  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la 
Société  archéologique  de  Tarn-et-Garonne,) 

555.  TouBEAu  DE  Maisonneuve  (E.).  Les  Anciennes  Corporations 
ouvrières  à  Bourges.  Gayer  des  reiglemens  et  ordonnances  sur  plusieurs 
estats  et  mestiers  de  personnes  demourantes  en  la  ville  et  fauxbourgs 
de  Bourges  (1591  à  1633),  publié  d'après  Foriginal  conservé  aux  archives 
de  la  mairie,  avec  notes  et  introduction.  Bourges,  Pigelet  et  Tardy. 
xxix-301  p.  et  vignettes. 

556.  Trachsbl  (G.  F.).  Les  Monnaies  de  l'abbaye  de  Disentis,  avec 
deux  suppléments  et  vignettes.  Lausanne,  l'auteur.  10  p.  1  fr.  50  c. 

557.  Trachsel  (G.  F.).  Monographie  der  Mùnzen  des  Gotteshaus- 
bundes.  Lausanne,  l'auteur.  32  p.  2  fr. 

558.  Trachsel  (C.  F.).  Monographie  des  monuments  numismatiques 
des  comtes  et  du  prince  de  Linarge.  Lausanne,  Fauteur.  46  p.  1  pi. 
1  fr.  50  c. 

559.  Trachsel  (G.  F.).  Die  Mùnzen  der  ehemaligen  Reichsstadt 
Buchhorn,  jetzt  Friedrichshafen,  am  Bodensee.  Lausanne,  l'auteur. 
13  p.,  pi.  2  fr. 

560.  Vandbn  Peereboom  (Alphonse).  Ypriana.  Notices,  études  et 
documents  sur  Ypres.  Tome  IV.  Du  mouvement  communal  à  Ypres, 
esquisses  historiques.  1271-1348.  Bruges,  Aimé  de  Zuttere.  447  p. 

561.  Westlake  (N.  h.  J.).  A  history  of  design  in  painted  glass. 
Vol.  I.  Gontaining  :  Part  I.  From  the  earliest  examples  until  the  end 
of  the  twelfth  century.  II.  Single  figures  and  single  compositions  of 
the  thirteenth  century.  III.  Médaillon  and  grisaille  Windows  of  the 
thirteenth  century.  Londonand  Oxford,  James  Parker,  1881.  In-4,  iv- 
145  p.,  planches. 

562.  WicHERT  (Th.-F.-A.).  Jacob  von  Mainz,  der  zeitgenœssische 
Historiograph,  und  das  Geschichtswerk  des  Matthias  von  Neuenburg. 
Nebst  Excursen  zur  Kritik  des  Nàuclerus.  Zur  G^schichte  und  Quellen- 
kunden  des  xrv.  Jahrhunderts.  Mit  einer  Beigabe  :  zehn  Kaiserurkunden. 
Koenigsberg,  Hartung,  1881.  x-368  p.  10  m. 

563.  Zardetti  (Otto).  «  Requies  s.  Galli  »  oder  geschichtliche 
Beleuchtung  der  Kathedrale  des  hl.  Gallus  im  Lichte  ihrer  eigenen 
Vergangenheit.  Einsiedeln,  Benziger.  216  p.,  planches.  10  fr.;  relié, 
12  fr.  50  c. 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 


Le  bureau  et  les  commissions  de  la  Société  de  l'École  des  chartes  ont 
été  ainsi  composés  pour  l'année  1881-1882  : 

Président  :  M.  de  Mas  Latrie. 

Vice-président  :  M.  A.  de  Barthélémy. 

Secrétaire  :  M.  François  Delaborde. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  H.  Omont. 

Archiviste- trésorier  :  M.  Tuetey. 

Commission  de  publication  :  membres  ordinaires,  MM.  Delisle,  de 
Lasteyrie,  Ulysse  Robert;  membres  suppléants,  MM.  Julien  Havet, 
N.  Valois. 

Commission  de  comptabilité  :  MM.  Douët  d'Arcq,  Dupont,  Grarnier. 

—  La  circulaire  suivante  a  été  adressée  le  25  mai  1881  aux  anciens 
élèves  de  l'École  des  chartes  : 

Monsieur  et  cher  Confrère, 

Le  bureau  de  l'œuvre  de  secours  des  anciens  élèves  de  l'École  des 
chartes  a  décidé  que,  chaque  année,  il  serait  rendu  compte  des 
ressources  de  l'association,  ainsi  que  de  remploi  qui  en  est  fait. 

Vous  n'ignorez  pi^que  cette  œuvre,  fondée  le  19  janvier  1875,  compte 
aujourd'hui  six  années  d'existence.  Les  premiers  adhérents  étaient  au 
nombre  de  95,  maintenant  ils  sont  158;  mais  on  peut  désirer  mieux,  en 
jetant  les  yeux  sur  la  liste  des  archivistes-paléographes  et  des  anciens 
élèves  de  l'Ëcole,  qui  sont  plus  de  300. 

En  1875,  l'association  disposait  de  200  francs  en  faveur  de  deux  de 
nos  confrères;  en  1876  et  1877  elle  partageait  encore  250  francs  pour 
soulager  deux  infortunes  ;  en  1878,  les  ressources  permettaient  de  con- 
sacrer 750  francs  à  trois  confrères  dignes  d'intérêt;  enfin,  en  1879  nous 
avons  employé  800  francs,  et  en  1880  350  francs. 

Le  meilleur  moyen  de  vous  tenir  au  courant  de  Tadministration  de 
l'œuvre  est  de  mettre  sous  vos  yeux  le  compte  du  trésorier  approuvé 
par  le  bureau  le  19  mai  dernier,  pour  l'exercice  1880-1881. 

Recettes, 

Rehquats  en  caisse  au  19  mai  1881.     .       227  60 

Cotisations  acquittées 1,381  »» 

Arrérages  de  rentes 48  50 

1,657  10 


337 

Dépenses. 

Secours  distribués 320  »». 

Frais  d'administration 77  50 

Achat  de  rente 509  50 

907  »» 
Reste  en  caisse  :  750  fr.  10. 

Cet  achat  de  rente  est  justifié  par  l'obligation  d'immobiliser  les  ver- 
sements de  100  fr.  faits  par  ceux  de  nos  confrères  qui  désirent  se 
libérer  de  la  cotisation  annuelle  de  5  fr.,  seul  sacrifice  que  l'œuvre 
demande  à  ses  adhérents. 

La  rentrée  des  cotisations  a  lieu  exactement;  dans  ce  moment,  il  y 
en  a  16  en  retard;  en  revanche,  14  ont  été  acquittées  par  antici- 
pation. 

La  cotisation  est  si  faible  que,  pour  ne  pas  la  diminuer  par  des  frais 
de  recouvrement,  il  importe  que  nos  confrères  veulent  bien  en  envoyer 
le  montant  au  trésorier  soit  par  mandat,  soit  en  timbres-poste  ;  c'est 
également  au  trésorier  qu'il  y  a  lieu  d'adresser  les  demandes  d'adhé- 
sions, ainsi  que  les  renseignements  sur  les  secours  à  proposer  au 
bureau. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  et  cher  confrère,  l'assurance  de  mon  cor- 
dial dévouement. 

Anatole  de  Barthélémy, 

trésorier 
9,  rue  d'Anjou- Saint" Honoré, 

—  L'arrêté  suivant,  en  date  du  19  mars  1881,  a  réglé  la  forme  des 
examens  de  l'École  des  chartes.  Il  ne  s'applique  pas  aux  examens  d'en- 
trée, qui  continueront  à  être  passés  conformément  à  l'arrêté  ministériel 
du  24  juillet  1872. 

Le  président  du  conseil,  ministre  de  l'instruction  publique  et  des 
beaux-arts. 

Vu  l'ordonnance  du  22  février  1821,  du  16  juillet  1823  et  du  11  novembre 
1829; 

Vu  l'arrêté  du  18  novembre  1830  ; 

Vu  l'ordonnance  du  31  décembre  1846,  art.  5  ; 

Vu  l'arrêté  du  26  mai  1854  ; 

Vu  l'arrêté  du  30  novembre  1865  ; 

Vu  l'arrêté  du  2  février  1866  ; 

Vu  l'avis  du  conseil  de  perfectionnement  de  l'École  nationale  des 
chartes  en  date  du  10  février  1881, 

Arrête  : 
Article  premier.  —  Les  élèves  de  chacune  des  années  de  l'École  des 
chartes  subissent  annuellement  deux  examens  :  l'un  au  temps  de  Pâques, 
l'autre  à  la  clôture  des  cours. 

22 


338 

A  la  fin  de  la  troisième  année,  les  élèves  dont  l'aptitude  a  été  cons- 
tatée par  les  deux  examens  réglementaires  sont  admis  à  l'épreuve  de  la 
thèse  dans  les  formes  et  conditions  déterminées  par  rarrété  ministériel 
du  2  février.  1866. 

Art.  2.  —  Chacun  des  deux  examens  de  chaque  année  porte  : 

1»  Sur  la  lecture  et  l'interprétation  de  documents  écrits  ; 

2<*  Sur  des  questions  tirées  de  la  matière  des  cours. 

Art.  3.  —  L'examen  de  Pâques  est  fait  par  le  directeur  et  les  profes- 
seurs, auxquels  les  membres  du  conseil  de  perfectionnement  sont  invités 
à  s'adjoindre. 

Le  mode  d'examen  est  déterminé  par  les  examinateurs. 

Le  résultat  de  chaque  épreuve  est  exprimé  par  un  chiffre  qui  n'excé- 
dera pas  le  quart  du  maximum  assigné  à  l'épreuve  correspondante  dans 
les  examens  de  fin  d'année. 

Art.  4.  —  L'examen  de  fin  d'année  est  fait  par  le  conseil  de  perfec- 
tionnement assisté  du  corps  des  professeurs. 

Il  consiste,  pour  chacune  des  promotions,  en  deux  épreuves  :  Tune 
orale,  l'autre  écrite. 

Avant  d'y  procéder,  le  conseil  s'assure  de  l'assiduité  des  élèves  aux 
leçons  des  professeurs,  d'après  le  relevé  fait  sur  les  registres  de  présence. 
L'exclusion  pourra  être  prononcée  contre  ceux  des  élèves  dont  l'assiduité 
n'aurait  pas  été  suffisante. 

Art.  5.  —  L'examen  oral  consiste,  savoir  : 

Pour  les  élèves  de  i^  année, 

1*  Dans  le  déchiffrement  d'une  charte  latine  et  d'une  charte  fran- 
çaise ; 

2»  Dans  la  traduction  d'une  charte  latine  ; 

3*  Dans  des  interrogations  sur  la  chronologie  historique  et  sur  la 
matière  du  cours  de  langues  romanes. 

Pour  les  élèves  de  2«  année, 

!•  Dans  le  déchiffrement  d'un  texte  du  moyen  âge  ; 
2<*  Dans  des  interrogations  sur  la  matière  des  cours  de  diplomatique, 
d'histoire  des  institutions  et  de  classement  des  archives. 

Pour  les  élèves  de  3«  année, 

l»  Dans  le  déchiffrement  d'un  texte  du  moyen  âge  ; 
2'  Dans  des  interrogations  sur  la  matière  des  cours  de  droit  et  d'ar- 
chéologie. 
Art.  6.  —  L'examen  écrit  consiste,  savoir  : 

Pour  les  élèves  de  1"  année, 

1*  Dans  la  transcription  d'un  texte  latin  ; 

2»  Dans  la  transcription  d'un  texte  provençal  ; 

3*  Dans  la  traduction  d'un  texte  latin  imprimé  ; 


339 

4*  Dans  la  traduction  d'un  texte  provençal  imprimé  ; 
5"  Dans  une  question  tirée  du  cours  de  bibliographie. 

Pour  les  élèves  de  2«  année, 

lo  Dans  la  transcription  d'un  texte  du  moyen  âge  ; 

2*»  Dans  la  traduction  d'un  texte  latin  imprimé  ; 

3®  Dans  l'analyse  sommaire  d'un  autre  texte  imprimé  ; 

4»  Dans  une  question  tirée  du  cours  de  diplomatique  ; 

5*  Dans  une  question  tirée  du  cours  d'histoire  des  institutions. 

Pour  les  élèves  de  3«  année, 

1©  Dans  la  transcription  d'un  texte  du  moyen  âge  ; 

2°  Dans  une  question  tirée  du  cours  de  droit  ; 

3»  Dans  une  question  tirée  du  cours  d'archéologie. 

Art.  7.  —  Les  chartes  et  autres  textes  qui  doivent  faire  le  sujet  de 
l'examen  sont  choisis  par  le  directeur  et  soumis  par  lui  à  l'approbation 
du  conseil  de  perfectionnement. 

Pour  l'examen  oral  et  écrit,  chaque  professeur  propose  sur  les  matières 
de  son  cours  plusieurs  questions,  entre  lesquelles  le  conseil  fait  son 
choix. 

Abt.  8.  —  Les  chartes,  textes  et  questions  destinés  à  l'épreuve  écrite 
sont  renfermés  dans  une  enveloppe  scellée,  qui  n'est  ouverte  qu'au 
moment  de  la  composition. 

Art.  9.  —  Pour  chacune  des  deux  épreuves,  le  jury  se  partage  en 
autant  de  commissions  qu'il  y  a  de  matières  comprises  dans  l'examen. 

Chaque  commission  exprime  le  résultat  de  l'épreuve  qu'elle  a  jugée 
d'après  le  tarif  de  points  fixé  d'avance  par  le  conseil. 

Art.  10.  —  Deux  listes  distinctes  sont  dressées  par  ordre  de  mérite  : 
l'une  pour  l'épreuve  écrite  et  l'autre  pour  l'épreuve  orale. 

La  première  de  ces  listes  est  dressée  à  l'aide  des  devises,  avant  l'ou- 
verture des  enveloppes  qui  contiennent  le  nom  de  chacun  des  élèves  et 
la  devise  qui  lui  est  échue,  ainsi  qu'il  est  réglé  ci-après  par  l'art.  17. 

Art.  11.  —  Lorsque  les  noms  des  élèves  sont  substitués  aux  devises, 
les  deux  listes  précédentes  sont  combinées  avec  les  résultats  de  l'exa- 
men de  Pâques  pour  former  la  liste  définitive  qui  fixe  le  rang  des  élèves 
dans  chaque  promotion,  sauf  ce  qui  est  prescrit  par  l'art.  12  §  4,  pour 
les  élèves  de  3*  année. 

En  cas  d'égalité  dans  les  chiffres  obtenus  par  la  combinaison  des 
listes  provisoires,  la  composition  écrite  l'emporte  sur  l'épreuve  orale. 

Art.  12.  —  L'aptitude  des  élèves  d'une  année  à  passer  aux  études  de 
l'année  suivante  est  décidée  à  la  majorité  des  voix  par  le  jury,  qui 
exprime  son  suffrage  en  commençant  par  l'élève  placé  le  dernier  sur 
la  liste  définitive. 

Si  le  vote  est  défavorable  à  cet  élève,  la  môme  question  se  pose  et  le 


340 

vote  se  renouvelle  au  sujet  de  Tavant-dernier,  et  ainsi  de  suite  en  remon- 
tant jusqu'à  ce  qu'on  arrive  à  un  élève  qui  soit  déclaré  admissible. 

Toutefois  la  nullité  ou  même  Tinsuffisance  d'une  épreuve  peut  empê- 
cher l'admission  d'un  élève,  quel  que  soit  le  rang  par  lui  obtenu. 

A  l'égard  des  élèves  de  3*  année,  le  vote  a  uniquement  pour  objet  de 
déclarer  l'admissibilité  à  l'épreuve  de  la  thèse  et  les  résultats  partiels 
ne  sont  combinés  qu'en  vue  de  procéder  au  vote  sur  cette  question.  Ces 
résultats  sont  tenus  secrets  et  réservés  pour  être  combinés  plus  tard 
avec  le  chiffre  à  fournir  par  l'épreuve  de  la  thèse.  La  liste  d'admissi- 
bilité à  l'épreuve  de  la  thèse  est  dressée  et  affichée  dans  l'ordre  alpha- 
bétique des  noms  des  élèves. 

Art.  13.  —  A  l'épreuve  orale  les  mêmes  questions  devant  être  posées 
à  tous  les  élèves  de  chaque  promotion,  ceux-ci  demeurent  éloignés  de 
la  salle  d'examen  et  se  tiennent  dans  une  pièce  qui  leur  est  assignée, 
jusqu'au  moment  où  vient  leur  tour  d'être  interrogés. 

Art.  li.  —  Pour  l'épreuve  écrite,  il  est  interdit  aux  élèves  de  se  ser- 
vir de  livres,  de  manuscrits,  de  résumés  ou  de  notes  de  quelque  nature 
qu'ils  soient. 

Ceux  qui  en  ont  apporté  doivent,  dès  l'ouverture  de  la  séance,  les 
remettre  au  professeur  chargé  de  la  surveillance. 

Quiconque  contrevient  à  cette  disposition  est  exclu  du  concours. 

Art.  15.  —  Il  est  également  interdit  aux  élèves,  et  sous  la  même 
peine,  de  communiquer  entre  eux  ou  avec  qui  que  ce  soit,  verbalement 
ou  par  écrit. 

Ils  ne  doivent  pas  sortir  de  l'établissement  pendant  la  durée  des  com- 
positions. 

Art.  16.  —  A  l'ouverture  de  la  séance  et  avant  de  faire  connaître 
le  sujet  des  compositions,  le  professeur  chargé  de  la  surveillance  lit  à 
haute  voix  les  deux  articles  précédents. 

Il  annonce  en  même  temps  l'heure  à  laquelle  les  compositions  devront 
être  terminées. 

Art.  17.  —  A  l'ouverture  de  la  séance,  le  professeur  chargé  de  la 
surveillance  remet  à  chaque  élève  une  enveloppe  renfermant  un  bulle- 
tin sur  lequel  est  tracée  une  devise. 

L'élève  devra  inscrire  son  nom  au-dessous  de  la  devise,  puis  enfermer 
le  bulletin  dans  l'enveloppe. 

Il  devra  inscrire  la  même  devise  sur  chacun  des  feuillets  qui  contien- 
dront les  différentes  parties  de  sa  composition. 

L'infraction  à  ces  dispositions  entraîne  l'exclusion. 

Art.  18.  —  A  la  clôture  de  la  séance,  le  professeur  surveillant  réunit 
toutes  les  compositions  sous  autant  d'enveloppes  qu'il  y  aura  eu  de 
sujets  proposés  et  il  scelle  immédiatement  chacune  de  ces  enveloppes. 

Il  renferme  sous  un  autre  pli,  qu'il  scelle  également,  les  enveloppes 
contenant  les  noms  des  élèves. 


344 

Enfin,  il  rédige  un  procès- verbal  de  la  séance,  où  sont  consignés  les 
noms  des  élèves  présents,  Findication  de  la  place  occupée  par  chacun 
d'eux  aux  tables  où  ils  ont  été  assis,  les  infractions  au  règlement  qui 
auraient  été  commises  et  toute  autre  circonstance  qui  mériterait  d'être 
signalée. 

Art.   19.  —  Sont  abrogées  les  dispositions  contraires  au  présent 

arrêté. 

Paris,  le  19  mars  1881. 

Signé  :  Jules  Ferry. 

EXAMENS  DE  L'ÉCOLE  DES  CHARTES. 

Ces  examens  ont  eu  lieu  du  18  au  23  juillet.  Ils  ont  porté  sur  les 
textes  et  les  questions  qui  suivent. 

PREMIÈRE    ANNÉE. 

Epreuve  orale. 

l®  Charte  latine  à  lire.  La  pièce  soumise  aux  candidats  était  un  man- 
dement de  Henri  III,  roi  d'Angleterre,  conservé  sous  la  forme  d'une 
copie  contemporaine. 

H.  Dei  gratia  etc.  vicecomiti  Kantie,  salutem.  Precipimus  tibi  quod 
statim  visis  litteris  istis  capias  in  manum  nostram  omnes  terras  illorum 
in  ballivia  tua  qui  sunt  de  potestate  régis  Franco rum,  quicunque  sint 
illi,  exceptis  viris  religiosis;  diligenter  etiam  inquiras  per  sacramentum 
proborum,  legalium  et  discretorum  virorum  de  ballivia  tua,  per  quos  rei 
Veritas  melius  sciri  poterit,  si  qui  qui  hujusmodi  terras  habuerint  in 
ballivia  tua  eas  vendiderint  vel  aliter  alienaverint  vel  viris  religiosis 
vel  alicui  alii  in  fraudem  commiserint ,  ut  sic  inde  fructus  vel  firmam 
occulte  recipiant  ;  illas  simili  ter  capias  statim  in  manum  nostram  ;  dili- 
gentem  etiam  facias  inquisitionem  per  sacramentum  predictorum  si  que 
sint  escaiete  vel  maritagia  in  ballivia  tua  te  latentia  que  ad  nos  perti- 
neant,  et  si  qua  sit  alienatio  facta  in  ballivia  tua  de  servitiis  nostris  de 
feodis  que  de  nobis  tenentur  in  capite  sine  voluntate  et  confirmatione 
nostra;  et  tam  omnes  escaietas  quam  maritagia  predicta  ad  nos  perti- 
nentia,  quam  predictas  terras  de  servitiis  nostris  sic  alienatas,  in  manum 
nostram  capias.  De  omnibus  etiam  premissis,  et  quid  singule  terre  sic 
capte  in  manum  nostram  valeant,  et  quorum  fuerint  predicte  terre,  et 
nomina  villarum  in  quibus  predicte  terre  sunt,  que  catalla  sint  in  sin- 
gulis  terris,  sub  sigillo  tuo  et  sigillis  eorum  per  quos  bec  premissa  fuerint 
inquisita,  nos  distincte  et  aperte  cum  quanta  poteris  festinatione  certi- 
fiées*. 

2°  Les  questions  de  chronologie  se  rapportaient  à  la  charte  précé- 

1.  Archives  nationales  ^  K  1201.  —  L'examen  n'a  porté  que  sur  la  première 
partie  de  la  charte.  Il  en  a  été  de  même  pour  plusieurs  autres  épreuves. 


342 

(lente.  On  a  demandé  aux  èlcvos  :  A  quollp  époque  on  pouvait  rap- 
porter cette  charte?  Comment  on  devait  interpréter  la  formule  initiale: 
H.  Dei  gratta  etc.?  A  quel  roi  do  France  il  était  fait  allusion  dans 
la  charte,  et  quelles  étaient  les  dates  de  son  avènement  et  de  sa  mort. 

3"  La  charte  latine  à  traduire  était  emprunti'^  aux  Livres  des  Serfs  de 
Marmoiitier,  publié  par  M.  do  (irandmaison  (n"  xlvii). 

4*»  Charte  franraiso  à  lire  d'après  l'orij^inal*. 

Je  Jehans  de  la  Roiche-,  sires  de  Chastoillon ',  fais  savoir  a  touz  que 
je,  considerans  les  biens  fait,  amitiés  et  cortoisies  que  nobles  hous,  mes 
sires  Gautiers  de  Montbeliart,  sires  do  Montfaucon ^,  mes  biens  amez 
sires,  m'a  fait  et  faites  et  fait  ancor  de  jour  en  jour,  en  recompensacion 
desdiz  biens  faiz  et  cortoisies,  et  en  non  de  pure  et  de  parfa/te  donacion 
entre  vis,  ai  doné  et  doin  pour  moi  et  pour  mes  hoirs  parmenaublement 
au  dit  mon  seigneur  (iautier,  présent  et  recevant  pour  lui  et  powr  ses 
hoirs,  tel  droit  et  telle  raison  et  action  que  je  hai,  puis  et  doi  avoir  outre 
la  rivière  de  Douf  :  c'est  asavoir  dois  le  leu  que  l'on  dit  le  gour  escu- 
mant,  et  dois  anqui  en  Roiche  Pèlerin  par  sus  chastel  Urm.'^,  et  dois 
a^qui  en  Noire  Combe  antrant  danz  Valtenoivre  ®,  et  dois  anqui  en  pré 
Celaiz,  et  dois  anqui  en  Roiche  Farretain,  et  dois  anqui  a  la  Gharmate, 
et  dois  anqui  a  la  fontcinne  Aymory,  et  dois  anqui  a  la  grand  baie,  dois 
la  goûte  entre  les  dous  laiz  que  part  leaul  Jehan  de  Vallangin^  et  la 
moie  ;  et  generaument  tout  ce  que  je  hai,  puis  et  doi  avoir  outre  la  dite 
rivière  de  Douf  dcdanz  les  diz  termes  de  lonc  et  de  large,  en  bois,  en 
homes,  en  justises,  en  seignories,  en  fiez,  en  rerehez,  en  proprietez,  en 
possessions,  sanz  ce  que  je  rotien  pour  moi  et  pour  mes  hoirs,  que  je 
pusse  faire  escloses  en  Tune  rive  et  eu  Tautre  de  la  dite  rivière  de  Douf, 
pour  faire  moliu  et  raisses,  vaniches  et  batours,  se  ma  voluntez  estoit  ; 
et  me  suis  desveti  des  dites  choses,  et  le  dit  mon  seignour  Gautier  an  ai 
envestu  et  mis  en  veraie  vunde  et  corporel  possession.  Et  li  hai  promis 
par  ma  foi  powr  moi  et  pour  mes  hoirs  que  je  ne  vanrai  contre  ceste 
donacion,  ne  consentirai  que  autres  i  viogno.  Et  rononçois  en  cest  &it 
au  droit  que  dit  que  donacion  que  soremonte  cinc  cenz  soulz  doit  estre 
insinuée,  et  a  touz  autres  drois  escript  et  non  escript,  et  e§pecialmant  au 

1.  Dans  la  copie  qui  suit,  nous  avons  rempli  en  italique  les  abrévialioDSi 
certaines  d'entre  elles  pouvant  se  prêter  à  plus  d'une  lecture. 

2.  La  Roche  en  Montagne,  château  ruiné  situé  au-dessus  de  Saint-Hippoljte- 
sur-le-Doubs,  arr.  de  Montbéliard. 

3.  Chatillon-sous-Maiche,  cant.  de  Saint- Hippolyte-sur-le-Doubs. 

4.  Montfaucon,  canton  de  Besançon. 

5.  Vm  est  surmonté  d'un  tituliis. 

6.  P.-é.  Vauienaivre,  hameau  situé  en  Suisse,  sur  la  rive  droite  du  Donbs» 
et  dépendant  de  la  commune  des  Pommerais,  arrondissement  de  Saignelegler, 
canton  de  Berne. 

7.  Valangin  (Suisse),  près  Neufchâtel. 


droit  qite  dit  que  gênerai  reaonciaucions  ne  vaut.  En  lasmoing  de  cesteB 
choses  je  hai  mis  mon  eeel  pandeot  en  ces  latres  faites  et  donéas  le 
marcredi  apree  la  feste  de  tons  Sainz,  l'an  de  grâce  corrant  par  mil  trois 

5"  Questions  snr  la  matière  du  cours  de  langues  romanes.  Exposer  les 

forjnes  du  conditionnel  en  français  et  en  provengal. 

Epreuve  écrite. 
1°  Texte  latin  à  transcrire  d'après  un  fac-similé. 
Querete  Beati  Dyonisii  contra  Rogerum  dominum  Roseti, 
Primo,  facto  homagio  suo  domino  abbati,  rediens  apud  Chaursiam, 
dominus  Hogems  instanter  petiit  ab  hominibus  ville  ut  facerent  ei  flde- 
k  litatem  quam  facere  non  tenentur,  nec  homines  qui  in  villa  Bunt  uaquam 
1  eam  feceruat  predecessoribus  suis. 

Secundo  peùit  ab  eis  exercitum  et  equitaturam,  dicens  quod  eos 
Ipoterat  dueere  in  exercitum,  equitaturam  et  lorneamentum,  ad  que  dictl 
s  dicunt  se  non  leneri,  et  de  hiis  duobus  minatur  hominibus  si 
■on  feceriat. 

I  Tcrcio,  quoil  dominus  RogeruB  et  complices  sui  fregemnt  violenter 
liin  armis  festum  beati  Dyonisii  bis  :  primo  cepemnt  violenter  quemdam 
Bercatorem  et  enm  turpiter  extraxerunt;  secundo  ceperunt  servi  en  tes 
Bâti  Dyonisii  in  ipso  festo,  et  maie  tractaverunt  qui  dictum  festum  de 
idato  ministrorum  Sancti  Dyonisii  gardabaot,  cujus  festi  garda 
fccl.at  ad  Beatum  Dyonisium  et  cujus  garda  usa  est  ecclesia  sine  con- 
Tlictione  toinporibus  retroactis,  a.  vigilia  festi  ab  hnra  meridiei  per 

1  festum  usque  ad  mediam  noctem. 
Buarto,  iu  crastino  cepit  violenter  vadia  de  mercatoribus  qui  reman- 
iant apud  Chanrsiam  ut  aliquid  venderent,  qui  liberl  debebant  et 
:edere  de  loco  illo,  solvendo  tonleium  minîstris  ecclesie, 
lod  proprium  est  Beati  Dyonisii  sine  parte  alterins. 

,  quod  ponit  novum  servientem  in  villa,  cum  nullum  ser- 
Lntem  habuit  ante  ea  in  eadem  ;  serviens  ille  cepit  violenter  pisca- 
fes  Sancti  I^yonisii  in  aquis  Sancti  Dyonisii  citra  metas  positae  ad 
lem  territorii  castri  de  Montcornet  et  de  Ohanrsia,  in  qiiibnE 
Lullum  us  habet. 

JSexto,  dominus  Rogerus  violenter  fngavit  venditores  Beati  Dyonisii 
!  nemoribus  Beati  Dyonisii,  in  quibus  idem   Rogerus   nuUnm  jus 
rupit  ingénia  et  asportavit,  quod  facere  non  debuit. 
1  istis  duobuB  precedentibus  loquitur  carta  régis  Phifippi. 
jdmo,  ponit  contradictum  in  cbeminis  Cbaorsie,  super  que  Dultum 
;  immo  ecclesia  per  ministros  suos  a  longis  temporibus  usa 
'  est  pàE^e  hoc  jure  in  cbeminis.  Quod  si  aliquis  vellet  aliqnod  asia- 

iiiii.,  K  2045,  fonds  de  Uontbéliard. 


344 

mentum  facere  vel  haberc  in  cbemino,  impetrabat  illud  a  majore  Beati 
Dyonisii  per  censum  annuum  secundum  quantitatem  aisiamenti,  qui 
census  est  quitus  Beati  Dyonisii. 

Octavo,  qùod  arrestavit  censum  qui  debetur  ecclesie  de  duabus  log^s 
que  sunt  in  chemino,  quarum  census  solutus  [est]  ecclesie  sine  contra- 
dictione  per  viginti  annos  et  amplius. 

Nono,  quod,  cum  homines  de  Ghaursia  ab  antiquis  temporibus  con- 
sueverint  reddere  redditus  qui  debentur  in  natali  in  domo  Beati 
Dyonisii,  et  ministri  predecessorum  domini  Rogeri  consueverint  perci- 
pere  in  eadem  domo  partem  suam  reddituum  a  ministris  Sancti  Dyonisii, 
idem  Rogerus  défendit  quod  in  domo  Sancti  Dyonisii  non  reddantur  ab 
hominibus,  et  quod  ministri  sui  a  ministris  Sancti  Dyonisii  nunc  perci- 
piant  partem  suam;  et  propter  hoc  redditus  nundum  sunt  soluti. 

Fere  omnes  iste  querele  supradicte  declarantur  per  cartam  régis 
Philippi,  que  carta  non  potest  nec  débet  judicari  nisi  in  curia  domini 
régis  ^ 

2*  Texte  provençal  à  transcrire  d'après  un  fac-similé. 

ABGDEFGHIKLMNOPQR. 

En  Gaston,  per  la  gracia  de  Dieu  s  vezcoms  de  Bearn,  segnor  de 
Moncada  e  de  Gastelviel,  al  noble  baron  n'Âmanieu  de  Lebrig,  saluz  e 
amors.  Fem  vos  saber  che,  chom  en  Guallard  del  Soler  vengos  a  nos  per 
lo  mandament  de  nostre  segnor  lo  rei  d'Anglaterra  e  de  nostre  segnor 
n'  Adoard,  e  de  ma  dona  la  reina  d'Anglaterra  e  del  cossel  d'Anglaterra, 
sobre  loz  combenz  del  castel  de  Saut;  lo  quai  lo  dit  en  Guallard  dévia 
recebre  per  lor  volontat  e  per  la  volontat  nostra  e  d'en  Gassarnaut  de 
Navallas,  segont  la  forma  che  es  escriuta  enter  lor  e  nos;  lo  maire  els 
colomenes  e  lurs  amies,  ai  si  chom  vos  sabetz,  part  dret  l'an  protees  ab 
de  sons  altres  amies  ;  e  chom  aço  sia  feit  en  gran  dampnage  e  bergonna 
de  nostre  segnor  lo  rei,  e  de  nostre  segnor  n'  Adoard  e  de  nos  ;  e  nos 
lo  nostre  dampnage  e  la  nostra  bergonna  vullam  demandar  e  la  lor  ad 
achels  qui  aço  an  feit,  nos  vos  requerim  per  la  segnoria  che  nos  avem 
sober  vos,  e  per  lo  segrament  che  feit  nos  avez,  e  per  los  combenz  che 
son  enter  nos  e  vos,  che  vos  aço  nos  ajudez  a  demandar  ab  guerra  viva, 
e  chel  castel  de  Gasanava,  che  vos  tiez  de  nos,  nos  arredatz,  lo  die- 
menge  après  la  festa  de  Asention  de  mai,  che  sapiaz  nos  seram  aquel 
die  aparellat  de  recebre  lo  castel  ;  o  aço  che  vos  en  faraz  chens  ag  fazatz 
saber  per  bostras  letras  pendenz  per  lo  portador  de  las  letras;  e  per  che 
aço  aiaz  per  ferm,  nos  d'aço  avem  feit  far  doas  cartas  per  a.  b.  c.  par- 
tidas;  la  una  de  las  quais  nos  vos  trametem  saierada  de  nostre  saiel,  en 

t.  Archives  Nationales,  S  2200,  n*  1.  —  La  charte  de  Philippe-Auguste  à 
laquelle  il  est  fait  allusion  dans  cette  pièce  est  celle  qui  figure  au  n*  1052  dans 
le  Catalogue  des  actes  de  Philippe-Auguste. 


345 

retenim  a  nos  l'autra.  Aço  fo  feit  a  Vasaz,  lo  dimercles  après  de  la  festa 
de  la  Senta  Croz  de  mai,  en  testimoniage  del  noble  baron  mosegner  en 
Guiraut  per  la  gracia  de  Dieus  coms  d'Armagnacb  e  de  Fedençach,  e 
d'en  Guillem  segner  de  Riom,  e  d'en  Doat  de  Proins  maire  de  Vasaz, 
e  d'en  Bertran  de  Ladils  e  d'en  Ar.  de  Ladils  e  d'en  Ramon  Marches, 
borzes  de  Bazaz,  e  d'en  Segneron  de  Maur,  e  d'en  Gassarnaut  de  Ger- 
zerest,  e  d'en  Berengher  de  Peira-pertusa,  e  d'en  Guallard  de  Gresi- 
gnan,  e  d'en  R.  Fuert  de  Lados  cauvers,  e  d'en  Guallard  de  Faurgas 
d'Avueg(?),  e  d'en  Pes  del  Soler,  e  d'en  Per  Bonafes,  borzes  de  Bordel 
e  de  moltz  altres,  anno  Domini  MccLvnii*^. 

3*  Texte  latin  imprimé  à  traduire. 

Benedictus  dei  judicio  nannetensium  episcopus  omnibus  ea  quae  in 
bac  cartula  confirmata  sunt  servantibus  salutem  et  pacem.  Contigit 
autem  me  maximam  curiam  clericorum  et  monachorum  atque  laicorum 
apud  prunniacum  in  claustro  sanctae  mariae  congregasse  et  dum  ibi 
essemus  in  unum  venit  ad  nos  hurvodius  presbyter  de  calvae  qui  pro- 
fessus  est  se  suam  hereditatem  quam  in  fruzaio  et  in  calvae  alque  arton 
sub  maledicto  tenuerat  salvatori  deo  et  suis  monachis  dédisse  atque  a 
monachis  in  elemosina  quoadusque  viveret  vel  ad  monachatum  venire 
vellet  récépissé.  Quod  nos  omnes  audientes  gavisi  sumus  et  assensu 
omnium  quji  aderantde  clerico  et  de  hereditate  ejus  abbatem  justinum 
et  monachos  sasivimus  atque  sub  maledicto  constrinximus  omnes 
quicunque  aliqua  occasione  de  hoc  dono  monachos  amplius  inquietare 
scienter  présumèrent.  Hujus  rei  testis  et  defensor  sum  ego  ipse  benedictus 
episcopus  testis.  Rivallonus  archidiaconus  testis.  Mainlînidus  et  tebaldus 
decani  testes.  Johannes  canonicus.  Algisus  capellanus.  Morvanus  dapifer. 
Petrus  cimentarius.  Justinus  abbas  qui  donum  recepit.  Helogonus  et 
moyses  testes  monachi  sancti  salvatoris.  Sanctimoniales  adenor,  ama- 
billa  et  amelina  testes.  Data  pruniaco  in  claustro  sanctae  mariae  anno 
ab  incarnatione  domini  mciiii  mense  julio  xyi  kal.  augusti  luna  ix 
feria  v  epacta  xi  indicione  m  papa  paschasio  philippo  francorum  rege 
alano  et  mathia  comitibus  britanniae.  Amen. 

4"  Texte  provençal  imprimé  à  traduire. 

Totz  temps  azir  falsedat  et  engan 
Et  ab  vertat  et  ab  dreg  mi  capdel 
E  si  per  so  vauc  areire  o  avan 
No  m'en  rancur  ans  m'es  tôt  bon  e  bel 
Quels  us  dechai  lialtatz  mantas  vetz 
Els  autres  sors  engans  e  mala  fes 
Mas  si  tant  es  qu'om  per  falsedat  mon 
D'aquel  montar  deissen  pois  en  preon. 

1.  Fac-similé  en  héliogravure  du  fonds  de  l'École,  n»  205. 


346 

Mans  baro8  vei  en  mans  locs  que  i  est&n 
Plus  falsamen  que  veires  en  anel 
E  qui  per  fis  los  ten  falh  atrestan 
Gum  si  un  lop  vendia  per  anhel 
Quar  ilh  no  son  ni  de  lei  ni  de  pes 
Ans  foron  fag  a  lei  de  fais  poges 
On  par  la  cros  e  la  flors  en  redon 
E  no  i  trob  om  argent  quant  lo  refon. 

Dans  Orien  entrol  solelh  colgan 

Pas  a  la  gen  un  covinen  novel 

Car  al  leial  donarai  un  bezan 

SU  desleials  mi  dona  un  clavel 

Et  un  marc  d'aur  donarai  al  cortes 

Sil  descauzitz  mi  dona  un  tornes 

Al  vertadier  darai  d'aur  un  gran  mon 

Sim  don  un  uou  quec  messongiers  que  i  son. 

Tota  la  lei  quel  plus  de  las  gens  an 
Escriuri'  eu  en  un  petit  de  pei 
En  la  meitat  del  polgar  de  mon  guan 
Els  pros  homes  paisseria  d'un  gastel 
Car  ja  pels  pros  no  fora  cars  coures 
Mas  si  fos  hom  que  los  malvatz  pagues 
Gridar  pogratz  e  no  gardessetz  on 
Venetz  manjar  li  pro  homen  del  mon. 

5<>  Question  tirée  du  cours  de  bibliographie. 

Qu'est-ce  que  la  Bibliothèque  historique  de  la  France?  Quelles  en  sont 
les  éditions  ?  Quelles  sont  les  divisions  de  l'édition  la  plus  usuelle? 

DEUXIÈME   ANNÉE. 

Epreuve  orale. 

i.  Oharto  à  lire  sur  l'original. 

Univorsis  présentes  litteras  inspecturis,  universitas  magistronun  et 
soularium  Parisius  studentium,  salutem  in  Domino  sempitemam.  Ut 
ait  Bonecaf  non  solum  amicicie  reddes  testimonium,  sed  etiam  yeritati, 
et  huic  consonat  verbum  Philosofi,  primo  Ethicorum  dicentis  qnod 
Manctum  est  prehonorare  veritatem.  Inde  noverint  universi  quod  nos, 
lion  Molum  amicicia  moti,  sed  eciam  veritate  coacti,  verum  testimoniom 
ptirhibemus  quod  abbas  et  conventus  Sancti  Victoris  juxta  Parisius, 
oniiaiH  Huncti  Augustini,  sunt  boni  et  eciam  legittimi  scolares  Pari- 
niauHus  in  diversis  facultatibus,  propter  quod  ipsos  et  eorom  bona  sob 


347 

protectione  priviiegiorum  nostrorum  ponimus  et  eciam  fore  pienius 
reputamus.  In  cujus  rei  testimonium,  sigillum  universitatis  nostre 
presentibus  litterîs  duximus  apponendum.  Datum  Parisius,  in  nostra 
cougregacione  général!  apud  Sanctum  Maturinum,  die  martis  post 
festum  béate  Lucie,  virginis  et  martiris,  anno  Domini  millesimo  qua- 
dringentesimo  vicesimo  octave.  Hébert  ^ . 

2.  Questions  de  diplomatique. 

Quelle  interprétation  doit-on  donner  aux  formules  Datum  sub  ulmOy 
Datum  inter  leones  ? 

A  quelle  époque  remonte  l'emploi  dans  la  chancellerie  royale 
des  formules  :  ad  perpetuam  rei  memoriam ,  —  car  tel  est  notre  plaisir  ? 

Quelle  est  la  différence  entre  les  Tituli  et  les  Mandamenta  ? 

3.  Questions  d'histoire  des  institutions. 

Quelles  attributions  les  baillis  ont-ils  perdues  du  xive  au  xvi«  siècle? 
Gomment  le  département  a-t-il  été  divisé  de  1791  à  Tan  vm  inclusi- 
vement ? 

4.  Questions  se  rattachant  au  cours  de  classement  d'archives. 
Donner  une  idée  sommaire  de  Thistoire  et  des  travaux  du  Dépôt  de 

législation  et  du  Bureau  littéraire  au  xvm®  siècle. 

Indiquer  la  nature  et  la  composition  des  séries  G  et  H  des  archives 
départementales. 

Epreuve  écrite. 

1.  Texte  à  transcrire  d'après  un  fac-similé. 

Es  plés  des  prevostés  de  Blosseville  et  Seilleron  tenus  ou  dit  lieu  de 
Blosseville  par  moy  Guillaume  Terrien,  seneschal  du  lieu  pour  monsei- 
gneur le  commandeur  de  Sainte  Waubourg,  le  mercredi  ix«  jour  de 
juillet  Tan  mil  une  inixx  et  trois,  se  comparu  Clément  Ganu,  prevost  du 
dit  lieu  de  Seilleron ,  lequel  recorda  que,  à  la  requeste  de  Johannes 
Lucas,  procureur  et  receveur  de  mon  dit  seigneur,  il  avoit  prins  et  mis 
en  la  main  de  la  dicte  seigneurie  par  trois  dymences  tous  continus,  dont 
le  derrain  fu  le  xx®  jour  d'avril  derrain  passé,  à  Toye  et  yssue  de  la 
messe  parroissial  d'Angiens,  les  tenemens  qui  ensuivent,  c'est  assavoir 
la  vassourie  et  tenement  aux  heirs  Jehan  Le  Fevre  et  ses  sourtenans, 
la  vassourerie  qui  fu  Richart  Nepveu,  le  tenement  Pierres  Nugues,  le 
tenement  qui  fu  Guillaume  de  Veulles,  le  tenement  Guillemin  Asselin, 
le  tenement  Perrin  Boullart,  le  tenement  Gardin  Brochart,  le  tenement 
Golin  Gauviel,  le  tenement  RaouUin  d'Outre  leaue,  et  generalment 
tous  les  aultrez  tenemens  et  héritages  tenus  de  mon  dit  seigneur ,  tant 
pour  faulte  d'omme,  rentes  non  paiées,  estirées  (?),  reliefz,  treiziesmes, 
que  aultrez  drois  et  devoirs  de  fieu  non  fais,  en  deffendant  à  tous  que 
nul  ne  eu  préjudice  des  dictes  prinses  n'attempte  sur  la  paine  qui  au 

1.  Archives  Nationales,  L  889,  n.  9. 


348 

cas  appartient.  Pour  quoy  fu  commandé  au  dit  prevost  que  les  dictes 
prinses  il  mete  à  execucion  et  face  cueillir  les  frais  et  levées  des  dis 
tenemens  au  prouffit  de  mon  dit  seigneur  après  le  temps  coustumior 
ensuy,  ainsi  qu'il  est  acoustumé  en  tel  cas.  Donné  comme  dessus.  — 
G.  Terrien*. 

2.  Texte  latin  imprimé  à  traduire. 

In  dei  nomine  ego  gaucelmus  et  fratres  mei  amaldus  catiarmati 
achelmus  willeimi  gonbaldus  quoque  roberti  coram  principibus  castri 
nostri  ducti  amore  dei  donamus  sancto  salvatori  et  béate  fidi  glorioss 
virgini  de  conchis  atque  begoni  abbati  manachisque  ejusdem  loci  tam 
presentibus  quam  futuris  pro  redemptione  etiam  animarum  nostraram 
illum  locum  qui  vocatur  mansirot  situm  inter  mare  et  stagnum  quan- 
tum ad  nos  pertinet  et  generationem  nostram  Hoc  autem  facimus  ad 
salvetatem  et  monasterium  sub  honore  dei  et  béate  fidis  ibi  construen- 
dum  et  ad  cunillos  etiam  per  forestem  nutriendos  sicuti  cruces  inposite 
désignant  per  circuitum  Extra  quoque  hune  terminum  damus  prsedicto 
loco  omnem  terram  arabilem  que  in  tota  illa  foreste  inveniri  bona  et 
poterit  ad  laborandum  et  cetera  que  inde  necessaria  fuerint  ad  usus 
fratrum  ibi  deo  servientium  concedentes  etiam  pascua  porcorum  ingénue 
et  vaccas  a  paduir  per  forestem  tam  in  estate  quam  in  hieme.  Facta 
carta  donationis  anno  ab  incarnatione  domini  mgvhi  in  festivitate  beati 
andreae  coram  principibus  patriœ  régnante  philippo  rege  francorum 
ac  domno  p.  episcopo  praesidente  pampilonensi  aecclesiae  et  conchensi 
monasterio  domno  begone  abbate. 

3.  Texte  du  moyen  âge  imprimé  à  analyser. 

Domni  nostri  jesu  cbristi  sacratissime  incarnationis  anno  m»  g*  lxx^  m' 
alexandro  papa  apostolice  sedi  présidente  domini  aldeberti  in  mima- 
tensis  episcopi  presulatus  anno  xxii"  lodovico  francis  imperante  indic- 
tione  via  yo  nonas  julii  Inter  bernardum  priorem  de  coloinnet  et  g. 
cappellanum  de  marogol  facta  est  transactio  talis  Materia  autem 
altercationis  que  inter  illos  vertebatur  bec  erat  Ecclesia  de  coloinnet 
décimas  de  marogol  ut  suas  vendicabat  ex  adverso  autem  cappellanus 
de  marogol  décimas  lanarum  caseorum  agnorum  ceterarumque  carnium 
se  possedisse  atque  a  multis  annis  rétro  ecclesie  de  marogol  donatas 
fuisse  affirmabat  Auditis  itaque  hinc  inde  allegationibus  amicabili  facta 
compositione  predicte  décime  de  marogol  ecclesie  de  coloinnet  utpote 
parrochiali  auctorizante  domino  aldeberto  mimatensi  adjudicate  sunt  ita 
tamen  quod  cappellanus  de  marogol  g.  videlicet  quartam  partem  deci- 
marum  in  rébus  tantum  prenominatis  in  diem  vite  sue  percipere  débet 
post  mortem  vero  illius  bac  perceptione  nuUum  prejudicium  générante 

1.  Archives  Nationales,  S  5206. 


349 

quarta  pars  tribus  partibus  accédât  et  ad  jus  et  proprietatem  ecclesie  de 
coloinnet  libéra  et  perpétue  mansura  perveniat. 

4.  Question  de  diplomatique. 

Eûumérer  les  caractères  principaux  des  diplômes  des  rois  capétiens 
antérieurs  à  Pbilippe-Auguste. 

5.  Questions  d'histoire  des  institutions. 

Quelles  sont  les  principales  dispositions  de  la  loi  du  14  décembre  1789 
sur  les  municipalités  ? 

Qu'entendait-on  par  grands  jours,  juridiction  des  greniers  à  sel,  bail- 
liage de  l'artillerie  de  France  ? 

TROISIÈME  ANNÉE. 

Epreuve  orale, 

1.  Charte  à  lire  sur  Toriginal. 

Juhellus  Dei  gratia  Turonensis  archiepiscopus,  R.  decanus  totumque 
capitulum  Turonense  et  H.  cornes  Blesensis,  omnibus  présentes  litteras 
inspecturis,  salutem  in  Domino.  Gum  de  assensu  et  voluntate  omnium 
nostrum  due  de  novo  ecclesie  in  Biemarcio  sint  fundate,  volumus  et 
concedimus  ut  utraque  illarum  ecclesiarum  in  decimis  de  Biemarcio  ad 
sustentationem  presbiterorum  ibidem  deserviencium  in  grangiis  \el 
locis  in  quibus  trahentur  dicte  décime  quindecim  libras  redditus,  vel  de 
ipso  blado  usque  ad  valorem  quindecim  librarum  in  mensuratione  bladi, 
percipiat  annuatim,  ita  quod  neutra  illarum  ultra  valorem  quindecim 
librarum  redditus  in  dictis  decimis  valeat  reclamare.  In  cujus  rei  testi- 
monium,  présentes  litteras  conscribi  fecimus  et  sigillorum  nostrorum 
munimine  roborari.  Actum  anno  Domini  mo  ce»  xlo  secundo,  mense 
decembri  ^ 

2.  Questions  de  droit. 

Qu'est-ce  que  le  terrage  ?  En  quoi  se  distingue-t-il  du  cens  quant  à 
la  redevance?  Quel  est  le  trait  caractéristique  du  terrage  dans  certaines 
provinces  ? 

Que  signifient  les  expressions  domaine  direct,  domaine  utile  ? 

3.  Archéologie. 

On  a  mis  sous  les  yeux  des  élèves  une  planche  coloriée  représentant 
un  bassin  à  laver  en  émail  de  Limoges  du  xiii*  siècle,  en  leur  deman- 
dant quelle  était  la  nature  de  Fobjet,  de  quelle  fabrique  il  sortait,  quelle 
en  était  la  date,  en  quelle  espèce  d'émail  il  était  fait,  quelle  était  la  diffé- 
rence entre  l'émail  à  taille  d'épargne  et  l'émail  cloisonné,  comment  il 
fallait  blasonner  l'écu  qui  orne  le  centre  du  bassin. 

Epreuve  écrite. 

1.  Texte  à  lire  d'après  l'original. 

Viris  venerabilibus  et  discretis  abbati  et  priori  Sancte  Genovefe  et 

1.  Archives  Nationales,  K  1207,  n.  l9. 


350 

M.  decano  Sancti  Marcelli  Parisiensibos,  judicibus  a  domino  papa  dele- 
gatis,  presbiter  de  Gorborosa,  salutem,  reverenciam  et  honorem.  Noveiit 
discrecio  vestra  quod  ego,  ad  mandatum  vestram,  ordinacionem  et  aen- 
tenciam  arbitrii  quam  protalerant  venerabiles  viri  £.  decanus,  N. 
cantor,  P.  succentor  Parisienses,  in  causa  que  vertebatnr  inter  capi- 
tnlum  Béate  Marie  Parisiensis,  ex  una  parte,  et  nobiles  viros  Gnidonem 
de  Monte  Forti,  militem,  et  H.  thesaurarinm  Beiwacensem,  ex  altéra, 
in  ecclesia  mea  de  Gorborosa,  nunciavi  et  pubiicavi,  sicnt  in  litteris 
vestris  vidi  contineri.  Actum  anno  gratie  millesimo  ggo  vicessimo  nir , 
die  dominica  proxima  post  festum  sancte  Lucie.  Valete  in  Domino  ^ 

2.  Droit. 

A  quels  biens  s'applique  généralement  le  droit  d'aînesse  ?  En  qnoi 
diffèrent  la  succession  aux  baronnies  et  la  succession  aux  autres 
fiefs? 

Des  progrès  du  droit  d'aînesse  dans  certaines  provinces. 

3.  Archéologie. 

Donner  la  description  d'une  travée  intérieure  de  Ja  nef  de  la  cathé- 
drale d'Amiens,  du  sol  à  la  clef  de  voûte,  ainsi  que  de  la  travée  de  bas 
côté  attenante. 

A  la  suite  des  examens  ont  été  admis  à  passer  en  2«  année  par  ordre 
de  mérite  : 

MM.    1.  Prou. 

2.  bodgbnot. 

3.  Brutajls. 

4.  Laurent. 

5.  Lazard. 

6.  Mahon. 

7.  Lempereur. 

8.  Go  VIL  LE. 

9.  AUBERT. 

10.  Marais. 

11.  Hugues. 

12.  Gagé. 

13.    GUIGUE. 

14.  De  Gessag. 

15.  Martin. 

16.  Roussel. 

Hors  rang,  M.  Huet,  élève  étranger. 

Ont  été  admis  à  passer  en  3«  année  (ordre  de  mérite)  : 
M.     1.  Delaghenal. 

1.  Archives  Nationales,  S  206,  n°  22. 


354 

MM.    2.  Lefèvrb-Pontalis. 

3.  Alaus. 

4.  Langloib. 

5.  Durand. 

6.  Delongle. 

7.  BOURBY. 

8.  GrAILLARD. 

9.  Lex. 

10.  Gigile. 

11.  Martineau. 

12.  Argëliès. 

13.  Haumant. 

14.  De  Sainte- Agathe. 

15.  De  Gurzon. 

16.  Corda. 

17.  Farges. 

Ont  été  admis  à  subir  l'épreuve  de  la  thèse  (ordre  alphabétique)  : 

MM.  Berthelé. 
De  Bourmont. 
Dehodenq. 
Devèze. 
Legestre. 

LiBOIS. 
MORIS. 

—  Le  15  juillet,  notre  confrère  M.  Léopold  Delisle  a  été  élu  membre 
de  la  commission  de  V Histoire  littéraire  de  la  France,  en  remplacement 
de  M.  Littré. 

—  Nous  indiquerons,  dans  notre  prochaine  livraison,  les  récompenses 
que  plusieurs  de  nos  confrères  ont  obtenues  à  différents  concours  de 
r Académie  des  inscriptions  et  de  l'Académie  française. 

—  Notre  confrère  M.  Bonnardot  a  été  chargé  par  M.  le  ministre  de 
l'instruction  publique  d'aller  copier  à  Turin  un  manuscrit  du  Roman 
de  Herris  de  Metz. 

—  Le  Bulletin  administratif  du  ministère  de  Tinstruction  publique 
annonce  que  notre  confrère  M.  Paul  Meyer  est  chargé  par  le  ministre 
de  rinstruction  publique  d'une  mission  dont  Tobjet  est  de  rechercher 
dans  les  archives  du  midi  de  la  France  des  documents  en  langue  vulgaire. 
Il  s'agit  d'une  mission  purement  gratuite,  que  notre  confrère  a  sollicitée, 
afin  d'être  plus  assuré  d'obtenir  l'accès  de  certaines  archives ,  particu- 
lièrement des  archives  communales ,  qui ,  par  leur  nature  et  leur  orga- 
nisation, ne  sont  pas  régulièrement  ouvertes  au  public. 

—  Notre  confrère  M.  Charles  Tranchant  a  été  nommé  membre  du 
conseil  d'administration  de  la  compagnie  des  Messageries  maritimes. 


352 

—  Le  27  mai,  notre  confrère  M.  Jules  Soury  a  reçu  le  grade  de  doo 
teur  ès-lettres,  après  avoir  soutenu  ses  thèses  devant  la  Faculté  des 
lettres  de  Paris. 

—  Le  journal  II  Bibliofilo,  que  publie  à  Florence  M.  Carlo  Lozzi, 
annonce,  dans  son  numéro  de  juin-juillet,  que  les  professeurs  Ë.  Monaci, 
de  Rome,  et  G.  Paoli,  de  Florence,  préparent  un  recueil  de  fac-similés 
de  manuscrits  analogue  aux  publications  du  Palxographical  Society  et  au 
Recueil  de  fac-similés  publiés  par  la  Société  de  V École  des  chartes,  dont  le 
premier  fascicule  va  bientôt  paraître. 

UNE  NOTE  DE  COPISTE  AU  XTV»  SIÈCLE. 

J'ai  rencontré  à  la  Bibliothèque  nationale,  dans  la  série  des  pièces 
originales  du  Cabinet  des  titres  (vol.  1079,  n^  24857,3),  une  curieuse 
note  d'un  copiste  de  la  Chambre  des  comptes,  Hubert  Estienne,  qui 
vivait  à  la  fin  du  xiv«  siècle.  On  trouve  dans  ce  document  la  men- 
tion de  seize  actes  copiés  en  1383  par  Hubert  Estienne,  qui  détaille  le 
genre  des  pièces  qu'il  a  transcrites  et  le  nombre  des  lignes  que  conte- 
nait chacune  d'elles.  Les  prix  étaient  laissés  en  blâme;  un  employé  de  la 
Chambre  des  comptes,  J. -A.  Reymondet^  dont  la  signature  se  lit  au  bas 
de  la  pièce,  les  a  ajoutés.  Le  prix  de  la  copie  de  ces  actes  n'était  pas 
évalué  d'après  le  nombre  des  lignes,  qui  sans  doute  étaient  d'inégale 
longueur;  on  voit  en  effet  Estienne  écrire  dix-neuf  lignes  pour  trois 
sous,  dix-sept  et  quinze  pour  deux  sous,  dix-sept,  onze  et  dix  pour  un 
sou,  onze  et  dix  pour  huit  deniers,  et  même,  à  ce  qu'il  semble,  vingt- 
deux  lignes  pour  huit  deniers.  Une  erreur  de  trois  sous  est  à  relever 
dans  le  total  de  22  sous  6  deniers  ;  c'étaient  25  sous  6  deniers  que  la 
Chambre  des  comptes  devait  à  Hubert  Estienne  ;  celui-ci  ne  parait  pas 

avoir  réclamé  la  différence. 

H.  Omont. 

Ce  sont  les  escripiures  que  je  Hubert  Estienne  ay  fait  pour  le  Roy 

nostre  sire  en  la  Chambre  des  comptes. 

1.  Premièrement  la  copie  des  instrucions  sur  le  fait 
des  finances  des  nouviaux  acqués  faiz  par  gens  d'esglise 
et  par  gens  non  nobles,  envoiée  par  nosseigneurs  des 
comptes  au  receveur  de  Pontieu,  contenant  deux  fouil- 
liez et  demi  de  papier.  iij  s.  p. 

2.  Item  le  double  en  parchemin  contenant  un  rolle.         iij  s.  p. 

3.  Item  le  mandement  qui  sur  ce  lui  fu  envoie,  conte- 
nant XIX  lignes.  iij  s.  p. 

4.  Item  les  parties  des  biens  meubles  et  héritages  qui 
furent  feu  Jehan  le  Balloys,  bastart,  envolez  au  bailli 

de  Costantin,  contenans  un  rolle  de  parchemin.  ij  s.       vj  d. 


353 

5.  Item  III  lettres  royaulx  pour  les  regales  d'Aucerre, 

de  Lisieux  et  d*Orliens,  contenans  xxx  lignes.  iij  s.  p. 

6.  Item  une  autre  lettre  roial,  adreçant  au  bailli  de 
Vitry,  faisant  mencion  des  biens  qui  furent  à  la  feue 
femme  de  Jehan  Henequin,   de   Dameri,   contenant 

XV  lignes.  ij  s.  p. 

7.  Item  une  autre  lettre  roial,  pour  abatre  les  auvens, 
travaux  et  autres  ediffices  qui  empeschoient  le  charroy 
en  la  ville  de  Troyes,  ou  en  faire  profit  au  roy  nostre 

sire,  contenant  xvii  lignes.  ij  s.  p. 

8.  Item  une  à  Robert  du  Hamel,  faisant  mencion  de 

faire  execucion  de  n«  viiic  frans,  contenant  x  lignes.  xij  d. 

9.  Item  une  autre  roial,  pour  faire  Tadvocat  du  Roy  à 

Troyes,  contenant  x  lignes.  xij  d. 

10.  Item  une  au  receveur  d'Amiens,  pour  faire  paier 

le  Roy  de  ses  debtes,  contenant  xvii  lignes.  xij  d. 

11.  Item  un  mandement  au  receveur  de  Troies,  faisant 
mencion  de